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BULLETIN
SOCIÉTÉ D'ÉMULATION
Du Bourbonnais
BULLETIN
SOCIÉTÉ D'ÉMULATION
DU BOURBONNAIS
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LETTRES, SCIENCES ET ARTS
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TOME VINGT-SEPTIÈME
MOULINS
* LES IMPRIMERIES RÉUNIES ”
1S, RUE N’ENGHIEN, 15
1924
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PROCES-VERBAUX
SÉANCE DU 3 JANVIER 1924
Présinexce pe M. Le D' pe Bros
Etaient présents : M'"° Moxceav, MM. Baury, De Bovr, Georges
Bruez, Careux, Cawrox, Gaurier, GéxEnmoxr, Mircexr, docteur
MoxcEAË, PAVAILLON, SABATIER, SARRAZIN. |
— Excusés : M. Amédée Baroer (un cours fait à l'Université
populaire en remplacement d'un collègue l'empêchera. pendant qua-
tre mois. de prendre part à nos réunions), MM. le chanoine Créer,
DErAIGUE, TIERSONNIER.
— En ouvrant la séance. M. le Présinevr annonce que M. le
chanoine Clément vient d'assister pour la première fois à une séance
de la Société Natiouale des Antiquaires de France, dont il a été
nommé membre il y a quelques mois. Cet honneur si mérité rejail-
lit sur notre Société.
Puis il fait part de la distincuon dont vient d'être l'objet M. Loi-
seau, directeur de l'école normale d'instituteurs, promu chevalier
de la Légion d'honneur, au titre militaire, La Société adresse ses
félicitations à M. Loiseau. |
— Correspondance. Vaux de bonne année de la Société de Mon-
tauban formulés, comme de coutume, en vers latins, d'une frappe
à la fois élégante et correcte.
— M.le Président informe nos sociélaires qne le Conseil, dans
la réuuion du 31 décembre 1925, a décidé qu'à l'avenir le procès-
I
2 SOCIÉTÉ D'EMULATION pu BouRBOoNNAIS
verbal élaboré par le Secrétaire serait transmis dans les huit jours au
Président et aux membres intéressés à sa rédaction, pour que l'étude
en soit faite sans précipitation, avant la lecture en séance.
Il est utile de rappeler à ce propos que les sociétaires qui font
des communications sont instamment priés de rédiger une note qui
sera remise en séance ou dans les huit jours au Secrélaire général.
Il est porté à la connaissance de nos adhérents que la demande en
reconnaissance d'utilité publique n'est pas encore envoyée à Paris.
M. Sabatier, qui s'occupe activement de cette affaire, achève de
rassembler les dernières pièces nécessaires au dossier exigé par le
Ministère.
Il est procédé au dépouillement de la correspondance. Lettres :
— Du Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts,
demandant de dresser un inventaire supplémentaire des monuments
historiques. M. le chanoine Clément a bien voulu se charger de ce
travail et satisfera à cette demande.
— De la Société d'Emulation de Montbéliard, annonçant l'envoi
de ses mémoires, par l'intermédiaire du Ministère,
— M. le Président lit la note suivante :
« Dans les publications reçues ce mois, un article de M. Franck
Jenbadis, sur Agénor Bardoux, nous intéresse parce que le grand
avocat de Clermont a des attaches Bourbonnaises. Sa famille pater-
nelle était originaire de cette partie du Bourbonnais qui confine au
Berry. À quelque 5 kilomètres au sud du Veurdre, un domaine
porte encore le nom de Bardoux — il ÿ a deux localités appelées le
Bardoux, une commune de Bressolles et une commune du Veurdre
(Caazato, Noms de lieux), c'est à la deuxième que l'auteur fait
allusion, — on peut avec quelque vraisemblance y voir l'origine de la
famille : soit que les premiers ancêtres du futur ministre l’aieut
possédé. soit plus vraisemblablement qu'ils l'aient cultivéeux-mêmes
de père en fils pour le compte d’un propriétaire. Quoi qu'il en soit,
nous les retrouvons, pendant la Révolution, petits bourgeois solide-
ment établis dans toute la région qui s'étend entre Lurcy-Lévy et
Sancoins. François Bardoux est propriétaire à Mornaÿ, et son fils
en 1846 sera vice-président du tribunal civil de Moulins ; une deses
sœurs est mariée à Sancoins, une autre à Sagonne. Son frère Joseph
est commerçant à Moulins, et s'est marié à Marguerite-Sophie Thi-
ProcÈès-VERBAUX 3
| ee nes
bault, issue d'une famille de chirurgiens originaire de Bourbon-l'Ar-
chambault et qui compte parmi ses ancêtres maternels plusieurs
_gens de robe, notamment un procureur en la châtellenie de Lurcvy.
C'est ce Joseph qui sera le père de Jacques, et le grand-père du futur
sénateur.
« Le vice-président du tribunal civil de Moulins était un des mem-
bres de notre Société, il en faisait partie, et M. Méplain. dans sa
notice nécrologique — XIII vol. de nos Bulletins, p. 483, — rap-
pelle qu'il a écrit pour la Société des pages où il loue les hommes
qu'il aimait, et d’autres où il fronde sous une forme plaisante des
préjugés dont il aimait à rire. Îlest mort à Souvigny, le 13 mai 1874.
« Je viens de constater au greffe que les prénoms du vice-président
étaient : Jean-François-Joseph ; il était fils de François et de Mar-
guerite Mareillac et était né à Mornay, en 18c6, puisqu'il est mort à
Souvigny à 68 ans, en 1874. »
— M. G. Bauez signale une brochure fort curieuse (1) de M. Jean-
François-Joseph Bardoux, vice-président du tribunal de Moulins,
dans laquelle il discute les avantages et les inconvénients des empla-
cements envisagés pour la gare de Moulins. Il a combattu la solu--
tion du Champhonnet et a préconisé celle qui a été finalement
adoptée.
— M. Baury signale que des travaux de consolidation sont
entrepris au château d’Hérisson.
— M. Cuamsrox expose que le Touring-Club est devenu proprié-
taire de ces ruines en acceptation du don fait par la famille Bignon.
M. Baury doit écrire au Touring-Club pour lui demander de
faire placer des plaques indicatrices permettant aux touristes de tra-
verser facilement la gorge du Saut-du-Loup, voisine d’Hérisson.
— M. Gaurrær attire l'attention de nos membres sur une statue
de Jupiter qui figure au Musée de Moulins, et demande s'il existe
quelque chose d’analogue.
— M. G. Bruel communique à la Société trois cartes que l'arpen-
teur général du Topographical Surveys Branch Canadien lui a
({) « Aperçu concernant la direction du chemin de fer aux abords de Mou-
lins et la position de l’'embarcadère », lu à la Société d'Emulation et publié
le 22 août 1846 dans le Mémorial de l'Allier, Moulins 1845, Enaut, impr. —
broch., in-8 de 16 pages. (Bibl. des Archives Dép. de l'Allier, n° 28.)
4 SOCtÉTÉ D'EMULATION pt BoUuRBONNAIS
adressées, sur sa demande. le 18 juin dernier, en mème temps qu'une
lettre qui sera déposée dans les archives de La Sacitté avec une des
cartes. Les deux autres seront remises au Musée de Moulins, pour
être placées dans la salle Laussedat.
La lettre uous appreudque le Mont Laussedat culmine par 3.05" .-0
(10.039 foot, et se trouve dans les Montagnes Rochiceuses par
213418" de latitude et 116°57 30 de longitude Ouest de Greenwich.
Les cartes de 1908 (triangulation) 1913 et 1914 donnaient une alti-
tude provisoire de 16.015 foot.
Le Mont Laussedat, situé dans le E.-N.-E. du port de Vancouver,
à environ 500 kilomètres, se trouve près du Canadien Pacific Railway
Sud et non loin de la branche que le fleuve Columbia ou Orégon
décrit vers le Nord à 300 kilomètres de sa source.
Les pentes Sud du Mont Laussedat font partie du bassin de la
Beaberry Rivers, affluent du Columbia qui se jette dans le Pacifique.
Le service topographique Canadien, qui depuis longtemps se ser-
vait des méthodes de métrophotographie inventées par notre illustre
compatriote, avait tenu à l'honorer de son vivant rn donnant son
nom à uno des cünes les plus élevées. qui se trouve à 30 kilomètres
de la sation de Zolden. |
— M. Bruel fait connaitre qu'un docteur d'Anvers a demandé à
notre compatriote le D' H. Meige. professeur d'anatomie à l'Ecole
des Beaux-Arts, des renseiynements concernant le sarcophage de la
Cathédrale de Moulins. qui représente un cadavre mangé par les vers.
Grâce à la notice sur la Cathédrale de notre confrère le chanoine
Clément, uous avons pu fournir au D' Meige de premiers rensei-
nements. En réponse à cet envoi, le D' Meige à écrit : « 11 s'agit
d'une figuration remarquablement exacte de l'anatomie du cadavre
(les vers à part bien entendu). Il me serait agréable de siynaler aux
artistes l'existence de cette belle auvre, en les invitant à s'arrêter à
Moulins pour la contempler. »
M. G. Bruel sisnale à nos confrères l’article fort intéressant de
M. P. Morin. sur « La qgéoloqie des environs de Montluron » (1).
L'auteur signale ct localise exactement les diverses failles dé la
haute vallée du Cher et explique quelles sont les actions dues soit
aux variations de la tempéralure soit aux eaux d'infiltration, ce qui
(4) Bull. Soc. des Amis de Montluçon, 1223, p. 305-319, 5 fig.
QG!
ProcÈis- VERBAUX
l'amène à parler de la formation des boules granitiques que l'on ren-
contre en de nombreux points du pays. Son étude se termine par un
chapitre sur la circulation souterraine des eaux en pays granitiquie.
— M. Careuix informe la Commission du Muste que M. Robert
Tuloup, cousin de Théodcre de Banville, offreau Musée une voiture
ayant appartenu au poète. Outre son intérêt quasi historique, ce véhi-
cule, genre victoria, est vraisemblablement de carrosserie moulinoise,
et sa construction soignée, le fini de ses détails, font honneur à l'ha-
bileté de nos anciens artisans. M. Tuloup tient cette voiture à la
disposition du Musée. Elle est remisée aux Coquats.
— M. le Président prend la parole en ces termes :
« Je signale à la Société une pièce qui nous intéresse.
«À la séance du 13 décembre 1888, M. l'abbé Sibilis, curé de Lu-
cenay, fait don à la Société Eduenne d'un rôle en parchemin contenant
la montre et revue faite à Bessay près le camp de la Ferté-aux-\moi--
nes en Bourbonnais, le 5 juin 1570 (Société Eduenne, Mémoires,
1889, t. XVII, p. 362). Outre l'intérêt que nous avons à savoir
que ce rôle est dans les archives de la Société Eduenne, la présence
d'un camp à la Ferté-Ilauterive en 1530 me parait utile à signaler.
Où était le camp ? Quels soldats y étaient logés ? »
— M. Pavancox demande si la motte qui existe près du village de
Saint-Loup a été fouillée? Un de nos membres croit savoir que
M. Bertrand a exploré cette motte et n'aurait rien trouvé.
— M. Gévenuoxr signale qu'au moment où les eaux de P'\llier
sont devenues très basses, pendaut l'été 1923. on à pu apercevoir les
substructions du pont romain de Vorocium {près Varennes-sur-
Allier).
— M. le Présipexr donne lecture des notes relatives : 1° À un inci-
dent survenu à Moulins, au passage du grand-vicaire d'Autun, André
Guijon, en 1625-28 : « L'abbé Guijon, grand-vicaire d'Autun, vient
à Moulins, en 1627 ou 28, faire une inspection. Sa réputation de
sainteté atlire sur son passage une foule nombreuse, qui lui demande
& bénédiction. [l'invite en vain cette foule à se retirer, et ne rentre
à son domicile qu'au prix de mille efforts. On s'aperçoit alors que sa
soutanc est en lambeaux : le public en a détaché une partie pour en
faire des reliques. D'où colère du grand vicaire, qui jure de ne plus
revenir à Moulins. »
6 SociéËTÉ D'EMULATION Du BouRrRBOoNNAIS
2° Aux pierres à bassin : « M. Morin, dans un article sur la géo-
logie des environs de Montluçon, paru dans le numéro de décembre
1923 des Asnis de Montluçon. parle incidemment des pierres à bassin de
Larequille, de Treignat et des Pierres Jaumâtres. Il rejette, non seu-
lement leur caractère druidique, mais encore toute intervention hu-
maine dans la création de ces bassins. M. de Brinon, qui a pu étu-
dier à loisir ceux des Pierres Jaumâtres, s'inscrit en faux contre cette
asserlion ; il est convaincu que ces bassins sont dus à l'action de
l'homme. »
C1
3° À un instruinent néolithique semi-lunaire trouvé à Saint-Prix :
« Parmi les instruments recueillis par M. Bertrand Duflos, à Suint-
Prix, se trouve un petit croissant semi-lunaire, très finement taillé,
qui mesure 48 millimètres de corde ; chacun des bords du côté
concave et du côlé convexe, est dentelé comme une scie d’horloger.
Les recherches faites par l’auteur de cette communication, pour dé-
couvrir l'utilisation de ces petits instruments ont été infructueuses.
Il espère qu'en le signalant à la Société il obtiendra une indication
utile. »
— Lettre de M° la baronne Durtxe, attribuant un tableau du
Muste de Bruxelles au même peintre que le triptyque de la Cathé-
drale de Moulins.
— M. Careuix donne lecture d'une communication envoyée par
notre confrère M. Warner, d'Hérisson. Dans la lettre qui accom-
pagnait cette communication, M. Walther écrit : « Pour les motifs
« que j'indique dans ma note ci-jointe, et vu les difficultés que l'on
« éprouve à pouvoir mettre au point l'appareil, n'ayant pu avoir une
« bonne épreuve photographique, il m'est difficile, pour le Lycabas,
« de battre complètement mon coutradicteur ; mais, avec les beaux
« Jours, J'espère pouvoir me procurer un moulage qui mettra fin au
« différend.
« Quant à la notice sur le trilingue, notice destinée à trouver place,
«_ st la Commission le juge à propos, dans la collection dela Société.
« l'épreuve photographique à elle seule suffira, je crois, à me donner
« TalsOn. »
La communication de M. Walther est accompagnée de nombreux
dessins et de photographies présentant un très haut intérêt, qui sont
ProcÈs-VERBAUX 7
versés aux archives de la Société, en attendant la réception du mou-
lage dont M. Walther promet l'envoi ultérieur.
— Sont présentés à l'admission :
M. Paul Bacxozer, négociant à Moulins, rue Mathieu-de-Dom-
basle, par MM. le chanoine Clément, Loizel, Pavaillon ;
M. Boicann, route de Lyon, par MM. le chanoine Clément, Loizel,
Pavaillon ; |
M. Henri Tanor, ingénieur des Travaux publics, à Varennes-sur-
Allier, par MM. Georges Bruel, Chambron, Génermont.
— Sont admis en qualité de membres titulaires :
MM. Joseph Guy-CoquiLte ;
Abbé TAMINEAU ;
La CHamBre DE Comuercs DE MouLixs-LaPALIssE.
— L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 22 heures.
E. GAPELI\.
SÉANCE DU 4 FÉVRIER 1924
PRÉSIDENCE DE M. GEORGES BRUEL
— Etaient présents: M” Moxceau; MM. Amédée Banner,
Baury, DE Boxy, BrossanD, CaPeuix, chanoine CLÉMEnT, DELINIÈRE,
Dépiexy, comte Jean de DREUILLE, GAUTIER, GÉNERMONT, GRAND-
MOUGIN, Laurexr, Micexr, Adrien Mirrox, François Marron,
D' Moxceau, abbé Mucer, Pavaizcox, André Roxy, lieutcnant-
colonel pe SarxT-Hizzter, THONIER DE LA BUussERtE, TiEnsoNNiIER.
— Excusés: MM. le docteur pe Baixox, CHauBrox, Vire qui
avait délégué M. Gracossi, sous-préfet de La Palisse, pour faire,
en son nom, une communication importante.
À l'ouverture de la séance, M. le Président souhaite la bienvenue
à M. l'abbé Müller, qui assiste pour la première fois à nos réunions.
Il se fait l'interprète de la Société pour exprimer des félicitations
8 SOCIÉTÉ Db'ÉMULATION Du BoURBONXNAIS
à M. le docteur de Brinon, notre président, au sujet du mariage de
sa fille. |
— Îles! procédé au dépouillement de la correspondance :
Lettres de M. l'abbi Praxcue, curé-doven d'Hérisson, et de M. A.
Dérer, directeur d'école, remerciant de leur admission.
— De M. Tous, représentant de la Société des Arts Graphiques,
donnant sa démission pour cause de départ. | |
— De M. Léon Biveau, qui s'offre à réunir et coordonner Îles
documents qui seraient recueillis pour une Etude sur l'enseignement
primaire en Bourbonnais. Cette question intéresse au plus haut degré
notre confrère qui à déjà commencé à traiter le sujet.
— De M. Mowraxe, écrivant : « Je me suis inforué déjà des
personnes susceplibles de fournir des renserznements sur les bas-
rcliefs et groupe de Montluçon. Les Nuret — un M. Nuret à dé-
couvert le groupe des divinités dont on a parlé à Ja Société — sont
très nombreux à Néris. Je les verrai et les interrogerai Jusqu'à ce
que j'en aie trouvé un qui puisse m'éclairer, Je retournerai à Reugnv.
mais auparavant, je prendrai jour avec M. Walthor... »
— Lettre de M. le curé de Billy, transmise par M. Gabriel
Morand. La découverte d'une grotle à Sanssat avait suscité dans la
presse et dans le public une vive curiosité.
« Je suis allé, hier mardi, visiter la fameuse caverne découverte
« récemment à Sanssat, et Je viens tout de suite vous dire que j'ai
« été désappointé. |
« Cette grotte est coinme les bâtons flottants de La Fontaine : de
« loin, c'est-à-dire d'après les journaux, c'est quelque chose, et
« de près ce n'est rien .….. C'est une grotte semblable à toutes celles
« de la région de Sanssat ; mais 1l doit y en avoir beaucoup d'autres
« (cette petite vallée est assez chaude et bien abrite, et de plus le
« terrain se prète assez bien au creusement)., Le coup de mine a mis
« à découvert le fond de la caverne, la chambre du fond, st Fon
« peut dire, On ne voit rien de remarquable ni dans le fond ni dans
« le couloir qui tourne à gauche et s'enfonce à une douzaine de
« metres.
« On a relevé sur les pierres des traces de feu el on a trouvé
« quelques pelits ossements d'animal très petil (oiseau ou rat et
PRrocës-VERBAUX 9
« c'est tout... à part cependant quelques menus lessons de briques,
« Je crois. J'ai voulu voir, chez le régisseur de M. Noaïllv, tous ces
« débris de poterie recueillis dans la réwion de Sanssat. I n'y en a
« pas, à mon avis, d'intéressant. »
A la fin de cette lecture, M. Amédée Bardet fait observer qu'il est
extrèmement important de cribler les cendres du fover, placé à l'orifice
de ces cavernes. C'est, mélangés à la cendre et aux débris, que peuvent
se trouver les objets inttressants.
— Lettre de la Chambre de Commerce de Moulins-Lapalisse
adressant un pressant appel à toutes les personnalités de la région
susceptibles de devenir les collaborateurs bénévoles de la Région du
Centre, organe de la XVI Région Economique, et ‘demandant de
lui envoyer, de temps en temps, un article ou une étude sur un sujet
d'ordre régional.
— Lettre de M. Moux. ancien professeur an Lvete de Montluçon,
en réponse à une lettre de M. de Brinon au sujet des pierres Jau-
mätres. M. Morin conserve sa conviction au sujet de la cause pure-
ment physique des excavalions.
Ges blocs ne lui paraissent pas avoir été transportés par les dépla:
cements glaciaires. Un glacier ne transporte qu'en descendant et il
n'existe dans la contrée aucun point supérieur. Les actions glaciaires
paraissent, au contraire, avoir pris des blocs à la montagne des Jau-
mätres et à celle de Toulx, pour les descendre dans les vallons.
— Lettre de la Société de Montbéliard offrant à notre Société une
réduction de 25 pour cent sur le prix de l'ouvrage (45ofr.) : «Le
minialuriste Francis Lainé. » | L
— Lettre de l'Association amicale des anciens Eltes de l'Ecole
d'Art de Bourgeset Amis des Arts du Berry, qui organise du 6 avril
au 4 mai, à Bourges, sa deuxième exposition d'Art et d'Art appliqué.
— M. Giacousr, sous-préfet de La Palisse, veut bien nous tracer les
grandes lignes d'un projet d'exposition du travail qui serail organisée
à Vichy. (Voir plus loin Particle de M, Giacobbi."
Le Président remercie M. Giacobbi de son très elair exposé et
l'assure que nos confrères ne manqueront pas de répondre à cet appel,
dans la mesure du possible : mais il tient à faire remarquer que les
délais prévus pour organiser cette exposition sunt bien courts, etil
10 SocIÉTÉ D'EMULATION pu BoURBONNAIS
exprime le désir de voir accorder plus de temps à Ja mise sur pied
d'une exposition qui mérite de ne pas être improvisée.
— M.1e PRÉSIDENT annonce que, dans sa séance du mercredi
30 janvier 1924, le conseil municipal de Moulins a émis un avis
favorable à la reconnaissance d'utilité publique de la Société
d'Emulation.
— Îl est signalé que le numéro du 1° janvier 1924 du Centre
Médical, renferme un article de notre confrère M. Bourdérioux sur
l'histoire de l'hôpital thermal de Bourbon-l'Archambault.
— M. Adrien Mirrox demande s'il a existé une forme de chaise
spécialement bourbonnaise. Les membres présents n'en connaissent
pas.
— M. Amédée Banner demande si le Bureau a pris une décision
au sujet de l'excursion annuelle de la Société, de façon à éviter que
celle organisée par la Société des Etudes locales ne se fasse dans
la même région. M. le chanoine Clément déclare que, pour répondre
au désir exprimé par nombre de nos confrères de se joindre à la
Société française d'Archéologie qui doit tenir son Congrès annuel à
Clermont, il a demandé à cette Société des détails précis et les com-
muniquera dès qu'il les aura reçus.
— M. Baury annonce que, par les soins du Touring-Club, l'accès
du ravin dit le Saut-du-Loup, près d'Hérisson, sera désormais signalé
par des poteaux indicateurs.
— Îlest donné lecture d'une note envoyée par M. DELaiGue,
extraite des papiers de M. Jules Gras, au sujet de la démolition des
tours du château de Bourbon-l'Archambault. (Renvoyé à la Com-
mission du Bulletin. )'
— M. DeuimiÈRe communique la note suivante :
« Le 26 janvier dernier, il a été vendu à l'hôtel des Commissaires-
Priseurs à Paris, un exemplaire de Plutarque, Paris, Vascosan
(1567-1574), 14 volumes in-8. reliés en maroquin bleu janséniste,
chiffrés aux angles des plats, doublés de maroquin rouge avec den-
telle à la Chamillart encadrantles armoiries.
« Get ouvrage, le plus important de ceux qui composaient la
bibliothèque de M®e de Chamillart, avait été prisé 100 livres lors de
l'établissement du catalogue de ses livres, prix très supérieur à tous
les autres.
ProcÈs-VERBAUX 11
« Depuis longtemps il était considéré comme perdu ; ce qui fait
dire à Ernest Quentin-Bauchaït dans son ouvrage sur les Femmes
bibliophiles, à l’article consacré à M"* de Chamillart et en parlant de
ce même exemplaire : .
« L'estimation de ce beau livre indique assez la valeur qui lur était
« attribuée dès cette époque.
« Il serait difficile de déterminer le prix qu'il atleindrait de nos
« Jours, si le dieu qui protège les Bibliothèques en révélait tout à
« coup l'existence et le faisait passer sous le feu des enchères. »
« En réalité ce ‘*Plutarque” n'était pas sorti soit de la Bibliothèque
de M"° de Chamillart, soit de celles de ses descendants. En effet,
il porte l'ex-libris de Thomas Dreux marquis de Brézé, conseiller
du Parlement de Paris, et gendre de M"* de Chamillart, et on le
retrouve à une époque récente en Ja possession de Monseigneur de
Dreux Brézé, évêque de Moulins, arrière-petit-fils de Thomas Dreux,
époque à laquelle il a été incorporé dans la bibliothèque de l'évèché
dont 1l porte également le cachet. Après la promulgation de la loi.
sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. il passe dans la bibliothèque
d'un amateur moulinois ; puis il est acquis” par un libraire Dijonnais
qui le vend au D'° Armand Ripoult, et le 26 janvier, lors de la
vente de la bibliothèque de ce dernier, il est adjugé au prix de
36.100 francs. » |
— Il est donné lecture de la note suivante envoyée par M. Île
docteur pe Brixox :
« À la dernière séance, il a été question d'une motte de Saint-
Loup que M. Bertrand aurait fouillée. Il y a en réalité deux mottes
à Saint-Loup dont parle M. Bertrand dans son travail intitulé : « Explo-
ration archéologique de la rive droite de l'Allier. » {Bulletin de la
Sociélé, tome 8, page 326.)
« 1° Au-dessus du village de Saint-Loup, sur la crête du coteau,
avec un fossé : pas de fouilles, quelques bronzes romains.
«2° Aux Billets, une seconde avec fossé. La fouille faite au som-
met a donné des matériaux pareils à ceux de la butte du Bois-des-
Moines (tuiles creuses et tuiles à rebords).
« En somme, d'après M. Bertrand, il parait que des fouilles séricuses
n'auraient été exécutées qu'à la butte du Bois-des-Moines, com-
mune de la Ferté. »
12 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BOoURBONNAIS
— M. le Président donne lecture de la communication suivante
adressée par M. Morin, de Montluçon, concernant la notice de
M. Bruel parue dans les Bulletins l'an dernier, sur la Région entre
Bouble et Sioule.
« 1. À quel point de son cours la Sioule a-t-elle les débits indi-
qués par O. Reclus ? Les chiffres des documents ofliciels où a puisé
O. Reclus sont très sujets à caution. J'en sais quelque chose pour
le Cher où l’on évalue des pointes de crues à 1500 m*/sec.. alors que
mes mesures personnelles ne m'ont guère donné plus de 500 à
la crue de novembre 1905. J'ai démontré d'autre part que cette crue
ne fut pas inférieure à celle de juin 1856, cotée 1500. D'autre part
l'administration du barrage de Queuille m'a assuré que le débit
d'étage extrême ne descendait pas au-dessous de { m3/sec. sous
Queuille. Toutefois, cette administration ne s'est pas prêtée de bonne
grâce, comme l'a fait celle de Loire et Centre pour Rochebut, à me
permettre des mesures précises. Gclles--ci seraient pourtant intéres-
santes pour elle.
« ÎT. Les méandres ne prouvent pas que la rivière soit ancienne.
Des rivicres jeunes, conne la Seine, s'offrent volontiers aussi de nom-
breux el très grands méandres. Le tracé d'un cours d’eau en terrains
primilifs, comme presque tous ceux du Massif Central, est fonction
de la structure des massifs rocheux traversés, structure extrêmement
disloquée ici par un réseau de failles. Chaque élément approximati- :
vement recliligne du parcours est presque invariablement un segment
de faille. Cela s'explique au moins par deux raisons que je dévelop-
perai prochainement chez des ‘Amis de Monilucon” : le mouvement
de faille appelle nécessairement les eaux de ruissellement vers la dé-
pression créée au pied de faille ; en outre, dans toute faille existe
une masse souvent considérable de roches écrasées (brèche de faille)
formant un aliment facile pour l'érosion. Les zigzaus du réseau de
faille donnent aux cours d'eau un tracé brisé dont les angles s'arron-
dissent par l'effet de l'inertie de l'eau en mouvement.
« I. I est bizarre que, dans la région considérée, le vent d'Est
amène la pluie, alors que partout ailleurs c'est le vent frais et sec.
L'observation suivante (dernier alinéa page 6) confirme d'ailleurs la
règle : la pluie vient du S.-0. Les vents humides (du S.-0.) s'élevant
sur la ligne de faite se défendent, conséquemment se refroidissent,
Procis-VERBAUX ]4
+
dépassent le point de saturation et pleuvent. Ie même vent, en partie
déshydraté, se recomprime sur l'autre versant, se réchaufle et repasse
à l'état non saluré, la pluie cesse.
« IV. [est fâcheux que la plupart des postes pluviométriques
soient installés dans les dépressions, où il pleut moins que snr les
plateaux.
a V. Pour les nombres de jours pluvieux, on peut les trouver en
détail dans les Bulletins de la Commission météorologique de l'Allier. »
— Mr: Moxcear donne lecture d'une lettre attribuée à M"*° de
Pompadour, au sujet de Latude :
« Monsieur de Puisieux, ministre d'Etat,
« Je suis étonnée que vous ne preniez pas une mesure plus rigou-
reuse au sujet de ce Latude dont je ne veux plus entendre parler, à
l'avenir, pour votre pouvoir, faites en sorte que la Bastille soit son
tombeau : l'ingratitude doit être punie. elle le sera en sa personne.
« Si je puis vous être utile, je vous prie de ne pas accorder à
d'autres le plaisir de vous être agréable.
@« La Mary” De Poupanour.
€ Versailles, 7 janvier 1750.
(Cachet de la marquise.)
Cette letire est revêtue du cachet de M"*° de Pompadour. Il est noté
par les héraldistes que certains attributs réservés aux duchesses ont
été usurpés par la trop célébre marquise.
— M. le licutenant-colonel ne Saivr [iniier entretient les mem-
bres présents d'un travail qu'il a entrepris sur « les voies romaines »,
étudiées jusqu'alors au seul point de vue de leur structure et non
de leur tracé. M. le licutenant-colonel de Saint-Tillier à remarqué,
après force observations faites dans toutes les régions de la France,
qu'elles présentent des particularités spéciales qu'il signale : la vo-
lonté absolue de joindre une ville à une autre par le tracé le plus
direct et la facon d'aborder les accidents de terrain. Les constructeurs
ne cherchaient pas, comme les ingénieurs de notre époque, à faire
serpenter une voie afin de desservir le plus grand nombre possible
de localités, mais de réaliser, pour les besoins militaires et postaux,
la communication la plus rapide. Ce travail, qui serait de nature à
modifier nos connaissances sur Îles voies romaines de l'Allier, abonde
eu aperçus tout nouveaux et du plus haut intérêt.
14 SociéTé D'EMULATION pu BouRBONNAIS
L
—— Se ee ne
Ed
— M. le Chanoine Créuexr signale à l'attention de la Société,
d'abord un remarquable article de M. Louis Bréhier, sur la sculpture
romane en Auvergne et les théories iconographiques de M. Mâle,
paru dans la Revue d'Auvergne (avril-juin 1823, p. 49;. Après avoir
loué le nouveau volume cousacré par notre éminent compatriote à
l'art français du Moyen-Age, M. Bréhier fait remarquer que l'étude
de la sculpture romane en Auvergne prouve que si la parenté entre
les manuscrits illustrés et les œuvres sculptées paraît établie, elle ne
suffit pas à expliquer tous les caractères de l'art auvergnat, dont la
sculpture relève plutôt de l'étude des monuments gallo-romains. Il
écarte enfin l'influence arabe, à laquelle M. Mâle semble donner une
trop grande importance.
— Notre confrère nous entretient ensuite de la très érudite thèse
de notre jeune compatriote, M. François Dumont, docteur en droit,
sur le Bureau des Finances de la Généralité de Moulins, de 1587 à
1790, et qui a valu à l’auteur les chaudes félicitations du jury pari-
sien. Après un résumé sur les bureaux des finænces de l'Ancien Ré-
gime, M. Dumont étudie tour à tour celui de notre Généralité dans
ses origines, son organisation, ses attributions. Il nous fait connaître
les différents domaines de la Généralité de Moulins, et la compétence,
la juridiction, la procédure de l'administration ; puis les finances, la
voirie et les travaux publics ; enfin les rapports du Bureau avec les
autres institutions, jusqu’à sa suppression. Ce travail, très fouillé,
est rempli de citations, de preuves, qui nous font connaître intime-
ment les rouages et le fonctionnement en Bourbonnais de cette puis-
sante administration gouvernementale.
— Enfin, M. le chanoine Clément nous parle d’un curieux manus-
crit de notre Bibliothèque municipale, où il porte le n° xurr. Au dos,
une note du xvin’ siècle lui donne pour titre : Distinctiones Juris
canonici. C'est l'œuvre d'un moine qui vivait dans la première moitié
du x: siècle. L’enlumineur des lettres qui ornent à profusion ce ma-
nuscrit, utilise tantôt des onciales romaines du xu° siècle, tantôt des
onciales du siècle suivant. Une note écrite au xve siècle, à la fin des
feuillets en parchemin de cet intéressant document, nous apprend
qu'il a été donné au prieuré de Souvign}y par le fameux prieur Geoffroy
Cholet, le grand restaurateur de l'église aujourd'hui paroissiale, et
déposé par lui dans la « librairie » du monastère à l'usage des religieux.
ProcÈs-VEeRBAUX 15.
Le caractère des « illustrations » de ce recueil, qui l'apparente si
sensiblement à la grande Bible dite de Souvigny, fait supposer qu'il
a été, avec elle, écrit et enluminé par un moine des écoles du Nord
et apporté en Bourbonnais, toujours avec elle, par dom Cholet, du
monastère du Mont-Saint-Michel. En attendant que notre confrère
puisse faire sur l'illustrateur et surtout le texte de ce manuscrit, dont
il nous cite quelques extraits, une étude plus complète, il nous parle
surtout ce soir de la couverture, qui offre sur ses plats de précieux
fragments d'un antiphonaire de la fin du x‘ siècle sur lesquels on
lit, entre autres importantes antiennes, celle de l'office des vèpres
de saint Austremoine, au-dessous de la musique du temps, indiquée
par des neumes inscrits sans portées. C'est sur ce fait que notre
confrère appelle particulièrement l'attention de nos membres, en fai-
sant passer sous leurs yeux la photographie de ces documents et la
mise en notes grégoriennes modernes par dom David, un des grands
restaurateurs du chant liturgique ancien, prieur de l'antique abbaye
de Saint-Wandrille. Notre confrère souligne tout l'intérêt qui s’at-
tache à cette trouvaille, dont il avait jadis entretenu la Société. Ce
chant de l’antienne vespérale de l'office de saint Austremoine est le
plus ancien qui ait été retrouvé, de l'aveu même des liturgistes du
diocèse de Clermont, dont Austremoine fut l’apôtre et le premier
évêque.
— M. le Direcreur du Bulletin annonce qu'il est en train de
faire imprimer des fiches qui serviront aux présentations des nou-
veaux membres. Ces fiches permettront à la Société d’avoir la série
des renseignements qui lui sont indispensables et que les parrains
omeltent souvent de donner. n'en ayant pas la liste sous les yeux.
— Don à la Société. — La Société a reçu. avec hommage de
l'éditeur, aotre collègue M. Marcellin Crépin-Leblond, une élégante
brochure intitulée : L'abbé Amédée Laronde, 1867-1922. Cette bro-
chure de quarante-huit pages est divisée en trois chapitres. Le pre-
mier, signé de M. l'abbé Bourdot, curé de Saint-Priest, précédé
d'un portrait de M. Laronde (1907), décrit la vie scientifique de
M. Laronde, dirigé en particulier du côté des études botaniques.
Le second, signé de M. l'abbé Pélissié, professeur au Petit Sémi-
naire de Paris, raconte ses années de professorat à ce petit sémi-
naire. Le troisième, signé de M. René Garnier, professeur à la Faculté
16 SociËTÉ D'EMULATION pu BounRo\Nats
des Sciences de Poitiers et élève de M. Laronde, constitue le plus
bel éloc qu'un élève puisse consacrer à son maitre. ln second por-
trait de M. Laronde en 1920. illustre ce dernier chapitre où l'élève,
devenu lui-même un maître, fait en quelque sorte une synthèse de ce
que pont el doit êlre l'enseisnement, compris dans la plus haute
acception de ce mot.
— Acquisition pour la Bibliothèque : Histoire poétique du A'V* siè-
cle (Pierre Champion). Cette publication nous intéresse spéciale-
ment par les articles consacrés à Villon, Baude, de Nesson, etc.
— Sont présentés à l'admission :
M. Max Corras DE CHATELPERRON, propriélaire, rue de Bour-
uogne, 35, Moulins, par MM. Georges Bruel. chanoine Clément,
Milcent. j
M. RouGaxe pe CHAxT&LoUP, propriétaire, avenue d'Orvilliers, 14,
par MM. Bruel. chanoine Clément, Milcent.
M. Alfred Pavaizrox, fourreur, rue Boureau frères, 5, par MM. le
docteur de Brinon, chanoine Clément, Paul Pavaillon.
M. Victor Bouer, vice-président de l'Union bourbonnaise de Paris,
rédacteur du Bourbonnais de Paris, avenue Pasteur, 29, Courbevoie
{Seine), par MM. le docteur de Brinon, chanoine Clément, Géner-
mont.
M. Paul NaGereisex, négociant, rue Régemortes, par MM. le cha-
noine Clément, Chambron, Géuermont. |
— Sont admis en qualité de membres titulaires :
MM. BoizarD, Paul Bacxozetr, Tanny.
— L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 22 heures
et demie.
E. CaPEu.
Ki
téiéiiéhetabéss
UNE EXPOSITION BOURBONNAISE
Contemporaine et Rétrospective
des Chefs - d'Œuvre du Travail
Concours des meilleurs Ouvriers de France
À la suile de lg séance du 4 février, au cours de laquelle M. Gia-
cobbi, sous-préfel de Lapalisse, exposa dans ses grandes lignes le projet
d'organisation d'une « Exposilion Bourbonnaise du Travail », le
Président de la Société d'Emulation a reçu la lettre suivante, qu'il
recommande loul particulièrement à l'allention de nos confrères, en
exprimant l'espoir que ne restera pas sans réponse l'appel persuasif
adressé aux membres de notre Compagnie en vue d'une collaboration
dont les résultals, au seul point de vue régional, peuvent étre de la AIME
haule importance :
« MoxsIEUR LE PRÉSIDENT,
a Ainsi que j'ai essayé de l’exposer au cours de la séance de
la Société d'Emulation à laquelle vous avez bien voulu me faire:
l'honneur de me convier, l'Exposition nationale du Travail, dite-
par la grande presse « Concours des Meilleurs Ouvriers de:
France », et qui aura lieu à Paris au mois de novembre prochain,
sera précédée d'une Exposition départementale qui se tiendra à
Vichy, vraisemblablement au mois d'août. Cette Exposition: ‘à la-
quelle pourront prendre part tous les ouvriers et artisans français
du département, a pour but de mettre en valeur leurs qualités pro-
fessionnelles et d'encourager leur esprit d'initiative. leur goût et’
l'attachement qu'ils portent à leur profession.
« Au premier rang des industries appelées à y prendre part, doi-
vent nécessairement figurer toutes les formes de l’artisanat rural :
cordiers, vanniers, sabotiers, fabricants de jougs, maréchaux ou-
2
18 *, SociÉTÉ D'EMULATION pu BourBoNNAIs .
Hein De 2
vrant leurs fers eux-mêmes, sont parmi ceux qu'il + a un intérèt
social supérieur à encourager, puisque tout progrès accompli dans
leur technique peut, dans une certaine mesure, en facilitant la
vie du paysan, faire obstacle à la désertion de la cumpagne. Il
existe d'autre part, dans le pays. quelques industries d'art : luthe-
rie à denzat, fabrique de grès flammés à Gannat, verrerie à Souvi-
guy, reliure à Moulins, tissage de mousseline dans la région
d'Arfeuilles, ete. : des métiers féminins, passementerie, tricotage,
broderie, un peu partout. Cette énumération est bien loin d’être
limitative : un des buts de l'Exposition est précisément de mettre
en valeur cerlams métiers peu connus, et nous accueillerons avec
plaisir toute suggestion nouvelle,
« Enfin une section rétrospective pourra être orgamsée, Il con-
vient de bien en préciser la portée : ce n’est pas à proprement
parler une Exposition bourbonnaise rétrospective que nous cher-
cherons à constituer : le but scrait trop vaste, eu égard au peu de
temps dont nous disposons, et sortirait du cadre qui nous est
proposé, L'Exposition du Travail, la préoccupation professionnelle
qui en à guidé l'institution doivent demeurer les buts principaux.
Mais dans ces limites, 1l nous à paru qu'il pouvait ètre extrêmement
intéressant d'exposer les œuvres des artisans de jadis. Cette expo-
sition pourrait, me semble-t-il, se faire sous plusieurs formes :
pour cerlaincs industries vraiment propres au pays, el qui vivent
encore, 11 conviendrait de retracer leur évolution complète : une
exposition du sabot bourbonnais par exemple peut montrer com-
ment le bois, les outils employés et les nécessités de la vie rurale
ont conditionné sa technique. guidé l’évolution de ses formes, et
amené sa transformation progressive jusqu’au sabot contemporain.
De mème, une exposition de la lutherie peut montrer la transfor-
mation de la vielle bourbonnaise, D'autres industries au contraire
ont disparu, mais seraient intéressantes à rappeler, non seulement
parce qu'elles ont produit d’admirables objets. faits au goût du
pays, mais encore parce que leur résurreclion ne serait peul-être
pas impossible un jour : telles sont les faïences de Moulins. Enfin.
pour les méliers dont les souvenirs ne sont pas assez nombreux
ou assez unportants pour justifier une vitrine spéciale, peut-être
pourrait-on grouper autour de quelques faits, bien choisis, de
l'histoire du Bourbounais, des objets divers, mais contemporains:
Uxe Exposition BounBonNaise 19
la voiture de Banville jeune dont on parlait à votre dernière séance.
si elle fut carrossée en Bourbonnais, figurerait bien comme monu-
ment de l'artisanat du siècle dernier : 16 romantisme est à la
mode et un coin de FExposition réunissant, à l’occasion de la
jeunesse de Banville, des objets du temps fabriqués dans le pays,
ne serait pas un des moindres attraits de l'organisation : prétexte
aimable à montrer la technique de jadis, pour en comparer Îles
règles avec les règles de la nôtre, à reconstituer des scènes du
lemps passé pour comparer les conditions de la vie sociale d’alors
aux conditions où se trouve l'artisan d'aujourd'hui.
« Je vous remercie vivement, Monsieur le Président, de bien
vouloir donner à ce projet la publicité de votre Bulletin. Je suis
persuadé que l'appui moral de la Société d'Emulation nous sera
précieux, Chacun de ses membres peut nous apporter une aide
certaine s'il veut bien faire connaître autour de lui l'idée de PEx-
position, user de persuasion auprès des artisans qu'il connaît pour
les décider à y prendre part, les encourager à préparer dès mainte-
nant des objets d’Exposition, demander enfin aux heureux pro-
priélaires d'objets hourbonnais anciens de bien vouloir nous les
prêter. Je n'ai pas besoin de vous dire que toutes les garanties
possibles de garde et d'assurances leur seront données. Notre
organisalion est en train de se constituer sous les auspices du
Comité départemental de l'Enseignement technique et nous serons.
sous peu. j'espère, à mème d'indiquer à loutes les personnes qui
voudront hic sv intéresser, tous les renseignements voulus sut
l'Exposition.
«J'ajoute que Je département de la Creuse à manifesté linten-
lon de se joindre à nous, nous apportant ainsi le concours de ses
dentellières et des tapissiers d'\ubusson.
« Je vous serais obligé de vouloir bien être, auprès de Messieurs
les membres de la Société d'Emulation, l'interprète de ma grati-
-tude- pour le concours qu'ils voudront bien nous donner et. je
vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes
sentiments les plus distingués.
Q EF. Giaconni. :»
20 BE ————
Sur la Bible de Souvigny
Une lettre de M. Dufour
Chacun sait que la Bible dite de Souvigny passe pour avoir servi
pendant longtemps à la bibliothèque de Moulins, après qu’elle y eut
été transportée sous la Révolution, de marchepied ou d’escabelle, à
même le plancher où elle était tout simplement délaissée ; et nul ne
soupçonnait la valeur de ce meuble de bureau improvisé, dont cha-
cun faisait usage à sa guise pour les besoins les plus usuels. Ce n’était
qu'une légende, hätons-nous de le dire ; mais une légende acceptée
jusqu’à maintenant comme vérité par le public toujours crédule, ici
comme ailleurs. A |
L'invraisemblable eût dû cependant couper court à ces absurdes
racontars, car un fait de cette nature, suffisant pour entacher une
ville d’ignorance et de ridicule n’eût dû être admis qu’à la condition
de reposer sur des circonstances précises et certaines, notoirement
établies. Mais on n'y regardait pas de si près. Aussi incroyable que
fût cette fable, on y a cru. On y croit encore.
Mais quel en a été le point de départ ? ces bavardages doivent
bien remonter à une cause déterminante qui en a été le commence-
ment, et c'est ce qui était ignoré de tous sans que personne s'en
souciât. On avait fait, disait-on, pendant nombre d'années à Moulins
ce sort original à un inestimable manuscrit, voilà tout. |
Mais aujourd’hui l’occasion imprévue se présente de faire la lu-
mière sur ce point et, chose curieuse, nous n'aurons pour cela qu'à
rééditer une preuve déjà antérieurement fournie il y a plus de quatre-
vingts ans, et fournie par l'homme qui était le plus qualifié et le plus
autorisé à la produire, le conservateur des objets d'art de l’époque,
La BiBLE DE SouviGxy 21
qui élait en même temps inspecteur de la bibliothèque, l'artiste
savant et sagace, l'initiateur et fondateur originaire de l'Ancien Bour-
bonnais, Claude-Henri Dufour lui-même. Et la preuve dont nous
parlons sera irrécusablement établie par une lettre de lui ou la co-
pie par lui, signée de lui, d’une lettre que nous avons entre les mains,
qu'il adressait à un M. Knab, le directeur d’une revue d'art intitulée
le Magasin universel, laquelle se pAbAaIt alors à Paris, 20, rue des
Grands-Augustins.
Cette lettre appartient à M. Jean- Baptiste Reignier, fils de notre
si regretté confrère M. le docteur Ambroise Reignier, le parent le
plus proche de M. Dufour. Madame Reignier sa mère et lui-même
ont bien voulu me la communiquer aimablement et me permettre
d'en faire profiter le présent Bulletin. En les remerciant je mention-
nerai seulement que tous les deux possèdent encore nombre d’autres
documents et papiers du plus haut intérêt et ayant la même origine.
M. Dufour était doué de facultés aussi remarquables que variées.
Il mourut en 1845. Toute sa vie avait été consacrée à de laborieuses
études dont il avait à un éminent degré la passion. Les services
qu'il rendit dans sa sphère, facilités par des aptitudes spéciales pour
les arts, sont infinis et d’ailleurs généralement oubliés. Pourtant tout
ce qui vient de lui est digne d'attention et mérite la considération
attachée aux choses qui se conservent.
Ce qui paraîtra surprenant c'est que ladite lettre était justement
destinée à détruire le propos mensonger dont il est question et qui
nonobstant a continué de circuler avec un plein succès ; car il faut
bien l'avouer l'honorable effort de notre vieux maitre n'a nullement
‘ contrarié la marche tranquille et sûre de la calomnie ; il semblerait
plutôt l’avoir accélérée. Encore de nos jours, tant l'erreur a de force
‘pour séduire, on pourrait dire de puissance de pénétration, on voit
les esprits les plus distingués ne pas refuser de croire à la possi-
bilité d'une aussi mauvaise fortune pour notre Bible. Un exemple
caractéristique vient justement de nous en ètre donné par le savant
professeur à la Faculté des Lettres de Clermont-Ferrand, M. Bréhier,
dont les travaux de haute érudition sont assez goûtés à Moulins
pour que la citation que nous faisons ici nous soit permise sans
crainte de préjudicier à son autorité scientifique. Or, il publiait ré-
cemment dans le Bullelin de la Société Bourbonnaise des Eludes locales
(n° de juillet, août et septembre 1923), un très remarquable travail
19
10
SOCIÉTÉ D'IMULATION DU BOURBONNAIS
sur l’Art de la miniature au moyen âge, traitant précisément de la
Bible de Souvigny où nous lisons : «... Après la dispersion des
moines de Souvigny en 1790, la Bible échut à la ville de Moulins,
-mais à ce moment les œuvres du moyen âge n'étaient guère appré-
ciées. Elle resla longtemps dans un grenier et servit même à garnir, en
guise de coussin, le fauteuil d'un fonctionnaire municipal. »
On voit par là combien une simple erreur, conséquence d'une
opinion acclimatée comme légendaire, se place aisément dans a
- mémoire aux dépens de la vérité.
Nous avons du reste l’heureuse chance de pouvoir encore rectifier
M. Bréhier à propos du même article. Nous y trouvons en effet la
mention qu’en 1830 l'administration de la Bibliothèque Nationale fit
venir la Bible à Paris pour l’examiner et en offrit généreusement la
. somme de six mille francs. Le vrai c'est que ce n'est pas six mille
francs, mais trois mille seulement que voulut la payer la Biblio-
. théque Nationale. Cela est établi par une lettre de M. Abel Rémusat,
président du Conservatoire de ladite bibliothèque, du 12 juillet 1832
(et non 1830), adressée au maire de la ville de Moulins. M. le docteur
Cornillon en possède une copie qu'il a eu l'obligeance de me gra-
cieusement communiquer (1).
Dans Je moment les habitants de Moulins firent grand bruit de
celte affaire. Cette offre de trois mille francs leur parut dérisoire car
on la considéra comme infime par rapport à la valeur que l’on s'était
mis à attribuer à l'objet. Les chiffres les plus fantastiques étaient, en
effet, couramment mis en avant, car on ne connaissait pour ainsi
(1) Cette lettre qui fait suite à une autre du 8 février de la mème année,
précisant les ouvertures faites par le maire au nom du Conseil municipal
pour céder la Bible, est ainsi conçue dans sa partie essentielle : «.. Le
manuscrit a été examiné avec toute l'attention qu'il exigeait et considéré
sous le rapport de sa valeur intrinsèque à ses ornements et à son état
_de conservation, soit relative à l'égard des autres monuments de ce genre
plus ou moins anciens, plus ou moins ornés que la Bibliothèque possède
. déjà, C'est d'après ces considérations que le Conservatoire a cru satisfaire
aux devoirs que lui imposent les intérêts de la Bibliothèque du Roi et les
vues très louables de MM. les membres du Conseil municipal de Moulins
ainsi que les vôtres, M. le Maire, en portant le prix de ce manuscrit à trois
mille francs et en décidant en même temps qu'il sera ouvert un crédit de
cette somme chez MM. de Bure frères, libraires de la Bibliothèque, rue Ser-
pente, n° 7, à qui vous pouvez adresser la liste des livres que vous choisirez
et qui vous seront fournis par lui à des prix modérés jusqu’à concurrence
de ln somme sus-énoncée.., s
LA Bigze DE SouviGxy 23
cum ns, une rt
dire plus de limites. On protesta avec énergie à l'avance contre :le
marché qui aurait été, croyait-on, passé dans ces conditions et le con-
seil municipal, dont c'était d’ailleurs l'avis, ne fit pas attendre sa
réponse négative. Le 24 janvier 1832, il prit à l'unanimité de ses
membres présents une délibération en conséquence (1).
Il eût été peu explicable que M. Dufour, conservateur des objets
d'art et inspecteur de la bibliothèque, n'ait pas eu à s'inquiéter de‘ce
projet d'aliénation. Il s'en inquiéta en effet, mais non à titre officiel
comme on pourrait le croire. Le Conseil municipal ne l'avait pas
consulté, même les négociations avaient eu lieu hors de sa con-
naissance, ce qui ne laissepas de surprendre, et s’il s’en occupa ce
fut ultérieurement par voie indirecte, voici comment :
Le 4 août 1832, M. Dufour intervenant en sa qualité de conser-
vateur des monuments adressait au préfet une lettre pour le prier de
vouloir bien solliciter « de la munificence de son altesse royale
monscigneur le duc d’Aumale la non exécution du projet de vente
des tours de Bourbon- Archambault», cons la misé en eue
tion était annoncée.
Les démarches oies en conséquence de cette lettre furent
couronnées d’un plein succès. Dès le 11 en effet le Meniteur annon-
çait que les tours ‘venaient d’être retirées de l’adjudication:
— d'où il suit que ce n'est pas à Achille Allier, ainsi qu’on le
(4) Voici cette ÉANeR On: encore communiquée par l'aimable docteur
Cornillon : D Re
“, Séance du 24 janvier 1832.
« M. le Maire donne lecture au Conseil d'u une lettre par laquelle M. le Pré-
sident du Conservatoire de la Bibliothèque du Roi propose d'acheter la
Bible manuscrite du xi° siècle appartenant à la Bibliothèque de Moulins,
moyennant trois mille francs ou livres,
« Le conseil considérant qu'il ne s'était déterminé à se défaire du précieux
manuscrit dont la Bibliothèque de cette ville est propriétaire, que dans
l'éspoir d'obtenir en échange un nombre considérable d'ouvrages de littéra-
ture, d'histoire et de voyages ;
« Considérant que son espoir fondé sur l'estimation que plusieurs per-
sonnes éclairées avaient faite dè ce manuscrit ne se trouve pas réalisé jé
par les offres -de l'administration de la Bibliothèque du Roi ; Re
. « Arrète à l'unanimité que la proposition de M. le Président du Conser-
vatoire de la Bibliothèque du Roi ne sera point acceptée et que ce fonction-
naire public sera. invité à renvoyer à Moulins la Bible qui lui avait été
envoyée poûr qu “l l'exgminät ( et en fit connaitre la valeur ;
«En séance les jour, moiset an susdits, »
21 Soc1ÉTÉ D'EMULATION Du BouRBONNAIS
croit généralement, que doitètre attribuée leur conservation, mais
à M. Dufour. Cela résulte de pièces irrécusables, dont cette lettre
au préfet, imprimée et suivie de la correspondance administrative
qu'elle comportait, a été la conséquence, et la principale.
Mais aussi intéressant que cela paraisse, ce n'est pas là Ja vraie
question. La vraie question se trouve dans un post-scriptum qui y
est ajouté. et que voici : « Je déplore, monsieur le Préfet, que l’état
de ma sanié' qui me tient dans une espèce d'isolement, m ait empé-
ché d’être informé, dans les temps, du projet d'échange de l’ancienne
Bible déposée à la bibliothèque publique de la ville de Moulins. Sa
disparition d’un dépôt littéraire que, pendant nos orages politiques,
j'ai lant travaillé à préserver, m'a été vraiment pénible (1). Îl me
semble que, puisque le gouvernement, d'accord avec messieurs vos
prédécesseurs, a placé une sentinelle pour veiller à la conservation
des objets d’antiquité ; il me semble, dis-je, qu'il eût été raisonnable,
de la part du corps municipal, de la consulter sur le projet d'échange,
non d'un simple ouvrage, mais d'un rare monument de peinture
et de calligraphie. Le conservateur eût peut-être fourni à ce sujet
des notions propres à améliorer et mieux assurer les résultats de
ce mème échgnge.
. (Au reste, mon avis est que la ville, qui n'est que gardienne du
dépôt littéraire à elle confié par le gouvernement, n’a pas le droit
de consommer l'aliénation de cette Bible sans un décret spécial du
corps législatif à ce sujet. »
Certes cela eût été raisonnable, en effet, de la part du corps muni-
cipal, M. Dufour a raison d'en faire la temarque. Il eût pu même
dire que cela eût été convenable.
Pour en revenir à la lettre de M. Dufour au Directeur du Maga-
sin universel, il est bon d'observet qu’en l’écrivant notre compatriote
avait aussi et surtout pour but de protester contre certaines menées
-dont il avait à se plaindre et ne tendant à rien moins qu’à l’annula-
tion de ses droits à se qualifier d'auteur de l'Ancien Bourbonnais,
droils cependant établis antéricurement dans des conditions irréfu-
tables et qui le placent à cet égard au même rang qu'Achille Allier.
Mais ceci est tout différent de ce qui concerne la Bible, c'est une
(1) Il fait évidemment aliusion ici à l'expédition de la Bible à Paris, quia
pu passer pour un enlèvement définitif et donner lieu à des craintes justi-
fiées. |
. LA Bree DE Souvicxy | 25
affaire qui exigerait d’être traitée à part pour être considérée suivant
son importance et dans laquelle on trouverait matière à de longs
._ développements. Nous ne nous en occupcrons pas davanlage, pour
ne pas être porté à entrer dass des complications qui seraient sans
doute mieux placées ailleurs et qui HAGNERSIENt ici de nous entraîner
trop loin.
Au sujet de la Bible proprement dite, M. Dufour note qu'il s'é-
tonne que l’on ait accueilli au Magasin universel, du moins sans
modification, le nouvel article qu'il vient d'y découvrir dans la
livraison de juillet 1839, page 323, qui s’y rapporte. |
« Îlest un peu tard, ajoute-t-il, pour réclamer contre cet article,
mais diverses indispositions et la multiplicité des affaires m'ayant
forcé de laisser s'accumuler sur mon bureau sans les lire plusieurs
livraisons quoique pleines d'intérêt, ce n'est que depuis avant-hier
qu'il m'a été permis d'en prendre connaissance. Toutefois comme
il est des vérités ou des (impostures) qu'il importe toujours de si-
.gnaler au public, je me hâte aujourd'hui de répondre à ce même
article, qu’il devient urgent de réfuter, 1° parce qu'il contient les
erreurs les plus graves ; 2° parce que ces erreurs sont préjudicia-
bles à la mémoire des agents à qui, pendant nos époques néfastes,
avait été confié le soin de rassembler les objets d’art et de biblio-
graphie que les lois ordonnaient de conserver ; 3° parce qu'elles ten-
-dent à représenter le pays lui-même comme entaché d’une ignorance
et d'une apathie qui le rapprocheraient de la barbarie ; 4° enfin parce
que ledit article présente dans un de ses passages l'acte d’audace
le plus insolite contre les droits de l’auteur primitif de l'Ancien Bour-
bonnais (1), sur lesquels pourtant vous vous êtes déjà expliqué en
septembre 1838.
«: « Pour répondre à l’auteur aussi succinctement que catégori-
quement, permettez que je dispose les choses de manière que, en
face de ses assertions se trouve la réplique à chacune d'elles, mais
consignons d’abord comme faits de notoriété publique, 1° que ce
n'est qu'en 1793 que commencèrent dans Île département de l'Allier
les destructions d'édifices religieux, les mutilations d'objets d'art, la
dispersion patente et le gaspillage des bibliothèques et des archives ;
.2° ques afin d'y POSE: remède que, par arrêté de l'adminis-
so it
(tr Lui- a avons-nous dit .
26 SocIÉTÉ D'EMULATION Du BoURBONKNAIS
tration du district de Moulins le 24. germinal an II fat 'créée.ure
Commission spécialement chargée de‘recueillir et de préserver les
objets relatifs aux arts,:aux sciences et aux lettres. ; 3° que bientôt
après le 12 germinal an III, M. Dufour, l’un des commissaires, fut
nommé conservateur des objets d'art avec inspection sur le Depos
littéraire.
| « Que s'est-il passé avant le 24 germinal an II, lors de la séques-
tration de tous ces objets ? Je ne pourrais en parler ici que vague-
ment, mais ce que je puis vous affirmer comme témoin oculaire,
c'est ce que je vais consigner ici en opposition aux étranges affir-
mations de votre correspondant :
Suit le texte sur deux colonnes mais. que nous reproduisons dans l'ordre
suivant : ”
,. « Asserlions de l'auteur :
« Les mutilations qu’elle a subies, nous dit-il en parlant de la
Bible de Souvigny, datent de l'ère révolutionnaire de 1792, époque
à laquelle elle fut enlevée de Souvigny et transportée à Moulins.
L
.« Leur réfutation :
+
-« Dès le commencement de leurs opérations les commissaires
dont je viens de parler entre lesquels était feu Batissier (1), homme
lettré, l'un des curés proposés dans les temps comme candidat à
l'épiscopat constitutionnel de Moulins, firent toutes les recherches
praticables pour découvrir de quelle époque et de quelle part
pouvaient provenir les metilations (2) de la dite Bible, à Reis ils
attachaient le plus vif intérêt. |
« Ces investigations n'aboutirent qu'à nous porter à croire que
ces mutilations remontaient à une époque antérieure à la transla-
tion à Moulins de la bibliothèque des Bénédictins et qu'elles pou-
vaient bien,avoir été opérées par quelques-uns de ces moines qui,
V0) Er | |
(1) Décédé depuisle 24 germinal an 11, date de sa nomination.’
(2) Ces mutilations ne sont autres, pensons-nous, que les enlèvements de
feuillets ou découpures de lettres ornées remplacés depuis tant bien que mal
par des copies étrangères. Dans le public on avait attribué ces détériorations
à des touristes peu délicats et mal surveillés.(des Anglais, avait-on dit) qui
avaient, profitant de leur dextérité, abusé de la liberté qu'on avait eu le tort
de leur laisser. Autre légende que la lettre de M. Dufour fait disparaitre.
La Baise pe SouviaNY 27
n'étant plus alors des Calmet et des Montfaucon (1), ne portaient
pas à ce monument tout le respect dont il était digne (2).
« Assertion de l’auteur : |
« Là il resta longtemps confondu dans les greniers qui servaient
alors d'archives avec les débris des bibliothèques conventuelles.
« Réfuialion : | __
« Ces prétendus greniers étaient 1 une mansarde immense fitide
au-dessus du corps principal des bâtiments de l'ancien collège, où
avait existé la bibliothèque des jésuites, sauf quelques portions du
nouveau dépôt littéraire qui avaient été apportées confondues dans
des bauges (3). Les livres y étaient disposés convenablement, et
même avec ordre selon les formats. Le dépôt ne seryait point -d'ar-
chives ; personne n’y pénétrait hormis. les employés, et tous les pa-
-piers relatifs aux archives en étaient soigneusement triés et renvoyés
à l'administration départementale où ils se trouvaient AEDORenee
« Assertion de l'auteur : 7. " 4, |
« Il paraît qu'elle (la Bible fixa peu les cle des’ sients qui de
ces débris furent chargés de former le noyau de la bibliothèque de
Moulins, CAR ELLE A TOUJOURS TRAINÉ IGNOMINIEUSEMENT SUR LE
PLANCHER, FOULÉE AUX -PIEDS ET SERVANT À RAISON DE SON ÉPAISSEUR
D'ESCABELLE AUX GARÇONS DE BIBLIOTHÈQUE: ,
« Réfutation :
« ERREUR ABSURDE FT CALOMNIE qui prouve jusqu'à l évidence
que l’auteur de l'article n'a jamais vu par lui-même ni le dépôt litté-
raire ni la bibliothèque provisoire, ni celle qui. fut établie définitive-
ment Jors de la création des écoles centrales ; l’une et l'autre tirées
de ce dépôt, et placées dans la partie des bâtiments de l’ancien col-
lège où siège aujourd'hui le tribunal civil, vaissean régulier orné
_ d'un beau plafond (4) qui fut à cette époque conv euablement disposé
pour recevoir lesdites bibliothèques.
à .
D
(4) Deux savants bénédictins le premier de la congrégation de Saint-
Vannes né en 1672 près de Commercy, et le second de ia CONBIÉEAtION de
Saint-Maur né en 1655 au château de + (Languedoc).
. (2 Simple hypothèse.
‘(37 Grañds sacs usités dans le commerce des charbons de bois.
* (4) Le classement comme monument historique en a été demandé il y «a
-, Quelques années. La Commission n'a pas fait de réponse à la demande.
28 SoctéTé D'EmuLaTion pu BoURBONNAIS
« Là, sous les soins assidus de M. Batissier, alors devenu biblio-
thécaire et saus la surveillance de l'inspecteur en même temps con-
servateur des objets d'art, le monument calligraphique dont il s’agit
ne traînait pas ignominieusement sur le plancher, comme on le dit in-
jurieusement à la mémoire de mon ancien collègue, mais il demeurait
placé sur la grande table recouverte d'un tapis, et il était montré
par lui avec empressement et même avec une espèce d'orgueil à tous
les étrangers qui venaient visiter la bibliothèque. |
« Ladite Bible ne servait point d'escabelle aux garçons de salle, car
l°il ne manquait ni d'escabelles ni de chaises ; et certes il eût été
“plus facile de s’en servir que de déplacer une masse énorme de
vélin de 21 à 22 pouces sur 15 à 16 et d’une compacilé proportion-
nelle ; car en second lieu les aides de notre savant bibliothécaire
‘étaient sous sa surveillance comme sous la mienne, et que , en troi-
sième lieu, ce n'étaient pas de jeunes fous ni des révolutionnaires, que
- nos garçons de salle, mais de vieux serviteurs de bonnes maisons
qui par leurs opinions personnelles étaient pese à respecter le
monument religieux dont il s'agit. | .
« Que conclure de ces antécédents, dit en terminant M. Dufour,
sinon que l'article que nous venons de réfuter par les faits les plus
positifs, n'est qu'un tissu d’absurdes impostures dirigé par son
auteur contre d'anciens fonctionnaires plus capables que lui peut-
être de sentir le prix des objets que leur devoir était de conserver.
Mais ce n'est pas là seulement ce qu Lu se proposait dans ce même
article.
« N'y avez-vous pas remarqué le passage suivant, Monsieur le Di-
recteur ? (Voyez la description qui en a été donnée — de la Bible —
dans le grand ouvrage sur l’Ancien Bourbonnais de MM. Achille
Allier, Ad. Michel et L. Batissier), titre dont les mots : d'après les
dessins et les documents de M. Dufour ont été soigneusement retran-
chés. Eh bien, c'est à faire enregistrer dans les colonnes de votre
Magasin universel, ce nouveau titre ainsi mutilé donné maintenant à
l'Ancien Bourbonnais, par Messieurs les éditeurs et continuateurs
actuels que tendait principalement votre correspondant, l’une des
parties intéressées. |
«a Ce titre d’ailleurs est parfaitement conforme au prospectus
. publié par ces Messieurs en septembre dernier. C'est pour s'y
attribuer une plus grande part dans l'ouvrage qu'ils ont audacieu-
La Bisze pe SouvicnY 29
sement supprimé le nom de l’auteur primitif, même comme simple
collaborateur. Ils espéraient sans doute, au moyen de cette insertion,
lui acquérir d'autant plus de crédit que par là ils vous faisaient
infirmer vous-même la décision émise par M. Mazuy (?) dans la
livraison de septembre 1838, pages 388-389, sur les droits respectifs
d'Achille Allier et de Dufour à être regardés comme fondateurs de
l'Ancien Bourbonnais.
« Telle a été évidemment l'intention capitale de votre correspon-
dant et de sa camaraderie (sic). Si elle se déguise d'abord sous la forme
d'une attaque générale contre plusieurs anciens fonctionnaires plus
dignes d'éloge que de blâme, c'est que cette attaque devenait une
transition indispensable pour arriver à son but. Ainsi, c'est à cette
intention que vous êtes redevable de l’article sur la Bible de Souvigny
comme le plus propre à le lui faire atteindre. »
Nous devions ajouter ces quelques lignes de conclusion, qui visent
directement et la Bible et l’article dont elle a été l’objet. En fin de
compte, M. Dufour annonce qu'il va recourir à une action judiciaire.
« Encore quelques jours, dit-il, et cette hardiesse téméraire de
faire disparaître de la tête d’un ouvrage le nom de son auteur pri-
mitif, d'en dénaturer le titre devenu sacré par la convention (1)
expresse du cessionnaire comme de ceux auxquels il a été cédé, sera
soumis au contrôle de juges qui, mieux éclairés par les pièces pro-
bantes que ne peuvent l’être les journaux et autres écrits périodiques,
prononceront . sur les diverses questions relatives à l'Ancien Bour-
bonnais et apprendront enfin au public ce qu’il devra penser de l’en-
semble de cette affaire. » ;
us | E. DeLaiaue.
(1) C'est-à-dire le traité passé sous signature privée portant cession de l'A n-
cien Bourbonnais par M. Dufour à M. Achille Allier et M. Desrosiers, ces
deux derniers solidaires, le 45 mars 1833; ratifié le 1*° juin suivant.
.
‘ =
1 2%
Une Réplique anglaise
du Jaquemart moulinois ”
sd , :
- Le Plagiat, dit Larousse, est « l'action du Plagiaire. de celui
qui s’approprie les productions d'autrui. ». Le cas dant je vais
parler ci-dessous rentre-t-1l dans le cadre de celte définition ? Je
le crois volontiers, quoique & autrui » soit, en la circonstance, un
àrchitecte inconnu mort depuis quelques siècles, |
Notre dévoué directeur du Bulletin fut fort surpris, il y a quel-
que temps, en vovant reproduire dans un journal la silhouette
d'un monument qui lui était familier ét sa stupéfaction ne fil
qu’augmenter en apprenant par la légende qui accompagnait Île
tessin que. ce monument se trouvait à Loughborough, én Angle-
terre, alors qu'il avait l'habitude de le voir à Moulins-sur-Ahier.
(4) De la communication faite en séance de la Société, le 5 novembre 1923, par
M. Génermont, nous extrayons les précisions suivantes :
« M. Tapper, auteur du monument, membre de l'Institut royal des Architectes
britanniques, de passage à Moulins il y a quelques années, avait remarqué notre
beffroi municipal et, lorsque la ville de Loughborough, désirant perpétuer par
un monument digne de leur sacrifice, le souvenir de ses enfants tombés sur le
sol français pendant la grande guerre, lui demanda un projet de mémorial,
l'architecte londonien se souvint du Jaquemart français et conçut une tour très
nettement inspirée de notre moyenägeux beffroi.
« Car il convient de dire que Loughborough est nn centre très important de fon-
derie de cloches et c'est un carillon qu'elle décida d'élever à la mémoire de ses
héros de la guerre.
« La première pierre fut posée le 22 janvier 1922 et, dix-huit mois après, avait
lieu l'inauguration, présidée par Île maréchal Robertson. La tour abrite quarante-
sept cloches, toutes offertes par des survivants ou des familles de soldats tués
pendant la guerre, ainsi que par les élèves des écoles. La plus lourde pèse quatre
tonnes et demie, et l’ensemble vingt et une tonnes. Ce monument, qui a les
proportions exactes de notre Jaquemart, à ceci près que le plan est carré et non
rectangulaire, reproduit très fidèlement son socle, son corps principal, sa galerie
de circulation avec les mêmes balustres, son campanile avec les croix de Malte de
la main-courante et ses arcatures, ainsi que les deux toitures au profil caracté.
ristique.
« Cette tour, qui domine le Queen's Park, émerge de massifs de verdure et de
UNE RÉPLIQUE ANGLAISE nu JAQUEMART MOULINOIS 31.
Il crut avoir une hallucination, se frotta les yeux, regarda de nou-
veau et ne put que se rendre à l’évidence.. Il voulut en avoir le
cœur net. | D |
Fervent adepte de l'Espéranto. notre confrère Génermont qui,
grâce à la pratique de cette langue universelle, peut correspondre
avec tous les pays du monde, écrivit aussitôt au délégué espéran-
üiste de Loughborough et reçut, avec sa réponse, une carte postale
du monument, puis un numéro de The Archilects’ Journal de Lon-
dres, qui en donnait une pelite monographie avec plans, coupes
et façades à l'appui.
Cette œuvre, qui a été considérée comme très originale et bien en
dehors des sentiers battus et connus, a été élevée sur les plans de
M. Walter lapper, architecte, membre de l’Institut roval des
architectes britanniques.
Loughborough est une petite ville de vingt-six mille habitants,
du comté de Leicester, et célèbre par ses fonderies de cloches.
Voulant élever un « War Memorial » en l’honneur de ses enfants
morts pendant la grande guerre, elle demanda à M. W. Tapper.
FR. I. B. \. architect, d'en concevoir le projet et de présider à
son exécution.
Il eut la très bonne inspiration d’unir dans un mènre édifice la
vieille réputation de la ville et l’héroïsme de ses morts glorieux :
il convient de le féliciter de cette heureuse idée.
Mais il en eut une autre qui défie tout éloge ct, pour réaliser
res deux idées, la bonne et la mauvaise, il se souvint que, lors
d'un vovage à Moulins-sur-\llier, il avait remarqué une tour
plantations variées, cadre un peu nouveau pour nos yeux moulinois habitués à
voir notre vieux beffroi flanqué de ses maisons à pans de bois et à pignons
pittoresques. La base est en pierre blanche de Portland, et la tour proprement
_dite en briques du pays ; elle mesure 152 pieds de hauteur, et 18 pieds pour le
carré de base, dimensions supérieures à celles de Jaquemart. Sur une plaque
de bronze figurent les noms des 447 enfants de Loughborough, « qui donnèrent leur
vie pour la liberté pendant la guerre 1914-1918 ».
« Le jour de l'inauguration, s'installèrent au clavier le célèbre chevalier Jef
Denys, carillonneur de la cathédrale de Malines, et Gustave Nees, directeur du
Collège des élèves-carillonneurs de Malines. Ces deux artistes interprétèrent les
airs nationaux de France, d'Angleterre et de Belgique, ainsi que la Marche funèbre
de Chopin et diverses autres compositions de circonstance.
« Dernier détail à noter : la ville de Loughborough, qui ne compte guère plus de
26.000 habitants et qui a versé le sang de plus de 400 de ses enfants, a consacré à
ce monument, le carillon non compris, une somme de 10.000 livres, ce qui, au
cours actuel, ne représente pas moins de 350 à SOU.000 francs. »
32 SociËTÉ D'EMULATION DU BouRrBoNNAIS
d'horloge d’un beau caractère et il la reproduisit, outre-Manche,
sans plus d’hésitation.
Ceux qui l'ont complimenté de l'originalité et de la nouveauté
de son œuvre ont été. de trés bonne foi d’ailleurs, des ironistes
de premier ordre,
Le monde est petit et les hasards sont grands.
Ce qui pouvait sembler impossible est pourtant arrivé.
Un beau jour, le « War Memorial » de Loughborough et le
« Jaquemart » de Moulins se sont trouvés côte à côte pour Ja
plus grande confusion du premier.
L'Illustration, dans son numéro du 3 novembre 1923, a donné
les photographies de celte entrevue des deux frères, l’ancien et le
moderne, et, malgré que le moderne ait voulu copier la belle struc-
ture de l’ancien, il n’a pu y réussir complètement.
Le beffroi de Loughborough n’a pas tout à fait les mêmes dimen-
sions que celui de Moulins : 1l est construit en matériaux différents
et, tout en lui ressemblant comme un frère. il n'est qu’un faux
frère, abatardi, bien loin d'avoir la noblesse et l’élégance de son
aîné. Il lui manque l'esprit qui anime nos vieux monuments et
leur donne cette crâne allure bien française de conception spiri-
tuelle et de proportions agréables aussi bien dans leur ensemble
que dans leurs détails.
Dans le beffroi de Loughborough sont installées quarante-sept
cloches qui composent un magnifique carillon au répertoire :illi-
mité. Lors de son inauguration. l’élite des maîtres sonneurs lui
fit exécuter tous les chants nationaux des Alliés, les airs les plus
variés et la Marche funèbre de Chopin.
Alas ! alas ! poor Chopin !
Le beffroi de Moulins n’a pas d’ambitions aussi élevées et il faut
lui en savoir gré. : il n'en a même pas du tout, ce qui est encore:
mieux. Mais il a un passé, dont il a le droit de s’enorgueillir, et,
comme son sosie l'ignore vraisemblablement, il semble intéressant
de lui apprendre, en quelques mots, en quelles circonstances il
fut élevé et quels sont ses sentiments.
Le beffroi moulinois fut construit alors que la guerre que nous
nommons « guerre de Cent Ans » avait quelque trois quarts de
siècle de durée et, en 1409, il dressait sa fière silhouette sur une
place de Moulins, capitale du duché du Bourbonnais. Bien campé
UNE RÉPLIQUE ANGLAISE AU JAQUEMART Mourixois SEX 33
dans le cadre qui lui convient, à langle saillant et bien dégagé
d'une grande place et d'une petite qui se continue par une vieille
rue pleine de caractère avec ses vieilles maisons aux pans de bais
ouvrés, sculptés et bien culottés, encorbellés sur des rez-de-chaus-
Li
it
CI, Illustration.
Le Jaquemart de Moulins. Le Beffroi de Loughborough.
sée en pierre. 1l a, ma foi, très grande allure et a toujours tenté
le crayon et le pinceau des artistes qui le voient.
À l’époque où il fut élevé pour remplacer une vieille tour chan-
celante, les Anglais infestaient, ravageaient et pillaient notre
pays. Notre bonne ville, qui depuis longtemps avait ses franchises.
tenait à les affirmer et à les défendre. Tout en élevant son beffroi,
qui était aussi la tour du « Reloge » communal, elle procédait.
sous Ja bonne et vigilante administration de ses ducs et de ses
consuls, à la construction de sa maison du guet ainsi qu’à la
3
34 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BOURBONNAIS
remise en bon état de ses murailles et de leurs défenses, ce qui
n'élait certainement pas précaution inutile,
Eu 1655, la ‘Four, qui avait déjà été remaniée en 1455, faillit
être anéantie, Un incendie formidable détruisit les halles qui là
joignatent et il menacait de s'étendre à tout un quartier de la ville,
lorsqu'il s'arrêta par miracle. Le feu avait cependant atteint la
charpente du beffroi, 11 la réduisit en cendres et son intensité
était telle que les cloches furent fondues,
Les dégâls, quoique considérables, : furent assez promptement
réparés el, en 1696, on remontait dans le nouveau beffroi une
grosse cloche à laquelle deux petites vinrent tenir compagnie en
1658. Pour les servir, on y logea une famille composée du père
Jaquemart, de sa femme Jaquette, de leur fils Jacques et de leur
fille Jacqueline qui, tous mums du traditionnel marteau, venaient
à tour de rôie faire un demi-tour et frapper les heures, les trois
quarts, les dennies el les quarts sur le bronze aux amples sonorités.
Le père porte toujours gatllardement l'uniforme des gardes fran-
cases et certainement il sonna avec vigueur et allégresse l'heure
de Fontenoy.
C'est sous le nom de celte fanuile de sonneurs automates, au-
jour" hui immobilisés par âge et par la rouille, que la tour de
l'horloge est connue dans toute la région et, lorsqu'on parle de
Jaquemart, ehacun sait de «€ qui » 1l s’agit.
Les maitres d'œuvre des temps passés élaient d'esprit et d'ima-
ginalion beaucoup plus modernes pour leur époque que nous pour
la nôtre, Ils ne s’attachaient pas à reproduire où à reconstituer
ce qui avait été fait avant eux. Les travaux de 16955 n’ont pas trop
ui à Paspect géaéral du monument ; le temps, qui est un grand
melleur au point, à fondu l'ensemble dans une patine presque
uniforme et le beffroi du xvu°, avec sa tonture en accolade et son
campanile en dôme, s harmonise assez bien avec la base robuste
que lui fait la Tour du xv°.
Depuis cette époque jusquà nos jours, elle a vu passer bien
des personnages célèbres, bien des grands, bien des petits. Elle
a assisté à bien des événements mémorables et a entendu sonner
bien des heures joveuses ou tristes,
Elle a vu les derniers ducs de Bourbon-France mener le bon
combat contre P\nglas et les habitants de la ville les soutenir par
tous les movens en leur pouvoir.
UNE RÉPLIQUE ANGLAISE AU JAQUEMART MOULINOIS 35
Elle a vu le bon duc Louis IT, compagnon du connétable Dugues-
clin, qu'il avait recu en son duché au temps où elle n'était encore
qu'en projet. Tous les deux avaient élé prisonniers des Anglais et
le due Louis, retenu huit ans à Londres, où il s'était rendu en
otage volontaire pour garantir la rançon du roi Jean IT, avait
trouvé à son retour ses châleaux assiégés et sa femme captive.
Elle a vu le due Jean IT qui, fait prisonnier à Azincourt en 1415,
mourut à Londres dix-huit ans après sans revoir son pays.
Elle a vu Jeanne d'Arc qui, en 1429, au cours de sa chevau-
chée en Bourbonnais, s'était arrêtée à Moulins, dont elle connais-
sait les sentiments patrioliques el généreux pour se ravilanller en
munitions et en subsides,
Elle a vu le comte de Clermont, le futur duc Jean I, cle fléau
des Anglais », se couvrir de gloire dans les batailles qui termi-
nèrent un siècle de gucrre. |
Elle a vu les réceptions splendides faites à l’occasion de Ia
venue du prince Henri II de Condé, gouverneur de la province,
dont la plus grande gloire et la seule, dit Voltaire, fut celle d’être
le père du grand Condé, auquel Louis XIV donna en échange de
son titre de duc d’Enghien celui de duc du Bourbonnais.
Elle a vu naître à Moulins le maréchal de Villars qui, en 1712,
sauva son pays à Denain et le duc de Berwick, qui sillustra dans
les armées francaises.
Elle a vu, depuis Louis XIT jusqu’à Louis XIV, presque tous
les rois et toutes les reines de France défiler devant elle en somp-
tueux cortèges.
Elle a vu Bonaparte, premier consul. au commencement de 1802,
à la veille de ce traité d'Amiens, qui semblait devoir réconcilier
deux grandes nations et qui ne réalisa qu'une paix éphémère.
Elle a vu... Que n'a-t-elle vu, d’ailleurs, au cours de sa longue
carrière, la vieille tour, si intimement liée à la vie et à l'histoire
de son pays ? | |
Elle a vu, en 1792, en 1812, en 1870 et en 1914. tous les enfants
de la cité partir pour défendre, comme l’avaient fait leurs aïeux,
le sol de la patrie.
Hélas ! elle ne les a pas vus tous revenir.
Elle a vu, Elle, vénérable et incorruplible témoin des luttes sécu
laires, nos anciens ennemis, rapprochés de nous par un péril
36 SociÉTÉ D'ÉMULATION DU BOoURBONNAIS
€ Q
commun, devenir nos alliés et leurs drapeaux. mêlés aux nôtres,
pavoiser son bheffroi pour fèter la victoire, Elle les voit aujour-
d'hui, maintenant que le danger semble conjuré, oublier bien des
choses... Mais, toujours fière et impavide, elle ne s'émeut pas.
Elle en a bien vu d'autres... et elle sait que la France est immor-
telle.
A ses pieds, autrefois, se dressait le pilori.
RENÉ MoREaAu.
LUTTE eseses*" + *saset* Corssss
a ——— — —————————“——— ———————————— 2 —————————_————
nr nn LS nn DE Tonus DE Cannes 20 annee de? Congnest LP Danses Le
Fouilles au vieux château de Munay
(Jeudi 8 février 1923)
Présents : M de Bonv, Monceau; MM. Capelin, Bardet, de Bri-
non et le D' Monceau, de la Société, Bertrand Duflos.
Avec le concours de M. le comte Philippe de Chabannes, qui
mettait six ouvriers à notre disposition, une tranchée a été ouverte
sur le bord oriental de la Motte. On est arrivé, à une profondeur
d'environ 0°,50, sur un mur épais de 0",70 dont la direction est
parallèle au bord ; ce mur se termine d'une façon brusque vers le
nord, par de grosses assises en grès bien jointées. Dans l'épaisseur,
il se continue avec des malériaux formés d'un mélange de pierres
calcaires et de tuilots, et un mortier désagrégé.
En avant du mur nous avons trouvé une série de blocs taillés, en
grès de Coulandon, de couleur lie-de-vin ; nous avons pu juxtaposer
trois morceaux qui forment comme un claveau avec amorce de
voûtes latéralcs. Des morceaux ornés de gros boudins evulaires
accompagnaient mais n'ont pu être mis en place.
En dehors du mur, une quantité énorme de débris de tuiles, parmi
lesquelles des tuiles jaune pâle et de très grosses briques (0®,32-
Om,17). Deux morceaux de fer avec ouverture à clous. Des débris de
vases.
Un ouvrier nous a apporté des tuiles à rebord trouvées à 1 kilo-
mètre de là environ, sur la pente qui regarde l’étang. Nous avons été
voir l'endroit mais n'avons retrouvé aucune trace de construction.
4
FouiLLEs AU vIEUx CHATEAU DE Munay 37
En résumé, la motte qu’on appelle le vieux château est surmontée
de murailles qui paraissent être les fondations d’un fortin que nous
serions enclins à reporter au xiv° siècle, époque de la guerre de Cent
Ans, du siège de Belleperche et de la présence des Anglais à
Beauvoir. |
Muxerz (1). — « Ledict Munetz conciste en un mothe noblesituée
dans les boys de Munetz sur lesquelles y a maison basse en forme
de metherie accompagnée de quelques terres maigres à soigle,
3 étangs, un grand et deux petits étant le tout en la paroisse de
Gennestine distante de Molins 2 lieux ou environ. »
Munay, frontière entre le « pagus nivernensis »
et le pagus éduen
Au congrès de Moulins 1854, M. Clairefond répondant à la
21° question : limites et divisions de l’Ancien Bourbonnais dit en
s'appuyant sur les travaux de Guérard, que :
Le pays Arverne laissait Moulins à gauche se dirigeant par Mont-
beugny vers les confins de la Loire. |
Le pays Eduen comprenait la partie Est au-dessus de Ja ligne
susdite jusqu'à Trevol et Gannay-sur-Loire,.
Le pagus nivernensis (créé par Clovis) comprenait Villencuve,
Aurouër, etc. | .
Donc Munay se trouvait sur la limite entre les pagus nivernensis
et eduensis.
(Congrès, compte rendu, p. 253.)
D' pe Brinox.
(1) NicoLaï: Générale description du Bourbonnais, édition Desrosiers,
liste Lagrillère.
a 2e
} }
DM
QUA )
MONTLUÇON
ET SES RICHESSES D'ART
—— De ———
Bibliographie - Histoire - Description
AVANT-PROPOS
x a déjà beaucoup écrit sur Montluçon. La « litté-
rature» du sujet — comme il sera facile de s'en
rendre compte, en consultant surtout la liste des
ouvrages locaux, dans la Bibliographie — est abon-
dante, sans avoir pourtant épuisé la matiére.
Depuis l'essai un peu enfantin et tendancicux du jeune Yves, en
1$46, jusqu'à l’Annuaire-réclame, bien composé, de M. Duportet,
en passant par les agréables légendes de « Méténier » qui cache un
Montluçannais, le chanoine Bournichon, ct les doctes études parues
dans le Bulletin de la Société d'Emulation, dans celui des Amis
de Montluçon. où publiées par9M. Maurice des Gozis, M. Henry
de Laguérenne, M. Grenier, M. Vignier (dans le Centre), la volumi-
neuse et intéressante compilation de M. Edouard Janin et les deux
résumés présentés sous un angle politique par MM. Alexandre
Giraud et Montusès.., Montlucon a été étudié dans'son histoire,
dans son développement industriel, c'est-à-dire dans les institutions
de son passé comme dans son merveilleux essor moderne. .
L'extraordinaire importance prise au xix° siècle par les multi-
'
. MoNTLUGON ET SES RICHESSES D'ART 39
a
ples et puissantes usines, le quartier neuf de la Ville-Gozet.… a été
l'objet de rapports, de statistiques, qui suffisent pour le moment à
satisfaire la curiosité des économistes.
Mais, de l’avis de nombreux Montluçonnais, on n'a pas assez parlé
des richesses d'art que renferine la ville.
C'estune grave lacune dont les amis des arts, et les touristes, à
la recherche de la beauté artistique, souffrent depuis longtemps, si
on en juge par les demandes de plus en plus pressantes d'un « guide
des édifices »…
Nous nous proposons doncici de résumer ce qu'on saitde plus cer-
tain sur l'histoire de la cité, — sans faire état plus qu'il ne convient des
hypothèses oiseuses dont certains auteurs nous ont fait entendre de
trop copieux échos, — et d'étudier surtout nos monuments qui offrent
un véritgble intérêt au point de vue de l'Art. Nous nous efforcerons
de faire connaître en détail, et de mieux faire comprendre par des
descriptions minutieuses ct d'abondantes reproductions photogra-
phiques et graphiques, les édifices et les œuvres artistiques de notre
vieux Montluçon.
Nous ne nous flattons pas cependant de donner à nos chers
compatriotes et aux touristes toute satisfaction, ni surtout de faire
aujourd’hui une œuvre définitive.
L'histoire complète, scientifique et critique de notre ville ne
pourra être rédigée que lorsque l'on aura pu méthodiquement étu-
dier les fonds si riches des Archives et de la Bibliothèque Nationale,
les archives de l'archevêché de Bourges, de l'évêché de Clermont,
les fonds du domaine et la série judiciaire, non classée, des Archives
départementales de l'Allier, celles de la ville de Montluçon, les
minutes des études notariales de l'arrondissement, les documents
que conservent encore de nombreux greniers inexplorés de maisons
particulières.
C'est ce qui explique que nous croyons devoir faire précéder
l'Histoire et la Description de la ville, par une copieuse Biblio-
graphie qui aidera nos successeurs à trailer à fond tout ce qui la
concerne.
Trop « débordé » par de multiples travaux, pour entreprendre au-
jourd'huiun aussi gigantesque ouvrage, nous n'avons d'autre ambition
que de travailler aux fondations de ce futur monument, en faisant
40 SoctÉTÉ D'IMULATION pu BoURBoNNAIS
connaître aux Montluçonnais qui s'intéressent à nos richesses artis-
tiques trop méconnues, aux distingués membres de la Société d'Emu-
lation qui, en 1914, visitèrent officiellement la ville, enfin aux
étrangers, aux touristes chaque jour plus nombreux, l'intérêt que
Montluçon présente moins encore par ses merveilleuses industries
que par des édifices et des objets qui méritent d'être regardés
comme de précieux spécimens du patrimoine d'art de la France.
CHANoINE JosEPH CLÉMENT.
En
A. -- BIBLIOGRAPHIE °
I. Les Sources manuscrites
AN (2). Archives Nationales :
Al,juz; — FU, 138 et 165, routes et chemins; — (G°, 147, Ursulines;
— K, 898, levées d'impôts; — O0, 647; OP, 47, n° 19, Rernardines; n° 20,
Ursulines; — P, 452 À 473, aveux et hommages; P, 773*%, déclarations
de francs-ficfs; PVX, 21, n° 316, serments à la constitution civile du
— (1, 17, titres domaniaux; — /1, B, 7306, fausses monnaies
faites à Mn,
clerise :
(1, Nous donnons à la Bibliographie — partie {trop négligée jusqu'ici — le déve-
loppement qui nous a paru nécessaire, non seulement pour indiquer les références
de notre propre texte, mais aussi dans le but de fournir aux futurs historiens de
Montluçon l'indication des indispensables sources de documents qu'ils devront
utiliser pour écrire une monographie plus complète de notre ville, ou des études
plus détaillces de certaines institutions du passé.
Pour les fonds dos grands dépôts d'Archives, comme pour les ouvrages généraux,
on trouvera ais“iment — en dchors des séries et des dossiers que nous avons cru
utile de signaler spécialement — les documents concernant Montluçon, dans les
inventaires publiées ou sur les fiches classées de ces dépôts, comme aussi dans les
tables de ces divers ouvrages.
{21 Pour diminuer, au bas des pages, l'étendue des citations et des notes justifi-
calives, nous désignons, sous des lettres conventionnelles ou des chiffres gras, les
ouvrages lus ou utilisés, de manière à moins gêner le lecteur, tout en permettant
aux érudits de juger de la valeur des références.
MonNTLUÇoON ET SES RICHESSES D'ART 41
BN. Bibliothèque Nationale :
Département des Ms. N° 280 des VC de Colbert, rapport de Pomme-
reu, int. du Bourbonnais, 1664, f. 18; commanderie de Saint-Jean-entre.
les-Vignes; f. 18°, chapitre Saint-Nicolas; f. 24, prieurés et couvents;
f. 90", châtellenies; — NA L 2378, chapitre Saint-Nicolas; pièces div.
et fondations d’obits.
— Fonds Gaignières, 22, 299, n° 654 du cabinet: T. 11, 20° liasse:
dénombrement des fiefs mouvant de la châtellenie (pp. 60-62); 7° regis-
tre, f. 199, les du Lyon.
ADA. Archives départementales de l'Allier :
Séries: À, 8, 09, 100, 102-113, tertiers et lièves des reçus; — B, spé-
clalement 11, châtellenie, audiences: 1616-1789. Pour le reste, cf. inven-
taire imprimé ; — C, 112-121, bureau de Mn., XVIIe s., contrôle des actes
et insinuations des donations; — D, 43, 102, 103, église de Blanzat;
Boireau, s° des Tizons ; — E, Pour les familles, cf. fiches alphabétiques,
et spécialement les n°% 155, 163, 220, 292-3, 338, 306, 414, 451, -481-6,
491, 514, 519. — E44, Communes et municipalités; dossiers très impor-
tants pour l'histoire de Mn: privilèges de la ville, mémoires en sa
faveur, serments des officiers; n° 8, lettres patentes de Henri IV
(1593, juillet); consulter aux dates 1314, 25 mars, mandement de Jean 1;
1360, 20 nov., mandement de Louis 111376, 14mai, #d.; 1377, 3 déc.,
ordonn. de G. Pradelle, lieut. du cap. et chätelain de Mn; 1411, 1413,
14160; 1418, 18 mars, mandement de Jean 11, relatif aux fortifications
de la ville; 1446, mai, lettres de Charles Ie, franchise et droits de
bourgeoisie ; — E88, 1464, 1573, 16 novembre, délibération des consuls:
— Eccé-7, 1506, mandement d'Anne de France; — Ecc31-72, fortifications
et ponts anciens; — Ebp!-3%. 11. 18.16. 18. 20.28 Concernant la ville, Îles
murailles et les institutions rehigieuses ou charitables: 18, 78 81.82.83)
tupographie ancienne de Mn; — Eee !-% 6, fortifications, armes à feu ; —
ËFr, pièces concernant les consuls de Montluçon n° 1 et les prieures de
Notre-Dame et de Saint-Pierre n° 253; — E6G! 2.3, pour la prieure de
Saint-Pierre; les écoles de Mn: — Eun1. * Jettre de Loys, duc de Bour-
bon; id%, mandement de Pierre 11: zd4, sur la requête du chapitre
Saint-Nicolas : — G, Collégiale de Saint-Nicolas: nombreuses pièces,
N° 134-217 bis; consulter les fiches spéciales concernant cet important
+ H, les DRE de que 377-393-4, 0,966; 572, Capueins:
759: 0,938, Cordeliers; 0,7S60, 0,789, Bernardines : o,803-7, Ursulines;
844-850, confréries, hôpitaux, Maison de Ja Charité, les « Charités ».
Pour la période rés'olntionnaire (L) (spécialement: L 400) et les séries
modernes: M (administration générale), N° (administration départemen-
tale), O ‘administration communale), P (finances: cadastre, eaux et
forêts, Postes, chemins de fer, etc.), Q (biens communaux), À (guerre et
affaires Militaires, subsistances, garde nationale, gendarmerie), S (tra-
42 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BouRBONNAIS
vaux publics, ponts-et-chaussées, voirie, cours d'eau et usines, naviga-
tion, canaux, mines, etc.)}, T (instruction publique, sciences et arts,
bibliothèques, imprimeries, etc.), U (justice), V (cultes), X (établisse-
ments de bienfaisance, hospices, etc.), Ÿ (établissements de répression,
prisons), cf. les fiches et les dossiers rangés par ordre alphabétique
dans chaque série.
ACM. Archives communales de Montluçon. A la mairie :
(Archives très dévastées au cours du XIX° siècle.)
a) Les Archives: cf.: Répertoire des actes de sépulture de l’Hôtel-
Dieu, 1736-1790; — Livre des Demoiselles et JJames de la Feste de
Madame Sainte Anne et Sainte Elisabeth, depuis le XVII siècle: —
Registre des noms et surnoms des enfants de l'Hospital dont Îles pères
et mères sont inconnus, 1688-1701; — Terrier de la communauté de
Saint-Pierre de Montluçon, 1649-1636: — Reyistre des délibérations du
bureau de conciliation, an 1; — Table alphabét':que du terrier de la
châtellenie, fin XVe s.; — Les registres des délibérations du conseil
municipal.
b) La Bibliothèque: « Le Terrier des cens, rentes et devoirs deus
chacun an à Messieurs de Saint-Nicolas », 1577-1595; — « Le Terrier
de cens deubz chascuny an à Monseigneur le Duc en la baïillie de la
Marche », 1492; — Deux tables alphabétiques de la « Baïllye de Néris »,
fin XVe s.; — Actes de partages, achats, NV-XVII® s., documents sur
Néris, Quinssaines, Nassigny, etc.
c) Etat-civil. Registres paroissiaux : NOTRE-DAME: deux registres:
1) Baptèmes, 1650-1774; Sépultures, 1674-1733: — 2) Vendémiaire
an VIT.
SAINT-PIERRE: huit registres se faisant suite, 1620-1654; 1654-1674,
contenant en plus le registre paroissial de Blanzat, 1641-1708 : 1674-1700:
1700-1720; 1720-1739; 1740-1760; 1761-1777: 1778; avec 8 autres regis-
tres: 1590-1791: 1654-1790: 1733-1792, 1792-an IV; 1763-1770;.an IV;
vendémiaire an IX-an X; 1° décade de vendémiaire an XI.
AAM. Archives des Amis de Montluçon :
Terrier et pièces diverses.
AP. Archives des particuliers :
a) À Wontluçon, diverses personnes, -- appartenant aux Sociétés
d'Émulation du Bourbonnais et des Amis de Montluçon, bien connues
par leurs publications ou le légitime renom de leurs précieuses collec-
tions, — possèdent de nombreux documents et des manuscrits sur les
institutions du passé, qui seront utilement consultés, ainsi que les
MonTLuçox ET SES RICHESSES D'ART 43
archives des éiablissements religieux, des notaires, des grandes admi-
nistrations, de la Chambre de Commerce et de la sous-préfecture.
b) À Moulins, les archives de l'auteur: inventaire des titres du cha-
pitre de Saint-Nicolas (1782-5), 1216 pièces; divers registres de catho-
licité de l’ancienne paroisse de Châteauvieux et des paroisses de Mn;
sérics de documents manuscrits, concernant la ville; fonds Dufour:
« Topographie du Bourbonnais », etc.
ADC. Archives départementales du Cher :
Séries G et H pour les anciennes paroisses et les établissements reli-
gieux de l’archiprètré de Montluçon.
ADCRk. Archives départementales de lu Creuse :
Série H., fonds d'Evaux.
ADPD. Archives départementales du l’uy de- Dôme :
Séries G. et H., spécialement fonds de l’abbaye de Menat.
ADR. Archives départementales du Rhône :
Série H.: ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem ou de
Malte ; — H. 5, membre de Saint-Jean-entre-les-Vignes à Mn; — H. 130.
f° 257, 460, description de la chapelle; état de ce « membre n,
AEB. Archives ecclésiastiques de l'évêché de Bourges :
Pour la période antérieure à 1789, les pouillés ct les dossiers de
l'archiprêtré de Montluçon, et de l'archidiaconé de Narzenne.
AËC. Archives ecclésiastiques de l'évêché de Clermont : |
Pour la période antérieure à 1789, fonds de l'archiprètré de Menat ;
depuis 1789, registres e.clésiastiques du conseil épiscopal; organisation
religieuse, circulaires, etc. : de 1803 à 1823, fonds de l'Allier. (Cf. notre
Personnel concordataire dans le département de l'Allier, pp. 57-58.)
te
Il. Les Sources imprimées
S 1. Ouvrages généraux
a). Les Périodiques
1 — Les Almanachs et Annuaires du département de l'Allier, depuis
1754.
‘*— Les Annales Bourbonnaises, Moulins, imp. Et. Auclaire, six
volumes, 1887-1892. Tables.
2
44 Société »w’'EMuLaTion pu BouRBONNAIS
ne ee _—
3. — Les Archives historiques du Bourbonnais, Moulins, imp. Crépin-
Leblond ; Durond, éd.; 1890-1894. Tables.
4. — L'Art en Province, Moulins, Desrosiers. 14 volumes in-4°, 1834-
1858.
6. — fulletin de la Société d'Emulation et des Beaux-Arts du Bour-
bonnais; ccellection depuis 1846. Moulins, imp, Desrosiers et
ses successeurs. Cf. à la Bibliothèque de la Société la table
manuscrite dressée par M. le Dr de Brinon: « Noms de lieux »
jusqu’en 1910.
6. — Za Chronique Bourbonnaise, directeur: Mgr de Conny, Moulins,
imp. Desrosiers, 2 volumes 1in-8°, 1869-1870. T. 1, p. 124, 218,
257; T. 11, p. 25, 243, 265, 364.
7. — La Quinsaine Bourbonnaise, Moulins, imp. Crépin-Leblond, 1892-
1901. Tables.
8. — Za Revue Dourbonnaise, Moulins, imp. Et. Auclaire, 1884-1897.
Tables.
9. — La Resue Scicntifique du Bourhonnais ct du Centre de la France,
Moulins, imp. Et. Auclaire; depuis 1888. Tables.
b). Les Livres
10. —— ALaRy (L.-J.): Petite Géographie historique, commerciale et
agricole de l'Allier, Moulins, imp. P.-A. Desrosiers, 1851.
11. — Ancien Bourbonnais, par MM. Achille Allier, Michel, Batissier.
[D'après les recherches, documents, dessins de M. Dufour],
1833-1839, 2 vol. et un album, in-folio, Moulins, imp. Desrosiers,
éditeur; spécialement T. 11, l'oy. patt.
42. — ARBOIS DE JUBAINVILLE (D'): Àecherches sur l'origine de la pro-
priété foncière et les noms des lieux habités en France, Paris,
1890.
13. — ARDOUIN-DUMAZET: P'oyage en France: Bourhonnais et Haute-
Warche, Berger-Levrault, 27° série, 1903.
14 — ARGOUGES (Florent D'): lrocès-Verbal de la Généralité de Mou-
lins (1686), publié par M. Vavssière, Moulins, imp. Et. Auclaire,
1802.
15. — ASSISES SCIENTIFIQUES DU BOURBONNAIS, Moulins, 19-22 novembre
1806, imp. C. Desrosicrs, MDCCCLXVNIL
16. — AUxar (Alfred D): l'oyage en France: Allier, Paris, Paul Dupont,
éditeur, 1882.
17. — AUROUX DES POMMIERS: Coultmes générales et locales du pays
ct duché du Dourbonnais, 1732-15Ko.
18. -- DBARAILON: Mecherches sur Les peuples cambioricenses, Paris,
Dentu, 1806.
19. — BERTHOUMIEU (Chanoine): dllas géologique du département de
l'Allier, Moulins, imp. Et Auclaire, 1900,
20, — BÉTENCOURT (Dom): Noms féodanx de ceux qui ont tenu fiefs en
France, Paris, chez Beaune-Durand. 2 vol. in-8°, 1826.
MonTLUuÇON ET SES RICHESSES D'ART 45
21. — BIERNAWSKI (Louis): Formation et Organisation du département
de l'Allier, Thèse, 1908.
22. — — — Un Département sons la Révolution française
(Z'Allier, de 1589 à l'an 11), Moulins, L. Grégoire, édit, 1909,
in-S°, 452 payes.
23. — BOUCHARD (Ernest): Les Guerres de religion et les Troubles de la
Fronde en Bourbonnais, Moulins, imp. Desrosiers, 1867.
24, — BOULANGER (C.): Statistique géologique et minéralogique du dé-
partement de l'Allier, avec atlas, Moulins, imp. Desrosiers, 1844.
25. — BRETTE: Recueil de documents relatifs à la convocation des Etats
généraux; ct Atlas des Bailliages ou Juridictions assimilées
ayant formé unité électorale en 1789.
26. — CATALOGUE DU MUSÉE DE MOULINS, Moulins, imp. L'esrosicrs, 1885,
P. 137: 39 pièces trouvées dans le pont de Mn; p. 138: monnaies
de Guy de Dampierre.
27, — CHAZAUD (M.-A.): /'ictionnaire des noms de lieux habités du
département de l'Allier, Moulins, Desrosiers,
imp., 1881, in-16.
28. — — — Etude sur la chronologie des sires de Bourbon
(N°-X1 siècle), Moulins, C. Desrosiers, imp.,
MDCCCLXV.
2%. — — — La Chronique du bon duc Loys de Bourbon,
Paris, Lib. de la Société de l'Histoire de
France, rue de Tournon, 6, MDCCCLXXVI.
30. — — — Les Villes franches du Bourbonnais (XI-XY* s.),
publ. dans les Archives historiques du Bour-
bonnais, 1, 18go.
31. — — — Fragments du cartulaire de La Chapelle-Aude,
Moulins, imp. C. Desrosiers, 1860, tirage à part du « Bulletin
de la Soc. d'Emulation », T. VI, 1860. — Additions au cartu-
laire de La Chapelle-Aude (Bull. Soc. d'Emulation, T. VII,
1861).
32. — CHÉNON (Emile): /istoire et coutume du prieuré de La Chapelle-
Aude, Paris, 1915, Lib. de la Soc. du recueil
Sirey.
3. — — — Le « Pays » de Berry et le « Détroit » de sa cou-
tume, Lib. du recueil Sirey, 1916.
BW — — — Les Voies romaines du Berry, Lib. de la Société
du recueil Sirey, Paris, 1922.
* — CLÉMENT (Chanoine Joseph): Le Personnel Concordataire dans Le
département de l'Allier, 1801-1803, Moulins, Grégoire, éd., 1904.
(Cf. ouvrages locaux.)
36. — CorFriFR-DEMORFT: //istoire du Bourbonnais, Paris, Michaud,
1816.
36
37.
SociÉéTÉ D'EMULATION DU BouuBoNNAIS
— CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE, tenu à Moulins en 1854: pp. 19, 41,
42, 57, 59, 95, 115-6, 127 (Saint-Picrre), 130,133 (Notre-Dame),
1S7 (id.), 211, 250, 252, 236, 239, 263, 260, 303-5, 309.
— CORNILLON (Dr): Le Bourhonnais sous la Résolution française;
Vichy, Bougerol, 1588. — 38 bis, Vente des biens nationaux,
Moulins, Lib. L. Grégoire, 1911. — 38 ter, L'Enseignement
à Moulins et à Montluçon à la fin du XVNI s. et au conmence-
ment du XIX°. 1922.
— Coupas: Le Département de l'Allier, Moulins, Armand Cou-
vreuil, 1883.
— DÉSORMEAUX: //istoire de la Maison de Bourbon, 5 vol. in-4°,
imp. Royale, 1779-1788.
— Dictionnaires départementaux: L'Allier. Notice sur les notabili-
tés, gt portraits. Paris, Flammarion, éd., 1900, in-8°.
— DUBUISSON-AUBENAY : Foyage en Bourbonnais, 1646.
— Durac (Lt-Colonel): Les Levées départementales dans l'Allier
(/istoire des bataillons de volontaires de l'Allier). Paris, Plon,
1OI I.
— DUIAURE (J.-A.): Description des principaux lieux de France,
1788-9, 6 vol. in-12.
— ESMONNOT (1.): N'éris: Vicus Neriomagns. Moulins, imp. Et.
Auclaire, 1885.
— Fazy (Max), archiviste du département de l'Allier: Les Origines
du Bbourbonnais, impr. du « Progrès de l'Allier », 2 volumes
in-8°, 10924.
— FÉRAULT-DAIGNET (Jean): Topographie du Duché de Bourbon-
n0ys, 8, 1886-1887.
— FOD£ÉRÉ (Père Jacques), religieux cordelier: Narration historique
el topographique des couvents de l’ordre de Saint-François.
Lyon, P. Rigaud, 1619, in-4°.
— Gallia christiana. Paris, éd. Palmé, MDCCCLXXI ; T. 11, Province
de Bourges.
— GAUME: Recueil des Usages locaux. Clermont-Ferrand, imp. A.
Joachim, 1907.
— GAUTIER (Pierre): Nouveaux extraits du cartulaire de La Chape-
aude, tirage à part d'un article paru dans le « Bulletin de la
Société d'Emulation du Bourbonnais », 1912, janvier.
— GLANGFAUD: Le Massif Central de la France, Clermont-Ferrand,
imp. Joachim, 1910.
— GUILBERT (Aristide): Æistoire des Villes de France, Paris, Furne,
1845.
— GUTTON (Paul): onographie économique de l'Allier, Moulins,
imp. du Progrès, 1910.
— HUET: La France pittoresque: Département de l’Allier, 1835.
— HUGUET, préfet de l'Allier: Tableau de la situation du départe-
ment de l'Allier, 18o2.
MonTLUCÇON ET Ses RICHESSES D'ART 47
57. — HUILLARD-BRÉOLLES: /na'entaire des titres de la maison ducalr
de Bourbon, Paris, Plon, 2 volumes in-4°; T. 1, par M. Huil-
lard-Bréolles, 1867, XIV-616 pp.; T. 11, par M. Lecoy de Ja
Marche, 1874, 536 p.. plus une table.
58. — JOLIMONT (DE): L’Allier pittoresque, Moulins, Martial Place, éd.,
1850.
59. — La MURE (Chanoine Jean-Marie DE): /istoire des ducs de Bour-
bon et des comtes de Forez, Paris, Potier et Picard, 1860-1897,
4 vol. in-4°. Voir T. 1V, Tables générales, par le comte Léon
de Poncins.
60. — LA THAUMASSIÈRE (Thomas DE): //istoire du pays et duché de
Berry, Bourges, François Toubeau, impr. 1680. |
61. — LAVERGNE (Géraud): La Guerre anglaise en Bourbonnais (1356-
| 1306).
62. — — — Le parler bourbonnais aux XII° et XIV*° 5.,
Moulins, imp. Crépin-Leblond, Grégoire, éd., 1909.
63. — LE VAYER (Intendant J.): #/émoire de la Généralité de Moulins,
109%, publié par Pierre Flament, archiviste de l'Allier, Moulins,
imp. Crépin-Leblond, L. Grégoire, éd., 1906.
64. — Lewis (B.): lAysiologie du Bourbonnais, illustrée de 60 gravures
par Pottin, Moulins, imp. P.-A. Desrosiers (s. d.).
66. — Mas-LATRIE: Z'résor chronologique (1889), 1643.
© 66. — \jAuvE (E.): Le Bourbonnais sous la Seconde République (1848-
1851), Moulins, imp. du Progrès social, 1900.
87. — \[ÉPLAIN (E.): Les /urisconsultes du Bourbonnais. Sa législation
et son administration judiciaire, Moulins, lib. André Paris, 1888.
68. — \IÉTÉNIER (Joseph) (le Chanoine BOURNICHON): Le Château de
l'Ours par le Roc-Dussaint, Paris, Blériot et Gautier, lib. éd.,
1832.
69. — MONTÉGUT (Emile): £n Bourbonnais et en Forez, Paris, Hachette,
1875.
70, — MORFAU DE NÉRIS: Néris, capitale des Gautes, Paris, Leroux,
1902, in-4° illustré de nombreuses gravures.
— MORET (le chanoine J.-J.): Les Ecoles bourbonnaises avant 1780.
Extrait de La Croix de l'Allier,
Moulins, imp. Et. Auclaire, 1894.
D — — — Les Paroisses Bourbonnaises, T. I,
Moulins, imp. Bourbonnaise, 1902. (D'après les pouillés du
diocèse de Bourges.)
78, — XApraU: Voyage en Bourbonnais, Paris, 1865, in-12.
74, — XicoLas DE NICOLAY : Description générale du Bourbonnais, 1569,
édition Vayssière. Moulins, imp. Et. Auclaire, 1880.
75. — PERARD (A.): Matériaux pour la flore du Bourbonnais, 1884-1885,
Montluçon.
79.
87.
88.
Société p'Emuration pu BourBoxxais
— PÉROT (Francis): Du caractère ethnique du Bourbonnais, Mont-
Juçon, 1897.
— POEY-D'AVANT: Monnaies féodales de France (1858), 1, 331-3.
— POMMEREU (A. Robert DE): Wémoire de la Généralité de Moulins
(1664), (Arch. départementales de Moulins, et Bibl. N'e des V°
de Colbert).
— POTIER (Jacques), « advocat en parlement, lieutenant en la ville,
terre et justice d'Huriel-en-Bourbonnois »: Les Coustumes du
pays el duché de Bourbonnois, Paris, chez la Veusve G. Loyson,
MDCLIII.
— RAVISETTE: Guide Ravisette: Allier, 1893-1894.
— RAYEUR (L.-A.): Les Départements français: L'Allier, Moulins,
à la direction des « Départements français », rue d'Orvilliers,
13, 1891, imp. Et. Auclaire.
— RAYNAL: Aistoire du Berry.
— ROY (Jules): Les Coutumes des Vilèes franches du Bourbonnais
(NII-XVe siècles).
— SALADIN: //ydrographie du département de l'Allier.
— SOULTRAIT (le Comte DE): Armorial du Bourbonnais, 2° édition,
publiée par M. Roger de Quirielle; Moulins, André Paris, lib.
éd., 1890. 2 vol. in-4°, avec planches en couleurs.
— THOUARS (Antoine): Les Etats provinciaux de la France centrale
sous Charles VII; Paris, Champion, éd., 1870.
— TOUCHARD-LAFOSSE: La Loire historique, Paris.
— TUDOT (Edmond): Carte des Voies romaines du département de
l'Allier. Paris, Rollin, éd., 1850.
(A suivre.) | CHANOINE J. CLÉMENT.
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La mésayenture de Rochon de Valette
| à Moulins en 1780
Le 22 janvier 1780, vers les 9 heures du matin, les nabitants
de la rue des Augustins (actuellement rue Michel-de-l’Hos-
pital) virent se dérouler une scène qui était bien de nature à
exciter leur curiosité.
Deux hommes venaient de s'arrêter da le couvent des
Augustins, où Messieurs les Officiers du Bureau des Finances
tenaient leurs séances, L'uu d'eux, un inconnu, devait ètre, à
en juger d’après son costume, un personnage de quelque impor-
tance. L'autre, bien connu à Moulins, était Maître Boulard,
gotaire en cette ville, où il avait succédé depuis peu à Maître
Beraud, décédé. Le personnage inconnu qu'il assistait, ès-qua-
tés, était Antoime-Isaac Rochon de Valette, conseiller du Roy,
assesseur civil, lieutenant particulier criminel en la sénéchaus-
sée et présidial de Guéret.
Il s'était rendu à Moulins de Guéret, où il résidait deux jours
ayperavant, ayant ainsi fait vingt lieues de poste, et son pre-
mier soin avait été de se présenter en l'hôtel de Monsieur Île
Procureur du Roy du tribunal de Messieurs les Officiers. du
Bureau des Finances, pour lui faire part du motif de son trans-
port, qui était de rendre entre les mains de ces derniers les foys
et hommages qu'il devait personnellement au Roy son sire et
très Auglste monarque, pour deux fiefs lui appartenant, le fief
de Villepetoux, en la paroisse de Saint-Feyre, près Guéret, et
Celui de Chabanne, en la paroisse de Saint-Victor, cumme aussi
Pour faire pareils foys et hommages pour dix autres person-
168 qui possédaient des fiefs aux environs de Guéret, confor-
mément aux procurations qu’il avait reçues d’elles à cet effet.
Mais il éprouva de la part de Monsieur le Procureur du Roy
4
50 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BOoURBONNAIS
et de Monsieur de Chaux, Président du Bureau des Finances,
des difficultés, tant sur la forme nouvelle de se présenter pour
être admis à rendre les susdits foys et hommages que sur les
suites de ces mêmes foys et hommages, et il insista vainement
pour obtenir qu'il y fut procédé, conformément aux disposi-
tions textuelles de la coutume du Comté de la Marche. Le jour
suivant, 21 janvier, il s'était présenté de nouveau 'à Monsieur
le Procureur du Roy; mais il l’avait trouvé dans les mêmes
dispositions que le jour précédent, ce qui l’avait mis dans la
nécessité de se transporter au Bureau des Finances, à l’ouver-
ture de sa séance, pour obtenir par le secours d’un réquisitoire
en règle, qu'il fût entendu sur sa demande, ou tout au moins
qu'il lui fût donné acte de ses diligences.
Il avait eu la mortification et de voir mépriser sun réquisi-
toire, et d’éprouver un refus formel de lui donner acte de ses
diligences.
Pour parer à cet événement inattendu, il avait estimé qu’il
n'avait d'autre parti à prendre que de faire signifier par le
ministère de Mandosse, huissier à la police, un acte qui fut
contrôlé sur le champ, par lequel il suppliait derechef Messieurs
les Officiers du Bureau des Finances et Monsieur le Procureur
du Roy de le recevoir le jour suivant, 22 janvier, à 9 heures
du matin, heure ordinaire des séances du dit bureau, à l'effet
de rendre les susdits foys et hommages.
Mais craignant que cet acte ne produise pas plus d’effet que
le réquisitoire par lui déjà fait, avec cette honnêteté, cette dé-
cence et ce respect qui sont dus à tous les corps de la magistra-
ture, et comme l'article 206 de la Coutume du Comté de la
Marche, portait que si le Seigneur refusait sans cause raison-
nable de recevoir son vassal à foy et hommage, le vassal pou-
vait se présenter devant la porte du lieu dont dépendait le fief,
et illec, en présence de notaire, faire ces foys et hommages
comme 1l aurait fait s’il avait trouvé son seigneur féodal ou
autres pour lui, il requit Maître Boulard de l’accompagner à la
porte du lieu des séances du Bureau des Finances, à l'effet
d'être présent aux susdits foys et hommages qu'il serait forcé
de faire au Roy son sire, à la porte du dit bureau.
C'est pourquoi Maitre Boulard, ayant cru que le devoir de
La Mésaventure de Rochoù DE VALETYE 41
sa charge l’obligeait d’adhérer à cette réquisition, s’était rendu
le 22 janvier 1780, à 9 heures du matin, avec le sieur Rochon
de Valette, à la maison religieuse des Augustins, où Messieurs
les Officiers du Bureau des Finances tenaient leurs séances.
Aussitôt arrivés à la porte du couvent, ils sonnèrent le
timbre qui s’y trouvait, mais la porte resta fermée.
Et après avoir attendu de neuf heures à dix heures et demie,
Rochon de Valette enleva sa ceinture, et, tête nue, les mains
jointes, les deux genoux en terre, conformément aux articles
187 et 188 de la Coutume du Comté de la Marche, déclara à
haute et intelligible voix que, ne pouvant être assez heureux
pour être introduit dans le Bureau des Finances, il allait rendre
a la porte d'icelui, au Roy son sire et très auguste monarque,
à cause de son comté de la Marche, les susdits foys et hom-
mages.
Et à cet effet, il déclara, à même voix entrer envers le dit
seigneur Roy en foy et hommage d’abord pour lui Rochon de
Valette et se dire son vassal pour ses fiefs de Villepetoux et
de Chabanne, lesquels deux fiefs il tenait de Sa Majesté, pro-
mettant et juraut le servir dorénavant envers et contre tous et
accomplir tout le contenu ès chapitres de fidélité anciens et
nouveaux,
Il fit ensuite les mêmes déclaration et aveux de vassalité
pour chacun de ses dix mandants pour les fiefs ou parties
de fiefs dont ils étaient possesseurs dans le comté de la Marche.
1° Alexandre-François Marigot, marquis de Saint-Feyre, sé-
néchal et grand Bailly d’'Epée de la province de la Marche.
8° Dame Marguerite de Préaux, veuve de Henri de Madot,
seigneur de Jouillac, Boisfranc et autres lieux.
3° Etienne de Seiglière, chevalier, seigneur baron du Breuil.
4° Jean-Baptiste Tourniol, écuyer, seigneur de Valades, ca-
pitaine au régiment d'Armagnac.
5° Joachin Delafont, procureur du Roy de la Maréchaussée
au département du Bourbonnais.
6° Jean-Baptiste Tourniol de la Rode, capitaine des chas-
ses, Maitre des eaux et forêts de la province de la Marche.
52 SoctfTÉ D'EMULATION DU BoOURBONNAIS : :
_——
7° Jean-Joseph Fillioux de Saint-Sulpice, Conseiller du: Roy
élu en l’élection de Guéret.
8° Dame Rebière, veuve de Pierre Carteau, avocat en par-
lement. ‘
9° Pierre Baraudon, bourgeois.
10° François Nivaud, laboureur.
Cependant, cette scène inaccoutumée avait attiré un. cer-
tain nombre de curieux: compères et commères du voisinage,
gens de métier, apprentis, bourgeois, manants, laquais, se
pressaient tout autour pour mieux voir Rochon de Valette à
genoux humblement et pour mieux entendre ce qu’il disait.
Des laitières qui passaient, retournant à leurs locateries vers
Saint-Bonnet ou Yzeure, s'étaient arrêtées et, Juchées sur
leurs ânes, regardaient, Quelques religieux augustins portant
des corbeilles vides des fleurs qu'ils venanient de vendre en
ville, s'étaient approchés avant de rentrer au couvent et inter-
rogeaient pour savoir si ce n’était pas quelque dévôt pèlerin
venu de loin pour s'acquitter d’un vœu comme autrefois...
Lorsqu'il eut terminé, Rochon de Valette se releva de terre,
rajusta sa ceinture, puis il requit Maître Boulard de dresser
du tout procès-verbal.
Ce procès-verbal, dont nous venons de faire le résumé, est
dans les minutes de Maître Monnac, notaire à Moulins, mon
successeur,
SABATIER.
NÉCROLOGIE
LE BARON MICHEL DE TRÉTAIGNE
Notre confrère Jean-Baptiste-Alexandre-\Marie-Léon, Baron Mi-
chel de Trétaigne, officier de la Légion d'honneur, chevalier magis-
tral de l'Ordre de Malte, décoré de Ia Croix de guerre, membre
du Conseil général de l'Aisne, maire de Festieux (\isne), y est
mort, en son chäteau à peine relesé de ses ruines, le 21 août 1923.
Issu d'une ancienne famille de la région de Montlucon, + possé-
dunt depuis près'de deux siècles la terre de Trétaigne, il était né.
à Parts. le LE janvier 1856 (L).
\près de fortes études, plusieurs fois lauréat du concours géné-
ral des Lyetes de Paris, le Baron de Trétaigne fit son droit et se
lit inscrire au barreau de Paris, puis fut, en 1875, recu premier
au concours pour l'inspection des finances,
En 1882, il donnait sa démission d’inspecteur adjoint des finan-
ces et devenu, par som mariage avec Mademoiselle Charlotte du
Cauzé de Nazelle, possesseur du château de Festieux, s'adonnait
à l'agriculture et acceplait les-foncüons de maire de la commune
de Festieux, qu'il a remplies pendant quarante ans.
En 1891. il entra at Conseil général de l'Aisne et. pendant trente-
deux ans, v représenta le canton de Neufchätel.
Lorsque survint la grande guerre, malgré son âge, le Baron
de Trétaigne partit au premier jour comme sous-intendant militaire
de © classe de l'armée territonale et, du 2 août 1914 au 4 avril
1919, soit pendant 4 ans. 8 mois el 8 jours rendit les meilleurs
services et parfois dans les circonstances les plus critiques. Pen-
dant ce temps, il fut en elfet sous-intendant divisionnaire des
SI et 102 Divisions d'Infanterie territoriale, de Ia ST Division
d'infanterie active, de la 1 Ditision de emalerie à pied. resiant
au front pendant trois aus et deux mois, ne rentrant à l'intérieur
que par application des nouvelles décisions sur a faite d'âge.
(1) Sur la famille Michel de Trétaigne, voir la Collection des Gozis et aussi
le Bulletin, 1910, p. 90, et 1923, p. 324.
54 SoctÉTÉ D'EMULATION Du BoUuRBONNAIS
Deux citations à l’ordre du jour, deux lettres de félicitations
vinrent successivement témoigner des services de notre confrère.
Le 9 décembre 1916, le Baron de Trétaigne recevait cette pre-
mière citation :
« Le général commandant la 81° division territoriale cite à l'ordre du
«a jour... Le Sous-Intendant militaire Michel de Trétaigne, Sous-Intendant
« de la 8i° division territoriale.
« Dégagé par son âge de toute obligation militaire, a donné un bel
« exemple de devoir en reprenant du service à la mobilisation, et s'est dé-
« pensé sans compter depuis cette date, rendant les meilleurs services
« partout où il a été employé :
« A dirigé successivement le service de l'Intendance dans deux divisions
« territoriales avec heaucoup de zèle et d'activité, dans des circonstances
« parfois très difficiles, payant largement de sa personne et ne craignant pas
« de s'exposer pour assurer son service, notamment pendant les combats
« d'octobre et de novembre 191#, et pendant la défense d'un secteur, d'août
« à novembre 1916.
« Le général commandant la 81° Division.
a Signé : BaoLLE. »
Moins de deux ans plus tard, il recevait cette seconde citation :
« Est cité à l'ordre du service de l'Intendance du 34° Corps d'armée :
« M. Michel de Trétaigne, Sous-Intendant militaire de 2° elasse du cadre
« auxiliaire de l'Intendance.
« Sous-Intendant du cadre auxiliaire de haute valeur morale et du plus
« grand mérite.
«a Malgré son âge, a continué son service au front, où, toujours préoccupé
« du bien-être des troupes, il s'est dépensé sans compter, allant fréquem-
« ment dans les postes les plus exposés se rendre rompte des besoins du
€ soldat. On l'a vu, dans maintes circonstances, en plein combat, méprisant
« le danger, aller s'assurer du bon fonctionnement du ravitaillement,
« dounant ainsi aux jeunes générations l'exemple des plus solides qualités
« militaires et francaises.
€ Au Q. G. (Secteur postal 42), le 19 avril 191$.
«© L'Intendant militaire du 34° C. A. Siné : Povuenoz. »
Deux jours auparavant, le Baron de Trétaigne avait reçu la
lettre suivante :
« Q. G., le 17 avril 1918.
« Le Général Brécard, commandant la {"° Division de Cavalerie à pied,
€ à Monsieur le Sous-Intendant militaire de 2° elasse, de Trétaigne.
« Monsieur l'Intendant,
a Au moment où vous allez quitter la {r° D. C. P., je tiens à vous adresser
& fous mes remerciements pour les bons services que vous y avez rendus.
NÉCROLOGIE 55
« Depuis le début de la guerre, vous n'avez pas ménagé votre peine. Dans
« tous les emplois que vous avez exercés, vous n'avez jamais cessé de vous
« donner corps et äme, à la tâche qui vous était imposée.
« Parvenu à l'äwe où tant d'autres se reposent, vous avez demandé
a à rester en fonctions, et vous avez donné un exemple que les jeunes géné-
« rations pourront suivre avec profit.
« Vous avez été un bon serviteur du pays.
« Je tiens surtout à vous dire combien il m'a été agréable personnelle-
« ment de retrouver, après bien des années, le parfait galant homme que
« j'avais appris à connaitre et à respecter pendant nos premières années de
« jeunesse.
«a Nous garderons, Monsieur l'Intendant, le souvenir de vos belles et
« solides qualités, si militaires, si francaises : et je souhaite ardemment que
« la proposition pour Officier de la Légion d'honneur, faite en votre faveur,
« que je renouvelle aujourd'hui, et que le général commandant le 34° Corps
« d'armée m'a promis d'appuyer chalcureusement, reçoive bientôt une suite
« favorable. |
a Signé : BRÉcaRD. »
!
Et en effet, la rosette d'officier de la Eégion d'honneur vint
bientôt, avec la Croix de guerre, l'honorariat du grade et une lettre
de félicitations du Ministre de la Guerre, affirmer encore les
services du Baron Michel de Trétaigne.
De son côté, le Conseil général de P\isne voulut rendre hom-
mage à notre confrère et le proclama, à l'unanimité, vice-président.
La paix allait apporter au Baron de Trétaigne une nouvelle
che à remplir : la reconstitution de sa commune, de son canton
dévastés par les Allemands. IPS donna de tout son cœur, de
loute son énergie, et l'on peut dire qu'il est mort à la peine.
Tant d’occupations pressantes et variées ne suffisaient pas à
accaparer l’activité du Baron de Trétaigne, Recu en 1899 Donat
d'honneur et de dévotion de l'Ordre de Malte, après avoir fait les
preuves de noblesse requises, ses services Le firent nommer, le
% mat 1908, chevalier magistral. Au senr de l'Association française
des Chevaliers de Malte, il aceepta les fonctions de membre du
Conseil et assuma celles si délicates et si absorbantes de Chan
veler.
Le Baron de Trétaigne était en outre un remarquable érudit et si
Célait dans l'Aisne qu'il était appelé à déployer sa plus grande
activité, il n'oubliait pas le Bourbonnais, patrie de ses ancètres.
Fervent explorateur de la collection des Guzis, il recueillait avec
56 SociÉTÉ D'EMuLATION Du BounBonNaAISs
soin toutes les publications historiques relatives 4 notre province.
Mis en rapport avec moi à l’occasion de ses recherches sur le
Bourbonnais, il avait tenu à prendre rang dans notre compagnie.
J'avais été heureux de le présenter, le 2 mars 1908, et de le voir
reçu le G avril suivant, Il a enrichi plus d'une fois notre biblio-
thèque et nous lui devons notamment un ouvrage non mis dans
le commerce ct tiré à un nombre restreint d'exemplaires : L'Ordon-
nance des Chevaliers de Malte, du Baron de Montagnac.
Fous ceux d'entre nous qui ont connu le Baron de Trétaigne,
ceux notamment qui furent ses confrères au sein de l'Association
francaise des Cheraliers de Malle, garderont le pieux souvenir de
ét homre de Bien, mort comme il avait vécu, fidèle à toutes les
traditions qui ont fait la force ct la grandeur de notre patrie.
- | PHitPPpe TIERSONNIER.
BIBLIOGRAPHIE
Le Bourbonnais et le Berry, choix de texles précédé d'une étude,
par Augustin BEnNakp. Paris, librairie Renouard, H. Laurens,
éditeur, 1923.
Lc nouvel ouvrage de notre confrère vient. par une gracieuse
attention dont nous lui sommes redevables, d'enrichir, dès son
apparition, notre bibliothèque. Il fait partie d’une série d’antho-
logies illustrées : Les Provinces françaises, publiées sous la direc-
Uüon de M. Henrv Marcel, directeur honoraire des Musées natio-
Näaux,
Voisines géographiquement, les deux provinces se trouvent tout
naturellement réumes sous la couverture d'un même volume. Cette
réunion Ss'exXplique encore historiquement. On ne saurait oublier
en elfel que l’ancicune viguerte de Bourbon (le futur Bourbon-
P'Archambault, novau primitif du Bourbonnais, était entièrement
berruvère,
Comme l'indiquent le titre et le sous-titre, le livre se divise en
deux parties, La seconde est un choix de textes se rapportant au
BiB8LI0OGRAPHIE | 57
Berry et du Boutbonnais, empruntés aux auteuts de tous gérires,
anciens et modernes. La première parlie, c'est « l'élude », Là se
trouve le vrai travail de M. Bernard. Notre confrère parle d’abord
des régions naturelles du Berry et du Bourbonnais ; puis, à très
ne traits, il résume l'histoire des deux a Denon
léboqie contemporaine. Vient ensuite léde du type physique et
du caractère des liabitants et enfin les mœurs, coutumes, langage,
croyänces, fêles provinciales, etc.
De nombreuses illustrations documeñtaires, une carte, une biblio.
raphie et des tables complètent un ouvrage intéressant, pour
lequel notre érudit confrère a eu la gracicuse collaboration de su
fille, Mademoiselle Anne-Marie Bernard, ainsi qu’il en informe le
lecteur dès la première page. Cette noble et affectueuse « émula
lion » entre père et fille ne peut évidemment que See LL
dément notre compagnie. |
Pour ma part, je regrette que dans le résumé ous di
Bourbonnais, M. Bernard, tout comme M. Viple (1),.n’ait rien
dit du grand mouvement social qui fit passer la classe agricole de
l'esclavage au servage, puis, par le bail à cens, à la liberté ; qu’il
n'ait pas nolé non plus l’époque où apparut le mélayage dont
l'influence est encore si grande sur notre agriculture, Rien dit non
plus de tant de villes franches d’origine religieuse ou laïque. C’est
là pourtant que, sortie en majeure partie de la plèbe agricole,
vint se former une bourgeoisie qui a joué aussi un grand rôle dans
notre histôire et, petit à pelit, par des anoblissements dus à la
bienveillance du prince, aux services rendus ou aux charges exer-
cécs, alla souvent renforcer les rangs éclaircis de la vieille noblesse
féodale. |
Page 58 de son livre, M. Bernard, qui reproduit textuellement
un passage de l'Histoire du Berry, de Raynal (FE, préliminaires LE),
nous dit : « Au x1° siècle, on ne donnail encore le nom de Bourbon-
Uhais (Borbonenses) qu'aux habitants du pays situé sur la rive
€ gauche de l'Allier ; les habitants de la rive droite, qui relevaient
(du sire de Bourbon, s'appelaient les Transaléritains (Transaleri-
( lani), habitants d'Outre-Allier, » C'est, à mon sens, tirer une
(1) Histoire du Bourbonnais, Moulins, Société des Etudes locales, 1923.
58 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BOoURBONNAIS
conclusion excessive d’un passage d’une charte par laquelle Ar-
chambaud IL, sire de Bourbon, fait, vers le milieu du xi° siècle,
une donation en faveur du prieuré de Saint-Léopardin [d'Augy],
dépendant de Saint-Sulpice, diocèse de Bourges. On lit en effet
dans cet acte (1) : « ...ipse prefalus princeps Archembaldus omnes-
que cum eo proceres Borbonensium necne cum eis quidam Transa-
leritanorum... »
Or, de ce texte, on peut conclure seulement, me semble-t-1l, que
le sire de Bourbon, assisté des principaux vassaux de sa seigneu-
rie de Bourbon, auxquels se joignent certains autres vassaux d’Ar-
chambaud, habitant sur l’autre rive de l'Allier, comparaissent à
l'acte en question.
Les termes : omnes proceres Borbonensium ne s'appliquent ici,
selon moi, qu'aux vassaux Hnmédiats du princeps Archembaldus,
à ceux qui habitaient le prinnuf noyau de la seigneurie, à ceux
peut-être qui faisaient partie de sa cour féodale, ou de sa « mesnie ».
Quant aux mots quidam Transalerilanorum, is n'ont pour but
que de désigner l'habitat de quelques personnages possessionnés
sur l'autre rive de l'Aler, Et du texte reproduit ci-dessus, le seul
à ma connaissance où le mot transaleritain soit employé, 1l me
parait excessif de conclure que ce soit un nom officiel de pays.
Nous verrons ce qu'en dira M. Fazy, dans ses Origines du Bour-
bonnais (2), car ce texte important ne lui a pas échappé.
M. Bernard, continuant à reproduire Raynal, corrige quelque peu
sa précédente affirmation même en ce qui concerne les Borba-
nenses, car I ajoute, après son devancier : @€ Ce n'est que dans Île
courant du xn° siècle que la séparation définitive d’une partie de
la province du Berry et la formation d'une seigneurie particulière
sous le nom de Baronnie de Bourbon et plus tard Bourbonnais,
parait avoir passé dans le langage officiel. » Les transaleritani ont
done dû, jusque-là, rester Bourguignons où Nivernais,
\u surplus, de cette réflexion inspirée par un passage de son
hire, M. Bernard ne voudra bien retenir qu'une chose, l'intérêt
acc lequel je Far lu,
Piuiiprr TIERSONNIER.
(4) Cartulaire A de Saint-Sulpice, fo 82.
(21 H s'agit ici des deux volumes mis en souscription par l'archiviste de
l'Allier et dont les lecteurs du fiulletin ont eu connaissance par l'annonce
encartée dans un précédent numéro.
BIBLIOGRAPHIE 59
Un double Centenaire. Etablissement de l'Evêché de oulins ; son
premier évêque : 1823, par le Chanoïne JosFrrH CLÉMENT, membre
correspondant du Ministère de l'Instruction publique et des
Beaux-Arts, inspecteur de la Sociélé française d'Archéologie,
membre associé de la Société nationale des Antiquaires de France,
ancien vice-président de la Société d'Emulation du Bourbonnais.
— Moulins, Librairie historique du Bourbonnais, Marcel Cham-
balous-Testard.
La création d’un diocèse à Moulins a été l’objet de nombreuses
négociations partiellement racontées par les contemporains, mais
QU n'avaient jamais fait le sujet d’une étude suivie et spéciale.
A l’occasion du centenaire de cet évêché, M. le chanoine Joseph
Uéme nt a réuni tous ces documents épars, en a analysé la subs-
lance et a présenté au public un ouvrage aussi intéressant qu'ins-
tructif. Bien plus, celte question qui paraît, au premier abord, ex-
‘lusive ment locale, grâce à l'abondance et à l'inédit des pièces
tonsultées, prend une envolée qui dépasse de beaucoup les limites
de notre province et devient une œuvre d'histoire générale.
La première partie du livre est consacrée à l’examen des projets
NÇUS pour l'établissement d’un évèché à Moulins.
Le territoire du Bourbonnais, domaine féodal taillé dans les pays
“Strss par les Archembaud, puis augmenté par les ducs par voic
de COndquêtes, d’alliances, d’annexions où d'échanges, se ressen-
hit de cette formation arbitraire. Les divisions ecclésiastiques
ssistaient. en dépit des changenients politiques. Les évêques
dAutun, de Bourges, de Clermont et de Nevers se partageaient
l'autorité spirituelle du Bourbonnais. Il ne paraît pas que les sires
de Bourbon, non plus que les ducs, occupés plus où moins, les
US et les autres, d'expédilions belliqueuses, se soient préoccupés
dé cette situation quelque peu anormale, Les princes de Condé
1bSOr-bèrent leur activité dans d’autres questions.
Le pouvoir roval, sollicité à Ja fois par le Chapitre de la Collé-
Sale et par Les assemblées délibérantes des habitants, s’émut et
\Téta une solution plus conforme aux vœux des populations.
Pendant les dernières années de son règne, Louis XVI décida de
re enfin de Moulins le siège d'un nouveau diocèse, dont il de-
Manda, dès 1788, au Souverain Pontife, l’érection canonique, Après
60 SociéÉTÉ v'EMULATION pu BouRBOoNNAIs
ST
l'exposé des raisons, la requête royale indiquait les bénéfices de
nomination royale qui formeruaient la dotation de l’évèché de Mou-
lins. L'union de l'abbaye royale de Saint-Menoux et de l’abbaye
de Bénévent, diocèse de Limoges, fournirait 20.000 livres, dont
bénéficierait le chapitre nouveau. Le roi proposait enfin comme
candidat l'abbé des Gallois de la Tour. Le consentement unanime
de tous les intéressés, et ils étaient cependant nombreux : le prince
de Condé, usufruitier du duché du Bourbonnais, le chapitre collé-
gial de Moulins, l'assemblée communale, le prieur de Souvigny.
l'abbé de Bénévent, l’abbesse de Saint-Menoux, le métropolitain
de Lyon, l’évêché de Clermont, l'archevèque de Bourges et son
Chapitre, les archidiacres de Bourbon et de Xarzenne, donnait à
l'affaire la tournure Ja plus favorable. L'évêque d'Autun, Charles-
Maurice de Tallevrand-Périgord, avait abandonné assez lestement
une parle de son diocèse ; le Chapitre cathédral s'était montré
plus récalcitrant ; la solution s'annoncait'rapide. L'enquête cano-
nique avait envoyé son approbation, Cinquante-deux paroisses
élatent retranchées au diocèse d’Autun : soixante-sept à Bourges ;
quatre-vingl-onze à Clermont, Survint la Révolution, qui, dans
l'ordre religieux, débuta par la Constitution civile du clergé, votée
le 12 juillet 1790. Dès lors, toutes les tractations antérieures sont
anéanties, L'abbé des Gallois de Ia Tour refuse de prêter le serment
constitutionnel. Un très grand rombre de prêtres imitent son cXem-
ple. L'\ssemblée Constituante nomma François-Xavier Laurent,
évêque assermenté de Moulms : il fut remplacé quelques années
après par Butaux-Dupoux, L'un et l'autre n'eprouvèrent que de
SéTIOUX Mécomptes.
Le Concordat, qui rendait la piux religieuse à notre pays, fut
passé entre Pie VIP et la République franciuse. représentée par
Bonaparte, premier consul, le 15 juillet 1801. Le diocèse projeté
de Moulins ne fut pas maintenu. Clermont Fengloba. Bourges,
loutefois, conservait le rang honorifique de prenner siège suffra-
gant, Mer Dowalk de Dampierre, qui en vertu du Concordat gou-
verna le clergé et les fidoles de PAier. de ISO à 1823, fat sacré
Le 2 mar ESO2, à Paris, Le 12 mar, jour de P\scension. 11 s'arrêta
à Moulins, seconde Aile de son diocèse, Eà 1 institua comme curé
de Notre-Dame Pabbé Florimond Roux. Les principaux membres
du clergé élavérin étaient MM. Caillot de Bégon, Guérignon, vt-
«* BIBLIOGRAPHIE: GI
a + ts
caires généraux, Bouillaud. Colin de Gévaudan, Micolon de Gué-
rines, Pierre de Pons, Thomas Mercier, François Blateyron,
Nicolas de la Mousse, Le Groing de la Romagère, vicaires géné-
raux sans titre légal. L'abbé \imilhbon fut nommé secrétaire de
lévéché, Fabhé Delamarre, Secrélaire parheulier,
Bientôt des difficultés surgirent, Les prètres auvergnals s'ha-
bituaient péniblement dans l'Allier. La difficulté des communica-
lions espaçait trop les touriées épiscopales, L'empereur Napoléon
s'oceupi en 1813 de donner corps au projet d'un évêché à Moulins.
Une enquète donna les noms des prêtres susceptibles d’être éle-
vés à l'épiscopal; c'étaient : MM. de Begon, Bouyon, Colin de
Gévaudan, Favolle, de la Mousse, Le Groing de la Romagère,
Micolon de Guérines, Melin, de Pons de la Grange, de Pons des
losurtioux, Ravnaud de Mons.
La: chute de l'Empire arrèta, une fois de plus, tous les projets.
Seconde partie : Etablissement déjinitii de l'Evéché de Moulins,
Sous ‘La Reslauralion.
Louis XVIII était assez mal disposé pour le Concordat de 1801 :
âses veux le Concordal de 1516 était le seul qui existât encore ;
SSL n'éprouvail-il aucun scrupule à supprimer les clauses de l'ac-
"or d entre Pie VIT et Bonaparte, surtout lorsque le vœu des popu-
ktioras s'accordait avec sa volonté, À la première demande for-
Mules par les autorités et les populations élavérines, Louis NVII
# décida à reprendre l'œuvre de son frère. Mgr de Dampierre,
MeSSeni, envoya à Rome, par lettre du 26 juin 1817, son adhésion
Paojet de création d'un diocèse à Moulins.
Pour diverses raisons, l'abbé des Gallois de la Tour fut écarté.
Ure compensation l’attendait d'ailleurs : le siège archiépiscopal
dé Bourges. Le 8 août 1817, Louis NVIH arrêta son choix sur
l'abbé Antoine de Pons, ancien vicaire général de Clermont.
L” opposition parlementaire relardu quelque temps l'érection des
OU V-eaux diocèses, et Moulins attendait toujours. Une ordonnance
du roi, en dale du ? juillet 1823. mit fin à une situation équivoque.
L'évéché de Moulins était officiellement établi, son évêque nommé.
La Question si longtemps discutée recevait la solution définitive.
Antoine de Pons de la Grange, né à Riom en 1759, d'une fa-
Mille d'Auvergne, élève des Oratoriens de Juillv, fut sacré le
13 juillet 1823. à Paris. Il ne put quitter la capitale au lendemain
62 SociéÉTÉ D’EmMULATION bu BourBoNNaIs
de la prestation du serment, Différentes affaires le retenaient con-
re son gré à Paris. L'abbé Nicolas-Florimond Roux administra le
diocèse pendant cet intérim, L'entrée et l'intronisation de l’évêque
eurent lieu le 5 septembre. Le Conseil général du département,
désireux de manifester sa bonne volonté en faveur de lP’érection de
l'évèché de Moulins, mit à la disposition de l'évèque l'hôtel d’An-
sac, devenu, sous l'Ancien Régime, le logement de l'intendant du
Bourbounais, Une nouvelle organisation, adéquate à la situation,
s'imposail : elle eut heu. Un grand et un petit Séminaires furent
créés, Dès lors, le diocèse de Moulins ne connaît plus de vicissi-
tudes. M. le chanoine Clément en conduit l’histoire jusqu’à la mort
de Mgr de Pons. survenue cn 1849.
L'ouvrage est accompagné d’une bibliographie très complète,
d'un appendice donnant l’état du diocèse en 1823, d’une carte indi-
quant les divisions successives, enfin d'un index des noms de per-
sonnes citées dans l’ouvrage.
Je ne signalerai pas de nouveau la haute valeur de cette his-
loire. Mais il serait souverainement injuste de ne pas accorder un
tribut mérité d'éloges à l'imprimerie Crépin-Leblond. Si la typo-
graphie est impeccable, l’iconographie est particulièrement soi-
ynée. Le goût arlistique bien connu de M. le chanoine Joseph
Clément n'a pas manqué d’embellir le livre de nombreuses 1illus-
rations, les unes originales : fleurons, lettres ornées et culs-de-
lampe, les autres reproduites d’après d'excellents modèles, En
tête et précédant une lettre hautement approbative, figure la pho-
lographie de Mgr J.-B. Penon, cinquième évêque de Moulins.
E. CaAPELIN.
OT IR T—
NI TETE Er ES ma
NOS CONFRÈRES M. Gabriel Faure, professeur à l’Ecole centrale des
arts et manufactures et à l’Ecole des hautes études
Commerciales, à été nommé chevalier de la Légion d'honneur.
CARNET DE DEUIL Nous avons à enregistrer la mort de M. Joseph
DE CHAMPIGNY, chevalier de la Légion d’hon-
neur, croix de guerre, conseiller général d’Hérisson, maire de Maillet.
METTES % Le Syndicat d'initiative bourbonnais (Moulins et sa région),
D'HISTOIRE formé sous les auspices de notre société, vient de se consti-
LOCALE % tuer définitivement, Ont été élus : président, M. Lucien
CHAMBRON; vice-présidents, MM. le chanoine CLÉMKkNT,
Pièrre BuCHERON et Victor Ray : secrétaire, M. Paul CHATROoN : trésorier,
M Henri Pinsron. Le conseil d'administration du nouveau groupement,
Mmpasé de trente-trois membres, comprend vingt de nos confrères.
À TRAVERS æ Le 21 février, sous le patronage de notre compagnie,
LES LETTRES M. Henry BorDeaux, de l’Académie française, a fait à
Moulins une conférence À laquelle le renom du distin-
Bué r © mancier avait attiré une nombreuse assistance.
Le Sujet de cette conférence : « Lamartine en Orient », a permis à M. Bor-
deaux, — qui lui-même a fait, il y a peu d'années, un voyage en Syrie, — de
Parler en connaissance de cause d’un pays qui a toujours exercé une attrac-
on fascinatrice sur nos écrivains et sur nos artistes. Le succès du confé-
enCier à été très vif. Notre vice-président, M. Georges BRuEL, l’a constaté
fn termes excellents et, au nom de la Société d'Emulation comme en son
Nom à lui, vieux colonial, il a félicité chaleureusement M. Henry Bordeaux.
BEA UX-ARTS La ville de Moulins avait mis au concours un monument
+ « destiné à glorifier et à perpétuer le souvenir de ses en-
fants rmorts pour la France pendant la guerre ». Trente-sept projets ont été
Unis au jury dont les opérations ont eu lieu le 9 février, et qui a rendu le
NSement suivant : |
premier prix comportant la commande et l’exécution du monument, a
#6 attribué à MM. Pierre MOURET (né à Yzeure), architecte diplômé par le
ÉOUvernement, et Pourquet, statuaire à Paris
Le second (prime de 4 000 francs), à M. Marius SAIN, sculpteur à Paris.
Le troisième (prime de 2.500 francs), à MM. Adrien M1TTon, architecte,
64 SOoctÉTÉ D'EMULATION pu BOURBONNAIS
élève de l'Ecole des beaux-arts, membre de notre société, et Jean Camus,
statuaire.
Le quatrième (prime de 1.500 francs, à MM. Henri Rapin, architecte à
Paris, J. RaPin, architecte diplômé par le gouvernement, à Reims, et Henri
Boucarp, sculpteur à Paris, auteur du monument aux morts de la Répu-
blique.
NOTES x gg % % Relevé des publications enregistrées par le service
BIBLIOGRAPHIQUES du dépôt légal : Imprimerie (Crépin-Leblond, à
Moulins : Marcel Lamaisière, architecte... 1879-
1823 (extrait du Bulletin de l’Association provinciale des architectes fran-
çais), 8 pp. ; Généalogie de la maison de Lausières de Thémines en Languedoc
et en Guyenne, 1100-1877, par le général comte ne MiTRY, 159 pp.
ee En1921,les Cahiers du Centre annonçaiént une Anthologie de l’œu-
vre du vieux poète nivernais Achille MiLzien, avec une introduction de
M. Maurice Micnon, professeur de l’Université d’Aix-en-Provence. Pour
des raisons qu’on pourra lireen appendice dans l’ouvrage même, cette Antho-
logie va paraître à Aix, aux éditions de la revue Le Feu, en un volume in-16
d’environ 350 pages.
Les personnes qui avaient souscrit à l’édition ordinaire recevront. celle-ci
aux conditions primitivement fixées. Pour les nouveaux souscripteurs, les
prix sont de : 8,50 l’ex. sur papier bouffant ; 15 fr. l’ex. sur vélin Montgolfier
(ex. numérotés de 31 à 100), 40 fr. l’ex. sur vélin Madagascar (ex. numé-
rotés de 1 à 30).
Les HHcnpHons sont reçues aux « Editions du Feu, itis rue Aude, Aix- -2u-
Provence, jusqu’au 31 mars. La liste des souscripteurs sera pue dans
l’Anthologie.
sz Notre confrère M. J.-B. Boissonnar publie une étude sur l'esprit
public de 1815 à 1830 ; l'ouvrage intitulé : Le Bourbonnaïs sous la seconde
Restauration, paraîtra le 1 juillet. Les membres de notre Compagnie trou-
veront un bulletin de souscription encarté dans ce numéro.
RÉGEMORTES.
PROCES-VERBAUX
SÉANCE STATUTAIRE DU 3 MARS 1624
PRÉSIDENCE DE M. Le D' DE BRrixoN
— Etaient présents : MM. Bacxocer, Baurx, DE Boxxx, Georges
Bauez, Capeuix. CHamBrox, Gaurier, GCéber, GÉNERMONT, Gux-
Coqurzue, Lorzez, Mircevr, Pavaizcoy, Rouirzox, Sarrazix, Tirn-
SO\NNIER,
— Excusés : M"° Moxceau ;: MM. CHaumazous, chanoine CLÉMENT,
Lure Ar, Dr MoxcEau.
— Le procès-verbal de la précédente séance est lu et approuvé.
— M. le PRésipexr salue la présence de MM. Bagnolet, Rouillon
€ Ga ÿ-Coquille, membres prenant part pour la première fois à
108 Séances. |
—— Îlest procédé au dépouillement de la correspondance :
—— Lettres de MM. Goutodier et Bridot, instituteurs à Ebreuil,
me rciant de leur admission.
—— Du Ministère de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts, en
réponse à la question de la dénomination Oil ou Aumance :
€ J'ai l'honneur de vous informer que, conformément aux conclu-
(Sions du rapporteur auquel cette affaire avait été soumise, la
{ Section Géographique du Comité, sans méconnaitre d'ailleurs
( l'intérèt scientifique de la question que vous avez bien voulu me
‘ Présenter, n’a pas cru devoir s'associer au vœu dont il s’agit.
“ Son sentiment est basé sur ce fait qu'il convient, dans la plupart
{“ des cas, de respecter les appellations choisies depuis un long
U espace de temps par les premiers intéressés, c'est-à-dire par Îles
“ riverains, par les habitants, pour désigner les cours d’eau ou les
L 5
66 SociÉTÉ D'EMULATION pu BOURBONNAIS
PT RE
« expressions géographiques d'une région ; et que, d'autre part,
« s'il fallait d'une manière générale rétablir les noms primitivement
« adoptés et auxquels se sont, depuis des siècles, substitués d'autres
« qui sont l'œuvre du temps, le nombre des modifications prendrait
« une importance excessive et gènante pour le développement des
« études géographiques.
« Je n'ai pu, enla circonstance, que me ranger à l'avis du Comité,
«_ estimant avec lui qu'il était diflicile aux pouvoirs publics de pren-
« dre position dans une question de cet ordre. »
— M. le Président signale que le Bulletin du deuxième trimestre
de 1923, de la Socitté Nivernaise, renferme une bibliographie très
complète due à M. Desforges. concernant Gorgobina, Gorlona ou
Gergovia Boiorum. M. Desforges cite le travail de M. Soyer qui adopte
la forme Gorlona, comme l'avait déjà fait son collègue Chazaud. et
place cette ville à Sancerre. Dans les vingt-sept noms de lieux qui
ont été proposés, figurent six noms du Bourbonnais, à savoir :
Bourbon-l'Archambault. Iseure, Montluçon, Néris, Souvigny et
Thiel. Le nom de Cordes n'a jamais été prononcé.
Il convient d'ajouter que la Société Nivernaise vient d'oblemir la
reconnaissance d'utilité publique par décret du 3 mai 1923.
— M. le Président met l'assistance au courant des démarches
faites par notre Sociélé pour Fobtention du mème but. M. le Préfet
de l'Allier, dans une audieuce accordée à M. le Président, a exprimé
sa haute sympathie à notre Société. Le dossier, a-t-1l dit, est eu
route pour le Ministère avec toutes approbations utiles.
La Société d'Emulation est très reconnaissante à M. le Préfet des
sentiments bienveillants qu'il veut bien lui témoigner en toutes
circonstances.
— M. GÉxERMONT présente à l'assistance une brique trouvée dans
les aménagements pratiqués dans la maison située à l'angle des
rues de la Flèche et Candie. Cette brique, de dimensions voisines de
celles de briques modernes, paraît provenir d’un édifice plus ancien.
Elle présente la particularité d'avoir un biseau sortant, d'un côté,
une entaille dans l'autre sens (parties mäle et femelle).
M. Pavarcrox a vu des briques du même modèle dans la démo-
lition d’ancieus immeubles à Dijon. [Il s'agirait, croit-il, de briques
à emboiîtement destinées à remplir les intervalles des colombages.
— M. le chanoine CLéMExT a reçu une lettre de M. du Ranquet.
PRocÈs-VERBAUX 67
l'informant que la Société Française d'Archéologie tiendra son
Congrès à Clermont, du 16 au 21 juin. Notre excursion annuelle
pourra se joindre à la visite de Clermont ou à celle de Riom. Notre
confrère attend du directeur de la Société française et du secrétaire
général, la communication du programme définitif pour nous sou-
mettre des propositions d'excursion. :
— Notre confrère fait circuler une photographie d’une très inté-
ressante Madone portant l'Enfant, se trouvant dans l'église de Saint-
Pourçain-sur-Sioule. C'est une très belle œuvre du xvi° siècle, qui
paraît en marbre et qui a été classée, En raison de sa valeur et pour
la soustraire aux convoitises des cambrioleurs, elle vient d'être
scellée très solidement à une place qui en rend l'enlèvement plus
difficile.
— M. le chanoine Clément veut bien nous donner quelques
détails sur le concours destiné à choisir le monument qui doit être
élevé à la gloire des Moulinois morts pour la France au cours de la
gande guerre, et que le Comité d'accord avec la Municipalité se
Propose d’ériger place de la République.
Le jury était composé de M. Blanc, maire de Moulins; de
MM. Buvat, Larmé et Ray, conseillers municipaux ; Brincourt,
vie-p résident de la Société Centrale des Architectes ; Couteilhas,
sulpteur ; Mohler, délégué de l'Association provinciale des Archi-
kctes Français ; René Moreau, architecte des Monuments historiques,
tTal bourdeau, délégué des architectes diplômés par le gouverne-
ment ; Perraud, président de l'Association des mutilés de guerre ;
hanoine Clément, correspondant du Ministère de l'Instruction Publi-
que et des Beaux-Arts.
La presse a fait connaître la décision du jury. Certains de nos
Cnfrères regrettent le choix qui a été fait. Quelques-uns se pronon-
ŒNt contre l'emplacement choisi. D’autres demandent qu'il soit
CAStruit une maquette en toile, grandeur nature, de façon à per-
mettre de juger de l'effet que le monument fera place de la Répu-
bique.
Toutefois, l'assemblée consultée ne juge pas à propos d'émettre
Un Vœu quelconque sur ces divers sujets, en considérant que la
Société se trouve en face de décisions prises par le jury et qui res-
‘ent intangibles.
— M. le chanoine Clément fait circuler un dessin exécuté par
68 SOCIÉTÉ D'EMULATION Du BOURBONNAIS
——— —————————— ———————— a — ————— — ———_—…——…——————— qq m0 Re
M. Corbière et représentant des poutres sculptées existant dans l'an-
cienne salle du bailliage à Saint-Pierre-le-Moûtier.
Cet immeuble est présentement à vendre. M. le chanoine Clément
craint soit une démolition qui pourrait anéantir ces intéressants ves-
tiges, soit une vente qui pourrait faire passer à l'étranger ces curieux
motifs de la sculpture française du xvi° siècle. Le très habile dessin
de M. Corbitre permet de voir des armoiries du roi de France.
Nous croyons savoir que notre jeune compatriote, M. Jacques
Monicat, élève de l'Ecole des Chartes, prépare un travail sur le bail-
liage de Saint-Pierre le-Moûtier.
— En l'absence de M. Frobert, trésorier, M. Génermont donne
lecture de l'état de nos finances au 31 décembre 1923, et du projet
de budget établi pour 1924.
COMPTE DE GESTION 1923
RECETTES
Solde en caisse au 31 décembre 1922. . . . Fr. 2.177 81
À rachat de cotisation à 4300 fr. . . 300 »
38 rachats de cotisations à 250 tr. . 9.500 5»
203 cotisations à 20 fr. . . . . . . &.060 »
61 cotisations à 10 fr. . . . . . . 610 »
3 correspondants à AOF a pe e ) > 15.661 73
À correspondant à 10 fr. . . . . . 10 »
146 abonnements à 20 fr. . . . . . 320 »
4 abonnement à 10 fr. . . . . . . 10
Intérèts de l'avoir. . . , . . . . . 691 73
Subvention Conseil Général. . . . . 100 » :
Toraz Fr. 17.839 5% 17.839 54
DÉPENSES
linpression du Æullelin et sravures. . 4.352 57
Frais de recouvrements et de bureau. 411 55 |
Bibliotheque... . . . . . . 47 #0 :
Gens de service. .. . . . . . . . . 170 », 081 32
Reversement Subvention à Soriète |
bourbonnaises d'Etudes locales, . 1400 »
Achat de 18 oblisations Crédit Na- j |
tiunal, . . . RE EU 8.700 »\ 8.700 »
Au fonds de réserve (article HI, des
MAEULS DS Sn SL NS RER Es Lure 69 17
ToTAL . , . . . , Fr. 13.850 49 13.850 :9
Solde en caisse au 431 décembre 19235 0, Fr. 3.989 05
————_—_—————
ProcÈs-VERBAUX 69
PROJET DE BUDGET POUR L'EXERCICE 1924
RECETTES
203 Cotisations a 20 fr, . . . . . . Fr. 4,060 »
61 d° al0O fr... .. . .. 610 »
3 Correspondants à 20 fr. . . . . . . .. 60 »
1 d° JO TE 2. 4 He & Hu Le 10 »
16 Abonnements à 20 fr... . . . . .. 320 »
1 do MAIL LS ous 10 »
lutéréts de lavoir. ee ee 100 »
Publié 5 us 9 à à 5 + LL doe D gx 600 »
OEM LL ns NN 5.310 y»
DÉPENSES
Bulletin nn eee ee ee à.600
Frais de recouvrements et de bureau. . . . 200 »
Bibliotheque 0 4 23
Gens de service. 4 ee ee à 110 »
MDPEN ETS... Mare ee ere ue des 200 »
oran... Fr. 6.19
L'assemblée exprime à M. Frobert tous ses remerciements pour la
bonne sestion de nos finances.
— M. CHausnox expose quel est le fonctionnement du Syndicat
ini Liative. Cette création rencontre à Moulins une sympathie una-
nme
—— M. Tiensovuer propose qu'un compte rendu succinct soit
adressé aux Journaux de l'Allier après chacune de nos séances men-
Selles et demande qu'un ordre du jour sommaire soit publié en
Mêine temps que la convocation. Adopté.
——— M. Tiersonnier lit une note résumant, d'après des documents
Miciels. l'histoire de l'hôpital militaire des chevaliers de l'Ordre de
Malte pendant la guerre (1914-1918), insistant sur son séjour à la
Visi tation de Moulins en 1914-1919. L'auteur de la communica-
On signale que de nombreux Bonrbonnais se dévouërent au service
tà l'entretien de cel hôpital. (Renvoyé à la Commission du Bulletin.)
—— Sont présentés à l'admission :
M. Graconst, sous-préfet de Lapalisse, par MAL. le D' de Brinon,
le chanoine Clément, Pierre Depigny ;
M. le D' Pocrrar, médecm principal de l'armée, en retraile,
70 SOCIÉTÉ D'EMULATION Du BOURBONNAIS
propriétaire à Limoise, par MM. le chanoine Clément, Bourdérioux,
Gabriel Giraudet ; |
M. Robert Tuurer, propriétaire au château de Béguin, commune
de Lurcy-Lévy, par MM. le chanoine Clément, Bourdérioux, Gabriel
Giraudet ;
M. Jacques Monicar, élève de l'Ecole nationale des Chartes, de-
meurant rue de Bourgogne, 39, Moulins, par MM. Pierre Monicat,
avocat, Chambron, chanoine Clément ;
M. Joseph D ORIO DE MARGHOVELETTE, propriétaire, rue Michel-de-
l'Hospital, 22, par MM. le D' de Brinon, Tiersonnier, le chanoine
Clémert ;
M. Jean-Baptiste Borssoxxer, contrôleur des contributions di-
rectes, à Chalon-sur-Saône, rue de la Motte, par MM. Bardet,
Moulin, Viple ;
M. Elisée Muxer, propriétaire, chevalier de la Légion d'honneur,
demeurant au château de Plaisance, Yzeure, par MM. le D'de Brinon.
chanoine Clément, Milcent.
Sont admis en qualité de membres titulaires :
MM. Paul Nacezeisex ; Victor Bocuer : Alfred Pavaizzon : RouUGANE
pe CHanxTELoUP et CoLLAS DE (HATELPERRON.
— L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 22 h. 1/2.
E. CaPeEuix.
SÉANCE DU 7 AVRIL 1924
PRÉSIDENCE DE M. G. BRuUEL
Etaient présents : M'° ne Boxann, MM®* Moxceau, V'** D'Oncer,
MM. Amédée Banner, Baury, Cargrix, CHAMBROX, chanoine CLÉMENT,
comte ne DREUILLE, GAUTIER, GÉNERNONT, GRÉGOIRE, D' Monceau,
Moxxac, Paul Pavaizcox, André Roxy, licutenant-colonel DE SaixT-
Hrzuier, TiERSONNIER.
— Excusés : MM. le D' ne Brixox, Miicexr.
— Le procès-verbal de la précédente séance est lu et approuvé.
ProcÈs-VERBAUX 71
—@ ——— — ———
— Ilest procédé au dépouillement de la correspondance. Lettres :
— De M. Alfred Pavaiccox, remerciant de son admission.
— De M. MoxraGe, précisant que la pièce de monnaie trouvée
dans les fouilles opérées dans la forêt de Munet est un double tour-
nois Louis XHIL. Notre confrère annonce qu'il se propose d'aller, en
compagnie de M. Morin, examiner de nouveau les Pierres Jaumâtres.
M. Montagne se propose, en outre, de continuer son enquête sur la
Pierre signalée par M. Walther.
— Bulletin de souscription adressé par M. Léon Bideau. L'ouvrage
proposé est l'Histoire d'un village en Bourbonnais : Bellenave. 1 ne
Sagit pas de la réimpression des deux volumss parus en 1909 et
1914, mais d'un ouvrage nouveau qui sera d'une grande utilité à
tous les curieux d’études locales.
-— À signaler, dans les publications reçues, la Revue du Berry ct
du C'entre (1923, n* x et 1v, fin). laquelle renferme une série
d'études sur le « régionalisme », qui ont été lues à l'assemblée générale
du 4 octobre 1923 de l'Académie du Centre, à Châteauroux. L'un
après l'autre, M. Henry Berton, président de section au conseil de
l'éfec ture de la Seine, MM. Adrien Blanchet et Hugues Lapaire, ont
POSE leurs idées sur la question. L'étude de M. Blanchet, qui
'Surne en quelques pages l'histoire du Berry, touche en plusieurs
Points notre histoire bourbonnaise. |
— La Société a reçu les dons suivants :
—— De M. Daxez Caansoxxier, un volume de poésie : intitulé
Les heures légères et les heures graves, imprimé chez Jouve, à Paris,
1928. L'auteur est un bourbonnais, originaire de Chantelle ou des
Vir-Ons. Il parle, en effet, de Chantelle comme de son pays. Îl est
l'iuteur d’un drame historique en cinq actes, intitulé : Le Connétable
L Bourbon, et de quelques autres volume de poésie. La Société
iNercie l’auteur de son envoi (1).
—— De M. Eumaxuez Grerzer DE La DevyTe, demeurant à Allègre
Haute-Loire), (par l'intermédiaire de M. Tiersonnier) : « Louis
Comte de Montlaur, baron d'Aubenas, conseiller et chambellan du
FOÙ Charles VII (1372-1440). Le Puy-en-Velay, éditions de la
(D) Les œuvres complètes de M. Daniel Charhonnier sont à la bibliothèque
du Lycée Banville.
72 SOCIÉTÉ D'EMULATION Du BoOURBONKNAIS
———_—_—_——__——_———————— hs ———— ———_——_—_—_—_—————e
Société académique du Puy, 1923. » Il sera rendu compte de cette
brochure.
— De M. Puixpre Sanror (par M. Tiersonnier) : « Georges de
Fonclare : Un épisode de l'annexion. La Banque de Savoie et le droit
d'émission de billets. Chambéry, librairie Dardel, 1924. »
La Banque de Savoie, instituée par la loi du 26 avril 185r, possé-
dait le privilège d'émettre des billets. Quand l'annexion de la Savoie
à la France fut accomplie, cette Bauque eut l'espoir de voir ses
billets circuler à côté de ceux de la Banque de France. Ce dernier
établissement s’opposa de la façon la plus vive à cette prétention et
triompha. C'est l'histoire de cette lutte que raconte M. de Fonclare.
— De M: le docteur CorxizLox : « Le Bourbonnais à la fin de l'Em-
pire el sous le gouvernement de la Défense Nationale. Imprimerie du
Progrès, 1924. » Avec dédicace, volume de 350 pages. La Société
est très reconnaissante à l'éminent historien du Bourbonnais de
songer ainsi à elle, à chaque nouvelle publication de ses intéressantes
recherches.
— De M. Jacques Cuevauier (de Cérilly), élevé récemment à la
dignité de président de l'Académie Delphinale, l'allocution prononcée
à la séance du 8 mars 1924, en prenant le fauteuil de la prési-
dence (1). (Dédicace.) |
La Société d'Emulation est heureuse de constater une fois de
plus que certains de nos compatriotes ne manquent pas de se dis-
tinguer, partout où ils se trouvent, dans la voie des productions
intellectuelles.
— M. le docteur pe Brio communique une note relative à la
sauvegarde de l'Art français, et que nous résumons ainsi : Sous la
présidence de M. de Nalèche, une réunion s'est tenue chez le duc
de Trévise. Les opéralions de la Société pour la sauvegarde de l'Art
français ont été énumérées. Il est fait appel au concours de toutes
les bonnes volontés, et l'appui des sociétés savantes de province est
particulièrement sollicité.
— M. GÉ\ERMONT fait la communication suivante :
« Le Journal des Débats, dans son numéro du 23 mars 1924,
publie, sous la rubrique : « Choses de Province », un article pour
(1) Parue dans le Courrirr de l'Allier du 2 avril 192$.
PRocÈs-VERBAUX 73
la protection des monuments historiques. Il s’agit d'un vœu émis
par M. Demartial, président de la Société archéologique et historique
du Limousin. M. Demartial souhaiterait la création d'une caisse
départementale des monuments historiques. La caisse serait alimentée
par un prélèvement fait sur les subventions que l'Etat verse aux
communes, sur le fonds commun produit par les droits sur les
alcools. On propose aux Sociétés soit d'adopter le vœu, soit de
l'amender pour le faire entrer dans la législation. »
Une commission, composée de MM. le chanoine Clément et
Moreau, est constituée dans le but d'étudier la réalisation pratique
du vœu de la Société historique et archéologique du Limousin.
— La reconnaissance d'utilité publique fait l'objet de la note sui-
vante, transmise par M. le docteur de Brinon: « Le lendemain de la
dernière séance de la Société, c'est-à-dire le 4 mars, le président
recevait (transmise par M. le maire de Moulins) une demande du
ministère qui invitait la Société à lui envoyer d'urgence pour com-
Pléter le dossier : le budget et les comptes de 1924, et ceux des
années 1921, 22 et 23. Cette demande a été immédiatement trans-
mise à M. Frobert. Celui-ci a remis avant-hier la pièce réclamée
Pour 1924 et fera passer incessamment les autres. »
Il est décidé qu'aussitôt le fait accompli, les titres au porteur
#ront mis nominatifs.
—— La Librairie nationale d'art et d'histoire, Van Oest et C'e, bou-
kvard Haussmann, adresse un bulletin de souscription à un impor-
änt ouvrage : « La sculpture chinoise du v* au xiv° siècle, par
Osva 1d Sirén, professeur à l'Université de Stockholm. » Prix de l'ou-
‘ae en souscription : 906 francs français. 5 vol. grand in-4°, con-
nant 624 pages en héliotypie.
— M. le D' pe Brisox communique la note suivante relative à la
Bibliothèque :
La Commission qui s'occupe du catalogue de la bibliothèque et
QUL se compose de MM. Leutrat, bibliothécaire, Raynaud, Paul
Pavaillon, M Monceau et le Président, soumet au conseil la pre-
Mière ébauche de ce travail et désire son avis.
« Le travail comprend :
« 1° La préparation d'un registre dit d'entrée, sur lequel chaque
livre sera représenté à son numéro de bibliothèque avec son signa-
S mnann…
74 SOCIÉTÉ D'EMULATION pu BouRBoNNAIS
lement ; les feuilles présentées écrites au crayon seront reportées à
la plume sur un registre ;
« 2° La confection de fiches où les ouvrages classés par matières :
liturgie, histoire générale, histoire locale, biographies, monogra-
phies de paroisses, communes, etc., seront classés par ordre alpha -
bétique. »
Lecture est faite de la communication suivante adressée par
M. le L)' pe BRrixo\ :
« Le procès-verbal, à propos d'une correspondance de notre dé-
voué el très érudit collègue de Montluçon, M. Montagne, fait allusion
à des recherches sur l'origine d'un prétendu groupe de Montluçon.
Voici ce qui à donné lieu à cette correspondance.
« M. Bulliot, dans son travail sur Saint Marlin et sa mission en
pays éduen, parle d'un groupe de divinités de la région autunoise
et ajoute qu'il est pareil au groupe de Montluçon. Il renvoie comme
référence à une communicalion de M. Flouest, à la Société des Sciences
naturelles de Semur. L'article de M. Flouest, intitulé : Les Temples
des sources de la Seine, a paru en 1869 et 70 ; il ne fait pas allusion
au groupe de Montluçon : mais. dans un tiré à part que le président
de Semur a bien voulu me communiquer, Flouest décrit et repr
sente ce groupe très curieux. Îl comprend deux personnages : un
homme assis, en costume gaulois, qui bent sur ses genoux un ser-
pent à tête de bélier et une femme nue, debout, qui semble le cou-
ronner de la main gauche. M. le chanoine Clément, qui avait bien
voulu rechercher au Musée de Saint-Germain le moulase de ce
wroupe, l'a retrouvé. Mais un article de M. L. de Laigue, dans le
tome IX des Mémoires de la Société des Antiquaires de France, 1888.
p. 174, donne les précisions suivantes : Le groupe en pierre a été
trouvé par M. Nuret, dans son jardin, au faubourg du Peschin, en
1877. Le dieu tient dans sa main droite une bourse pleine et dans
sa main gauche un énorme serpent ayant les cornes et le facies du
bélier. Comme vous le voyez, ce n'est plus le Dispater classique,
avec le marteau dansla main gauche.
« J'ai communiqué ces détails à M. Montagne, et Je l'ai prié de
faire une enquête sur l'existence de ‘ce groupe ; est-il au Musée de
Néris ou conservé dans la famille Nuret? »
— Par les soins de M. Viple, un programme complet de l'expo-
Procës-VERBAUX 75
sition interdépartementale du travail, est transmis à la Société.
M. Giacobbi, sous-préfet de Lapalisse, qui l'a rédigé a arrêté un
règlement dans le but d'améliorer la formation professionnelle,
de forti fier l'esprit corporatif, de développer le goût de l'ouvrier pour
son travail, par la création d'expositions régionales annuelles.
— M. Gaurisa donne lecture de la première partie d'une note
relative aux documents du Grand Prieuré du Val-des-Choux, conser-
vés au dépôt départemental de Moulins, suivie d’un aperçu des ori-
gines légendaires et de l'historique de ce monastère, chef d'ordre
de Tra ppistes de la règle de saint Benoît, 1188-1764.
Situé dans la forêt de Châtillon-sur-Seine, c'est-à-dire en pleine
Côte-d'Or actuelle, le Grand Prieuré faisait jadis partie du diocèse
de Langres. Ses archives, après la suppression des ordres monas-
liques, auraient donc dû normalement être déposées, soit à Dijon
de par sa situation ‘topographique, soit à Chaumont de par ses ori-
gnes de propriété. Mais devenu, en 1764, par voie d'union, membre
de l'abbaye de Sept-Fons, en Bourbonnais, le Grand Prieuré avait
perdu son individualité propre de chef d'ordre, et ses archives avaient
lé transportées dans le monastère dont il constituait désormais une
simple filiale.
Elles y étaient encore en 1790 et c'est alors qu'avec celles de
l'bba ye-mère elles furent amenées dans la capitale du Bourbonnais.
Ce qui a pu en être sauvé constitue actuellement aux Archives
départementales de l'Allier, le fonds dit du Grand Prieuré du Val-
des-Choux. Série H. 185 à 253, 14 registres et 93 liasses. Plusieurs
de ces registres in-folios, reliés, plein maroquin poli, grenat, à filets
u °nements d'or, contiennent une transcription magnifique de ses
litres du xu°au xvmr' siècle, faite de 1776 à 1780, sous la direc-
on des notaires Boullier, de Dompierre, et Alamartine, de Pierre-
fille. Un autre de ces registres et de beaucoup sans doute le plus
intéressant est un martyrologe avec obituaire du Val-des-Choux et
lranscription de son ordinaire. La dernière date qui y est relevée
est celle de 1268.
M. Gautier a arrêté là sa lecture se proposant de la reprendre, s'il
ÿ a lieu, à une séance ultérieure.
— La communication suivante, relative aux découvertes faites
76 SOCIÉTÉ D'EMULATION bu BOURBONNAIS
dans la caverne de Montespan (Haute-Garonne), par MM. le comte
Begouen, Norbert Casteret, le D' Capitan, uous est transmise par le
D: de Brinon
« La Revue Anthropologique. numéro de novembre-décembre 1925,
p. 533, a publié un compte rendu détaillé. illustré de nombreux
dessins. Ce numéro est mis sous les yeux des membres présents.
« La grotte-caverne de Montespan est traversée par un pelit ruisseau,
qui coule sous terre pendant environ 1.200 imétres el reparaît à
hoo mètres du village de Montespan.
« M. Casteret pénètre dans la grotte où coule le ruisseau par un
puits situé un peu au-dessus de la résurgence. Au bout de Go mètres,
la voûte s'abaisse et plonge dans l'eau : il y a un siphon. M. Caste-
ret y plonge et sort dans une nouvelle walerie. — Cette galerie
conduit à une vaste salle, puis à un pilier où se fait une bifurcation :
à droile c'est le ruisseau: à gauche une galerie sèche où ont été
trouvés les fauves modelés en argile el les dessins sravés.
« Modelages en argile : un grand féhn, ügre reconnaissable à
l'empreinte de sa tête carrée, très nellement marquée : la tête el une
partie du corps manquent. Dimensions, 1,60 de long. sur 0",50
de haut.
« Plus loin, un ours sans têle: mais entre les jambes crâne d'our-
son, qui s'adaptait sur la section nette du cou.
« Derrière l'ours un cheval est dessiné profondément sur largile
du sol.
« Nombreux dessins gravés sur les parois : hénuone, bison, cheval,
bouquetin ; pas de rennes. Pas de peinture.
« Signes magiques.
« Figures en arceaux.
« Cuve creusée dans la paroi de »0 à Go em. de large, ovale de
30 cm. de profond,
« Plus loin : multitude de trous. je dirai cupules, de 1 cm. de diam,
1 à 2 de profond, pratiqués dans l'argile au moyen d'un bâton à
extrémité carbonisée.
« Signe ovalaire rappelant les signes vulvaires.
« Banquette recouverte de boules d'argile.
« Plaque d'argile façconnée en protonce de cheval.
« Cuvette de 20 à 350 cm, de diam., sur 19 à 20 de profond.
creusée dans l'arsile,
ProcÈs-VERBAUX 77
« Guvette en nid de 10 cm. de diamètre.
« Di vers signes : une petite saillie stalagmitique de 8 cm. de long,
vraie pierre figure aménagée et donnant l'aspect d'un petit animal
courbé&. Plusieurs points rouges ou noirs. »
— M. le chanoine CLéMENT soumet à l'assistance le programme
du Congrès que tiendra à Clermont la Société Française d'Archéo-
logie, et indique les jours et itinéraires des excursions projetées.
Les membres présents se prononcent pour la visite des monuments
elcuriosilés diverses de Clermont, qui aura lieu lundi 16 juin. À
l'arriv&e, les excursionnistes se proposent d'aller visiter Montferrand.
— M. Tiersowwier donne lecture de la note suivante :
« Où ilest prouvé que le roi Charles VIIT, pour lors à Bourbon-
l'Archiambault, aimait fort la moutarde. »
« C’est là un bien minusculedétailde la biographie de Charles VIT,
jen trouve la preuve dans une lettre datée de Bourbon-l'Archam-
bault. le 3 décembre (sans millésime) (1), adressée à Jean Bourré,
késovier de France, par laquelle le roi lui mande de lui envoyer à
Amboise, où il va passer les fêtes de Noël, trois douzaines de barils
de moutarde de most, la meilleure qu'il pourra trouver, pour fesloyer,
di le roi, ceulx qui me viendront veoir.
€ L'intérêt bourbonnais de cette lettre, c'est qu'elle prouve que
Charles VII, un 3 décembre, se trouvait à Bourbon-l’Archambault.
Mais en quelle année ? Ce doit être le 3 décembre 1490, car cette
année-]à, Charles VIIL vint en Bourbonnais, et fit à Moulins une
belle entrée dont parle M. Faure dans son Jlisloire de Moulins. Le
dépouillement du fonds Bourré, en ce qui concerne le Bourbon-
mais, dont j'ai versé le résultat l'an dernier aux archives de la So-
aété, me confirme dans mon opinion.
€ En 1490 Charles VIIT n'était pas encore marié, mais l'heure
APProchait du coup de maître par lequel la diplomatie d'Anne de
France et la pression militaire de Charles VITL allaient amener
l'union de la Bretagne au royaume de France. C'est en 1491, en
effet, que le roi épousa Anne. duchesse de Bretagne.
« Et maintenant, dira-t-on, que faut-il entendre par « moutarde de
A) Voir: /terur des prorinces de l'Ouest, livraison de juillet 1857. — Bibliv-
thèque de l'Ecole des Charles, 19° année, LIV, 4° série, AN5S.
LE
78 SOCIÉTÉ v’EMULATION pu BouRBONNAIS
most » ? C'est, je crois, soit de Ja moutarde nouvelle, comme l'est le
moüût ou vin nouveau, soit peut-être de la moutarde mêlée à du
moût. Les vieux dictionnaires de la langue française ne m'ont rien
révélé sur ce point. En tous cas, Charles VIII aimait la moutarde,
la moutarde de most. »
— M. le colonel ne Saivr-Hizzier donne lecture de la continua-
tion de ses travaux sur le tracé des voies romaines. Îl fait remarquer
combien il est imprudent de se baser sans contrôle sur les indica-
tions, peu précises, de la table de Peutinger.
— Est présenté à l'admission :
M. Victor Lanzar. propriétaire, avenue Victor-Hugo, Moulins,
par MM. le D' de Brinon, Milcent, chanoine Clément.
— Sont admis en qualité de membres titulaires :
MM. Gruacossi, D° PourrarT, Robert Taurer, Jacques Monicar,
Joseph np'Onso De MarcaovezerTe, J.-B. Boissoxxer, Élisée Muxer.
— L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 22 heures
et demie.
E. CapPELIx.
PP PS
SU
XXI EXCURSION
DE LA SOCIÉTÉ D'ÉMULATION
A CLERMONT-FERRAND
LE LUNDI 16 JUIN 1924
La Société d'Emulation a décidé de ne point poursuivre cette
année, exceptionnellement, la suite de ses excursions dans le dépar-
ment, et de se joindre à ses éminents confrères de la Société Fran-
saise d'Archéologie, qui doivent tenir leur congrès national annuel,
à Clermont-Ferrand, du 16 au 21 juin prochain, au moins le jour de
l'ouverture de cette importante manifestation.
M. le chanoine Clément, inspecteur pour l'Allier, de la Société
Française d'Archéologie, s'est mis en rapport avec M. le Directeur
Sénéral de cette Société, et avec son collègue de Clermont-Ferrand,
notre Confrère M. Henry du Ranquet, pour fournir les renseigne-
ments suivants :
Les membres de notre Compagnie qui désirent prendre part à
celte réunion du lundi 16 juin prochain, seront admis à se joindre
ànos confrères de la Société Française d'Archéologie et de l’Aca-
démie de Clermont pour visiter, le matin, les vieilles maisons de
Clermont, le musée local ; et après-midi, l'église de Notre-Dame
du Port et la Cathédrale, sous la direction de nos érudits confrères
Clermontois.
Horaire: Aller : départ de Moulins à 4 h. 18, et arrivée à Cler-
mont, à7 h. 20.
Retour : départ de Clermont, à 21h. 50. arrivée à Moulins, à
23 h. 59.
80 SocIÉTÉ D'EMULATION pu BOURBONNAIS
De 7 h. 20 à 10h. 1/2, heure de la visite au musée local, rue
des Gras, les excursionnistes pourraient visiter Montferrand.
Nos confrères auraient la facilité de ne partir de Moulins que
par le train de 7 heures, qui arrive à Clermont à 10 h. 35, et alors
ils rejoindraient les excursionnisies au musée local, maison des
Architectes.
Prix du billet aller et retour, de Moulins-Clermont : en première
classe : 49 fr. 60 ; — en seconde classe : 34 fr. 65; — en troisième
classe : 21 fr. 90, auxquels prix il convient d'ajouter ceux des repas.
Comme d'habitude, les personnes amies de notre Société pour-
ront participer à cette excursion, en se faisant présenter par un
membre de notre Compagnie à M. le Président.
Chaque excursionniste réglera ses dépenses, soit pour le chemin de
fer soit pour l'hôtel, à Clermont. |
S'il est possible d'obtenir des réductions sur le prix du billet de
chemin de fer, de la Compagnie P.-L -M., le Trésorier de cette
excursion le fera savoir par la voie de la presse qui voudra bien
aussi faire connaître les changements qui pourraient se produire
dans l'horaire des trains indiqué ci-dessus.
Enfin, fous les membres, et les personnes étrangères à la Société,
qui désirent prendre part à celle excursion, sont priés de bien vouloir
en donner avis à M. le Président : M. le docteur de Brinon, boulevard
de Courtais, n° 25, avant le 5 Juin, dernier délai.
RES EEE
MONTLUCON
ET SES RICHESSES D'ART
À. — Bibliographie F (Suile el fin)
$ 2. Ouvrages locaux
a). Les périodiques : Bulletins, revues et journaux
8. — Z’Agriculteur bourbonnais, Mn., imp. Herbin.
88 bis. -—_ L'Album de l'Allier, journal de littérature, des sciences, des
arts et de l’industrie, etc., hebd., 1831, dirigé par A. Placide
Pisseau (2).
®. — Z’Aliance Deslinières-Dormoy, journal politique et satirique.
1) Voir Bulletin, page 38.
@) Nous croyons devoir donner ici, in-extenso, une note très intéressante que
NOUS devons à l'amitié et à l’érudition de M. Marcellin Crépin-Leblond. Cette com-
Bunication précise la date de fondation des premiers journaux de la ville et servira
très utilement aux futurs écrivains qui voudront faire l’histoire des commence-
ments de l'imprimerie à Montluçon.
# Très peu de temps après la révolution . de juillet 1830, Alexandre Placide
Pissau installe une imprimerie à Montluçon, qui n’en possédait pas, les essais faits
sous la Révolution, puis sous l’Empire, n'ayant pas eu de suites durables. Dans les
premières semaines de 1831, il fonde l’Album de l'Allier, « journal de littérature, des
sciences, des arts et de l’industrie, annonces et avis divers ». Au numéro9 de cette
publication hebdomadaire (12 avril 1831}, Achille Allier en assume la rédaction;
mais, bientôt en désaccord avec le « propriétaire-éditeur », il cessait ses fonctions
lel2août (numéro 26).
En juillet 1843, l’Album, qui appartient alors à la veuve d'Alexandre Pisseau,
change de titre et devient le Courrier de l'Allier.
En 1846, l'imprimerie Pisseau et le journal sont acquis par Hippolyte Ledoux
(gendre de M. Boisrot, de Terre-Neuve), qui lui-même les cédera, en 1860, à Alfred
Crépin-Leblond.
Blhebdomadaire en 1865, le Courrier, après avoir paru quatre fois par semaine
en 1810, devient quotidien en 1873.
En 1875, Crépin-Leblond transfère son journal au chef-lieu. Le Courrier de l’Al-
6
82 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BOURBONNAIS
—— 0 memes mmnmmennnes + ns
91. — L'Am: des Cochers, mensuel (187;), réd. en chef: pasteur Seitte ;
publication protestante,
92. — Les. Amis de Montluçon, bulletin trim. (janvier 1912), revue
littéraire, artistique. Mn., imp. Herbin et Bouché.
93. — ZL’'Ami du Village. Mn., 1873-1876.
94. —— Annales et journal spécial des justices de Paix, 1923, imp.
Herbin et Bouché.
86. — L'Avenir libéral.
96. — Za Bataille.
97. — Le Bourbonnais de Paris, Mn., imp. Midon.
96. — Le Bulletin de l’Union des Propriétaires Montluçonnais, impr.
ouvrière.
99. — Ze Bulletin des Fédérations des Sociétés musicales du Centre,
Mn., imp. Herbin et Bouché.
300. — Ze Bulletin spécial des décisions des juges de paix, imp. Herbin
et Bouché.
101. — Ze Bulletin du Comice agricole de l’Arrondissement de Mont-
luçon, Mn., imp. H. Ledoux.
102. — Ze Centre, journal trihebdomadaire, fondé par M. Alfred Cré-
pin-Leblond, en 1872, devenu quotidien en 1875, sous la
direction de M. Arthur Herbin.
403. — Ze Centre illustré, 1900. Mn., imp. Herbin.
104. — Ze Centre industriel, journal du Centre, Mn., 1871-1875.
106. — Ze Chevau-Fug, satirique, littéraire, artistique (!), 15 août 1886,
fondateur Stéphane Létang. (On ne lui connaît qu’un nu-
méro.) Il fut continué, pendant quelques semaines, par Le
Pavé.
196. — Ze Combat Social, hebdomadaire, organe de la fédération de
l'Allier du parti socialiste (section française de l’Internatio-
nale ouvrière), 1913. Rédaction et administration, rue de
Damiette, imp. ouvrière,
307. — Ze Courrier de l'Allier, nouveau titre, adopté en 1843, par
L'Album de l'Allier. Transféré en 1875 à Moulins, par M. Al-
fred Crépin-Leblond.
108. — 74 Défense des Ouvriers, organe du parti ouvrier, 1885. Admi-
nistration: rue de lamiette; impr. à Paris, chez Delade-
réere, 3, rue du Sommerard.
lier parait à Moulins le {+ août de la dite annve. Il est remplacé à Montluçon,
comme organe quotidien, sous la direction d'Arthur Herbin, par le Centre, alors
tri-hebdomadaire et fonde par Crépin-Leblond en 1872.
Deux autres journaux, hebdomadaires ceux-là, furent publiées à Montluçon avant
1870 : l'Impartial de l'Allier, fondé antérieurement à juin 1852, date où je le trouve
mentionné pour la première fois, et qui cessa sa publication fin 1859 ; et le Jour-
nal de Montluçon, créé en juin 1864, « sous les auspices du Comice agricole ».
MonrTLuçonN ET SES RICHESSES D'ART 83
109. — Za Démocratie Bourbonnaise, journal de l'arrondissement de
Mn. ; Mn, 1880-1881; devenu La Démocratie du Centre, Mn.,
1881 ; transférée à Moulins.
. M0. — Za Dépêche de l'Allier, quotidien; Mn., imprimerie Maugenest
et Mitterand, 48, bd de Courtais.
UM. — Ze Dimanche, revue de la semaine, agricole, commerciale, poli-
tique, littéraire et annonces. Mn., imp. A. Herbin, 14 mai
1876-1877.
12. —, Z'ÆEcho de l'Allier, bi-hebd., 1877, dir. propriétaire: M. A.
Herbin.
13. — Z’'Æ£cho de Montluçon. Paris, 1882.
14 — Z’EÆglise réformée, bi-mens. » 1889. « Messager évangélique de
la 3° circonscription synodale ». Dir., pasteur Seitte.
15. — Zu Gasette Bourbonnaïise, hebd., Ce ÉUblicain progressiste, 1885,
bd de Courtais. Dir. réd.: Lucien Deslinières.
16. — Z'/mpartial de l'Allier, Mn., 1850-1850.
M — Z'Indépendant, républicain démoctaiqué de l’arrondissement
de Montluçon, 25 novembre 1904, Mn., imp. Midon.
*— ZLa Jeunesse Bourbonnaise, revue critique, littéraire et scienti-
fique, 1886. Adm.: bd de Courtais, 19, Mn.; réd.: Desma-
zières.
18, — 7 Jeunesse républicaine de Montluçon, 1899, Mn., imp. de la
Démocratie du Centre.
10. — 7, Journal de Montluçon, bi-hebd.; 1864. Directeur: M. Prot :
indépendant, agricole; continué par MM. Herbin et Bouché,
11, avenue de la Gare.
Le fontèur officiel de l'Exposition nationale de Montluçon, bi-
hebdomadaire, 2 juillet 1893. Mn., » ip. de la Démocratie du
Centre.
*— Montluçon illustré.
*— Montluçon républicain, radical-socialiste, Mn., imp. Mauge-
nest, MAIS 1902.
ee ce Petit Messager évangélique, mens., 1879. Dir.: le pasteur
Seitte.
VB — Ze Petit Montlugonnais, bi-hebd., 1892, avenue de la Gare.
V6. —_ 7, Kéveil, républicain-socialiste, quotidien, 1876. Mn., imp.
Th. Lépice, Rocher et Lardet.
Ve — Ze Réveil Montluçonnais, républicain-anticollectiviste. Fonda-
teur: Louis Dubost. Mn., imp. Midon, 10 janvier 1904.
128. —_ 7, Socialiste de l'Allier, hebd., 1895, 24, avenue de la Gare.
V2. —_ 7, Trait d'Union des Amicales et des Cercles d’Instituteurs,
mensuel, igo1. Mn., dir. et imp. A. Thorinaud.
\0. — 4 7 ravail, journal du dimanche du parti communiste, des
masses ouvrières et paysannes. Imp. ouvrière, rue des Jardi-
118
121
122
123
124
84 Soc1ÉTÉ D'EMULATION pu BouRBONNAIS
niers (auj. rue Marcel Sembat), 1877-1882; devenu L'Echo
de l'Allier, 1882-1885. |
131. — Ze Travailleur de la Terre, imp. Deneuvy.
132. — Le Pavé, journal satirique illustré, par M. Létang (1886).
433. — Ze Veilleur de Montluçon; Le Veilleur bourbonnais, Mn.,
1922, imp. ouvrière.
134, — La Voix du Peuple.
b). Les livres
1° Anonymes
136. — Almanach-Annuaire de l'Arrondissement de Montluçon, Mn.,
imp. Herbin, 1902, 182 p. in-16.
136. — Almanach du T'ocsin populaire, an 32 de la commune (1902);
Mn., Mazuel, Bonnet, 55 p. in-16.
137. — L’Arbre et l'Eau, 6 Congrès, Montluçon, juillet 1912. Limoges,
imp. de Ducourtieux et Gout, 1913, in-8°, 200 p., plan, cartes
et figures.
138. — Arrest du Conseil d'Etat du Roy, qui maintient les médecins et
chirurgiens de la ville de Mn. dans le droit de réunir les
maîtres chirurgiens de leur ressort, contre les médecins de
Moulins, prétendant le contraire, le 12 juin 1703, in-4° (s. L.).
139. — Chemin de fer d'Orléans à Vierzon, dans ses rapports avec
l’arrondissement de Mn. Montluçon, le 21 janvier 1844, À mp.
À. Pisseau, in-8°, 16 pp.
140. —— Chemin de fer de T ours à Montluçon. Mn., lith. et imp. Prot,
rue de Bretonni, 1867.-
441. — Commune de Montluçon: Demande en nullité de l’adjudication
de la maison commune de Montluçon (2 floréal an V). A
Moulins, de l'Imp. de Thibaud et Filanchère, rue du Temple
Bréchire petit in-4° de 18 pages.
142. — Compte rendu sommaire des travaux de la Chambre de Com-
merce de Montluçon, 1909.
493. — Conférences des Chambres de Commerce, … tenues à Montluçon,
les 24, 25 et 26 septembre 1900. Compte rendu, Montluçon,
imp. Herbin, 19o1.
1484. — Za Dispute sur l'Antimoine, imp. Herbin, in-8°.
145. — Etude sur les eaux de Montluçon, août 1885, Moulins, imp. Cré-
pin-Leblond, in-12, 40 p.
146. — £Ltudes vinicoles. Bibliographie du Bon Rural. su , imp. Her-
bin, in-folio, 11 p. (s. d.).
147, — Fondation de la Société de la Manufacture des Glaces et Ver-
reries de miontluçon. Paris, 1845, 16 p., in-8°.
148. — Fragments sur l'histoire de Montluçon; X. et M.; Mn, imp.
Prot, 1889.
199. — Les Montluçgonnais de 1790. Liste du serment civique; Mn,
150.
161.
MonTLucoN ET SES RICHESSES D'ART 85
nes
impr. montluçonnaise 1806, in-8°, pièce publiée par M. Alex.
Giraud. |
— ANotre-Dame de Montluçon, son histoire et sa neuvaine. Mn.,
chez les libraires. 1912, in-16, 48 p., fig. et musique (par
M. l'abbé Guéret).
— Recherches historiques sur Montluçon, suivie d’un guide aux
usines de Montluçon et Commentry. Montluçon, chez Crépin-
Leblond, imp., rue des Serruriers, 30, (1803 *). (L'auteur serait
un M. Adrien Bonvalet.)
162. — 'nions du Nivernais et du Bourbonnais (Union de la Paix
163.
154.
155,
156.
167,
168,
159.
160
161
162. —
Sociale). Réunions régionales du 6 avril 1884, à Montluçon.
Mn., imp. Prot, 1884.
2° Ouvrages classés par noms d'auteurs.
— ACHILLE ALLIER: £squisses bourbonnaises. Album :in-4°, 82 p.
——
et 13 lith. Moulins, impr. Desrosiers, 1832.
BERGERAT (Emile): Ode à Montluçon. Dans la « Quinzaine Bour-
bonnaise », T. [., 1892, p. 40.
— BOSTSARRON (A.): Œuire montluçonnaise de la vie au grand air.
a —
Rapports annuels de l’œuvre, depuis 1915-1919.
BouiLLer (J.-B.): Monnaies des seigneurs de Mn., département
de l'Allier. Dans la « Revuc numismatique », 1838, T. 111,
P. 110-9.
— BRUGIÈRE DE LAMOTHE: La Question des Boiens, Moulins, Desro-
———
a
siers, 1860, — 1467b: Æssai sur la Gergovie des Boïens et sur
son tdentité avec Mn., 6 session du Congrès scientifique, tenu
à Clermont, en 1838. Clermont-Ferrand, imp. Pérol, 1839. —
167c: Péconr'erte de monnaies ba@nales, près de Mn. (Allier).
Dans la « Revue numismatique », 1859, T. IV, 310.
BUSSIÈRES (17 M.-Fr.): Rapport sur l'inspection médicale des
écoles de Mn. pendant l'année scolaire 1911-1912. Paris,
Masson, 1913, in-8°, 22 p.
CHazAUD (Alph.): La Lombardie de Montluçon, dans le « Bulle-
tin de la Société d'Emulation, 1878, p. 18. (Voir les ouvrages
généraux.)
—— CIAUDON (Ferdinand): #oulins où Montluçon, chef-lieu de L'AL.
lier en 1790. Dans la « Quinzaine Bourbonnaise », T, VI,
1897, p. 368.
* — CLÉMENT (le Chanoine Gilbert): Récits et impressions sur Néris-
les-Bains et Montluçon, Néris
et Mn., lib. Crépin-Leblond,
en face de l'avenue de la
Gare, 1872.
— — — M. l’Abhé Guillomet. Souvenir
de Notre-Dame de Montluçon. Mn., imp. Prot, lib.-édit., 1869.
163.
164.
168.
169.
170.
171.
172.
173.
174,
176.
176.
177,
—
———
SOCIÉTÉ D'EMULATION pu BoURBONNAIS
CLÉMENT (le Chanoine Joseph): Le Tableau à compartiments de
— ns
la vie de la Très Sainte Vierge
dans l’église de Notre-Dame
de Montluçon, fin du Xxv° s.
Moulins, imp. Et. Auclaire,
juin 1896.
= La Transfixion de la Très Sainte
Vierge dans l’art et spécialement dans la Pieta du vitrail de
l'église Notre-Dame:de Montluçon. Dans la « Revue du Cen-
tre », 1913, Moulins. (Voir les ouvrages généraux.)
. — CRÉPIN-LEBLOND (Alfred): Le Progrès à Mn. Dans le sup-
plément du Centre du 24 novembre 1808.
DECHAUX (Dr): La Vartole et le Croup à Mn. Paris, Baillère,
1888.
— — Notes sur une épidémie de fièvre lyphoide ob-
servée à Mn., 1894.
. — Les quatre Points cardinaux de la Médecine, Paris, Bail-
hère et fils, 1801.
DES Gozis (Maurice): Deux Conférences, publites par Les Con-
sd —
bureau de Mn
férences de l’Institution Saint-Joseph.
Nos Pères, Montluçon, imp. Herbin, 1906.
Les Célébrités Montluçonnaises, imp.
Herbin, 1909, in-12, 31 P.
Les Montluçonnais de 1490 à 1497. Dans
les « Annales Bourbonnaises », T. V,
1891; T. VI, 1892.
Armorial de la généralité de Moulins,
. Dans les « Archives historiques du Bourbon-
nais.», T. 111, 1804, p. 68-343.
DESLINIÈRES (Auguste): [‘n T'as d’Ilistoire. Mn., 1890.
DESLINIÈRES (Lucien): Ætudes politiques: La Lutte pour la vie.
Mn. et Moulins, imp. L. Deslinières et Cie, 1888. — Notice
historique sur Montluçon, 1892, in-8°. |
DUBOIS (Adolphe): Une N'uit de 1171 ou le siège de Montluçon.
Chronique du xXHI° siècle. Argenteuil, imp. P. Worms, rue ce
la Chaussée, 1871.
Du BROC DE SEGANGE (Comt Louis): Les Bourbon-Montluçon ont-
— —
ils existé£ Moulins, imp. Et. Auclaire,
1905.
Archambaud de Montluçon et les sires de
Bourbon, Moulins, imp. Et. Auclaire, 1905.
DucHET (Me Léonie): Les Frères Fasier de Montluçon. Mn.,
imp. Herbin, 1900.
= Les Papiers d'un vieux Montluçonnais. 1d., 1913.
(Cf. Perrot de Saint-Angel.)
MonTLucçon ur SES RICRESSES D'ART 87
178. — DDUCHET (Lucien): La V'ie de la Vierge d'après le tableau à com-
partiments de l'église Notre-Dame de Montluçon. Notice ex-
plicative. Mn., imp. Herbin, 1896. (Belles reproductions en
phototypie.)
179. — JDUPORTET (Maurice P.-G.): Montluçon et les communes de l’ar-
rondissement. Annuaire général de l'arrondissement. Belle-
garde, imprimerie S.A.D.A.G.
180. — DUPUIS (P.): Votice sur Le capitaine Second. 1894, in-8°.
181. — — fadis et Aujourd'hui. Mn., 1890.
181 hrs. _— Emerock et Boina: vieux mots montluçonnais. Mn.,
imp. A. Herbin, 1900.
182. — EF OURNIER-SARLOVÈZE: Quelques Primitifs du centre de la France
(Jean de Mn.). Extrait de la « Revue de l’Art ancien et mo-
derne, 1909, in-4°, 34 P.
183. — C;1RAUD (Alexandre): Votice historique sur Montluçon. Mn., imp.
Deslinières et Cie, 1892, in-16.
184. — — — Les Maires de Montluçon, d'après les Ar-
chives municipales, impr. Montluçonnaise,
avenue de la Gare, 1896.
— Les Montluçgonnais en 1790: Liste du ser-
ment civique, impr. Montluçonnaise, 1806,
in-8°, 48 p.
188. — — — Les Confrères du Corps de Dieu et de Mon-
sieur Saint Jean-Baptiste. Etude sur une
confrérie mantluçonnaise du XVI* s. Mn.,
impr. J. Vergeat, av. de la Gare, 1898.
— + — Abrégé des actes des Assemblées délibé-
rantes de Montluçon. Livres I à IV (1751-
1799). Impr. Montluçonnaise, J. Vergeat,
MDCCCIC, in-8°, 259 p.
— —- Les Couvents de Mn. pendant la Révolution.
Dans la « Quinzaine Bourbonnaise », T. V, 1806, p. 418, 446,
464.
—— GRENIER (Emilc): Achille Allier, conférence, le 22 février 1913.
« Les Conférences », Montluçon, imp. Herbin, in-12, 51 p.
185. — =
187. __
188. __
189.
190. — CRIMAULT (A.): Lvposition untserselle de 1889. Note sur les pro-
duits de l’usine des fers creux de Mn. (Allier), exposés par:
MM. Mignon, Rouart et Deslinières, classe 41, Paris, 1880,
in-4°.
O1 —_ Hacxprre (Alfred): L’ÆEnsergnement secondaire à Montluçon.
Moulins, 1900, imp. Et, Auclaire,
184 bis, — Les Logis et les Etapes de l'Enseignement
‘e secondaire à Montluçon, 82, n°5 5, 6.
— Un Pataillon scolaire des enfants de Mu.
en 1790. Paris, in-8°, 14 p.
88 Soct1ÉTé D'EMULATION pu BOoURBONNAIS
182 Dis. — HACHETTE (Alfred): Le Cahier d'un Rhétoricien de 1778 au
Collège de Montluçon. Extrait de la Rene Pédagogique,
1911.
193. — JAnNIN (Edouard): Wontluçon industriel. Dans la « Quinzaine
Bourbonnaise », T..VI, 1897, p. 505-529.
194. — — — Histoire de Montluçon, Montluçon industriel,
notabilités montluçonnaises, environs de Montluçon, étude
sur Néris. Mn., imp. J. Mauyenest, 11, avenue de la Gare,
1904. Grand in-8°, VIII, 607 p., et figures. |
195. —- LAGUÉRENNE (Henry DE): Notice sur la famille Grozieux de La-
guérenne. Rome, 1903.
198. — — — Simples Croquis de Montluçon au bon
vieux temps. Châteauroux, imp. P.
Langlois et Cie, 1904, in-8°, 280 p.
197. — — — Notes et Souvenirs relatifs à l'Ancien
Couvent des Ursulines de Montluçon
(1643-1909). Mn., A. Herbin, grande
imp. du Centre, 1911, in-8°, 142 p.
198. — — — Montluçon pendant la Terreur, Cours
| fait à l'œuvre des « Conférences »,
23 mars 1914. Mn., impr. F. Herbin
- | et Bouché. 1914, in-12, 56 p.
199. — — = Pourquoi Montluçon n'est pas chet-lien
de département. Saint-Amand (Cher),
imp. Clerc-Danicl, 1919, in-12, 108 p.
200. — — — Légende des Bourbon-Montluçon, in-&°.
[Voir: Villatte des Pruynes.]
200 Ps. — T1 ROMAGÈRE (Charles): L'{nstruction sous l'Ancien Régine.
Montluçon, imp. Herbin, 1898, in-8°, 70 pp.
201. —— LaAuxaAy (I. DE): La Vallée du Cher dans la région de Mn. Scr-
vice de la carte géologique. Paris, Baudry,
1892.
202. — — — Carte gcologique: feuille de Mn., 1892.
203. —— LENOIR (Albert): Les Antiquités romaines détruites à An. Dans
la « Revue Bourbonnaise », T. IV, 1887,
P- 300-332.
204. — LOUARD (A.): Âeconnaissance des laydes, péages et autres
droits, que prend et exige Mgr le duc de
Bourbonnais en la ville et franchise de Mn.
Moulins, 1890, publié par M. Vayssière, dans
les « Archives Bourbonnaises ».
296. — es — Récit des fêtes solennelles célébrées à l'Institu-
tion Saint-Joseph de Mn, en l'honneur du
bienheureux Pierre-Louis-Marie Chanel, de
la Société de Marie, 1890, in-8°.
MoxTLucon ET SES RICHESSEs D'ART 89
206. —
207. —
215.
216.
7 à PRE
A.
222. __
223. —
224. —_
LOCARD (A.): Description de deux Pseudanodonta nouveaux
observés aux environs de Montluçon. Moulins, 1894.
MaNGERET (le P. Antonin): 4. L'Abbä Lapendrie. Mn., imp.
A. Herbin, 1885, 1n-8°.
M EILLHEURAT (Gabriel): Notice sur Uhabot-de-l’'Allier: sa vie, son
œuvre législative. Moulins, imp. C. Desrosicrs, 1880.
MiQUEL: Montluçon au XVF siècle.
— La Porte Fouquet à Mn. Publié dans la « Revue Bour-
bonnaise », T. [, 1884, 46 p. avec gravures.
— Les Anciens Couvents de Mn. \d, T. II, 1885, p. 90-100.
MONTUSES (Ernest): Histoire de Montluçon. Mn., imp. A. Tho-
rinaud, 1912.
PÉRARD (A.): Catalogue raisonné des plantes de l'arrondissement
de Mn. (Bull. Soc. Bot. française, 1869.)
— Note sur quelques batraciens du Centre de la
France. Trois espèces observées aux environs de
Mn., 1876.
— Liste des reptiles et des batraciens de l’arrondisse-
ment de Montluçon, 1880.
PÉROT (Francis): Le Chevau-Fug à Montluçon (Allier), Extrait
du « Bulletin historique et philologique », 1898, Paris, imp.
Nationale, décembre 1898, in-8°.
PERROT DF SAINT-ANGEL (Gilbert-Bon): A/ontluçon, ses établisse-
ments cisils et religieux, du Moyen-Age au commencement du
XIX® siècle, publié d'après son manuscrit par son arrière-
petite-nièce, M'e Léonie Duchet. Mn., imp. A. Herbin, 1913.
(Important ouvrage, avec de nombreuses gravures.)
SERVANT (Stéphane): Fragments d'œuvres. — Les Cahiers du
Centre. Octobre 1911.
Tupor (Edmond): Album historique de Tronçais, Commentry,
Montluçon, Néris et Montassiégé. In-folio, Paris, typ. J.
Clave: lith. Lemercier, 1856. |
VACHER (Antoine): Æssai de géographie urbaine. 10904, Paris,
in-8°.
VAUQUELIN: Analyse d’un minerai d'antimoine des environs
de Montluçon (Ann. de Chim. et Phys. T. VIT, 1817):
VILLATTE DES PRUGNES (Robert), et DE LAGUFRENNE (Augustin):
Etude sur l'Histoire de l'ancienne Seigneurie ou Baron-
nie de Montluçon, augmentée de divers documents inté-
ressant l'Histoire de Montluçon. Mn, imp. J. Maupge-
nest, 1904.
— Faune de l'arrondissement Ne Montluçon. Les Poissons.
Mai 1897. Mn, imp. A. Herbin, 1897, 1n-16.
Yves) (Aimé): H/ontluçon et son château au NII siècle, par A.
90 SOCIÉTÉ D'EMULATION Du BouRBONNAIS
Ÿ., étudiant en médecine, Clermont-Ferrand, imp. de Péroi,
2, rue Barbançon, 1846, in-8°.
Enfin les autres ouvrages cités comme nouvelles références au bas des
pages.
c). Plans ; cartes.
— Montluçon. Carte topographique du dépôt de la guerre. 1849, in-fol.
— Carte géologique du département de l'Allier, par BOULANGER. Mou-
lins, imp. Desrosiers, in-fol. et volume de texte (voir n° 24).
— Plan cadastral de la ville de Montluçon, en 1800 (dans 194, p. 232-
233; dim. de l'original: h. o,80; larg. 127).
— Nouveau plan de Montluçon. dressé par Achille Delaval, employé
des Ponts ct chaussées, 1886; autographie Prot, à Mn (h. 0,61;
Ïl. 0,45).
— Plan général de Montluçon, dressé par A. WEBS, architecte-voyer,
1899 (dans 184, p. 412-413: dim. de l’orig.: h. 0,655; larg. 0,96).
— Wontluçon-Véris, carte en couleur au 1/25.000. dressée par R. Rav-
NAUD (1910). Mn., imp. Herbin et Bouché (h. 0,42; 1. 0,57).
— Dans Graide-Razisetle, AVier. 1893. (h. 0,16: 1. 0,24), autocopié chez
Robert-Dulac, à Moulins,
— Dans les Départements français, de A. RAYEUR, 18091, gravé par A.
Simon, impr. chez Ménétricr, Paris. Edité par A. Fayard, 78,
boul, Saint-Michel. « Collection unique des 160 plans de villes. »
(H. o,17; 1. 0,247.)
— Des Guides Joanne. Hachette et Cit, Paris. Dessiné par L. Thuil-
her, imp. Dufrenoy, Paris {h. 0,19; 1. o,1r1).
— Dans l'Annuaire général de l'Arrondissement de Montluçon, de
M. Maurice Duportet (h. 0,28; 1. 0,215).
— Dans Lisrets Guides du T'ouriste, publications Marcel Thiolier (h.
0,115; |. 0,095).
— Dans Guide Michelin, 1923 (h. 0,09; 1. 0,065).
— Position géographique et hauteurs absolues des principaux points de
Montluçon, sur la nouvelle carte. (Paris (s. d.), 4 p., in-4°.)
(À suivre.) CHANOINE J. CLÉMENT.
QE LS
ED DES D tent D oo De DE ae 2 er
Les Ruines du Château féodal
de Bourbon-l’Archarmbault
AU XIX° SIÈCLE 1!)
—— ee ———
{
Le & pluviôse, an II, le directoire du district de Cérilly avait mis
en adjudication les ruines de la Sainte-Chapelle et du château de
Bourbon, à l'exception toutefois des trois tours actuelles, qui furent
conservées pour servir de « supplément » à la maison d’arrèt.
Après la Révolution, Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé,
par une ordonnance du roi en date du 24 mai 1814, et un arrêté du
préfet de l’Allier, du 13 octobre suivant, rentre en possession de la
partie restée invendue de son château.
Le procès-verbal dressé le 31 octobre 1814 à la réquisition du
receveur des domaines constate que ces ruines consistaient à cette
époque en trois grosses tours construites en « pierres de taille. à tête
à diamants », avec une petite cour devant et un puits commun entre
les propriétaires voisins ; enfin en une petite parcelle de terrain es-
Carpé joignant au Nord le déversoir de l'étang.
Il est observé que les tours ne sont point couvertes et sont en
trés mauvais état, qu'elles n'ont ni châssis, ni vitres, ni soliveaux et
que le morceau de terre au-devant est inculte et couvert de dé-
combres,
À la mort tragique du prince de Condé, les administrateurs des
biens de son légataire universel, le duc d'Aumale, alors âgé de
10 ans, décidèrent la vente de ce qui restait du château. Achille
Allier protesta contre cette décision dans une lettre indignée qu'il
adressa à la Gazette Constitutionnelle de l'Allier et que ce journal
publia dans son numéro du 29 juillet 1832.
Nous ne la reproduirons pas, si intéressante qu'elle soit, les conti-
nuateurs de l’Ancien Bourbonnais l'ayant publiée dans cet ouvrage.
D'après eux elle sauva nos tours d’une perte certaine.
(4) Communiqué par M. Delaigue, 4 février 1924.
92 SOCIÉTÉ D’'EMULATION nu BoURBONNAIS
Sans enlever à l'historien auquel nous devons tant de brillants
travaux sur notre province, l'honneur d’avoir sauvé ces ruines, il est
juste de reconnaître que M. Dufour, ancien conservateur des monu-
ments publics, y contribua pour une large part.
Les archives municipales de Bourbon contiennent à ce sujet un
dossier qui ne peut laisser aucun doute.
Le 4 août 1832, M. Dufour adressait au préfet de l'Allier une lettre
trop longue pour que nous puissions la mettre sous les yeux de nos
lecteurs. La première partie de cette lettre est consacrée aux sou-
venirs historiques que rappelle le manoir des ducs de Bourbon.
Dans un style élégant, M. Dufour refait en quelques lignes l'histoire
de la ville et la monographie du château. Il recherche ensuite com-
bien la vente de ce dernier rapportera au prince : « S'il se présente
un adjudicataire pour achever de mettre ce roc à nu, dit-il, quelle
somme pourra-t-il en offrir? 12 à 1.500 francs au plus ; et ce serait
pour ajouter au trésor du prince une somme aussi minime que
messieurs ses régisseurs lui auraient conseillé de faire disparaître
du sol français les derniers vestiges d’un édifice qui fut le berceau
de son illustre maison. »
Et il ajoute :
« N'y aurait-il pas licu de demander au duc la concession à la
ville de son ancien château, à la charge par elle d'en surveiller la
conservation ? »
Le 8 août suivant le préfet de l'Allier lui répondait qu'il avait
transmis sa lettre à qui de droit et qu'il avait tout lieu d'espérer
que la vente projetée ne serait pas consommée.
« Vous aurez fait, écrivait-il à M. Dufour, honneur à votre double
mission d'artiste et d'historien en contribuant à conserver à votre
pays un monument qui appartient également à l'art et à l’histoire. »
Le 11,1le Moniteur et le Messager des Chambres annonçaient que
c'était par suite d’une erreur que les tours de Bourbon avaient
élé mises en vente.
Le baron de Surval, intendant général des biens du duc d'Aumale,
par une lettre du 18 août et adressée à M. Dufour, confirmait le
rapport des deux journaux. Îl assurait qu'il avait lu avec le plus
grand intérêt ses observations et le remerciait vivement.
JULES GRAS.
a
ÿ
Application des Rayons X
à l’étude des tableaux
Lors de leur découverte, les rayons X ont passionné l'opinion pu-
bli que qui suivait pas à pas les applications de cette « lumière nou-
velle », comme l’appelait Ræœntgen ; notre Société ne resta pas indif-
férente, cet le Bulletin-Revue de 1898 enregistre à chaque séance les
faits nouveaux publiés à ce sujet, en termes qui paraissent parfois un
peu naïfs maintenant, tellement ce procédé d'exploration est passé
dans les mœurs actuelles. |
A la page 91 du Bulletin de 1896, entre une narration de la radio-
graphie du bras de l’empereur Guillaume et la découverte de l'écran
ra dioscopique, on trouve la note suivante :
€ Voilà bien autre chose! Le conservateur du musée impérial de
Vienne, M. Wedekinch, ayant soumis à l'épreuve des dits rayons
une momie égyptienne réputée des plus précieuses, a constaté sur le
cliché révélateur que les bandelettes mortuaires recouvraient non
un squelette humain, mais un assemblage d'os d'ibis. Encore un
truc de brülé! »
La lecture de cette note m'a suggéré l’idée de vous entretenir de
l'application, relativement nouvelle, des rayons X à l'étude des
tableaux.
L'image radiographique est obtenue par le contraste produit par la
plus ou moins grande perméabilité des corps exposés à l'action des
rayons X ; plus le poids atomique d’un corps est faible, plus il est
perméable. Or les couleurs employées par les peintres anciens et les
peintrés modernes ont varié dans leur composition. Les couleurs
anciennes, surtout à bases minérales, sont plus opaques que les cou-
(1) Communication faite à la séance du 5 mars 1923.
Voir, sur le même sujet, un article dans la Nature du 8 mars 1924,
94 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D'EMULATION
leurs modernes à base d’aniline ou végétale, sauf les blancs (sels de
Pb ou de Zn)et le vermillon (sel de Hg). De même l’enduit recou-
vrant le panneau ou la toile constitué autrefois par un mélange de
carbonate de chaux ct de colle, actuellement par une couche de
céruse, est bien plus transparent.
[Il en résulte qu’une peinture ancienne donne une image radiogra-
phique beaucoup plus nette qu'une peinture moderne. Ce serait donc
un procédé mécanique infaillible pour différencier une œuvre an-
cienne d'une œuvre moderne : la peinture ancienne donnant un cliché
net reproduisant tous les contours du dessin, la peinture moderne,
au contraire, ne donnant qu'un cliché imprécis, parfois «illisible ».
Malheureusement, il y a des causes d'erreur ; une peinture ancienne
peut avoir été réentoilée : donc interposition d'une couche opaque
de céruse ; une œuvre moderne dans laquelle les blancs dominent
donnera une image nette... Quoi qu'il en soit, sans donner la certi-
tude, la radiographie peut apporter à l'expert une aide précieuse.
Mais où l'intérêt de ce procédé devient énorme, c’est la révélation de
retouches modernes dans une œuvre ancienne. On a pu ainsi trouver
d'importantes modifications apportées à certains tableaux, par
exemple La Crucifixion, d'Engelbrechetsz, dans laquelle la radio-
graphie pratiquée par le D' Heilbron, d'Amsterdam (reproduite dans
l'article du D' Cheron au Journal de radiologie d'avril 1921), a montré
la superposition de deux personnages.
Il serait intéressant de développer ce procédé d'investigation ;
peut-être ferait-on des trouvailles inattendues et, à l'encontre du
malheureux conservateur du musée de Vienne, quelque chef-d'œuvre
du xvuit siècle apparaitrail sous une élude sans intérêt du début
du siècle dernier.
Bien des points restent à élucider : époque de substitution de l’en-
duit à la céruse à l’enduit au carbonate de chaux, époque de modi-
fication dans l'emploi des couleurs (époques qui ont probablement
varié selon les écoles) ; ce n’est que par l'expérience, en radiogra-
phiant un grand nombre de tableaux, que des précisions pourront
être obtenues, précisions non seulement intéressantes pour les exper-
tises, mais aussi pour l'histoire de l'art.
D' Monceau.
— — --++ ++
Trois Inseriptions boutbonnaises
DU XVIII: SIÈCLE
= —000———
Par lettre du 8 novembre 1922, M. l'abbé Feignon, curé doyen
de Sancergues (Cher), a bien voulu m'envoyer un document anonyme
sur papier, d'une écriture du xvin* siècle, à lui remis alors qu'il
faisait des recherches sur sa paroisse.
Ce document porte en exergue :
« Différentes inscriptions pour des premières pierres de plusieurs
bâtiments, etc. » |
A la suite vient le texte de trois inscriptions. Je le reproduis, en
y ajoutant quelques commentaires.
« Pour le bâtiment de M" de Saugé, Receveur des tailles à Montlu-
con, elc..…..
Deo opt. “+ max. Amen.
Sapientia ædificavit sibi Domum. Salom. C.
Hanc primam petram posuit Do. Clusel de Saugé, etc.
IT fut posé un jeton d'argent (> du collège des Secrétaires du Roy du
grand collège etc. dont il étoit. »
Il s’agit ici d'Alexandre Clusel ou Cluzel de Sauget, écuyer (1),
seigneur de Sauget (Saint-Marcel-en-Murat), Conseiller du Roi,
receveur ancien et alternatif des tailles et autres impositions royales
pour l'Élection de Montluçon, Conseiller Secrétaire du Roi, maison
et couronne de France et de ses finances. Alexandre Clusel de
Sauget devait sa noblesse à cette charge de secrétaire du Roi. Né
vers 1706, sans doute à Saint-Marcel-en-Murat ou à Montmaraud, il
élait fils de Jean Sauget, sieur du Petit-Puy (Saint-Marcel-en-Murat),
(1) Cf. Collection des Gozis, aux Arch. de l'Allier.
9% SOCIÉTÉ D'EMULATION pu BoURBONNAIS
marchand à Montmaraud, et de Françoise Savoisin. Il trépassa à
Montluçon, le 16 octobre 1763, âgé de 67 ans, ayant épousé Marie
Bauyn, issue de la fainille bourguignonne des Bauyn d'Angerviller,
dont il eut quatre enfants. |
Alexandre Cluzel de Sauget fit bâtir le grand et bel hôtel devenu,
depuis 1859, la sous-préfecture de Montluçon.
Cette inscription est je crois inédite.
La seconde inscription est déjà connue. C'est celle qu'on voyait
jadis sur le Château-d'Eau de Moulins, dont nous pouvons encore
admirer l’élégante architecture, 81, rue de Bourgogne, en bordure
de la propriété de M"'° Capelin. |
À ma connaissance, cette inscription a été publiée au moins deux
fois, une première fois, en 1900, dans l'Histoire de Moulins de
M. Faure {t. If, p. 542), M. Faure n'indique pas, du reste, la source
à laquelle il a puisé son texte. Une seconde fois, en 1903, dans
le Bulletin de notre Société, p. 160, par M. le chanoine Berthou-
mieu, au cours de son article: Les fontaines publiques de Moulins,
depuis le xiv* siècle jusqu'à nos jours. Le chanoine Berthoumieu
s'est visiblement inspiré de M. l'aure, mais son texte latin est
défiguré par deux barbarismes. A la seconde ligne de linscrip-
tion, Marchis est imprimé à tort pour Marchio, et à la cinquième,
Profecto pour Præfecto. Et ceci prouve qu'on ne saurait corriger
avec trop de soins les épreuves d'imprimerie.
Je donne néanmoins ci-dessous le texte du manuscrit envoyé par
M. le curé doyen de Sancergues, parce qu'il présente, avec ceux de
MM. Faure et Berthoumieu, quelques variantes, dont la plus im-
portante est le verset pieux qui lui sert d'exergue :
« Pour le Chäteau-d'Eau à Moulins
Deo “+ omnipotenti
e, ©)
médaille d'argent médaille d'argent
du Roy de M. de Berule.
Sicut servus (1) ad fontes aquarum.
Aquæ in hurbis (sic) usum et ornamenta colectæ (2) ædem hospilam
({) Lire : cervus et non servus.
(2) Lire : collectx.
en — “
Trois INSCRIPTIONS BOURBRONNAISES
97
D.D. De berulle provinciæ marchio et dignitale præses, integrilale,
tutela, beneficentia deliciæ, ponebat.
Plaudentibus præfecto urbis Jouanne (sic) Jacobo Perrotin de la
Serrée.
_«E dilibus DD. Jouanne (sic) Baptista Merlin, Joanne-Baptista Picard,
Petro-Josepho Fournier et Josepho Ripoud. Regis procuratore Joanne
Gilb. De Lans.
GilB. Jacob. tabulario.
Anrio Donini M.D.C.C. L. I.X. die 24 sept.
©
Médaille d'argent
de la ville. »
Voici maintenant la troisième inscription. Sauf erreur, celle-là
aussi est inédite.
« Pour une maison appartenant aux R. D. D. Carmélites de Mou-
ins .
Deo opt. + max. Amen.
Deus in domibus ejus cognoscitur. Psalm. XL. VII
Et Biyus hunc primum lapidem posuit DD Dionisius
Michael Philibertus Du Buisson, Eques, comes de Douzon
Dorninus de Montaigu le Blain, Poncenat, Mont,
Sallonne, etc., chiliarchus dimacharum, legalus legionis
Aureliæ, et ad exemplumipsius majorum, de Carmelitarum monas-
lerio benemeritus :
Plaudentibus Reverendissimis et piissimis Dominis
D. Mariä Sebastianä Masson priorissä, Maria
Victorià de Montigny vicariä, Annû Priolo depositariä, et aliis in
Christo Sororibus dilectissimis.
Sub administratione prudentissimà Domini D.
Michaelis Girard De La Batisse abbatis Nostræ
Dominæ Du Boucher ad Arvernos Claromontensis ecclesiæ
Decanus nec non, hujus ordinis superioris vigilantissimi.
Anna Domini MDCCLXX die Martis 313.
O O
Médail. d'argent Médail. de cuivre
de M. de Dou:on
des RR. dd. Carmélites.
En marge du texte ci-dessus se trouvent deux reproductions des
7
98 SOCIÉTÉ 0’'EMULATION DU BouRBONNAIS
médailles placées au-dessous du texte de l'inscription et sans doute
scellées dans la pierre, de façon apparente. Celle du comte de
Douzon présente un écusson circulaire dans un cartouche, aux
armes suivantes : Écartelé aux 1°" et #4‘ de gueules à trois lions léopar-
dés d'or l’un au dessus des autres en pal, qui est d'Audier en Marche(1);
aux ® et 3° d'azur, à la fleur de lys d'or en abime accompagnée de
trois éloiles à six rais de même, qui est de Morin d’Arfeuilles, en
Marche ; sur le tout, d'azur à une épée d'argent, la poignée d'or, po-
sée en pal la pointe en haut, accompagnée de trois molettes d'éperons
d'or, qui est de du Buysson en Bourbonnais.
L'écusson timbré d'une couronne de comte. Tenants : deux Her-
cules appuyés sur leur massue.
Le personnage dont il est question n’est autre que le C!° de Douzon,
qui allait quelques mois plus tard, le 20 décembre 1770, être promu
mestre de camp, et devait un jour périr à Lyon, sur l'échafaud
révolutionnaire, au nombre des trente-deux, le 11 nivôse an I
(31 décembre 1793).
Il était fils de François-Senectaire du Buysson-Audier, chevalier,
C'e de Douzon, et de Marguerite-Mayeule Alexandre de Beausson.
Sa grand'mère paternelle était née Jeanne-Marie Morin d'Ar-
feuilles. Il était donc fondé à faire figurer dans ses armoiries celles
de cette maison. Il ne l'était pas moins à y placer les armes des
Audier dont il descendait également.
Pour achever la description de la médaille du C!* de Douzon,
j'ajouterai que, sur la bordure autour de l'écusson. d’après la repro-
duction annexée au texte de l'inscription, on lit :
DIONYSIUS-MICHAEL-PHILIBERTUS DUBUYSSON. 1770.
Cette médaille fut donc frappée vraisemblablement à l’occasion
de la pose de la première pierre de la maison en question.
Pour finir, je crois devoir faire remarquer que le blason des du
Buysson y présente des écartelures que les armoriaux n'indiquent
pas. Ïl y a donc lieu d’en prendre note et de remarquer que le
Ct° de Douzon ne portait pas ‘la partition d'or au buisson de sinople
qu'on adjoint d'ordinaire aux armes de cette maison.
(1) D'après les armoriaux, les armoiries des Audier sont ordinairement
données avec le champ d'azur et les lions léopardés d'or sont indiqués :
lampassés de gueules.
4
Trois INSCRIPTIONS BOURBONNAISES 99
Quant à l'édifice qui devait être orné de la plaque commémora-
tive et de l'inscription ci-dessus, elle se trouvait sans aucun doute
rue de Decize, jadis rue des Carmélites, près du couvent ; on sait que,
proche de leur monastère, les Dames du Carmel avaient des mai-
sons qu'elles louaient pour augmenter les revenus de leur établis-
sement.
La seconde médaille, celle des Carmélites, était aux armes de
l'Ordre. Dans un cartouche se trouve un écusson d'argent, à une
poin£e arrondie de pourpre se lerminant par une croix paltée de même,
àtrots éloiles à huit rais de l'une en l'autre. L’écusson timbré d’une
œuronne de duc, de laquelle sort un bras dextrochère paré, armé
dune épée posée en barre, accosté de dix étoiles, cinq de chaque
côté.
Su r la reproduction de la médaille, autour de l’écusson, on lit
œtte inscription:
1ELO.ZELATVS. SVM. PRO. DOMINO. DEO. EXERCITVVM.
La date 1770 est dans le champ, aux flancs de l'écusson : à droite,
lks chiffres 1,7 ; à gauche les chiffres 7,0.
A cette reproduction de la médaille est annexée une épreuve
dune petite gravure sur cuivre qui provient de l’exergue d’un livre
quelconque, comme l’indiquent des traces de lettres imprimées en
rouge. On peut lire encore, au-dessous, un fragment d'adresse du
libraire « À PARIS ». Cette gravure donne les même armoiries,
avec les seules différences suivantes : l'épée est flamboyante et un
listel s’enroule autour de ladite épée, descendant des deux côtés du
cartouche contenant l’écusson. Sur ce listel est inscrite la devise
LELO ZELATVS SVM, etc.
Je verse le document que m'a envoyé M. le doyen Feignon, aux
archives de notre Compagnie, ainsi que la lettre accompagnant
l'envoi.
12 novembre 19922.
PHiziPPEk TIERSONNIER.
esse es
ts ©. vs : us 7. xŸs . us 2. sg NN NS 7.
PNENTNENTNENTINS
NOTES SUR VoUussAc
Voussac (Allier) est-il le pagus vosagensis siluëé en Berry, où
Chramisinde, meurtrier de Sichaire (Fours 587), se réfugia pour
échapper à la reine Brunehaut (Grégoire de Tours: Histoire des
Francs, chap. x1x", livre 1x)?
Il v a intérêt à reclilier une erreur lorsqu'elle se présente à nous
sous le patronage d'une autorité aussi incontestée que celle de Cha-
zaud. Or Chazaud a inscrit, dans son Dictionnaire de noms de lieux
de l'Allier, à l'article & Voussac ». l'indication pagus vosagensis
comme la plus ancienne (vi siècle des dénominations connues de
Voussac ; il faisait allusion au texte de Grégoire de Tours. Or,
M. Charles de Laugardière, dans un travail très complet du 28° vo-
lume des Mémoires des Antiquaires du Centre. démontre que le mot
pagus vosagensis S'applique au territoire Vouasav, canton du Blanc
([ndre).
Le pagus vosagensis, en Berry. cité par Grégoire de Tours (JJis-
loire des Francs, chap. xix*, livre 1x, comme lieu de refuge de
Chramisinde, meurtrier de Sichaire, a été identifié avec Voussac
par Guérard 1877 ; Chazaud 1879.
Longnon 1878. Géographie des Gaules rejette Voussac et l'iden-
tifie avec Bouges. |
Voussac ne peut représenter le pagus vosagensis, parce que les
formes connues :
Voussal (1246,
Vocianus (xun1° siècle),
Vocat, Vocas (xix* siècle),
de Vauxaco (1529),
de Voussaco ‘1603-16148),
éloignent de Vosagus et indiquent un radical voca, voci, qui en dif-
Notes sUuR Voussac 101
fère complètement comme phonétique. C'est l'argumentation de
M. Longnon à la Société des Antiquaires de France (1879,. contre
Chazaud.
Bazaiges, que l'on a proposé, vient de Basilica, église rurale fort
ancienne.
Bouge vient de Bulbia comme Baugy vient de Bulbiacus. Ouges,
de Ulbia.
Fosagus, nom du massif montagneux des Vosges, s'applique à des
heu x placés au milieu de forêts tabbave de Prémontré, diocèse de
Laon), Vosagus, Vosegus, Vogesus Vogasus (Zeus).
Vogasus, par chute du g, devient voasus et oa est noté en fran-
CaisS ol.
Le monastère de Voyge où Voyse, près des sources de la Meuse, a
conservé le nom Vosagus ou Vosegus.
La forèt de la Vovye ou Voyse, aussi la forèt de Vois, dont celles
de Couey, Saint-Gobain et Monceau-les-Lemps. sont les restes
(Aisne), s'appelle Vedogium en 1101 et Vosagus en 1119, — foresla
Vosagien 1170, — foresla de Voas en 1209, — forèt de Voiz 1287,
de Vouvs 1397.
V'oisey, commune de la Haute-Marne, passe des Vosegus 1172 à
Vogsey en 1676, Voysé en 1221, Vousey en 1417, Voulsey en 1448,
Voitsey en 1496, etc.
Or.en 1372-1498, il existait une châtellenie de Voazois en Berry
‘Inventaire sommaire des archives de l'Indre, par M. Théodore Hubert,
E 301). Cette châtcllente est appelée de Voua:ays dans un partage
de succession des Poquières, seigneurs de Belabre, de 1197 à 1498.
Vosagus-Belabre, chet-lieu de canton de l'arrondissement du
Blanc Indre, était un fief important du Bas-Berry, la châtellenie de
Vouazays faisait partie de l'ancien archiprètré d’Argenton, diocèse
de Bourges, et. avec ce diocèse, se confondait le territorium Bülurici
au temps de Grégoire de Tours. Le vouazays était une contrée acci-
dentée et boisée.
Le pagus vosagensis était une circonscription territoriale, comme
les pagi burbunensis, nivernensis, aurelianensis, et la terminaison ais
est la traduction de la terminaison ensis.
En 1246, Pierrecet Gcofiroy de Vouhet, chevaliers, reconnaissent
aux frères de la Maison-Dieu de Montmorillon, le droit de chasser
et pêcher in castellania de Vohascis.
102 SoctÉTÉ D'EMULATION pu BOURBONNAIS
ee
En 1482, Grill et Jean Couraud frères sont maintenus en posses-
sion de leurs droits de justice sur les habitants de la seigneurie de la
Rochechevreul contre les coseigneurs de la terre de Vouazas ou
Voazois, au pays de Berry. Sur une copie le nom est Vazois ; or, 11
existe dans la région une forêt des Vasois et un lieu dit des Vasoires
(commune de Prissac).
_D' pe BRixox.
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L'ANCIEN PETIT CHATEAU DU PLAIX
PRÈS YGRANDE
—- tr --——
Dans ce reste de manoir, on remarque encore des cheminées du
xv® siècle, en pierre,. qui ne manquent pas d'intérêt. La porte
d'entrée existe avec des ferrures du xv° siécle, et on voit outre
le logement dans les murs de l'énorme poutre qui consolidait à
l'intérieur la fermeture de l'huis, l'ingénieux système de défense
du logis. Derrière la porte se trouvait un vestibule donnant accès
aux pièces du rez-de-chaussée et à l'escalier conduisant au premier
étage. escalier alors situé face à la porte d'entrée, percée sur la fa-
çade. Le plancher du vestibule est mobile. Si on le relève on aper-
çoit le trou béant de la cave. Un assaillant, qui après avoir forcé la
porte aurait voulu pénétrer, se trouvait donc en face d’une sorte de
saut de loup dans lequel il devait immanquablement tomber s’il
avançait avec trop de vivacité.
Le linteau de la porte du côté extérieur était orné d'un grand
écusson accosté de deux motifs décoratifs inscrits dans un rectangle,
le tout est actuellement fruste, par suite d'un soigneux grattage
qu'on peut attribuer sans trop de témérité à l'époque révolution-
naire. Cet écusson portait une fasce accompagnée de trois objets
semblables. Peut-être, mais c'est moins probable, brochant sur un
lion ?? Ce sont certainement les armoiries du constructeur du ma-
ANCIEN PETIT CHATEAU DU PLAIxX 103
noir, malheureusement on ne sait rien des possesseurs du Plaix,
paroisse d'Ygrande au xv° siècle.
Les fiches de Maurice Perrot des Gozis nous font seulement savoir
que la famille de Monestay possédait Le Ploix de 1555 au moins à
1700. Les Jehannot en prirent possession par mariage à cette époque
et ga rdèrent Le Plaix jusqu'en 1722. En 1743, M"° veuve Jehannot,
née de Monestay, était dame du Plaix.
Les registres paroissiaux d’'Ygrande (voir Inventaire E supplé-
ment, Arch. de j’Allier). donnent d'intéressants détails sur Îles
possesseurs du Plaix. ses habitants, ses hôtes ; malheureusement ils
ne commencent qu'à 1583.
Par la suite, l’entréc du château où manoir du Plaix a été modifiée.
L’es calier dont j'ai parlé fut supprimé. En avant de la porte si bien
défendue, fut élevée une tour carrée, renfermant un escalier en spi-
rale desservant le premier étage et les greniers. La nouvelle porte
percée dans cette tour est ornée de pilastres et d'un fronton, le tout
assez lourd, peut-être datant de Louis XIII, peut-être de date plus
récente. Ce fronton était orné d’un écusson aussi fruste que celui
du xv'siécle.
Au temps de sa splendeur, le château du Plaix présentait le type
classique des petits châteaux de plaine. [l formait un rectangle can-
lonné de tours aux angles. Une subsiste, accolée à ce qui reste de
l’ancien logis seigneurial. Ce rectangle enserrait, outre le logis, toutes
les dépendances. L'ensemble était ceint d'un profond fossé et, face
au logis, le fossé devenait un étang. Etang et fossé sont aujourd’hui
assSéchés, mais nettement visibles.
De l’ancien fief du Plaix, dépend une petite chapelle sans carac-
tère architectural, située entre le Plaix et le bourg d’Yygrande.
La terre du Plaix, appartenant aux héritiers de notre regretté
confrère Abel Chabot, doit, dit-on, ètre bientôt vendue. Que de-
Viendra le petit château déjà bien maltraité ? On ne sait. Aussi est-il
utile de signaler les restes archéologiques d'une noble demeure qui
meurt peu à peu, de jour en jour défigurée par le rôle agricole au-
quel elle est affectée.
Pu. T.
ee — et — - —
Re A en
NÉCROLOGIE
Marquis de LAS CASES
La Société d'Emulation du Bourbonnais a perdu, en la personne
de M. le marquis de Las Cases, un de ses membres les plus distin-
gués et les plus éminents. Sa grande affabilité lui avait gagné Îla
sympathie de tous ceux qui le connaissaient et fit naître. à la nou-
velle de sa mort, un sentiment général de tristesse.
Jean-Marie-Barthélemy, marquis de Las Cases, naquit à Cha-
lonnes (Maine-et-Loire). le 19 août 1845.
Il était le petit-fils du compagnon fidèle de l’empereur en exil.
auteur du Mémorial de Sainte-Hélène. Son père, chambellan à la cour
de Napoléon IIT, fut élu député de Maine-ct-Loire en 1857.
Il fit ses études au collège Rollin, et à 1S ans entra dans la carrière
diplomatique pour laquelle le désignaient tout spécialement la clarté
de son jugement et sa très grande culture intellectuelle.
Ï fut nommé attaché à la légation de France à Athènes et passa
en Grèce des années fécondes et charmantes, grâce à la bienveillance
amicale que lui témoigna le futur roi Georges, alors prince héritier,
et à l'intimité des relations qu'il entretint avec l'homime éminent, qui
était alors son chef, le comte de Gobineau. ,
Il fut envoyé ensuite à l'ambassade de France en Espagne ; il s'y
trouva sous les ordres directs du baron Mercier de Lostande, dont
il devait plus tard épouser la fille.
En 1870, lorsque la guerre éclata, M. de Las Cases s'engagea aux
mobiles de l’Anjou et y reçut, avec les galons de capitaine, le com-
mandement d'une compagnie : il prit part à la bataille de Coulmiers
et aux dures opérations de l'armée de l'Est, qui devaient se terminer
en Suisse.
Au sortir de la tourmente, il hésitait sur la route à prendre, lorsqu il
rencontra le comte de Chaudordy, que le gouvernement de la Dé-
fense Nationale venait de nommer ambassadeur à Madrid. I le
suivit et passa trois ans sans revenir en France.
Son séjour en Espagne devait durer jusqu'en 1879. À cette date,
sur l'initiative peu élégante du représentant de la France, il fut bru-
talement révoqué pour avoir assisté à Londres au service funebre
célébré à la mémoire du Prince Impérial.
2 mr
BIBLIOGRAPHIE 105
a — ——_—— 2 ————
Rentré en France, il se maria et vint s'installer dans la propriété
de La Presle, qui lui venait de sa mère, etse mêla presque aussitôt
à la vie politique de son département d'adoption.
En 1881, il était élu maire de Coulandon, et en 1886, conseiller
général du canton ouest de Moulins. Il conserva ces deux mandats
Jusqu'à sa mort.
Il rendit dans l'administration du département des services consi-
dérables, grâce à la lucidité de son intelligence, à une culture très
ten due et à l'application soutenue qu'il apportait à l'étude de toutes
les questions qui se présentèrent de 1886 à 1923.
"Très accueillant et très bienveillant, son appui à toutes les causes
jastes était assuré et il aimait rendre service à tous ceux, sans dis-
inction, qui s’adressaient à lui.
E1 tenait une place considérable dans notre ville, où sa grande
expérience des aflaires et sa connaissance des hommes l'avaient
appelé à diriger ou administrer de nombreuses ct importantes so-
étés : Société Mutuelle contre l'incendie, Caisse d'Epargne.
Dans toutes, sa disparition cause un grand vide et laisse d’una-
nimes regrets.
Nommé Chevalier de la Légion d'honneur en 1920, il mourut au
château de La Presle le 10 novembre 1923.
LUCIEN CHAMBRON.
4
BIBLIOGRA PHIE
Le Bourbonnais à la fin de l'Empire et sous le gouvernement
de la Défense Nationale, par M. le docteur ConxiLLon. In-&° de
345 p. Moulins, imp. du Progrès de l'Allier.
Sous le titre qui précède, M. le docteur Cornillon vient de pu-
blier un nouveau livre où il a résumé les souvenirs qu'il a conser-
vés de la guerre de 1870-71 et qui se rapportent principalement aux
moyens de défense mis en œuvre pour continuer la guerre contre les
Allemands, malgré les désastres du début. On n'était nullement
Préparé à cette résistance. La France ne put donc mettre sur pied
106 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BoURBONNAIS
j
LS
dans les départements que des moyens de défense improvisés et on
dut forcément y recourir à l’organisation de corps isolés ou indé-
pendants. Le sujet était donc tout tracé et après une étude sommaire
des premiers préfets qui eurent à administrer l'Allier, M. Cornillon
passe en revue les francs-tireurs que l'on organisa tout d'abord, et
en premier lieu les éclaireurs de l'Allier, puis les francs-tireurs
républicains de Gannat et les francs-tireurs Bourbonnais du capi-
laine Turlin, ensuite la garde mobile de l'Allier, puis la garde
nationale sédentaire et la garde nationale mobilisable. Ce furent les
principales créations. [l v en eut d’autres peu importantes, et qui ne
laissèrent pas de traces. Le sujet très vaste conduit ensuite le docteur
à s'occuper du comité départemental de secours aux blessés et du
secours hospitalier, de l'ambulance internationale du Bourbonnaïis
et enfin des ambulances communales. Dans ces différentes organi-
sations. la population de l'Allier se montra d’ailleurs pleine de
dévouement. Elle fut de tous points à la hauteur des pénibles circons-
lances du moment, le docteur en en faisant la remarque lui rend
pleine justice.
Une étude succincte sur l'espionnage allemand trouve aussi sa
place dans cet ouvrage, ainsi que les péripéties du siège de Paris
dont le drame elôtura lugulrement cette époque néfaste.
Ce travail abondant donne lieu à quantité d'évocations indivi-
duelles où l'intérêt trouve son compte. Mais aussi malheureuse que
fut la guerre de 1870-71, par le concours des circonstances toutes
contraires pour le malheur de la France et dont les Allemands se
sont trouvés à même de pouvoir proliter, le patriotisme et les actes
d'héroïsme n'en furent pas absents, loin de là. En lisant M. le doc-
teur Cornillon, on ne saurait l'oublier.
E. D.
Louis C'' de Montilaur, B°" d’Aubenas, conseiller et cham-
bellan du Roi Charles VII (1372-1440), par EE. GKEILLET DE
La Devre, Le Puy en Velas, édition de la Société académique du
Puy, 1923.
L'auteur a bien voulu enrichir notre bibliothèque de ectte biogra-
phie ; elle retrace la carrière d'un grand personnage qui eut un rôle
de premier plan dans les événements politiques, militaires et histo-
riques de son temps.
BIBLIOGRAPHIE 107
Bien que n’appartenant pas à notre province, la maison de Mont-
Jaur, du Velay, n’est pas entièrement étrangère à l’histoire du Forez
et du Bourbonnais. Pour s’en rendre compte il suffit de parcourir
la table des noms de personnes terminant la publication, par CHANTE-
LAUZE, de l'Histoire des ducs de Bourbon et des comtes du Forez, du
chanoine Jean-Marie pe LA MURE. ;
Chemin faisant, dans cette vie de Louis de Montlaur, si mêlée à la
grande histoire, on trouvera sur Charles VII et Jeanne d'Arc d'’in-
Wéressants détails et sur ce roi notamment, puisé à bonnes sources,
un ju gement qui s'éloigne des données rendues classiques par les ma-
nuels d'histoire. |
Des planches de sceaux, un portrait quelque peu fantaisiste du
très victorieux et libéral Roy de France « Charles VIT », deux vues
d'Arlempdes qui fut baronnie possédée par Louis de Montlaur,
illustrent cette intéressante brochure.
De nombreuses notes, dans lesquelles l'auteur, avec sa coutu-
mière érudition, renseigne sur les personnages cités, leurs tenants
et aboutissants, fournissent de précieuses indications. On y relève
bien des noms intéressant le Bourbonnais, par exemple: Villardi de
Montlaur, Avycelin de Montaigu-Listenois, Roquetfeuil, Tournon,
Bourbon, Viry, Mottier de La Fayette, Tourzel d'Alègre, d'Estaing,
du Peschin, Chazeron, Chabannes, etc.
Voilà doncune bonne publication, où les chercheurs de chez nous
(rouveront à glancr.
PH. TiERSONNIER.
Les heures légères et les heures graves, par Daniel Cuar-
BONXIER, chez Jouve et Cie, Paris.
(ls se font rares, ceux qui, de nos jours, parlent encore la langue
des dieux, Il semble au vulgaire qu'exprimer par des mots rythmés
des pensées d'un ordre transcendant, cesoit pratiquer un culte périmé.
Heureusement que cerlains hommes, non des moindres, ne ju-
gent pas de cette manière et qu'ils conservent aux poètes un peu de
cette sympathie admirative que Flantiquité leur prodiguait si large-
ment. Au nombre de ces disciples d’Apollon, figure M. Daniel Char-
bonnier.
Le recueil de poésies qu’il a eu l’aimable attention d'offrir à notre
108 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BOURBONNAIS
+ oo
Bibliothèque, nous montre sous la forme de sonnets, d’épigrammes,
d'élégies, de chansons, les manifestations d'un talent souple et varié.
Porter un jugement sur une œuvre poétique serait chose facile ;
,
mais, s’il s’agit de les faire apprécier au lecteur, le cas devient
embarrassant, il faudrait lui citer tout sans aucun changement et la
briëveté d’un compte rendu n'en tolère que quelques fragments. Choi-
sissons donc ceux qui ont plus particulièrement trait à notre province.
Chantelle a fréquemment inspiré M. Charbonnier, et voiciun extrait
qui a pour titre: « Le Couvent ».
Ceux qui venaient 1ei rever près du Castel
et bercer leur tristesse en faisant un beau réve,
; ne reviendront jamais lorsque le jour se lève
chanter l'hymne divine en invoquant le ciel.
O nonnes, regardez ce charmant paysare,
ee pont, ces arbres verts, ce joveux voisinage,
ces sentiers escarpés sont pleins de liberté
où Dieu parle bien haut dans sa divinité.
L'Angélus à sonné dans le vieux imonastore,
j'entends quelques versets qu'on récile tout bas,
j'entends les éhants plaintifs mélés à la prière,
dans le cloitre j'entends sa voix, j'entends ses pas.
O chateau des Bourbons maintenant en ruine
qui brillait, ravonnait sous de dorés Tlambris,
O murs démantelés que le peintre dessine,
l'Art n'a pu ranimer vos antiques débris.
Citons deux couplets de sa « Chanson d'étudiant » :
Je jette un rexard indiscret
vers la iaison lorsque je passe,
je lève aussitot mon béret,
je vois votre fer qui repasse
ina chemise où bien mon col blanc,
D'être surpris je Fais scmblant,
et ce qu'alors je n'osais dire,
Je le dis à présent sans rire :
je vous atme et je suis jaloux,
de qui? demandez-vous, Palmyre :
nul n'isnore que c'est de vons.
Jaune votre bouche vermeille,
vos cils Tout noirs, votre ail malin,
votre mouchoir sur votre oreille,
vos charmes, votre ton calin.
Devant vous parfois je m'arrèle,
BiBLIOGRAPHIE 109
qu'ils sont beaux vos pendants en or !
je n'ai pas besoin d'interprète
à présent pour vous dire encor
ce que trop souvent je répète :
Je vous aime, je suis jaloux,
‘nul n'ignore que c'est de vous.
Après ce chapitre des « Violettes », viennent les &« Cyprès »n, dont
le ton est plus grave.
Au etmetière de Chantelle 1892.
Pendant nos jours de deuil, sondant le grand mystère
de la mort, Fhomime dit : Rien ne semble pareil
au repos de la tombe, à ce dernier sommeil,
à ce calme profond, à ce silence austère.
Croyez en Dieu, priez, vous qui versez des pleurs:
fous ces morts qui sont là souffrent de vos douleurs,
C'est pour eux qu'on à dit la dernière prière,
Is ont eu parmi vous un espoir éphémère.
IS combattaient en vain contre l'adversité.
En partant, quelques-uns ont regretté la vie,
les autres ont vécu sans haine et sans envie,
ils pensaient au bon Dieu qui fait la charité.
Le titre les & Flèches » désigne, cela va de soi, des épigrammes.
S1 l'intention est louable, la pointe s'égare peut-être parfois. Suivent
les « Nouveaux sonnets », dont nous extrairons & Le bon juge »
rien de Château-Thierry).
Ah ! vive le juge de paix,
ce magistrat doux et tranquille,
ce bon papa, cet homme habile
à concilier les proces.
Il veut éviter tous les biais
de la procédure civile,
en rédigeant dans le vieux style
un jugement fait tout exprès.
Dans une atTaire difficile,
il va consulter la Sibylle
qui connait des lois et décrets.
Et si le recours est utile
pour qu'on ne fasse pas de frais,
ses conseils valent des arrêts.
Arrive la « Guerre », et le poète délaissant les sonnets, embouche
la trompette, célébrant le drapeau. la colonne, Charleroi, Verdun,
n'oubliant pas Miss Cavell. Sa bonne volonté est louable.
110 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D EMULATION
Le livre se termine par des œuvres diverses, en prose: disserta-
tion philosophique. discours, et une comédie en un acte, le drame
de Chantelle. Sous des appellations mythologiques, les héros d’un
fait judiciaire qui eut ses jours de célébrité, sont rappelés à la
mémoire. ?
En terminant, M. Daniel Charbonnier met en scène la Bouble
& chantant à ses rives les souvenirs de Chantelle ». Sur ses bords
défilent l’armée de Pépin le Bref, Anne et Pierre de Beaujeu, le
Connétable et Francois I. Puis ces ombres s'évanouissent, il ne
reste plus € qu’un couvent de sœurs cloitrées ».
Du commencement jusqu'à la fin, qu'elle soit exprimée en vers ou
en prose, la pensée de M. Daniel Charbonnier témoigne d'un élan
continu vers l'idéal : de ce généreux eflort, la Société d'Emulation
le remercie. |
E. CAPELIN.
ABEL FaukE : Enseignement et Réalité. 1 volume in-16 double
couronne. Librairie Stock, Delamain-Boutelleau et Cîi*, éditeurs,
7, rue du Vieux-Colombier et place du Théâtre-Français, Paris,
francs.
L'auteur, notre compatriote et collaborateur M. Abel Faure,
expose sur les vicissitudes de l'Education française une opinion
formée par une longue fréquentation du réel. L'analyse de la ré-
forme opérée dans l’enseignement secondaire par Léon Bérard
montre que notre système pédagogique est atteint d'un vice rédhibi-
toire, qui est la fausse utilité. On verra également dans ce livre une
mise au point sans illusion de la question du latin ; un projet d’or-
ganisation d'un enseignement parallèle à l'enseignement secondaire
et destiné aux enfants du peuple ; un projet de réforme de l'ensei-
gnement primaire ; un exposé des motifs qui militent en faveur de
l'unité d'origine des maitres des trois degrés d'enseignement ; enfin
des considérations sur la formation de l'esprit français.
Après que la matière de l’enseignement public a été le sujet de
tant de discours, de la prétention et de l'incompétence politiciennes,
de tant de poncifs grandiloquents, et de tant de réformes contra-
dictoires, on verra avec plaisir un véritable pédagogue montrer
quelles qualités conviennent pour résoudre ces problèmes si épi-
neux: bon sens, expérience, saine morale démocratique.
NOS CONFRÈRES M. Joseph Vipce, membre de notre conseil d’admi-
_nistration, a fait, — au profit de l’Œuvre de la Croix-
Rose, — une conférence sur ce sujet : « Un péril social: la détresse de nos
campagnes ». Nagistrat et agriculteur, notre confrère possède toutes les
données de l’angoissant et si actuel problème que forment l’exode vers les
viles etla « dénatalité ». Sa conférence, très documentée, a produit une vive
impression.
NOS COMPATRIOTES Notre « Chronique » a signalé en son temps
l’accession au ministère du travail de M. Albert
PEYRON NET, sénateur, et celle de M. Gaston Vipar député de l’Allier, au
sous-secrétariat de l’enseignement technique. Nous avons à enregistrer
aujourd”hui la fin de leur existence ministérielle, le cabinet auquel ils appar-
tenaient ayant démissionné le 27 mars.
BEAUX-ARTS Nous relevons aux catalogues des deux Salons du Grand-
Palais les envois suivants d’exposants bourbonnais :
1° Société des Artistes français :
| PEINTURE
ANSALONI (Edouard), né à Vzeure. — 46. Le Jardin de l’horticulteur.
CHAUMARD (Henri), né à Vichy. — 436. L’Erolière.
Noiror (Emile), à Bourzat, Saint-Germain-des-Fossés. — 1468. Soirée
d'automne (Polignac;; 1469. Vallée de Royat.
Dessins, AQUARELLES, PASTELS, ETC.
CHaRPy (M'e Jeanne-Marguerite), née à Moulins. — 2243. Roses blanches,
aquarelle.
DoRBEC-CHARvVOT (Me Henriette), née à Moulins. — 2630. Portrait de
M. Margot, miniature.
JAMoT {Mlle Marie, à Moulins. — 2574. Portrait de Bepsy, miniature.
PÉNAT (Lucien), né à Vallon. -- Deux pastels : 2836. Portrait de Mme Mar-
chal ; 2837. Portrait de l'auteur.
SCULPTURE
FOURNIER DES CoRATS !Pierre), né à Moulins. — 3488. Marcel Régnier,
sénateur, président du conseil général, maire de Billy, buste bronze ; 3480.
0f rande, marbre.
LAURENT (Pierre), né à Montluçon. — 3627. Portrait du poète Louis Mi-
rande, buste plâtre: 3628. Portrait de M. Torau-Bayle, avocat à la cour de
112 SOCIÉTÉ D'IMULATION bu BOURBONNAIS
Paris, buste plâtre; 3629. Portrait du docteur Pierre Mirande, médaïllon
terre cuite.
Rivorre (Raymond), né à Cusset. — 3850. Nausicaa, statue plâtre.
ARCHITECTURE
MourerT (Pierre),né à Vzeure. — 4241. Afonument aux Morts pour la
ville de Moulins.
GRAVURE ET [ITHOGRAPHIE
ALBERT PHiLiBERT, né à Moulins. — 4290. À Trianon, lithographie ori-
ginale.
PÉNAT (Lucien). — Deux eaux-fortes : 4601. Vue d'Userches (Corrègse);
4002. Portrait de M. G.
ARTS APPLIQUÉS
DirFLOTH (Emile), né à Couleuvre. — 4853 Céramiques de grand feu à
émaux cristallisés 1risés.
2" Société nationale des Beaux-Arts :
PEINTURE
AMÉDÉE \VETTER (Henri), né à Montluçon. — 19. Warché bourbonnaets ;
20. Marché breton.
ANDREAU (René), né à Moulins. — 22. La Porte du jardin.
Drsziens (M! Cécile et Marie), nées à Chavenon. — 310. Un Clhas-
seur (portrait de M. B. de B...).
DESSINS. AQUARELLES, PASTELS, ETC.
LacRoiX-[RAVARD (Pierre-Gabriel). né à Doyet. — Cinq gouaches. —
14095. Yeunes lortots et jeunes fauvettes; 1496. ‘Ternes geais et Jeunes pies;
1497. Feune coq et poulies ; 1498 Grive litorne ; 1409. Æcureuils.
RicHaRrD (M''° Mariette), née à Montluçon. — 1591. Croquis marocains ;
1592. Roses.
Tissier (Mlle Jeanne), née à Moulins. — 1630. La Porte ouverte; 1631. La
Commode à la lampe.
ARCHITECTURE
GÉNERMONT (Marcel), né à Moulins. — 1973. Clinique de A1.le D' Pénard.
à Moulins.
= Notre compatriote René ANDREAU a été élu secrétaire du jury de
peinture, au Salon de la Nationale.
ANTIQUITÉS > Z> Notons pour les archéologues de l'avenir la dispari-
ET CURIOSITÉS tion de l'impasse qui longeait le chevet del'église Saint-
BOURBONNAISES Pierre de Moulins. La porte donnant sur le cul de-sac
a été murée. Une autre entrée a été percée sous la baie
de l’avant-dernier vitrail de la façade est. Au-dessus de cette porte, et ser-
vant d’appui au meneau de la verrière, a été placée la petite Vativité de 1665
qui surmontait la porte de l'impasse. .
RÉGEMORTÉS.
PROCÉÈS-VERBAUX
SÉANCE DU 5 MAI 1624
PRÉSIDENCE DE M. Le D' pe Brion
— Etaient présents : M Moxceau: MM. Bauay, Buossann,
Georges Bauer, Capecix. CHamBrow, chanoine CLÉMENT, comte pe
DreurLzce, GéDez, GÉNERMONT, LassiMoxxe, Loiseau, Loizez, Micexr,
Adrien Mirrox, docteur Moxceau, Moreau, D'ORJO dE MARCHOVE-
LETTE, lieutenant-colonel pe SarxT-Hiccier, TIERSONNIER.
— Excusé : M. Gaurrer.
— Le procès-verbal de la dernière séance est lu et approuvé.
— M. le PRésibenr adresse quelques paroles de courtoisie à
M. d'Orjo de Marchovelette, qui assiste à nos séances pour la pre-
Mière fois.
— Îl est procédé au dépouillement de la correspondance.
— Lettres de MM. Giacosei, D'Pourrar et R. THurer, remerciant
de leur admission.
— De M. Léon Bear, envoyant le projet d'une organisation de
Société coopérative qui aurait pour but d'encourager les travaux
intellectuels de ses membres. Il voudrait que notre Société fût la
première à donner son adhésion. — Renvoyé à l'examen du
Bureau.
— De M. Lassmoxxe, annonçant que l'excursion de la Société
D aura lieu dans la région de Billy et de Sanssat, le jeudi
Mai,
— De M° pe CHampicy, faisant part du décès de sou mari,
8
114 SOCIÉTÉ D'ÉMULATION pr BouRBoNNAIS
_ = = ———— ee ie ne 2 ee —— a —
M. Joseph pe CHaupicxy, conseiller général, maire de Maillet. La
Société d'Emulation adresse ses vives condoléances à la famille de
Champigny.
— De M. Moxracxr. donnant des renseignements ; 1° sur le dieu,
dit « de Montluçon », bas relief trouvé à Néris et vendu au Musée
de Saint-Germain ; 2° sur une motte située à Arfeuilles (arrou-
dissement de Lapalisse: ; 5° sur des mégalithes décrits par Baraillon.
dans la région de Montluçon. Ces pierres, qu'on peut voir au hameau
de Boisdijoux. sur la route d'Huriel à Quinssaines, paraissent à
M. Montagne n'être sorties du sol que par la dégradation normale
du terrain, sans intervention humaine ; 4° sur les travaux entrepris
pour l'établissement d'une ligne de chemin de fer à Néris. Aucune
découverte intéressante n’a été faite jusqu'à présent. Le quartier qui
s'édilie autour de la gare est à l'opposé de la ville gallo-romaine.
La question de l'emplacement du camp gallo-romain de Néris
donne lieu à diverses remarques faites par MM. le chanoine Clément,
le lieutenant-colonel de Saint-Hillier, Chambron et Tiersonnier.
— M. LE Paésinexr reud compte de démarches diverses entre-
prises pour la reconnaissance d'utilité publique : il porte à la con-
naissance de nos adhérents qu'il a adressé une demande de subven-
tion à MM. les maires de Moulins et de Montlucon.
— À ce propos, M. Georses Bruez lit un article de la Revue des
Deur-Mondes i15 mai 1924. p. 209), au sujet de généreuses sub-
ventions accordées par le conseil général de la Côte-d'Or.
— Lettre de la Bibliothèque des Sociétés Savantes, remerciant des
volumes reçus et de la décision prise de lui adresser désormais le
Bulletin.
— Lettre de la Société de Géographie, déclinant provisoirement
notre proposiliou d'échange en raison de son organisation actuelle des
publications.
— Lettre de M. Benoît Ciéuexr. au sujet du Rocher de Carton,
à la Guillermie, I s'asit d'un bloc de granit de 2 mètres de hauteur
et de 1*,60 de largeur, appuyé obliquement sur un autre bloc. On y
voit nettement trois cuvettes, avant respectivement 0*,)0, 0®,40
et 0,30 de diamètre. et une profondeur de g à 11 centimètres.
Ces cuvettes sont parfaitement rondes et à bords nettement perpen-
diculaires ; le fond est plat.
ProcÈès-Vertaux 115
Ce rocher est situé au Rez Binon, à la limite de l'Allier et du
Puy-de-Dôme. Le guide qui a conduit M. Clément a entendu dire
que la grande cuvette représentait le carton, la moyenne le denx
et la petite le quart de carton. |
Le carton était l’ancienne mesure à blé , il contenait 4o livres de
grains.
Ce rocher est orienté N.-N.-0. M. B. Clément suppose qu'il fai-
sait partie d’une table et que c'est par suite d'une cassure qu'il a
elissé à sa position actuelle.
Il existe un deuxième rocher de carton, malheureusement
endommagé par les maçons qui y ont pris de la pierre.
La communication de M. B. Clément est accompagnée de plaus et
de photographies.
— M.le Président signale une notice consacrée à M. Louis Mil.
cent, frère de notre sympathique confrère (article paru dans les
Procès-verbaux et mémoires de l'Académie de Besançon, année 1919,
p. 86). L'auteur est M. René Garon.
— Ülest porté à la connaissance de nos adhérents que le prix de
vertu « Montlaur-Chamerlat - Edmond de Tarrieux - Anicie Des-
manèches » sera attribué cette année à des œuvres ou à des per-
sonnes de l'Allier. Ceux d'entre nous qui connaîtraient des œuvres
ou des personnes susceptibles de récompense sont priés de les faire
connaître.
— M. le chanoine CLémexr donne des renseignements sur l'excur-
sion à Clermont-Ferrand, fixée au lundi 16 juin. M. Adrien Mitton
abien voulu accepter de s'occuper de l'organisation matérielle de
cette excursion
Notre confrère donne lecture d'une lettre de M. Louis Grégoire
au sujet du centre de la France dont il a été question à notre der-
nière séance à propos de l'ouvrage de M. Auguste Bernard (Berry et
Bourbonnais), M. Grégoire joint à sa lettre une carte postale de la
colonne de Bruère (Cher), « centre de la France ».
M. le chanoine Clément nous montre ensuite diverses photogra-
phies d'édifices ou d'objets intéressants : 1° celle de la statue en pierre
de la Vierge, portant l’Enfant-Jésus, placée à Bourbon-l'Archambault,
dans une niche, à l'angle dela rue Achille-Allier et de celle des Trois-
Maures ; 2° une très intéressante porte dela maison Calemard, dans
.116 SoctÉTÉ D'EuLATION pu BouRBONNAIS
la même rue, datant du xvne siècle, et qu'il espère faire classer ; enfin
3° d'une très importante miniature d'un ms. de la bibliothèque de
Clermont. En effet, cette reproduction d'une Madone romaine,
portant l'Enfant-Jésus sur ses genoux, est empruntée au ms. 145,
folio 150 ; elle a été signalée autrefois par M. Rohault de Fleury
dans son grand ouvrage sur la Sainte Vierge, depuis par M. Louis
Bréhier, le distingué professeur de la Faculté des lettres de Clermont.
Le manuscrit qui renferme cette Madone date du x° siècle, il a été
écrit par l'ordre de l'évêque Etienne, qui fit construire la seconde
cathédrale de Clermont. C'est une copie de l'ouvrage de Grégoire
de Tours: De miraculis sanclorum et confessorum. Ce qui est remar-
quable daus cette miniature carolingienne, reproduisant une statue
en or de la Vierge, c'est que non seulement elle nous donne le type
exact des vieilles madones auvergnates — et des nôtres, — mais
encore qu'elle nous prouve que les orfèvres et les sculpteurs n'ont
pas attendu le xi° siècle pour sculpter « dans l'espace » ces vé-
nérables statues dont une réserve excessive n'osait pas jusqu'ici
attribuer la facture à un artiste antérieur à la fin du x: siècle,
— M. le Dove Brixox annonce que l’ancienne église de Souvigny,
Saint-Marc, sera désormais ouverte aux touristes, par les soins de la
municipalité.
— M. Adrien Mrrrox présente à l'assistance le dessin qu'il a fait,
au Musée, du chapiteau trouvé à Châtel-Deneuvre. Il semble que ce
soit celui dont parle Nicolaï : «et sur le mont ÿ a apparence de
quelque graude antiquité tant pour une ancienne mothe qu'y a que
pour quelqnes viels fragments de murailles qui s’y trouvent : même à
la porte de l'église se voit ua trés antique chapiteau de l'ordre corin-
thien fait du temps des romains. » (Nicouas DE Nicozaï : Description
Générale du Bourbonnais, en 1569, publiée par les soins du comte
Irisson, d'Hérisson. Moulins, Desrosiers, 1875, page 85.)
— M. Mirrox lit à ce sujet la note suivante :
a Ce chapiteau est de l’ordre composite, caractérisé par l'assemblage
des acanthes corinthiennes avec les aves el volutes ioniques.
« Le chapiteau composite de pur style devrait présenter deux rangées
d'acanthes superposces, et trois oves entre les volutes, ainsi que le
montre le croquis annexe, d'aprés Vignole. Notre chapiteau ne pos-
sède au contraire qu'un ove et qu'une rangées d'acanthes. Le détail
PRrocÈs-VERBAUX 117
le plus caractéristique de ce chapiteau est la feuille d'acanthe échappée
de la volute et qui vient s'accrocher ou plutôt se coller sur la feuille
d'acanthe de la corbeille inférieure. C'est le développement déme-
suré de la foliole À de notre croquis. Pour qui réfléchit combien
l’architecture romaine et surtout les éléments de la colonne avaient
èté rigoureusement codifiés par Vitruve et ses continuateurs, il y a
là une preuve de réelle indépendance de la part de notre artiste.
PANUSEZ DE MOVUNS
Cnmvenu Gale Ro AÎX
and À CHATEL VE NEUVE
CUArNTERn ORUS Aro mAaiN
TADUUE À Vois
( AUJAS 07 mostins
Diptouxt Ovur wwiurte À L'ANTre : CHviten 75 «=
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De pe/IU/ Ov vont Au O6/iu 0e L'AARE a 1
AUTEUR Du roar :ENVIReoN 5 ENA TEA œnDo/iTe aarrique
Dess'n À. Mitton.
« Cette désinvolture à l'égard des règles, la proportion anormale de
l'ensemble du chapiteau, l'empätement du modelé, nous portent à
croire que ce morceau dale de la basse époque gallo-romaine, et peut-
être même des premiers temps de la barbarie (v° siècle). Cependant,
la subdivision méthodique des lobes des acanthes atteste que le scul-
Pleur, bign qu'ayant perdu de vue les purs modèles de la Métropole,
Pratiquait encore les procédés des ateliers romains.
« La colonne a 0,33 de diamètre sous l’astragale. En supposant, ce
qui est loin d'être certain, que la colonne avait le même galbe et les
Pures proportions des modèles romains, le diamètre inférieur de la
Colonne serait des 10/9, soit de 36 cm. 66. Et comme la colonne com-
118 SoctÉËTÉ D'EMULATION Du BoURBONNAIS
ee
posite normale doit avoir une hauteur totale de dix diamètres, nous
aboutissons, pour notre colonne, à une hauteur totale de 3°,66.
« C'est une médiocre hauteur, et qui ne convient ni à un temple, ni
à des thermes, ni à une basilique. Pourtant, l'ordre composite, le
plus riche de tous dans la hiérarchie des ordres, oblige à croire que
cette colonne ornait un
bel édifice. Etait-ce un
Re petit sanctuaire, un mo-
: . nument triomphal, la
villa d'un opulent par-
ticulier, autant d’hypo-
thèses invérifiables.
4.
« L'abaqueétait percée
: : EPP) . d'un trou rectangulaire
AN par où passaient ces
N NS 7 1 1. crampons de bronze dont
FN 5e se servaient les archi-
ADS M2 tectes anciens pour lier
!
la colonne à l’entable-
ment.
« L'astragale est réser-
os vée dans la même pierre
Chapiteau trouvé à Pelange, que le chapiteau. C'est
Saint-Yrieix-la- Montagne (Creuse) (1). une exception tout à fait
intéressante, car dans
toute l'antiquité, l'astragale était réservée dans le dernier tambour
du fût ; au contraire, dans tout le Moyen-Age, l'astragale fait corps
avec le chapiteau. Cela nous montre qu'avec ce chapiteau, nous en-
trons dans le han! Moyen-Age français. Cela prouve aussi que le fût ne
présentait probablement aucun galbc... comme les fûts du Moyen-
Age.
« existe au musée de Moulins un superbe chapiteau gallo-romain,
découvert je crois à Néris, qui présente la même particularité que
notre chäteau : la feuille d’acanthe issue de la volute et qui se colle
sur l'acanthe inférieure. Il faudrait avoir étudié l’ensemble de tous
(1) Extrait des Mémoires de la Société archéologique de la Creuse. T. XXII,
14" et 2° fascicules, 1922,
ee
ProcÈs-VERBAUXx 119
les chapiteaux gallo-romains pour émettre un avis sûr à ce sujet;
mais il serait à souhaiter ‘que chacun de nous, dans ses voyages
et ses recherches, observe si celte particularité se retrouve ailleurs
et dans quelles provinces. Il serait intéressant de trouver dans cette
innovation la marque d'une école régionale, arverne, éduenne ou
autre. »
Le chapiteau de Neris {1}.
LS
—— M. Trersoxnier signale les lettres suivantes de Théodore de
Ban ville, mentionnées dans le catalogue n° 18, d'avril 1924. du
libraire Henri Saffroy, 19, rue Guénégaud, Paris-VI°.
“ 10765. — Lettre aut. signée à Alexandre Dumas fils. 26 avril
1870, 4 pp. in-8. 55 fr.
« Très belle lettre d'envoi d'un exemplaire de Florise, comédie dont
les théâtres n'ont pas voulu et que Banville eut l'intention de dédier
à Dumas « non pour vous demander si « Florise » méritait on non
d'être représentée ! Ceci n'est rien, mais il me semblait que celle
() Extrait du Catalogue du Musée de Moulins.
120 SoctétTÉ D'EmMuLATION pu BOURBONNAIS
morte serait doublement morte si elle restait inconnue des quelques
hommes que j'aime spirituellement, et dont la pensée m'occupe.
m'éclaire et féconde ma petite inspiration ». Banville croit à la néces-
sité de la poésie. « Je crois réellement et matériellement à cette
figure du flambeau qui est transmis de main en main à travers les
âues. Non sculement rien de la pensée humaine ne peut mourir,
mais encore rien ne peut ni ne doit mourir de ce qui a existé comme
forme. Si, au moment où il passe dans ma main, le flambeau n'a
plus qu'une toute petite étincelle mourante, au lieu d'être vive
flamme ct lumière comme il était aux mains des grands hommes,
je n'en dois pas moins faire ce que j'ai à faire, — transmettre le
flambeau tel que j'ai pu le conserver. »
« 10766. — Lettre aut. signée (à Alphonse Daudet, ; Paris 6 fé-
vrier 1866, 1 p. in-8. 6o fr.
« Belle lettre où il le remercie de son Histoire du Petit Chose.
« J'ai veillé comme un écolier laissant couler les bougics finies et ne
pouvant quitter le livre qui m'a amusé dans le meilleur sens que je
donnais à ce mot quand j'étais enfant. Après réflexion, j'ai admiré
l'esprit, la délicatesse, un art infini de composition, un style qui
est si bien à vous. mais j'ai d'abord été empoigné, tout bêtement ! »
« 10767. — Lettre aut. signée, 4 pp. in-8. 60 fr.
« Lettre à un écrivain, qui désirait voir l'insertion d'un article
dans une revue dirigée par Arsène Houssaye. Banville lui indique la
manière d'arriver à son but: « Houssave ne sait jamais ce qu'il a
ordonné nt quand. ni comment, et pourquai. Le plan est donc tout
bètement de faire l'article tout de suite, et l'ayant fait de le lui
envoyer en lui écrivant: Cher Monsieur Houssaye, voilà l'article
que vous im'avez promis de faire passer tout de suite dans la Presse
en men avançant le prix. Retenez ceci: on peut toujours fsans
exception) dire à Foussave: Voilà ce que vous avez dit. et, qu'il
l'ai dit ou non. 1l ne se le rappelle pas davantage. »
« Banville parle ensuite de son Gringoire qu'il refait entièrement
d'après les conseils de Régnier, »
— M. Tiersonnier lit un fragment de sa monographie inédite du
château de Rochefort (commune de Saint-Bonnet-de-Rochefort) (1).
(1) Voir Bulletin 1902, p. 212 et suivantes.
Procès- VERBAUX _ 121
C'est la description du château et des principales richesses d'art:
qu'il renferme.
Cette lecture est précédée de quelques indications sur l'intérêt
historique de cette vieille forteresse en partie démantelée et dont on
peut suivre l'histoire depuis sa fondation au x1° siècle jusqu à nos
jours. Les possesseurs successifs en sont connus sans aucune lacune,
et, comme ils furent pour la plupart de puissants personnages, avec
eux Côtoie à chaque instant notre histoire provinciale et même la
grande histoire. Notre confrère donne la chronologie de ses seigneurs
et possesseurs et, à l'appui de sa lecture, il fait circuler différents
documents iconographiques. Il se propose ultérieurement de lire en
séance l'étude archéologique du château de Rochefort, en indiquant
ses transformations au xm siècle et aux siècles suivants jusqu'à
nos Jours.
— Le lieutenant-colonel ne Saivr-Hizuier continue la lecture de
son important travail sur les voies romaines, sujet qui lui fournit
l'occasion de très ingénieux aperçus. Notre confrère intéresse vive-
ment Î'assistance par les étymologies de nombreux noms de lieux.
— Lecture est donnée de la communication suivante envovée
d'Hérisson par M. WaLrRER : |
“ Nous croyons que nos confrères seront peut-être intéressés à
connaître quelles furent les mesures prises par nos pères pour remé-
dier à la cherté de la vie.
« Extraits des registres de la commune de Thémistocle, ci-devant
Saint-Caprais.
“ Règlementation des cabarets, 2 nivôse. an IT:
“« Deffenses sont faites à tous aubergistes ou cabaretiers de cette
tmmune de donner à boire à chaque citoyen plus d'une chopine de
UE — mesure de celle commune — ainsi qu'aux externes, à peine
de dix livres d'amande. »
€ Prix de la journée, 4 frimaire, an I :
« Au mème instant un membre a dit que, pour remplir l'article
8 du décret dn 29 septembre dernier, qui fixe le maximum du prix
des denrées, il fallait taxer les journées de travaille.
« Le conseil général a arrêté que les journées de travail seront
\axées à seize sols sans nourrilure et à dix sols nourris.
122 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BOURBONNAIS
>» « De plus, il a arrêté que les charons pour façon d'une paire de
roues seront laxés à dix livres dix sols el nourris ; plus pour le lit
de charelte trois livres cinq sols : plus il a été arrêté que les {icerands
en toile seront taxés pour façon de l'aune de toile fine à six sols
dix deniers; l'auno de toile commune à quatre sols dix deniers :
l’aune de grosse toile et drogué à trois sols six deniers; plus il a
arrêté que la journée du maître tailleur sera taxée à huit sols el nour--
ris. »
« Rationnement du pain, 5 novembre 1793:
« Le conseil général qui, vu la disette du bled, avait interdit aux
cabaretiers ou aubergistes de fournir du pain « aux citoyens domi-
ciliés en cette commune, même aux externes », par délibération du
3 novembre 1793, arresle que « à fous chefs de famille, il ne serait
plus accordé que trois livres de pain par jour : aux enfants, au-dessous
de l'âge de dix ans, deux livres ».
« Le registre est signé : Bonned et Maillier. »
— Le numéro du Journal des Débats, en date du 8 avril 1924,
renferme sous le titre de « la Cathédrale de Clermont et les statues
reliquaires », un travail de M. Bréhier. Il est question d'un clerc
architecte. sculpteur et orfevre. Entre autres œuvres citées, 1l est
question des Vierges, en bois, qui se trouvent à Toulon-sur-Allier,
Cusset ct Chappes.
— M. Géxeruoxr donne lecture du rapport ci-dessous, relatif à
l'organisation à Moulins d'une exposition artistique :
« Il a semblé, Messieurs, aux dirigeants du Syndicat d'initiative
Bourbonnais que pourrait vraisemblablement figurer dans le cycle
des fêtes et manifestations dont cet actif Comite réve de doter notre
bonne ville de Moulins. une Exposition artistique ct florale, de carac-
tére nettement bourbonnais. En nous faisant part de ce projet, notre
collègue, M. Chambron. l'résident du Syndicat d'Initiative, désirerait
savoir s'il pourrait éventuellement compter sur le concours de la
Société d'Emulation pour l'organisation de la partic proprement
artistique de cette manifestation, à laquelle à déja promis de collabo-
rer, de son côté. la Société d'Horticulture.
« L'Exposition projetée, dont le seul nom rappelle les belles mani-
festations de 188% et 1896, se différencierait pourtant de façon assez
, PRoCÈS- VERBAUX 123
sensible de ces expositions artistiques, au demeurant très réussies,
dont Moulins a conservé le souvenir. Celles-ci étaient ouvertes à tous
les artistes, quelle que fût leur région d'origine, quel que füt le ca-
ractère de leurs œuvres ; elles étaient, dans leur cadre restreint, une
réduction des salons annuels de l’aris. Il est douteux qu'à moins d'une
préparation longue et coùdteuse, de semblables essais puissent actuel-
lement tre tentés. Aussi tel ne serait pas le caractère de l'Exposition
qe le Syndicat d'Initiative espère organiser si la Société d'Emulation
juge à propos de lui prêter son appui. son patronage et son concours.
« La première objection qui se peut présenter, réside dans la diffi-
culté de réunir un nombre suffisant d'exposants, recrutés dans les
suis artistes d'origine ou d'inspiration hourbonnaise : apres avoir
consulté quelques confrères et fait l'appel de partisans éventuels
nous croyons pouvoir néanmoins réunir une collaboration assez éten-
due pour donner à cette première exposition artistique bourbonnaise
daprès-guerre, une ampleur suffisante. Car, en dehors des salles
habituelles de peinture, aquarelles, dessins, gravures, sculptures,
bronzes, terres cuites, etc, pourquoi ne pas songer à la possibilité de
réserver une place assez importante aux arts décoralifs, aux arts
appliqués à l'ameublement et au mobilier ? Conçu dans cet esprit
el à la veille de la grande exposition internationale des Arts décoratifs
de 1925, un tel projet semble de nature à tenter un certain nombre
d'artistes et d'artisans du départeinent. Et voici de la sorte une expo-
sition ouverte aux décorateurs, aux ébénistes, à diverses autres in-
dustries du bâtiment, aux ferronniers d'art, aux peintres-verriers,
ec... Ce sont, par exemple, des ensembles conçus par un architecte
réalisés par des peintres, des tapissiers, des menuisiers, des clec-
riciens, des artisans du fer et du bois. ensembles présentés sous
forme de stands (chambres, salons, salles à manger, halls, bureaux,
lc...) comme nous sommes accoulumés à en voir chaque saison à
Paris, aux salons des Artistes décorateurs, par exemple.
« La réalisation d'une partie rétrospective pourrait également être
envisagée : exposition d'œuvres d'artistes bourbonnais disparus : Outin,
Perret, Desboutins,.… exposition de richesses archéologiques dont
notre département abonde, ou bien d'anciennes faïences. de vicilles
lthographies. reconstitution, à l'aide de meubles auciens. d’un vieil
intérieur de ferme bourbonnaise, avec personnages présentant les cos-
\umes de la province, etc...
124 SOCIÉTÉ D'EMULATION pu BoURBONNAIS
——.+
« À loutesces fins, la Société d'Emulation accepterait-elle de prêter
son concours, voila ce que nous demande le Syndicat d'Initiative ?
« Comme celui-ci prendrait vraisemblablement à sa charge les frais
d'installation, assurerait un local large et spacieux, comme celui du
Hall de la Société d'Agriculture qu'il suffirait de cloisonner et à la
décoration duquel participe-
rait la Société d'Horticulture,
chargée plus spécialement de
l'Exposition Florale et de tout
ce qui loucherait à l'art des
jardins voisinant avec les réa-
lisations dont nous venons de
parler et consacrées à l'art de
l'intérieur, le rôle de notre
Société se trouverait assez li-
mité et bien dans le cadre de
nos statuts.
« Nous avons donc à décider
si le projet semble réalisable
et si nous pouvons lui pro-
mettre notre concours, auquel
NI
WU
cas une Commission de quel-
+ ER
ques membres nommés par la
Société d'Emulalion pourrait
ire K Kvr fa \.
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ES. pl 144 visager, de concert, les mo-
pr | vens praliques de réaliser cetle
Pierre sculptée (XV]* siecle) (1} * "1° ® 1°
osition artistique bourbon-
trouvee au domaine de Laillaud | Toulon), Exp ue is ei
1€
se mettre en rapport avec le
Syndicat d'initiative et en-
naise qui pourrait avoir lieu,
après l'Exposition én4 travail de Vichy et avant l’Exposilion interna-
tionale des Arts décoralifs, par exemple vers le mois d'octobre ou
de novembre de cette année, ou au printemps de l'année prochaine. »
Cette proposition reçoit un accueil favorable el une commission
est aussitôt nommée pour étudier, de concert avec le Syndicat d'Ini-
tiative, les modalités” pratiques de sa réalisation. En font partie,
(1) Cliché offert par notre collègue M. Capelin.
PRocÈs-VERBAUX 125
outre les membres du bureau : M" Monceau, MM. J. Baury,
Henri Buvat, Paul Buvat, Delaigue, Délinière, Galfione, Giron,
Grégoire, Michel et Adrien Mitton, René Moreau, Place, Queyroi,
Sarrazin et Viple.
—— M. Cireuix présente à l'assistance deux peintures à l'huile qu'il
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Pierre sculptée (XVI® siècle) (1)
trouvée au domaine de Laillaud (Toulon),
vient d'exécuter, et reproduisant dans leurs dimensions réelles deux
Pierres sculptées datant du xvr° siècle Ces pierres ont été trouvées en
1883, par M. Félix Arcil, au domaine de Laillaud, commune de Tou-
lon, où elles servaient au mélayer à caler ses cuves. [lest à noter que
la métairie actuelle de Laillaud paraîl avoir été, avant la Révolution,
() Cliché offert par notre collègue M. Capelin.
126 SoctéTÉ vw’EmuLaTion pu BourBoNNAIS
une dépendauce de Mibonnet où se réunissait, dans une chapelle, une
confrérie de Moulins. Ce serait peut-être une indication de prove-
nance. M. Francis Pérot les avait signalées à l'époque mais sans en
donner ni descriplion complète ni reproduction. La plus curieuse
de ces pierres, haute de 0",64. large de 0",39, en calcaire tendre,
paraîl avoir servi de dais au-dessus d'une statue.
La fine sculpture a souffert du vil usage auquel elle fut assujettie.
Plusieurs fuseaux sont brisés ainsi que plusieurs colonnettes. Ce qui
en reste donne néanmoins une idée très précise de cette œuvre d'art.
En haut est une sorte de pomme de pin stylisée démesnrément
grossie et agrémentée de volutes. au-dessous une sorte de tronc de
côue rayé de cannelures, au-dessous se trouvaient des balustres incli-
nés, la plupart brisés, entrecoupés de colonnes torses, Au-dessous,
se voient deux sorles de niches où figurent sainte Marguerite appu vée
sur un dragon ailé, et une autre sainte non identifiée. Le bas est
creusé en dessus de niche. De chaque côté, des pinacles creusés de
cannelures et surmontés de feuilles d'acanthe assez vaguement indi-
quées encadrent le tout. L'épaisseur de cette pierre va de 0",10 à
0,22, ce qui donne un relief considérable surtout dans la partie basse.
L'autre pierre, haute de 0®,56, large de 0”,46, épaisse d'environ
0,11, représente uu écusson surmonté d'une couronne.
La similitude de cet écusson avec un chanfrein de cerf est très
marquée, d'ailleurs le dessin en donnera une idée plus exacte que
toute description.
— Le numéro des Nouvelles Littéraires, du 19 avril 1924, signale
l'exposition du peintre Henri Chaffray, qu'on peut voir chez notre
confrère M. Galfione, place de la République, Moulins.
—— M. Georges Bruez donne des renseignements intéressants sur
la carrière et les publications astronomiques (1) de notre compa-
triote le colonel d'artillerie Raoul-Marie vicomte du Ligondès, né à
Moulins le 11 mars 1847, décédé au château de Rochefort ‘Saint-
Bonnet-Rochefort), le 24 mars 14917. En 1902. notre Société s'est
occupée de sa théorie cosmogonique.
(4) La liste complète des livres, brochures, articles de revues publiés, ainsi
que des articles inédits laissés par le colonel, sera donnée dans le Bulletin
de la Société Scientifique du Bourbonnais.
ProcÈs-VERBAUX 127
Une notice sur le colonel du Ligondès sera publiée ultérieurement
daus le Bulletin.
— M. le D' Moxceau fait circuler plusieurs photographies, prises
par M. Rocart. place de la République. Elles ont pour sujet la rue
des Orfèvres, la place de l'Ancien-Palais, là vieille maison dite de la
Faulconnerie, etc. Elles sont absolument parfaites tant au paint de
we de l'exécution qu'au point de vue pittoresque. Dans l'ombre
de nos vieilles ruelles médiévales, il a fallu à l'opérateur une obser-
ation atlentive et de nombreuses allées et venues pour saisir chaque
sujet dans un éclairage favorable.
— M®* Moxcrau exprime le vœu que la Bible de Souvigny
puisse être montrée aux visiteurs le jeudi et le dimanche.
Un couteau de silex de l'époque néolithique, trouvé près de
l'hippodrome, est présenté par M”° Monceau,
e ., .
— Sont présentés à l'admission :
M. Paul Gensauo, chef d'esvadrons de cavalerie en retraite.
Chevalier de la Légion d'honneur, à Ussel (Allier, par M°* la
comtesse de Fradel, MM. le D' de Brinon, Tiersonnier.
M. Benoit Ciéuevr. instituteur à la Guillermie, par MM. Amédée
Bardet, le docteur de Brinon. Viple.
M. Fernand Cnawpexier, propriétaire, cours de Russie, 26, par
MM. le docteur de Brinon, chanoine Desuoix, chanoine Clément.
M®* Marie Josèphe Avevor, cours de ltussie, 26, par MM. le
chanoine Clément, docteur de Brinon, Louis Grégoire.
M®° La Mi pe Scey be Bruy, château de Buthier, par Vorey-sur-
lOignou {H'°- Saône), par MM. de Quirielle, de Bonny, D'de Brinon.
M®* Odile De Bovaxo, château de Montaret, Souvigny, par
M®* la vicomtesse d'Orcet, chanoine Clément, M'* F. de Bonand.
— Est admis comme membre titulaire : M. Victor Lanzar, ave-
nue Victor-Hugo, à Moulins.
— L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 23 heures,
E. CaPELix.
128 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BOoURBONNAIS
SÉANCE DU 2 JUIN 1924
PRÉSIDENCE DE M. le D)° pe Brio
Etaient présents : M®e Moxceau, MM. Baury, Capezix, CHAMBRON,
chanoine CLéwexT, GÉDEL, GÉNERMONT, LanzarT, MiLcexr, Adrien
Mirrox, D' Moxceac, André Roy, lieutenant-colonel De Sarixr-
Hicuien, SaRRAzIN.
— Excusés : MM. G. BruEL, GaurTier, LassiMONxe.
—- Le procès-verbal de la précédente séance est lu et accepté.
__— M. 1e Présinext souhaite la bienvenue à M. Victor Larzat, qui
assiste pour la première fois à nos séances
— Îlest procédé au dépouillement de la correspondance :
— Lettres de : M. Lassimoxxe, annonçant que la prochaine excur-
sion de la Société Scientifique du Bourbonnais aura lieu le mercredi
15 juin, dans la région de Montaigu-le-Blin.
M. Lassimowxe informe la Société que la Grotte de Sanssat,
visitée récemment par la Société Scientifique, vient d'être fouillée
méthodiquement. [l en a été retiré des ossements et des débris de
poteries, déposés pour l'instant à la cure de Sanssat.
— De M. Brénier, professeur à la Faculté de Clermont, annon-
çant l'envoi des numéros de la Revue d'Auvergne qui nous man-
quaient depuis 1914. La Société des Amis de l'Université a traversé
une crise de recrutement el aussi d'administration, ce qui explique
l'oubli qui a été fait. La Société d'Emulation adresse en échange
ses Bulletins, sauf ceux de 1923, qui sont épuisés.
— De M. Georges Baur:. donnant les notes biographiques sui-
vantes sur M. Charbonnier, auteur des poésies dont il a été question
dans le Bulletin précédent : Daniel Charbonnier, né à Chantelle, le
juin 1855. Juge de paix depuis 38 ans. A quitté le Lycée de Mou-
lins en 1873. |
— De la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la
Creuse, accompagnant le cliché du chapiteau de Pélanges, destiné à
être confronté avec notre chapiteau corinthien de Châtel-Deneuvre.
ProcÈs-VERBAUX 129
.— De M. Vice : la subvention demandée au conseil général ne
Pourra étre allouée. |
— De la Faculté des Lettres d'Aix, demandant de souscrire à
l'Anthologie, d'Achille Millien.
— De la Société Linnéenne de Lyon, sollicitant uotre abonnement
ä son Bulletin. (Renvoyé à la Société Scientifique.)
— Numéro du Bourbonnais de Paris, juin 1924.
— De M. Léon Biveau, proposant de créer une Société locale :
«“ Les Amis de Bellenaves-Ebreuil », laquelle éditerait un Bulletin.
(Revo yé pour étude supplémentaire au Bureau.
— Catalogue de la librairie Edouard Champion.
— Lettre de M. Moxracxe, que nous résumons :
Le camp de César à Néris. M. Montagne l'a revu, et de plus en
plus il est convaincu que ce n'est qu’un tumulus. Un poste d’obser-
aäion m'aurait pas de raison d'être dans ce lieu dominé de trois
clés par des collines et ouvert seulement au nord et nord-ouest.
Son élévation de cinq mètres environ n'aurait d'ailleurs rien ajouté
ilétendue de la vue. Il n'y a jamais eu en ce lieu aucun fossé,
aucun autre travail apparent. Cette butte, en forme de poire, a êté
coupée dans sa partie étroite par la voie ferrée ; et cette entaille n'a
donné aucun vestige. Le centre n’a pas été fouillé.
Camp néolithique d'Arfeuilles. C'est bien à Arfeuilles, canton de la
Palisse, et non à Arpheuilles-Saint-Priest, que j'ai découvert deux
fossés, ceinturant le sommet d’une colline parfailement nivelée et sur
lequel. il n’a été fait aucun apport de terre qui puisse lui donner
l'apparence d'un tumulus. A mon avis, c'est un camp qui pourrait
bieu être néolithique, si je m'en rapporte à ce que j'ai lu depuis
dns [>échelette sur ces sortes de remparts (Manuel d'archéologie
préhistorique, t. [, p. 3501.
Le {ou de la pierre de Boisdijou (Quinssaines) n'est certainement
pes l'œuvre des carriers. Ceux-ci, autant que je me souvienne, font,
brsqu'ils veulent fendre une pierre, des tailles reclilignes et bisau-
les, de manière à y introduire facilement un coin en fer. Celui de
ue Pierre est rond comme le trou d’un nid de pic-vert dans le tronc
d'un arbre. De plus, il est placé à trois mètres au-dessus du sol en-
“TR el sur le côté où la pierre est inclinée. Si des carriers avaient
voulu fendre cette pierre, ils auraieut procédé par une série de trous
9
130 SOCIÉTÉ n'ÉMULATION pu BoUuRBONNAIS
disposés en ligne droite sur la face supérieure. À Montluçon, les
uns mont dit qu'on yÿ avait trouvé des poteries, d'autres des
silex,
La pierre en pupitre du moulin d’Estivareilles. Je suis retourné à
Estivareilles voir la pierre saillante du lanternier que vous supposez
avoir servi de polissoir. Formée d'un granit à gros grains et assez peu
consistant, je ne crois pas qu'elle ait jamais pu être emplovée à cet
usage. Le silex ou toute autre roche dure l'eüt plus profondément
entamée, J'y ai relevé cinq entailles (parallèles), peu profondes et
mousses au fond : aucune ne se termine en biseau. Celle pierre a
d'ailleurs été taillée dans un but que je n'arrive pas à m'expliquer :
elle ne fait pas saillie dans l'intérieur du monument.
Non loin d'EÉstivareilles, sur les bords de la route conduisant à
Vaux, il ÿ a une pierre brute, fichée dans Île sol, au-dessus duquel
elle sélève d'environ 1",80. Primitivement, elle devait être plus
longue eta été rognée au-dessus pour ÿ mettre une croix. Je
ne suis pas éloigné d'y voir un menhir. Elle a été signalée par
M. Brugière de Lamothe, elle est en granit bleu étranger au pays.
(Bulletin 1899. p. 160). |
— De M. Gaurisr. — « La serpe au millésime 1582, damas-
quinée d'or, aux armes de François Chabot, marquis de Mirebeau,
comte de Charny, et de Catherine de Silly, sa femme, — serpe que
J'ai placée sous les yeux de la Société d'Emulation. le 3 décembre
1y23 — a élé, comme je vous l'avais annoncé, présentée par mes
soins au 57° Congrès des Sociétés Savantes tenu à Dijon, le 24 avril
dernier. Je vous dois, Monsieur le Président, un compte rendu som-
maire de la séance, présidée avec autant de talent que de courtoisie,
par M. Etienne Michon, conservateur au musée du Louvre, et où cette
présentation a eu lieu.
« Au vu de la serpe, M. Michon a immédiatement affirmé qu'il
n'existe, à sa connaissance, ni dans les collections du Louvre, ni
dans celles de Cluny, ni dans toutes autres qu'il ait eu à étudier,
aucun objet analogue à cette serpe, complétée de sa gaine en cuir
ouvragé et serli de greuats. À son avis, partagé d'ailleurs par d’autres
spécialistes consultés, c'est cette gaine surtout qui constitue l’élé-
ment le plus rare, la caractéristique de Fl'objet et son originalité.
« L'un de ces érudits, spécialisé dans les choses de la fauconnerie,
ProcÈs-VERBAUX | 131
estime que celte gaine est un travail d'origine persane. La serpe
pourrait être, d'après lui, d'une origine et d’une époque différentes.
Je ne me suis point associé à son avis sur ce dernier point.
« En fait, il est certain que la Perse est une région où la chasse
au fau con a été jadis fort en honneur. Des reproductions de minia-
tures de ce pays représentent le faucon dessiné d'après des lignes
analogues à celles de la sculpture de la gaine, notamment pour le
rssaut de l'aile qui est très spécial. Dans les dessins persans ce
ressa at se retrouve identique.
« Fien, d'ailleurs, d'extraordinaire à ce que la serpe soit advenue
tre Îles mains du comte de Charny. L'outil est élégant en lui-même.
Or, 21 est avéré que les objets en usage chez les gentilshommes fau-
onniers, el spécialement ceux de Bourgogne, étaient d'une richesse
somptueuse. Les damasquinures de la lame, les dorures de la gaine,
etles grenats dont elle est sertie, n'ont donc rien d’anormal. Ces
gmnmnes, elles-mêmes, qui se tirent en partie de l'Orient, confirme-
aient au besoin l'origine attribuée à l'arme dont elles complètent
l'ornementation.
« L'originalité du dessin tant des gaufrures de la base de la gaine
et de ses plats que du fleuron d'acier étoilé qui arrête la serpe à
l'extrémité du manche d'ivoire de la serpe, est aussi tout à fait remar-
quable. Enfin, serpe et gaine ne portent aucune marque d’ouvrier,
pendant la marque était obligatoire en France, d'après les statuts
des corporations de l'époque. Cette absence de marque apporterait
donc encore un argument de plus à l'appui d'une origine non
française.
« Dans un autre ordre d'idées, il est exact que les fauconniers
lorsqu”un animal venait d'être atteint par leurs oiseaux, avaient cou- :
lume de fendre la tête de la victime pour en extraire la cervelle qui
servait de récompense au faucon à qui ils en faisaient « courtoisie ».
Tout, dans ces conditions, autorise à croire que la serpe, solide,
tranchante, et bien en main, devait être destinée, et a été utilise, à
ces sortes de curées toutes spéciales aux oiseaux de proie.
« J'ai donc conclu en ces termes : serpe inséparable de sa gaine
et faites ensemble l'une pour l’autre à la même époque ; — travail
d'origine non française, vraisemblablement persane ; — arme utilisée
Pour la chasse au faucon, venue par suite de circonstances indéter-
minées entre les mains de François Chabot, comte de Charny.
132 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BoURBONNAIS
Bourguignon de race, et à ce dernier titre particulièrement intéres-
sante, ce semble, à placer sous les yeux d'un Congrès tenu en la
ville de Dijon.
« Ces conclusions ont été adoptées dans la séance de l'après-midi
du 24 avril 1024, sauf en ce qui concerne l'origine persane du
travail, qui a été réservée. » |
Dans une autre note, M. Gautier fournit quelques renseignements
sur la subvention récemment allouée à l’Académie de Dijon par le
conseil général de la Côte-d'Or :
«€ De tout temps, l'Académie de Dijon et la Commission des anti-
quités de la Cûte-d'Or ont joui de la faveur d'une subvention
accordée par le conseil général. Cette subvention s'explique, pour
la Commission des antiquités, par le caractère départemental de
celle-ci, créée par un arrêté officiel lui donnantune mission qu'elle
a toujours remplie.
« L'allocation annuelle était de 1.500 francs.
« Suspendues pendant la guerre, les allocations ont été rétablies
et, dans des circonstances mal connues, se sont trouvées accordées
en bloc à l'Académie chargée de faire la part de chaque Société. Une
a liquidé, les autres se sont profondément transformées pour devenir
des Sociétés ouvertes à tous et tâcher de se créer des ressources en
multipliant leurs membres L'Académie s'est beaucoup développée
sous l'active direction de son président actuel, et la Commission n'est
plus qu'une simple section de l'Académie, qui la fait profiter en
partie de la subvention départementale de 5.000 francs.
« Dans l'ancien état de choses, chaque année, Commission et
Académie faisaient chacune de leur côté une demande au conseil
général, appuyée de leur dernier budget et de l'envoi de leurs publi-
cations aux membres du conseil général. Maintenant, c'est l'Académie,
devenue personne importante, qui est seule chargée de ce soin et
fait sa part à la Commission, »
— Don à la Société : « Guide de Saint-Pourçain ».
— M. Bornor envoie un travail intitulé: « Bourbon-Lancv.
le Pont Saint-Martin, l'Ermitage Coeffard, le Port de l'aucien
pressoir de Sept-Fons. » Quant à l'Ermitage, il s'agit d'une inscrip-
ion moderne du Musée de Bourbon-Lancy ; inscription qui se
rapporte à la maison de campagne d'un cabaretier de Bourbon,
| ProOcCÈS-VERBAUX 133
ancien cuisinier de la famille de Dormy : il n'a rien de cénobitique.
La Société remercie M. Boirot de son hommage.
— M. le chanoine CLrémExT donne à la Société quelques rensei-
gnements complémentaires sur l'excursion projetée à Clermont Île
10 juin.
Ensuite, notre confrère fait part à la Société d'un bordereau
d'édifices bourbonnais réclamé déjà par le Ministre à notre compagnie,
et qu'il se propose, de concert avec M. René Moreau, de comprendre
dans un projet de classement supplémentaire. M. le chanoine
Clément a réparti quatre-vingt-douze églises en trois catégories d'im-
portances inégales, comprenant des églises, des châteaux et des mai-
sons particulières, dont les propriétaires approuveraient le classement.
Nos confrères y joindront des plans et quelques dessins qui feront
mieux comprendre l'utilité de la conservation de ces monuments.
Enfin, M. le chanoine Clément nous entretient des séances que
tiendra à Clermont la Société Française d'Archéologie, et la part
qu'il compte y prendre au nom de notre compagnie. Après discussion
sur l’école romane d'Auvergne, aux x1° et xn° siècles, et son influence
en Bourbonnais, il signalera d'abord la répartition chez nous des
arcs en mitre auvergnats dans la décoration des édifices ; ensuite, un
lableau qui lui parait des plus remarquables, ‘conservé dans la
maison des missionnaires diocésains de Clermont. C'est une très
grande loile qui lui parait appartenir à un maître de l’école primitive
de Gand, qu'on a appelé tout d'abord — à tort — le maître de Flé-
malle et aujourd'hui le maître de Mérode, qui cache soit Robert
Campin, soit Nabur Martin's, tous les deux d'ailleurs élèves du
célébre Robert Van Eyck. I fait une dissertation sur cette école
Gantoise, dont Clermont posséderait ainsi une des œuvres remar-
Quables qui représente la Sainte Famille dans un intérieur ct qu'on
Peut ra p procher des célèbres Annonciations du mème peintre, con-
Strvécs dans la maison de Mérode, à Cassel, ou dans une œuvre célèbre
du Pracko de Madrid.
— N&. Cuauprox annonce que le conseil municipal de Moulins a
pris des dispositions pour rendre la Bible de Souvigny visihle aux
Visiteurs, le jeudi et le dimanche.
— ME. Adrien Mrrrox demande aux membres de la Société d'Emu-
küion de dresser une liste des amateurs, professionnels, collection-
134 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BOURBONNAIS
—— —— ne
neurs, pouvant fournir des œuvres, tant modernes que rétrospec-
tives, pour l'exposilion artistique projetée en 1925 à Moulins.
— M®° Moxceau signale l'existence à Moulins d'un atelier d'art
créé par M. Mazover, et produisant des peintures sur verre et des
émaux recherchés déjà par l'étranger, alors qu'ils sont quasi inconnus
dans leur ville d'origine.
— M. le lieutenant-colonel pe SaixT-HiLuier, poursuivant sa sa vante
étude des voies romaines dans l'Allier, donne l'itinéraire de la voie
romaine allant d'Autun à Roanne, et de l'embranehement Avrilly-
Dompierre.
— M. Careuix fait la communication suivante :
« Parmi les livres réceminent parus.il serait intéressant de
signaler : Les noms de lieu de la France, Auguste Loxexox (Edouard
Champion, Paris). »
Continuant l'œuvre d'Auguste Lougnon, MM. Paul Marichal et
Léon Mirot ont fait paraître un deuxième et un troisième fascicule,
donnant l'origine, la signification, les tranformation des noms de
lieu.
Lors de la publication du premier, il en a été donné un aperçu, je
dirai donc quelques mots de celte suite.
Le deuxième fascicule a pour objet l'étude des noms d'origine
saxonne, burgonde, wisigothique, franque, scandinave, bretonne et
basque. L'ouvrage ne se borne pas à une nomenclature : chaque cha-
pitre débute par un aperçu rapide sur le rôle joué en France par
l'envahisseur dont on va examiner l'influence philologique.
Dans tout cela nous ne trouvons d'abord rien qui ait trait à notre
province. C'est tout au plus si, dans les étymologies romano-fran-
ques, nous relevons Coulandon, Corlis Landonis, le domaine de
Landon {nom propre) : dans les noms communs de sites, nous relc-
vons Breuil, De Brotalum ; celtique. bois clos, parc.
Rien à relever dans les origines bretonnes ou basques.
Dans le troisiéme fascicule sont contenus les noms de lieu d'ori-
gine ecclésiastique : ils tiennent une place considérable dans la
toponomastique bourbonnaise. Il suffira de les nommer car ils s'expli-
quent d'eux-mêmes. Sont cités : la paroisse. parochia, Aurouer, ora-
torium, le Moûtier, monasterium, Montcenoux, mons cenobiti, la mon-
tagne du cénobite (communautaire).
PRocÈs-VERÉAUX 135
Suit une longue énumération de noms de saints : Puy Saint-Am-
breuil, forme régulière Ambroix. Saint-Ennemond, Annemundus,
évêque de Lyon au vu‘ siècle. Saint-Benin {?), de Benignus. Saint-
Caprais, Caprasius. Saint-Eloi, Elygius, etc.
Ce qui intéresse spécialement le Bourbonnais, c’est la remarque de
la nullité d'influence qu'ont exercée les idiomes septentrionaux.
Le numéro de l'{llustration économique et financière, consacré à
la « Nièvre » renferme, entre autres, un article dû à l'un de nos
confrères. {l estintitulé : l'Industrie extractive de la Nièvre.
L'auteur, M. Pierre Salin, ingénieur, directeur des mines de La
Machine, fait la description du sous-sol nivernais, très intéressant par
la variété de ses formations géologiques.
M. Pierre Salin examine les couches successives, indique leur em-
placement. précise les produits qu’on en retire.
Tout l'article est empreint d'une haute portée scientifique, et la
Société d'Emulation est heureuse de voir figurer au bas la signature
d'un de ses adhérents.
— Sont proposés à l'admission :
M. Georges Boussac, bijoutier, rue de l'Horloge, Moulins ; par
MM. le chanoine Clément, René Moreau, Génermont.
M. Robert Dexaxr, chirurgien-dentiste, à Montluçon, rue Achille-
Allier, par MM. Louis Grégoire, Tiersonnier, Dénier.
— Sont admis en qualité de membres titulaires :
MM Avexor, De Boxaxp-MoxTaRET, marquise De Scev DE Baux.
MM. Fernand Cuaurexier, Benoit CLémenr, Paul Gensaco.
— L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 22 h. 1/2.
E. CaPeuix.
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Rapport sur l’Excursion de la Société d’'Emulation
à Clermont-Ferrand, le 16 juin 1924
La ville de Clermont-Ferrand fut choisie comme but de notre ex-
cursion de cette année, à l’occasion du Congrès de la Société Fran-
çaise d'Archéologie qui tint cette année ses assises en Auvergne.
Ont participé à l'excursion : MM. Georges Bruel, notre vice-pré-
sident ; Capelin, le chanoine Clément, l'abbé Dumont, l'abbé Fo-
restier, curé de Billy ; Montagne, M. et Mt Montillet. MM. Michel
et Adrien Mitton, Roy, le colonel de Saint-Hillier.
S'étaient excusés au dernier moment : notre Président M. le
D' de Brinon, et M. Thonier de la Busserie.
Ceux d'entre nous qui arrivèrent les premiers à Clermont visitèrent
le matin les pittoresques maisons de Montferrand et la maison dite
des Architectes à Clermont, où est installé le musée d’art auver-
gnat. Le rassemblement complet de notre petite troupe se fit devant
la cathédrale, où M. le chanoine Clément nous commenta excel-
leniment les vieilles pierres et les vicilles peintures de la crypte de la
première cathédrale bâtie par Etienne IT au x° siècle. Bien nous prit
de visiter la crypte dès Île matin sans attendre la visite officielle du
soir, car celte « souterraine » n'élant accessible que par d’étroites
échelles de fer, ne put être visitée que dans l’après-midi par la foule
compacte des congressistes.
Le soir, agrégés à la troupe ofticielle, nous visitâmes l’église des
Carmes Déchaux et son précieux sarcophage du 1v° siècle, qui sert
de maitre-autel, et que M. Bréhier nous présenta avec infiniment de
compétence ; puis l'église des Jacobins, où la conférence fut donnée
par M. du Ranquet.
M. Marcel Aubert, directeur de la Société d'Archéologie, nous
expliqua ensuite l'église Notre-Dame du Port, qui est probablement
la mère et le prototype des églises auvergnates. Il le fit avec une jus-
RaPPORT SUR .L'EXCURSION À CLERMONT-FERRAND *137
es
tesse d'expression et une clarté quinousinstruisirenten vingtminutes,
plus que ne l'aurait fait la lecture de tout un ouvrage. Il nous montra
sur le fait l'évolution du chapiteau roman en chapiteau gothique et,
dans le tympan du fameux portail sud, l'évolution parallèle de la dra-
perie romane.
Nous fûmes guidés dans la cathédrale par M. du Ranquet, qui
nous exposa, avec le renfort d’une véritable érudition, la construc-
tion des trois cathédrales successives, et nous fit admirer les vitraux
des xri° et xrr1° siècles, si parfaitement réparés après l’explosion des
Gravanches, qu'il fallut le flair de M. le chanoine Clément pour dis-
tinguer les parties anciennes des parties restaurées.
M. Audollent, l'éminent latiniste, nous fit enfin le plus aimablement
du monde les honneurs de son musée. Nous y avons admiré surtout
la très précieuse collection de faiences de Delf, de Lorraine, d'Es-
pagne, de Nevers, de Clermont, etc...., parmi lesquelles se trouvent
quelques pièces remarquables provenant des Hospices de Moulins.
Elles me paraissent être de la famille de Nevers, mais je laisse à de
plus compétents que moi de juger si elles proviennent de fabriques
moulinoises. Le « clou » du musée, au jugement de tous, ce sont les
débris gallo-romains découverts dans des tombeaux aux Martres-de-
Veyre, etinvraisemblablement conservés par des émanations souter-
raines de gaz carbonique. Les cercueils paraissent avoir dix ans
d'existence, les souliers ont encore tous leurs clous, les robes de
toile brune montrent leur teinture intacte, et les ourlets et les cou-
lures semblent sortir des mains de la couseuse, des chevelures
même étalent leurs ondulations toutes fraiches.
Le soir, M. Bréhier fit à la Faculté une très belle conférence sur
lIconcgraphie Auvergnate, à laquelle la plupart de nos excursion-
nistes ne purent malheureusement pas assister. ù
ADRIEN MIiTron,
Commissaire de l ‘Lrcursion.
DOS OS CL RTS SI PTE QI SIRET R STE
LE |
MONTLUCON
ET SES RICHESSES D'ART
(Suite)
GR
B. — HISTOIRE
——— 27e ——
CHAPITRE PREMIER
LE TERRITOIRE
lvaxr de résumer l’histoire de la ville de Montluçon.
il nous semble nécessaire d'indiquer la situation,
au double point de vue physique ct politique,
du {erriloire sur lequel elle s'est agglomérée à
travers les âges.
K1 — SITUATION GÉOGRAPHIQUE
DE L'ÉPOQUE PRIMITIVE AU IXe SIÈCLE
| En a), — Géologie.
Les terrains de formations primitive et tertiaire s'enchevêtrent
pour former le sol de la commune ou des environs (1).
Les collines situées à l'Ouest du Cher datent de la première
période et offrent de superbes granits bleus (dont le canton voisin
d'Huriel présente: les plus beaux spécimens), des micaschistes et
des gneiss (2).
Mais c'est surtout la période tertiaire (miocène) qui a vu se former
41 M. Morin (82, p. 10) déclare que peu de contrées ont été plus boule-
versées que la région Montluçonnaise, où l'on retrouve toutes les périodes
de l'histoire géologique,
(2) B4, 54.
MonT£Ucox ET SES RICHESSES D'ART 139
le territoire montluçonnais, avec ses granulites à grains cristallins
(quartz transparents, incolores, et feldspath rosé), qui servent de
base au château (1). |
Autour de Ja ville des filons de quartz et de granit bleus voisinent
avec des porphyres à travers les gneiss extrèmement répandus (2).
b). — Coordonnées géographiques.
Montluçon est situé à 326 kil. de Paris ; par 46°20 27”, de latitude,
et 0°16"1" de longitude Est du méridien français (3). |
Sa superficie, depuis la Révolution, c'est-à-dire depuis que les
anciennes paroisses de Blanzat et Châteauvicux ont été réunies à la
commune de Montluçon, s'étend sur 1.715 -hectares 47 ares, et
mesure 6 kil. du Nord au Sud, et 5 kil. de l'Ouest à Est.
c). — Altitude.
Le territoire de Montluçon est situé à la lisière septentrionale
du massif central, sur la pente que la rivière du Cher a détachée du
tronçon Ouest de ses plateaux terminaux.
Les collines qui, en des gorges sauvages, parfois profondes, enser-
rent le Cher depuis son entrée dans l'Allier, au confluent dela Tardes,
entre Teillet et Mazirat, et aussi son afiluent, le ruisseau de Lama-
ron, depuis la commune de Chamblet, s’écartent sur le territoire de
Montluçon en un vaste cirque, pour laisser s'étendre une riante
plaine au centre de laquelle s’allongent le canal du Berry et la
rivière qui coule en dessinant les plus capricieux méandres.
À l'Est de la rive droite du Cher, des hauteurs plus rapprochées
se détachent de la ceinture de collines pour s'abaisser, d'abord à
la limite de la commune, ct se relever bientôt pour servir d'assiette
à la ville féodale et offrir à son château une solide paroi rocheuse,
l rendant imprenable avant l'invention de l'artillerie (4).
(D 92%, 33. oo, | |
(2) ZŒ., 3839 — et 201, 2:« Le tertiaire de Montluçon offre des veines
de Calcæaires qui pénètrent profondément dans les fissures du gneiss [très
charge de mica ou micaschistes que l'on rencontre au Sud de Mont-
luçon ] et du granit sous-jacent à l'Ouest du Cher (aux Iles) et à l'Est
Roc de Pyraume). » | D
8 CF. Carte d’Etat-Major, et Dict. géogr. et administratif de la France
td sen colonies, sous la direction de Paul Joanne, lib. Hachette, Paris,
st. IV, p. 2802. | | ie No #. f
(4) CE. 81, 266, M M5 +
140 SocrÉTÉ D'EMuLATIoN pu BouRBONKAIS
On sera fixé sur l'altitude générale du territoire, quand on
saura que le Cher coule au Nord-Ouest de Ja ville, à 202 mètres
au-dessus du niveau de la mer ; que le château s'élève à 220 m.
et qu'on compte : 214 m. sur le Lamaron, au Diénat ; 213 m. sur
celui de Saint-Jean, à l'embranchement de la route de Néris ; enfin
223 m. à la Grange-aux-Rats; 266 m. au village de Hume ; 279 m.
sur le sommet qui domine le hameau des Isles.… (1).
d). — Climat.
Le climat est, pour cette région, celui de la Gironde, qui aussi
bien est celui de l'Ouest, du Centre et du Nord du département,
tandis que le Sud-Est semble appartenir plus spécialement au
climat auvergnat (2).
| e). — Cours d’eau.
Le Cher (3), qui contourne la ville à l'Ouest ct au Nord, reçoit
sur sarive droite : 1° le Lamaron (15 kil.) qui prend sa source à
l'Est du domaine de Chadoux. dans la commune de Durdat-Lare-
quille ; — 2° le ruisseau de Saint-Jean (12 kil.), formé dans le bois
de Tigoulet, vers les Combes, dans la commune de Durdat; et
sur la rive gauche : 1° le ruisseau de Brignat (1 kil.), qui vient du
Sud-Ouest de Couraud, dans la commune de Domérat, et se jette
dans le Cher, au Nord des Pasquis ; — 2° le ruisseau des Elourneaux
(14 kil. 500), parti de Ja frontière Sud-Ouest de Lamaids, à l'Ouest
du domaine du Rousset, en traversant l'étang de Sault; — 3° le
ruisselet qui descend de l'ontbouillant, au Sud des Guineberts ; —
4° le ruisseau des Isles (4 kil.), qui prend naissance dans le petit
bois de la Caille, au Nord-Ouest de Lignerolles, et sert de limites,
(1) Cf. 201, 13, — et les cartes d'état-major et du ministère de l'Intérieur.
(2) 54, 54.
(3) Il vient des montagnes de la Marche, du hameau de Chard., dans le
département de la Creuse. et atteint celui de l'Allier au moulin Rameau,
commune de Saint-Marcel, dans l'arrondissement de Montluçon qu'il tra-
verse ou borde, du Sud au Nord, sur une longueur d'environ 75 kilomètres.
Resserré d'abord dans des gorges étroites et pittoresques. entre les arêtes
granitiques du Sud du département, où il roule parfois comme un torrent,
avec une pente moyenne de 10 mètres par kilomètre, il atteint, en ralentis-
sant son allure, le grand pont en aval duquel il coule paisiblement dans la
plaine, à la pente moyenne et régulière d'un mètre par kilomètre, en A
normal. (Cf. 10, 15; — 54, 1°.) —_
Monrzucox ET SsEs RICHESSES D'ART 141
. _—
au Nord, aux communes de Montluçon et de Lavault-Sainte-
Anne 1). | |
7 f). — Routes.
À). — Si l’on ignore, sous le gouvernement des Gaulois, l’état
des voies de communications de cette région, on sait du moins
qu’à l’époque GALLO-RoMAINE (1°'-vi* s.), le territoire de Montluçon
était traversé par diverses routes dont la plus connue aujourd’hui,
d'après la fameuse carte dite de Peutinger (2), reliait Augustoneme-
um (Clermont qui avait pris la place de la fameuse Gergovia, primi-
tive capitale des. Arvernes). à Limonum (Poitiers), par Mediolanum
(Châteaumeillant) et Argentomagus (Argenton); et aussi Avaricum
(Bourges), par deux routes dont l'une partait du territoire de Mont-
luçon, la seconde de Mediolanum (3). Nous serions là en présence,
sinon d'une de ces grandes voies, viæ publicæ qui correspondent au-
jourd’hui aux « routes nationales », du moins en face d'une impor-
tante route intermédiaire reliant deux chemins de premier ordre (4.
Son parcours était jalonné dans l'Allier, par Chantelle-la- Vieille
Cantilia', Target, Beaune (Belna), Hyds, Malicorne, Néris (Aquæ Neri,
Neriomagus). Sur le territoire de Montlucon — qui avait, peut être,
4) C£. Les cartes d'Etat-Major, du ministère de l'Intérieur, — ia carte
topographique et orographique de l'Allier, sous la direction de M. Montant,
par les soins de M. Doërr, 1896, arrondissement de Montluçon, — les deux
Cartes cantonales de Montluçon, de l'Arlas général de l'Allier, publié par
L. CHANCHE, sous les auspices du Conseil général et la direction de M.. Ra-
douit de Latosse. 1882. |
(2) Carte manuscrite et coloriée sur onze feuillets de parchemin, œuvre
d'un anonyme, moine de Colmar (qui vivait en 1265), découverte à Worms et
donnée à l'érudit Peutinger, en 1494. C'est une copie de documents remon-
lant au er siècle et relatifs à des étapes militaires de diverses époques, :
..…
d'abord de celle d'Auguste, puis revisée sous Théodose II], augmentée sous
d Wstinien, et en 1265. (Cf. Géographie historique et administrative de la Gaule
romaine, par M. Emile DESJARDINS, de l'Institut, t. IV, — les sources de la
lopogra p h ie comparée, Paris, Hachette, 1893, p. 72 et 148, — 34, 10, 28.)
(8) Voir fig. 1 : carte des voies Gallo-romaines, de l'Allier, par Edmond
Tudor : __ 88, —et5,t. VIL k
() C'enat l'opinion qui correspond mieux à notre sentiment et que le docte
lieutenauxæ.colonel de Saint-Hillier a exposée à la séance de la Société
dEmula%;jon du Bourbonnais, le 5 mai 1924. — Mais, d'après ce dernier, la
Toute dir æcte de Clermont à Tours et à Blois, par Montluçon, passait par
Saint-Hi Laire-la-Croix, Menat, Montaigu, Durdat, Néris.. L'embranchement
Baune- NA alicorne n'aurait été qu’une voie secondaire reliant la route de
Lyon à Bourges et celle de Lyon à Tours.
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Monrzucox ET SES RICHESSES D'ART 143
a mm = —
dès cette époque son Monslucii fortifié (1), — la route pavée franchis-
sait Je Cher(Carus)se dirigeant, d'après l'érudit M. Emile Chénon (2),
en traversant la Magieure, vers Ricros (Domérat), et Onrousat. Elle
franchissait la Meuzelle au pied de la colline qui devait porter, au
X° siècle, l'église et le bourg de la Chapelaude, touchait le Cluzeau,
limitait les futures paroisses de Courçais et de Viplaix, voisinait
avec les terres de l'actuel domaine de l'Augère, celles des Fosses,
séparait les paroisses actuelles de Viplaix, de la Chapelette et de
Saint-[loy, pour gagner celle de Sidiailles (Cher) et enfin Château-
meillant, |
D’autres routes plus secondaires, que nous appellerions aujourd’hui
de « grandes communications », signalées par M. l'udot (3). comme
partant du territoire de Montluçon, suivaient, les deux premières,
la rivière, empruntant les deux rives. Celle qui côtoyait la rive
droite (4), devait atteindre Bourges par Saint-Victor, Estivareilles,
Meaulne, Urçay (5), Drevant (Derventum) où elle était rejointe par
la voie parallèle qui empruntant, la rive gauche (6) du Cher, passait
par Blanzat (Blandiacus) (7), Passac, Vaux (Vallis) (8), Nassigny
(Napsiniacus) (9), où au vn* siècle l'évêque de Lyon, Godin, possé-
dait une villa (10), Vallon-en-Sully. De Drevant les deux chemins
qui s’étaient rejoints, permettaient de gagner Saint-Amand, Ali-
Champs, et, enfin, par Levet, la capitale des Bituriges.
Montluçon devait communiquer avec la Creuse par la voie qui
partait de Néris et, par Villebret, Sainte-Thérence, Mazirat, attei-
gnait Evaux, en direction de Chenérailles et d'Ahun (Acitodunum),
où elle se soudait à la grande voie de Clermont à Limoges (11).
(1) CF. ce nom dans d'Arbois de Jubainville, p. 164, cité par 84, 31.
8 SA et5,t. VI, doc. I, 6.
S) BA, 477-489.
(0) 3%. 31.
M) 3%. 9. — D'après M. de Saint-Hillier, Montluçon communiquait avec
Linoges par une voie qui passait par Quinssaines, Ahun et Bourganeuf.
Cest la route qui reliait Limoges à Autun par Fins, Souvigny, Decize, etc.
Cette voie pénétrait à Montluçon vers le village des Isles. De fait, aujourd'hui
‘More deux chemias qui aboutissent au Cher, à l'ouest de la ville, portent
leynomæ de rue A ppienne et rue Romaine.
144 SoctéTÉ D'EmuLaTion pu BouBonNNais
B). — Actuellement la ville et la commune sont traversées par
trois routes « nationales » qui portent les numéros: 143, de Cler-
mont à Tours; 144, de Clermont à Bourges ; 145, de Moulins à
Limoges ; et par sept chemins de « grandes communications » : n° 3,
de Montluçon à Lurcy-Lévy; n° 5, de Montluçon à Boussac; n° 9, de
Montluçon à Pionsat ; n° 17, de Montluçon au chemin de grande
communication n° 14; n° 33, de Montluçon à Châtel-de-Neuvre ;
n° 37, de Montluçon à Gannat ; n° 45, de Montluçon à Evaux (1).
ste
$2. — SITUATION HISTORIQUE
DES TEMPS PRÉHISTORIQUES A LA FÉODALITÉ
a). — Aux temps préhistoriques
et protohistoriques.
Dans l’état actuel de la science (2), on ne connaît rien d’abso-
lument précis sur les peuplades qui occupèrent, pendant les âges
paléolithique et néolithique, la vallée du Cher.
Les silex taillés, le fragment de hache, trouvés à Montluçon sur
les côtes de Châtelard (3) et que conserve le Musée de Moulins (4),
les haches polies et les pointes de flèche des collections locales,
prouvent du moins que dans les trois ou quatre millenaires avant
notre ère, les races dites aurignaciennes, solutréennes ou de la
Madeleine, furent représentées sur notre sol (5).
(4) Carte topographique de l'Allier. par les soins de M. Doërr (ouvr. cité).
(2) Cf. les admirables travaux de notre regretté confrère Joseph Déche.
lette, dont l'autorité s'impose à tout le monde savant, et qui a pu mettre
au point les études si téméraires parfois — pour ne pas dire si fantaisistes,
de Gabriel de Mortillet, trop fidèlement suivi de nos jours par M. ques
de Morgan dans son Humanité préhistorique, de la collection tendancieuse
d'Henri Berr (Bibliothèque de synthèse historique) dont la chronologie
surtout reste sans fondements scientifiques.
(3) 5, VII, 86.
(4) N° 19 de l’ancien catalogue (1885). p. 120, Don de M. E. Sallard.
(5\ Deux tumuli sont en outre signalés sur le territoire de Montluçon,
l’un au Sud-Est, sur la route de Néris, à l'Ermitage ivoir plus loin n° 24 de
la carte générale de A à l'époque féodale et moderne), l'autre au
Nord-Est, à Châteauvieux (n° 23, id.) Mais aucun d'eux n'a été l'objet
d'études et de fouilles. Ils gardent donc encore le secret de leur origine.
(Cf. 194, 10.) ee | - le Di
MonNTLUGON ET SES RICHESSES D'ART 145
= ———
Nous ne doutons pas que, lorsque des fouilles sérieuses et métho-
diques seront faites dans les gorges du Cher, et peut-être mieux
encore dans celles du Lamaron, qui offrent de si nombreux abris
sous roche, on ne puisse trouver, dans leurs foyers, des restes de l'in-
dustrie des troglodytes des diverses époques paléolithiques, et des
traces d’habitats néolithiques (1). '
Les quatre-vingt-dix-sept hachettes à bord droit groupées en série
sur le sol de Teillet, dans la cachette d'Argenty (2), les treize ha-
ches (3) trouvées aux Trillers, commune de Vaux, indiquent assez
que, du moins à l'âge du bronze (2500-90 ans av. J.-C), des
hommes habitaient le pays.
b). — Ligures, Celtes et Gaulois.
Notre territoire fut ensuite soumis à la puissance des Ligures,
chassés par les Celtes, remplacés eux-mêmes par d'autres races que
les auteurs grecs appelaient « Galates » et les romains € Galli » d'où
nous avons fait « Gaulois ».
c). — Sous les Gaulois.
Dans le Massif Central de la Gaule et sur ses confins, des peu-
plades (4), dont l’histoire nous a conservé les noms, se disputaient
la possession du sol : — au centre, les ARVERxI, les « Arvernes », dont
la capitale fut Gergovie, détrônée plus tard par Clermont (Augustone -
melum, puis: clarus mons), qui occupaient l'Auvergne actuelle ;
— au nord-ouest, les BiTuriGes Cugi, « les Bituriges », avec, pour
Capitale, Avaricum (Bourges), qui constituèrent la province du
Berry (5) ; — au nord-est, les Æpui, « les Eduens », avec la capitale
primitive gauloise de Bibracte, remplacée, sous les Romains, par
(1) Ce sont des recherches qui devraient bien tenter les archéologues
Montluçonnais… L'intérêt de telles découvertes au point de vue des
"apports de notre histoire ancienne avec la géographie humaine de notre
région et celle plus générale de la France, n'est plus à démontrer. Cf. sur ce
Set: Æzstoire de la Nation française, t. I, Géographie humaine de la
France, Par Jean BRUNHFS, Paris, Plon-Nourrit, chap. 111, p. 4105.
(2) Cf. AWfanuel d'archéologie préhistorique, celtique et gallo-romaine, par
Joseph D ÉCHELETTE, Paris, Alfred Picard, éd., Appendices, 190, 10.
(3) Coltections Brugière de Lamotte et de Montaignac, à Montluçon. Cf.
Joseph D ÉCHELETTE, id., p. 9.
(&) Cf. GuÉRARD: Essai sur le système des divisions territoriales de la
Gaule, depuis l'âge romain jusqu'à la fin de la dynastie carolingienne.
Paris, 1833, in-8’, XV, 193, — et Auguste LONGNON : Géographie de la Gaule
QU VIS sa. Paris, Hachette, in-8e, MDCCCLXXVIIU, passim.
5) Cf. 832 : 1, P. XLVI-XLVIII ; 1V, 539-540.
10
146 SoctÉTÉ D'EMULATION DU BOURBONNAIS
Augustodunum (Autun) dans ce qui devint l’Autunois et le Mâcon-
nais ; — au sud-ouest, les LEemovices (1), capitale Augustoritum
(Limoges), ou territoire de la Creuse et de la Haute-Vienne ; —
avec les CAMBIOVICENSES, les habitants de la Combraille (2) ; — au
sud-est, les SEcusrAvi, qui ont formé le Forez, la Loire, et une partie
du département du Rhône.
Notre territoire « Montluçonnais » était compris dans les limites
des terres possédées par les « Bituriges » (3) et devait en partager le
sort jusqu'à l'établissement du régime féodal (4).
() Cf. DELOCHE : Etudes sur la Géographie historique de la Gaule et spé-
cialement sur la division territoriale du Limousin au moyen äge, Paris, 1864,
541 pages et deux cartes.
(2; Cette région devait ètre, antérieurement au x‘ siècle, comprise dans
le pagus Nigromontensis, dont le chef-lieu était Niger Mons, aujourd'hui
Saint-Georges-Nigremont (Creuse, arr. d'Aubusson, canton de Felletin),
qui devait comprendre les archiprètrés d’'Aubusson, de Combrailles et de
Chirouze, Ce pagus séparait le pagus lemovicinus du pagus arvernicus. (Cf.
A. LONGNON : Atlas historique de la France depuis César jusqu'à nos jours,
Paris, Hachette, 1885. Epoque carolingienne, et x° s.); — Pouillé du diocèse
de Limoges... publié par M. l'abbé A. Lecler, Limoges, imp. Ducourtieux,
1886, p. 44 et suiv. :
(3) Nous ne tenons pas compte ici de la « Légende des Boïens », parce que,
pour nous,la question est irrévocablement tranchée. Au cours du x1ix° siècle,
les auteurs s'étaient beaucoup préoccupés de savoir où l'on devait placer,
en Gaule, les Boii, peuplade helvétique vaincue par César (en 58 av. J.-C.),
et. d'après le traité mème du général romain, établie par lui, à la prière des
EDUEX6, chez eux, et le long de « leurs frontières ». Interprétant ce passage
de De Bello Gallico (lib. I, cap. xx1x), on a fait dire à César qu'il campa
les Boii « entre la Loire et l'Allier ».. ce qui du reste ne justifierait pas les
prétentions de certains montluçonnais.
D'ailleurs, si on relit les textes mèmes du célèbre général romain. on cons-
tate quil nest nulle part question d'emplacement entre la Loire et l'Allier.
Le chauvinisme de notre compatriote M. Brugière de Lamotte a seul
pu placer les « Boii » dans l'arrondissement de Montluçon, dont cette ville
aurait méme été leur place forte, la fameuse Gorgobina ou Gergovia Boio-
rum dont parle De Bello Gallico ilib. VII. cap. 1x)... La question de l'em-
placement de cette cité parait résolue du moins pour Montluçon — qui est
vraiment trop éloignée des frontières éduennes !.. Si on ne s'entend pas pour
savoir exactement où se trouvait la capitale du petit peuple — bien que
Sancerre (Cher) semble réunir de nombreux suffrages, — de bons -suteurs
s'accordent pour placer les Boii soit dans la région sancerroise ou dans la
partie voisine, nivernaise... M. Chazaud a traité aussi cette question (28, 114-
116, — 6,1. VIIT, 87 à 95) et a démontré du moins, après discussion des
textes et l'appui des historiens anciens, que les Boïens sont restés étran-
gers au Bourbonnais. (Cf. 5, t. VII, — 157, 157 ; — 194,5.)
(4) On sait que le territoire de Montluçon a appartenu au diocèse de
MonTLucoN ET SES RICHESSES D'ART 147
d). — Sous les Romains.
C’est ainsi qu'avec la civilas, puis le pagus des BiTurices, après la
conquête de la Gaule par les Romains (58-50 av. J.-C.) et jusqu’au
dernier tiers du 1v° siècle de notre ère, notre territoire appartint à
la vaste province dite AQUITANIA PRIMA.
Avant de suivre le sort de notreterritoire à travers les premiers
siècles de notre histoire nationale, on peut se demander s’il jouissait
de quelque autonomie particulière avant le haut moyen âge.
Nous ne le pensons pas. Nous croyons au contraire que, si déjà
à la croisée des voies romaines qui le traversaient d’une part. et
étant donné d'autre part sa situation stratégique importante entre
les crivifates ou les pagi des Bituriges, des Arvernes et des Lémo-
vices, il possédait vraisemblablement déjà un castrum, et quelques
habitations romaines (1), comme nous le dironsau chapitre suivant,
il dépendait du moins de la vaste région dont la ville gallo-romaine
Bourges jusqu'à la Révolution. On peut donc avancer, sans crainte de se
tromper, qu'au civil il fit toujours partie de la civitas et du pagus Bi-
lurigum.
En effet, comme le fait observer LONGNON (Atlas historique, déjà cité\, et
avant lui GUÉRARD (Essai sur le système des divisions. cité plus haut),
“le principe de la corrélation des divisions ecclésiastiques avec les circons-
criptions civiles, exprimé dans les prescriptions de plusieurs conciles de
l'époq ue romaine, est un fait des plus importants pour l'étude de géographie
historique. On donna aux diocèses ecclésiastiques la circonscription des
vitates » (p.111). Le savant auteur fait en outre observer que « le principe
de l'immutabilité des diocèses n'a subi, antérieurement à 179,0, qu'un petit
20mbre d'atteintes, et on n'en signale pas pour le diocèse de Bourges ».
(1 On avait trouvé tout autour de Montluçon des « fragments de statues de
marbre et de grandeur naturelle. Des moulures ornées de perles et de feuilles
Sulptées furent découvertes à Argenty vers 1780, avec des médailles romaines,
une entreautres d'Auguste, rappelant par sa légende la reprise, chez les Par-
thes , des insignes militaires et le retour des soldats retenus prisonniers...un
bas -retief représentant un repas funèbre, un cimetière antique... avec des
urnes Cinéraires...» (Cf. 8.1887, Les Antiquités romainex détruites à Montlu-
SR, par Albert LENOIR, membre de l'Institut). — « Dans les murailles de deux
“eilles maisons de Montluçon, on trouva, en thermidor de l'an I[,une mé-
daille en grand bronze de Faustine et une autre de Probus, en argent.
La même année, on découvrit dans le mur de la ville, près de la porte
Fouquet, une médaille votive en l'honneur de Constantin. » (18, 176...)
Ces découvertes, comme celles qui furent faites à diverses époques dans
les environs, prouvent assez que cette région avait été très habitée par
\es Romains et les Gallo-Romains.
118 SociÉËTÉ D’EMULATION pu BourBoNxAIS
de Néris [« Aquæ neri » il), « vicus Nereensis » (2) « Nerisio (palatium
de :3) »] était le chef-lieu, et qui devait logiquement s'étendre jus-
qu'aux rives du Cher. Ses habitants
devaient donc faire partie de ces
: VicaNI NERIOMAGIENSES dont parle
$ ‘J'inscription romaine (fig 2), dé-
S couverteen 1776, au-dessus du Pes-
: ‘chin à Néris, et déposée, depuis le
milieu du xix° siècle, dans le ves-
ra METTEZ 7 * tibule de son grand établissement
Fig. 2. — Inscription du Peschin. thermal (4).
e). — Sous les Wisigoths, les Francs
et les Mérovingiens.
Après les invasions des Wisicoras (378), notre territoire passa
sous le pouvoir de ces barbares, maîtres de toute l'Aquitaine, de
la Loire aux Pyrénées (412). Mais bientôt il suivit la fortune des
Francs qui, établis d'abord, en 480, entre la Moselle et le Rhin,
s’'emparèrent avec Clovis, en 507, de l’Aquitaine (5). Depuis la mort
du célèbre roi MÉROVINGIEN et la division de l'empire entre ses fils,
notre territoire releva, en 561, du roi Gontran, fils de Clotaire et
petit-fils de Clovis ; de Childebert IT, roi d'Austrasie 574) ; de
Théodoric II (600) ; de Clotaire II (622-628) ; de Dagobert ΰ
(628-638), puis de son fils Clovis IL, roi de Neustrie, à la mort de
son père (638).
f). — Sous les Carolingiens et les Capétiens.
Le pays des Bituriges fit de nouveau partie des possessions du duc
d'Aquitaine qui s'était soustrait à la domination des Mérovingiens
(1) Carte de Peutinger, ouv. cite.
(2) Grégoire DE Tours: Vitæ Patrum, chap. 1x, 8 2: Vie de saint Patrocle.
Cf. LONGNON : La Gaule au vi® siecle, p. 410.
(3) 27, 247, pour l'année 834.
(4) 45, qui nous apprend que cette inscription fut longtemps conservée au
lieu dit : des Rilloux ; — Cf. J. Bariau : Néris-les- Bains, ses thermes... Mn.,
impr. Prot, 47,50, 51 ; — BoiROT-DESSERVIERS : Recherches et observations
sur les eaux minérales de Néris, Paris, Ballard, imp., Delaunav. lib., 1817.
(5) LoNGNox (Géographie de la Gaule au vi* siècle, ouv. cité, p.463) dit
que » le Berry passa sous la domination des Francs après la défaite d'Alaric
à Vouillé, en 507, et que « le partage de 511 ie fit entrer dans le royaume
d'Orléans ».
MoNTLUÇON ET SES RICHESSES D'ART 149
(714-768). mais qui fut contraint par Charles-Martel de jurer fidélité au
puissant maire du palais ; puis de Pépin le Bref, le premier roi de la
dynastie CAROLINGIENXE (752-768) ; de son second fils Carloman (771),
ensuite de son premier fils, Charlemagne (771-806), qui pour pré-
venir les discussions que la division de ses états pourrait faire
naître après sa mort, régla lui-même le partage de son immense
empire et assigna le royaume d'Aquitaine à Louis, le plus jeune de
ses fils, qui le gouvernait déjà depuis 781 ; de Pépin I«', fils de
Louis le Débonnaire, roi d'Aquitaine (814 à 830) ; de Pépin Il, fils
de Pépin I* (839) ; de Charles-le-Chauve, après le traité de Verdun
(843) ; de Charles l'Enfant, fils du précédent, proclamé et couronné
à Limoges roi d'Aquitaine (855-866) ; de Louis-le-Bègue (870) ; de
Carloman, fils de Louis-le-Germanique (880) ; d'Eudes, le vaillant
marquis de Neustrie et comte de Paris, fils ainé de Robert-le-Fort,
qui fut reconnu pour roi par tout le royaume que le traité de
Verdun avait assigné à Charles-le-Chauve (890) ; de Charles-le-
Sim ple qui en 898 avait succédé au roi Eudes et qui perdit,en 924.
les deux couronnes de France et de Lorraine ; de Robert, duc de
France, frère du roi Eudes, auquelles grands feudataires donnèrent,
en 924. le royaume de France ; de Louis IV, dit d’Outremer (935-
954) ; et des deux derniers carolingiens, en attendant que Hugues-
Capet, l'un des plus puissants seigneurs de la couronne, — dont la
Maison avait déjà donné au royaume, comme rois, Eudes, Robert et
Raoul, — monta sur le trône (987). et gouverna toute la France,
sauf la Lorraine et le royaume d'Arles (1).
Nous ne poursuivrons pas plus avant le sort du territoire « Mont-
luçonnais » qui resta dès lors, — si on ne tient pas compte des con-
quêtes éphémères anglaises, — définitivement attaché à la couronne
de France, sous le sceptre des Capétiens, troisième race de nos rois
(987-1818) et le vasselage des sires puis des ducs de Bourbonnais
(1202-1523).
(1 Cf. Les grands historiens de France ; — LONGNON : Atlas historique ;
— Bibliothèque de l'école des Chartes, spécialement, t. XXII, pp. 341-
s — etc.
Fig. 3. — Lance gallo-romaine.
150 SocIÉTÉ D'EMULATION DU BoURBONNAIS
CHAPITRE II
LA VILLE FÉODALE
$1. — MONTLUÇON CIVIL
DU HAUT MOYEN AGE A LA RÉVOLUTION
a). — Nom, étymologie.
Il serait tout à fait oiseux de rapporter ici toutes les fantaisistes
étymologies et les vaines hypothèses présentées par les auteurs, au
cours des deux derniers siècles, pour expliquer le nom de notre
cité (1:.
C'est un fait que Montluçon s'est appelé « Moxs Lucir » dans
les chartes les plus anciennes, depuis le vin siècle jusqu'au
xv® siècle (2). |
Dans la vie de saint Ménelée, abbé de Menat, dont la mort serait
survenue vers 720 (22 juillet), il est fait mention, pour la première
fois, semble-t-il, de l’'oppidum de Montluçon : « Mons Lucii » (3).
(1) On est allé jusqu'à lui trouver l’'étymologie de « Mons Lucens » parce
que « la ville reposait sur un roc de micaschiste brillant » !... ou, mieux
encore, parce que, située dans une forteposition stratégique. la ville « éclai-
rait » tout le pays !!.. d'autres enfin font venir son nom d'un bois sacré
« Lucus », dont la colline « aurait été primitivement recouverte » !!!... (Cf. 48,
692.)
(2) 27, 245 ; — et note 1 de la page suivante.
(3)« {n quodam oppido...quod MonsLucti communi vocabula nuncupatur a
tempore prisco...».— Cf. 46. Sous ces chiffres nous désigrons les thèses de doc-
torat ès lettres de M. Fazy, archiviste du département de l'Allier, qu'ilinti-
tule pour le public: Les Origines du Bourbonnais, mais qui portent pour
le jury d'examen, le premier volume, le titre : HISTOIRE des Sires de Bour-
bon jusqu'a la mort d'Archambaud VIII (12-19) et de la formation territo-
riale du Bourbonnais. La thèse complémentaire a pour titre : CATALOGUE
des actes concernant l'histoire du Bourbonnais, jusqu'au milieu du xt sie-
cle, accompagné d'un REGESTE des documents narratifs. L'importance de
ces volumes documentaires justifie cette note. — Pour la vie de saint
MonTrLzucon ET SES RICHESSES D'ART 151
Les graphies dece genre ne manquent pas. On trouve seize fois
« Mons Luc » rien qu’au x°, au x11° et jusqu'au xmnr siècle (1).
Il existe quelques variantes, qui se justifient par la nationalité
ou l'éloignement des écrivains.
Un anglais, Benoît de Péterborough, racontant, vers le 23 no-
vembre 1170, que le roi d'Angleterre s’est avancé en Berry, ajoute :
« versus Munr-Luszun » (2).
A lafin du xn° siècle, Rigord, parlant de la ville qui fut prise par
Philippe-Auguste, la nomme : Monreu Luzzonis (3) ; en août 1200,
Archambaud, seigneur de Saint-Geran, parle de son frère, Guillaume,
seigneur de Montluçon, qu'il écrit Monlucum (4).
Ménelée, nous renvoyons donc le lecteur aux indications suivantes du second
de ces ouvrages : Catalogue, p. 575-6 : Regeste, n° 11. M. Fazy y répète,
d’après M. Molinier (Sources de l'histoire de France, I, n° 593), que cette vie
légendaire est pleine de contradictions. Nous voulons bien l'admettre
sur de sisérieux témoignages, bien que nous n'ayons pu nous en assu-:
rer par nous-même , mais onna pas par là démontré que les réserves
qu'une sage critique peut être autorisée à formuler sur les détails hagio-
graphiques doivent s'étendre aux détails purement « géographiques » insérés
dans la vie des saints. L'amplification, l'exagération mème, une certaine
crédulité naïve peuvent s'y rencontrer au sujet des vertus ou des miracles
d’un saint : elles trouvent leur explication dans les méthodes d'informa-
tion, les moyens dont dispose l'auteur et le but de fausse édification
qu'il a le grave tort de se proposer. Par contre, les inutiles et dange-
reuses « inventions » de noms de lieux, par exemple, nous paraissent
peu admissibles par une critique que n'aveuglent pas de tenaces préjugés.
Le bon sens, au contraire, démontre qu'un faussaire a tout intérêt, pour
faire accepter des choses « extraordinaires », à les étayer par d'autres faits
Certains et les détails d'état de lieux empruntés à une topographie dont tout
le monde connait l'existence indéniable... — Cf. 28, 130. M. Chazaud cite
Comme référence les À cta SS. ordinis, S. Benedicti.…. t. III, p. 423.
(1) Cf. 46 : en 1049 (Regeste, n° 12, 28) ; — 1071-1089 (Cat., n° 459); — 1077,
& août (id., n°137); — 1078-95 (id., n° 178) ; — 1079 (id., n° 141): — 1108-20
(ëd., m° 238) : — 1171 (id., 392) ; — 4174 (id., n°° 402 et 403) ; — 1175 (id.. n° 407) ;
— 1188 (id., nes 439 et 440) ; — 1223 (id., n° 638) :.— 1242 (id., n° 86); — et
dans le testament d'Archambaud VIII, sire de Bourbon (id., n° 934:.
48, p. 175, fait observer qu'un médecin montluçonnais, écrivant en 1577,
intitule son ouvrage: « Harmonia superioris naturæ mundi et inferinris
Antonio Misaldo MONLUCIENSI medico et mathematico», Paris, in-12, 1577.
(2) 46, rég., n° 61 d'après « Gesta Henrici 11 et Ricardi I regum », dans
Historiens de France, t. XIII, 145 ; — 18, p. 175.
(3) 46. rég. n° 65 d'après Riconn : Gesta Philippi- Augusti, éd. Delaborde,
V, 91 (Historiens de France, XVII, 27), et Guillaume le Breton, éd. Dela-
borde, 1, 188 ; — 18, p. 175.
(4) 46, cat., n° 468. — Au xivt siècle, on trouve dans les actes : Monlu:con,
15? SOCIÉTÉ D'EMUIATION pu BoURBOoNKNAIS
Une chronique d'Aubri des Trois Fontaines, des environs de 1216,
relatant la mort de Guy de Dampierre, le puissant sire &e Bourbon,
parle de sa descendance et spécialement de son fils ainé Archam-
baud. seigneur le plus opulent d'Auvergne, non seulement par
l'héritage de sa mère, mais encore par la dot de sa femme, qui fut la
fille d’un autre Archambaud de « MoxTE Lucionis » (1).
Cette dernière transformation du primitif : «Mons Lucius» explique
parfaitement, et d'après les règles de la plus docte philologie (2). le
nom actuel de Montluçon.
Mais alors de quel personnage romain le nom de notre cité per-
Montluzon, Monlicon, Mohlicon, Molicon, Mollicon, Moluccoz, enfin Moluçon
(Cf. 62, p.167. Cette dernière déformation se retrouve encore de nos jours
dans les conversations populaires de la ville.
(1) 46, regeste, n° 80 ; — Historiens Français, t. XVIII, 786 : — Cf. 18,
155, qui indique « deux bulles, l'une de Calixte 11, en 1120, l'autre d'Adrien IV,
en 1158, qui désignent Montluçon par Mons Lucinus,.….. ecclesiam sancti
Petri de Monte Lucino ».
(2) La règle philulogique à laquelle nous faisons allusion est parfaitement
résumée dans la note suivante que nous devons à un brillant chartiste mou-
linois, M. Jacques Monicat. Nous la reproduisons sans changement ici, à
cause de son importance pour l'étymologie scientifique de Montluçon.
« Par analogie avec des noms propres d'origine germanique tels que
Hugo, Guido, Odo, etc., certains noms propres d'origine latine et, en parti-
culier les noms chrétiens tels que Petrus, Marcus, Lucius, ont revètu une
forme barbare en o-onis et sont passés de la seconde à la troisième décli-
naison ; EXEMPLES : Petrus : Petro-PETRONIS ; Lucius; Lucio-LUCIONIS.
a Les envahisseurs germaniques s'étant convertis au christianisme ont
souvent adopté des noms religieux d'origine latine : ils tendaient einsi à
diminuer la distance qui les séparait de leurs sujets. Cette coutume une fois
établie chez les Gallo-Francs, ces noms latins employés comme noms fami-
liers devaient subir l'influence des noms hypocoristiques germaniques
en o-one.
« Un père du nom d'A zo imposant à son fils le nom Petrus, formait le cas
régime sur le modèle du sien, Azonem : Petronem.
« Mons-Lucii devient donc par suite de ce phénomène : Mons-Lucionis et
aboutit régulièrement à Montluçon, de mème que Castellum-Petri devient
Castellum-Petronis, puis Chätelperron.
« Les graphies WMunt-Lussun et Montcio-Lu::oni sont purement phoné-
tiques et confirment qu'en 1170 et 1188 on prononçait bien Montluçon. Dans
l'ouest de la France et le français parlé en Angleterre, la graphie un équi-
vaut au son on dont Munt-lussun : Mont-lusson. De mème la forme Luz:oni
ne peut remonter qu'à une forme française se terminant en on.» — Pour
indications complémentaires, Cf. Recherches sur la genese et la diffusion des
accusalifs en AIN et en ON . — T'hèse présentée à la faculté de Zurich, par
1AKkoB Jun, Halle, 1907. (B. N. 8, zur, philologie, 1010).
Monrzucon ET SES RICHESSES D'ART 153
pêtue-t-il le souvenir ? Quel est le « Lucius » qui a donné son nom
à la colline sur laquelle, selon toute vraisemblance, un oppidum
gallo-romain commandait la vallée du Cher ? —
De nombreuses inscriptions trouvées sur le sol de Néris mention-
nent le nom de Lrvcics.
Une inscription (fig, #4) notamment répétée sur deux plaques de
marbre placées en des
lieux différents, nousap-
prend qu'en l'honneur
des divinités Augustales
et du divin Nério, un
romain de l'ordre éques-
tre, duumvir et deux
fois flamine, et un autre
personnage, fils de Lc-
cius Juzics, chevalier,
avaient consacré ou restauré les hôtelleries, les thermes et les por-
Fig. 4. — Inscription sur marbre decouverte en 1853
a Neris. — Vestibule du Grand Etablissement.
tiques sous lesquels s'épanchaient les sources de Néris, ainsi que
toutes les décorations qui enrichissaient ces édifices (1).
On a même trouvé à Néris. dans le champ de la Pale, sui des
tuiles à rebords, d'une pâte assez fine. qui devaient appartenir aux
‘ouvertures d'une construction du camp romain dit « camp de
César », l'inscription suivante :
LEG. VIIT AVG. L.APPIO. LEG. (2).
Légion huitième Augustale. Lucius Appius, légat.
Parmi les écrivains qui s'occupérent des origines dela ville en cher-
Chant dans l'histoire la justification de son nom, les uns n'ont pas
Manqué d'en attribuer la fondation à un Lucius, supposé fils de Cons-
(1) Nous donnons cette inscription reconstituée, partiellement, à l'aide
des fragments des deux plaques de marbre.
Inum)INIB[us]. AVi{gusti]ET. NERl|o]) DEO V{otum].. — …. AS. FIL.
EQVESIJER ILVIR. IIFLAM. ROM. ET. VG.. — LVCII IVLH. EQ[v)
ESTRIS. FILII CIMBER.. — .….[tabern]AS. PORTICVS. QVIBVS.
FONTES. Nlerii].. — … [cumJOMNIBVS. SVIS. ORNAMENTIS. — (Cf.
J. Bariau, ouvrage cité, p. 51).
(2) Cf. J. BartAU, ouv. cité, p.53. L'auteur ajoute : « Les traces du passage
de cette mème légion sont indiquées à Laisné, dans le Mäconnais, per l'épi-
taphe d'un soldat qui en faisait partie: Hic jacet miles candidatus legionis
Octava Cesaris Augusti. »
154 SoctÉTÉ D’'EMuLaTioN Du BouRBoNNAIs
tance Chlore :1); d'autres, plus simplement, à un proconsul, à un
gouverneur romain ou mieux à un commandant en second, lieutenant
d'un général romain, ce qui à la rigueur pourrait, en s'appuyant sur
les inscriptions nérisiennes, se rapprocher de la réalité.
b). — Montluçon chef-lieu
de toute la région au ZX° siècle.
Pour toute la longue période qui va de la conquête de la Gaule
par les Romains (50 ans avant Jésus-Christ), jusqu'au x° siècle de
notre ère, des ténèbres couvrent toute l’histoire particulière de
notre petite région. |
Une seule cité émerge de ces épais brouillards. C’est Néris, dont
l'importance, si grande sous les Romains, s'affirme encore au 1x° siè-
cle, comme chef-lieu d'un archiprètré déjà ancien (2). et par le séjour
qu'y fit alors le roi d'Aquitaine Pépin I, en 834 ile 24 novembre), et
en 838 :le 25 novembre) (3).
L'heure de la décadence allait pourtant sonner. Les énormes
richesses, la splendeur de Îla cité thermale romaine qui devaient
exciter tant d'âpres convoitises, avaient dû déjà diriger vers Néris
la ruée des barbares qui, aux ni, 11° et v® siècles, anéantirent presque
complètement en Gaule la civilisation gallo-romaine. On sait que
tour à tour Goths, Alamans, Huns, Saxons, Francs, Vandales, Lom-
(174, t. 1,196 : « Montluçon ainsi nommée selon aucuns de Lucius, très
renommé capitaine romain » ; allusion probable à la tradition dont nous par-
lons ; — 48, p. 175 qui rapporte cette légende, la déclare commune avec celle
dont se flatte la ville de Luçon « d'après Thibeaudeau » (Abrégé de l'histoire
du Poitou, t. 1, 238) et la déclare une fable. — Constance Chlore (Valérius
Flavius), né vers 250, mourut en 306, nommé César par Doclétien et Domi-
etien, bien que chargé du gouvernement de la Gaule cet de l'Espagne, paraît
n'avoir eu d'autre fils que l’empereur chrétien Constantin.
(2) Cf. A. LONGNON, La Gaule au VIes., ouvr. cité, d'après Grégoire de
Tours ( Vitæ patr., cap. 1x).
(3) 28. 129 ; — 46, 8 ; et 229 note 6, qui fait judicieusement remarquer
que peut-ètre l'Ancien Bourbonnais va trop loin quandil dit (t. I, p. 150)
que les dates des diplômes délivrés à Néris « prouvent que Pépin faisait de
Néris son séjour d'hiver ». — Du moins pour Chazaud il reste établi que
« Néris était bien le chef-lieu d'un district, ou pagus, dont les limites ont
dù être à peu près les mêmes que celles de la viguerie et plus tard châtel-
lenie de Montluçon, ou mème que celles de l'archiprètré de Narzenne.
(28, 117, 118.) .
MonTLUCON ET SES RICHESSES D'ART 155
bards, Normands (1) sortis de la Scandinavie... piétinèrent Îla
France.
J
Dans les dernières invasions, tandis que les Arabes, les « Sarra-
sins » , faisaient la conquête de la Septimanic, en attendant d’être arrêtés
à Poitiers par Charles Martel (732), les Hongrois. « peuple complète-
ment sauvage », entrèrent dans le royaume franc,uae première fois
en 910. et dévastérent la Lorraine ; ils revinrent en 915 saccager
les provinces de l'Est pendant trois ans, et depuis, jusqu'en 955,
ils multipliérent de redoutables incursions, qui achevérent la ruine
des riches cités gallo romaines, répandant un sentiment de terreur
dont on trouve des traces dans les traditions populaires (2).
Il s’est alors passé pour Néris un déplacement d'influence qu'on
observe chez nous à la même époque, et pour des causes à peu près
identiques, en faveur de Souvigny, de La Palisse et de Moulins.
En effet, Souvigny succéda au chef-lieu de la vieille viguerie de
Châtel-de-Neuvre, Lapalisse à Lubié, Cusset à Vichy. comme siège
de l’archiprètré ; Moulins à la suprématie religieuse d'Iseure, et
au rôle politique et administratif de Bourbon et de Souvigny (3).
De mème Montluçon remplaça Néris, et au point de vue religieux
en devenant le siège de l’archiprètré (4). et au point de vue civil
comme chef-lieu administratif et politique de toute la région.
L'évolution était faite au xi° siècle. Un géographe arabe, Enaisi,
mentionne dans sa géographie rédigée vers 1193 (5) que si« Montlu-
fon, dépendance du Berry », est une ville peu considérable, elle est
(1) Northman, homme du Nord.
(2) 28, 129: — 32, 10 et notes.
(3) 28, 121.
(&) « Le nom ecclésiastique de la circonscription resta,jusqu'en 1792, comme
Un fidèle témoignage de l'antique suprématie de Néris. I! y eut bien l'archi-
Prétré de Montluçon. mais | archidiaconé (qui comprenait aux xt* et xii* siè-
cles, les archiprètrés de Chantelle, Montluçon, Saint-Désiré [”]et Huriél
€ est-à-dire beaucoup plus évidemment que l'ancienne viguerie de Néris)..
Ù archidiaconé, lui, garda jusqu'au buut le nom de Narzenne, qui n'est autre,
Sans doute, qu'une corruptivn d'une des furmes Nereensis, Neerensis. Ner-
Censis, que donnent divers textes de Grégoire de Tours. » (28, 129. — Cf.
LONGNoN, ouvr. cité, p. 470 )
(G) 28, p. 130; — 46, cat., p. 640, qui fait remarquer que, d'après la préface
2 l'auteur, Edrisi a dû terminer son vuvrage à la mijanvier de l'an 1154
e J.-C.
156 SoctéTé D'EMuLaATioN pu BouRBOoNNAIS
bien peuplée, et que ses « environs sont pittoresques et le territoire
très productif » (1).
Il est évident que si, en 1153, Montluçon, « petite ville» (jusqu'au
commencement du xix* siècle), était cependant alors déjà bien peuplée,
c'est que son existence et son importance comme cité ne dataient pas
de la veille, et que sans doute, formée au point stratégique du croi-
sement de voies romaines et à la frontière des peuplades du Berry,
de l'Auvergne et de la Marche, comme on le constate déjà à l'époque
gallo-romaine, elle avait dû se constituer autour de l’oppidum qu'y
signale, vers 720, l’auteur de la vie du saint abbé de Menat, à
mesure que Néris, ruinée de plus en plus, perdait de son importance
à son profit (2).
La situation géographique et donc stratégique de Montluçon
avait appelé la ville à jouer un rôle de premier plan lors des inva-
sions des barbares et, plus tard, dans la défense de la nouvelle pro-
vince bourbonnaise qui allait se constituer (3).
(A suivre.) CHanoiINE J. CLÉMENT.
(1) Parlant aussi de Bourges, Epaisi ajoute : « Bourges... est, ainsi que
Montluçon, environné de villages bien peuplés, de terrains fertiles et de
vignobles. » 46 rég., p. 6%, n° 56, d'après l'Abrégé de la géographie d'Edrisi,
traduit par Amédée Jaubert, dans le Recueil de voyages et de mémoires,
publié par la Société de Géographie, 2 vol. 4°, Paris, 1836-1840, t. II, p. 239
et 242 (Cf. 88, 130).
(2) « Montluçon... que sa position sur une hauteur facile à défendre, et
selon toute apparence un castrum ou château-fort, soit en pierre, soit en
bois, avait dù mettre à l'abri d'un coup de main, put résister aux Hongrois
mieux que Néris, s'accroitre à ses dépens et, par suite, l'empècher en lui
succédant, de se relever de ses ruines. » (28, 130.)
(3) C'est ce qu'a bien saisi Achille Allier, qui a montré dans Montluçon
« la clé de passage de l'Auvergne au Berry, la première place des basses
terres contre laquelle venaient se beurter les maitres de l’Aquitaine en
suivant la longue et douce pente du Limousin et de la Marche ». (14, t. I.
311.) Cf. 81, 263.
ENS
VSESESZHSESESE
Un aveu et dénombrement
de la Seigneurie de Saint-Gérand-de-Vaux
PAR
Jean de Chauvigny. chevalier, 8 janvier 1443 (v. st.)
Notre confrère, M. Louis Grégoire, avant de verser aux Archives
départementales de l’Allier, l’aveu et dénombrement dont il s'agit,
a eu la gracieuse pensée de donner à la Société communication de
cette pièce intéressante pour l'histoire de la seigneurie de Saint-
Gérand-de-Vaux. Toutefois nous n’en présenterons pas la teneur
in exlenso, car le document communiqué n'est que la copie faite au
xvui siècle d'un vidimus du 9 octobre 1495. Le scribe du xvin® siècle
a du reste commis des fautes dans la transcription de cet acte ; ce
serait un délit de lèse-érudition que de publier ce texte sans un
tollationnement préalable avec l'original qui existe dans la série P
des Archives Nationales ; les Noms féodaux de Dom Bétencourt nous
en donnent la preuve (1). .
Laissant à ceux qui écriront un jour l'histoire de Saint-Gérand-
de-Vaux le soin d'un récolement avec l'original et la comparaison
avec d’autres pièces similaires (2), nous nous bornerons ici à ex-
traire de cette copie du xvui* siècle d’un vidimus de 1495 de l'aveu
de 1443, ce qu'on peut appeler, à la facon de Rabelais : « la sub-
Stantifique moëlle ».
(1) Voir : Noms féodaux, à Jean de Chauvigny. 1443, cote indiquée : Re-
Bistre 459, p. 123. Cette cote de Dom Bétencourt permettrait de retrouver la
Concordance avec le classement actuel de la série P. des Archives Na-
tionales.
(2) Voir Noms féodaux autres aveux et dénombrement fournis par les
Chaurigny pour Saint-Gérand-de-Vaux.
158 Société n'EmuLATIoN pu BouRrBoNNAIS
C'était une seigneurie d'importance que celle de Saint-Gérand-de-
Vaux (1). On ne possède de renseignements certains sur cette terre
bourbonnaise, à ma connaissance. qu'à partir du xiv° siècle et elle
est déjà aux mains des Chauvigny ou Chouvigny. vieille maison
féodale de la meilleure noblesse, connue surtout, jusqu'à nos jours,
sous le nom de Chauvigny ou Chouvigny de Blot.
Il est à supposer que la terre de Saint-Gérand-de-Vaux appartint
tout d’abord aux sires de Bourbon de la première race, celle qu’on
appelle communément la maison des Archambaud de Bourbon. On
est induit à le penser parce que Louis, duc de Bourbonnois, étant en
otage à Londres (2), avait encore des possessions sur la paroisse de
Saint-Gérand-de-Vaux et, en février 1359 (vieux style), donna toutes
les dites possessions à Philippe de Chauvignyv, dit Bichat de Nades,
chevalier, seigneur de Saint-Gérand-de-Vaux en partie, son cham-
bellan, en récompense de ses bons offices, moyennant une rente de
49 livres tournois.
On pourrait donc peut-être supposer que les Archambaud de
Bourbon donnèrent en fief à la maison de Chauvigny, partie de la
terre de Saint-Gérand-de-Vaux (3).
Quoi qu'il en soit de cette hypothèse, quand l'histoire de la sei-
gneurie de Saint-Gérand-de-Vaux sort des brumes du passé, au
xiv® siècle, elle est, pour une bonne partie, possédée par Îles
Chauvigny.
Le premier que nous rencontrons est Blain de Chauvigny, dit de
(1) Actuellement commune du canton de Neuilly-le-Réal, arrondissement
de Moulins (Allier). |
(2) Le duc Louis II de Bourbon, à la suite de la désastreuse bataille de
Poitiers, était alors un des otages envoyés en Angleterre parle roi Jean-
le-Bon.
(3) On ne peut admettre. a priori, que cette terre de Saint-Gérand-de-
Vaux soit venue aux Chauvigny prr les Blot, car l'allianse Chauvigny et
Blot est postérieure à l'époque où la branche des Chauvigny, sgrs de Saint-
Gérand-de-Vaux, s'est détachée de la souche primitive. Sans cette cir-
constance, on aurait pu soutenir que les Archambaud de Bourbon auraient
donné la majeure partie de Saint-Gérand-de-Vaux aux Blot. leurs cadets,
et que ceux-ci l'auraient transmise aux Chauvigny. Îl est vrai que, contre
cette hypothèse, s'élèverait aussi le fait qu'aucun ducument, à ma connais-
sance, ne fait figurer Saint-Gérand-de-Vaux parmi les possessions des Blot,
dont les seigneuries se trouvaient dans 18 partie de l'Auvergne qui touche
au Bourbonnais, en Combraille, près d'Hérisson, et enfin en Morvand et
Nivernais.
SEIGNÉURIE DE SAINT-GÉRAND-DE-VAUx 159
Nades. chevalier, sgr de Santes, de Saint-Just-en-Combraille, de
Saint-Gérand-de- Vaux, de Valençon et de Gouise, né vers 1300. On
n'est pas bien fixé sur son ascendance. Des Gozis le pense fils
. d'André de Chauvigny, dit de Nades, vivant vers 1300.
D'une alliance inconnue, il eut un fils aîné Jean, et un cadet,
Philippe.
Philippe de Chouvigny, dit Bichat de Nades, chevalier, fut sei-
gneur de Saint-Gérand-de-Vaux en partie, de Valençon, de Saint-
Loup. de Rongère, de Varennes, de Saint-Gérand-le-Puy et de
Paray. Etant chambellan du duc Louis IT, an 1359 (v. st.), il en
reçut, au mois de février, la donation de terres à Saint-Gérand-de-
Vaux, dont il a été déjà parlé plus haut. En 1366 et 1376 (Noms
féodauzx), il rendit hommage et fit aveu et dénombrement pour Saint-
Gérand-de Vaux, Paray et autres seigneuries. |
Entre autres enfants, ce Philippe de Chouvigny. dit Bichat de
Nades, eut un fils Jean, chevalier, et c'est ce Jean de Chouvigny,
qui, le 3 novembre 1443 (v. st.), fit le dénombrement que le Directeur
du Bulletin n'a prié d'analyser pour notre Société.
Le chevalier Jean reconnaît tout d'abord tenir du duc de Bour-
bonnois, à cause de sa châtellenie de Verneuil, le « lieu et château
« fort de Saint-Gérand-de-Vaux, comme il est. environné de fossés,
«“ avec les jardins, garennes appartenant audit lieu ».
Puis viennent en la ville de Saint-Gérand-de-Vaux, des tailles
aux villages du Vernoy et du Crozet. Ces licux dits et ceux qui vont
suivre se retrouvent pour la plupart sur nos cartes modernes et
Permettent de délimiter, de façon assez précise, l'étendue de la
seigneurie de Saint-Gérand-de-Vaux.
Des tailles sont encore perçues au village des Sallonnes, qui, ün
jour, montéen grade, devait devenir un fief de la vieille famille des
Roy > AUX villages de Plamat, de Villards, de Vauvre, de Luzeray,
de La Forest de l'Hôpital (1) ; aux Echerolles, qui seront un jour
fief des Giraud des Echerolles.
(1) A la Forèt de l'Hôpital, le seigneur touche des cens en monnaie pou-
Jeoise. Il est plusieurs fois question, dans le dénombrement, de monnaie
Pougeoise,
La Curne de Saint-Palais nous dit que par monnaie pougeoise ou pougoise,
il faut entendre une monnaie du temps de saint Louis.
Du Cange fait dériver ce mot de pogesia, en sous-entendant moneta, et il
160 SociÉTÉ D'EMULATION pu BouRBoNNaïts
Jean de Chouvigny perçoit des cens. Il possède aussi : «le grand
« dixme de Villards que part par nos devis avec l'abbé de Saint-Gil-
« bert, à cause de la maison de Luzeray, assise en ladite paroisse de
« Saint-Géran ».
Viennent ensuite les petits dixmes et perciers (1) de l'hôtel de
Saint-Geran, les perciers de Chassignolles, les dixmes et perciers de
Fols et de Crozay, de Verzures, des dixmes aux Echerolles, dont
certaines parties sont partagées avec lés héritiers de Laurent
Gaucher.
Divers prés appartiennent au seigneur de Saint-Gérand-de-Vaux.
Ce sont : Le grand pré, « assis devant le fort de Saint-Geran » ; les
prés de La Pele, des Aanoys, « assis contre la rivière de Rison » ;
le pré Bau, assis au terroir des Aunoys, acquis par ledit seigneur de
Jean Cheru, de Ville ; le grand pré de Vauchieux Gardinet, qui fut
jadis de feu Jean Paupreu (?) « assis contre le chemin commun
venant de l'église dudit lieu {Saint-Gérand-de-Vaux]| ». Un quar-
tier de pré & assis en la sauve de l'étang de Guichard de Bruny ».
Sont encore énumérés : Le grand pré du Vernay « cost l'étang
dudit seigneur de Saint Geran » : les prés de Mortais et le pré
Bouchet.
Le dénombrement passe ensuite aux étangs : L’étang de Veroy,
l'étang du Crozet ; le pré et l'étang des Préaux, assis au terroir de
« Chazeul » ; l'étang d'Uxel.
Puis ce sont les « bois, vernais et garennes » du Vernay, de
Renaudière, du village du Crozet, « cost le tènement Picard », le
Petit Bouchet, la garenne de Merlaix, assise au-dessous de la maison
de Chausson ; les bois Vernaix, au terroir du Crozet, autour de
l'étang ; « un petit bouchet de bois assis au bout dudit étang » ; bois
de Fols « cost le chemin de Loxme, avec le verger ; le bois de la
Grange et garenne d'Uxel, au-dessous de l'étang du seigneur de
Saint-Géran, etc... ».
Signalons une motte, qui peut-être ne fut jamais féodale, mais n'en
fait venir pogesia de pogiensis, monnaie des évèques du Puy qui valait dix-
sept sols, six deniers (tournois probablement).
(4) Perciers ou mieux percières, droit perçu sur les terres nouvellement
défrichées, et qui, par suite, sortaient, au profit du cultivateur, du domaine
direct du seigneur.
SEIGNEBURIE DE SAINT-GÉRAND-DE-VAUx 161
est pas moins intéressante à mentionner comme trace d'habitation
ancienne, d'autant que la charrue l’a peut-être nivelée :
« Une motte et fossés appelés de Mons, avec les garennes et ap-
partenances. » |
Le dénombrement signale de plus une « grande quantité de terres
hermes (1), en tout soixante septerées de terre ou environ, à l’entour
dudit Saint-Géran », etc. …
La blérie (2) de ladite paroisse de Saint-Gérand.
De la seigneurie de Saint-Gérand-de-Vaux relèvent : « Le fief de
« Pierre de Saint-Aubin qu'il tient et porte dudit seigneur de Saint-
« Géran, sur un dixme assis sur la paroisse de Guize [Gouise] »..
« Item la terre de Saint-Loup et les appartenances » plus encore,
la terre de Bredour.
Analyser par le menu tous les droits dont jouissait le seigneur de
Saint-Gérand-de-Vaux, à raison de Saint-Loup et Bredour, nous
entraînerait bien loin. Je me bornerai à mentionner les droits de
mesure, de layde (3) et de four (4), le droit de justice.
Au point de vue topographique et d'ancien habitat humain, il
convient de signaler aussi: « La motte de Saint-Andrieu, si comme
« elle est environnée de fossés doubles, avec les garennes, atou-
« chant tout autour ladite motte ».…
€ Item, une motte appelée le Châtel, si comme elle est close de
{ fossés, avec les garennes à ce appartenant. Item les vignes et La
{ Malgarnie assis cost laditte motte, le chemin entre deux. »
Dans la paroisse et justice de Saint-Loup, Jean de Chouvigny fait
tnCore aveu et dénombrement de terres, vignes, terres gagnables et
(1) Terres hermes : terres en friche.
(2) Btérie ou blairie, redevance perçue par le seigneur en échange de la
faculté donnée aux manants et habitants de la seigneurie, de faire pâturer
leurs bestiaux sur ses terres, après levée de récolte ou dans les bois st héri-
tages non pourvus de clôtures.
(3) Leyde ou layde, droit de place au marché et droit perçu sur les mar-
Chandises qui y étaient apportées.
(&) C'est le droit de four banal. A l'origine, ce fut un véritable service rendu
AUX habitants qui n'avaient pas le moyen de construire des fours dans leurs
Maisons. Le seigneur fit donc les frais de construction de fours banaux,
auxquels on devait venir faire cuire son pain contre redevance. Plus tard,
Auand les logis furent construits en pierres et tuiles et qu'on put avoir des
fours à domicile, le four banal parut une sujétion incommode, parce qu'il
ne répondait plus à un besoin ou à un service rendu.
T1
162 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BoUuRBONNAIS
non gagnables, plus des droits que ledit seigneur partage avec les
nommés Perrin et Antoine Gabart, notamment au Grand et au Petit
Toulais. Il en partage également audit lieu avec les héritiers d’An-
toine Vigier, de La Ferté. Il possède aussi maisons et pressoir à
Saint-Loup, divers étangs, des chaumes, bruyères, terres gagnées
et non gagnées, tant sur la terre de Saint-Loup que sur celle acquise
« de Saint-Andrieu ». Il a aussi les « sailles » et prairies de Saint-
Loup.
De lui relève le fief de Perrin et autre (sic) Gabart [lire Antoine
Gabart|].
Après les malheurs subis par les vieilles archives du duché de
Bourbonnais, il n'est peut-être pas inutile de relater en quels termes
les gens de la chambre ducale des Comptes recevaient les dénom-
brements des vassaux :
« Cette nommée baillée par Messire Jehan de Chouvigny, che-
« vallier, seigneur de Saint-Gérand-de-Vaux, a été reçue en la
« Chambre des Comptes, à Moulins, par Messieurs de la Chambre
« desdits Comptes, sous audition et réservation que si en la ditte
« nommée est mis chose déritage ou de justice qui appartienne à
« mon dit seigneur et non mi audit chevallier, que de laditte
« nommée il ne se puisse aider contre mondit seigneur au requeste
« de ce moi (sic) s'en aidera Monsieur contre luy d'avoir mal fait et
« mal dénombré, à la peine qui y échera, et si en laditte nommée il
« ya obmis et délaissé de mettre aucune chose qui tienne du fief
« de mondit seigneur, mondit seigneur pourra recevoir son droit de
« fief et autres droits qui luy appartiendra sur lesdittes choses obmi-
« ses. Fait le huitiesme jour de janvier, l'an mil quatre cent qua-
ns
« rante-trois. »
« Plus estoit escrit au dos ce qui s'ensuit :
« Verneuilh. La nommée de Monsieur de Saint-Gérand-de-Vaux
«a à cause de son chasteau et forteresse dudit lieu de Saint-Gérand.
« Îtem de sa terre de Bredour et de Saint-Loup avec les grands et
« petits dixmes dudit sieur » [lire, vraisemblablement, dudit lieu].
Em
La copie, très fautive en divers points, communiquée par M. Louis
Grégoire, faite au xvi* siècle par un homme d'affaires quelconque,
le fut sur un vidimus de la fin du xv° siècle, établi à l’occasion d’un
différend survenu entre le seigneur de Saint-Gérand-de-Vaux et
SEIGNEURIE DE SAINT-GÉRAND-DE-VAUx _ 163
Saint-Loup et quelques habitants de cette dernière paroisse. A cette
époque ces deux terres étaient sorties de la maison de Chouvigny.
Elles appartenaient à Charles Soreau, écuyer, neveu d’Agnès, la
célèbre petite reine. in partibus, la « belle amie » de Charles VII.
C'est ce que l'on voit par le procès-verbal de collationnement
reproduit dans la copie du xvini® siècle communiquée par notre
confrère Louis Grégoire :
#8 À A
Ar ARARR RAR
« Collation a été faite à l'original de laditte nommée par naus,
Durand Debarbier, licencié ès loix, conseiller du Roy. maître des
requestes du roy nostre sire, lieutenant général de M" le bailly de
St-Pierre-le-Moustier, commissaire cominis et ordonné et député
par nos seigneurs les gens tenant la cour des requestes du Roy
nostre sire, en son palais, à Paris, pour faire la collation pour et
à la requeste de noble homme Charles Soraul (sic), seigneur de
Saint-Géran-de-Vaux et de Saint-Loup, demandeur en certaine
cause pendante en la Cour des dites requestes, à l'encontre des
maänans et habitans dudit Saint-Loup autres (sic) que Thévenin
Plates, du Muset, Jehan Berthomier, du Feling, Antoine Guérin
lénné et Jehan Durand lainé. — Laditte collation faite en la
chambre des Comptes de Moulins, où estoient lesdits nommés (sic ;
lire sans doute : ladile nommée) qui nous a esté baillée pour en
faire les coppies et cotation (sic ; pour collation) par les gens des-
dits comptes de M. le duc de Bourbonnois et d'Auvergne, par
Commandement de nous à eux fait par Pierre Babot, procureur
dudit officier (sic) et Antoine Forestier comme procureur desdits
habitants et de M° Beras Belissier, licencié ès loix qui auroit
Comparu ce jourd'hui par devant nous, à la requeste dudit de-
mandeur, pour voir faire ladite collation par Jehan de Chauvigny,
ser gent royal (1), ainsi qu'il nous a relaté de vive voix, apellé avec
nous pour laditte collation faire, Jehan Guerard, nostre greffier
au siège dudit Saint-Pierre-le-Moustier, le neufviesme jour du
mois d'octobre, l’an mil-quatre-cent-quatre vingt quinze. PIRE
« Belissier et Babot. »
(1) Quel est ce Jean de Chauvigny, resté comme un témoin et un souvenir
€ la possession de Saint-Gérand-de-Vaux et de Saint-Loup par la puis-
Sante maison dont il portait le nom ?
164 SoctÉTÉ v’EMULATION pu BOoURBONNAIS
La copie du xvini® se termine comme suit :
« NoTA. — Ïl y a un aveu et dénombrement en datte de l'an 1351
« portant de plus que celuy de 1443, les prés appelés Junoyer et
« des Aunes, plus le chauffage (1), bâtiment et pâturage qui est
» autour du Bateau, plus du droit que ledit seigneur de Saint-Gérand
« a accoutumé de percevoir dans le bois et forest de Royer ; laquelle
« forest appartient au seigneur de Jaligny et tenu du fief d’iceluy
« seigneur de Jalligny et arrière fief du duc de Bourbonnois. »
Par l'analyse détaillée reproduite plus haut, on voit que nul érudit
ne pourra se dispenser, pour une étude un peu poussée concernant
Saint-Gérand-de-Vaux, de recourir à l'original de cet aveu et aux
pièces similaires signalées au début de cette étude. On constatera
aussi que les documents de ce genre fournissent en outre des ren-
seignements parfois inattendus sur des points de topographie et
d'archéologie, témoins ces mentions de mottes dont pourront profiter
les opiniâtres chercheurs de notre compagnie qui s'efforcent de
compléter sur ce point les relevés commencés par nos anciens.
Pa. TIRRSONNIER.
(1) Chauffage : maison pourvue de cheminée.
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LES RECNAULT DE CORDEBŒUF
ET LE CHATEAU DE BEAUVERGER
EN BOURBONNAIS
Comme de tant d’autres, l'origine de ces Regnault était con-
troversée, À les croire (1), ils descendraieut d’un chancelier de
lrance en 955, dont le neveu fut chancelier du roi Henri If, sui-
vVant des manuscrits de Saimt-Martin-des-Champs. D’autres (2),
désintéressés, qui trouvent des Regnault répandus dans la contrée,
résument qu'ils venaient de simples bourgeois de Gannat, men-
Lonnés aux Noms F'éodaur. Mais sans preuves. Car leur filiation
Paraïil suivie seulement à partir de Jean (3), lequel, en février 1300
(v. Style), reconnail tenir, du chef de Pétronille de Saulzet, sa
lemme, des cens en blés, gélines, parcières, ete., en la châtellenie
de Gannat, pour une valeur totale de 70 sous. Vers le même temps,
EE 1:302, Hughes où Hues Renault (4) servait dans la guerre de
Flandre. A celut-ci s'arrête Chérin (5), pour reconnaitre à leur
desce 1 dant le droit de monter dans les carrosses du rot,
Les N'oici our trois siècles enracinés dans ce mol com de Limit-
sne, 'aspulé entre deux provinces, qui n'est presque plus bour-
: . Bib. Nat. Pièces originales 853, f° 12. Manuscrit anonyme.
Cirs % pothèse émise parl'abbé Peynot, dans le compte rendu de la X°ex-
Est ne de la Société d Emulation du Bourbonnais dans la région Nord-
l'ori < sannat, 1908, p. 140. — Le lecteur voudra bien, pour ce qui concerne
dite des Regnault, se reporter à sa monographie, qui nous a permis
Très bref.
OS TB ÿd., p. 14.
tn EL" auteur du manuscrit précité de la Bib. Nat. a eu sous les yeux deux
QUE en n ces de ses gages données par cet Hughes. La seconde portait un sceau
de ire rouge sur lequel se distinguaient deux chevrons, deux oiseaux, etc,
SY Hib. Nat.
166 SocIÉTÉ D'EMULATION pu BoUuRBONNAIS
bonnais, sans être encore d'Auvergne. Les monts lointains y fer-
ment de trois côtés l'horizon ; mais, à l’orient de Gannat, « y a la
belle plaine (1), terres fortes à froment, prés, pascages ; et sur la
montagne entre lorient et le septentrion, sont les grands vignobles
de longue estendue, qui produisent abondance de bons vins et
délicieux, de manière que ladite chastellenie est abondante en blés,
\ins, chars, huiles, beurres, fruits et safrans pour le commodité
des habitants, » Nos Regnaull sur la crèlte possédaient la moitié
de la grande dime de Mascrier ; puis, au pied du coteau, parmi
les novers el les saules, le petit fief démembré de Saulzet, qu'ils
appelérent de ce nom prometteur : Beauverger. C’est là qu'advint
à Guillaume Regnoult la fâcheuse aventure rapportée tout au long
dans un ancien Bulletin (tome XIE, p. 408, article intitulé : Quel-
ques traits de mœurs féodales). Un soir de novembre 1439, une
femme frappa à la porte de |” « ostel ». Et comme elle ne sut dire
ce qu'elle voulait, Guillaume, sur la déposition d’un valet, la pre-
nant pour une empoisonneuse, la fit mener dans une chambre et là
« meltre en geyne » si « âpre » qu'elle mourut dans la nuit.
Nous ne reviendrons pas sur les détails connus de cette scène
pénible. L'affaire, comme on sait, se termina par des lettres de
rémission, qui furent accordées à Guillaume par le duc Pierre
de Bourbon. Retenons seulement que le duc pardonna comme
« mehu de pitié », mais aussi « par contemplacion » de sa « très
chère dame et mère » (2) et de sa «très chère et amée sueur l’em-
peresse de Costentinople » (8), qui le prièrent pour le coupable.
Car Guillaume ctut, les lettres nous l’upprennent, écuyer de la
duchesse douairière.
Outre la lumière assez crue qu'il projelte sur des mœurs rudes,
ce tragique épisode à Je mérite de nous montrer, dès le tiers du
xiv* siècle, nos Regnaull établis à Beauverger, et déjà tenant une
place dans l'entourage domestique des Bourbons, leurs suzerains.
Guillaume, sur les hauts de Mazerier, bâtit le château de la
(1) Nicolas DE NicoLay: Générale description du Bourbonnuis, publiée par
A. Vayssière, Moulins, 1889, t. II, p. 1:38.
(2) Marie de Hainaut.
(3) Marie de Bourbon, épouse de Robert de Sicile, prince d'Achaïe et de
Tarente, empereur titulaire de Çonstantinaple,
Les REecnaurr pe CorDEeBœtr 167
— +.
Motte (1), qu'il ransunt à son fils ainé. Au second, Guillaume de
la Motte, échut Beauverger, ct, je ne sais comment, une autre
seigneurie, dont nous le trouvons pourvu, ce Cordebœuf, sis plus
bas, au fil de l'Allier (2), dont les Regnault retinrent le nom à
travers les siècles. Mais ce second domaine passa vite en d’autres
mains, et le château subsistant, que le diable visita (3), semble
bien jeune pour qu’y demeure le souvenir des seigneurs qui nous
occupent.
Quand le duc de Bourbon fouda son ordre de l’Ecu d'Or ou de
Notre-Dame du Chardon, le sire de Cordebœuf fut compris dans la
première promotion (5).
Messire Guillaume, chevalier, apparaît dans un tütre de l’an
13735 (5). Il commandait lors à un chevalier et sept écuyers. Puis,
le 3 septembre 1388 (6), Jean de Berry nomma le seigneur de
Cordebæuf, chevalier bachelier, parmi gens de son « hostel, montez
el _arnmiez soulizamment pour servir Monseigneur le Roy en ces
présents voyages de la Meigne ». (C’est, je pense, de l’expédition
de Charles V en Gueldre qu'il s'agit.)
Sorti, pour combattre, du Bourbonnais natal, Guillaume poussa
Sa fortune ; et nous le trouvons, en mai 1398, chambellan du pauvre
Charles VI (7).
Durant de Cordebœuf. son fils. passe modestement entre ce vail-
lant pére et ses propres enfants. De ceux-c1, pour mémoire seule-
ment, nous citerons le chevalier Guillaume, l’ainé, élu de la Haute-
Auvergne. lequel épousa, le 12 avril 1431 (S), Louise de la Roche,
‘Comtesse de la Motte, « veuve de noble homme Dalmas de Vis-
SuC >».
éritagre.
Ce
El décéda sans postérité légitime et son frère recuerit son
d Cauet, le seigneur de Beauverger, occupe encore les éru-
Il
$ (S7%. Continuant la tradition du grand-père, nous le verrons à
- Abbé PEYNoT, loc. cit., p. #2 : seigneurie de la Motte Mazerier.
(3 la commune de Paray-sous-Briailles.
ne Sa rw la légende de Cordebœuf. Cf. L'Ancien Bourbonnais, t. 11. p. 326.
5) . CoiFFiER-DEMORST : Histoire du Bourbonnais, t. Il, p. 357-362.
Le Nat. Pièces originales, 853, f° 13.
6\ re
(n) N — de l'Allier, E 251.
ES Bib, Nat. Pièces originales, lac. cit., f° 44 w°.
8) Cf. Dans la Romania les remarquables articles de M. A. Thomas, sur
168 SOCIÉTÉ D EMULATION Du BoUuRBONNAIS
son tour chambellan de Louis XI, mélé pour sa part modeste aux
péripéties de ces temps agités. Son mariage d'abord est digne de
remarque, et par la femme qu’il épouse, et par le lieu de sa célé-
bration.
M. de Quirielle a publié déjà les vers si flatteurs du Champion
des Dames sur cette « aultre Minerve » :
.... la belle Jamette
Niepce de Pierre de Nesson.
Longtemps encore après, en 1538. Jean Bouchet la nonime en
son Jugement poélic du sere féminin :
Je n'obliray la subtile Jeannette,
Fille à Nesson, qui de rhythme tant nette
Seeust bien user....
Double erreur et sur le prénom de la dame et sur sa parenté. Du
moins le souvenir de la poétesse n'avait pas encore péri. — Si cette
Minerve oubliée méritait tant d'honneur, nous n'en saurions juger ;
car son œuvre tout entière, qui dut être ahondante, s’est perdue,
hormis un seul rondeau qu'on va lire (1), ni moins bon, ni meilleur
que tant d’autres, écrits en cet âge fécond où l’amour courtois
suscitait tant de rimes.
C'est pour me receller les biens
Qui sont en vous, comme je tiens,
Que ne voulez que je vous voye ;
Mon cuer s'en plaint, que vous envoye :
= Aussi font les pouvres yeux myens.
Chascun jour je vois et reviens,
Regardant si je verray riens,
Ainssi que de coutume avoye :
C'est pour me [receller les biens].
Merlin de Cordebœuf (tome XXXV, p. 82 et suiv.)et sur Pierre de Nesson
(t. XXXIII, p.540 et suiv.). — M. de Quirielle a déjà donné de ces articles
dans le Bulletin de 1906 (p. 241 et suiv.) un excellent compte rendu. Nous
nous efforcerons de le compléter en évitant — autant que nous le pourrons
— les redites.
(1) Publié par Gaston Raynaud : Rondeaux et autres poésies du X V°s.
p. 59. Paris, in-8°, 1889. #
Le
Les REGNAULT DE CoRDEBŒUr 169
Toutesfoiz, se nul n'en retiens,
Devant tout le monde maintiens
Que je veu j'en ay tel montjoye
Qu'on ne pœut plus ; maiz quoy ? ma joye
‘ Ce n'est pas celle ou je viens :
C'est pour me [receller les biens].
Je voudrais, pour l'honneur de la dame, que ces vers, d’une
ardeur subtile, fussent adressés au futur mari. Mais je ne puis.
céler que l'objet de sa flamme poétique n'ait été Tanguy du Chà-
tel, Île neveu, digne chevalier d'ailleurs, qui se devait distinguer par
une fidélité méritoire envers son roi défunt. Il répondit (1) à Ja-
mette en mème langage, assez gaillard. sur les mêmes rimes, mais
ses vers sont moins bons. Rien ne permet de dater cet échange de
rondeaux, sans résultat peut-être, car nous ignorons quelle réalité
Se cache sous le mensonge des vers. Mais sans doute M. de Cor-
debœuf a dû connaitre l'inconvénient d’être mari d’une poétesse.
Sur les Nesson, M. de Quirielle ne nous a rien laissé à dire. Ils
utent d'\igueperse, de riches marchands de drap. Le bisaieul,
Guillaume, avancait de l'argent au duc de Berry. Le grand-père,
re Barthelemy de Nesson, consciller du roi et de Monseigneur
de Berry, fut par celui-ci nommé en 139% châtelain de son comté
de Montpensier. Grand bâtisseur cet pieux, il a fait construire, au
long de l'église paroissiale, le « Nesson ». celte curieuse chapelle
des morts à deux étages en picrre noire, surmontée d’un cloche-
lon à Huit pans. [l était &« molt grand riche homme » et possédait,
disent les gens d'\igueperse (2) © plus de dommaines en la ville
ue Le duc ». Mais. comme il S’arrangeall à peu.parver la taille,
*S Ad rninistrés, un dimanche de 1412, saccagèrent sa maison,
MPOI-E ant « tous ses draps et Les portes el les fenêtres ».
De ses fils. le second est presque célèbre : c’est Pierre de Nes-
“M za uteur du Lai de Guerre, bien connu des lecteurs du Bulletin.
Atta ché « dès son enfance » aux Bourbons, poète quasi officiel
de l:a B>etite cour ducale, il fut introduit bar sa duchesse dans l’en-
our £# € du roi. L’honnète Alain Chartier venait justement d’y faire
“an a le. Nesson, pour venger l'honneur des dames, le « diffama.…
A Æbid. p. ©.
À Cf. a. Thomas, op. cit.,t. XX XIII, p. 550-551.
170 SoctéTÉ D EnuLaATiIonN Du BourBoNNaAIs
publiquement » (1). Il fut prôné par ceux, par celles dont il expri-
mait les rancunes et connut le succès.
Moins notoire, le frère ainé, Jamet, avait aussi sa place à la
cour, en qualité (dès 1398) de valet de chambre, garde des coffres
ou trésorier de la casselte particulière de Charles VI : poste de
confiance assurément. Sa femme, la « Marcadée », petite-fillé d’un
financier, fille d’un valet de chambre du roi, était sœur du premier
sommelier.
Evidemment, lout ce petit monde de bourgeois anoblis, riches
d’ailleurs, vivait dans l'intimité, dans la faveur royale, inaperçu,
certes, des chroniqueurs, justement négligé des historiens. Mais,
en cette cour des Valois, brillante, quand on avait de l'argent, et
lettrée, 1ls tenaient leur rang. Non pas seigneurs, mais « domesti-
ques », partant plus près de l'oreille du maitre.
C’est dans ce milieu très spécial, d'un éclat emprunté, que Ja-
mette état née. Le petit-fils du chambellan Guillaume de Corde-
bœuf l’épousa, le 25 janvier 1431 (nouv. stvle). Le garde-colffres était
mort, sa femme remariée, La sœur aînée, Guillemelte, avait épousé
l'écuyer Jacques Falle, un parisien. El c'est à Paris que le mariage
fut célébré, dans ce Paris d'Henri VI où les Armagnacs étaient
traqués. Après M, Thomas, M. de Quirielle se demande comment
le sire de Cordebeæul, suspect par toutes ses origines, put béné-
licier de celle trêve nupliale ». Mais sans doute les Nesson te-
natent dans la bourgeoisie parisienne à trop de gens qu’il fallait
ménager. L’Anglais jugea sage de fermer les veux,
Sur le mariage même. nous ne savons rien que sa date, Car, le
jour mème, par devant deux notaires au Châtelet @), Jacques de
Vaux et Jehan-Francois, © Huguet, dit Merlin de Cordebœuf, au-
trement dit Regnault de Cordebauf » et J'amette s'accordent avec
Guilemette et son mari, « qu'ils voudroient en faveur de fraternité
el de lignage aider de tout leur povoir », Merlin s'engage à recou-
vrer les inimeubles Jaissés par feu Jamel à \igueperse, au sud de
la Loire (dans les provinces soumises au roi Charles que l'acte
(t) Sur cette querelle, lire dans la Romania,t. XXX, l'article de M. Piaget,
p. 35 et suiv.
(2) Copie du contratest donnée dans le manuscrit précité de la Bibliothè-
que Nationale, f° 16.
Les REecNauzr DE CoRDEBœUr | 171
n'ose nommer). Semblablement, Jacques Falle et sa femme promet-
tent au'au cas où, par la grâce de Dieu, il « adviendroit ou seroit
paix en ce royaume, de venir lors et rapporter à loyal partage.
tout ce que pourroient avoir recouvré des biens meubles dudit feu
Jamet ».
Puis Merlin reprend auprès des Bourbons son service hérédi-
taire. Le prisonnier d’\zincourt est mort en la terre d’exil, Son
fils, Îc « spécieux » comte de Clermont, — cet autre Absalon et cet
autre Pâris, — devient le duc Charles en 1434. « C’étoit l’un des
meilleurs corps, fü à pied ou à cheval, et l’un des plaisans et
mondains, non pas seulement des princes, mais des chevaliers de
France ». La fidélité est facile envers ce scigneur charmant. Merlin
S applique à mériter sa faveur et l’obtient. Le duc bientôt lui con-
ficra la garde et le gouvernement de son château de Gannat (1).
Il est si sùr de sa loyauté qu’il le prête même au roi.
En juillet 1438 (2). Charles VII et « Messeigneurs de son con-
Seil » déléguent le sire de Cordcbœuf d'Amboise en Auvergne
© par devers plusieurs grands seigneurs, barons, chevaliers,
tCuYers, élus sur le fait des aides oudit pays... pour aucunes choses
louchant le fait desdites aides, le bien aussi et prouffit du roy et
dudit pays, auquel voyage faisant, alant et séjournant ledit Merlin
VäaCqQué el séjourné à gran frais et despens l'espace [de] 53 Jours
Commiencçant le dernier jour de juillet dernier passé (1438) ». À ces
Causes, les généraux des finances ordonnent à son profit, le 9 sep-
lembre 1438, une somme de cent livres tournois. Et, dans la quit-
lance C3) qu'il en donne le 15 février 1439 (nouv. style) au receveur
de Clermont, Merlin preud cette qualité nouvelle : échanson du roi
lolre sire,
Ma =, avant que d'appartentr au rot, 1l reste le féal de son due :
nl D za ns les lettres du duc, du 27 mars 1449, dont 1l sera parlé plus loin au
Gan es fortifications de Beauverger, Merlin est qualifié de « capitaine de
des e- ». Puis, par autres lettres du 21 avril 1457 (Registre Ill de ia Chambre
nes © xmples du Bourbonnais, f° 93), il est pourvu de l'office de capitaine-
tele in de Gannat. Serment prèté le 14 novembre suivant. (Kenseigne-
BeRT Fourni par M. Tiersopnier.)
O Bit, Nat., manuscrit cité, f° 16 ve. — Lettres données le 9 septembre
58 Dar les généraux des finances. :
(3) ÆZbid. RE ;
172 SoctéTé D'EMut.ATION pu BouRBoNNaïis
quand il faut choisir, c'est vers Bourbon que l’entraîne sa vassa-
lité ancienne. Tandis que Gannat ouvre « avec moult joierie » (1)
ses portes à Charles VIT, Merlin s’est joint aux princes rebelles.
Les lettres d’abolition du 15 juillet 1440 mentionnent nommément
le sire de Cordebœuf parmi les officiers ducaux impliqués dans la
mansuélude royale.
Peu importe au surplus cette folle équipée. Bourbon s’en tire
avec une grosse pension, et Merlin pardonné va se trouver plus
avant dans la confiance du roi. — Mais seulement dans la grosse
plaine où s'étend Beanuverger. les bandes ont passé des seigneurs
en retraile, puis les poursuivantes : | « ostel » des Regnault, qui
n’est güère défendu, à bien dû être en conscience pillé et par les
amis et par les ennemis de son maître. C’est l’époque horrible de
l'écorcherie. Le fameux Villandrado, tout à côté, jette son dévolu
sur le chäteau de Rochefort (2), à pie sur la Sioule. Le mal de la
guerre redouble tellement en ces années simstres qu'il faut se
soucier enfin d'y porter remède. Notre Merlin est de ceux qui sv
emploient. Il se trouvait, au début de 1445, avec la Cour, à Nancy,
lorsque la réforme de l'armée fut secrètement décidée. Le roi et
le maréchal de la Favette le dépèchent une nouvelle fois en Au-.
vergne, auprès des gens d’Eglise et nobles du Bas Pays, assem-
blés à Riom. Et il rapporte au roi la réponse favorable des trois
États, qui « pour l'entretenement el souldoyment des gens de
uuerre, affin de les tenir hors du royaume et ès frontières », lui
veulent bien octrover la somme de 52.000 Tivres sur les 300.000
francs imposés aux pavs de Languedoc (3). Les Etats votent à
Merlin pour son « voyage » une indemnité de 50 livres tournois.
On sait le bon usage qu'a fait Charles VIT des subsides alloués.
Seuls sont retenus dans les nouvelles @ compagnies d'ordonnan-
ces » les hommes d'armes «les plus sages et les mieux habillés »,
tandis que les autres se doivent retirer «© hâtivemeitt et sans délai
ès pays d’où ils estoient originaires », Naturellement Merlin de
(4) Achille ALLIER : op. cit.. t. I], p. 354.
. (2) C°* de Saint-Bonnet-de-Rochefort. — 1l ne peut d'ailleurs en prendre
possession à cause de l'usufruit de Jeanne Flotte, veuve de François d'Au-
berchicourt. (Renseignement fourni par M.Tiersonnier.)
(3) Antoine THoMaASs: les Etats provinciaux de la France centrale sous
Charles VII, Paris, 1879, t. II, p. 209.
Les REGNAULT DE CORDEBŒUF 173
è
Cordebœuf conserve le droit de revêtir le « blanc harnois » des
troupes royales. Plus encore, le voici pourvu du titre important
d’écuyer d’écurie. Et sans doute 1l suit le roi ambulant dans son
inquiet vagabondage à travers les provinces. qu’à cette date juste-
ment lui reproche en termes amers l’évèque de Beauvais. Il est
de cette suite assez mince que Charles traine derrière soi en ces
« châleaux, méchantes places et manières de petiles chambrettes »,
où P’ancien roi de Bourges aime à « mucher » sa défiance, sans se
montrer « ni ouir les plaintes de son peuple ». Mais, cependant
qu'il chemine ainsi de place en place, Merlin garde la pensée
du domaine héréditaire, agrandi, maintenant que le voilà riche, de
. la Seigneurie voisine de Saint-Pont (1). Il garde le souvenir du
pillage récent dont son « ostel » relève tout juste. Et voici qu’à la
Cour on parle de recommencer la guerre anglaise, Est-ce que va
Se relancer sur le plat pays sans défense la tourbe des écor-
cheurs ? Le sire de Cordebœuf prend ses précautions.
S’il ne peut de son Bcauverger faire une place Yorte, —— à quoi
la nature s'oppose, — il est possible du moins de Île cointurer de
(ours, de le coiffer de créneaux ;: la fontaine voisine, qui sourd
entre les saules, donne de l’eau assez pour emplir des fossés. Ainsi
l’hôtel, mal situé dans sa plaine, au bord de la grand’route, pourra
résister à des pillards du moins, — si toutefois le roi, à qui les chà-
tea UxX sont suspects, veut bien tolérer qu’on fortifie celui-ci. La per-
MiSSion est accordée par lettres de mars 1449 (nouv. style), datées
de Montilz-les-Tours (2). Car « ledit lieu et place de Beauvergier
SE Sr-ant et spacieux ». Et c’est raison que Merlin s'y veuille
« retraire en seurelé, lui, ses biens et de ses hommes et subgiez et
bvier- aux logeiz, courses, pilleries et autres maux et domages que
leur Bourroient faire les gens de guerre ou lemps avenir, se la
Berre retournoit, que Dieu ne vueille ! » Et puis le roi considère
à les- bons et agréables services que ledit suppliant nous à faiz ou
fait Ce nos guerres et autrement le temps passé, fait chascun
Our, € eépérons que plus face ou temps à venir... A iceluy pour
LS
A» Æ% vrai dire, le texte des lettres royales porte Saint-Port. Mais nous
Leson:s avec M. Thomas qu'il s'agit là d'une erreur de plume, le nom de
SR Port n'existant pas dans la région de Saulzet.
(23 HBib. Nat. JJ 479, n° 339.
174 Soc1éÉTÉ D'EMULATION Du BoURBONNAIS
ces causes... avons octroié et octroions.. cohgié et licence de faire
forüffier et emparer ledit lieu ct place de foussez, murailles, tours,
palliz, barbacancs, boulevars, eschiffes, porlaulx, pont leveiz.
harses, barrières, carneaulx a machecolliz et austres clostures et
fortiffications acoustumées... et qu'il verra nécessaires pour la
seurté dudit lieu et que bon lui semblera, pourveu toutes voies
que ce ne porte dommage ou préjudice à la chose publique dudit
pais ». Le tout sous la réserve ordinaire des droits des tiers et
nommément du suzerain. Mais le duc n’eut garde de faire atten-
dre la permission « a son amé et féal escuyer ». Par ses lettres du
mème mois, 27 mars (1), il l’autorise à « fortifier et amparer » Beau-
verger, ct par surcroit de faveur, lui donne encore « audit lieu
haute, moyenne et hasse justice ». Voici enfin le petit fief des
Regnault parvenu à la totalité des droits, des honneurs féodaux.
Dans quelle mesure profita Merlin de cette large permission ?
ontre les fàcheux, il se prémunit d’abord par de bons fossés,
lesquels, selon. Nicolay (2), subsistaient en 1569 : encore visibles
en 1794, bien qu'en partie eomblés. asséchés, envahis par les
saules au témoignage du eioven Carol, commissaire du distriet (3).
Mais je ne trouve aucun vestige de pont-levis. La porte, toute
petite, fut défendue par des maäclicoulis, doublée d'une herse de
fer (4), aprés quoi lindésirable se venail heurier à une seconde
porte (9), plus massive, en fer, percée de quatre meurtrières à volet.
qui ferment l'escalier, Aux quatre angles, de grosses tours (6) surgi-
rent et une demi-tour encore au milieu de lu facade nord, qui re-
eurde la route d'Auvergne, Puis une couronne erénelée, en forte
saillie, fut posée sur le tout. Elcomme, au 4", Part avait des droits
nouveaux, cet entablement un peu rude qui couvrait le chemin de
ronde s'orna au dehors d'une frise de blasons alternant avec des
4) Registre II de la Chambre des Comptes du Bourbonnais f° 121. A
Montluçon le 27 mars 1449. Expédié le 15 avril 1450. (Renseignement fourni
par M. Tiersonnier.)
(2) Op. cit..t. I. p. 141.« Saulzet... deux chasteaux, l'un appelé Beauverger,
bien fossoyé et décoré d'un bois, et l'autre Saulzet. »
(3) Archives de l'Allier, série L, 482, District de Gannat. Police, ne 9,4.
(4) Il n'en reste que la rainure.
(5) Encore en place.
(6) Deux de ces tours furent abattues au xix° siècle, sous prétexte de res-
tauration.
Les REGNAULT DE CORDEBŒUF 175
épées, tandis que des rinceaux aux fines nervures surmontaient les
mâchicoulis. Hélas ! sur cet ensemble délicat, l’ineffable Cariol,
au nom de la République, s’est évertué avec son marteau. Sous
des coups imbéciles, la broderie des rinceaux s’est effritée avec
les blasons des Cordebœuf. Et c'est heureux encore que Ther-
midor, qui sauva tant de têtes.. soit venu préserver les créneaux
eux-mêmes de la destruction ordonnée contre eux.
Merlin assurément n'avait point prévu celte disgrâce, Cependant
que, livré aux maçons, son Beauverger devenait digne de sa for-
tune, lui-même et sa femme continuaient près du vieux roi leurs
services. Dans celte cour peu nombreuse, des usages subsistaient
d'une famiiarité charmante, Et, par exemple, à l’occasion du
nouvel an, le roi non seulement donnait. mais recevait des étren-
nes de tout son entourage. Nous avons par fortune conservé les
comptes des années 1453°et 1454 (1). Nous v voyons la femme du
trésorier [lardouin offrir à Charles VII des poires. Son peintre,
Jacob de Létement, lui présente un tableau sur cuir (2), ses orfe-
vres lui remetlent une image de saint Michel et un chapelet de
Jaspe. D'autres cadeaux sont faits par des artilleurs, des hauber-
&iers, des brigandiniers, lous gens de métier à la suite de la cour.
Or voici dans cette liste ce qui concerne le ménage de Cordebœuf :
En 1453 (3). Merlin offre au roi un avant-bras garni d’or, et
Sa femme « unes cartes bien riches » (un jeu de cartes) ; ils reçoi-
vent en relour respectivement dix et vingt aunes de damas. Même
8ratification du roi l’année suivante. Merlin, cette fois, a donné au
Prince des « cstrielz » (étriers) de madre, et sa femme un tablier
divise, qui est une table pour Îles jeux de dames, de trictrac et
d'échecs.
: ä1s c’est décidément aux missions de finances que l’écuyer
ÉCu rie est surlout emplové. En 1459, il représente son suzerain,
le tac de Bourbon, à l'assiette d’un impôt sur la Basse-Auver-
ÿne €).
Cha sarles VIL meurt. Le sire de Cordebœuf sera-t-il enveloppé
: Bb. Nat., ms. fr. 10371. Cité par A. Thomas, Romania, t. XXXV, p. 2%.
Cf. Marquis De BRAUCOURT : Histoire de Charles VII't. V, p. 81.
e > Ga trouvera dans l'article de M. de Quirielie textuellement reproduites
Mentions du registre (p. 248, note 1).
(a) Cf. Tuomas: les Etats Provinciaux, t. 1, p. 172.
176 SocréTÉ D'EMULATION Du BoUuRBONNAIS
dans la disgrâce brutale qui s’abat sur les féaux du roi défunt ?
Nous voyons Louis XI au contraire lui accorder tout de suite sa
confiance. L'ancien familier de son père figure en bonne place
dans l’armée que le duc de Nemours, en 1462, conduit en Rous-
sillon. Sa signature est au bas d’une quittance délivrée par les prin-
cipaux capitaines (1). Merlin (ainsi tout court l'appelle le roi)
et Pierre Aubert sont chargés de garder les cols des Pyrénées,
afin d'empêcher la désertion des troupes, cependant que le maré-
chal de Comminges occupera la Navarre (2).
(A suivre.) Marc CHASSAIGNE.
(1) Cf. Joseph CALMETTE: Louis XI, Jean 11, et la Révolution Catalane,
in-8°, 1903, p. 164, note 2.
(2) VAESEN et CHARAVAY : Lettres de Louis XI.t. II, p.65 et 92.
es + + hpg + se
L'Intepmédiaire
des Recherches et des Echanges
{. — Un membre de la Société d'Emulation possédant en double Etrennes
et Alinanachs bourbonnais, époque Révolutiun, demande à faire échange.
Il. — Notre collèque M. Léon Bideau prend la direction d'une nouvelle
revue qu'il vient de fonder avec la collaboration de plusieurs membres de
l'Institut, archéolouues, littérateurs et savants, intitulée La terne des Pays
de France : le Pays natal. Les membres de la Société peuvent s'inscrire des
inaintenant pour un abonnement partant du 1° juillet, au prix de 12 francs
(M. Léon Bideau, 43, boulevard de la Pie, villa Marcelle-Robert, Saint-Maur-
des-Fossés, Seine).
UE — La Societé d'Emulation a désormais un insigne officiel, petite broche
en bronze d'art et émail représentant l'écusson du Bourbonnais et la cein-
ture « Espérance ». Cet insigne sera utile pour les excursions et dans toutes
les circonstances où la Compagnie’ paraitra en corps ; quelques membres
l'ont déjà adupté comme broche ou épingle de cravate. On se le procure,
moyennant ciny francs, en écrivant au Directeur du Bulletin, 11, place de
la République, Moulins.
+
ESSSOOINIINININIJIJINJNONOIOYXXIVOIYRÏÏTIS OO
Une Exposition Artistique Bourbonnaise
EN 1995
Renouant avec d'anciennes traditions, la Sociélé d'Emulation se
dispose à prêler son concours pour organiser, l'an prochain, une
Manileslalion régionaliste en vue de laquelle elle fait, dés mainte-
nant, appel à la collaboration de lous ses membres et de tous les
Amis des Arts de notre province,
A près avoir rendu, en 1923, un éelatant hommage à la mémoire
“ de Théodore de Banville, enfant de Moulins, prince du Parnasse,
el payé ainsi un juste tribut aux Lettres Françaises, c'est à la
Slorification de l'Art, - et particulièrement de notre art régional,
7 Qu'elle compte, en 1923, consacrer ses efforts, de concert
FEie lois avec le Syndicat d'Initiative Bourbonnais,
Dans sa séance du 5 mai dernier, notre Compagnie, sur la de-
or du Syndicat d'Initiative Bourbonnais, adoptait le principe
e
S& participation et de son appui, en faveur d’une Exposition
Artist à que, de caractère nettement bourbonnais. Une Commission
fut NO» mméc, qui, d'accord avec les dirigeants du Syndicat d'Ini-
lative , jeta les premières bases de cette manifestation. Les Pou-
ES publics, pressentis, promirent leur appui : les sociétés locales
SINTE ressèrent an projet ; des artistes s'inscrivirent, nombreux,
AVALLT mème que l'Exposition fût officiellement annoncée, En face
_de telles promesses, un Comité fut constitué dont ou hra plus loin la
C6 position, ainsi que le règlement qu'il élabora.
La Société d'Emulation n’était-elle pas pleinement dans son rôle
‘ 12
178 ‘© SoctérTÉé D'EmuLarion pu BouRBoNNaIs
en accordant son patronage el le concours de ‘ses membres à cette
exposition projetée ? Et, ce faisant, ne s’inspirait-elle pas tout sim-
plement de l'esprit mème de ses statuts, qui précisent qu’un de ses
buts est de « cultiver les Arts, spécialement en ce que leurs sujets
intéressent l’ancienne province du Bourbonnuis, stimuler et encou-
rager les travaux qui s’y rapportent » (art. 1%), el qui prévoient,
à cet effet, des expositions comme moÿen d'action (art. 2) ? Et
ne suivait-elle pas, de ce fait, la voie de son passé et l'exemple des
années 1852, 1862, 1869, 1877, 1885 et 1896, au cours desquelles
des expositions artistiques furent organisées par ses soins ou sous
_ses auspices, obtenant le plus encourageant succès ?
Car ceux qui vont disant que nôtre Bourhonnais n’a guère Île
tempérament artiste semblent oublier que c'est à Moulins que fut
fondée, en 1836, sur l'initiative d'Achille Allier, [a Société Centrale
des Amis des Arts en province, dont l’action décentralisatrice fut,
à l’époque, des plus fécondes, et qui, par ses expositions, par sa
revue L'Art en Prorince, éditée à Moulins, contribua si largement
au progrès de l’art dans les départements : et peut-être aussi fei-
gnent-ils bien légèrement d'ignorer les noms des peintres, sculp-
ieurs, graveurs ou musiciens, d'origine bourbonnaise, dont les
œuvres sont appréciées en dehors de la province, alors que celle-ci
pourrait en tirer honneur et profit !
Et combien de talents sommeillent ou s'ignorent, faute de pou-
voir se révéler ! Ne conviendrait-il pas alors de les aider à prendre
conscience d'eux-mêmes et de leur offrir au moins cette occasion
d'entrer en contact avec le public dont les critiques leur seraient
aussi précieuses que les encouragements ?
*
vr
Cette Exposition sera donc essentiellement bourbonnaise. Et, en
cela, elle différera des précédentes exhibitions artistiques dont
plusieurs de nos contemporains ont gardé l'agréable souvenir.
Parlez à ceux qui en furent témoins, de l'exposition de 1885 : tous
seront unanimes à en louer la haute tenue artistique et à en rappe-
ler le succès. Il est évident qu'en 1925 nous ne saurions faire
aussi bien. Les éléments sont tout différents et il convient de le
préciser dès aujourd'hui pour éviter des désillusions ultérieures.
Alors qu’en 1885 et 1896, — pour ne cilereque les deux derniers
Une ExposirioN ARTISTIQUE BOURBONNAISE 179
et les mieux réussis, — les portes de ces Salons moulinois s'étaient
ouvertes à tous les artistes francais, il s’agit, pour 1925, de res-
treindre le cadre et de limiter les exposants. Ce qui ne devrait pas
être une cause d'appauvrissement, mais bien au contraire un inté-
rêt de plus : aux Bourbonnais de le prouver !
\insi que le programme le prévoit, seules seront admises Îles
æuvres d’origine où d'inspiration bourbonnaise, ce qui revient à
dire qu'à côté des artistes étrangers dont les œuvres se ratlache-
raient à notre département par leur caractère ou leur sujet, pour-
ront exposer tous les artistes bourbonnais, d’origine ou d'adoption.
Et ce sera l’occasion de faire l'appel de toutes nos gloires locales,
qui sont parties loin du clocher, chercher sous des cieux plus favo-
rables, les encouragements et les commandes que, dans son isno-
rance ou dans son apathie, leur refusait la pelite patrie ; l’occasion
donc de faire mentir l’adage cruel qui prétend que « nul n’est pro-
phète en son pays ».
*
L à 1
Sacrifiant à l’usage établi, le programme prévoit les deux sec-
lions : Beaux-Arts et Arts appliqués. Sans vouloir chercher ce
QUE présente d’artificiel une telle division ni prendre parti pour ou
Contre l'opportunité de semblable distinetion, le Comité souhaite
Pouvoir mettre les objets d’art dans le cadre qui les fera le mieux
aloir., c'est-à-dire, autant que faire se pourra, dans leur milieu de
d@Stination. Rien n'est plus fastidieux pour le’ visiteur que de
bngues salles remplies de tableaux ou d'interminables galeries
nées de plâtres ou de marbres, presque loujours ussez disparales
ne voisinant que pour la circonstance. | ni
Il Serait à souhaiter que les « ensembles » soient assez nombreux
POUr permettre de distribuer les œuvres des peintres et des sculp-
leurs, celles des ferronnicrs, des peintres-verriers et de tous les
Artisans du bois, du verre et du mélal, dans les chambres, salons
Cl autres pièces que pourront présenter les décorateurs et les artis-
tes du meuble ou de l'intérieur, c’est-à-dire à la place réelle qu’el-
les Occuperaient dans une habitation. Le Comité souhaite porter
SOn effort dans ce sens et espère y ètre aidé par le public et par les
EXpPoOsants ; ceux-ci, au licu de travailler isolément, pourraient se
Concerter et former des ateliers pour le groupenrent harmonieux
de leurs diverses productions.
180 SociéTÉ D'EMULATION pu BouRBONNAIS
Une Exposition régionaliste comme celle-ci devrait, pour être
complète, offrir à l'amateur autre chose que ces toiles et ces mar-
bres, ces meubles ou ces bronzes d'art, Il appartiendra au Comité
d'organisalion, au cours des réunions qu'il va tenir cet hiver, de
préciser le programire de ces à-côtés de l'exposition proprement
dite ; il envisage, dès maintenant, la constitution d’une commission
musicale qui se chargerail de l’audition de vieux noëls bourbon-
nais, de quelques-unes de nos bonnes chansons du terroir, si tYpi-
ques et savoureuses, de présentations de danses en costumes du
pays, de concerts trés des œuvres de nos compositeurs bourbon-
nais, de soirées où se feraient apprécier nos sociétés musicales.
Une section cubnaire, avec dégustation de mets et de vins du
pays, tentera peut-être quelques adeptes de notre bonne cuisine et
amateurs de « gäteau de Gannat » ou de « pompe aux grattons »,
arrosée de crus saint-pourcinois.
De l’ordre des arts de la femme, qui groupent déjà tous les tra-
vaux de broderie, de tapisserie et de dentelle, pourraient relever
quelques pièces d’art religieux ; il est, de par nos villes et villages,
d'alertes aiguilles dont les productions seraient de nature à cap-
tiver les connaisseurs.
Il est vivement à désirer que les membres de la Société qui ont
accepté de consacrer leurs efforts à la réunion de documents an-
ciens intéressant la province, puissent réussir à mettre sur pied la
« Rétrospective » que le Comité souhaite adjomdre à l'Exposition :
rétrospective de notre mobilier, de notre costume, rétrospective de
nos artistes : Desboutins, Perret, Tudot, Bartau, Coulon, etc. ;
avec même, peut-être, une section préhistorique qui, dans ce dé-
partement, pourrait être d'une grande richesse et présenter un
intérêt de premier plan.
En un mot, c’est plus, ou du moins c’est autre chose, qu'une
exposition ordinaire de Peinture et de Sculpture que le Comité s’ef-
forcera de réaliser : une sorte de « Quinzaine bourbonnaise », où
trouveraient place toutes les productions artistiques, d'inspiration
bourbonnaise, quel que soit leur domaine particulier.
*
L A
Le programme est \aste ; les ouvriers peuvent être nombreux.
Nous voudrions les voir tous au travail pour que notre Exposition,
UNE ExposiTion ARtis'rIQuE BoURBONNAISE 181
au cadre restreint, marque malgré tout une date dans notre his-
toire provinciale, pour que, surtout, les artisies en tirent leçon et
profit par la critique du public et la sanction de son goût.
Aussi bien, si le Comité compte sur les artistes qu’il a sollicités
pour participer à l’exposition de 1925, il n'attend pas moins de la
population bourbonnaise, dont le concours peut lui être si précieux.
Pour faire face aux frais très élevés qu’il prévoit, il a décidé
d'émettre des actions de 50 francs, présentant de réels avantages
pour les souscripteurs : droit d’accès permanent aux salles d’ex-
position, entrée gratuite à toutes les auditions et conférences, droit
à un billet pour la tombola qui clôturera l'exposition et dont les
lots seront exclusivement des objets d'art offerts par les artistes
ou achetés par le Comité. Les gens pratiques calculeront que leur
argent se trouvera ainsi largement remboursé. Ceux, plus désinté-
ressés, qui veulent faire mieux qu’un bon placement, une bonne
action, travailleront, en souscrivant, à assurer le succès de cette
eXposition bourbonnaise ; leur geste, qui sera un stimulant pour
les artistes, contribuera surtout à répandre le goût des arts parmi
la population bourhonnaise.
La tâche est lourde pour ceux qui ont assumé la responsabilité
de mettre sur pied un tel ensemble : l’amour de la petite patrie leur
‘SU Une raison suffisante de persévérer dans leurs efforts ; encore
une fois, le concours de tous les amis du Bourhonnais et de tous
kS artistes leur est indispensable pour réaliser ce vaste ensemble ;
4USSE L’attendent-ils en toute confiance.
Et, faisant leur la fière devise des bons chevaliers d’antan, ils
STaVerat « Espérance » au fronton de leurs tablettes,
MARCEL GÉNERMONT,
Commissaire général de l'Exposition.
æ % %
COMITÉ D'ORGANISATION
2 PRÉSIDENTS D'HONNEUR
M. Le Préfet de l'Allier: M. le Président du Conseil général; M. le Maire
fe Moulins : Mgr l'Evèque de Moulins : M. le Président de la Société d'Ermnula-
on : M. le Président de la Société d'Agriculture ; M. le Président de la So-
Cité d'’Horticulture; M. le Président du Comité des fêtes.
182 SoctÉTÉ D'EMULATION Du BoUuRBoNNAIS
BUREAU
Président : M. Lucien Chambron, ronseiller municipal, président du Syndi-
cat d'Initiative Bourbonnais.
Vire-Présidents : Section des Beaux-Arts, M. Edgar Capelin, secrétaire gé-
néral de la Société d'Emulation ; Section des Arts appliqués, M. Georges
Bruel, vice-président de la Société d'Emulation.
Commissaire général : M. Marcel Génermont, architecte D. P. L. G.
Serrélaire-Trésorier : M. Adrien Mitton, Architerte E. D. B. A.
MEMBRES DU COMITÉ
FE — Secriox pes Beaux-Anrs (président : M. Edrzar CaPEuix)
M=- Monceau; MM. Bucheron, vice-président du Syndicat d'initiative ;
Chatron, secrétaire du Syndicat d'Initiative ; le Chanoine Clément, corres-
pondant du Ministère de l'Instruction publique ; Crépin-Leblond, directeur
du Courrier de l'Allier ; Delaigue, anvien directeur des Annales Bourbon-
naises ; Fournier des Corats, artiste peintre ; Grégoire, ancien libraire, à
Hérisson ; Leprat, président des « Amis de Montlucon»; Milcent, vice-pré-
sident de la Société d'Emulation ; Pinston, trésorier du Syndicat d'initiative :
Place, directeur de la Chronique des Lellres Françaises, à Vichy ; Ray, con-
seiller municipal, vice-président du Syndicat d'Initiative : Tiersonnier, an-
cien président de la Société d'Emulation ; Thônier de la Busserie, secré-
laire-adjoint de la Société d'Emulation ; Viple, président de la Société bour-
bonnaise des Etudes locales, à Cusset.
HI. — Secriox Es ARTS APPLIQUÉS (président: M. Georges BREL.)
MM. Baury, architerte ; Henri Buvat, conseiller municipal, ameublement
et décoration ; Paul Buvat, ameublement et décoration ; Délinière, biblio-
phile ; Lamy, rédacteur en chef du l’royrès de l'Allier ; Frobert, président
des « Amis de la Musique » ; Galfione, conseiller municipal, peintre décora-
teur ; Giron, photographe à Vichy; Herblay, peintre décorateur ; Leutrat,
bibliothécaire de la Société d'Emulation ; Michel Mitton, architecte ; René
Moreau, architecte des Monuments historiques ; Queyroi, conservateur des
collections de la Société d'Emulation : Albert Sarrazin, secrétaire de la So-
ciété d'Emulation : Joseph Treyve, architecte paysagiste à Yzeure; Verdeau,
photoraphe,
se
RÈGLEMENT GÉNÉRAL
ARTICLE PREMIER. — Une exposition des Beaux-Arts et Arts décoratifs, de
nature bourbonnaise, aura lieu à Moulins, du 1# au 29 mars 1925, dans Île
hall de la Société d'Agriculture de l'Allier.
Ant. 2, — Cette Exposition est organisée par le Syndicat d'Initiative Bour-
UNE ExpPosiTIoN ARTISTIQUE BOURBONNAISE 183
bonnais (Moulins et sa région), avec le concours de la Société d'Emulation
du Bourbonnais qui a constitué une Commission d'étude.
ART. 3. — Celle Exposition est divisée en deux sections pouvant com-
porter chacune autant de groupes qu'il sera nécessaire :
1° Section: Beaux-Arts. — Peinture (dessins, aquarelles, fusains, etc.) :
Sculpture (bas-reliefs, sculpture sur bois, pierre, etc.) ; Architecture ; Gra-
vures (en médailles, sur pierres fines, sur cuivre, lithographie, etc.).
2e Section: Arts décoratifs, Arls appliqués et divers. — Arts décoratifs
(ensembles, mobiliers, etc.) ; Arts appliqués (verreries, faiences, terres cuites,
etc.) ; Photographie ; Arts de la femme ; Musique. |
ART. 4. — Les œuvres présentées devront obligatoirement être de carac-
ère bou rbonnais, soit par leur sujet, soit par leur auteur (d'origine ou d'adop-
lion).
ART. S. — Ne pourront être présentés : les copies, même celles qui repro-
duiraient un ouvrage par un procédé différent (sauf pour la gravure et la
Photographie), les tableaux sans cadres, les ouvrages non signés, les sculp-
\ures en terre non cuite.
ART .- 6. — Les demandes d'admission devront être adressées au Commis-
sire æé méral, avant le 1cr décembre 1924.
ART. 7. — Les œuvres diverses destinées à l'Exposition devront étre ren-
dues à Moulins, du 9 au 13 mars, dernier délai ; elles ne pourront étre re-
liées 4e l'Exposition avant la cloture.
ART. 8. — Les envois devront être effectués dans des caisses fermant à
"Set ne présentant aucun jour. Chaque caisse portera le nom de l'exposant,
domicile et l'adresse suivante : « M. le Président de l'Exposition artis-
que bourhonnaise, hall de la Société d'Agriculture, Moulins ». Les frais de
lanspo rt et d'emballage sont à la charge de l'exposant, tant au retour qu'à
aller. Le Comité ne sera en aucun cas responsable des avaries que les objets
PUrraient subir.
ART - 9. — Les exposants de la seclion des Arts décoratifs devront instal-
ler D leurs frais leurs stands, ensembles ou vitrines, à la place fixée par le
Mité. L'installation devra être terminée pour le 13 mars.
ART. 10. — Tous les objets destinés à l'Exposition seront assurés contre
l'iicendie et contre le vol par le Coinilé ; mais, en cas de sinistre, les expo-
fants seront soumis, pour le règlement des dommages, aux conditions géné-
les et particulières des polices contractées, comme si eux-mêmes les avaient
SUSCrites aux Compagnies. Faculté est laissée aux concurrents de s'assurer
EUX-Mêmes à leurs frais. |
ART. 44. — Les objets de toutes catégories destinés à l'Exposition seront
MSCrits sur un registre spécial et il en sera délivré récépissé. |
ART. 49, — Le soin de statuer sur les admissions des œuvres est délégué
aux membres du Comité d'organisation, lesquels eonstituent le jury d'admis-
Si0n. Le principe d'admission des ensembles décoratifs sera décidé après
txamen des dessins et maquettes déposés le 1° décembre au plus tard.
184 : SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BOURBONNAIS
ART. 13. — Chaque envoi sera accompagné d'une notice rédigée par l’au-
teur indiquant ses nom, prénoms, récompenses précédemment obtenues ; su-
jet et dimensions des œuvres envoyées et le prix qu'it en demande en cas de
vente, celui-ci devant servir de base pour l'assurance.
ART. 14. — Un bureau de vente fonctionnera en permanence pendant la
durée de l'Exposition. Le Comité prélèvera 10 v', sur le prix de vente, pour
se couvrir des frais de gardiennage et d'assurance.
ART. 43. — Aucun ouvrage exposé ne pourra être reproduit, de quelque
manière que ce soit, sans l'autorisation écrite de l'auteur.
ART. 16. — Le Comité ne sera en aucun eas responsable des avaries que
les objets pourræent subir. Il s'engage toutefois à prendre les plus grands
soins lors du déballage et de la réexpédition.
ART. 17. — MM. les artistes dont les œuvres auront été admises ainsi que
les membres du Comité d'organisation, recevront une carte d'entrée perma-
nente qui devra porter la signature du titulaire et sera rigoureusement per-
sonnelle.
ART. 18. — Des médailles et mentions honorables seront décernées aux
exposants. Un jury nommé par le Coinité statuera sur les récompenses. Les
exposants membres du Jury, seront hors concours. |
ART. 19. — L'Exposition sera ouverte tous les jours, de 9 heures à midi et
de 1# à 17 heures ; en cas de changement dans les heures d'ouverture, il en
serait donné connaissance par la voie de la presse.
Le prix d'entrée est fixé à deux franes tous les jours, sauf le dimanche
où il sera d'un franc et le mardi de cinq franes. Il pourra étre perçu un droit
spécial pour Jes conférences ou auditions.
ART. 20. — Alin de couvrir les dépenses de FExposition et d'augmenter
les ressources mises à la disposition du Comité par les pouvoirs publirs et
les sociétés locales, une souscription d'actions est ouverte,
Chaque action, dont le prix est de cinquante francs, donne droit :
1° A une entrée permanente pendant toute la durée de l'Exposition ;
2° A une deuxième carte d'entrée, éxalement permanente, dont le souscrip-
leur pourra disposer au prolit d'une seule personne, carte qui devra porter
leurs deux signatures ;
3 A un numéro pour le tirage d'une loterie composée d'objets et œuvres
exposés, acheté par le Comité.
La liste des souscripteurs sera publiée dans les journaux du département.
AnT. 21. — Tout exposant déclare adhérer sans réserve aux conditions du
présent reglement. >
ART. 22. — Toutes communications et demandes de renseignements doivent
être adressées au Commissaire général de l'Exposition, M. Marcel Génermont,
architecte D. P. L. G., 11, place de la République, à Moulins.
Le President du Comité d'organisation :
LucIEN CHAMBRON,
Président du Syndicat d'Enitiative Bourbonnais.
UE
LES REGNAULT DE CORDEBŒUF
ET LE CHATEAU DE BEAUVERGER
EN BOURBONNAIS (Suite) (1)
Puis éclate la grande crise de la Ligue du Bien Public, Vassal
du duc de Bourbon, - - ‘est maintenant Jean II, — capitaine de
SN Chateau de Gannat, le seigneur de Cordebœuf est requis par
Œux clevoirs contraires. Mais, depuis la Praguerie et si longtemps
Qi a ppartient au roi, le lien féodal s'est bien relâché. Il n’hésile
MS. Et Bourbon, sûr de son infidélité, le « désappointe » de Gan-
Mt, curil confie à son archer, Jean de la Ribe (2). Mais Merlin
PULL &onserver à Louis XI les deux médlleurs châteaux du pays,
lillustre Montpensier sur son pic et Rochefort.sur la Sioule.
Quinze francs archers gardent l'un, et dans l’autre dix tiennent gar-
"SON (3). D'ailleurs, «tous les chevaliers et escuyers du pays de
Bou rbonnois, écrit Joachim Rouault, Le 19 mai 1465, s’en vont tous
M leurs maisons et ne se veulent point armer contre le roy ».
Bour-b on attend Louis XI en Berry ; mais l’armée royale, contour-
NU Bourges, enlève Saint-Amand. emporte Montlucon et fonce sur
Vannat, Le 25 juin (4), le roi était à Saint-Pourçain, quand, « eu-
"TOR une heure après mynuyt », des espions apportent la nouvelle
fe Bourbon et tous les princes ligués, Nemours, Armagnac, Al-
4 Voir page 165 du Bul. de la Soc. d'Emul., mai-juin 1924.
(2) Par provisions du 25 avril 1465. (Reg. III de la Chambre des Comptes,
53. — Renseignement fourni par M. Tiersonnier.)
(8) Bib. Nat., ms. fr. 20496, f° 30, cité par Vaesen et Charavay, op. cit.
LU LL, p. 92, note 4.
(A) Cf. Lettre de G. Cousinot au chancelier de Morvilliers (24 juin 1465),
AtCh. Nat. J 1021. Publiée dans le Bulletin de la Société d'Emulation,t. XII,
P- 412 à 418.
186 SocIÉTÉ v’EmMuLaTionN Du BouRBONNAIS
bret, Dammartin, le sire de Beaujeu « et toute leur puissance » sont
entrés la veille à Riom « environ souper ». Su: l'heure même, le
roi fait « partir Merlin avec 80 francs archiers pour aler enforcer
la garnison de Montpensier ».
Au jour, tout le reste de l’armée, toute l’artillerie s’ébranle
«€ pour ürer audit (ranat et à Ryon ». On couche le soir à Escu-
rolles. « Et le lendemain bien matin », Nallezart, Regnault de
Giresme el Cousinot s'en vont devant Gannat « par l’ordonnance
du rov », Au héraul Guvenne qui le sommic de rendre la place, le
« seigneur de Ribes » répond @ qu'il ne connait le roy, et qu'il ne
sail que c’est de ce roy et qu'il ne luy obéira point; que Monseigneur
de Bourbon est son scigneur el qu'il gardera bien la place pour
lui ». Ce qu'entendant, les rovaux mettent pied à terre, attaquent
la ville à la fois par les laubourgs du Nord et du Sud, et la serrent
de si près Ç que en moins de quatre heures, sans qu'il y eut cop
d'artillerie tiré, sinon les couleuvrines », elle est prise d’assaut.
La garnison se réfugia dans le château, lequel était hors des
murs, « assez beau el fort, de forme carrée, à quatre grosses
tours rondes, bien percées et crénelées (1), avant fausses braies el
grands fossés pleins d'eau », alimentés par la rivière d'Andelot.
Sous ce réduit, d'un côté arrive le maréchal de Comminges :
Louis XF se présente de l'autre ; 1l dresse son artillerie. Le bâtar-
deau qui retenait l'eau du fossé est rompu par les boulets ; l'assaut
commence et bien vite la garnison se rend à discrétion, Louis XI
entre dans le château, mange un œuf, Qcar autre chose n’y avoit » ;
puis, sans s'allarder, il remonte à cheval et toute l’armée vient
au giste » à Aigueperse, où se présentent les envovés des princes.
La campagne du Bourbonnais est finie. Le due sen retourne à
Moulins. Les \rmagnacs ménagent une trève,
Ensuite, c’est la bataille de Montlhéry, les traités de Conflans ei
de Saint-Maur. Louis XI confère au duc de Bourbon la heutenance
générale de loutes les provinces du centre, un quart du royaume. El
Merlin, comme après la Praguerie, se trouve cette fois encore im-
pliqué dans la réconciliation de son duc et du roi. Par lettres du
(1) Nicolas pe NicoLay : op. cit.,t. 11. p.137. — Là aussi sont passés les
Vandales. Les tours découronnées sont maintenant coiffées de tuiles. Le
château, fort dégradé, sert de prison.
Les REGNAULT DE CORDEBŒUF 187
8 février 1466 (1), Jean II lui rend sa charge de châtelain de Gannat
« par considéralion de ce que ledit Merlin nous a toujours oudit
office de capitaine bien et loialement servi et de plusieurs bons et
agréables services qu’il nous à ci-devant faits, fait par chacun
jour » (2). |
Le 6 février 1469 (3), Louis XI mande à Merlin de Cordebœuf,
conjointement avec l'échanson Merlin de Néreuc, de « mener et con-
duire [les] gens de guerre de la charge et retenue du seigneur de
Lescumn au pais de Cathelongne », où l « universel araigne » conti-
nuait de tisser la toile de ses intrigues. EL quand ils seront là-bas,
le roi, confiant à plein dans leur « sens, vaillance, loiauté, dili-
gence el éxpcrience en fait de guerre », les charge de passer mon-
tres et revues de toutes les troupes françaises « toutes et quantes
lois quac besoing sera ». |
Le 29 juillet de la même année, Merlin apparaît encore dans une
Montre passée par Guillaume de Thouars, comme un des 95 hom-
mes d'armes qui sont « sous la charge et conduite de Messire
corses de la Trémouille, seigneur de Craon » (4).
Ma is c’est, nous l’avons dit, dans les missions de finances que co
Militaire donne toute sa mesure. Louis XI l’y emploie comme son
père. Ille fait chevalier, son conseiller et son chambellan. Et, en
'ette qualité nouvelle, il le délègue une fois de plus auprès des
États dela Basse-\uvergne, Quel v fut au juste son rôle, les textes
Rs le disent pas : mais utile à coup sûr. car « les gens desdits trois
‘ts pour aucunement [le] récompenser... d’aucuns grands servi-
ES par lui à eux et à tout ledit pais fait », lui votèrent et « libérale-
MENT accordèrent » la grosse somme de 300 livre: tournois à lever ct
CCuüeillir » en chacun an sur la province. Fallait à ce vote la
‘anCtion du roi, qui l'accorde par lettres (5), données à Amboise
le 2 Septembre 1472, en raison des € bons, agréables et continuels
(4) Hib,. Nat., Pièces originales, n° 853, f° 19 v°.
(2) Ces provisions, je ne sais pourquoi, ne furent enregistrées qu'en 1471 à
à Chambre des Comptes. (Registre IV, f° 85.)
(8) Bib. Nat. Carrés d'Hozier : n° 201, f° 182.
(4) Bib. Nat. Pièces originales, n° 853, f° 20 v-. — Le rôle porte non Merlin,
pee ol de Cordebœuf. S'agirait-il du bâtard de Guillaume de Corde-
uf ?
(5) Bib. Nat. Pièces originales, n° 853, f° 9. Original.
|
188 SocréTÉ D'EMvuLATION pu BouRBONNAIS
services que ledit Merlin de Cordebeuf a par longtemps faiz a feu
notre che: seigneur et pere que Dieu absolve et a nous ou fait des
guerres et aultrement ».
Le 14 mai 1472 (1). Merlin toucha le premier terme de sa rente
des mains de Pierre Resmond, receveur ordinaire de Montferrand.
Faut-il voir dans cette Nibéralité des états d'Auvergne une façon
de retraite que Louis XI sut, sans délier sa bourse, ménager au
serviteur vieilli de son père et de lui-même ? Le texte officiel nous
y invite. Et c’est le dernier acte de la vie publique de Merlin, dont
soit fait mention (2).
Il avait recu parfois des commissions singulières, celle par exem-
ple, dont parle M. Tardieu (3), de peupler de daims et de cerfs le
pare entourant le château d’\mboise, que Louis XI, ce bâtisseur
méconnu, faisait reconstruire avec maginficence. C’est que daims
el cerfs abondaient à cette époque dans les grandes forêts environ-
‘nant Gannat, s’élendant jusqu’à Riom. Et dans cette marche entre
l'Auvergne el le Bourbonnais, le sire de Cordebœuf, sans titre
régulier, était, on Pa vu assez, l'agent du roi.
Nous savons peu de choses sur sa vie privée. De sa femme Ja-
mette il n'eut pas d'enfant, où du moins nul ne survécut. Et cette
prenière période de son existence familiale n'aurait point laissé
de traces, n'était interminable procès (4) qu'il dut soutenir, du
(1) Bib. Nat., ibid. — Original. — Le sceau sur la quittance a été malheu-
reusement découpé. D'après l'Armorial de Guillaume Revel (B. N., ms. fr.
22297, {° 53, la Comté et chasteau de Montpensier), Merlin de Cordebœuf por-
tait: Ecartelé en sautoir d'hermine et de sable, à la bordure de l'un en
l'autre.
(2 Au registre IV,f°103, de la Chambre des Comptes, se trouvaient les
« lettres de provisions de l'office de capitaine de Gannat en faveur de Jean
de Saint-Priest, escuyer, vacant parle décès de feu Mr Merlin de Cordebœuf,
chevalier. À St-Jean-d'Angély, le 2 juin 1472, expédiées le 10 juin ». (Ren-
seignement fourni par M. Tiersonnier.) Or nous allons voir Merlin inter-
venir après cette date et jusqu'en 1499 dans une série d'actes authentiques.
Comment concilier ces textes contradictoires ? Peut-être Merlin a-t-il été
frappé alors d'une maladie grave, telle que le bruit de sa mort ait couru et
qu'il se soit trouvé incapable de continuer ses services au duc et au roi.
(3) Dictionnaire des anciennes familles d'Auvergne, v° de Cordebœut.
M. Tardieu ne fait pas connaitre ses sources.
(4) V. au sujet de ce procès l'excellent article publié par M. A. Thomas
dans la Romania,t. XXXIV, p. 540 et suiv. — Nous n'avons fait que le
résumer après M. de Quirielle.
Les REGNauLT DE CoRDEBŒUF 189
chef de sa femme, contre l’oncle de celle-ci, le fameux Pierre de
Nesson. Le poète était un cadet, plus riche de gloire que d’argent.
Et, comme il avail pour son compte neuf enfants, la gloire ne lui
suffit pas. Quand Jamet, son frère aîné, fut mort très jeune, il cir-
convint habilement son père, qui linstitua héritier universel. Puis
Sa mère, par donation entre vifs, lui céda tous les biens qu’elle se
trouvait posséder. \près quoi, disent ses adversaires, il aurait
poussé contre elle l'ingratitude jusqu’à la laisser presque mourir
de faim. Mais faut-il croire des pluideurs ?
Le ceriain est que Pierre, en vue d'assurer « à lous les Nessons el
Nessonnes » une part de biens terrestres qui n’est pas comprise en
SOn ÎL'estament poélique, s'arrangea sans doute à l’amiable avec
Son dernier frère, Jean, mais dépouilla totalement les deux orphe-
\nes, ses nièces. Jamette, aux droils de sa sœur, l’assigna devant
lk sénéchal d'Auvergne. Comme il procédait à une enquête, son
leutenant, Pierre de Toucy, mourut. Alors, Nesson, gagnant le
derc de Toucv, fil passer à la veuve une prétendue lettre de son
Mari, ui enjoignant de remettre au clerc le procès-verbal en cours ;
€ Qua”elle fit. \ quatre lieues de Riom, on surprit Nesson et le
der e qui lisaient les dépositions. Ce premier faux coûta äu poète
une 22 mnende de 1.200 livres.
[en commit aussilôt un second, de prétendues lettres annulant
a donation faite naguère à Jamet de Xesson, I mourut fort à pro-
POS pour éviter une condamnation nouvelle, qui eût été plus lourde.
Mais le procès continua contre ses héritiers. Soit imprudence ou
Niveté, Barthélemy. son second fils, élu de Clermont, présenta lui-
Même Ja fameuse pièce au Prévôt de Paris. Le faux fut constaté
du premier coup et l'affaire faillit tourner très mal pour l'impru-
dent plaideur.
Il est évident que cette manière de défendre une cause, — qui
déjà n’était pas fort bonne, — en devait infailliblement compro-
mettre le succès. Jamette l’emporta devant toutes les juridictions et
définitivement par arrêt du Parlement rendu le 5 juillet 1445. Les
enfants de Pierre furent condamnés à restituer le tiers des immeu-
bles de la succession du urand-père et à payer 1.200 livres tournois
représentant le tiers des meubles, ainsi que les revenus et intérêts.
Jamette, nous l’avons vu, vivait encore en 1454. Elle était morte
en 1476, attendu qu’à cette date nous trouvons Merlin remarié avec
190 SoctéTÉ D'EMULATION pu BouRBONNAIS
\nthonie ou Antoinette Blanc. Voici plus que jamais le sire de
Cordebœuf établi à demeure en son Beauverger.
Les Blanc (1) étaient des petits-cousins des Regnault, descendant
d'Alice de Champrobert, une nièce de Pétronille de Saulzet. Une
autre branche de eette famille, qui possédait plus au nord le chà-
leau de la Baume (2), est entrée dans l’histoire en Ja personne de
Louise de la Vallière. Jacques Blanc, seigneur de Saulzet pour moi-
té. est père de notre Antoinette et d’un fils. Martin, lequel épousa
probablement une sœur de son beau-frère, Merlin fut parrain de
l'enfant (3) issu de ce mariage, doublement son neveu.
Lui-même eut aussi la joie d’avoir un fils qu’il nomma Robert,
puis un second, de prénom inconnu. Le ménage était pieux, car,
le jour des ides de janvier 1476, à Tours, le légat pontifical Nico-
las (4) fit conjointement à Merlin et à Antoinette concession d’un
autel portatif, preuve qu’ils se déplaçaient encore.
Et si connue était Icur probité qu’au temps de la Guerre Folle,
Gilbert de Bourbon, le comte Dauphin, et son beau-père. Louis de
la Trémoille, le vainqueur futur de Saint-Aubin-du-Cormier, dépo-
sèrent aux mains des Cordelxruf l'argenterie de la maison de Mont-
pensier. Gabrielle de Bourbon en donna décharge le 23 janvier
186, à \ntome «€ Blanche » (5). Ce trésor consistait en une nef
d'argent doré, garnie de deux lions, deux brocs, deux douzaines
de tasses à pied, des bouteilles, des pots, des flacons dorés, deux
aiguières, six plats, deux chandeliers, un drageoir et encore des
tasses dorées et d'autres pour fire les essais, « toutes lesdites
pièces se montant ensemble à 925 marcs 11 onces 3 quarts ».
Puis le silence se fait sur le ménage, Le chambellan vieilli pa-
raît soucieux d'accroître son bien. JT achète en la châtellenie de
Montlucon la seiuneurie de Faxe (6). et, afin d’arrondir ce domaine
nouveau, il décide de marier le petit Robert avec une enfant, Fran-
(1) Cf. Sur cette famille Ia remarquable étude publiée dans le compte
rendu de la X* excursion de la Société d'Emulation du Bourbonnais, p. 137.
(2) C** de Lurcv-f.évy, art de Moulins. Cf. Eug. LE BRUN : Les ancêtres
de Louise de la Vallière, Paris, 1903, in-8e.
(3) Noble homme Merlin Blanc, escuyer, seigneur de Sozet en partye et
de Saint-Genys du Retz (en 1501), d'après le terrier du doyenné d'Escurolles.
(4) Bib. Nat Carrés d'Hozier, f° 183.
(5) Bib. Nat. Pièces originales, n° 853, f° 23.
(6) Jbid., fe 25.
Les Recnauzr DE CoRpEBœUr 191
coise de la Garde, fille de Jeun de la Garde, écuyer, seigneur de
la Mallerée, dans la mème paroisse de Saint-Genest.
Le traité de ce mariage (1) « qui se fera si Dieu plaît » est
passé le tiers jours de janvier 1497. Trop ägé pour se déplacer,
Merlin est représenté par noble homme Gilbert Duvernay, À son
fils, il laissera, après son décès, en partage «sa maison de Beauver-
er, avec ses appartenances, justice haute, movenne et basse, cens,.
rentes, métairies, prés, vignes el sa maison, terre el seigneurie de
Faye ». Le cadet aura les biens provenant des Nesson, l’hôtel d’Ai-
gueperse avec les métairies de Pruns et de Coreil.
Le seigneur de la Mallerée promit à sa fille 2.500 livres tournois,
dont 1.500 seulement payables comptant. le reste dans 5 ans. Mais
Sa fermme veillait. Celle-ci, qui était fort entendue, profitant du
\rop peu d'expérience de son futur gendre. — ou de son trop de
PASSiGn, — eul soin, à l'insu de son mari, de faire rabattre par
Robert, avant l'accomplissement du mariage, une somme de 500 li-
Tes Sur la dot, lequel rabat elle fit encore ratifier plus tard par les
funes époux. Ce qu’apprenant, Jean de la Garde, au bout de dix
MS, entra dans une belle colère, « Estimant que sa dite fille avait
lé grandement déçue et aussi que de ce elle n’étoit pas suffisam-
ment appanée ne proportionnée », le père cassa les quittances el
‘OMpléta la dot, Il n’empèche qu'en cette famille les femmes
aie nat la tête solide. Nous retrouverons la petite Françoise plus tard.
Merlin de Uordebœuf et Antoinette Blanc ratifièrent le mariage
le leur fils, le 21 juin 1199, quand les contractants atteignirent
l'âge nubile. Puis, cet acte suprême accompli, les deux époux
$ élfacent dans l'ombre et nous ignorons la date de leur mort.
Eauti] sur Merlin porter un jugement ? Plus qu’un vrai soldat,
Se montre un souple, avisé fonctionnaire, à l’esprit bien positif
% Précis, bon comptable des deniers du roi, bon négociateur au-
Près des Etats d'Auvergne. Or, cet homme sage, rompu aux chif-
res, qui s’essavait aux méthodes de l’administration moderne, fai-
Sail ses délices des romans de chevalerie. Et ce surnom mème de
Merlin. sous lequel 1! était seul connu, n'est-ce pas à l’enchanteur
de nos vieilles légendes qu'il l’avait emprunté ? Nous n'avons,
bien sûrement de lui, gardé qu’un très petit opuscule. Il est inti-
lulé : Ordonnance et matière des chevaliers errants. Et l’on pensera
(1) Bib. Nat. Pièces originales, n° 853, fe 24 ve.
192 SOCIÉTÉ D'EMULATION Du BouRBONNAIS
peut-être que c’est un étrange sujet d'étude pour un chambellan de
Louis XI.
Mais n'était-ce pas un commensal du même Louis XI. dauphin,
cet Antoine de la Salle, l'auteur du Petit Jehan de Suaintré ? Ouvrage
équivoque assurément, où l’apologie de la chevalerie errante se
tourne à la fin en raillerie : raillerie voilée, tandis que l’apologie
s'étale. Tels chapitres de Saintré semblent le développement des
préceptes un peu concis de Merlin. Il est clair que la chevalerie,
— et peut-être parce que les mœurs s'en éloignaient chaque jour
davantage, — avait conservé son prestigieux attrait sur l’imagina-
tion francaise, malgré cent ans de guerre vilaine. tant de meurtres
et tant de trahisons, et malgré l’écorcherie. Est-ce qu’un siècle
encore après, nous ne verrons pas, dans les Mémoires du moins du
Loyal Serviteur, Bayard à son tour faire armes de par le monde
pour accroître son honneur ? |
Notre traité débute ainsi (1) : « Ici d’après s’ensuit par chapitres
l'ordonnance et manière des chevaliers errans comme je Merhn
de Cordebeutf me suis pensé estre chose de grant bruit et de grande
plaisance pour esbattre les seigneurs. princes, chevaliers et escuiers
de ce rovaulme. El premièrement la faczon des armes de leurs
personnes ; secondement celle de leurs chevaulx... »
Tous ces détails d'armement et de costume réglés avec une minu-
He attentive, où nous sentons l'inspecteur d'armée, Merlin, dans
une seconde partie (2), plus intéressante, traite des « formes et
manières comment les chevaliers errans querront leurs adven-
tures », |
« Premièrement, quelles armes 1lz porteront en leurs escuz » —
non pas à leur fantaisie, mais bien celles « d’un des chevaliers de la
table ronde du temps passé » que les hérauts leur enjoindront de
porter.
« Secondement,. comment 1lz seront accompaignez » — de deux ou
trois gentilshommes et autant de valets, plus un héraut ou pour-
suivant pour rapporter au roi les aventures qui leur seront arrivées.
(4) Il en existe au moins deux exemplaires manuscrits à la Bibliothèque
Nationale : ms. fr. n°* 1997 (les deux derniers feuillets déchirés), 5241 com-
plet. Le marquis DE BELLEVAL a publié la 1°° partie dans son traité : Du cos-
tume militaire des Français en 1446, Paris, 1866, in-4°.
(2) Inédite. Ms. fr., 1997, f 87 et suiv.
Les Recnaucr pe ConDEsœur . 193
« ‘Tiercerment, la forme et manière comment ilz devront quérir
leur hébergement.
« Quartement la forme et maniere comment ilz devront envaïir et
courre sus l’un à l'autre. Que premièrement tousiours en chevau-
chant leur chemin chevaulchent devant eulx ung hérault ou poursui-
vant de leur compaignie, lequel aura la charge de adviser s’il treuve
point de chevalier errant auquel il fera le message et l'ambassade
de l’autre... et alors d'un cousté et d'autre lesditz escuiers chevau-
‘chants après leurs maistres leurs laceront les heaumes, metront
l'escu aux coul et leur bailleront leurs lances, puis lesdits chevaliers
crrans si tost qu'ilz s'entreverront brocheront leurs destriers des
‘Sperons el laisseront courre sus l’un à l’autre, et après lesdites
lances rompues et leurs courses faites metront la main aux espées
À feront quatre ou cinq venues a cheval de leurdites espées et
iapperont d’estoc et de taille sur l’escu ou harnois blanc et non
ailleurs sur paine de confisquer les cspées aux heraulx.., et sera
Edit chevalier banny de la compaignie des autres chevaliers errans
Pour ta me espace de temps ainsi qu'il sera advisé. »
Le traité continue : « Quintement, la forme et manière comment
l: dev: r-ont chevaucher par le pais.
€ Sixiement, les sermens qu’ilz auront à fair pour estre cheva-
lers er-rans et en quel. main.
€ Setième[ ment], coment dames et damoyselles yront par pais
‘écques lesdiz chevaliers errans.
CHuïitiéme[ ment], ce que hérault et poursuivant auront à faire.
ULtern, de toutes les choses devant dictes j je Merlin de Cordeheul
devant nommé fait ses advis au Roy nostre Sire et à Mess” de
l'ordre de la Rose blanche ou du serment de la Targe (1), affin
que de sa maison ysse nouveaulx esbatements en armes qui piéça
ne furent faiz depuis le lemps du règne du roi Artus, soulz la bonne
@irection du Roy nostre dit s', de Mess" de l’Ordre et de tous
eulx qui y saulont aucune és mieulx adjouster. »
Quelle date Merlin rédigea sa plaquette, il n’en dit rien, Mais
dans les deux manuscrits connus, elle est jointe à un traité an2-
Nine (2) dont voici les premières lignes :
-
(D Non plus que M. Thomas, nous ne pouvons fournir sur ces SEQRES
auCUn éclaircissement. |
(2) C'est ce traité qui fait l’objet principal du livre de M. de Belleval.
13
194 Soctiéré p EmuLaTioN pu BouRBoNNais
« Icy après s'en suit la façon comment les gens de guerre du
royaume de France, tant à pié comme à cheval, sont habillez et
la manière et usance de leur guerroier qu’ilz font contre leurs
ennemis.
« Item aussy la faczon comment aud. royaume tant hommes que
femmes se habillent en vestements aujourd'huy... aussi après
metray la manière de leurs dancez qui aujourdhuy court oudit
royaulme de France. de leurs festoiemens. et aussi comment et en
quelz harnoys 1lz joustent. »
Ce traité, d'après son texte, a été composé aux alentours de
1448. On peut présumer, — mais ce n’est qu'une hypothèse, — que
ces deux opuscules, dont l’objet commun témoigne d’une préoc-
cupation si spéciale, ont été rédigés vers la même date ‘et par le
même auteur.
*
**
Moins connu que son père, Robert de (’ordebœuf servit dans la
compagnie de Louis de la Trémoille, cet autre chevalier sans
reproche. Il eut deux filles qui se firent religieuses à Sales, une
autre qui mourut jeune, un seul fils, Bénigne, dont le mariage
brillant devait transmettre à sa postérité, avec un lustre nouveau,
un nouveau nom qu'elle porte encore (1).
C'est le 21 novembre 1540 que Bénigne de Cordebœuf, écuyer,
fils et assisté de Messire Robert de Cordebœuf, chevalier, seigneur
de Beauverger, Matroux, la Mallerée et de Faye, épousa par con-
trat (2) damoiselle Louise de Léothoing, fille et autorisée de Mes-
sire Jean de Léothoing, chevalier, seigneur et baron de Coren,
Mongon, la Claux et la Pignède, et de dame Françoise de Mont-
morin,
La future reçut de ses parents 6.000 livres tournois et 500 pour
ses habits nuptiaux, bagues et joyaux, laquelle dot le seigneur de
Cordebœuf.. « assigne sur la terre, justice et seigneurie de Beau-
verger ».…. « Enfin, pour l’amour paternel que ledit Robert a et porte
audit Bénigne et par bonne considération et car ainsi lui plaît, lui
donne par donation entre vifs la terre et seigneurie de Beauverger
et toutes ses appartenances », s’en réservant toutefois l’usufruit.
(1) Le chef actuel de la famille est le marquis de Montgon.
(2) Bib. Nat. Pièces originales, n° 853, f° 29 v°.
Les REGNAULT DE CoRDEBŒUrF 195
Le jeune ménage y vivra d’ailleurs avec les parenls ; mais, comme
il faut tout prévoir, « il a élé accordé que si les futurs époux ne
pouvoient se compatir avec lesdits seigneur ct dame de Beauverger,
ils pourront se retirer, si bon leur semble, en la seigneurie de
Matroux. »
Le noble Bénigne de Beuuverger, « homme d’armes des ordon-
nances du Roy de la compagnie de Monseigneur de Tavannes »,
&uerroy ait en Piémont, quand il fut « ung peu navré en son corps
d’ung coup d’espée ». On le porta à Carignan, dans une ambu-
lance établie « au palais de Monsieur de Montaffre », et là, le 5 fé-
vrier 17552, « se doubtant de quelque danger de mort », en la pré-
sence des médecins, il dicta son testament (1).
Il ©rdonie que son corps soit enseveli en l’église des Augus-
ins de Carignan. « Plus ledit seigneur très humblement supplie à
Mdame sa mère que luy plaise pardonner de tout ce qui la pour-
it avoir offenste en quelque facon et manière que ce soit et
AUSSI Luai plaise avoir pour recommandés les pauvres petits en-
lants, Plus encore prie mademoiselle sa femme que lesdits petits
enfants à jui sovent pour recomandés aveque ladite madame sa
lire et que elle n'y fasse point ce que pouroit bien fere pour
honneur de Dieu et de la amitié que leur a portée. Et tous ses
ares Liens, droits ct srigneuries présentes et à venir, veut et or-
dnne qu'ils soient mis en les mains de ladite madame sa mère et
qe elle n’en puisse faire et disposer comme bon lui semblera, ayant
Wjours ces petits enfants pour recommandés comme dessus, Plus
lgue à chacune de ses trois filles la somme de 3.000 livres. Et
q'il n° ave une religieuse si elle n’a voullanté. Plus veut et ordonne
que Son cheval soit baillé et donné à Monsieur de la Maison Nove,
RUN Jehan, son neveu, » Bénigne mourut, anxieux à la pensée
des Pauvres petits enfants.
. Ét par sa mort, c’est Francoise de Lagarde, l’aieule, qui devint —
au déplaisir peut-être de sa bru — le vrai chef de la maison.
Ëlle aimait peu Beauverger, s'était relirée à la Malleréc dans ses
erres de famille. Elle voulut qu’on l'y ensevelit « au tombeau de
ses Prédécesseurs ». Et c’est le même souci de perpétuer la lignée
éteinte des Lagarde et leur blason qu’elle manifeste, alors qu’elle
() Bib. Nat. Jbid., ? 31.
196 SociËTÉ D'EMULATION pu BouRBoNNAIS
cède en 1567 à ses deux petits-fils, Francois et Jean, movennant
20.000 livres, sa terre de la \Mallerée et ses droits sur celle de
Faye, « à la charge que celui des acheteurs à qui adviendra la sej-
oneurie de la Mallerée en son partage sera tenu d'en porter les nom
et armes, comme ci-devant ont fait ladite dame venderesse et ses
prédécesseurs (1). »
l‘rançois, l’ainé, était homme d'armes à la Compagnie lLiniè-
res (2), dont son cadel était enseigne, Or, cet été de 1567, leur
achat à peine conclu, «ils ont été mandés pour se trouver vers
ledit sieur de Lignières avec leurs armes et chevaux pour della
S'acheminer en l’armée qui se dresse en (Poielou ?) contre Fennemÿy
qui s’y est déjà retiré et a envahi plusieurs villes. » Pour le dau:
uer des € eminents périlz de ladite guerre à laquelle ils vont en-
semblement, ils désirent disposer de leurs biens entre eux com-
muns et néanmoins faire pacte mutuel et réciproque que le sur-
\ivant d'eux succédera au prémotrant » (3).
A Jean apparüendront « à perpétuel » les deux terres de Beau-
verger et de Matroux « concistant en matzon forte, foussés, justice,
bois, étangs, garennes. » françois aura la Mallerée, la terre de
l'aïeule. Et puis, 1ls promettent de doter leur sœur Gilberte, « lors-
qu'elle trouvera son party ».
Mais François bientot recue:lit tout l'héritage, car son frère mou-
rut. Mortes aussi sa mère et sa grand'mère ; le jeune homme restait
seul de sa lignée dans ses chäteaux déserts, Il se fiança le 7 dé-
cembre 1569 avec demoiselle Marguerite de Monestay, assistée
de dame Jeanne de Mauvoisin. sa mère, el encore de noble et scien-
üfique personne M° Pierre de Monestav, protonotaire du Saint-
Siège apostolique.
La fiancée était de bonne race, fille d'Octavien de Monestay, sei-
(1) Les jeunes gens conservèrent leur nom de Beauverger, mais ils portè-
rent désormais pour blason : burelé de 10 pièces d'argent et d'azur, flanqué
d'hermine. Ces armoiries figurent notamment sur trois quittances de leurs
soldes conservées à la Bib. Nat. (Pièces originales, n° 255, f* 3, 14 et 15) des
20 septembre 1568, 20 février 1568, 21 février 1573. Le mème blason est visi-
ble à Beauverger sur lesgirouettes et à la voûte d'une ancienne chapelle;
c'est sans doute de cette époque que date la haute toiture du château.
(2) Antoine de Linières, vicomte de Bridiers, gouverneur de Chartres,
capitaine de gendarmerie.
(3) Bib. Nat. Pièces originales, n° 853, f° 34.
Les RecnauiT pi: CoRDEBŒUrF 197
| +
gneur des Forges, qui, pour sa belle conduite à Cérisolles, fut
nommé capitaine de gens de pied (1544), gouverneur de Néris,
Verneuil, Villebret, guidon à la Compagnie Tavannes et qui périt
à Ja bataille de Renty en 1554 (1). Le grand-père Eustache avait
été gouverneur de Gènes, « château et citadelle de Saint-François »
pour Louis XII. C'est le 1% mai 1570 (2) que « puissant seigneur
François de Bceauverger, seigneur dudit lieu, de la Mallerée, de
Matroux et de Faye, guidon de la compagnie du seigneur de la
Fayette », épousa Marguerite de Monestay, en présence de Gaspard
d'Alègrre, chevalier de l’ordre du roi. La fiancée apporta en dot
19.000 livres et ses habits nuptiaux. Pour recevoir sa nouvelle dame,
Beau verger it toilette. De hauts toits, à la mode du temps, furent
POSéS un peu partout sur les terrasses gothiques. — La vieille de-
meure se pare à la veille de son abandon. Car bientôt un nom plus
prestigieux va jeter ceux des ancètres dans l'oubli ; des terres plus
éminentes en dignité feront délaisser l’ancien château de famille.
L'Oncle de Jean, qui était vieux et riche et qui n’avait pas d’en-
lant, haut et puissant seigneur Jacques de Léotoing, chevalier de
l’ordre du roi. baron de Coren, seigneur de Montgon, par acte
du 16 mai 1579 (4), transmit à son neveu la nue propriété de toutes
seS terres et baronnie. « Et pour perpétuer le nom et armes de
S4 Traaison », il substitua lesdites terres à Pierre de Beauverger, le
SCCOnd fils de François.
EL” siné, Antoine de Beauverser, épousa le 21 février 1605 Claude
de Chazcron, fille de haut et puissant Gilbert, chevalier des ordres
du roi, capilaine de 50 hommes d'armes, el de Gabrielle de Senne-
Rire, Chevalier des ordres à son tour, maréchal et sénéchal du
Bou rbonnais (4). il décéda sans enfant. Et Beauverger, définitive-
Ment échut à Pierre de Montgon, marié lui-mème le 28 mars 1598
AVec demoiselle Charlotte de Chabannes, fille de Messire Gabriel,
"icomte de Savigny et de Gabrielle d'Apchon.
(1) La famille de Monestay est assurément l'une des plus connues des
lecteurs du Bulletin. V. notamment l'article du Dr Sarrot, dans le Builetin
de 1906, p. 73, note 1, et encore Bulletin de 1923, p. 94.
(2) Bib. Nat. Pièces originales, n° 853, f° 35.
(3) Ibid. |
(&) Cf. Dr pe RiBier: Recherches générales de la noblesse d'Auvergne.
v° de Cordebœuf. A
/
198 SociÉTÉ D'EMULATION Du BoURBONNAIS
Cependant qu’en sa province, son père devenait lieutenant de
M. de Randan, gouverneur d'Auvergne, que Pllibert, son frère
cadet. faisait ses preuves de chevalier de Malte, Pierre, commme
autrefois Merlin, son aïeul, mais sous un nom nouveau, poussait
à la Cour sa fortune. Gentilhomme ordinaire du roi, capitaine de
chevau-légers, il‘est en crédit près d'Ilenri IV. Louis XIII lui ac-
corde une pension de 3.000 livres. Grand chasseur, orgueilleux de
sa race et pénétré de ses droits, il était la terreur des manants
d'Auvergne qui n'osaient qu’en tremblant pénétrer sur ses terres.
Sa Q vanité arrogante » n’éparghait pas même ses égaux. Comme Île
comte d'Aven, lieutenant général au haut pays d'Auvergne, s'était
permis en chassant d'approcher de ses bois. l’irascible seigneur
envova chercher à Auzon son ami le marquis de Chalençon et le
chargea de porter au comte ses « objurgalions et défenses itéra-
tives ». Chalencon atteignit Noailles, près de Saint-Flour ; mais
ce fut l’interpellé qui se plaignit an roi. Par sa lettre du 5 dé-
cembre 1607, il dénonçait les facons despotiques de son turbulent
adversaire, mal conseillé par le vicomte de Canillac.. Les manants
de Saulzet se pouvaient consoler de Fabsence de leur seigneur (D.
Lui pourtant, afin de continuer, à côté des Montgon, la lignée des
Beauverger, laissa à Jacques, son fils ainé, la maison des ancètres.
Et celui-ci, par un échange heureux avec le propriétaire d'alors,
Paul Forget, avant acquis les fiefs de Saulzet et de Listenois, se
trouva enfin lunique seigneur de toute la paroisse unie pour l1
première Lois, Mais il mourut peu après son mariage avec Anne de
Chouvigns de Blot, laquelle en secondes noces épousa Philippe de
Moutmorin de Saint-Hérem, comte de Châteauneuf. Devenue veuve
une deuxième fois, elle fit, par acte du 24 février 1658, donation
à Pierre, son fils aîné du premicr lit, de toutes ses terres de Saul-
zet. Ce Pierre s'unit à son tour avec une fille de grand nom, Marie
de la Rochefoucauld (2) ; mais il manquait de sagesse. Et Beau-
(1) Cf. Journal des Débats du 21 septembre 1923. (Renseignement fourni
. par M. Génermont.)
(2) D'une branche cadette, fille de Charles-Ignace de la Rochefoucauld,
seigneur de Domérac, et de Claude Guillelmine du Ciuzel. Leur postérité
finit dans les cadets de la maison de la Rochelambert (la Valette). Simone
de Cordebœuf épousa son cousin Henri-Gaston de la Rochetoucauld-Langeac.
(Renseignement fourni par M. Tiersonnier.)
Les REGNAuULT DE ConpEesœur 199
verger fut sur lui saisi, adjugé le 20 mai 1677 à Jean de Longueil,
conseiller du roi en sa cour de Parlement, commissaire aux re-
quêtes du Palais, dont les descendants le gardèrent deux siècles à
leur tour, pendant lesquels le domaine connut des destinées nou-
velles.
Marc CHASSAIGNE. |
APPENDICE
Les Lecteurs du Bulletin ont eu trop souvent occasion d'apprécier le style du
‘ citoyen Cariol ainé » pour qu'il soil utile de reproduire in extenso le rapport
Par luë dressé le 10 prairial an II, en exécution des lois des 6 août et 13 plu-
vise. Vous en délacherons seulement la description minulieuse qu'il donne
du chd£eau de Beauverger à celle date (1).
WA
ds Æ FR
V L'ALORL
Cuisine
ORANDE SMULE
17,
= Ad, 7
72 T1@ VS (LL
7
Plan du Château de Beauverger.
-+-.Le plan du château présente un quarré long de quatres-vingt-
Sept pieds de longueur sur cinquante quatres pieds de largeur, y
COMbpris les parties saillantes des quatres tours qui ferment les
quatres angles du bâtiment, lesquelles tours sont partie arrondis
(A) Archives de l'Allier, série L n°482. District de Gannat. Police.
200 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BouRBONKAIS
sur leurs retours aux façades du corps de logis (1), lesquelles for-
mes un quarré parfait su les quatres angles extérieur.
Le rez de chaussées de ce bâtiment est composé d’un escallier
tournant qui se présente sur le côté du vestibule de la porte d’en-
trées. Sur le derrière de l’escallier sont les cuisines (2) et autres
apartements accessoires qui sont, dans les rez de chaussées des
deux tours de laspect du couchant. À droite de l’escallier, l'on
monte quelques marches de degré (3), à la premièrre porte, lon
entre dans une grande salle (4) d'environ trente et quelques pieds
de longueur sur environ 24 pieds de largeur, dans laquelle j'av
remarqué qu'il v à des corbeaux de pierre de tailles sur chaques
poutres du plancher supérieur auxquels étoient sculpté des emblè-
mes de féodalité qui sont actuellement mutillées et effassées (5).
Aux fond de cette salle se trouve deux chambres situé dans les
deux lours faisant les deux angles du château à Paspect du ievant.
Sur le derrier de la salie à l'aspect du rori est un cabinet, faisant
un office donnant dans une d mie tour ronde qui est placé au mil-
leu du corps de logis, formant avant corps saillant &’'environ sept
pieds. À côté de ce cabinet est pratiqué un eseallier à vise qui
communique au premier étage des aparlements des deux mêmes
tours (6). Sous les apartements de ce rez de chaussées sont les caves
voutlées, placé en partie sous la grande salle et sous les deux
(1) Exact aux étages supérieurs. Au rez de-chaussée, le « retour aux
façades » principales était à angle droit ainsi que le prouvent les fondations
qui subsistent des tours du levant. Celles du couchant ont été conservées,
sauf le couronnement qui a été remanié, Mme de Longueil faisait procéder
à sa démolition lors de la visite du citoyen Cariol.
(2) La cuisine très vaste et voütée pourrait bien être la grande salle du
primitif « ostel ».
(3) C'est la que se trouve la porte de fer dont ilaété parlé plus baut.
(4) Maintenant divisée. Sur le manteau de la cheminée de la salle à man-
ger, une fresque de Trouillebert prétend reproduire le château dans son
premier état : reconstitution conjecturale et certainement inexacte. La toi-
ture autrefois était de tuiles et non d’ardoises. Au premier plan un étang,
qui n'existait pas encore en 1813 et dont ne subsiste aucune trace.
(5) Il n'en reste rien. d
(6) Inexact. L'escalier conduit à une petite chambre qui, par rapport au
bâtiment principal, se trouve à mi-étage. Au-dessous de la plateforme de la
tour se trouve un ancien oratoire dont la voûte est ornée de fort jolies clefs.
Ces clefs portent à leur milieu une coquille, motif qui se trouve reproduit
de nombreuses fois dans le château et dont nous ignorons l'origine. Nous
accueillerons avec plaisir toute précision qui pourra nous être donnée.
Les REGNAULT DE CORDEBŒUF 201
chambres des tours, lesquelles sont aérées par des larmier ver-
tical fort étroit qui présente à la vue extérieure des espesses de
canardierres,
De suitte étant monté au premier étage de ce corps de logis... cet
étage présente à peu près la mème distribution que celle du rez
de chaussée, où il ce trouve une grande salle pendante à celle du
bas assez délabré et sans ornements (1), les apartements logeable
et à cheminés sont pratiqué dans l’intérieur des quatre tours (2).
Etant monté au second étage (3), où prent la naissance d’une
charpente formant le comble du corps de logis laquelle est ex-
trêmement ellevées, j'av observées que sur les deux façades du
corps de logis ainev que sur le pourlours des deux tours qui sont
à l’aspeet du couchant, de mème qu'à la demie tour qui est à las.
pect du nort, les murs se termine sur leurs pourtours par des em-
(t) Toute cette partie du château a été complètement remaniée, la salle
divisée par des cloisons, le plafond baissé, de sorte que la partie supérieure
des fenètres ouvre maintenant dans le grenier. Comme au rez-de-chaussée,
les corbeaux des poutres portaient des ornements héraldiques.
(2) Il a toujours dù exister en outre une grande chambre au-dessus de la
cuisine. Refaite à l’époque de l'Empire.
(3) Du côté du couchant, le château de Beauverger comprend un étage de
plus. Dans une grande salle au-dessus de la cuisine se trouvent sur les cor-
beaux des poutres des armoiries martelées, généralement mi-parties. Le
seul écusson plein semble pouvoir se lire ainsi : fascé de... et de. à la bor-
dure de l'un en l’autre. Mais, sauf une fois, cet écusson est flanqué, tantôt
à dextre et tantôt à senestre, d'un autre où apparaissent des tourteaux (ou
besants), rangés en fasces (5, 5, 5, et peut-être 2 en pointe). Il est probable que
l'écu fascé (peut-être d'argent et d'azur) a été à une époque velui des Cor-
debœuf. L'écu à tourteaux (ou besants) serait-il celui, inconnu jusqu'ici;
d'Antoinette Blanc ? D'après les armoriaux que nous avons consultés, au-
cune des familles auxquelles ont appartenu les dames de Beauverger, ne
peut avoir porté de tourteaux. Mais cette hypothèse a contre elle l’armorial
de Revel, qui ne donne pas encore à Merlin de Cordeb«uf les armoiries à
fasces portées par ses descendants. Le problème reste donc entier. Notons
seulement que la salle en question doit se trouver dans la plus ancienne
partie du château. A côté dans les tours subsistent des chambres voùtées
dont les cheminées de pierre sont assez ornementées. Il est probable qu'au
XvitIe siècle ces appartements, non aménagés, étaient déjà fort délabrés.
L'une des chambres hautes des tours a été utilisée comme colombier. Ajou-
tons qu'au xvi° siècle une grande salle a dù être construite dans la char-
pente prenant jour sur le chemin de ronde, dont elle était séparée par un
colombage. Il en reste une belle cheminée, malheureusement très dégradée.
Les fenètres à meneaux sont encore visibles dans l'enchevétrement des
Poutres. : Fr 7 2° FMI
202 SOCIÉTÉ D'EMULATION Du BoURBONNAIS
blèmes d'ataques et de défence, composé de creneaux saillant de
près de deux pieds hors l’aplomb des surfaces extérieures des
murs, lesquels créneaux figurent à l'extérieur un entablement por-
tant sa corniche à plusicurs assises de pierre de taille formant un
plain d'environ deux pieds de distence les uns des autres, entre les-
quels sont pratiqué des embrazures formant des meurtrières cou-
vertes sur le devant par des parpaint de pierre de taille qui se
termine à sept à huit pieds plus haut que l’écoutille des meurtrièr-
res, ou sont pratiqué dans chaques embrazures des visierres en
formes de canardierres, Sur le pourtour des deux tours citué à l’as-
pect du couchant reignes aussy a peu pres les memes emblèmes.
Elles éloient couvertes la flèche en forme de cône, objets qui se
détruit actuellement. Les deux tours qui sont à l’aspect du levant
se trouvent couverte par un comble à thuille creuzes en forme d’ap-
penty et ne sont décorées d’aucune marque de féodalité (1), à l’ex-
ception de quelques vuides qui donne jour aux caves et à des apar-
tements plus élevées.
Ayant fait le tour extérieur de ce cy devant chateau, j’ay remar-
qué qu'enciennement il éloit entourres de fossés, qu’il existe en-
core une mare d'eau sur le derrierre à l’aspect du nort qui peut
avoir environ dix à douze pieds de largeur, objet que l’on a laissé
pour faire une pècherie, le surplus de ces fossées ce trouvent en
parties comblé, il v a même dans ce local des plantations en bois
de saulles (?).
(1) Les tours n'ont-elles jamais été terminées, ou leur couronnement avait-
il disparu dans une réparation mal faite? La constatation de Cariol rend
leur disparition un peu moins regrettable. Il est probable d'ailleurs qu'en-
globées dans les constructions faites sous l’Empire par la famille de Lon-
gueil, elles avaient dù ètre percées d'ouvertures et transformées. Au lieu de
les rétablir conformément au plan primitif, on trouva plus simple de les
abattre, en même temps que les constructions auxquelles elles étaient in-
corpurées. De cette aile ajoutée au 1x° siècle ne restent que les fondations
sur lesquelles s'étend une terrasse. La construction devait ètre achevée en
1813 d'après le cadastre. Au mème moment, au milieu de la façade, fut per-
cée une grande porte et construit un perron donnant accès à la salle du rez-
de-chaussée.
(2) Ces fossés avaient été signalés par Nicolav en 1569. Ils ont totalement
disparu. L'Ancoutay passe maintenant presque au pied des tours, drainsnt
l'eau des sources qui devaient les alimenter. Le bois, depuis le xvi® siècle, a
disparu également. Le petit parc qui entoure actuellement le château a été
planté au milieu du xix* siècle.
Etre
La fête de saint Louis à Ygrande
De 1814 à 1817 (1
D 9 ————
16 août 1814. Procès-vorbal qui règle
la cérémonio de la Fête de Saint Louis.
«€ Aujourd’hui seize août mil huit cent quatorze, le Conseil mu-
nicipal de la commune d’Ygrande, canton de Bourbon, arrondis-
sement de Moulins, département de l'Allier, réunt au lieu de ses
séances ordinaires, en nombre voulut par la loi ; en vertu de la
lettre de Monsieur le Marquis de Frondeville, préfet du départe-
ment de l'Allier, en date du neuf du courant, consernant la célé-
bration de la Fèle de saint Louis, qui se trouvera le 25 du présent
mois. Considérant qu'il importe d'en consacrer le souvenir d’une
manière éclatante en lui donnant toute la solennité que permette
les circonstances et les localités. Le Conseil arrête que la fête du
2% août sera annoncée la veille par le son de la cloche et de la
caisse ; que pareille annonce sera faite le matin à six heures, que
Monsieur le Déservant de cette paroisse sera prier de célébrer une
grand messe à dix heures du matin et de chanter à son issue un
Te Deum où les autorités civile et militaire devront y assister
d’après les invitations que leur en fera Monsieur le Maire, ainsi
qu'aux principaux habitands de cette commune qui seront pareille-
ment invités de se réunir au Banquet qui aura lieu ce jour là en
l'honneur de la Fête de Saint Louis et qu’il y aura en outre Bal et
danses ouvertes aux peuples en réjouissance de la fète de Louis le
(1) Notre collègue M. Camille Gagnon a retrouvé dans les vieilles archives
révolutionnaires de la commune d'Ygrande, son pays natal, de curieux
procès-verbaux relatifs à divers événements historiques. Il a bien voulu
transcrire à notre intention ceux que nous sommes heureux de publier.
x
204 Société D'EMULATION pu BoURBONNAIS
Désiré rappelé sur le trône de France. Et comme il est dans le veu
du conseil municipal de faire participer à l’alégresse de ce beau
jour tous les habitands de sa commune et particulièrement les indi-
gens, infirmes, el vieillard a arrêté qu’il serait fait une distribution
de comeslibles par le Maire et l’Adjoint ; il à en conséquence voté
pour cette dépense la somme de trente cinq francs, et qu'expédi-
lion de la présente délibéralion sera adressée à Monsieur le Sous-
Préfet de cet arrondissement pour être par lui transmis à Monsicur
le Préfet. Et ont les membres présens signé :
Éait en mairie à Ygrande les jours, mois el an que dessus.
Signé : Duvernay, Petel, Guèton, Dubost ainé, Ville, Barathon,
Henry, Périgneaux, Madet, Charbonnicr, Delan, l'ebvre.
Procès-verbal de la fête de Saint Louis
de l'année 1814.
€ Aujourd'hui, vingt-cinq août mil huit cent quatorze, à dix
heures du matin, en vertu de notre arrèté du 16 courant, le conseil
municipal, Padjomt, le maire et plusieurs notables de cette com-
mune se sont réunis à la Mairie el sont ensuite partis en cortège
pour se rendre à l'église et au même instant les cris de Vive le Rov,
Vive Monsieur Comle d'Artois et toute la famille des Bourbons <e
sont Fait entendre de toutes pars, par le peuple qui laccompagnant.
Et après avoir assisté à la messe et au Tédéum, ont est reparti
dans le mème ordre pour retourner à la chambre commune où les
mèmes cris ont été rétlérés : el ensuite après la cérémonte on s’est
rendu avec plusieurs notables de cette commune à un Banquet ou
l'on ax porté des loasts à Sa Majesté Louis dix huit, Monsieur
Comle d'Artois, à toutes a famille des Bourbons, à Messieurs le
Préfet et Sous Préfet. prés le banquet, Je bal ax commencé el
s'est continué avec beaucoup de gaité fort avant dans la nuit, el
depuis la sortie de a messe Les danses avitent été onvertes aux
peuples et les distributions de comestibles faites aux indigens et In-
firmes de cette commune qui en ont témoigné leur joie et leur
reconnaissance par les cris raille fois répétés de Vive le Roy et les
Bourbons, De tout quoi avons dressé le présent procès verbal dont
expédition sera adressée à Monsieur le Sous Préfet de cet arruit-
dissement pour être transmise, ele... (Mèmes signalures.)
La FèrTe De SainT Louis a ŸGRANDE 205
Procèe-vorbal de la fête ds Saint Louis
pour l'anuée 1816.
« Aujourd'hui vinot cinq août, heure de dix du matin, en vertu
de la lettre de Monsieur le Préfet de l'Allier, en date du 22 du
courant, par laquelle 11 nous à invité de nous réunir et de nous
concerter avec Monsieur notre desservant pour rendre des actions
de grace à l'Eternel et implorer sa loute puissante protection pour
le monarque et pour son peuple, et afin de répondre au désir de la
lettre- susdatée, le Conseil municipal de la commune d’Ygrande,
l'adjoint, le maire et plusieurs notables de cette commune, accom-
pagné de Monsieur le Capitaine Commandant la première compa-
gnic du > Régiment ainsi que les sous officiers et dragons de la
dite compagnie cantonné en celte commune, se sont réunis avec nous
à la mairie, Et ensuite de là, nous sommes lous parties en cortèges
pour nous rendre à l'Eglise et + entendre la messe à l’honneur de
la fête de Saint Louis, où M" notre desservant nous attendait. Et
après l’office finit, le cortège est reparti dans le même"ordre pour
retourner à la mairie où les cris de Vive le Roi, Vive Louis dix huit
et Vive les Bourbons se sont fait entendre de toutes parts avec
beaucoup d’acclamation el d'enthousiasme. Et ensuite nous avons
fait la distribution aux dits dragons d’une bouteille de vin et d’une
livre de viande par hommes en l'honneur de la fète de Saint Louis,
ainsi que nous v à autorisé Monsieur le Préfet par sa lettre du
23 août présent mois. Plusieurs banquets ont eu lienx dans lesquels
on a chanté des chansons en l'honneur de la fêle et porté des toasts
a Louis 18 et à la famille des Bourbons : les danses ont été ouvertes
aux peuples : toute la journée l'union et la tranquilité ont régné
parmi tous les individus qui ont pris part à cetle fête laquelle a été
célébrée avec joie et enthousiasme dans cette commune, tant par
les dits dragons que par les habitans, De tout quoi, etc.
Signé : Dubost aîné, Henry, Febvre, Charbonnier adjoint, Madet,
Delan maire, Cié.
Procès-verbal do la célébration do la fête
do Saint Louis do l'annco 1816.
€ Aujourd’hui, vingt cinq août mil huit cent seize, à neuf heures
du matin, le Conseil municipal, l’adjoint, le maire, le percepteur
205 SociÉTÉ D'EMULATION pu BouRBoXNAIS
et plusieurs notables de cette commune, se sont réunis en la mairie
où 1} v avait un détachement de a Garde Nationale qui les atten-
daient, et ensuite, ils sont tous parlis en cortège pour se rendre à
l'église pour entendre la messe en Fhonneur de la fête de Saint
Louis, De toutes parts des eris de Vive le Roi, Vive Monsieur le
Comte d'Artois, vivent la fannille des Bourbons se sont fait enten-
dre par le peuple qui les accompagnaient, \près la messe, on est
allée en procession dans le mème ordre à la Chapelle de Saint
Rich. La cérémonie terminée on est revenu à la chambre commune,
où les mêmes cris de Vive le Roi Vive Louis dix huit, se sont
fait entendre : au sortire de la marie une grande partie des fonc-
tionnaires publics et plusieurs notables de cette commune se sont
réunis à un Banquet où Monsieur le Maire à porté des toast à Na
Majesté Louis dix huit, Monsieur ladjoint à Mousieur Comte
d'Artois, Monsieur le Percepteur à la famille des Bourbons. Le bal
a commencé à l'issue du banquet et s’est continué avec beaucoup
de gaicté jusqu’à minuit : dès la sortie de Ta messe, des danses ont
élé ouvertes aux peuples qui v à pris part avec Joie el aux cris
répétés de Vive le Roi, Vivent les Bourbons, C'est ainsi que s’est
terminée cette journée si chérie et si désirée par les bons François.
De tout quoi nous avons rédigé le présent procès verbal dont expé-
dilion sera adressée à Monsieur le Préfet de Fier... Vive le Roi.
Fait en mairie à Ygrande, les jour mot el an que dessus.
Signé : Charbonnier, Jullien, Delan,
Fête do Baint Louis 1818 /sic).
@« L'an mil huit cent dix sept, le vingt cinq dn mois d'août, à
neuf heures du matin MAI. le Maire, adjoint, membres du Conseil
municipal, percepteur et plusieurs nolables de cetle commune se
sont réunis à la mairie et sont partis en ordre pour se rendre à
l'Eglise y entendre la messe qui a été célébrée en l'honneur de la
fète de Saint Louis : de toutes parts des cris de Vive le Roi cl
vivent les Bourbons se sont faits entendre ; après l'office, 11 a été
chanté un TFedeurm. La cérémonie terminée, le cortège est revenu
dans le mème ordre à la mairie, où de nouveau les cris de Vive Île
Roi, Vivent les Bourbons se sont fuits entendre, et au sortir de la
mairie une distribution de pain a été faite aux indigens de cette
La Fêre pe Sainr Louis À ŸGRANDE 207
commune qui ont témoignées leur reconnaissance par les cris réité-
rés de Vive Louis dix huit, Vive la famille royale : cette distribu-
hon achevée, une partie des fonctionnaires et plusieurs notables
se sont réunis à un Banquet qu'ils avaient fait préparer chez M. le
Desservant, pendant lequel repas, cet ecclésiastique est sorti dans
la rue à plusieurs fois jetter des pièces de monnoie au peuple et
au dessert le premier toast a été porté par M. le Maire à Sa Ma-
jesté Louis 18, le second par M. l’adjoint à M. le Comte d'Artois,
le troisième par M. le Lesservant au rétablissement de la Religion
et à la prospérité de la France et le quatrième par M. le percepteur
à la famille royale : le banquet terminé, le bal a commencé et s’est
continué avec beaucoup de gaveté jusqu’à minuit, et dès la sortie
de la messe des danses avaient été ouvertes au peuple qui à pris
part avec joie et satisfaelion et aux cris répélés de Vive le Roi
jusque bien avant dans la nuit. C’est ainsi que s’est terminé cette
fète si cherie et si désirée par tous les bons français, De tout quoi
nous avons rédigé le présent procès verbal dont expédition sera
adressée à M. le Préfet de l'Allier. Vive le Roi.
Fait en mairie à Ygrande, les jour, mois et an que dessus, à
minuit.
Signé : Madet, Charbonnier adjoint, Dubost aîné, Delan maire,
Veyssiere, Jullien, Ville fils.
(Extrait des registres des délibéralions du Conseil municipal
d'Ygrande.)
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non nn VE ER OPROR TONNES. OBRRUS CES, SOUS Le Nos Vo sone Ye
Sur un projet d'achèvement du transept
de la cathédrale de Clermont-Ferrand
0
M. Féron, avocat à Clermont, m’a fait connaître, à l’occasion du
congrès de la Société Française d'Archéologie, un projet d'achève-
ment du transept Sud de la cathédrale, qui offre le plus haut intérêt.
On sait que quelques-
unes parmi nos plus bel-
les cathédrales étaient
prévues pour porter. en
outre des tours de la
façade principale, deux
autres tours à chaque
transept et une septième
à la croisée des nefs :
telles avaient été pré-
vues les cathédrales de
Laon, de Chartres, de
Reims, de Rouen. A
propos de Reims, Viol-
let-le-Duc a dessiné une
prestigieuse perspective
de ce qu'aurait été une
grande cathédrale du
x siècle, si elle avait
pu être complètement
achevée. Tel semble être, en effet, l'idéal rêvé par nos vieux archi-
tectes. Rèvé seulement, car un si émouvant faisceau de flèches et de
tours n’a jamais été réalisé, faute de temps, d'argent et d’enthou-
siasme. Ou bien (c'est le cas à Chartres) les flèches latérales et cen-
trale furent construites en bois et anéanties par l’incendie.
M. l'abbé Gobillot auteur d’un livre très documenté sur la cathé-
drale de Clermont, a montré que, si les flèches du transept n’ont
jamais existé, du moins, avant la Révolution, les tours dépassaient-
elles leur niveau actuel de tout un étage.
© CATHÉDRALE DE CLERMONT-FERRAND .. 209
Dans le projet dont M. Féron fut le zélé promoteur et qui fut
dessiné par M. Chaine, architecte diocésain, on voit qu'il aurait
suffi d'ajouter un fronton ajouré et de monter deux courtes fléches
pour changer en légèreté toute la lourdeur du transept Sud.
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A cette époque, 400.000 fr., dont la majeure partie était donnée par
l'État, suffisaient pour réaliser ces plans. Combien de millions fau-
drait-il aujourd’hui ?
La proposition fut faite au conseil municipal dans les temps du
ministère Combes ; et les conseillers, influencés par les luttes poli-
tique et religieuse qui battaient leur plein, crurent de leur devoir de
s'opposer à tout embellissement d’un édifice cultuel. Décision regret-
table, car on perdit ce jour-là une occasion unique de construire un
transept complet comme aucune cathédrale de France n’en possède
aujourd’hui. A. Mirron.
14
NAN RENE
MONTLUCON
ET SES RICHESSES D'ART
(Suite) (1)
PE
B. — HISTOIRE
eve— —
CHAPITRE II
LA VILLE FÉODALE
nr —
c). — 8es seigneurs particuliers.
Les dévastations des barbares, en particulier des Normands, au
ix° siècle, avaient poussé, logiquement, les populations dispersées
des campagnes à se grouper pour résister à l'invasion et, au milieu
de l'anarchie générale, à se réfugier sous la protection des lieux for-
tifiés, des châteaux...
C'est le régime féodal qui se fonde.
Nous assistons alors, en France, à un premier et naturel démem-
brement de l'empire carolingien en grands fiefs, comme le duché de
France, érigé en 861 en faveur de Robert le Fort, comte d'Angers ;
le comté de Flandre, fondé en 863 par le gendre de Charles le
Chauve ; le duché de Guyenne, etc., et ainsi à une multitude de
petites dominations locales (2) qui fermèrent d'abord le pays aux
(1) Voir Bulletin, pages 38, 81, 138.
(2) Parlant des successeurs de Charlemagne, M. Jacques Bainville (Histoire
de France, Paris, Em. Fayard, 192%, p. 41) résume admirablement, en de
courtes phrases, cette situation : « L'impuissance des carolingiens à repous-
ser les envahisseurs hâta la dissolution générale... Alors, les hauts fonc-
tionnaires se rendent indépendants. Le système féodal que Charlemagne
avait régularisé et discipliné, s’affranchit et produit un pullulement de
MoxrTLucon ET sEs RICHESSES D'ART 211
invasions des barbares et constituèrent, à la longue, autant de pe-
tites seigneuries, comme chez nous, celles d’Huriel, de Montluçon, de
Souvigny, et au-dessus d'elles, au x° siècle, la sirie de Bourbon.
Les carolingiens gouvernaient le royaume par le moyen de magis-
trats : ducs, comtes, vicaires, qui possédaient des commandements
militaires et des attributions civiles (1). D’électives, ces fonctions
devinrent naturellement à la longue héréditaires, par l'occupation
durable des charges et des offices. Et c'est ainsi que, dans ces temps
si troublés des règnes de la seconde dynastie, les pouvoirs adminis-
tratifs, que de puissants fonctionnaires tenaient du roi par déléga-
tion. se transformèrent, entre leurs mains, « à force d'empiètements
successifs » (2), et nous ajouterons de services rendus dans la défense
des populations qui s'étaient mises sous leur protection, en un droit
de propriété sur les territoires qu'ils gouvernaient.
C'est ainsi qu’à défaut de documents authentiques qui paraissent
avoir tous disparu (3), on peut seulement expliquer l'origine des
premiers seigneurs montluçonnais.
souverainetés. L'autorité publique s'est évanouie: c'est le chaos social et
politique... Cent, mille autorités locales, au hasard des circonstances, pren-
nent le pouvoir. » — Cf. 28,137.
(1) « D'après la chronique d'Adhémar de Chabannais [D. Bousquet,
t. VIII. 232]. confirmée par celle de Geoffroy, prieur de Vigeois (ms. de
l'abbé Legros, séminaire de Limoges, I, 58), le roi Eudes, en 892, après
avoir prononcé la déchéance de Guillaume le Pieux, aurait institué des
comtes dans toute l'Aquitaine et confié à des vicomtes lé gouvernement du
Berry et du Limousin. » — Cf. 82, 1, 336. — 28, 143.
(2) 28, 122.
(3) On sait que les archives de la Chambre des Comptes de Moulins, si
riches en documents, furent réunies par Françuis I*r, en 1531, à celles de la
Chambre de Paris,qui furent presque détruites par un grand inrendie en 1737.
Les titres restés à Moulins furent brûlés, comme entachés de « téodalité »
par ordre du directoire du district de Moulins, le 10 août, le 29 septembre
et le 13 décembre 1793 par les révolutionnaires. Les archives de l'Intendance
eurent le même sort. Nous y perdions même pour notre région montlu-
çonnaise une documentation très importante. Ajoutons que des milliers
d'actes, de documents, diplômes, chartes... ont été anéantis à Montiuçon,
comme ailleurs, depuis la Révolution. Non seulement des terriers, des titres
téodaux ont été, en 1793, brûlés où transportés à Moulins pour y subir le
même sort, mais au cours du xix® siècle le vandalisme a sévi chez nous
avec une intensité et une audace inimaginables... Dévastation et pillage
systématique des archives publiques, destructions intéressées ou incons-
cientes des papiers de famille, de chartes souvent importantes mème pour
212 SoctÉTÉ 'EmMuLATIoN pu BouRBOoNNAIS
D
. Éloignés du pouvoir central, ofliciers ou non des vicomtes de
Berry, ils se sont taillés, selon toute vraisemblance, dans cette vaste
province (1) et sur sa frontière, en face d’autres seigneuries de la
Marche et de l’Auvergne. le domaine qui devait constituer la sei-
gneurie ou baronnie (2), et plus tard la châtellenie de Montluçon. en
même temps que, plus à l’Est, les sires puis les ducs de Bourbon,
devenaient maîtres d'un vaste territoire qui forma, aux dépens du
Berry, de l’Autunois et de l’Auvergne, la province du Bourbonnais,
en absorbant soit par conquêtes, soit par alliances ou donations, les
petites dominations particulières voisines.
La question de l'origine des premiers seigneurs de Montluçon
reste encore obscure, en l’absence de définitifs documents (3).
l'histoire générale, ont achevé l'œuvre de la politique antiféodale. A ce
sujet, les confidences des relieurs locaux et même des « cuisinières de bon-
nes maisons » seraient fort suggestives |... Que de pots de confitures, que
de dos et de gardes de livres, de registres surtout, ont été recouverts par
des feuilles résistantes de parchemins dont quelques-uns étaient mème ornés
de précieuses enluminures, arrachées à des livres d'heures et plus sou-
vent à des registres de comptes ou de procédures, à des actes de partages.
Nombreuses sont les bibliothèques privées montluçonnaises qui conser-
vent ainsi des volumes reliés solidement avec des documents qui au-
jourd'hui aideraient à établir l'histoire de notre cité, de ses seigneurs, de
ses fonctionnaires, des institutions et des familles du pays, et sans lesquels
on est réduit trop souvent à des hypothèses.et à des conjectures qui, pour
ètre fondées sur de vraisemblables traditions, n'offrent pas cependant de
bases scientifiques.
(1) Si les seigneurs de Montluçon doivent leur origine à ces circons-
tances, on peut dire qu'ils ne faisaient que suivre l'exemple des plus grands
feudataires.. On se rappelle la fière et curieuse réplique du comte de Péri-
gord s'établissanten maître à Tours et recevant un héraut qui, au nom du
roi Hugues, lui demanda: « Qui t'a fait comte ? » et qui répondit : « Quit'a
fait roi ? ».…
(2) Pour ce titre de « baronnie» donné souvent à notre seigneurie montlu-
çonnaise, Cf. 57, année 1249, n° 303; 1250, n° 304; 1266, n° 439; 1272;
n° 531, etc. |
(3) Ce n'est pourtant pas faute d'avoir été agitée depuis cent ans! Les
historiens se partagent sur cette question en deux camps presque enne-
mis !. Les uns, avec Justel, Blondel, du Bouchet (Cf. 28, 153, 158, 179,
181. 189 — et 5, 11, 84 à 103), de Soultrait (85, 6). et dont M. du Broc de
Segange a repris copieusement les thèses (174-176), estiment que les pre-
miers seigneurs de Montluçon sant de la même famille que les sires de
Bourbon, formant une branche cadette détachée de leur maison par Aimon.
— Les autres, M. Chazaud (28, 153, 158, 189) et surtout M. Fazy dans sa
thèse (46) soutiennent, — surtout ce dernier avec véhémence même, —
MonTLuçonN ET SES RICHESSES D’ART 213
ee DS, a pe — = ——— —
Sans retenir ici la mention d’un oppidum à Montluçon du temps
de saint Ménelée, il est certain qu'un cas{trum y est mentionné au
x1* siècle. Ce « castrum Montis Lucii » est signalé, le 1°" janvier 1049,
dans une lettre authentique de Jotzald, moine de Souvigny. annon-
çant la mort d'Odilon survenue à cette date, ct dans l'Epilaphium
consacré au même saint abbé, et qui n'est pas postéricur à 1053 (1).
Il est évident que le château de Montluçon au xi° siècle n'était pas
sans propriétaire... et relevait, comme ses voisins, de seigneurs par-
ticuliers. |
Toutefois nous ne trouvons la mention d’un titulaire qu’au siècle
suivant.
C'est le cartulaire de l’abbaye de Bonlieu (2), fondée vers 1141 (3)
dans le diocèse de Limoges, qui nous fait connaître ce seigneur de
Montluçon.
En effet, dans les premiers actes qui rappellent les donations faites
en faveur du premier établissement de ce monastère dans la mense
de Mazerolles, en faveur de Roger, abbé de Dalon (4), nous trou-
vons parmi les bienfaiteurs Willelmus de Borbo, dominus de Monte
Lucio : Guillaume de Borbo, seigneur de Montluçon.
qu il n’a jamais existé une origine commune entre eux. Nuus ne pouvons
ici exposer les arguments des divers partis. Nous renvoyons pour leur
exposé à l'excellent travail de M. Fazy, particulièrement à l’appendice de
sa thèse (pp. 186-216. Mais du moins il faut reconnaitre que les tenants de
l'une et de l’autre opinion n'apportent aucune preuve décisive, aucun texte
pour la soutenir, et que la question n'est pas « résulue ». Il faut sans doute
attendre les révélations possibles d'actes encore inconnus, de cartulaires
non encore publiés pour pouvoir trancher définitivement cette controverse :
en attendant : sub judice lis est.
La plupart des auteurs — (entre autres 194) — qui parlent des « sei-
gneurs de Montluçon », se cupiant les uns les autres, ne font que re-
produire les fabuleuses et tendancieuses généalcgies édifiées sur « l'his-
toire » fabriquée par le P. André. Cf. 28 et 46.
(1) 46, thèse, 186.
(2) 48, id. 187, qui fait remarquer que l'original de ce cartulaire a disparu
et qu'on n'en possède qu'une copie du xvit* siècle, par Dom Col, conservée
- àla Bib. Ne (latin, 9196, p. 1-401).
(3) Zd., p. 190. |
(4) Il succédait à Géraud, « premier chef des moines établis à Mazerolles,
qui devaient former la congrégation de Bonlieu », 46, thèse, 190, — Roger
lui succéda entre 1120 et 1137, et eut lui-mème pour successeur Pierre [de
Saint-Julien] dont le commencement d'abbatiat, à Bonlieu, peut ètre placé
en 1141. |
214 SoctÉTÉ D’EMULATION Du BoURBONNAIS
Ce même personnage figure comme témoin, à cette date de 1141,
dans divers actes de libéralités en faveur de Bonlieu (1) faites no-
tamment par le bailli de Néris (Petrus, bailes de Néris).
Lui-même abandonne aux moines de Bonlieu (2) ce qu'il tient à
« Soz-sal », acte suivi de deux autres donations pieuses. Il est enfin
témoin de nouvelles générosités (3) faites entre les mains de l'abbé
Pierre, à des dates qui peuvent se placer entre 1141 et 1151.
Quel était ce Guillaume de Borbo ? D'où venait-il ? Ce sont là des
questions qui restent encore sans réponses définitives.
On ne sait pas même d’où vient à Guillaume ce singulier surnom
de « Borbo » (4). Les partisans de l’origine commune des barons de
Montluçon et des sires de Bourbon pourraient y voir un argument
en faveur de leur thèse. Îls ne manqueraient pas sans doute d'y
trouver l'indication que l'ancêtre de nos barons venait de Bourbon ;
possédait ce fief qui aurait été plus tard abandonné aux seigneurs
de Souvigny, de Châtel-de-Neuvre, de Longvé, et devenus ainsi les
sires de Bourbon. Les actes connus jusqu’à présent n'autorisent
pourtant pas cette audacieuse hypothèse.
Ce que nous apprennent seulement les actes connus, c'est que
notre premier {?, baron montluçonnais, Guillaume de Borbo, avait
une parenté étroite avec les Saint-Julien (5), seigneurs de Saint-
(1) 46, th., 190-191.
(2) Id., 191.
(3) Id., 491, 192.
(4) M. Fazy fait observer au sujet de ce vocable que si M. Chazaud note
que jamais le sire de Bourbon n'est dit « Borbo », on pourrait supposer que
« de Borbo - est là pour « Borbonensis », « Borbonii », ou « de Borbonio »,
par suite d'une erreur de copie, provenant soit de Dom Col, suit du rédac-
teur du cartulaire original, et il ajoute : « au cas où cela voudrait dire « de
Bourbon », de Borbo serait un surnom, comme puur Etienne de Bourbon,
par exemple ». — (Cf. Molinier, LILI, n° 2699. — 46, 196.)
(5) À propos de ces Saint-Julien, seigneurs de Saint-Gérand, on peut se
demander s'ils n'appartenaient pas à la puissante maison originaire de la
Murche, que M. des Gozis, le distingué généalogiste montluçunnais, signale
cumme « tombée en quenouille » au xi* siècle, et dont la race moderne de
ce nom (d'argent à un chien d'azur ou de sable — suivant des auteurs —
semé de billettes d'or, au lion du même brochant, armé et lampassé de
gueules) descendait d'Alix de Saint-Julien, dernière héritière de l'antique
souche, qui épousa, au milieu du xi* siècle, Amiel ou Amelih 11 de Chambon,
prince de Combraiile, père d'un autre Amelin qui eut l'importante baronnie
4
a
MoxTLuçon ET sEs RICHESSES D'ART 215
Gérand (le Puy ?), sans pourtant qu'on puisse indiquer aujourd'hui
quelle est de ces deux maisons celle qui descend de l’autre.
Dans une « notice » où apparaît le premier abbé de Bonlieu,
Pierre de Saint-Julien (1), c'est-à-dire entre 1141 et 1151, et qui
parle de la dernière maladie de Guillaume de Borbo, on voit que
celui-ci avait pour héritier — sans doute par défaut d'enfants — son
neveu (2), autre Guillaume, fils d’'Archambaud de Saint-Julien ou
de Saint-Gérand.
Ainsi Guillaume de Saint-Julien devint, vers 1151, seigneur de
Montluçon, par suite du testament de son oncle.
Il figure à ce titre : Willelmus de Montelucio de Sancta Gira, dans
divers accords, passés en 1174 entre les chanoines d’Evaux et les
moines de Bonlieu au sujet de la ville d’Argenty, dépendante alors
de la paroisse de Lignerolles (Linaroli) (3), et clos de vignes situées
de Saint-Julien-le-Châtel. en aurait retenu le nom pour ses descendants, et
qui fonda précisément l'abbaye de Bonlieu que ses héritiers comblèrent de
leurs générosités de concert avec Guillaume de Borbo, seigneur de Mont-
luçon et beau-frère d'Archambaud de Saint-Julien, seigneur de Saint-
Gérand. (Cf. ADA, dossier des Gozis : les Saint-Ju:ien, fol. 3, 4) — Parlant
des Saint-Julien, seigneurs de Saint-Gérand, M. des Gozis dit encore : « Mai-
son noble sortie des seigneurs de Montluçon. » (/d., fol. 3); et il considère
Archambaud, dit de Saint-Gérand, seigneur de Saint-Gérand-le-Puy, Péri-
gny, Pierremond, Châteldon, comme le fils cadet d'Archambaud Il de
Montluçon. Malheureusement, le docte auteur n'indique aucune référence
de ses affirmations. |
(1) ADA. Fonds des Gozis: Saint-Julien.
(2) « ... Ego W. nepos ejus, filius Archembaldi de Santo Juliano, id est
de Sangiran, quem ipse W. de Borbo avunculus meus, fecit sibi heredem.….
dono fratribus Boni Loci... pro anima mea... avunculi mei omnia prædicta
dona.. quæ donavit fratribus Boni Loci W. de Borbo avunculus meus…..
Factum est hoc in manu P. primi abbutis Boni Loci Testes: P. Bailes de
Néris... » (46 th. 192, 193) Cet acte permet de supposer que Guillaume de
Bourbon était le frère de la mère du jeune Guillaume dont le père est appelé
dans le texte : Archambaud de Saint-Julien
Dans un acte du mois d'août 1220 (?) [46, cat. 428, n° 595], cet Archambaud
de Saint-Julien, seigneur de Saint-Gérard, fils du premier Archambaud,
déclare qu'étant sous la tutelle de son frère Guillaume, seigreur de Montlu-
çon {vers 1200. 46, p. 373, n° 468], il avait tenu du comte d'Auvergne son
Château de Châteldan, mais que depuis il avait reconnu que ce fief relevait
d'Archambaud, sire de Bourbon, et qu'il lui en avait rendu foi et hom-
mage.
(3) 46, th. 335, n°: 402, 403.
216 SocIÉTÉ D'EMULATION DU BOURBONNAIS
2 ee A —————————— — ———
dans les paroisses de Montluçon, de Saulx (Sallis) et de Domérat
(Domairaco) (1).
C’est lui sans doute, ou son fils, qui portait le même nom et Île
même titre, que nous trouvons comme bienfaiteur du même monas-
tère. avant 1197, en confirmant les donations précédemment faites
par Guillaume de Montluçon (2).
Le dernier de nos barons que nous font connaître divers actes,
sans cependant nous indiquer son degré de parenté avec les précé-
dents, est un nouvel Archambaud, seigneur de Montluçon, dominus
Montis Luci.
Entre le 2 avril 1200 et le 24 mars 1201, ce baron donne à Jean,
prévôt de Néris, la charge du bailliage et ce qu'il possède dans le
péage de l'antique cité (3).
Puis, voulant participer à la croisade alors en préparation (4), il
conclut, vers 1202, avant de partir, d'abord un accord avec Guy,
comte d'Auvergne, au sujet d’une alliance du fils de ce dernier avec
sa propre fille aînée (5).
(14) 46, th. 194, et cat., 335-6, n° 404.
(2) /d., 193.
(3 46, cat., 375, n° 472, qui pense pouvoir placer cet acte au commence-
ment de 1202.
(4) Il s’agit ici de la quatrième croisade (1202-1204) entreprise après l'échec
de la troisième (1189-1193) à la suite de la prise de Jérusalem, en 1187, par Sa-
ladin, et qui avait été dirigée par l’empereur Frédéric Barberousse, le roi de
France Philippe-Auguste, et le prince anglais Richard Cœur-de Lion. Le pape
Innocent III avait alors (1197) confié à Foulques, curé de Neuilly, la mission
de prècher en Occident une nouvelle croisade qui devait atteindre les buts
que s'était proposés la troisième. On sait que soit découragement, soit pour
des raisons politiques, les rois » restèrent sourds à sa voix. Ce furent, cette
fois, les barons féodaux français, comme Viilehardoin, sénéchal de Cham-
pagne, Baudouin, comte de Flandre, Louis de Blois, Eudes de Bourgogne,
Boniface de Montferrat.. qui, s'appuyant sur la puissante marine de Ve-
nise, partirent pour la Terre Sainte. Mais, se laissant détourner de leur
véritable objectif, ils ne parvinrent qu'à semparer par deux fois de Cons-
tantinople, détruisirent l'empire grec, et sur ses ruines fondèrent un empire
latin (1204). dont le premier souverain fut le comte Baudouin de Flandre.
Comme on le voit, cette « croisade des Féodaux » avait ému notre baron
montluçonnaïs qui, en fait, pour des raisons que nous ne connaissons pas,
ne put y participer.
(5) Le fils du comte Guy devait avoir la Combraille et le comté « Combra-
liam et comitetum ». Cf. 46, th., 376.7, n°° 476 et 477, qui cite un acte passé
MonTLuçon £T SES RICHESSES D'ART 217
Enfin, pour la même raison de son départ projeté outre-mer, et
considérant qu’ « il a subi des répercussions de la guerre violente que
se faisaient les rois de France ct d'Angleterre, ct que sa terre, pays
frontière, in Marchia consistens, et mouvante du roi d'Angleterre,
— comme duc de Guyenne, — avait été envahie à l'instigation de
Guy de Dampierre, sire de Bourbon, par le roi de France (1),
Archambaud, seigneur de Montluçon, suppliait le pape de lui assurer
l'appui de l'archevêque de Bourges, ainsi que celui de l’évèque de
Limoges et du prévôt d'Evaux, dans la crainte que l'archevêque ne
montrât pas l'énergie nécessaire (!), afin de protéger ses terres des
envahisseurs et de prendre toutes mesures convenables s’il venait à
succomber à la croisade ».
Tous ces actes sont évidemment antérieurs — mais peut-être
seulement de quelques mois — à la donation dont nous parlerons
ci-après et que fit à Guy de Dampierre, sire de Bourbon, le roi
Philippe-Auguste, en cette année 1202, de la seigneurie de Montlu-
çon dont il s'était cmparé, ce qui fil entrer notre baronnie dans le
domaine de Bourbon (2). ;
à Montluçon, par lequel Guillaume, évèque de Cahors, fait connaitre qu'il
s'est rencontré à Montluçon avec les évèques de Limoges et de Clermont
et que tous les trois ont promis de faire respecter la convention conclue
entre Archambaud, seigneur de Montluçon et Guy, comte d'Auvergne, au
sujet du mariage projelé entre le fils du comte et la fille d’Archambaud.
— Cette dernière s'appelait Isabelle. d'après Moreri. (Cf. Dict.; 11, 142.)
(1) 46, th. n°° 476-479 : « ... et terra mea de feu1o regis Anglorum in
Marchia consistens in tanta fuerit suspectione quod dominus Rex Franco-
rum eam manu invaserit violenter et hoc instinctu Guidonis de Domna-
petra domini Borbonii mihi aliquandiu inimicantis. » — Cf. 175, p. 2-3.
(2) Cette donation royale, qui dépouillait de la possession de Montluçon
ses seigneurs particuliers, ne signifie pas que ceux-ci ne laissaient pas d'hé-
ritiers. Nous venons de voir que le dernier baron avait une fille qui devait
épouser le fils du comte d'Auvergne. Il en avait une autre, Béatrix, qui
épousa Archambaud VII, le propre fils de Guy de Dampierre, ainsi que
l'atteste le testament d'Archambaud VIII de Bourbon, fait en 1248 (46,
th., 560-6, n° 934). |
D'autre part, nous voyons figurer dans l'histoire divers personnages qui
paraissent les descendants de nos barons Montluçonnais. Mais il faut re-
connaître que très souvent la désignation « de Montluçon » à la suite d'un
nom de personne n'indique pas autre chose que le lieu de sa naissance. On
ne peut en inférer que le personnage appartient à la famille des seigneurs
de notre baronnie : ainsi, avant même la dépossession de nos barons, en
1175, on trouve un Pierre de Montluçon, « Petrus de Monte Lucii », prieur de
218 SOCIÉTÉ D'EMULATION pu BouRBONNAIS
d). — Les sires, puis les ducs de Bourbon.
À vant cet acte important qui mettait brutalement fin à la posses-
sion de la baronnie montluçonnaise par des seigneurs particuliers,
les sires de Bourbon occupés à étendre leur domination dans la
région de Souvigny, de Bourbon et de Moulins, n'apparaissaient
qu à de rares intervalles sur les bords du Cher.
Ïl semble qu'ils soient, au cours du xi° et du xt siècle, devenus
possesseurs de toute la viguerie de Bourbon, et peu à peu, tout
autour de Montluçon, — comme pour en faire le siège, —suzerains des
territoires de Cérilly, d’Hérisson, en attendant qu'en 1202, notre
baronnie à son tour tombât elle-même entre leurs mains (1).
Fougerolles, comme témoin d'un accord passé entre le prieur de Saint-
Léopardin-d'Augy et Ebbes, vicomte de Nevers, et quine parait pas devoir
figurer dans la généalogie des barons montluçonnais (46, cat., 337, n° 404).
De même ona fait, dit M. Chazaud (88,194), « dame de Montluçon » en 1377,
Marguerite, dame du Breuil, femme de Pierre de Roche-d'Agoult, « dont
l’aveu si connu doit sk presque célébrité à une clause plus que bizarre citée
dans le glossaire de Ducange », et qu'on ne peut écrire qu'en latin « qui
brave l'honnèteté ». — On trouve enfin, une généalogie des seigneurs de
Montluçon « prolongée contre toute vraisemblance, remarque le mème
auteur (id., p. 189), jusque très avant dans le xivesiècle », d'après une généa-
logie manuscrite trouvée dans les papiers de Baluze (Arch. Nat., M. 354).
Les personnages qui portent ce nom, après le xin° siècle, semblent plutôt
des enfants naturels auxquels on a donné le nomde la ville qui lesavait vus
naitre ; ce doit être le cas des célèbres peintres Jean et Jacques ou Jacque-
lin de Montluçon, qu'on retrouve au xv* et au xvi*siècle, à Bourges, où ils
laissent de leurs œuvres, les auteurs du magnifique poliptyque de Notre.
Dame de Montluçon, enfin d'une miniature de l'admirable livre d'Heures de
la bibliothèque de l'Arsenal que signa Jean de Montluçon et dont nous
parlerons dans la troisième partie de cette étude. C'est également le cas des
« Montluçon » qui habitaient au milieu du siècle dernier notre bonne ville
et dont nos contemporains ont connu le dernier descendant.
(1) Cf. CHAzAUD (88, 81), Pierre GAUTIER (51), Emile CHÉNON (382, 88),
M. Fazy (48), qui soulignent les interventions des sires de Bourbon à La
Chapelaude en qualité de suzerains de Jean de Saint-Caprais.
Archambaud III avait confirmé, lors de son passage à Montluçon — « hoc
actum est apud Montemlucium », — en 1079, les privilèges que son père
avait accordés aux moines de La Chapelaude (46, cat., 143, n° 141). — Ce
mème seigneur, ayant eu des différends avec les chanoines d'Evaux au sujet
de revenus qui lui étaient dus sur le territoire de l'église de Blanzat, avait
envahi les possessions d'Evaux, notamment à Montluçon. Mais le prieur
d'Evaux Lafola avait été assez habile pour obliger le sire de Bourbon à
MonTLucon ET SES RICHESSES D'ART 219
C'est, en effet, vers la fin de 1202 ou au commencement de l’année
suivante que Philippe-Auguste, voulant récompenser la fidélité et
les services rendus à sa couronne par le sire de Bourbon, Guy de
Dampierre, et aussi « en considération du mariage de son amé et
féal vassal avec Mahaud, dame de Bourbon », enleva la seigneurie
de Montluçon au dernier baron, la donna « en augmentation de
fief, avec toutes ses dépendances », et le reçut en hommage lige
pour cette inféodation (1).
Nous ne savons pas ce que devint Archambaud, le sire de Montilu-
çon, dépouillé de sa terre ; mais cette spolialion perdit de son cärac-
tère odieux, quelques années après, par Je mariage de Béatrix, fille
de notre dernier baron, avec Archambaud VII (2), le propre fils de
Guy de Dampierre, — manière élégante et toute diplomatique de ter-
miner cette affaire, en confondant les droits respectifs des époux, et
de mieux unir la baronnie des bords du Cher à la déjà puissante
sirerie de Bourbon (3).
En mai 1223, le sire de Bourbon, Archambaud VII, étant à
renoncer à ses prétentions et à rendre les biens usurpés, spécialement les
églises de Néris et de Mazirat (1078-1095. — 46, cat., 174, n° 178). — En 1171,
le sire de Bourbon. reconnaissant ses torts vis-à-vis du prieuré de La Cha-
pelaude, lui accordait deux mesures de seigle de revenu annuel, et Agnès,
sa mère, y ajoutait des dons particuliers; parmi les témoins de cet acte de
réparation, on trouve Constance, viguier de Montluçon, « vigerius Monte-
lucii » (46, cat., 429, n° 392).
(1) Cet acte d'un si grand intérèt doit ètre placé entre le 14 avril 4202 et le
à avril 1203. (Cf. 46, th., p. 97 ; 28, 189; L'original, en parchemin, est aux
Archives départementales de l'Allier. On y lit notamment :
... Noverint universi, prœsentes pariter et futuri, quod nos amico et fideli
(nostro] Guidoni de Dompna Petra et hæredibus suis, concedimus Montem-
Lucium cum {pertinencilis suis IN AUGMENTUM FEODI SU1, et ipsum de eo in
hominem ligium re[cepimus. Quod ut] perpetuum robur obtineat, prϾsentem
paginam sigilli nostri aulctoritate ac regii nomilnis Karactere inferius
annotato confirmamus. Actum.…
À propos de cet acte Cf. 2, 15, l'interprétation donnée par M. Jules Roy,
après M. Chazaud (28, 189-192).
(2) Pour la « numération » des sires de Bourbon, nous adoptons celle que
M. Fazy (46) a cru devoir adopter, en rectifiant celle qu'avait donnée
M. Chazaud (28).
(3) Noustrouvons cette Béatrix, avec le titre de dame de Montluçon, son
mari, le sire de Bourbon, et Mathilde ou Mahaud, sa belle-mère « comitissa
Borbonii », donnant à Robert, évèque de Clermont, tous leurs droits sur le
domaine de Mauzun (46, th., 443, n° 636, du 3 avril 1222 au 22 avril 1223).
220 SoctéÉTÉ D’EMULATION Du BouRBONNAIS
Montluçon, « actum apud Montem Lucium », rendit hommage à
Simon, archevèque de Bourges, pour la
paroisse de Villebret qui, tout en étant
-comprise dans la baronnie montluçon-
naise, relevait du prélat (1).
Il semble qu'avant de parler du fils
d'Archambaud VII et de Béatrix de Mont-
luçon, qui donna à notre cité sa charte
d'affranchissement, il convient de parler
des armoiries (2) adoptées par les descen-
dants de Guy de Dampierre (3).
Ils portaient : d'or, au lion de gueules.
Fig. 5. — Armoiries des Sires
de Bourbon. à l'orle de huit coquilles d'azur (fig. 5) (4).
(1) 46, cat., 444, n° 638. — Le même sire donne entre 1232 et 1233, à Pierre
de Jaucourt, du consentement de Béatrix sa femme, 40 livres de rente sur
la censive de Montluçon (id., 482, n° 736).
(2) On sait que le blason est né, comme l'écrivait M. des Gozis, dans
toutes les armées européennes, à la suite de la première croisade, du besoin
de se faire reconnaitre, par suite de la difficulté qu’éprouvsient lies hommes
d'armes à percer le voile épais des casques de fer. Cela rendit indispensa-
ble aux chevaliers, l'usage de signe- de reconnaissance constants et d'une
vue facile. C'est donc, en dépit des légendes, une invention européenne et
chrétienne répondant, lorsqu'elle fut adoptée, à un des besoins les plus
actuels du temps. et portant en soi-même la marque évidente de son ori-
gine. Les Sarrasins, suxquels on veut en faire honneur, ne l'ont ni connu ni
adopté. Si les premiers chevaliers en contactavec eux ont emprunté cer-
tains termes arabes pour désigner leurs couleurs (ghul pour rose, rouge;
sable, de zabel, noir : azur, d'azul, bleu), c'est précisément que ces mots de
l'Orient exprimaient les couleurs de leurs armoiries, tout en conservant
pour les profanes un cachet mystérieux qui convenait aux initiés. Cet intel-
ligent moyen de se faire recunnaitre par les siens fut imité par les autres
seigneurs, suit pour les tournois, soit pour les usages ordinaires.
(3) M. de Soultrait (85, 3), dit que « les sires de Bourbon issus de Guy de
Dampierre quittèrent le nom et le blason de leur famille paternelle, pour
prendre ceux de la maison de Bourbon ». Cependant si l'on tient compte
que les Dampierre dits de Flandre portaient : d'argent, au lion de gueules,
accompagné de onze coquilles du même, rangées en orle (Armorial général de
Rietstap, 1, 508), on est autorisé, sans doute, à penser que les armoiries
adoptées par les sires de Bourbon et qu'on retrouve dans divers édifices,
à Champaigue près Souvigny. à l’abbaye de Bellaigue... sont celles que Guy
de Dampierre apporta en Bourbonnais, et qui furent adoptées par ses descen-
dants avec quelques modifications, dans l'émail du champ, la couleur et le
nombre des coquilles placées en orle.
(4) 85, 3, d'après l'Histoire des grands officiers de la couronne. — Cf. 59
MoNTLUGÇON ET SES RICHESSES D'ART 221
On trouve ces armoiries sculptées sur les tombeaux d’Archam-
baud VII et de sa femme Béatrix de Montluçon, à l’abbaye de
Bellaigue, où ils furent inhumés (1), dans les ruines de la chapelle
des Cordeliers de Champaigue, à Souvigny (2), et dans les sceaux des
sires de Bourbon. :
Le 5 décembre 1242, x la veille de la saint Nicolas diver »,
Archambaud VIIL, sire de Bourbon et de Montluçon, du consente-
ment de sa mère Béatrix, fille du dernier seigneur de notre baronnie,
en présence de son père Guillaume, de ses amis et de ses hommes,
parmi lesquels nous trouvons Rogier de Montluçon, Guy de la Faye,
châtelain de Montluçon (3)... octroya aux habitants de nofre ville
une charte de franchise (4), à peu près semblable à celles de Ville-
franche, de Moulins et de Gannat (5).
Cette charte si importante au point de vue social, renouvelée
l'édition donnée par M. de Chantelauze, t. III, et les dessins de M. André
Steyert. M. de Soultrait déclare en note de son article consacré aux ar-
moiries des sires de Bourbon, que « le nombre des coquilles n'a jamais été
bien fixé ». Nous donnons la figure de ce blason d’après le docte auteur et
les monuments où nous avons nous-mème retrouvé ces armoiries. Pour
les sceaux des sires de Bourbon, cf. 85, p. 4 à 5.
(4) Pour l'église de Bellaigue, ou la sépulture de nos sires, cf. 28, 216. —
11,1, 385 ; 11, 362; — Essai sur les églises romanes du Puy-de-Dôme, par
MaLLAY, Moulins, 1841, p. 13-14.
(2) 5, 1909, onzième Excursion, p. 558.
(3) 46, p. 526-7, n° 845.
(4) Nous devons à M. Géraud Lavergne (62, 14-5) l'indication précieuse
suivante sur le titre de ces privilèges : « L'original de cette charte d'affran-
chissement de 1252 est perdu. Nous la connaissons: a), par la confirmation
d'Agnès, dame de Bourbon, du 5 mars 1268 ; copiée après 1325, par le no-
taire Jean Guogue, dont la transcription est aux Archives Nat., P 13571, c. 351,
eta été publiée par La Mure, t. II, p. 94. Une seconde copie se trouve dans
le ms. 69 de la Bibliothèque de Moulins, fol. 10” publiée par l'Ancien Bour-
bonnais, t. 1, p. 404-5 ; —_b), par un vidimus de Louis II, d'avril 1367, conservé
par un autre vidimus du 29 mars 1369, des Archives Nat., P 13511, c. 352;
—enfin, c) par le vidimus de la confirmation de Charles Ier, du 6 janvier 1413,
qu'on trouve aux Archives dép. de l'Allier, c. 30. s — Cf. 28, 217-204; — et
l'intéressant volume publié par M'!* Léonie Duchet : 217, qui a donné les
diverses confirmations des titres d'affranchissement, p. 133, 175.
(5) On remarque que cette charte de franchise accordée par Archam-
baud VIII à Montluçon, paraît calquée spécialement sur celle de Gannat.
Elle atteste, en plus, la présence, à Montluçon, d'étrangers, notamment de
Juifs.
229 Socréré v’'EMULATION Du BouRrBoNNAISs
depuis, notamment en 1268, par Agnès de Bourgogne (1), fixait
comme ses semblables, les droits respectifs du suzerain et de la
commune. Ces chartes de franchise sont comme le prélude du grand
mouvement communal qui devait à bref délai transformer la société
féodale. C’est l'inauguration d'un nouveau régime de liberté qui
détermine les impôts, donc les charges, mais aussi les droits de
chacun. C'est l’organisation des municipalités et du gouvernement
urbain par l'administration consulaire sous la souveraineté du sire,
plus tard du duc, maître de la Province.
Le 29 août 1244, le même sire de Bourbon accorda à Conrad
Catarano et aux deux frères Guillaume et Pierre de Quarantà, mar-
chands lombards de la ville d'Asti, la permission de demeurer à
Montluçon et d’y jouir de toutes les franchises et immunités dont
jouissaient les autres bourgeois du Bourbonnais. pendant dix ans, à
condition de lui payer chaque année deux marcs d'argent à la Saint-
Jean-Baptiste, pour tous droits de censive et de bourgeoisie, s’en-
gageant à les protéger, eux et leurs biens, et à leur assurer le libre
exercice de leur industrie, quelle qu’elle soit, dans toute l'étendue
de ses domaines (2).
Le sire de Bourbon ayant fait son testament, suivit saint Louis à
sa première croisade, mais il mourut à l’île de Chypre, le 15 jan-
vier 1249. Sa veuve, Yolande de Châtillon, qui l'avait accompagné,
ramena son corps en Bourbonnais, et ne lui survécut que deux
ans (3).
Les deux filles d’Archambaud VIII lui succédèrent l’une après
(4) Cf. 86, 58. — Dans sa confirmation par Agnès, veuve de Jean de Bour-
gogne, la taille due en quatre cas par la ville, au sire de Bourbon, s'élevait
à quatre cents livres, juste le double de ce qu'Archambaud VIII avait
d'abord imposée à Montluçon, ce qui semble confirmer ce que nous savons
déjà par Edrisi, le géographe arabe d'Espagne du xu° siècle, de « l'impor-
tance commerciale de Montluçon à cette époque ». (Cf. 8, 262-3.)
(2) 46, cat., 534, n° 86.7. — C'est peut-être ce qui explique le nom de « Lom-
bardie » quiest resté à un quartier de la ville, contigu au faubourg de
Bretoni. qu'habitèrent sans doute les marchands italiens. (Cf. 5, xv, 19.)
M. Chazaud (28, 219) appelle le premier de ces marchands: Evrard Cataran
et cite, comme référence de l'acte, les Archives Nat., P 1376, cote 2731.11
publie in-extenso le document dans le Bulletin de la Société d'Emulation,
t. XV, p. 21-22, mais avec une référence différente : Arch. Nat., P 1357, cote 375.
(3) 28, 225.
MonTLuçoN &T sEs RICHESSES D'ART 223
l’autre. Mathilde, l'aînée, avait épousé Eudes de Bourgogne, dont nous
parlerons à propos des monnaies frappées par lui dans l'atelier
monétaire de Montluçon.
En mai 1260, les deux époux approuvèrent la fondation du cha-
pitre Saint-Nicolas de notre ville (1). L'année suivante, Mathilde
mourait et la sirie passa à sa sœur Agnès, mariée à Jean, second
fils du duc de Bourgogne et frère d’Eudes, devenu depuis cette
époque tout à fait étranger au Bourbonnais. |
Le nouveau sire ratifia, avec Agnès, le 16 avril 1266, le don fait par
Archambaud VIII à son fauconnier Henri, de divers villages et de
six quartiers de vignes, près Montluçon, assises au terroir de Chà-
teauvieux (2). La même année, ils reçurent en don, de leur oncle
Guy de Bourbon, tout ce que celui-ci possédait dans les baronnies
de Bourbon et de Montluçon, c’est-à-dire Néris, Villebret, Reugni,
la Marche, la Celle, etc., et leurs dépendances, avec réserve, sa vie
durant, de l’usufruit de sa maison de Néris (3).
Le lundi 4 mars 1268, Agnès confirmait les franchises accordées
par son père à la ville de Montluçon.
Enfin, elle maria sa fille Béatrix à Robert, comte de Clermont,
sixième fils de saint Louis et de Marguerite de Provence, qui allait
devenir la tige des pucs bE BouRrBoN.
Robert de Clermont était né en 1256. En 1270 il avait reçu en
apanage le comté de Clermont, qui comprenait alors tous le Beau-
vaisis et diverses terres. C'était relativement peu de biens pour un
fils de France ! Mais en 1276, son mariage avec l’héritière des sires
de Bourbon le mettait en possession de la belle province du Bour-
bonnais (4). |
Îl apportait comme blason celui de France : d'azur, semé de fleurs
de lys d'or en nombre indéterminé (5). En arrivant en Bourbonnais
il couvrit le « semé » de fleurs de lys d'or, comme brisure, d'un bâton
(1) 26, 232, Arch. Nat., P 1376, cote 2697.
(2) 1d., 234, Arch. Nat., P 1357, cote 390.
(3) Zd., 235, Arch. Nat. P 1373. cote 2128 ; et P 1374, cotes 2298 et 2360.
(4) Pour ce prince, cf. 2, Robert de Clermont, par M. J.-M. Roy, 2, 1887,
21-388 ; notamment son mariage, p. 256.
(5) Cf. 86.6.
224 SociÉTÉ p'EmuLaTion pu BourBo\Nais
de gueules brochant sur le tout, comme le montre notre figure 6. C'est
sous cet aspect que ses armoiries se présentent, seules ou dans les
sceaux, jusqu'au duc Charles I", comme
nous le dirons plus loin.
Nous ne savons rien sur le rôle joué
vis-à-vis de Montluçon par le nouveau
seigneur de Bourbon qui, d'ailleurs, ha-
()
Î
|
il ML |
il
7
Il
jl=
== :=2 | = bita peu son nouveau domaine.
Va * Îfe Le fils de Robert de Clermont et de
em 1!
ES Béatrix de Bourbon, Louis Î*, qui prit
possession du Bourbonnais à la mort de
sa mère, survenue au château de Murat
ee douaire de nos duchesses, — le 1° oc-
de Bourbon jusqu'à Charles 1° tobre 1310 (1), vit la vieille sirie de Bour-
bon érigée par Charles-le-Bel, le 27 dé-
cembre 1327, en duché-pairie (2).
à
Ÿ
Trop préoccupé par ses ambitions et ses affaires, il eut peu de
rapports avec Montluçon ; pas plus que son fils Pierre I", duc de
Bourbon, né vers 1311, tempérament chevaleresque, plus fait pour
les tournois et les rudes combats que pour l'administration de ses
domaines, et qui fut tué le 19 septembre 1356, à la bataille de
Poitiers. |
Mais il n'en fut pas de même du fils aîné de ce dernier, Louis II,
auquel l’histoire donna le nom de « Bon » (3).
Ce prince, « le parfait chevalier tel que l'avait conçu et rêvé le
moyen âge ; brave et courtois aux dames, pieux et bon » (4), qui
fut duc de Bourbon, comte de Clermont, de Forez et de Château-
Chinon. scigneur de Beaujeu et des Dombes, était né le 4 août 1336.
(1) Robert de France, dit de Clermont, ne conserva que l'administration
de son comté de Clermont et de ses autres biens, qu'il céda d'ailleurs à son
fils Louis en 1314.
(2) Cf. Généalogie de la maison de Bourbon, par DUSSIEUx, ouv. cité, 2, 3.
(3) Pour l'histuire du bon duc Louis II, ct. 29, — et l'excellent résumé
qu'en a donné M. l'abbé Philippe Dumont, dans une magistrale étude
présentée comme thèse pour le doctorat ès lettres : Le Chapitre collégial de
Notre-Dame de Moulins ; la Fondation et le Fondateur, 1378-1410, Moulins,
Revéret éd., 1924. pp. 76-121.
(4) 81, 41 : — Louis Il fut « chanté » par Christine de Pisan....
MonrLuçoN ET sEs RICHESSEs D'ART 225
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Fig. 7. — Le ‘“ bon duc” Louis I].
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226 SociÉTÉ D'EMULATION Du BOoURBONNAIS
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Il épousa — après un traité passé à Montbrison le 4 août 1368, — le
19 août 1371, Anne, dauphine d'Auvergne, comtesse de Forez,
dame de Mercœur, fille unique de Beraud II, comte de Clermont, et
de Jeanne de Forez. |
Louis IT ne fit pas que promener sa loyale et vaillante épée des
boues des Flandres aux coteaux ensoleillés de Guyenne ou dans les
brumes de Normandie, ou les menhirs de Bretagne. ou sur la terre
d'Auvergne, dans le royaume d'Espagne ou en Valais, ni éblouir
par une munificence toute royale la cour d'Angleterre (1), où il resta
comme otage, ni diriger vers les plages africaines — où était mort
saint Louis — une nouvelle croisade tout aussi héroïque et tout
aussi stérile que celle de son aïeul, ni enfin aider son beau-frère, le
roi Charles V, à défendre sa couronne, il s’occupa des affaires de
son duché avec un zèle, une généreuse piété et une maîtrise qui lui
valurent d’être regardé comme le duc le plus grand et la figure la
plus attachante du Bourbonnaïis, et un des princes les plus distin-
gués et les plus valeureux du royaume de France (2).
On peut affirmer que Montluçon, par sa position de ville frontière,
aux portes du domaine soumis à la domination anglaise, avait aux
yeux du duc une réelle importance. Louis IT semble en avoir fait
« sa résidence de prédilection » (3). Il la transforma en place, la
plus forte de son duché ; relevant ses murailles (4), reconstruisant
son château (5). Pendant cette trop longue guerre de Cent Ans, au
(1) L'auteur de la Chronique du bon duc Loys de Bourbon nous parle
plus particulièrement de l'admiration de la reine « et pour la vaillance et
belle jeunesse qu'elle remira au duc de Bourbon, son parent, qui estoit
ung moult bel chevalier et gracieux, et qui aimoit l'honneur sur tout rien,
regardant aussi les bonnes meurs dont il étoit plain... et celle grâce d'aller
et venir par toutes festes et esbanois, avoit le duc Loys, par sa gracieuseté,
joieuse parole, et bel vivre, ce que nul,tenant les hostaiges, n'avoit, et tant,
que par le royaume d'Angieterre les dames et damoiselles, les chevaliers
et escuyers l'appeloient le Roi de l'honneur et de liesse ». 29, 4, 5.
(2) Cf. Fig. 7,le Bon Duc Louis II sur son trône, vers 1400, d'après un
dessin tiré du Dictionnaire du mobilier Français, par VioLLeT-Le-Duc, t. IV,
P. 380-1. Nous avons déjà donné cette solennelle représentation du duc dans
L'Ecu d'Or de l'Ordre de Notre-Dame, Moulins, H. Durond éd., 1Y00, fron-
tispiee, XVII: volume des Curiosités Bourbonnaises.
(3) 2, 223.
(4) Cf. AD A, série E. EAA, année 1360, 20 nov.; 1376, 14 mai ;1377,3 déc., etc...
(5) 29, 163. « Et aussi fit commencier (!?) le chastel de Montluçon » ; p. 319.
Enumérant les constructions entreprises par Louis II, son biographe cite :
Moxrzuçon er ses Ricmesses D'ART 227
milieu de tant de ruines, Montluçon dut réellement au bon duc de
connaître une période de richesse et d'éclat.
La guerre devait obliger Louis II à intervenir soit directement,
soit par ses gens de Montluçon.
En 1369, les hostilités, un instant suspendues en France par le
traité de Brétigny (1360), avaient repris avec une âpreté nouvelle. —
Les traités n'empêchent pas toujours, hélas ! le retour des guerres! —
Charles V avait rappelé Du Guesclin d'Espagne, et de leur côté, les
Anglais, que les conventions de Brétigny avaient mis en possession
du Poitou et du Limousin, se préparèrent à envahir les provinces
voisines.
Les plaines plantureuses de la Limagne, qu'un relief puissant du
côté de l’ouest mettait en quelque sorte à l’abri des bandes anglaises
de Guyenne, ne semblaient vulnérables que par la trouéc du Bour-
bonnais. Montluçon se trouvait plus que jamais transformé en une
marche très exposée et visitée fréquemment par « des coureurs
d'aventures qu'’attirait la riche Auvergne » (1). Menacé vers le sud
par les troupes anglaises de Guyenne, Montluçon l'était encore du
côté de l'ouest et du nord par les bandes formées dans le Poitou, et
qui, venues à travers le Bas-Berry, dévastaient tout sur leur pas-
sage (2). Le Bourbonnais fut occupé en partie jusqu’en 1373 (3) et,
pour en délivrer le pays, il fallut la guerre sans merci que Louis 1],
revenu définitivement d'Angleterre, fit aux Anglais ou aux ramas-
sis d’aventuriers qui les suivaient ou qui travaillaient pour leur
compte.
Parmi les coups de mains qui se succédaient de tous les côtés,
tentés par les Anglais contre des places bourbonnaises, et dont
l'issue intéresse la région montluçonnaise, il convient de rappeler
l'épisode du siège de Belleperche. |
«le chastel de Hériçon.… celui de Montluçon ». Nous verrons plus loin que
si un castrum existait déjà à Montluçon, Louis II peut du moins ètre regardé
comme le véritable constructeur du château actuel.
(1) 81, 42.
(2) Cf. M. Emile CHÉNON: Histoire de Sainte-Sévère en Berry, Paris,
L. Larose, 1888, chap. 1v, qui cite FROISSART: Histoire et Chronique, édit.
par Denis Sauvage, Lyon, 1569, vol. I, ch. 260. — 60, nouvelle édition, I],
420. — 82, 11, 389-39.
(3) Voir dans l'Histoire de Bertrand Duguesclin, par M. Siméon Luce, la
228 SociéTÉ D'EMULATION pu BourBoNNAIS
Pendant l'hiver de 1369 à 1370 (1), Ysabelle de Valois, la mère de
notre duc et de la reine de France, se trouvant dans le château fort
de Belleperche, au nord de Moulins, une centaine de reîtres anglais
l'apprirent (2) et s'emparèrent du château et de la duchesse comme
d’une proie autant précieuse que facile. Louis en fut informé, revint
aussitôt en Bourbonnais, et ayant rassemblé une nombreuse troupe,
mit le siège devant la place. Une armée anglaise, commandée par le
comte de Buckingham, étant accourue en renfort, arriva au secours
des assiégés. Mais les « grosses arbalètes de Chantelle » et la valeur
de la troupe française firent si bien merveille, que les Anglais,
emmenant la duchesse captive, décampèrent pendant une nuit.
« Les Anglois, sjoute le chroniqueur, se délougèrent et allèrent bien dix
lieux eulx lougier, pour tirer vers Montiuçon (3). » Louis II ordonna de les
oursuivre tandis qu'il se « retrahiroit à Molins ». Ce que firent ses cheva-
iers « et par la fort neige que a dunc faisoit, un trouvoit les Angiois espar-
illés par le psaïs, desquels on en tuoit tant que on en atteignoit. Et tirèrent
es Anglois à Montluçon qui pour lors estoit près |du parti] de Guyenne :
eten un villaige (4) près de Modtlucon estoit ouais upg de leurs capitaines
appellé le grant David Olegrève, qui estoit l'ung des grans hommes que on
peus veoir et des SU HE et portoit deux espées, une seinte, et l'autre
l’arçon de la selle. Si allèrent férir, à une aulbe de jour. le mareschal de
Sancerre et les gens du duc de Bourbon a son lougis, et fut le lougis des
troussés, et mors quant qu'il y ot d'Anglois,et qui bien estoient trois cens
hommes d'armes ; et là mesme fut mort le capitaine, le grant David. par la
main du mareschal de Sancerre, et y ot une des belles destrousses que l'on
oïst parler en ce temps-là et plus dommaigeable au païs de Guyenne. Et de
six mille combatans que estuient les Anglois avec le comte de Boucquin-
quere ils en perdirent bien trois mille à venir à Belleperche, selon que ont
espuis rapporté Pocqueron et le Borgne Foulcault, qui lors estoient
Anglois... »
table des lieux occupés dans le Bourbonnais par les compagnies anglo-
navarraises — et Cf. abbé Ph. Dumont, ouv. cité, p. 106.
(1) Lire dans la Chronique (28, chap. xx1x, p. 80-86), le pittoresque récit
de cet événement : « Comment le duc Loys de Bourbon recouvra Belleper-
che, et comment le comte de Boucquinquam s'en partit, et puis retourna ; et
comment le grant David fut mort. s
(2; Ce fut surtout trois écuyers anglais: Ortingo, Bernard de Wiste et
Bernard de la Salle, « hardis et apperts hommes d'armes et moult grans
adviseurs et eschelleurs de forteresses », qui, se préparant à faire le siège de
Sainte-Sévère, sur les marches du Limousin, avaient dépèché des espions
dans les environs et. par eux, avaient su que le château de Belleperche, où
résidait Issbeau de Valois, était à peine gardé et que la « bonne dame
estoit là, seule entre ses gens ». (Cf. M. Emile CHÉNON, ouv. cité, d'après His-
toire et Chronique de Froissart, I, ch. 266, p. 367.)
(3) 29, 84. |
(4) Sans doute Argenty, car le fait rapporté ici semble avoir donné lieu à
l'institution du Chevau-fug qui se rendait traditionnellement chaque année
à Argenty pour commémorer l'événement. Cf. 18, 180, n° 116-118 — 29, 85.
Moxrzuçon ET SES RICHESSES D'ART " 229
——————————_—“—
L'affaire de Belleperche était à peine terminée que Louis II, avec
le connétable et le maréchal de Sancerre, marchèrent vers le Berry
pour reprendre Sainte-Sévère aux Anglais (1). |
Ceux-ci s'étaient installés à Sainte-Sévère en 1369. Le duc de
Berry, Jean, frère du roi, à qui ce dernier venait de rendre le comté
de Poitou, ayant à cœur de reprendre son apanage, s’unit au duc
Louis de Bourbon, qui, lui, avait à venger l'injure faite à sa mère et
le siège de Belleperche, sans parler ici de l'intérêt national qu'il
avait tant à cœur. Les deux ducs, suivant le récit de Froissart,
s'étaient entendus pour se rendre ensemble « a grand’ foison de gens
d'armes d'Auvergne, de Berry et de Bourgogne », mettre fin aux
pillages organisés des Anglais en reprenant Sainte-Sévère (2), et
dégager ensuite le Poitou (3).
Louis II « au couraige hardy » rejoignit ses hommes d'armes
sur les marches du Berry et de Montluçon » (4), et se dirigea vers
Sainte-Sévère, accompagné de Louis de Sancerre, de Du Guesclin,
que le roi avait nommé connétable (oct. 1370), et de nombreux et
brillants capitaines, « à la tête de trois mille hommes d'armes et de:
huit cens arbalestiers génois ». Le siège, commencé en 1372, se
poursuivit avec des alternatives et des aventures « dont les chroni-
queurs et les trouvères, amoureux de nobles aventures et de beaux
faits d'armes, ont laissé de longs récits. mêlant la légende à l’his-
toire » (5). Il prit fin la même année. Malgré une courageuse défense,
la ville fut prise d'assaut ; les princes mêmes montèrent à l'échelle
comme les autres.
Le bon duc de Berry n'aloit point reculant
Et le duc de Bourbon, il aloit bien avant (6)...
Si avant même que Du Guesclin, qui avait pour notre duc une
(4) Cf. 29, xu, p. 31-35, etc. — M. Emile CHÉNON, Histoire de Sainte-
Sévère, ouv. cité, p. 62 à 82. L'érudit auteur consacre tout le chapitre 1v à
cette phase de la guerre de Cent Ans en Berry, en s'appuyant sur les plus
sérieuses références qui servent à dater d’une façon définitive tous ces évé-
_ hements. °
(2) Froissart, ouv. cité, I, ch. 308, p. 424.
(3) 29, 31, 32. |
(4) Id., 32.
(5) Cf. Emile CHÉNON, ouv. cité, p. 65.
(6) Cuvelier, cité par M. Emile Chénon, 76.
230 SocrÉTÉ D'EMULATION Du BouRrBONNAIS
affection aussi vive qu’elle était partagée, le blâma plusieurs fois de
sa témérité. Louis IT acheva cette campagne par la reprise des for-
teresses du Poitou.
La dernière fois que Montluçon souffrit de la guerre anglaise fut
lors de la chevauchée du duc de Lancastre. En 1373, le duc débar-
quait à Calais, avec 30.000 hommes. Il ravagea d'abord la Picardie,
puis rebroussa chemin à Plancy (Aube), devant les défenses que
Louis II avait dressées et qu’on a appelées, suivant la pittoresque
expression de Châteaumorand « la barrière amoureuse » ; assiégea
vainement Troyes ; battit en retraite sur la Loire, qu'il franchit à
Marcigny, et envahit le Bourbonnais (1). Après une attaque infruc-
tueuse de Souvigny, Lancastre se dirigea sur l'Auvergne, non sans
ravager Saint-Pourçain. Les Français, sous les ordres de Louis IT et
du duc de Bourgogne, poursuivirent l'ennemi à Aigueperse, qui,
après le 10 novembre, revint à Montluçon. Le 15 novembre, l'éva-
cuation du Bourbonnais était définitive ; les troupes françaises furent
licenciées, et le duc de Bourbon « put travailler à réparer les ravages
de cette longue occupation ».
Le bon duc, entre chaque campagne, relevait les ruines de ses
châteaux et comblait de ses bienfaits monastères et paroisses.
De 1378 à 1408 il fonda et organisa le chapitre collégial de Notre-
Dame, à Moulins, et multiplia ses fondations pieuses (2).
Il mettait la dernière main, en 1410, à l’établissement du couvent
des Célestins de Vichy, où il se proposait de terminer ses jours,
dans la solitude et les exercices de piété, quand son patriotisme et
son caractère chevaleresque le rejetèrent une dernière fois dans le
feu des combats. Prévenu que Jean sans Peur a rassemblé une
armée contre les princes d'Orléans qui appellent à leur secours sa
toujours vaillante épée, Louis IT n'hésite pas (3). Il part au secours
de ses neveux d'Orléans : « Puis que je vois que c'est à certes que
(1) CF. 298, ch. xx, p. 54. « Comment Anglois chevaulchèrent par Bourbon-
nais » ; — 8, III, 241-244. — Dans le Courrier de l'Allier. octobre 1911, arti-
cle de M. Géraud Lavergne sur « la guerre anglaise en Bourbonnais ».
(2) Cf. Le Chapitre collégial de Notre-Dame de Moulins, ouv. cité.
M. l'abbé Dumont mentionne parmi les fondations du duc celles de messes
annuelles au prieuré de Sauix, près Montluçon, le 3 mars 1398 ; de trois
grand'messes annuelles dans le mème prieuré, le 1°" août 1409 (p. 96-7)...
(3) 59, 11, 99-100.
MoxTLUGÇON ET SES RICHESSES D'ART 231
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Fig. 8. — Mort du ‘‘ bon duc” Louis 11 à Montluçon, en 110.
(Miniature calquée par M. Quevyroy,
dans le ms. de la Chronique, du Musée impérial de Saint-Pétershourg.)
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232 SoctÉTÉ D'EMULATION Du BOURBONNAIS
l'on veult destruire mes nepveux, si voue et promects à Dieu, que,
tant comme j'auroi vie, je mettrai corps avoir et povoir a desrainier
les querelles de mes nepveux et me desclare être de leur partie » (1).
Il manda « ses hommes d'armes à Montluçon, où il estoit, qui se
esbattoit à la chasse, en les actendant, pour les mener avec ses alliés
à la guerre » (2).
Hélas ! le bon duc ne put mettre ses projets à exécution, car
« après la solempnité de Nostre-Dame de mi-aoust, que le duc avoit
solempnisée en grant dévocion, il se sentit agrégier, et congnoissant
la fin de ses jours approcher, loua Dieu dévotement, en le regraciant
de sa voulonté, qu'estoit telle de l'appeler ». Louis IT expira Île
mardi 19 août 1410, et son corps fut transporté à Souvigny pour y
être descendu dans le magnifique caveau qu'il avait fait élever dans
la chapelle dite Vieille, tandis que « estoient les gens à grans
tourbes, regretans leur seigneur, plourans et crians si hault que Îles
voix en résonnoient bien loing, et disoient : « Ah! ah ! mort, tu
€ nous as osté a ce jour nostre soubstènement, cellui qui nous gar-
« doit et défendoit de toutes oppresseures »…. |
A ce noble et magnifique prince succéda un fils indigne, Jean I°",
né en mars 1380, mort en janvier 1433 à Londres, où il était prison-
nier depuis la bataille d’Azincourt, « vaincu par sa captivité, s’en-
gageant à livrer ses places fortes au roi d'Angleterre, et le reconnais-
sant pour son souverain légitime » (3).
Charles [* (1434-1456), fils de Jean [°', fut lui aussi un prince
médiocre, et sa vie ne nous donne pas une haute idée de son esprit
politique, de sa bravoure, « ni de ses vertus privées » (4).
(4) 89, 311. |
(2) 329, 313. Il faut lire dans le texte mème de la Chronique tout le cba-
pitre xcvit (p. 313-316) consacré aux derniers moments de ce prince, véri-
table descendant de saint Louis par sa piété et sa vaillance.
(3) 81, 45-46, M. Rayeur souligne les conséquences malheureuses du con-
trat de mariage de Jean I*" avec la fille du duc de Berry, le 27 mai 1400, qui
transformait le Bourbonnais en terre d'apanage, en le faisant rentrer dans
le domaine de la couronne, au cas où la postérité « masculine » de Jean de
Bourbon et de Marie de Berry viendrait à faire défaut...
(4) 81, 46. — Il est juste cependant, pour la mémoire de ce duc, d'obser-
ver qu'on trouve dans ses ordonnances certains actes de charité. C'est ainsi
qu'il décida, le 20 mai 1450, à Montluçon, « que quinze pauvres femmes ne
pouvant gagner leur vie, recevront de la part du duc Charles, une fois l'an,
des aumônes de pain et de vin, au château de Clermont en Beauvoisis, sur
Moxrzucon er sEs RIcHESSEs D'ART 233
C'est sous ce prince que les armoiries ducales furent modi-
fiées (1). _
Son fils Jean II (1426-1488), dit « le fléau des Anglais », nous
rappelle au contraire le bon duc Louis II, par sa bravoure qui con-
tribua pour une grande part au succès de
la victoire de Formigny, et lui mérita les
faveurs de Charles VIIT. Après les luttes
de la Ligue du Bien public. Louis XI n’eut
pas de plus fidèle allié. Il s’occupa de
mettre en bon état de défense les villes de
son duché, et nous avons divers mande-
ments de lui concernant les fortifications
de Montluçon (2).
Nous ne retiendrons pas ici le nom de
son frère et successeur, le cardinal Charles
de Bourbon, qui ne fut duc de Bourbon
que pendant l'espace d’un mois, en 1488,
et mourut archevêque de Lyon cette mème année.
Leur frère, Pierre Il (1439-1503) et particulièrement la femme de
ce duc, Anne de France, fille de Louis XI, ont laissé en Bourbon-
nais de grands souvenirs, en ajoutant encore à la puissance terri-
toriale de leur beau domaine. Montluçon fut souvent l'objet de leur
sollicitude (3).
Après eux, la ville ne joua plus de rôles ni militaire ni politique.
Anne de France perdit sa fille Suzanne, le 28 avril 1521, et mourut
Fig. 9. — Armoiries des ducs
de Bourbon depuis Charles 1°".
le pont du château de Moulins, en la cour du château de Montluçon, et en
la cour de l'hôtel de Souvigny »... « La charité ne couvre-t-elle pas la mul-
titude des péchés » !.… |
(1) On avait prétendu que ce fut Jean Ier qui avait, le premier, réduit à
trois le nombre des fleurs de lys de l'écusson ducal, « à l'imitation du
roi Charles VI ». On sait que cette dernière affirmation est une erreur, car
on trouve, mème en 1287, un sceou de Philippe-le-Bel avec trois fleurs de
lys ; celui de Charles V offre la mème modification. Cf. 8b, 12, 14.
Charles Ier se conforma d’abord aux anciens usages de sa maison, mais il
adopta la réduction des fleurs de lys à trois au moins dès 1439, puisqu une
charte de cette date porte ainsi modifié le blason ducal dans son sceau et
son contre-sceau. Cf. 59, II, 156, 159, 176, notes ; III, 33.
(2) Cf ADA, Eau.
(3) Cf. ADA Ecc 1506, mandement d'Anne de France... Err, Eus, etc.
234 SOCIÉTÉ D'EMULATION Du BOURBONNAIS
à son tour l’année suivante, à Chantelle, le 14 novembre 1522, lais-
sant son gendre, le trop fameux connétable de Bourbon, aux prises
avec la persécution haineuse et intéressée de Louis de Savoie, aux
tracasseries indignes de François I‘, s'égarer jusqu’à la défection,
pour ne pas dire la trahison vis-à-vis de sa patrie, et à la fin d'un
chef vulgaire révolté de lansquenets, dans l'assaut impie de la Ville
éternelle, livrée au brigandage et aux assassinats.
Montluçon partagea le sort du Bourbonnais confisqué et réuni
dès lors au domaine de la couronne de France, servant d’abord de
complément de douaire aux reines-mères, jusqu’à ce qu’en 1661, par
échange avec la terre d’Albret, il passa sous l’autorité des princes
de Condé, qui en conservèrent l’usufruit jusqu’à la Révolution.
(A suivre.) | CHANOINE J. CLÉMENT.
_. A CL + se Up 00000000 A0) .0000e Une 000000 AU) .
LE 58° CONGRÈS DES
SOCIÉTÉS SAVANTES
(PARIS, AVRIL 1925)
Il nous a paru utile, malgré leur longueur et en raison de leur inté-
rêt, de donner aux membres de la Sociélé d'Emulation les conditions
d'admission au 58° Congrès des Sociétés Savantes de Paris et des
Départements, ainsi que le programme détaillé des questions inscrites
a l'ordre du jour et sur lesquelles chaque membre des Sociétés Savantes
de Province peul envoyer un rapport ou des communications, fruit
de ses recherches personnelles et de ses études particulières :
Le 58° Congrès des Sociétés savantes de Paris et des départements
s ouvrira à la Sorbonne, le mardi 14 avril 1925, à 2 heures. Les
Journées des mardi 14, mercredi 15, jeudi 16 et vendredi 137 avril
seront consacrées aux travaux du Congrès. M. le Ministre de l'Ins-
truction publique et des Beaux-Arts présidera la séance générale de
clôture, le samedi 18 avril, à 2 heures.
ComMuxicarTioxs FAITES Au CoxGRÈs. — Les manuscrits, entière-
ment terminés, lisiblement écrits sur le recto, accompagnés des des-
sins, cartes, croquis, etc. nécessaires et portant le nom et l'adresse
de l'auteur, devront être adressés, avant le 10 février 1925, au
2 Bureau de la Direction de ! "Enseignement supérieur. Il ne pourra
être tenu comple des envois parvenus postérieu rement à cette date.
En vue de la publication au Journal officiel des procès-verbaux
des séances du Congrès. un résumé succinct de chaque communica-
tion devra être joint au manuscrit.
Il est laissé aux congressistes toute latitude dans le choix des
236 Socréré p'EmuLaTion pu BouRBoNNAISs
sujets traités, qu'ils aient ou non un lien avec le Programme ci-joint,
dressé par le Comité des travaux historiques et scientifiques. Tou-
tefois l'inscription à l'ordre du jour du Congrès des communications
présentées sera subordonnée à l'approbation dudit Comité.
Ces prescriptions ne restreignent pas le droit, pour chaque congres-
siste, de demander la parole sur les questions du programme.
Coxprriovs DE PARTICIPATION AU ConGRÈs. — Les personnes dési-
reuses de prendre part aux travaux du Congrès recevront, sur de-
mande adressée, avant le 20 mars, à M. le Ministre — 2° Bureau de
la Direction de l'Enseignement supérieur, — une carte de congres-
siste donnant accès dans les salles des séances.
En ce qui concerne les réductions que les diverses Compagnies
de chemins de fer consentaient autrefois, sur les tarifs normaux,
aux délégués des Sociétés savantes et qu'elles se sont vues obligées
de supprimer depuis les hostilités, elles seront l'objet d'une circu-
laire spéciale dans le cas où il paraîtrait possible aux Compagnies de
les rétablir en vue du Congrès de Paris.
8 ® ©
PROGRAMME
arrêté par le Comité des travaux historiques et scientifiques
en vue du Congrès des 8ociétés savantes à Paris en 1925.
SECTION DE PHILOLOGIE ET D'HISTOIRE
(JUSQU'A 1715)
1° Indiquer les manuscrits exécutés au moyen âge dans un établisse-
ment ou dans un groupe d'établissements d’une région déterminée.
Rechercher les particularités d'écriture et d’enluminure qui carac-
térisent ces manuscrits, et en présenter des reproductions photographi-
ques.
2° Signaler et étudier les authentiques de reliques conservées dans
les trésors de diverses églises.
3° Signaler les cartulaires, les obituaires et les pouillés conservés
en dehors des dépôts publics,
4° Signaler les polyptiques, terriers, censiers et comptes de tréso-
reries conservés en dehors des dépôts publics. ‘
Le 58° ConGRÈs DES SOCIÉTÉS SAVANTES 237
5° Critiquer les actes apocryphes ou interpolés, publiés ou inédits.
Rechercher la date et les motifs des fraudes de ce genre.
6° Dresser le catalogue des plus anciens documents d’archives écrits
en langue vulgaire dans un département de la France.
7° Etablir et justifier la chronologie des fonctionnaires ou dignitaires,
civils ou ecclésiastiques, dont il n’existe pas de listes suffisamment
exactes. |
[Les documents financiers peuvent en particulier être utilement con-
sultés.]
8° Signaler dans les archives et dans les bibliothèques les pièces
manuscrites ou les imprimés rares qui contiennent des textes inédits
ou peu connus de chartes de communes ou de coutumes.
[Joindre au texte du document une courte notice indiquant la date
certaine ou probable de la charte, les circonstances dans lesquelles elle
a été rédigée, les dispositions qui la différencient des textes analogues
de la même région, les noms modernes et la situation des localités
mentionnées, etc.| |
9° Dresser, en prenant provisoirement le département pour cadre
topographique, la liste des juridictions laïques et ecclésiastiques qui
ont existé sous l’ancien régime.
[On indiquera les nom et qualité du justicier, le ressort, la compé-
tence et le lieu siège de la justice, la juridiction d’appel.]
10° Etudier d’après les documents de la pratique (archives notaria-
les et judiciaires) le développement du droit français après la rédaction
des coutumes.
11° Etudier l’histoire des juridictions consulaires depuis le xvi' siècle.
12° Signaler les anciennes archives privées conservées dans les fa-
milles, indiquer les principales publications dont elles ont été l’objet
et, autant que possible, les fonds dont elles se composent.
[On signalera tout particulièrement les livres de raison.]
13° Etudier l’administration et les finances d’une localité sous l’an-
cien régime. Définir les fonctions des officiers municipaux et déter-
miner le mode d'élection, la durée des fonctions, le traitement ou les
privilèges qui y étaient attachés. Indiquer le rôle des assemblées d’ha-
bitants.
[On utilisera tout spécialement les délibérations constituées en collec-
tions ou insérées dans les registres de notaires, ainsi que les comptes
communaux. |]
14° Signaler, pour les XIH°, XIV° et XV° siècles, les listes de vassaux,
ou les états de fiefs mouvant d’une seigneurie ou d’une église quelcon-
que; indiquer le profit qu’on peut en tirer pour l’histoire féodale et
pour la géographie historique.
238 SociËTÉ Lv'EmuLarion bu BourBoNNais
15° Etudier les terriers et autres documents qui font connaitre le
morcellement de la propriété rurale dans une province à la fin du
moyen âge.
16° Rechercher dans quelles circonstances de grandes propriétés se
sont constituées en France à partir du XVI‘ siècle.
17° Rechercher, pour une région déterminée, les phénomènes météo-
rologiques anormaux, hivers rigoureux, inondations, sécheresses, orages,
tremblements de terre, etc., signalés anciennement dans les chroniques
locales, livres de raison, registres de délibérations de corps munici-
paux, registres paroissiaux, correspondance des intendants, journaux,
etc.
18° Dresser des listes, par diocèses, des synodes et des ordonnances
épiscopales antérieures à la Révolution.
19° Etudier l’administration temporelle d'une paroisse sous l’ancien
régime (marguilliers, fabriciens, etc.).
20° Chercher, pour une région, dans les délibérations communales et
les comptes communaux, les mentions relatives à l'instruction publi-
que: subventions, nominations, listes de régents, matières et objet de
l'enseignement, méthodes employées.
21° Signaler les feuillets d'anciens manuscrits ou d’anciens imprimés
qui ont été décounés et ont été employés dans les reliures, ou sont
conservés, comme objets d'art et de curiosité, dans les collections par-
ticulières ‘et les musées.
22° Signaler et décrire sommairement les livrets connus sous le
nom d’Adbumt amicorum.
23° Etudier, dans une région, la fabrication et le commerce du pa-
pier, et rechercher les anciens documents relatifs aux différentes fabri-
ques de papier.
24° Origines et histoire des anciens ateliers typographiques en France.
[Faire connaître les pièces d'archives, les mentions historiques et les
anciens imprimés qui peuvent jeter un jour nouveau sur la date de
l'établissement de l'imprimerie dans une localité, sur les migrations des
premiers typographes et sur les productions sorties de chaque atelier.
Signaler Îles parties de matériel ancien, antérieures au XIX° siècle
conservées encore dans les imprimeries et les collections publiques ou
privées. Dresser le .catalogue descriptif des premiers livres imprimés
dans une localité.]
25° Donner des renseignements sur les livres liturgiques (bréviaires,
missels, antinhonaires, diurnaux, manuels, processionnaux, etc.), im-
primés avant le XIX* siècle, à l'usage d’un diocèse, d’une église ou d'un
ordre relipieux.
26° Etudier, dans une région, les documents qui peuvent servir à
l’histoire de la presse sous l’ancien régime (fraudes, contrefaçons fran-
LE 58° ConaRËs DEs SOUIÉTÉS SAVANTES 239
çaises ou étrangères, impressions clandestines, imprimeries domesti-
ques, etc.).
27° Recueillir les renseignements qui peuvent jeter de la lumière
sur l’état du théître dans une région, sur la production dramatique
ainsi que sur la vie des comédiens depuis la Renaissance.
28° Etudier la vie littéraire dans une ville ou une région de la
France antérieurement au XVII siècle.
29° Rechercher, pour une région déterminée, dans les inventaires et
autres documents, l’estimation et les prix courants des objets usuels
en monnaie du pays.
30° Relever dans une localité, spécialement d’après les documents
d'archives, les termes techniques relatifs à l’exercice des métiers, et en
particulier les termes relatifs à l’agriculture ou aux industries locales.
[On ne se contentera pas, pour cette étude, de généralités ; elle devra
être poussée jusque dans le détail. C’est ainsi, par exemple, qu’on
pourra relever les noms de tous les objets, meubles et outils qui se
trouvent dans une maison de paysan, en définissant exactement chacun
des mots qui les désignent et, au besoin, en accompagnant cette des-
cription d’une figure précise.]
31° Relever les noms de personnes (noms et surnoms) d’une région
déterminée.
SECTION D'ARCHEOLOGIE
Le Comité examinera très volontiers les propositions qui pourraient
étre faites de joindre, à titre d'illustration, des projections à la lecture
de certains mémoires et à l’exposé de certaines communications. Mais
il est indispensable que, dans ce cas, une épreuve des clichés proposés
lui parvienne en même temps que le mémoire manuscrit.
I. ARCHÉOLOGIE PRÉROMAINE.
1° Rechercher et signaler les gravures et peintures préhistoriques sur
les parois des grottes, les rochers isolés ou les dolmens, ainsi que les
nouvelles découvertes de statues-menhirs. Accompagner ces études de
moulages ou d’estampages.
2° Etudier la construction des dolmens, en déterminer les diverses
variétés et signaler les vestiges de constructions antiques autour des
dolmens.
3° Décrire les divers aspects de l’industrie paléolithique et néoli-
thique dans une région déterminée.
4° Etudier dans chaque département les sépultures préromaines en
décrivant systématiquement leur mobilier funéraire.
5° Indiquer et décrire les trésors de monnaies gauloises.
240 Société Dp’EmuLarion pu BouRBoNNats
6° Signaler les monnaies gauloises que l’on recueille habituellement
dispersées sur le sol dans une région nettement délimitée.
* 7° Signaler les découvertes d’antiquités grecques sur le sol de la
France.
11. ARCHÉOLOGIE ROMAINE.
8° Dresser, pour une région déterminée ou le territoire d’une ville,
une carte indiquant les monuments et les vestiges de monuments gallo-
romains détruits ou conservés.
9° Etudier les divinités indigènes d’après les monuments figurés et
les monuments épigraphiques. Signaler ceux de ces monuments qui
seraient encore inédits ou imparfaitement publiés.
10° Etudier les monuments figurés, votifs ou funéraires, concernant
l’industrie ou le commerce.
11° Décrire les mosaïques antiques non relevées jusqu’à présent en
France et en Afrique. Rechercher et étudier les anciens dessins con-
servés dans les collections publiques ou particulières et qui reproduisent
des mosaiques aujourd’hui détruites.
12° Signaler les peintures antiques découvertes en Gaule, les dessins
ou les aquarelles qui les reproduisent.
13° Rechercher les centres de fabrication de la céramique en Gaule
et en Afrique aux époques romaine et préromaine,
14° Décrire les pièces de verrerie antique les plus importantes con-
servées dans les musées ou les collections particulières de la France et
de l’Afrique ; en indiquer la provenance, relever les inscriptions qu’elles
portent.
15° Etudier les pierres gravées enchâssées dans les pièces d’orfèvre-
rie anciennes; en faire connaître les sujets, les inscriptions, les dimen-
sions et la matière. Accompagner ces études d’empreintes, de préfé-
rence à des dessins.
16° Décrire et classer les plombs monétiformes portant des sujets
figurés ou des inscriptions; en indiquer la provenance.
17° Signaler les documents d’archives, les manuscrits anciens ou la
correspondance des antiquaires des derniers siècles qui relatent une
trouvaille ou peuvent servir à établir l’âge ou l’histoire d’un monument
archéologique déterminé.
18° Décrire les monuments grecs qui se trouvent dans les musées
publics et dans les collections privées; en préciser la provenance.
[Un grand nombre de nos musées provinciaux et quelques collections
particulières renferment des inscriptions, des bas-reliefs, des vases
peints, des terres cuites que des voyageurs ou des marins ont rapportés
des pays helléniques: il serait très utile de faire connaître ces monu-
ments.]
Le 58° ConGRÈs DEs SOUI1ÉTÉS SAVANTES 241
19° Rechercher le tracé des voies romaines ; en étudier la construction ;
signaler les bornes milliaires inédites.
20° Etudier les anciennes enceintes romaines tant au point de vue
de la construction qu’au point de vue du tracé.
21° Signaler les restes des anciennes vw/ae des époques romaine et
franque.
III. ARCHÉOLOGIE DU MOYEN-AGE
22° Donner, avec plans et dessins à l’appui, la description d’un édi-
fice réputé antérieur à la période romane.
23° Présenter la monographie d’une église du moyen âge.
s ° # # . °°
24° Signaler les monuments chrétiens antérieurs au XI° siècle; re-
chercher en particulier les inscriptions, les sculptures, les mosaïques,
les verres gravés, les objets d’orfèvrerie et les pierres gravées.
25° Etudier les caractères qui distinguent les diverses écoles d’ar-
chitecture religieuse à l’époque romane, en s’attachant à mettre en
relief les éléments constitutifs des monuments (plans, voûtes, etc.).
26° Etudier l’iconographie des chapiteaux d’une église romane.
27° Rechercher, dans une contrée déterminée, les monuments de
l’architecture militaire aux diverses époques du moyen âge; signaler
les documents qui peuvent servir à en fixer la date; accompayner les
communications de dessins et de plans.
28° Signaler dans une région ou une ville déterminée et décrire les
différents types de maisons antérieures au XVil° siècle, en particulier
les maisons de bois.
29° Etudier les monnaies féodales de la France, surtout à l'aide des
documents d’archives; faire connaître ceux de ces documents qui se-
raient inédits et les commenter.
30° Décrire les sceaux conservés dans les archives publiques ou pri-
vées; accompagner cette description de moulayges ou, au moins, de
photographies.
31° Signaler, dans chaque région de la France, les centres de fabri-
cation de l’orfèvrerie pendant le moyen âge; indiquer les caractères et
tout spécialement les marques et poinçons qui permettent d’en distin-
guer les produits.
32° Décrire et photographier les anciens tissus, quelle qu’en soit
l'origine, conservés dans les églises, les musées ou les collections par-
ticulières,
33° Recueillir les documents écrits ou les monuments figurés inté-
ressant l’histoire du costume dans une région déterminée.
34° Signaler les carrelages de terre vernissée, les documents con-
cernant leur fabrication, et fournir les calques des sujets représentés
et de leurs inscriptions.
16
242 SociérTé Dp'EmuLarion pu BouRBONNaAtS
35° Etudier, dans une localité déterminée, les caractères et l'évolu-
tion de la poterie commune depuis l’époque mérovingienne jusqu’au
XviIe siècle. |
36° Faire, par ancien diocèse, par ville ou par édifice, le recueil
des pierres tombales et des inscriptions, publiées ou non; accompagner
ce recueil, autant que possible, d’estampages ou de dessins,
37° Explorer et étudier méthodiquement les souterrains-refuges dans
une région déterminée; dresser l'inventaire du mobilier recueilli; don:-
ner le plan des parties conservées.
38° Rechercher et commenter les documents d’archives concernant
les constructions, le mobilier et les collections, artistiques des anciens
châteaux de France.
IV. ARCHÉOLOGIE ORIENTALE
39° Signaler dans les collections particulières et les musées de France
les monuments se rapportant aux civilisations antiques de l'Orient, et
spécialement les monuments de provenance africaine ou syrienne.
40° Signaler dans les collections publiques ou privées de la France
et de l’Afrique du Nord les monnaies arabes inédites, les objets d’art
musulmans, et en particulier les monuments céramiques provenant de
nos possessions de l’Afrique du Nord et de la Syrie.
41° Signaler, décrire et photographier dans les collections publiques
et privées de France les monuments (sculptures, peintures, vases, ins-
criptions, manuscrits, bronzes, sceaux, médailles, objets préhistoriques,
etc.) provenant de l’Indochine.
SECTION DES SCIENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES
1° Y a-t-1l lieu d'organiser la propriété scientifique, c’est-à-dire d’ac-
corder certains droits aux inventeurs de théories scientifiques, de prin-
cipes théoriques, aux auteurs de découvertes de lois naturelles, lorsque
d’autres personnes en trouvent des applications industrielles? Quels
devraient être ces droits ?
2° Etudier la théorie du domaine public payant en matière de pro-
priété littéraire et artistique.
3° Quelles mesures pourraient contribuer à répandre l’assurance sur
Ja vie varmi les ouvriers ?
4° Quelles causes nuisent en France à une plus grande diffusion des
chèques? Spécialement quelles modifications ou additions y aurait-il
lieu d’apoorter à la loi en vigueur pour favoriser cette diffusion ?
s° Etudier la crise de l’apprentissage et les remèdes qui peuvent être
proposés.
LE 58° ConcRÈs DES SOCIÉTÉS SAVANTES 243
6° Le problème monétaire et les moyens de le résoudre,
7° Etudier, dans une localité industrielle, les changements survenus
depuis cent ans dans la condition générale des ouvriers ou dans celle
d’une famille ouvrière. Ô
8° Des appellations d’origine (produits agricoles et vinicoles).
9° Etudier, dans une ville ou dans une commune rurale, le taux des
salaires de certaines industries depuis le milieu du x1x° siècle.
10° Etudier, pour une ville déterminée, les causes diverses (géogra-
phiques, économiques ou autres) qui expliquent sa IOFRAnOR et son
développement.
si9 Exposer les transformations récemment introduites dans une
région déterminée par l’utilisation industrielle de la houille blanche
et de l'électricité. |
12° De l'attribution d’un droit de vote plural à certaines actions:
avantages, inconvénients, réglementation possible.
13° Etudier les causes des variations du cours du change.
14° Indiquer quelques causes qui peuvent influencer les cours des
titres à revenu fixe et de ceux à revenu variable.
15° Du droit de réponse en matière de presse.
SECTION D'HISTOIRE MODERNE (DEPUIS :715)
ET D'HISTOIRE CONTEMPORAINE
XVIII SIÈCLE
1° Etudier, dans une région déterminée (bailliage, élection) ou dans
une paroisse ou un groupe de paroisses, les conditions dans lesquelles
était pratiqué l’affermage des terres au XVIII* siècle.
[On utilisera notamment les papiers seigneuriaux de la série E des
archives départementales, les titres de propriété des établissements
ecclésiastiques (séries G et H), les minutes de notaires.]
2° Rechercher, dans une paroisse ou un groupe de paroisses, s’il y
a eu, au cours de la seconde moitié du Xvir1° siècle, tendance marquée
soit au morcellement, soit à la concentration de la propriété foncière
ou de l'exploitation du sol.
3° Etudier dans un dépôt d’archives un fonds d’amirauté et mettre
en relief les documents intéressants soit pour l’histoire économique
en général, soit pour l’histoire du commerce extérieur en particulier.
4° Etudier, d’après les catalogues imprimés ou manuscrits de biblio-
thèques privées et les inventaires après décès, la diffusion des livres
dans une région déterminée de la France au XVII siècle.
5° Rechercher quelle a été, dans le ressort d’un parlement autre
L
LL
214 Soci1£#tTé D'EMULATION pu BouRBONNAIS
-
que celui de Paris, la répression de la propagande philosophique au
XviIne siècle.
6° Faire l’histoire d’une académie ou d’une société littéraire provin-
ciale en France au XVIII siècle, en montrant la relation de son activité
aux grands mouvements d'idées, de sensibilité et de goût qui ont tra-
versé la société française.
7° Etudier les documents (correspondances, journaux, relations de
voyage, etc.), laissés par des particuliers obscurs qui sont conservés
dans les bibliothèques et les archives locales et vassembler les indica-
tions qu’ils peuvent fournir sur la culture de la classe moyenne. |
8° Etudier dans une région de la France l’activité philosophique
et philanthropique de la franc-maçonnerie au XVHI* siècle,
9° Etudier l’histoire de la gabelle dans une province (1715-1790).
Période révolutionnaire
10° Rechercher, pour une région de la France, dans les archives
départementales ou communales, et analyser les documents relatifs à
la perception de la dîme ecclésiastique sous la Révolution, pendant
la période où cette redevance, abolie en principe le 4 août 1789, fut
maintenue provisoirement, c’està-dire jusqu’au 1% janvier 17ai.
11° Recueillir dans la série L des archives départementales les rap-
ports de caractère périodique, tels que les comptes décadaires, et mon-
trer ce qu'ils contiennent d’intéressant pour l’histoire.
12° Etudier la fédération de 1790 dans un département.
13° Levée, composition et organisation d’un bataillon de volontaires
dans un département.
14° Les fabrications de guerre dans un département sous la Terreur.
15° Etudier, dans un département, un district ou une commune, l’ap-
plication du décret du 22 floréal an 11 qui ordonnait la formation d’un
livre de la bienfaisance nationale.
16° Etudier, soit au point de vue de l’histoire politique, soit au
point de vue de l’histoire économique, les délibérations d’une muni-
cipalité depuis 1790, jusqu’à l'application de la Constitution de l’an ui.
17° Tracer l’histoire d’un comité de surveillance ou d’une société
populaire pendant la Révolution.
Dix-neuvième siècle
18° Etudier les variations de l'esprit public dans un département
sous le Consulat et l’Emnire, notamment d’après les procès-verbaux
d'opérations électorales.
19° Etudier l’occupation ennemie dans une ville, un arrondisse-
ment ou un département, lors de l'invasion de 1814-1815.
Le 58: CoNGRÈs DES SOCIÉTÉS SAVANTES 245
20° Etudier l’histoire religieuse d’un diocèse ou d’une ville pendant
la Restauration.
{
21° Etudier l’organisation et le fonctionnement de la Cour prévôtale
dans un département (1816-1817).
22° Rechercher. les documents relatifs à l’histoire de l’enscignement
primaire dans un département, un arrondissement, un canton ou une
commune, depuis la loi du 11 floréal an x jusqu'à celle du 28 juin 1833,
et mettre en lumière ceux qui offrent le plus d'intérêt. |
[On pourra se borner à l'étude d’une des deux périodes: celle de
l’Empire ou celle de la Restauration.
Les principaux textes législatifs sont: 1° la loi du 11 floréal an x
et les décrets impériaux des 17 mars 1808 et 15 novembre 1811; 2° les
ordonnances royales des 29 février 1816, 3 avril et 2 août 1820, 8 avril
1824, 21 avril 1828, 14 février et 16 octobre 1830. Voir ces textes et
les circulaires ministérielles dans GRÉARD, La législation de l’enseigne-
ment primaire en France, tome I®.
Les sources du sujet sont dans la série T des archives départemen-
tales (instruction publique), la correspondance préfectorale (série M),
les délibérations du conseil général (série N), les séries D (délibérations
du conseil municipal, arrêtés du maire, correspondance) et R (instruc-
tion publique) des archives communales, et dans les archives de l’ins-
pection académique, lorsqu'elles n'ont pas été versées aux archives
départementales.
On recueillera les renseignements sur les bâtiments scolaires, — sur
le personnel des instituteurs laïques ou ecclésiastiques (capacité, mora-
lité, relations avec les autorités locales et avec les familles, avec l'au-
torité académique, avec l'administration préfectorale, situation maté-
riclle), — la fréquentation scolaire, — les méthodes pédagogiques (mo-
des d'enseignement mutuel, simultané, etc., matières enseignées, livres
en usage), — le rôle des comités cantonaux de surveillance et des
comités d’arrondissement, — l'éducation des filles, etc.]
23° Tracer la biographie d’un représentant du peuple à la Consti-
tuante ou à la Législative sous la deuxième République.
24° Esquisser l'histoire d’un lycée ou d’un collège communal au
XIX* siècle jusqu’à la loi du 15 mars 1850.
25° Etudier l'application de la loi Falloux dans l’enseignement se-
condaire, jusqu’à la fin du ministère Fortoul.
26° Faire, pour la période antérieure au second Empire, la biblio-
graphie raisonnée de la presse périodique (journaux et revues) pour
un département, un arrondissement ou une ville.
27° Signaler d'après les archives d'un département les documents
propres à faire connaître la résistance ou l'opposition au Coup d'Etat
du 2 décembre 1851.
216 | Socté1é D'EMULATION pu BoURBONNAIS
— ————— —— 2 —————————————————
28° Etudier l'histoire religieuse d’un diocèse ou d'une ville sous le
second Empire.
29° Faire l’histoire d'une grève sous le second Empire.
SECTION DES SCIENCES
1° Exposer les progrès récents de la science dans l’étude des mou-
vements tourbillonnaires.
2° Méthodes modernes dans la théorie des fonctions.
3° Etudes concernant la formation de catalogues strictement fonda-
mentaux de positions stellaires. |
4° Uulisation d'une série importante d'observations non encore
publiées d'étoiles variables.
5° Appliquer un objectif photographique, à champ de 8 à 10 degrés,
à la détermination des ascensians droites et des déclinaisons des étoiles
d’un cliché du même ordre d’étendue que ce champ.
Comparer les résultats à ceux que donnerait sur la même région du
ciel le rattachement de clichés ou fractions de clichés du catalogue
photographique international qui couvriraient un carré de 6 degrés de
côté.
6° Etudier une phase des efforts faits en France pour cesser d’être
tributaire de l'étranger dans la construction des instruments d'optique
et d'astronomie.
7° Etude métallographique des minerais opaques.
8° Etude des liquides anisotropes.
9° Etudes locales sur les otages, leur fréquence et les dégats produits
par la gréle.
10° Applications de la photographie et de la cinématographie aux
études biologiques.
11° Recherches et observations sur la détermination artificielle des
sexes et sur les causes naturelles qui paraissent la déterminer.
12° Flore et faune des cstuaires.
13° La tuberculose et les moyens d'en diminuer la contagion.
14° Les méthodes de désinfection contre les maladies contagieuses
et les résultats obtenus dans les villes, les campagnes, les navires et
les établissements où la désinfection des locaux habités est pratiquée.
15° Adduction des eaux dans les villes. — Etudes sur la pollution
des nappes souterraines. — Des égouts dans les grandes villes.
16° Collecte, enlèvement et destruction des ordures ménagères.
Le 38° CoNGRÈès DES SOCIÉTÉS SAVANTES 247
————_——_—
17° Puériculture, — Modes d’élevage des enfants en élevage merce-
naïire. — Statistiques et quotients de mortalité.
18° Hygiène de l'enfant à l'école.
SECTION DE GEOGRAPHIE
1° Signaler les documents géographiques manuscrits les plus in-
téressants (textes et cartes) qui se trouvent dans les bibiiothèques publi-
ques et les archives des départements, des communes ou des ports, et
les archives particulières.
2° Dresser le catalogue raisonné des cartes locales anciennes, ma-
nuscrites et imprimées: cartes de généralités, de diocèses, de provin-
ces, plans et vues de villes, etc.
3° Déterminer l’étendue d’un ou plusieurs « pays » d’une région
française, en s’appuyant sur l'étude physique, sur les documents écrits
et sur l'usage local.
4° Rechercher les formes réelles des noms de lieux et les comparer
à leurs orthographes officielles (cadastre, carte d’état-major, diction-
naire des postes, cachets de mairie, etc.). |
[On s’attachera à la reconstitution des formes et non pas à la recher-
che des étymologies.]
5° Déterminer les limites et dresser des cartes des anciennes circons-
Criptions ecclésiastiques, féodales, administratives, etc., sous l’ancien
régime.
6° Indiquer la répartition et l'extension géographique (en dresser la
carte) de termes du glossaire PPORMRE français. (Exemples: puy,
dive, couse, nant, etc.).
7° Modifications anciennes et actuelles des côtes. — Cordons litto-
raux, bancs, etc. — Formation des dunes et des étangs. — Landes,
forêts sous-marines, .etc.
8° Tracer les limites comparatives d’une forêt en France, aux diffé-
rentes époques. — [éboisements et reboisements.
9° Etudier la situation, le site et le développement historique d’une
localité française. ;
[S’attacher plus spécialement aux localités du bassin parisien.]
10° Etudier le rôle des éléments de populations étrangères dans la
vie matérielle, politique ou morale d’une cité française. Rechercher en
particulier l’origine des noms de rues dus à ces éléments (rues des
Lombards, des Juifs).
119 Causes du tracé des cours d'eau; variations, captures.
e
12° Voies anciennes de la France (routes militaires, routes commer-
ciales, routes de pèlerinage, chemins sauniers et chemins de trans-
humance).
2148 Soci1éTé D'EMULATION DU BouRBONNAIS
13° Biographies des anciens voyageurs et géographes français.
14° Documents inédits sur l’histoire des colonies françaises.
15° Missions et voyages de savants et agents diplomatiques ou consu-
laires français à l'étranger, antérieurement à la création des Archives
des missions scientifiques et littéraires (1849).
16° Documents relatifs aux variations des glaciers dans les Alpes et
les Pyrénées.
17° Répartition des forces hydrauliques dans une région de la F rance.
18° Déterm'ner et limiter, si possible, une région.
[La région idéale doit être un compromis équitable de tous ses
éléments caractéristiques: ethniques, linguistiques, historiques, écono-
miques, administratifs, politiques, intellectuels, etc.]
19° Signaler et étudier les conventions politiques ou scientifiques
internationales d’après lesquelles ont été fixées les limites géog raphi-
ques des océans, des mers et des détroits.
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UN POÈTE ET PROSATEUR
INDIVIS |
ENTRE NIVERNAIS ET BOURBONNAIS
Le littérateur que le Nivernais et le Bourbonnais peuvent reven-
diquer en commun, cest Pierre Pierre de Frasnay, écuyer, seigneur
de Frasnay-le-Ravier, Neuvy-en-Barrois, etc., Conseiller du roi,
Trésorier de France au Bureau des Finances de la Généralité de
Moulins.
Le Nivernais peut à bon droit le revendiquer, parce que sa famille,
aussi loin qu'on puisse remonter (xv° siècle), se rencontre à Dienne
et à Decize. De plus, Pierre de Frasnay était possessionné en Niver-
nais, enfin il est né à Nevers en 1676 et y mourut en 1753.
D'autre part, le Bourbonnais a quelques droits sur lui. Il fut en
effet reçu Trésorier de France à Moulins, le 15 décembre 1701. au
lieu de Jean Gaulmyn, seigneur de Lalye. Son frère, Jean-Jacques
Pierre de Saincy, écuyer, seigneur de Saincy, Orvalet..., aussi Tré-
sorier de France à Moulins, le 10 mai 1723, au lieu de son beau-
père Jean Vauvrille. écuyer. seigneur des Vesvres, fonda une bran-
che bien connueen Bourbonnais par sa richesse, ses alliances et ses
malheurs pendant la Révolution. Cette branche a possédé en Bour-
bonnais, les fiefs et seigneuries de Saint-Pourçain-Malchère Or-
valet, La Vallée (paroisse de Saint-Pourçain-Malchère), L'Etoile
(paroisse d’Iseure), La Barre (paroisse de Château-sur-Allier), Pa-
ray, Briaille, La Pinsonne La Robine. Bonnefond (paroisse de
Paray-sous-Briaille), Le Lonzat (paroisse du Lonzat), Bricadet, Tou-
tifault (paroisse de Loriges), Les Chevennes (paroisse de Chapeau)(1).
(1) Par alliances, les Chevennes sont passés des Pierre de Saint-Cy, ou
Saincy, aux Bravard d'Eyssat du Prat, puis aux Bourbon-Busset et sont
maintenant aux mains du Comte et de la Comtesse Urbain de Rougé, cette
dernière, née Sophie de Bourbon-Busset.
250 SoctÉéTÉ D’EmuLaATION pu BouRBONNAIS
Ces Pierre, pourvus d’une charge anoblissante au deuxième degré,
étaient nobles de fraîche date, par leur père, Pierre Pierre, écuyer,
seigneur de Saincy, Frasnay-le-Ravier, etc., marié à Augustine-
Guillemette Ferrand, lequel acquit la noblesse au premier degré par
une charge de conseiller, secrétaire du roi, maison et couronne de
France et de ses finances.
M. de Frasnay était intelligent, lettré, entreprenant. Près de son
château de Neuvy les-Barrois, en Nivernais, il fonda une manufac-
ture de faïences, qui fonctionna avec succès pendant un certain
nombre d'années. Cette entreprise industrielle ne suffisait pas à
occuper les loisirs que lui laissait sa charge de trésorier de France,
aussi M. de Frasnay, d'ailleurs célibataire, cultivait les Muses. On
connaît de lui des poésies et des articles én prose, publiés par le.
Mercure de France.
Enfin, son capital ouvrage fut : la Mythologie ou Recueil de fables
grecques, ésopiques et sybariliques mises en vers, édité à Paris, 1750,
en 2 volumes in-12, ainsi que nous l’apprend Née de la Rochelle,
dans ses Mémoires sur le département de la Nièvre, t. IE, p. 174 (1).
T.
(1) Pour les Pierre de Frasnay, de Saincy et de Champrobert, en Nivernais
et Bourbonnais, voir la Collection des Gozis, qui utilise à peu près toutes les
sources relatives à cette famille. Voir aussi Arch.: Allier E supplément,
les Registres paroissiaux de Saint -Pierre-des- Ménestreaux, à Moulins, l'In-
ventaire de la série B des Archives de l'Allier, p.89, 98, 108, 211, 305, 368, 417.
Enfin l'Epigraphie héraldique du département de la Nievre, par le Comte
-de Sornay, et les bonnes feuilles du 2° volume des Fiefs du Bourbonnais.
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PAGES DU ROI
DE LA GRANDE ET PETITE ÉCURIE (1680-1761)
indiqués par leurs preuves comme étant du Bourbonnais
Un nombre respectable de preuves faites pour l'entrée aux Pages
de la Grande et de la Petite Ecurie du Roi, existe encore à la Biblio-
thèque Nationale (Cabinet des Titres). Nous donnons ci-dessous la
liste des pages que le catalogue de ces preuves indique comme
étant du Bourbonnais.
On sait que les pages élevés dans la Grande et la Petite Ecurie du
Roi, à Versailles, devaient, pour obtenir leur admission, prouver
quatre degrés de noblesse paternelle. Beaucoup d’entre eux remon-
taient la généalogie de leur famille à des degrés plus éloignés. Ces
preuves renferment donc des renseignements fort utiles pour l'his-
loire de certaines familles anciennes de notre province. Les preuves
en question échelonnées de 1680 à 1761, ont été faites devant Mes-
sieurs d'Hozier. Les dates extrêmes que nous indiquons, prouvent à
elles seules que le recueil de ces preuves est loin d’être complet.
PETITE ÉCURIE
Cabinet des Titres. V. 6.
60. — Louis-Henri de Chantelot de La Chaize (1680).
Cabinet des Titres. V. 7.
47. — Michel de Neufchèzes (1703).
Cabinet des Titres. V. 8.
4. — Gilbert Cadier de Veauce (1710).
17. — Antoine-Joseph d'Estut de Traci (1711).
Cabinet des Titres. V.9,.
51. — René-François de Montbel-Champeron (1730).
97. — Claude de Villars Mauvesinière (1731).
252 Soci1éTÉ D’'EMULATION pu BouRBONNAIS
Cabinet des Titres. V. 10.
22. — François-Claude Cadier de Veauce (1739).
82. — Claude-Gilbert de Chovigny de Blot (1746).
Cabinet des Titres. V. 11.
7. — Nicolas-Pardoux-Louis de Villaines (1749).
90. — Etienne-Philippes de Villaines (1756).
95. — Jean-Baptiste-Joseph de Rochedragon et Jean-François de
Rochedragon de La Voreille (1756).
. Cabinet des Titres. V. 12.
75. — André Cadier de Veauce (1764).
95. — Charles-François de Bonnay (1765).
GRANDE ÉCURIE
Cabinet des Titres. V. 276.
74. — Gilbert-Honoré de Chabanes (1700).
Cabinet des Titres. V. 271.
58. — Pierre de Louan de Persac (1711).
Cabinet des Titres. V. 278.
49. — Jean-Batiste-Claude de Las de Valotte (1720).
Cabinet des Titres. V. 280.
37. — Pierre-Gilbert-Philipesde Veini d’Arbouze de Villemont (1733).
74. — Claude-Léonor de Réclaines de Lionne (1737).
Cabinet des Titres. V. 281.
47. — Jean de Meschatin (1743).
69. — Michel-Claude de Neufchèzes (1746).
Cabinet des Titres. V. 282.
17. — François du Bouy (1747).
Cabinet des Titres. V.-283.
6. — Edme-Philippes de Marcellanges (1752.
72. — François de Salvert (1756).
Cabinet des Titres. V. 284.
15. — Louis-François de Salvert (1757).
20. — Charles des Prés de Roches (1758).
PH. TIERSONNIER.
200 ——————
ce Doento LT e Lou Te Dome Te Tnt e LME e DST e Teen Te
BIBLIOGR À PHIE
Max Fazy, Archiviste de l’Allier, Docteur ès-lettres, Le Bour-
bonnais, des origines à nos jours.
Ont paru :
Tomes Î et Il: Les Origines du Bourbonnais, deux volumes, de
700 pages et 300 pages. En vente aux Archives départementales,
4, rue Michel-de-l'Hôpital, Moulins-sur-Allier, au prix de 26 francs.
(29 fr. avec le port).
En préparation :
Les Origines du Bourbonnais, tome III (tables-tableaux généalo-
giques, cartes).
Tome IV : Le Bourbonnais, du milieu du xin° siècle à sa réunion à
la couronne (1527).
Tome V : Le Bourbonnais, de 1527 à 1789.
Tome VI : Le Bourbonnais, de 1789 à nos jours.
J %
F.-B. Guérer : Guide-Souvenir de Souvigny. Moulins, les Im-
primeries Réunies. — (En vente au presbytère de Souvigny.)
En publiant ce petit guide, d'aspect agréable et de format facile,
M. le Curé de Souvigny a voulu combler une lacune et répondre aux
désirs des visiteurs, chaque saison plus nombreux, de notre vieille
abbaye. Touristes affairés, voyageurs de passage, certains n’ont pas
le tgmps de compulser les ouvrages spéciaux et détaillés ; mais ils
se trouvent pris à leur propre piège. Et ce modeste guide. en leur
révélant les beautés du merveilleux édifice, les rend curieux de son
histoire et amoureux de ses formes. Mis en goût par cette description
précise et une visite rapide, ils reviendront, au seuil de ce sanctuaire
unique, épeler, une à une, ses splendeurs et vénérer ses reliques.
L'art et notre Bourbonnais y gagneront d’être mieux et plus géné-
ralement connus.
M. le Curé de Souvigny nous annonce, pour cette année, une
Petite vie de saint Mayeul qui complétera fort heureusement cet excel-
lent guide. M. G.
J % %
254 Socréré D'EmuLAtTioN pu BouRBoNNAIS
2 ————— ———————— 7
A. Meier. Professeur au Collège de France : Les langues dans
l'Europe nouvelle.
Chaque ligne de cet ouvrage est intéressante. Puisqu'il faut me
borner, je ne citerai que les faits intéressant les Français, et en par-
ticulier les Bourbonnais.
1. Sur l'auteur. — Meillet dit lui-même dans son livre qu'il est né
à Saint-Désiré, dans le Bourbonnais, mais que ses ancêtres sont du
village de Meillet. [l fait remarquer à ce propos que le nom de
Meiïllet est commun à beaucoup de pays, mais plus ou moins
déformé : c’est Meilhac en Gascogne, Meillat en Limousin, Meilly
au nord du Bourboñnais (je crois qu'on pourrait y ajouter Milhau
dans le Larzac et Milly en Bourgogne), Château-Meillant en Berry,
dont le nom diffère peu, a même étymologie gauloise que Milan :
Mediolanum. |
2. Sur les langues celtiques. — L'auteur regrette la disparition de
l’ancien gaulois. Îl se réjouit, au point de vue linguistique, de la
révolte irlandaise, qui va sans doute rendre un peu de vie au gaélique
moribond : 15 °}, seulement des Irlandais parlent gaëélique. En
Ecosse, la situation est pire : 4 °/, seulement des Ecossais parlent
le gaëlique d'Ecosse. Par contre, près d'un tiers des Gallois parlent
encore leur vieille langue, qui est sœur très proche de notre breton.
Le cornique, qu'on parlait encore au xviu* siècle, en Cornouaille
anglaise, est tout à fait disparu.
Dans notre Bretagne, le breton recule chaque jour devant la
langue officielle.
3. Sur l'origine des langues romanes. — L'auteur développe cette
idée, plus neuve qu'elle n'en a l'air, à savoir que dans le haut Moyen
Age, les Français, Îtaliens et autres Romans, s'étant éloignés de plus
en plus du latin dans leur langage parlé, tandis que les rares clercs
qui subsistaient, continuaient à grand'peine d'écrire un médiocre
latin, personne, lettré niillettré, ne remarquait dans les premiers
temps quel abime se creusait chaque année entre la langue écrite
et le patois parlé. Après bien des générations, on finit par remarquer
qu'un patois existait réellement fils bâtard et presque méconnais-
sable de la langue romaine ; on osa le fixer sur le vélin ; et c'est ce
jour-là que naquirent les langues nationales romanes.
En résumé, cet ouvrage est un modèle de littérature didactique ;
le style, d’une élégance austère, est parfaitement clair et limpide ; les
idées et les faits jaillissent à chaque ligne ; qualité plus rare peut-
être : l'impartialité est parfaite.
A. Mirron.
D. must
'
LL
AM EU AQU AU
mr.
M en ET
NOS CONFRÈRES MM. Jean GoTTELaND, inspecteur d'académie de
l’Allier, et Auguste DÉReT, directeur d’école à Mou-
lins, ont été promus officiers de l’instruction publique.
+ Des médailles de la prévoyance sociale ont été décernées, en 1923 et
1924, à plusieurs de nos confrères appartenant à « l’état-major » de la Caisse
d'épargne de Moulins et de ses succursales :
Médaille d'or : M. Léon Tissier, président.
Médailles d’argent : MM. Henri FROBEëRT, Georges MizcenT, Gabriel
Moranp, René Moreau, Gustave Queyroi, François TR&YvE, administra-
teurs; Charles Ds CHAzETTES DK BARGUES, président de la succursale de
Bourbon-l’Archambault ; Marcel RouILLon, administrateur de la succursale
de Souvigny. |
Médaille de bronze : M. Adolphe BonneT, administrateur.
Je M. René Moreau a été élu membre de ia Société centrale des archi-
tectes.
NOS COMPATRIOTES M. Antoine M&ILLET, professeur au Collège de
France, récemment élu membre de l'Académie des
inscriptions et belles-lettres, a présidé la distribution des prix du lycée de
Moulins, où il fit ses études, et y a prononcé une allocution.
«Je L'Académie des sciences morales a décerné un prix de 1.000 francs à
M. Albert PEYRONNRT, sénateur de l’Allier, ancien ministre du travail, pour
son ouvrage : le Ministère du Travail, 1906-1923.
MIETTES % Aux élections législatives, qui ont eu lieu le 11 mai, quatre
D'HISTOIRE jistes étaient en présence, dans l’Allier, où la diminution de
OERRE la population a réduit à cinq, au lieu de six, le nombre des
députés à élire.
La liste de concentration républicaine et sociale comprenait : MM. VipaL,
Lamoureux, PÉRONNET, CHATEAU, députés sortants, et BLANC, maire de
Moulins. La liste républicaine et d’union nationale : MM. HeRrNANDez,
RAYNAUD, ADMIRAND, DE VAULx et le docteur Fourny. La liste d'union
socialiste: MM. Consrans, BouprT, DorMoy, PUBCHMAILLE et THIVRIER.
La liste du bloc ouvrier-paysan ‘parti communiste): MM. Bi&RJON, LAJARGE,
Roussar, TAUVERON et VÉNUAT.
Ont été élus : MM. ConsTaNs, BoupeT, PURCHMAILLE, THIVRIER, socia-
listes, et notre confrère LAMOUREUX, radical-socialiste sortant.
256 SociÉTÉ D'EMULATION Du BouRBONNAIS
CURIOSITÉS % Lors de la vente de tableaux anciens. dela collection
BOURBONNAISES V..., faite à l’Hôtel Drouot les 27 et 28 juin, est passé
un Portrait du roi Louis XI, ‘0,37 X 0,27), provenant
de l’ancienne collection Roger de Gaignières. Ce petit panneau, d’une qualité
exceptionnelle et d’un parfait état de conservation, qui figura en 1904 à l’Expo-
sition des Primitifs français, est attribué au maître de Moulins ; sur une de-
mande de 80.000, il fut adjugé à 89 000 francs.
æe A l’occasion de son concours agricole des 10 et 11 août 1924, la petite
ville d’Hérisson a voulu réunir les souvenirs artistiques laissés par les prin-
cipaux artistes ayant séjourné dans la Vallée de l’Aumance. Nos collègues
L. Grégoire et Walther, secondés par un artiste paysagiste M. Casenave.
ont réussi à réunir une centaine d’aquarelles, de gravures, de tableaux à
l’huile de l’école d’Harpignies, et de son principal élève Dutasta, possédés
par des amateurs de la région. Les artistes résidant actuellement à Héris-
son, ainsi que M. C. Grégoire, M. et M''° Casenave, avaient prêté quelques-
unes de leurs œuvres qui complétèrent cette curieuse exposition où figuraient
également des bibelots, meubles et objets d'art.
NOTES gp g Æ % Relevé des publications enregistrées par le service
BIBLIOGRAPHIQUES du dépôt légal : Imprimerie Brunet, à Vichy : Les
Armes et les Munitions de chasse modernes, par Île
commandant DE MONBRISON, 3° édition. 64 p. — Imprimerie du Progrès de
l'Allier, à Moulins : Le Bourbonnais à la fin de l’Empire et sous le gouverne-
ment de la Défense nationale, par J. CORNILLON, 345 pp. ; Les Oripines du
Bourbonnais : tome I" : Catalogue les actes concernant l’histoire du Bour-
bonnais jusqu’au milieu du xuri° siècle, accompagné d’un régeste des docu-
ments narratifs, X1vV-683 pp. : tome 11 : Histoire des sires de Bourbon jusqu'à
la mort d’Archambaud VIII (1249) et de la formation territoriale du Bour-
bonnais, XXxX:X-243 pp., par Max Fazy, archiviste de l’Allier, docteur ès-
lettres ; Le Bourbonnais sous la seconde Restauration : l'Esprit public. par J.-B.
BoïssonxerT, docteur en droit. — Imprimerie Wallon, à Vichy : Guide de
l'étranger à Vichy, 72 pp.; Histoire contemporaine de Vichy de 1789 à 1889,
par Ant. MaLLaT, 816 pp. (a paru en 1921).
Ont paru : aux Presses universitaires de France, à Paris : Un Réveur de
paix sous Louis XIII : Emeric Crucé, Parisien, par Hubert PaJoT, docteur en
droit, 153 pp.; chez Ferenczi, à Paris: AMistoire de quinse hommes : Une
Equipe de Rugby, par Marcel BERGER, 323 pp.; chez Peyronnet et Cie à
Paris, Collection « les Clochers de France » : Par ordre du Roy : « Tartufen
et ales Plaideurs», par Paul Morec (André Léovizze), 63 pp. ; — chez
Plon, à Paris : Le Marchand de Secrets, par Raoul AUFRNHBIMER, préface et
traduction de Marcel DUNAN, X111-249 pp.
De M. Marcel DuNaN également, /’/!lustration publie en ce moment une
traduction de /a Ville impériale, roman viennois de Paul Zirrerer. Lefils
de notre regretté confrère s’est donné pour tâche patriotique, peut-on dire. de
libérer de la tutelle allemande la littérature autrichienne.
RÉGEMORTES.
+ EE — 7"
PROCES-VERBAUX
SÉANCE DU 7 JUILLET 1924
PRésiDeNcE DE M. Le D' pe Brio
— Etaient présents : M°®° Moxceau ; MM. Amédée Barper,
Boxx, CaPezix. chanoine CLéuenr, abbé Dumoxr, GÉDEL, GÉNERMONT,
Adrien Merrox, docteur Monceau, Db'OnJo DE MARCHOVELETTE,
_TiERSONNIER, DE VERRIÈRES.
— Excusés : MM. Gorreraxp», lieutenant-colonel De Saixr-Hizuien,
MorEac.
— Le procès-verbal de la précédente séance est lu el approuvé.
— M. le Présinexr annonce à l'assistance le décès récent de
notre confrère M. de Villequetout, rappelle la haute courtoisie du
défunt et adresse à la famille l'expression de ses condoléances.
— [l'est procédé au dépouillement de la correspondance. Lettres :
— De notre confrère M. Lassruoxxe, président de la Société Scien-
lifique du Bourbonnais. nous conviant à prendre part à la
l'excursion qui aura lieu le jeudi 17 juillet, dans la région du
Montoncel. |
— De démission de M. le contrôleur général pe FEypEau. entré
dans notre Société en 1911, en qualité de membre correspondant.
— De M. le PRÉFET, annonçant que le Conseil général, dans sa
séance du 27 mai, a rejeté la demande de subvention, les disponibi-
lités financières ne lui permettant pas de l'accueillir.
— De M. Léon Bipeau, exposant le projet de création d'une
Revue du Bourbonnais qui ferait partie de la collection intitulée
17
258 SocIÉTÉ D'EMULATION DU BOURBONNAIS
« Revue des pays de France ». Notre confrère publierait deux fasci-
cules : l'Histoire d'un village en Bourbonnais et l'Histoire d'une pa-
roisse. M. Bideau demande des collaborateurs qui seront en même
temps des abonnés (12 francs), et aussi l'insertion d'une annonce.
Renvoyé à la Commission du Bulletin.
— M. le Président adresse des félicitations à notre confrère
M. l'abbé Dumont, qui vient de soutenir, devant la Faculté des
Lettres de Clermont, une thèse de doctorat ès histoire ; et des remer-
ciements pour le don qu'il veut bien en faire à notre Bibliothèque.
Les deux sujets traités sont les suivants : Le Chapitre collégial de Notre-
Dame de Moulins (1378-1408) et La Réforme du Prieuré d'Yzeure-
les-Moulins (1503-1508). Il en sera denné un compte rendu dans la
Bibliographie.
— M. Géxenmowr, qui a bien voulu se charger du dessin d'un
insigne et de sa réalisation, présente à l'assistance le résultat obtenu.
Inspiré de motifs bourbonnais, peu encombrant et surtout peu
voyant, l'insigne fait honneur à l'artiste qui l’a conçu et à l'orfèvre
qui l'a réalisé.
— M. Adrien Mirrox prend la parole pour rendre compte de
l'Excursion annuelle faite, cette année-ci, à Clermont.
L'intéressante lecture de M. Adrien Milton ouvre la voie à des
aperçus énoncés par M. le chanoine Clément sur des particularités
de l'architecture romane.
— M.le chanoine Clément, passant à un autre ordre d'idées,
présente à l'assistance une carte des excursions accomplies et de
celles qui nous resteraient à faire. Nos confrères pourront désor-
mais, à l'aide de celte carte, se prononcer s'ils veulent retourner
dans une même région pour en étudier à fond tout ce qui pourrait
s’y trouver, ou varier les directions afin de maintenir le niveau de
l'intérêL.
— M. Amédée Banner rend compte de la visite récente qu'il a
faite à la grotte de Sanssat, dont il a relevé le plan. A l'entrée de la
grotte, les fouilles, menées avec autant de sagacité que de pru-
dence. ont amené la découverte d'os de porcs, de vertèbres de che-
vaux et de reliefs de volaille. Nous nous trouvons à Sanssal en
présence d'un « Kjôkkenmôding » (foyer néolithique) bourbon-
nais.
ProcÈs-VERBAUX 259
— Mme Moxcsau demande où en est la question du chauffage
de la Bibliothèque. M. le Président craint que la solution ne soit
pas donnée avant l'hiver prochain. |
— M. le Président rend compte que M. l’Inspecteur d’Académie
lui a communiqué les résultats de l'enquête sur le préhistorique,
prescrite par le ministère de l’Instruction Publique. Bien que les
faits relevés par les instituteurs soienten partie connus, 1l y a cepen-
dant un certain nombre d'indications utiles à retenir de celte en-
quête. La Société d Emulation est très reconnaissante à M. l'Inspec-
pecteur de sa bienveillante communication et félicite les instituteurs
qui ont répondu à l'enquête et montré l'intérêt qu'ils portaient à la
préhistoire. |
— M. le Président lit une note relative aux fouilles projetées au
Peunémin, commune de Montaigu-le-Blin, par M. Choisy.
— M. Adrien Mrrrox fait circuler une curieuse carte postale où se
trouve figuré le projet de Chêne, complétant par des clochetons le
transept de la cathédrale de Clermont. Ce projet, inspiré du style
du xine siècle, aurait très certainement complété un ensemble déjà
très intéressant ; mais la pénurie budgétaire n'en a pas permis l'ac-
complissement.
— Sont admis comme membre titulaires: MM. Dexawr et
Boussac. | |
— L'ordre du jour étant. épuisé, la séance est levée à 22 heures.
E. CapPeLix.
SÉANCE DU 6 OCTOBRE 1924
PrésibExcE DE M. le D' pe Barixox
— Etaient présents : M"° Moxceau ; MM. Baury, Augustin BERYARD,
Boussac, Capeix, CHawBrov, chanoine CLÉMENT, abbé Dumoxr,
Géxenmoxr, D' Monceau. Pavaicox, André Roxy, lieutenant-colonel
DE SAINT-HILLIER, SARRAZIN, TIERSONNIER.
— Excusé : M. Amédée Banper. |
— La séance ouverte, lecture est donnée du procès-verbal de la
précédente réunion. Adopté.
260 SOCIÉTÉ D’EMULATION Du BoURBONNAIS
— M. 1e PRésIdENT salue la présence de M. Boussac. qui assiste
pour la première fois à nos séances.
« Le samedi 20 septembre, continue le Président, a eu lieu l'inhu-
mation de notre confrère René Moreau, architecte. Cette perte sera
cruellement ressentie par la Société d'Emulation »
De sympathiques condoléances sont adressées à la famille.
M le D' de Brinon a pris la parole en ces termes, au cimetière,
au nom de notre Compagnie :
« Au nom de la Société d'Emulation, je viens saluer la mémoire d'un
collègue qui nous a donné, pendant plus de trente ans, la plus franche col-
laboration.
Archéologue et artiste de grande valeur, notre collègue René Moreau était
en même temps un fin lettré. Les nombreux monuments dont il a enrichi
notre Bourbonnais sont la meilleure démonstration de sa haute valeur artis-
tique. Le suceès qu'il a obtenu en organisant les fètes du centenaire de
Banville a établi sa maitrise dans le domaine des lettres. Il nous parut à
tous qu'en ces jours mémorables le gouvernement n'avait pas été jusqu'au
bout de ce qu'il nous devait. Celui qui avait su rassembler une foule autour
du poëte pour entendre vanter les beautés du lanrage français nous semblait
mériter une distinction. Nous avons souffert de ce qui nous à paru une in-
justice, et nous voudrions la réparer dans la mesure possible en proclamant
notre estime pour l'habile architecte qui a créé notre Caisse d'épargne.
Nous envoyons à la famille l'assurance de la part que nous prenons à son
deuil. »
— La Société a reçu de M. l'abbé F.-B. Guéret, curé de Sou-
vignv, deux brochures : Pelite vie de saint Mayeul. le grand thau-
maturge du x‘ siècle, et un Guide-sourenu de Souvigny. 12 pages
in-16, avec une vue de l'église prieurale, reproduction d'une aqua-
relle de M. P. Mouret.
La seconde de ces brochures permet à chaque visiteur de suivre
avec connaissance de cause les détails du monument et d'en emporter
un souvenir awrcable et un guide non encombrant.
— De M. Louis Grécoire, le programme officiel du concours-
exposition tenu à Hérisson, le 10 et le 11 août 1924. Notre aimable
confrère, dont la sollicitude pour Hérisson est bien connue. s'est
chargé de rédiger une notice qui est un véritable guide de la région.
Le texte est illustré de vues reproduisant l'Aumance. Ce qui habi-
tuellement reste un imprimé sans intérêt ni valeur, devient, par la
grâce de la lillérature et de l'art, un livret charmant non moins
qu'instruclif.
ProcÈs-VERBAUX 261
— Reçu, avec dédicace autographe de la main de l'auteur, une
étude intitulée: Bayard, lieulenant-général à Grenoble, œuvre de
M. Jacques Cuevauer, président de l'Académie Delphinale.
— Du mème: le discours qu’il a prononcé à Clermont, à la
séance solennelle tenue, le 9 juillet 1923, par l'Académie de Clermont,
à l'occasion du 3° centenaire de Pascal. :
— M. Le Présibexr remercie les “énéreux donateurs. Îl ajoute :
« Je ne peux inc défendre d'engager tous les amis du beau langage
français, à lire les deux opuscules de M. Chevalier. Le discours sur
Pascal ne nous intéresse pas au point de vue bourbonnais ; mais le
travail sur Bayard signale deux faits : la venue de Bayard à Moulins
pour ariner le fils ainé du Connétable, et la formation en Bourbon-
nais de bandes de soudards que Bayard dut repousser devant Gre-
noble {1525). |
— Îlest procédé au dépouillement de la correspondance :
Lettre de M. Robert Dexaxr, remerciant de son admission.
— Circulaire du Ministère. de l'Instruction publique, annonçant
que le 58° congrès des Sociétés savantes de Paris et des départe-
ments, s'ouvrira à la Sorbonne, le mardi 14 avril 1925. Le texte en
a été publié in-extenso dans le dernier Bulletin.
— Extrait des comples rendus des séances de l’Académie des
Sciences, contenant le détail des opérations entreprises à Solutré.
M. le Président a bien voulu nous en faire un résumé.
— Circulaire de l'Association régionale pour le développement
des Recherches de paléontologie humaine et de préhistoire, accom-
pagnée d'ur bulletin. Le secrétariat de cette association se trouve à
la Faculté des Sciences de Lyon.
— Bulletin-programme de l'exposition artistique bourbonnaise,
projetée pour mars 1925.
— Bulletin de souscription à l'Histoire de Limoges, par Paul
DucocrTiEcx.
— Bulletin de souscription au Dictionnaire historique et géogra-
phique de la Haute-Vienne, par Lecren.
—- Revue des Aulographes. Librairie Charavay. |
— Circulaire annonçant la publication d'une brochure intitulée :
Histoire de N'eury et de ses gentilhommières, et Neuvy pendant la
grande guerre. L'auteur est M. CuarDEviLe, officier d'Académie,
262 * SoctÉTÉ D'EMULATION DU BOoURBONNAIS
chevalier du Mérite agricole, ancien instituteur à Neuvy. En vente
à la libraine du Progrès.
— Sont signalés les articles suivants parus dans diverses Revues :
— Société des Antiquaires de France, 5 décembre 1923. Dans un
article à propos des cloches de la cathédrale de Bethléem, M. Enlart
signale la similitude de l'inscription avec celle de Vaumas {xm' siècle).
La légende Vox Domini, abrégée en raison de la petitesse de la
cloche, est plus complète à Vaumas : Vox Domini vocor.
— Société des Antiquaires de France, 7 mars 1923. — M. A. Rhein
étudie les origines du sciapode. Le sciapode. un des êtres légendaires
dont l'art du moyen âge reproduisit la figure, désigne un homme
muni d'une jambe unique terminée par un énorme pied, dont il se
sert comme d'un abri contre les rayons du soleil. Il figure au portail
central de Sens, à Anzy-le-Duc, etc. Il est présent, mais avec une
pose un peu différente, sur la célèbre colonne de Souvigny, debout
sur sa jambe : il mériterait mieux, en dépit de l'inscription qui
l'accompagne, le nom de monocole ou unipède, qui lui fut parfois
aussi donné. (Achille Azcrer : L'Ancien Bourbonnais, atlas, p. 40.)
Il semble que ce qui a donné naissance à cette légende, ce serait
l'existence de certaines peuplades nègres du Soudan qui se tiennent
immobiles sur un pied pendant des heures, comme les échassiers.
— Académie des Inscriplions et Belles-Lettres. Séance du 28 mars
1924. — M. Paul Durrieu lit une communication sur la descen-
dance de Philippe de Macédoine en France. Le roi de France
Henri I‘ épousa Anue de Russie, petite-fille d'Anne de Constanti-
nople (1051). Celle-ci descendait directement de Basile l*, le Macé-
donien (867), qui prétendait avoir pour ancêtre Philippe de Macé-
doine, père d'Alexandre-le-Grand. Le premier né d'Henri Ie° fut
appelé Philippe, en raison de ce prétendu lignage, et l'introduction
de ce prénom inusité dans la Jignée des rois de France n'a pas
d'autre cause.
Néris. — Bronzes gallo-romains ; Bacchus el panthère el enfant ven-
dangeur. — À la séance du 14 mars 1924 de l'Académie des Ins-
criptions et Belles-Lettres, M. Adrien Blanchet a présenté deux sta-
tuetles en bronze trouvées à Néris. L'un de ces bronzes est un groupe
qui représente Bacchus jeune, assis sur une panthère. L'autre paraît
être un enfant vendangeur, coiffé de la corbeille à raisins. Il porte
au poignet gauche un petit panier ou coffret, où sont probablement
PRocÈs-VERBAUX 263
ses outils. Remarquables à divers titres, ajoute M. Blanchet, l’un
parce qu'il est un groupe et par conséquent assez rare, l'autre à
cause des détails typiques, ces deux petits monuments sont certai-
nement l'œuvre des bronziers de la Gaule : ils n'ont pas été importés
de Rome ou d'Orient. — (Comptes rendus des séances de l'Acadé-
mie des Inscriptions et Belles-Lettres. année 1924. Bulletin de mars-
avril-mai, page 39.)
— M. le chanoine CLémexr fait circuler deux photographies prises
par notre confrère M. l'abbé Marcel Muller, à Souvigny. Elles repré-
sentent saint Paul et saint Simon. Ces statuettes en pierre, du
xv° siècle, décorent les contreforts de l'armoire aux reliques de la
célébre église. |
Puis il nous parle d'une excursion faite dans les premiers jours
de septembre, à l'ancien monastère de Bussière-les-Nonains, dont
les bâtiments existants sont à cheval sur les paroisses de Saint-Vitte:
(Cher) et de Saint-Désiré (Allier). C'est de cette maison de Bernar-
dines que sont venues, au xvu* siècle, à Montluçon, les religieuses
qui enseignèrent les jeunes filles de la bourgeoisie et dont la maison,
prise par la Révolution, servit à abriter le collège municipal au cours
du x1x° siècle, collège qui fut remplacé par le lycée actuel. Le mo-
nastère de Bussière a complètement disparu, mais le logis moderne
des maitres, autrefois l'hôtellerie, conserve de précieux souvenirs de
l'ancien établissement : un portrait d'abbesse, son précieux livre
d'heures, etc. Dans l'angle nord-ouest du jardin, une tour avait été
aménagée au xv° siècle en chapelle pour le service de l'abbesse. Elle
renferme des richesses archéologiques : statue du xv° siècle, en pierre,
de Notre-Dame de Bussière ; tableau du xvi* siècle, sur bois, en
trois panneaux. dont celui du centre représente la Vierge Imma-
culée entourée des emblèmes mystiques, et les panneaux extérieurs,
les donateurs et leurs armoiries ; enfin de multiples statuettes en
pierre et en bois du xvi° siècle, des tableaux de piété, et un vitrail
composé de huit médaillons retraçant la vie de la Vierge, les patrons
du couvent ou des abbesses, enchässés dans une mosaïque en verre
du xvine siècle. La porte d'entrée de cet oratoire précieux est en bois
sculpté, dont le panneau supérieur représente l'Annonciation et les
armes mutilées d'une abbesse du xvr° siècle.
Enfin, questionné par M. le Président sur un projet d'excursion
de la Société pour l’année prochaine, M. le chanoine Clément répond
264 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BoURBONNAIS
que tout dépend de la solution qu'il prie la Société de bien vouloir
donner à la question suivante : le moment semble venu pour la
Société d'adopter un des principes qui doivent servir à régler Île
choix de ces excursions annuelles. | |
Il ya, en effet. deux manières d'envisager le plan qui doit présider
à l’organisation de ces déplacements à travers le département :
Ou bien, pour donner satisfaction à plus de nos membres, et
rompre la monotonic des visites dans la même région, on peut aller
tantôt dans le nord. tantôt dans le midi, ou à l’ouest ou à l’est du
département, visiter les monuments et les curiosités du pays. et c'est
ce qui a élé pratiqué jusqu ici au cours de ces vingt-deux excursions ;
Ou bien, on peut explorer à fond une région convenue, en reve-
uant plusieurs années consécutives dans la même direction pour
voir les régions voisines et ainsi permettre d'étudier mieux et plus
systématiquement le pays. C'est ce que demandait notre confrère
M. Tiersonnier, l'an dernier, estimant que cette seconde méthode
aurait l'avantage de faire connaitre plus parfaitement notre pays, en
évilant des redites historiques ou généalogiques dans les comptes
rendus.
M. le chanoine Clément, — déclarant qu'il n'avait point sur ces ques-
tions de préférence absolue, qu'il n'avait été conduit jusqu'ici dans
le choix des excursions qu'il préparait que par le désir 1° de mettre
plus de variétés dans nos excursions ; 2° de donner salisfaction à plus
de nos membres dispersés dans divers cantons du département ;
3° de voir de préférence les régions qu'il estimait les plus intéres-
santes, tant au point de vue des monuments que des sites ; 4° enfin,
dans un but de propagande, de faire connaitre l'existence et l'activité
de notre Compagnie, — demande à la Société de se prononcer sur la
question méthode qui se pose aujourd'hui. Suivant la solution qui
sera acceptée par la Société, 1l proposera pour l'an prochain, soit une
excursion dans la direction du Veurdre, au nord du département,
soit une excursion du côté de Montmarault, au sud du département,
pour compléter la visite faite l’an dernier dans la région de Belle-
naves, Charroux, Chantelle.
M. Trnsoxvien fait observer qu'il serait peut-être bon que la
question füt posée à tous les membres par voie de referendum.
M. le chanoine Clément accepte très volontiers cette proposition
et price M. le Président de vouloir bien poser la question à la séance
PRocÈs-VERBAUX 265
statutaire prochaine, qui résoudra par elle-même Ja question ou
_ décidera d'en demander la solution à tous les membres par la voie du
Bulletin.
— M. Pavaizzox donne des détails sur les projets de la Société des
autocars, qui organiserait des promenades automobiles dont Moulins
serait le point central.
— M. le lieutenant-colonel ne Sair-Hizzier continue la lecture
de son travail sur les voies romaines. L'assistance suit les différents
tracés, à l’aide de nombreuses cartes mises à sa disposition.
— M. l'abbé Duuoxr veut bien nous donner quelques détails sur
une étude qu'il a entreprise sur les origines dù prieuré de Souvigny,
lié à la fondation de l'abbaye de Cluny.
— M. Augustin Benvaro présente à l'assistance des photographies
de miniatures provenant des Chroniques de Froissard, qui ont figuré
à l'exposition coloniale de Marseille. Elles ont pour sujet l'expédi-
tion du duc Louis IT à Mehedia {Tunisie). Cette action militaire peut
être considérée comme la dernière des croisades ou la première des
expéditions coloniales.
M. Bernard a obtenu une photographie, fort belle, d'une petite statue
de Louis IT, qui décorait la sainte chapelle de Bourbon et qui fait
aujourd'hui partie d'une collection privée, à Paris. Le Musée de
Moulins en possède un moulage. i
— M®* Moxceau fait observer que les mesures de gardiennage
envisagées pour permettre de voirla Bible de Souvigny, n'ont qu'en
partie élé réalisées. | |
— M.le Présinexr donne lecture d'un résumé des ouvrages de
M. l'abbé Dumont. (Voir aux Bibliographies.)
— M. le PrésiDeNr communique les notes suivantes :
« M. MoxTaGxe a retrouvé les deux menhirs signalés à Estiva-
reilles, par M. Brugière de la Motte (Bulletin de la Société. année
1899, page 161). Îl en donne les dimensions : hauteur au-dessus
du sol. 1°,g0 et 1",40 ; circonférence à 1 mètre du sol : 2",5o et
1",79. Il en a fixé les emplacements. M. Montagne a retrouvé un troi-
sième menhir à Givarlais, qui a 2",05 de haut et 2",60 de circonfé-
rence. [l'indique sa position géographique et il envoie des photo-
graphies des trois menhirs.
« [l communique ensuite les résultats de ses premières observa-
266 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BOURBONNAIS
tions sur les Pierres Jaumâtres, dont il envoie aussi des photogra-
phics. Il a fait ses observations en compagnie de M. Zéèle. M. Morin,
professeur de géologie. quittant Montluçon, n'a pu l'accompagner.
« Au point de vue de leur aspect extérieur, il serait porté à admettre
que leur fornie arrondic, polie, dépourvue d'angles et marques
d'érosions larges et lisses, pourrait être l'action des flots d'une mer
peu profonde à l'époque tertiaire ou secondaire. Les érosions se sont
produites surtout de l'ouest à l'est.
« Quant au champ de pierres de Toulx, il ne serait pas éloigné de
le rattacher à un phénomène glaciaire.
« En ce qui concerne les cuvettes et les bassins, il n’y voit aucun
caractère celtique et encore moins druidique. [Il admet que les Celtes
ou les peuples innommés qui les ont précédés, aient pu les utiliser
comme monuments religieux. Ge seraient alors les hauts-lieux dont
parle la Bible et qu'on retrouve depuis l'Inde jusqu'en nos
pays. Il signale des vues de bassins et de cupules absolument pa-
reilles À celles des Pierres Jaumâtres, vues reproduites dans un
ouvrage intitulé : Canaan, d'après l'exploration récente par le père
Huaces Vixcexr (Lecoffre, 1909). Tous ces bassins sont considérés
comme intentionnels et ayant une signification religieuse ;1l n'y a
aucune raison pour qu'aux Jaumâtres, il en soit autrement. Les sur-
faces. et seulement Îles surfaces supérieures des Jaumâtres, sont
creusées de “es cavités rondes, régulières, profondes. quelquefois
avec des angles rentrants. M. Montagne dit qu'il serait curieux d'en-
tendre expliquer comment la nature a pu les produire. La désagré-
gation par la pluie ou les eaux courantes, qui donne les marmites de
géants (thèse de M. Morin), n'aboutit pas à ces formes. »
— M. l'instituteur de Beaulon a bien voulu nous adresser plusieurs
objets de l'époque préhistorique trouvés à Beaulon, à la station du
bourg. Un coup de poing et plusieurs haches coinposent ce lot, dont
la fabrication indique la période néolithique. |
— M°° Moxceau signale que M. Vouilloux, le zélé gardien de
notre Musée, a trouvé et fait acheter une jardinière en faïence de
Moulins (15750). Le décor chinois de cet objet est identique à celui
du plat qui faisait déjà l'admiration des visiteurs.
— M. le Présinexr donne lecture d'un article qui a paru dans le
Courrier de l'Allier, du jeudi 25 septembre 1924, et qui est relatif
à Banville :
ProcÈs-VERBAUX | 267
« Pour les Banvillistes. — Dimanche prochain, une cérémonie tout à fait jolie
aura lieu dans la petite ville de la Turbie, en souvenir de Théodore de Banville.
Quand le poète des Cariatides vint à la Turbie, au coursde l'hiver 1859-1860,
il y adinira fort le monument romain connu sous le nom de Trophée d'Au-
guste, et plus encore un laurier géant dont il écrivit avecenthousiasme dans
la Mer de Nice :
C’est la plus belle parure de la Turbie ! Ce laurier giganstesque, né cent ans
avant Molière, haut comme un chénc de Sully, est capable d’abriler sous ‘ses ra-
meaux énormes tous les immortels de l'Académie française. Oh ‘ que de rameaux
à détacher de ce front inouiïi, et qu'il me rassure pour les poètes !…
Banville fit plus encore que de noter ce vert laurier dans ses lettres de
Nice ; il lui consacra un poème de vers, intitulé Le Laurier de la Turbie :
Toi qui jusques au ciel montes, colosse droit,
Et qui poses tes pieds dans le roc dur et froid,
O symbole ! géant, bel arbre aux feuilles lisses !
Laurier, ma lâche envic et mes saintes délices !
Le laurier de la Turbie fut longtemps l'objet de la curiosité des touristes et
de la sympathie vénératrice des poètes. Mais un jour, intoxiqué par les déchets
de la fabrication d'un moulin à huile, le bel arbre mourut. Il fallut l'abattre,
Or voici que le maire de la Turbie, M. Philippe Casimir, auquel on doit le
dégagement du trophée des décombres où il s'enlisait, a eu l'idée charmante
de replanter, à la place exacte où Banville l'admira, le laurier de la Turbie.
Il a retrouvé, dans le jardin d'un propriétaire du village, des rejetons de
l'arbre fameux dont on avait pris jadis des boutures. De sorte que le poème
de Banville retrouvera son objet dans ce laurier reverdi.
Dimanche done, à l'occasion de la fête patronale du village, on procédera
à la mise en place de l'arbre votif. M** Séverin-Mars et M. Henri Sellier, du
Théâtre Sarah-Bernhardt, diront le poème de Banville et les stances écrites
par Catulle Mendès au lendemain de la mort du poète. »
— Sont présentés à l'admission :
M. Rocaro (Louis-Charles), photographe, place de la République,
Moulins, par MM. le chanoine Clément, D' Monceau, (Génermont.
M. l'abbé Royer (Louis), curé de Saint-Ebtenne-de-Vicq, par
MM. le D° de Brinon, l'abbé Muller, le chanoine Clément.
M. l'abbé Lanroque (Françoisi, étudiant en thtologie, rue des
Potiers, 20, Moulins, par MM. le D° de Brinon, Génermont, le ch1-
noine Clément.
M. Dervas (Jules), secrétaire de la Mairie, par MM. Génermont,
Chambron, D' de Brinon.
M. Pierre Gosriaun, licencié en droit, croix de guerre, cours
d'Angleterre, 12, par MM. le chanoine Clément, Queyÿroi, André Roy.
— L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 22 h. 1/2
E. Care.
CE SE NES
MONTLUCON
ET SES RICHESSES D'ART
(Suite) (1)
B. — HISTOIRE
CHariTre II. — LA VILLE FÉODALE
e.) — Héraldique et numismatique.
1. — Les armoiries.
Sans connaître à quelle date précise la ville de Montluçon eut des
armoiries, il est rationnel d’en faire re-
monter l'origine à la charte d'affranchis-
sement qu'Archambaud VIII lui délivra
en 1242, — sans doute à la prière de sa
mère, Béatrix de Montluçon, — et qui fut
confirmée cn 1268 par la duchesse de
Bourbon, Agnès de Bourgogne.
Leur forme exacte nous est connue par
divers documents, comme la pierre sculp-
2
C]
|
| «!
|
12
À
tée qui ornait la porte d'entrée de l'an-
cicn collège, en 1588, et par le motif qui
décore la grosse cloche de Notre-Dame Fe — Amoiaide
de Montluçon, datée de 1722. de Montluçon.
On peut « lire » ces armoiries : d'azur,
au châleau d'argent, posé sur une montagne d'or, le tout surmonté
d'un soleil de même (2) (fig. 10).
Ja ville
(1) Voir Bulletin, pages 38, 81, 138, 210.
(2) Cf. 85, 1,58, et planche IV : — l'Armorial manuscrit des villes de
France; — et l’'Armorial général de France, recueil officiel dressé en vertu
de l'édit de 169%, généralité de Moulins, élection de Montluçon; renfermant
« l'état des armoiries des personnes et communautés dénommées ci-après
envoyées aux bureaux établis par M° Adrien Vanier, chargé de l'exécution
MonTLucon ET sEs RicHEssEs D'ART 269
Comme la ville, les corps d'officiers des diverses administrations,
ducales ou municipales de Montluçon possédaient des armoiries que
nous fait connaître l’'Armorial manuscrit de la généralité de Moulins :
1;. LE CORPS DES OFFICIERS DE L'ÉLECTION DE MONTLUCON :
D'azyr à l'œil d'or. — (Fig. 11) (1). — (L'arrêt de l'enregistre-
ment est du 25 novembre 1701. Signé : Sandras.)
2). LE CORPS DES OFFICIERS DE LA CHATELLENIE DE MONTLUCON :
Parti d'or et de gueules, à la fasce d'argent brochant sur le tout. —
Fig. (12) (2). — (Arrêt du 9 décembre 1701.)
3)- LE coRPs DES OFFICIERS DE LA VILLE :
De sable, à la montagne d'argent, et au chef cousu de gueules. —
(Fig. 13) (3). — (Arrêt du 2 novembre 1701.) .
4). LE coRPS DES OFFICIFRS DU GRENIER À SEL DE MoNTLUGON :
Tranché d'azur et d'argent, à l'arbre arraché de sinople brochant
sur le tout. — (Fig. 14) 4). — [Arrêt du 9 décembre 1701.)
5). LE cérPs DES OFFICIERS DES TRAITES FORAINES DE MONTLUÇON :
Coupé d'argent et d'azur, à l'aigle de sable brochant sur le tout. —
(Fig. 15) 151. — (Arrêt du 9 décembre 1701.)
de l'édit du mois de novembre 169%, pour estre présentées à NN. SS. les com-
missaires généraux du conseil, députés par sa Majesté, par arrets des 4 dé-
cembre 1696 et 23 janvier 1697 ».
A ja fin de ces enregistrements, — qui semblent se rapporter à des armes
imposées d'office, comme le remarque M. des Gozis dans sa copie manus-
crite del Armorial général de France (A P,5\, — on lit: 12), LA ViLLe DR MoNT-
LUÇON : de gueules à une montagne d'or, et à un chef cousu de sable chargé
d'une lanterne d'argent |!}. Ces armoiries fantaisistes qu'aucun document
montluçonnais ne reproduit, ont été cependant signalées ‘omme celles de
la ville dans plusieurs ouvrages. par exemple dans l'Armorial national de
France, de H. TRAVERSIER, 1843, Challamel, éd., 4, rue de l'Abbaye, Faub.
Saint-Germain à Paris, avec en sous titre: « recueil complet (?!) des armes
des villes et provinces du territoire français » ! — Mème sans la « lanterne
d'argent», le Dictionnaire Larousse illustré (t. VI, p.198) représente les
armes de Montluçon d'une façon tout à fait capricieuse sans se servir de la
forme traditionnelle sous laquelle elles ont été adoptées à Montluçon depuis
des siècles... — Voir dans la troisième partie : Notre-Dame, cloche de 1722,
et ADA, C, 30.
(4) Cf. 85, I, 58. — La couleur de l'émail de la figure 11 est inexacte en ce
qui regarde « l'œil » qui doit ètre représenté d'or.
(2) Zd., p. 59.
(3) 1d.
(4, 5) Zd., p. 60.
270 SocIÉTÉ D'EMULATION DU BouRBONNAIS
7
Fig. 11. — Officiers Fig. 12. — Officiers de Fig. 13. — Officiers
de l'élection. la châtellenie. de Ja ville.
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Fig. 14. — Officiers Fig. 15. — Officiers Fig. 16. — Bouchers
du grenier à sel. des traites foraines. de Montluçon.
ARMOIRIES
des officiers de l'administration montluçonnaise
et de la corporation des bouchers.
MoxTLucon ET sEs RICHESSES D'ART 271
6). LA CORPORATION DES BOUCHERS DE SONTEUSON
que l'Armorial Bourbon-
nais (85, I, 60) blasonne :
De gueules, à deux couperets
d'argent en pal, l'un droit, l'au-
tre renversé. — (Fig. 16; \1).
Quant aux armoiries des
établissements ecclésiastiques
et des couvents,onen trouvera
la description particulière et
les datcs d'enregistrement au
$ IT, consacré à Montluçon
« religieux ».
Fig. 17. — Armoiries de la corporation des
bouchers, 5502 (rue du Chevau-Fug).
11. — Lee monnaies.
Nous ne connaissons aucune monnaie frappée par les seigneurs
particuliers de Montluçon, tandis qu’on en possède qui furent émises
par leurs plus modestes voisins et leurs contemporains, les Hum-
baud, barons d'Huriel, qui s'étaient attribué ce droit souverain, à
l'instar de tant d’autres petits seigneurs. °
C'est seulement après la réunion de la baronnie de Montluçon à
la sirerie de Bourbon, en 1202, que nous vovons un atelier monétaire
fonctionner dans notre ville, frappant des monnaies à l’efligie de
son nouveau maître, Guy de Dampierre (1196-1216), second époux
de Mathilde, dame de Bourbon (2).
(1) 85, L, 60, d'après l'Ancien Bourbonnais. Notre figure reproduit ici les
armoiries telles que M. de Soultrait les a dessinées dans son volume. Mais le
dessin de l'Ancien Bourbonnais est fautif, comme le prouvent les armes sculp-
tées sur une pierre posée à l'angle de la propriété des Cordeliers, dans la
rue actuelle du Chevau-Fug, et que l’on voyait encore en bon état en 1879
lorsque nous avons pu la dessiner sur place. Nous les donnons ci-contre
(fig. 17). Aujourd'hui la pierre, très effritée, ne laisse plus deviner que les
contours de l'écu. — Il conviendrait donc d'attribuer à la célèbre corpora-
tion des bouchers montluçonnais, comme armoiries : de gueules, à un cou-
teau, un couperet et un fusil à aiguiser d'argent, posés en pal.
(2) Pour le monnayage de Montluçon, Cf. (5, VI, pp. 237 à 241, et pl. LI,
n° 3, 4,5), l'article consacré par M. de Soultrait à la numismatique bour-
272 . SoctéÉTÉ D'EmuLaTion pu BouRBONNAIS
—— —_—_—_—_——pê à
Guy DE DAMPIERRE se hâta, sans droit régulier d’ailleurs. de
frapper monnaie, et c'est à cette fabrication qu'on doit des deniers
de trois types connus.
1) + GVIDONIS centre grènetis,
croix à branches égales, légèrement
pattée, cantonnée au 2 d’un alpha et
au 3 d’un oméga (1).
& + MONLVCON entre grènelis.
Monogramme angevin renversé et
dégénéré.
Billon (2), diam. : 0,019 ; poids : 0,9 gr. (Fig. 18) A. (3).
Fig. 18. — Monnaie
de Guy de Dampierre (1202-1213).
2) Mèmes légendes et même type, sauf que l’oméga est au pre-
mier canton de la croix, et l’alpha au quatrième.
Mèmes matière, diam. et poids (4).
3) Mêmes légendes et même type que les précédents, sauf que l’al-
pha est au premier canton et l'oméga au quatrième, et que le mono-
gramme est légèrement modifié.
Mèmes matière et diamètre ; poids : 0,85 gr. (5).
bonnaise. — Manuels Roret : nouveau manuel complet de numismatique du
moyen-äge.…., par J.-B.-A. BARTHÉLEMY, p. 159. — Saint Louis, par H. WaL-
LON, Tours, A. Mame, 1878. Eclaircissement 11, p.515, article de M. Anatole
de Barthélemy, sur les monnaies de France sous saint Louis. — Revue numis-
matique, 1834, pl. 11, n° 9; 1838, pl. 110; 1858, l'excellent article de M. Cartier,
p. 115. — Le Catalogue du musée de Moulins (26.137) mentionne 39 pièces
de monnaie qui ont été trouvées entre les pierres du pont de Montluçon ;
p. 138, monnaies de Guy de Dampierre.
(1) M. de Soultrait fait remarquer que ces deux signes sont tout à fait
dégénérés et identiques à ceux que l'on voit sur les monnaies de Gien:
l'alpha ressemble à un coin et l'oméga à un clou à tête ronde. Cf. p. 237, et
p. 238 pour les discussions de l'origine de ce type. Guy de Dampierre l'aurait
choisi à cause de la faveur dont jouissait alors la monnaie de Gien dansle
commerce.
(2) À cette époque monnaie de cuivre alliée d'un peu d'argent.
(3) Cf. M. de Soultrait, planche II, n° 3, d'après l'exemplaire du cabinet
des médailles. — 217, couverture et titre, p. 150.
(4) Cf. M. de Soultrait ; d'après l'exemplaire du cabinet de M. Bouillet,
Revue num., 1838. p. 113, avec vignette.
(5) Cf. /d., d'après le cabinet de M. Poey d'Avant, pl. IX, n° 10, et Rev.
num., 1838, p. 113, avec vignette.
MonTLuconN ET SES RICHESSES D'AnrT 273
Mais en 1213, un acte du 28 décembre (1) nous apprend que Guy
de Dampierre fut associé par Hugues, prieur de Souvigny, —
‘ pour sa vie durant, — à la dépense et au profit du monnayage de Sou-
vigny (2). En échange, le sire de Bourbon s'engagea, « tant qu'iltien-
drait Montluçon en sa possession », à n’y plus frapper de monnaies.
Cet atelier resta en effet fermé jusqu’à l’avènement D'EUDES DE
BourGoGxE, comte de Nevers, époux de Mathilde ou Mahaut II,
qui était devenu sire de Bourbon à la mort de son beau-frère,
Archambaud VIIT, survenue à Nicosie, le 15 janvier 1249.
Le nouveau sire refusa de continuer l'association monétaire avec les
prieurs de Souvigny, et recommença le monnayage de Montluçon.
Les monnaies émises pendant le règne d’Eudes de Bourgogne,
c'est-à-dire de 1249 à 1262 (3), sont rares (4) et se réduisent à quatre
types particuliers, inspirés tous des espèces nivernaises :
Fig. 19. — Monnaie Fig. 20. — Monnaie
d'Eudes de Bourgogne, sire de Bourbon. d'Eudes de Bourgogne, sire de Bourbon.
1) + HODO DOMINVS entre grènetis, croix à branches égales
légèrement pattées. |
& + NVMTELVCIO (5) entre grènetis. Fasce, accompagnée de
trois coquilles, celle de la pointe renversée.
(1) 46, cat., 396-7, no 517. Voir, p. 397, les références de cet acte important.
(2) Le prieuré de Souvigny frappa longtemps monnaie, d'abord seul, à
‘l'exemple sans doute de son chef d'ordre, Cluny ; plus tard, en association
avec les sires de Bourbon, en 1242, 1263 et 1271 |v.st.]. Cf. DE BARTHÉLEMY,
Saint Louis, ouv. cité, p. 515.
(3) M. DE SouLTRAIT écrit : 1269, mais on sait que Msahaut mourut en
1262 et que la sirie de Bourbon passa alors à sa sœur Agnès, dame de Bour-
bon (1262-1287), épouse en premières noces de Jean de Bourgogne, frère
d'Eudes, et en secondes noces (1277), de Robert d'Artois.
(4) « Ce qui prouve, dit M. de Soultrait (ouv. cit., p. 239), le peu de faveur
dont elles jouissaient dans le commerce. »
(5) Pour MVNTELVCIO ; ces erreurs ou distractions des graveurs ne sont
pas rares à cette époque, — les coquilles qui figurent ici dans le champ
18
274 SociÉTÉ D'EmMuLaTiIonN pu BouRBoNNaAIs
Billon, diam., 0",018 ; poids : 0,9 gr. (fig. 19) (1), du cabinet de
M. Brugière de la Motte.
2) + ODO DOMINVS entre grènetis, Fasce accompagnée de
trois coquilles.
. + MONLVCONIS entre grènetis. Croix à branches égales.
Billon, diam., 0,019 ; poids : 0.9 gr. (/ig. 20) B. (2), du cabinet
de M. Brugière de la Motte.
3) + ODO DOMINVS entre grènetis. Dans le champ, une fasce
accompagnée en chef de deux coquilles de forme très dégénérée, et
en pointe d'un M (3).
F + MONLVCONIS entre grènetis, croix à branches égales et
légèrement pattée.
Billon, diam., 0",019 ; poids : 0,9 gr., du cabinet de M. Brugière
de la Motte (4).
4) — ODO DOMINVS entre grè-
nelis. Fasce accompagnée en chef
d'une coquille dégénérée, semblable
à celle du dessin précédent, et en
pointe d'un M. :
d'Eudes RE Bourbon. D He PRÉcÉCEnL
Billon, diam., 0",0185 ; poids :
0,9 gr. (fig. 21) C. (5), du cabinet de M. Brugière de la Motte.
rappellent peut-être celles qu’on remarque à l'orle du blason des sires de
Bourbon. Il parait fort naturel à M. de Soulitrait que Eudes, « qui plaçait
son blason sur les monnaies de Nevers, ait voulu rappeler celui de sa femme
sur les pièces émises dans le pays de cette princesse n.(/d.)
(1) Cf. Rev. num., 1838, pl. 116, avec vignette. Nous la reproduisons d'après
l'Hist. de saint Louis, ouv. cit., p. 515. fig. 180. Ce denier semble bien le
plus ancien du monnayage d'Eudes. Il est très inférieur aux monnaies sui-
vantes pour la correction des légendes. M. de Soultrait partage l'opinion de
M. Cartier (Rev. num., 1838, p. 116, note), qui voit dans ce produit un s« essais
monétaire bientôt corrigé.
(2) M. DE SOULTRAIT, ouv. cité, p. 239, pl. II. n° 4. — Revue num., 1848,
p. 117, avec vignette.
(3) Il faut voir dans cette M capitale gothique l'initiale de « Montiuçons
pour indiquer, sans doute, l'atelier monétaire où le denier était frappé.
(4) Cf. Revue num., 1838, p. 117, avec vignette.
(5) DE SOULTRAIT (ouv. cité), pl. II, n°5. — Rev. num., 183, p. 117, avec
vignette.
MonrLucon ET SES RICHBSSES D'ART 275
Agnès de Bourbon, qui succéda à sa sœur Mabhaut (1262), épouse
de Jean de Bourgogne, frère d’Eudes, s'étant associée de nouveau
avec les prieurs de Souvigny, en 1272 (n. s.) (1), l'atelier monétaire
de Montluçon fut fermé pour toujours.
f). — A. La ville fortifiée.
A la fin du xv‘ siècle, peu de cités françaises offraient, autant que
notre cité féodale, l'aspect d’une ville aussi fortifiée et imprenable
avant le complet développement de l'artillerie.
Au centre, dominant tout de sa haute taille, surgissait son châ-
teau, logis et donjon crénelé, lourd et massif, comme la personnifi-
cation de la force, solidement campé sur un roc altier qui portait
aussi l’esplanade défendue par les dix hautes tours de sa robuste
enceinte (2). A leurs pieds se dressaient les maisons gothiques aux
hauts pignons cloisonnés, aux charpentes apparentes délicatement
sculptées, aux étages surplombants, coiffés de toits aigus ; vieilles
demeures pressées confusément les unes contre les autres, escala-
dant le lacis des rues étroites et tournantes, pour échapper aux feux |
du soleil de la canicule d’été comme aux morsures de l’âpre bise des
hivers. C'étaient les logis des clercs et des communautés, des nobles,
des bourgeois et des artisans, qu'une épaisse et majestueuse mu-
raille entourait d’une solide ceinture de granit, interrompue seule-
ment par ses quatre portes fortifiées, et que flanquaient trente-trois
tours dont les bases en glacis baignaient dans de larges et profonds
fossés.
I. — Le château et son enceinte.
La seule mention, à Montluçon, d’un oppidum, « in quodam oppido »,
qui figure dans la vie de saint Ménelée, mort le 12 juillet, vers 720,
et dont nous avons déjà parlé (p. 150) (3), ne suffit pas pour nous
(1) CF. 67, n° 531, 16 janvier 1272 (n. st.): «a .… Obligamus etiam nos dicta
Agnes, et promittimus quod dictam monetam recipiemus.. et recipi fasciemus
per totam baroniam nostram de Montelucio quamdiu vitam duxerimus in
humanis... »
(2) Les murs mesuraient en moyenne de 9 à 10 mètres de hauteur, 0=,80
d'épaisseur au sommet, et 2 mètres à la base. .
(3) D'après 46, 575-576 (regestre n° 11 et thèse, XXII). Aux références que
nous avons données, d'après M. Fazy (Molinier, I, n° 593, p. 163), nous
croyons devoir ajouter les suivantes qui les complètent et qui pourront
être utilement consultées pour l'histoire définitive du château de Montlu-
276 SociÉTÉ D'EMULATION pu BouRBoNNAIS
indiquer en quoi consislaient les moyens de défense dont dispo-
sait notre vieille cité, ni à quelle époque précise on peut les faire
remonter.
Nous savons d’autre part, très positivement, d’après les actes
émanant du moine de Souvigny Jotzald (1), qu'un château existait
à Montluçon au xi° siècle « montis Lucit castrum », puisqu'il est cité
le 1°" janvier 1049 et vers 1053 (2).
Au xu° siècle il est fait encore allusion au castrum de Montluçon,
dans un acte du 11 février 1188, daté de Pérouse, par lequel le pape
Clément [IT charge Nicolas de L’Abbaye, chanoine de Saint-Martin
de Tours, d'instruire un différend survenu entre l'archevêque de
Bourges et différents personnages, entre autres le châtelain de
Murat, Raiïimond, prévost de Montluçon, prepositus de Montelucio,
qui entravaient la juridiction de l'archevêque, mais, par contre,
l'oblige à ne prononcer la peine d'excommunication et à ne jeter
l'interdit sur la terre du sire de Bourbon, et in universilalem castri
de Murato et de Montelucio, que sur son ordre (3).
Ce castrum, ruiné au cours des luttes du roi de France et des sires
de Bourbon contre les Anglais, par l'occupation de ces derniers, fut
remplacé, à la fin du xiv° siècle, par le château actuel. En effet. le
biographe du bon duc Louis IT déclare formellement qu'à son retour
de captivité, ce prince donna l'ordre à messire Pierre de Norris,
gentilhomme Nivernais, lieutenant général du duc en Bourbonnais
et en Forez. qui avait « prinst le gouvernement en sa main comme le
duc le lui avoit enchargié », d'en commencer la construction (4).
L'édifice devait être terminé en 1410, car il n’en subsiste rien
qui soit postérieur à la mort de Louis II.
Le célèbre géographe de Charles IX, Nicolas de Nicolay, qui nous
a laissé une si intéressante description du Bourbonnais en 1569,
çon: Lane: Nova bibl. mss. (1657) : 11. 591-3: — MaBtuLoN: Acta ss.
ord. S. Benedic. (16372, nt, 1, 404 (2° 384): — PEFRSIGNAN : Vie de saint
Ménelée ; Le Mans, 1877, in-8°, 124 pp. : — PiNius : Comment. prœv. dans
Acta Bolland. (1727) juillet, V, 302 à 308 ; et Bib/. hagiographique. 5919.
(4) Cf. chap. 11,8 1,c. p. 213.
(2) 46, thèse, 180.
(3) 1d., cat., 355, n° 440, d'après A DC, série G, cartulaire de l'archevéché,
p. 264.
(4) Cf. chapitre nt, 8 1, c. p. 226 ; — 29, 163, 319.
MoxTLucon ET SES RICHESSES D'ART 277
Fig. 22. — Plan de la ville de Montluçon, du XV: au XVI111° siecle.
(D'après le relevé de M. Dufour et le cadastre.)
A, château ; a, grand logis; b, galerie ; c, ancienne chapelle ; d, donjon ;
e, tour d'escalier et horloge ; f, services et conciergerie ; g, prison ; À, pressoirs
et granges ; 1, salle Bernard ; 7, promenade publique établie en 1749 ; —
B, église Notre-Dame, avec, à côté, le prieuré et le cimetière ; — C, église
Saint-Pierre, c, prieuré ; — /), Collégiale Saint-Nicolas ; — £, doyenné de
Saint-Nicolas ; — /', chapelle Saint-Louis ; G, couvent des Ursulines ;: —
— H, couvent des Capucins : /, couvent des Bernardines ; — /, ancien
Hôtel-de-Ville ; — À, ancien collège ; — L, maison des Charités ; — M, Four
banal ; — /V, Pont vieux ;: — Ü, cimetière Saint-Pierre ; — /, porte des
Cordeliers ; //, porte des Forges ; //1[, porte de Bretonni ; /V, porte Saint-
Pierre ; V, poterne Fouquet. — 1 à 32, tours de l'enceinte de la ville, dont la
plupart furent démolies au cours des xvne et xvin* siècles ; la 33° tour protégeait .
la poterne Fouquet (F).
2178 SoctÉTÉ v’'EMULATION Du BouRBONNAIS
consacre à notre château quelques lignes d'autant plus précieuses
qu'elles émanent d'un témoin oculaire (1).
« Au lieu plus haut et plus éminent de la ville, sur une motte élevée, entre
le Midi et l'Orient, est assis le chasteau de Montluçon consistant en un beau
corps de logis édifié par le duc Louis sur une grande et lungue place, dans
lequel sont plusieurs sailes, chambres, garde-robes, cabinets et autres mem-
bres et offices commodes et par espécial le grand pavillon qui est le logis du
prince, sur lequel est la tour de l'horloge (2); mais à faute d'entretènement
de couverture, on le laisse tomber en ruine, ce qui est très grand dom-
mage.
« Tout le long dudit chastel, du costé d'Occident, il y a une longue galerie
haute, partie en deux, au milieu de laquelle est la chapelle (3) des ducs de
Bourbon, qui est assez belle. Tout le reste du logis est en caves, celtiers et
greniers qui servent à serrer les blés et les vins qui proviennent de la
recette de la chastellenie : età main sénestre, à l'entrée du chastel, dans une
maison basse. se tiennent les plaids de la justice. Tout le reste du vieil
bastiment est tombé en ruines (4). »
(1) 74, I, 197-8.
(2) Nous parlerons plus spécialement de cette tour, surmontée depuis le
xvi® siècle de l'horloge urbaine, d'abord dans ce paragraphe, et dans la
partie descriptive, à propos du château.
(3) On trouve cette chapelle mentionnée dans une fondation de Charles 1er,
qui, au mois d'août 1454, énumère divers dons faits parles ducs ses prédé-
cesseurs « .… que comme feus de bonne mémoire nos seigneurs prédécesseurs
le duc Pierre et aussi le duc Louis son fils... pour le salut et remède de leur
âme et de leurs parens et secours et clémence de Dieu nostre Benoist
Créateur et de sa Benoiste et glorieuse Mère avait fondé anciennement deux
chapelles ou vicairies dont l’une en l’honneur de monseigneur saint Louis,
confesseur, jadis roi de France, en l'église collégiale de monseigneur Saint-
Nicolas de Montluçon, à la charge de trois messes la semaine en la chapelle
de nostre chastel de Montiuçon » et ajoute : « et le samedy sera ditte et célé-
brée messe et office de Nostre-Dame qui commence SALVE SANCTA PARENS,
en l'église de Nostre-Dame de Montluçon en l'hostel et chapelle de Nostre-
Dame ». (Cf. ADA, fonds de Saint-Nicolas.)
Elle est en outre représentée dans un dessin d'un très grand intérét qui
nous renseigne sur l'état du château tout entier à la fin du xvaiut siècle,et qui
est reproduit dans l'ouvrage publié par Me L. DUcHET (217, 212-213).
(4) Un inventaire des meubles du château, étabh le 7 août 1518, par le
lieutenant de Montluçon, et que nous fait connaitre le précieux vuvrage de
Gilbert Bon-Perrot de Saint-Angel (217, 260, d'après un document des
Arch. Nat. P 1357°, cote 378, et 57, n° 8053), montre combien était encore
somptueux le mobilier qui restait dans la chambre de la duchesse et les
appartements du logis: .… « En la chambre de Madame : 3 lictz garniz de
coecte et cuissin ; 6 piesses de tapisserie de verdure et unq ciel ; 4 piesses
de tapisserie de chardon; cing grand tapys de ouvraige de Turguye:...
3 petits tappis de Turquie ; une couverture de fleur de lictz (sic); un grand
tableau où estl'imaige de Nostre-Dame ; une piesse de tapisserie des Fagon-
teurs (sic); ... au logis hault, 15 lictz garniz de cuissins ; ... 14 couver-
tures blanches que le dit Jacques [Rudrus] dict que ma dicte dame [Anne
MonTLucon er sEs RICHESSES D'ART 279
Deux grosses tours encadraient la porte d'entrée du château et
huit autres flanquaient les angles de la vaste enceinte.
A la fin du xv° siècle et au cours du suivant, pour empêcher la
Fig. 23. — Le château de Montluçon vers 1850 (1).
ruine complète de tous ces bâtiments, quelques réparations furent
entreprises au vieux castel et à quelques tours, ainsi qu'en témoi-
gnent divers mandements des successeurs de Louis IT (2).
de France] les avoit fetez faire en ceste ville en son dernier voyage; deulx
cielz de verdure; 4 piesses de verdure et ungq ciel de verdure ; deux paremens
d'autel en facton (sic) Turquye; ... plus en la chambre de nous lieutenant
dessus dict, 3 vieilles piesses de tapisserie à chardon, Le tout laissé es dic-
tes chambres du dict castel. »
Tout cela n’était pourtant que le reste du mobilier qui n'avait pas été
jugé digne d'être transporté quelques années plus tôt au château de Mou-
ins...
(1) Cf. 179, Néris-les- Baïine, p. 65. Le cliché nous a été aimahlement com-
muniqué par l'éditeur.
(2) Louis Meusnier, « garde de la vaisselle de cuisine », est institué
« controlleur des réparations du château de Montluçon », par acte « signé
au château de Montiuçon, le 21 décembre 1488 ». (Papiers du Fourny, fol. 350
(p. 143), BN, fonds Gaignières : 654; copie ADA, n° 267, p. 131.)
280 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BOURBONKNAIS
Mais déjà ruiné en 1569, il fut, à partir du xvu° siècle, à peu près
abandonné, dévasté pendant la Révolution, transformé en caserne
au siècle dernier et laissé dans le malheureux état où nous le verrons
dans la troisième partie de cette étude (1), avec l’espoir pourtant
d'être sommairement restauré au cours du xx° siècle, pour recevoir
le Musée et, sans doute, la Bibliothèque Municipale.
Il, — Les murailles, les portes
et les tours de la cité.
La ville était protégée contre les attaques extérieures par une
haute muraille (2) de « six pieds », dont la chaîne solide, épaulée par
de nombreuses tours, n’était interrompue que par quatre portes, for-
tifiées chacune de deux grosses tours.
Au Nord-Est, la porte « Marchio » (fig. 22, 1) (3), appelée plus
tard : porte des « Cordeliers », parce qu’elle s’ouvrait sur le chemin
qui conduisait chez ces religieux, permettant aux habitants de
prendre la direction de Moulins à droite, et à gauche celle du
Berry, de Saint-Amand et de Paris.
Au Sud-Est, la porte « des Forges » (/ig. 22, IT et fig. 24 ci-
après) (4), s'ouvrait sur la route de Néris, de Marcillat, de l'Auvergne.
Au Sud, la porte de « Bretonnie », anciennement « Porte de la
Boucherie » (fig. 22, ID) (5) facilitait les relations avec la Marche et
le Limousin.
(4) Nous laissons à Jean Tizon (M. Vignier), le soin de décrire d'imagi-
naires tournois et des fètes qui auraient été donnés sur l’esplanade du
château par nos ducs, en y transportant mème des scènes qui se déroulèrent
au château de Moulins... (Cf. Paris-Centre, 26 et 27 décembre 1912.)
(2) On peut sans doute faire remonter au milieu du xiv® siècie la cons-
truction de ces fortifications. Par suite des guerres anglaises, elles avaient
besoin de réparations à la fin de ce siècle: « En 1390, on répara les tou-
relles, murailles de la ville de Montluçon. » (Cf. 217,191). — Le 10 juillet
1512, « les consuls adjugèrent à Geoffroy Brictour, la reconstruction d'une
partie du mur de la ville entre la porte des Forges et celle de Bretonny,
moiennant la somme de quatre-vingts livres » {id., 193). ,
(3) Un acte du 16 décembre 1462 montre qu'on avait fuit à cette porte
d'importantes réparations « cinq ou siX ans» avant, ADA,E, cité par
194, 57.
(4) Pour la vue extérieure de cette porte, Cf. 194, 3%5. le remarquable des-
sin de Mme de Rochedragon, en 1790. — C'est: à l'excellent ouvrage publié
par M'e Duchet, que nous empruntons le plan de la porte des Forges
(Cf. 217, 7).
(S) Cf. 217, 206.
Monrzucox ET SES RICHESSES D'ART 281
Enfin à l'Ouest, la porte « Saint-Pierre » (fig. 22, IV et fig. 25
et 26) mettait en rapport la cité avec le Limousin et le Bas-Berry.
ft d us lé & L Prk déc Je».
Fig. 24. — Porte des Forges. Plan.
(Dessin de M'® Léonie Duchet.)
Le 21 décembre 1664, partageant la disgrâce du célèbre surinten-
dant des finances de Louis XIV, Nicolas Fouquet (1), sa mère,
Marie de Maupeau, sa femme, Marie-Madeleine de Castille, avec ses
trois enfants et son frère Gilles, sur l’ordre du roi se retirèrent tous
à Montluçon (2). Ils habitèrent, hors les murs, une maison au-
jourd'hui détruite. appelée « le palais de la Cave » ou de la Gaieté.
Entourés du respect universel et trouvant moyen, malgré leur réel
dénûment, de faire beaucoup de bien, payant de leurs personnes,
(1) On sait que le fameux surintendant, né à Paris en 1615 et mort le
23 mai 1680, fut arrêté à Nantes, dans la matinée du 5 septembre 1661, sous
l'accusation de péculat, et condamné trois ans plus tard au bannissement et
à la confiscation de s:s biens comme concussionnaire du trésor public. Le
roi commua sa peine de bannissement en celle de la prison perpétuelle. — Le
27 décembre 166, Nicolas Fouquet fut incarcéré à Pignerol, où il subit pen-
dant dix-huit ans une étroite et dure captivité.
(2) 81, 264, parlant du surintendant le faisait passer par Montluçon « où
trouva un moment de repos dans son long et douloureux voyage de
Paris à Pignero!i ». La phrase est jolie et l'intention bonne, mais nous n'a-
vons pas trouvé de preuves que le condamné eut la joie d'accompagner sa
famille dans notre ville et qu'il n'ait pas été conduit sous bonne escorte
directement de Paris à Pignerol.
282 SocIÉTÉ D’EMÜLATION pu BOURBONNAIS
pour le soulagement des malades et des blessés (1), ils obtinrent des
consuls la permission d'établir dans la muraille de leur demeure une
poterne quon a improprement appelée depuis la « Porte Fou-
quet » (2) (/ig. 22, V), afin d’avoir un accès plus aisé dans la ville
pour vaquer aux exercices de leur charité et de leur dévotion dans
les églises de Notre-Dame et surtout de Saint-Pierre (3).
Trente-trois tours renforçaient la muraille d'enceinte, constituant,
\
(4) Cf. Les Fiefs du Bourbonnais, par M. AUBERT DE LA FAIGE, t. Il, 107,
342-4 ; — 8, 1884, 418; — 3, 143, — 217, 216, qui écrit: « Par acte du 10 fé-
vrier 1667, reçu Perrot, la veuve Fouquet et Marie-Madeleine de Castille
sa bru, épouse de Nicolas Fouquet, ministre d'Etat et surintendant des
finances, firent don à la maison de Charité de la ville de Montiuçon, d'une
somme de 2.000 livres pour l'entretien d'une des Sœurs de l'ordre de Saint-
Lazard que l'on fesoit venir pour gouverner cette maison. »
(2) Cf. 317, 206.
(3) Mesdames Fouquet restèrent à Montluçon de 1664 jusqu'en 1674. Elles
eurent en 1671 la consolation de recevoir la visite de l'archevèque de Nar-
bonne, frère siné du surintendant. C'est la Chronique manuscrite des Ursu-
lines de Montluçon qui raconte le fait (p. 508, 509) : « Le sacrement de Confir-
mation, l'année 1671 (en actût), fut administré à quelques personnes de la ville
par l'archevèque de Narbonne, lequel estait venu à Montluçon pour voir
Madame Fouquet la douairière sa mère. »
Il s’agit, en effet, ici de Mgr François Fouquet, frère siné du surintendant
des finances, qui fut d'abord évèque de Bayonne, puis d'Agde, coadjuteur
de Narbonne, le 18 décembre 1635, et enfin archevèque de cette ville en 1659;
puis enveloppé dans la disgräce de son frère et relégué à Alençon, il y mou-
rut le 19 octobre 1673. (Les évéques et les archevéques de France, par le
P. Armand JEAN. S. J., Paris, Picard, MDcccxcit, 251.)
Cette mème année 1671, le 25 juillet, Mesdames Fouquet purent acquérir
à Moulins où les appelaient de vieilles amitiés. une maison, place des Lices
{auj. d'Allier], et dans les environs le petit castel de Pomay. Elles ne purent
cependant quitter Montluçon qu'au commencement de 1674. Elles reçu-
rent, en mai 1676, à Moulins, la visite de la marquise de Sévigné, qui
raconta à sa fille ses entretiens avec elles, dans une lettre intéressante
datée du 17 mai, de la chambre où était morte sainte Jeanne de Chantal,
« sa grand mère ».
En 1679, Madame Fouquet, aidée de généreux ecclésiastiques, mit sa mai-
son de Moulins à la disposition d'une école pour desfilles de familles pauvres,
et en 1682 elle y installa comme maitresses les Sœurs dites « de la Croix ».
Mesdames Fouquet ne tardèrent pas à abandonner Pomay et à retourner à
Paris, « où les rappelait la fortune de plus en plus brillante du fils cadet du
surintendant, Louis Fouquet, le futur maréchal de Belle Isle ». Cf. Les Fiefs.
ouv. cité; — Henri FAURE: Histoire de Moulins, Moulins, Crépin-Leblond,
imp. éd., 1900, 1, 146, 11, 154, 498, 520: — 3, 189, 139 et suivantes ; —
J. LaiR: Nicolas Fouquet... Paris, Plon-Nourrit, 1890 ; — 92, 1922, 198, le
bel article de M. G. Pradel sur Madame de Sévigné en Bourbonnais.
Fig. 26. — Intérieur [Vue de la place Saint-Pierre).
Porte Saint-Pierre
(D'après Madame la comtesse d'Osmond.)
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984 | Soci1ÉTÉ D'EMULATION Du BouRBONNAIS
avec les huit tours (1) des portes, un système de défense véritable-
ment impressionnant (2). Au xvir® siècle, ayant perdu leur valeur
défensive, ces tours furent utilisées pour les besoins de la ville ou
des particuliers (3).
III. — Les fabriques d'armes et de pouûdre.
La ville féodale si fortifiée, parce que trop exposée aux entreprises
. des ennemis du royaume, ne pouvait manquer d'établissements qui
fabriquaient les armes qui lui étaient nécessaires. Aussi signale-t-on,
jusqu'au xvi° siècle, des arquebusiers habiles qui fournissaient la
ville d'armes très estimées, « des épées qui rivalisaient avec les
lances de Tolède », pour une population toujours sur le qui-vive,
toujours prête à repousser l'agression (4).
Dans l’Ancien Bourbonnais (5), Achille Allier parle des vigoureux
armuriers du faubourg Saint-Pierre, comme fort capables de savoir
manier les bonnes épées qu'ils forgeaient.
Un marché pour la fonte d’une couleuvrine commandée à un fon-
deur de Troyes, montre que cette industrie de guerre avait beaucoup
(1) Ce qui fait 1 tours et non « 40 » comme le répètent les auteurs qui se
sont occupés de Montluçon. La 33° tour de l'enceinte est celle qu'on voit
dans notre figure 22, marquée du chiffre V, qu'on appelle « porte Fouquei »,
qui n'était en réalité qu'une poterne percée dans la muraille, au Nord de
cette tour.
(2) Parlant de la construction des remparts de Montiuçon flanqués des
tours de défense, édifiés avec les mêmes matériaux, Prosper Mérimée, un
des premiers inspecteurs généraux des monuments historiques, écrivait, en
1838, dans un rapport adressé à son ministre, « qu'ils se faisaient remarquer
par leur appareil singulier : construits de grosses pierres, dont un grand
nombre par leur forme ronde montrent qu'elles ont été prises dans le lit des
torrents. Anguleuses ou arrondies, grosses ou petites, toutes 3ont novées
pêle-mèle dans un ciment fort dur, et le résultat m'a semblé d'une grande
solidité. » Votes d'un voyageen Auvergne.. Paris, lib. H. Fournier, 1838, 70.
(3) C'est ainsi qu'en 1650 fes consuls cédèrent à Philippe Thévenet, prêtre
communaliste de Notre-Dame, la jouissance pendant sa vie de Is « Tour
Neuves, entre la porte des Cordeliers et la porte des Forges, à condition
qu'ils pourraient y faire monter la garde et en avoir l'accès pendant les trou-
bles... Cf. 68, 32, note 3, d'après AD A. — A propos de cette « Tour Neuves.
Baraillon dit qu'on lisait sur une pierre de sa restauration la date de « 1610»
(18, 186, notes sur Montluçon): — Cf. 217, p. 199, qui confirme cette date
de reconstruction de la Tour Neuve. — Voir : C. architecture militaire.
(4) 81, 263.
(5) 11, I, 311.
MonTLucon ET sEs RICHESSES D'ART 285
périclité à la fin du xvi* siècle (1). Cependant on trouve encore en
octobre 1620, Etienne Delapoix, qui semble habiter Montluçon,
« s’obliger envers les consuls de faire quatre pièces de fonte pour la
défense de la ville » (2). |
D'autre part, des documents signalent, dès 1547, unc fabrique de
poudre à Montluçon (3).
Au xvut siècle, toutes ces industries avaient vécu ; on trouvait
non loin du châtelet, sur le ruisseau Lamaron, les restes d’une ma-
nufacture d'armes autrefois prospère, qui n'offrait plus que des
(4) Cf. 8, II, 179, 239-241, 18 mai 1593: marché entre les consuls de Mont-
luçon et Jean Desmolins, maitre fondeur de la ville de Troves, pour la
fonte d'une couleuvrine. Desmolins s'engage « de faire une pièce de canon
appelée coluvrine moyenne de la longueur de dix piedz et demy ou unze
piedz, portant la balle du calibre qu'il l'a pourtraict sur certain papier qu'il
a déclairé ausd. consulz et de la grosseur et pourportion neccessaires à
ladite longueur ; à laquelle il sera tenu graver en bosse les armes de la
ville et ce qui lui sera ordonné et déclairé par lesd. consulz, soit escrip-
tures ou aultres armoyries ». Suivent de curieuses mais longues stipula-
tions pour ce qui sera nécessaire au fondeur pour établir son moule.
Desmolins avait deux mois pour achever l'ouvrage, et il devait essayer la
pièce « avec la charge de pouldre de la pesanteur de la balle du calibre de
la pièce, laquelle balle pourra estre de la pesanteur de huit livres, le tout
movennant la somme de cent escuz... Faict à Montluçon, au corps de
garde de la porte de Bretonny, avant midi, es presences de Gilbert de
Moonestay, escuyer,sgr de Frontenact, gouverneur dud. Montluçon, etc. »….
La pièce en question fut sans doute défectueuse, car on voit les consuls
passer, le 28 novembre de la mème année 1593, un nouveau « marché avec
Guillaume Panyer (Pavye), maitre fondeur demeurant au faulxbourg d'Allier,
de la ville de Moulins, pour la refonte d'une grande couluvrine de la longueur
de douze piedz de chasse, au calibre du roy ou de tel et semblable calibre que
ladite coluvrine à fondre est de present... n; — 217, 197, 198; — 194, 69.
— Acte du 10 juin 1593, par lequel Martial Pradier. marchand de la ville de
Chambon, « s'engage envers les consuls à leur fournir dans les deux mois
cinq cens pesans, au poic de ceste ville, de bonne rouzete, autrement cuyvre
rouge... et encores la quantité d'un millier de métail bonne et propre à faire
fonte de canon, movennant deux cents écus » (ADA série E). C'est sans
doute avec ces matières premières que le fondeur de Moulins put refaire
la couleuvrine dont il vient d'être parlé.
(2) Cf. 217. 199 : — 194, 41, qui mentionne dans une des salles de l'hôtel de
ville « des boulets en pierre renfermés dans un caisson portatif de l'époque,
deux canons très anciens. cerclés de fer et se chargeant par la culasse,
datant certainement des premiers temps de l'artillerie, et qui seraient d'a-
près une tradition très plausible, un des trophées pris sur les Anglais sous
les murs de Montluçon ou à Argenty »...
(3) CF. 68, 136 ; — 194, 76.
4
* /
286 SOCIÉTÉ D'EMULATION Du BOURBONNAIS
ruines et dont le terrain servit à l'établissement du pensionnat tenu
par les religieuses Bernardines (1).
B. Les guerres et les sièges.
On s’explique d'autant mieux l'importance des fortifications de
Montluçon, si longtemps ville frontière entre les provinces du Bour-
bonnais, du Berry, de la Marche et de l'Auvergne, — et pour les
Anglais, clef de ces trois riches provinces — qu'elle eut à souffrir
des guerres et des troubles qui, au moyen âge, mirent la royauté aux
prises avec les gens de la Guyenne possédée par les rois d'Angleterre,
de la guerre de Cent Ans et des ligues diverses qui agitèrent la mo-
narchie, soit par des compétitions politiques, soit par de malheu-
reuses guerres de religion provoquées par l'établissement de la
Réforme.
I. — Les Anglais et les Grandes Compagnies.
La guerre de Cent Ans,
Achille Allier a pu justement écrire : &« Montluçon vit souvent
les bandes anglaises descendre des côtes ravinées de Lamaids, d'Hu-
riel et des Guineberts, pour s'établir par delà le Cher et le long du
ruisseau du Lamaron, dans les faubourgs de la Gironde, de la Lom-
bardie, de Bretonnie (2). » Il pouvait ajouter : de la Presle qui garde
dans son nom même le souvenir de luttes patriotiques…
En 1170, vers le 23 novembre, on voit le roi d'Angleterre Henri IT,
venu du Berry, s'avancer vers Montluçon (3). La ville tomba au
pouvoir des Anglais et ils n'en furent chassés qu'en 1188 par
l'arrivée du roi de France, Philippe-Auguste, qui délivra la cité (4).
(1) Voir plus loin $ IE, d, « Les communautés religieuses de femmes » : les
Bernardines.
(2) 11, 1, 311 ; — Cf. 194, 46, etc. : divers actes tirés des Archives
Nationales ou des Archives Dép'e concernant les armements de la ville ou
des habitants pour faire face aux agressions anglaises.
(3) Cf. 46, regest., n° 61, p. 633: « ... Et rex Anglie, circa festum sancti
-Clementis venit in Berriam, versus Munt-Luszum. » (BENOIT DE PETGR-
BOROUGH: Gesta Henrici IT et Ricardi 1 regum: Historiens de France,
t. XIII, 145.
(4) « Un peu avant août 1188 Philippe-Auguste, à la poursuite des Anglais,
s’'empara de Ralluau, du Châtelet, de Culan, de la Roche-Guillebaud, de
Montluçon (et Montem Luzzonis) et de tout ce qui relevait du roi d'Angle-
terre en Berry et en Auvergne. » (46, reg., n° 65, p. 635-6, d'après RiGoRD:
Gesta Philippi- A ugusti, éd. Delaborde, I, 92, et Historiens de France, XVII,
/
MonTLuçoN ET SES RICHESSES D'ART 287
Nous avons vu qu'Archambaud, le dernier baron de Montlu-
çon (1), se plaignait que Philippe-Auguste avait envahi de nouveau
ses terres vers 1202 à l’instigation de Guy de Dampierre. Ï]l craignait
sans doute que, sous prétexte de défendre Montluçon contre le retour
possible des troupes anglaises, le roi de France ne s’emparât de la
baronnie au profit du sire de Bourbon, ce qui en réalité se réalisa
la même année ou au commencement de l'année suivante (2).
Après la rupture du traité de Brétigny, les Anglais reparurent
sous les murs de Montluçon, en 1370. Nous avons parlé de ce coup
de main, à l’occasion du siège de Belleperche, en racontant comment
les bandes anglaises fuyant dans la direction de la Marche‘furent
atteintes près de Montluçon par le maréchal de Sancerre, disper-
sées, anéanties en partie, avec leur chef « le grand David Olegrève »,
ce qui paraît avoir donné naissance à la fète commémorative des
chevau-fugs (3). |
En 1373, la chevauchée du duc de Lancastre, dont eut tant à
souffrir le Bourbonnais, ramena vers Montluçon (4) les troupes
anglaises poursuivies par le duc Louis II, qui en novembre eut la
satisfaction de voir sa chère province momentanément débarrassée
des Anglais.
Enfin, au cours de cette malheureuse guerre de Cent Ans, en
1412, Charles VI, poursuivant la délivrance de son royaume, venant
de Bourges, se serait présenté devant les portes de Montluçon dont
les clefs lui auraient été offertes par Antoine Arnoux, bourgeois et
l'un des consuls de la ville (5).
27 ; et Guillaume LE BRETON: Gesta Philippi Htegis (éd. Delaborde, I, 188;
dans sa Philippide (éd. Delaborde, II, 67). Ce dernier ne parle seulement que
de la prise de Montiuçon et de la soumission de toute l'Auvergne.
(1) P. 217, d'après 46, thèse, n° 476-479.
(2) P. 219 ; 46, th., p. 97.
(3) P. 228, d'après La Chronique du bon duc Loys (29, 80-86).
(4) P. 230, et références dans la note I, — et 3, III (1894), p. 239, article de
Max BRUCHET.
(5) Cf. Nobiliaire d'Auvergne, par J.-B. BouiLeerT, Clermont-Ferrand, typ.
Perol, 1847, 1, 63 — De cet Antoine « Arnoulx » descendait autre Antoine
Arnoulx, écuyer seigneur du Mas (Teillet), qui vivait en 1505, et dont un
fils construisit à Riom un des plus beaux hôtels de la ville. On voit sur le
portique de la cour intérieure de cette demeure les armoiries de cette fa-
mille: d'or, à la fasce de sable, chargée de trois mouchetures d'hermine,
288 SOCIÉTÉ D'EMULATION Du BouRBoNxAIS
II. — La Praguerie.
Dans la révolte, qui éclata en France, en 1440, contre les sages et
utiles réformes de Charles VII, — appelée Praguerie par analogie
avec le soulèvement des Hussites à Prague. et qui avait pour chefs
les grands seigneurs de France avec la complicité du jeune Dau-
phin, devenu plus tard le roi Louis XI, — le duc de Bourbon,
Charles [°", s’allia aux conjurés dans l'espoir de partager le gouver-
nement du royaume. Il donna asile au Dauphin. On attribua même
au duc de Bourbon l'initiative d'être allé le prendre au château de
Loches pour le conduire secrètement à Moulins même en passant par
Montlucon 1... (D). |
Le roi et le connétable réunirent promptement uue armée fidèle et,
pour étouffer au plus vite cette rébellion, partirent de Poitiers dans
la direction du Bourbonnais, passèrent à Guéret, et firent prendre
d'assaut Chambon et Evaux, ainsi que les forteresses qui jalonnaient
leur route (2).
Les villes du Bourbonnais, de l’Auvergne et du Forez, se sou-
mirent les unes après les autres, mais non sans avoir eu pourtant à
souffrir du passage des troupes royales.
Tout finit bientôt par la réconciliation du roi avec son fils le Dau-
phin. qui eut lieu le 24 juillet, dans l'entrevue extraordinairement
mouvementée de Cusset (3).
accompagnées de trois roses feuillées de queules, deux en chef, et une en pointe.
— En 1413, le duc de Bourbon Jean ΰr aurait fait signer à Montluçon un
traité de confédération avec la noblesse de plusieurs provinces contre les
Anglais. Cf. 59, III, 188. |
(1) Ephémérides Bourbonnaises, par M. ALARY, ms. : AP, b, archives de
l'auteur. — Naturellement M. Alary ne cite pas de références ! Les historiens
de Montluçon d'autre part n'hésitent pas ‘à répéter les uns les autres, sans
contrôle, que Charles VII aurait pris la ville d'assaut pour s'emparer du
Dauphin qui s'y était réfugié !l Si les mémoires du temps permettent d'éta-
bjir que Charles VII fit rentrer Monlucçon dans son obéissance, tous Îles
documents prouvent du moins que le Dauphin n'y attendait pas son père...
Cf. G. Du FRESNE DF BEAUCOURT : Hist. de Charles VII, 6 vol.,in-8°, Paris,
1881-1891.t. 111, 126.
(2) Pour les forteresses prises à cette occasion, Cf.: DE BEAUCOURT, ouv.
cité, I1T, 126, d'après: Chartier, 1, 254-258 ; et le Mémoire publié parmi les
preuves de l'édition de Beaucourt, de la Chronique de Mathieu d'Escouchy,
pp. 9-7.
(3) Nous savons par les Mémoires cités par le mème de Beaucourt (id., 61),
qu'en juin 1439, Montluçon avait reçu déjà la visite de Charles VII. Le roi,
MoxTLucoN ET sEs RICHESSES D'ART 289
em — ————
III. — La ligne dite du Bien Public.
Dans cette nouvelle ligue, formée encore par les grands vassaux,
cetic fois contre Louis XI, notre duc Jean IT, quoique beau-frère du
toi, irrité de ne pas en recevoir l’épée de connétable et d’être privé
du gouvernement de Guyenne (1), se mit à la tête des mécontents,
aux côtés du duc de Berry, le propre frère du monarque, des ducs
de Bretagne, de Nemours, des comtes de Charolais, d’'Armagnac,
d’Albret et de Dunon. Il publiait, à Moulins, le 13 mars 1464, son
« manifeste de révolte », mettait toutes ses places en état de
défense (2), et faisait envoyer une partie de la milice à Bourges,
afin d'arrêter la marche de Louis XI, qui se trouvait à cette époque
à Poitiers (3).
Mais le roi voulant réduire le duc de Bourbon, avant que les coa-
lhisés eussent organisé leurs forces, accourut vers le Bourbonnais
et. laissant Bourges de côté, s'empara presque sans combat de Saint-
Amand. En attendant que ses gens se rendissent maitres d’Hé-
risson, il mit, le 16 mai de cette année 1465, le siège devant Montlu-
çon, « la seconde ville du Bourbonnais, où tenait garnison Jacques
de Bourbon avec xxxv lances. et bien vi** autres combattants » (4).
Notre ville. après vingt-quatre heures de résistance. se rendit à
discrétion :
«a ... [aquelle ne n'a tenu qu'ung jour et une nuict, et s'est rendue
et mise en notre obeissance. Et en pitie et miséricorde, avons donné la vie
à tuus les dictz gens de guerre qui estoient dedans, avecque tous leurs
« en revenant de Lyon, le 15 juin 1439, prit le chemin de la Touraine, en
traversant Clermont qu'il n'avait pu visiter au passage, et Ebreuil où le duc
de Bourbon se rendit près de lui, l'accompagnant jusqu'à Montluçon, à la
limite du Bourbonnais ». Charles VII exhorta le prince à venir le rejoindre
a Orléans pour l'accompagner « au voyage de Meaux ».….
(1) Cf. CHazaup : Une campagne de Louis XTet la ligue du Bien Public,
5, XII. 1873, 23-185 ; — 59, II, 261-274.
(2) CHAZAUD, id., p. 46: « Montluçon avait reçu sa garnison.» — Le
manifeste du duc de Bourbon, qui déclancha la guerre du Bien Public, est.
dans l'édition de l'abbé Lenglet-Dufresnoy, des Mémoires de COMMYNES
(Paris, 1747, preuves, III, 443 et suiv.).
. (3) Cf. Histoire de Moulins, par H. FAURE, p.35, d'après 40, II, et 5, XII, 63.
(4) Cf. CHazauD : 56, 65-67, et pièce justificative, p. 142 : lettre circulaire de
Louis XI (14-15 mai 1465); — 59, IT, 265: — 817-191; — PuiliPpe DE CoM-
MYNES, «Mémoires édités par Joseph Calmette, et le chanoine G. Durville,
Paris, H. Champion, éd. 1924, p. 17; — H. STEIN : Charles de France, p. 79.
19
290 Soctéré Dp'EmuLarTion pu lBourzonxats
biens, ja soit que, selon la raison de la guerre, aux gens et à l'artillerie que
nous avons, nous les eussions prins d'assault. en peu de jours, ou eus à
nostre voulenté. Et quant à ceulx dela dicte ville. nous les avons traittez
comme nous voulons qu'il soit faict à nos bons et obéissans subjectz (1). »
Libérale autant qu'habile conclusion de ce siège, car le chef de la
garnison, Jacques, bâtard de Bourbon, se retirant à la tête de ses
troupes, « s’engagea par serment, et ses gens avec lui, à ne plus
jamais porter les armes contre le roi » (2).
Cette générosité « diplomatique » de Louis XI reçut sa récom-
pense. Toute la partie avoisinante du Bourbonnais et de l'Auvergne
fit sa soumission. Le roi reçut à Montluçon même, avant le 20 mai,
les députations de tout le pays : « Murat, Ganat (sic), Aigucperse,
Montpensier et tout le quartier de par deça sont renduz et sont vci
venus... les gens de M5" de Montpensier, pour traiter son appointe-
ment envers le roi » (3). Celui-ci reçut encore à Montluçon la du-
chesse douairière de Nevers, Marie d'Albret, le seigneur de Chau-
mont. Pierre d'Amboise et sa femme, le duc de Nemours, le chan-
celier du Bourbonnais, Louis de la Vernade, Anne du Breuil, sœur
de Jean du Breuil, amiral de France sous Charles VIE, enfin sa
propre sœur, la duchesse de Bourbon, accompagnée de Robert de
Balsac… |
Louis XT quitta Montluçon pour terminer cette campagne si heu-
reusement commencée Îl était le 1° juin à Saint-Pourçain. le 11 à
Varennes. Et, dans l'intention de pousser jusqu'à Moulins. il fit tra-
verser l'Allier à son artillerie et logea une partie de ses troupes à
Bessay (12 juin). « Vichy, La Palisse, Ris. s'étaient empressés,
sachant le roi à Varennes, de venir demander leur pardon... » Le
17, Verneuil étail investi par les troupes royales, la garnison obte-
nait une capitulation honorable et, le lendemain, la place fut rasée
parce qu'elle était un perpétuel danger pour la ville voisine de Saint-
Pourçain.
Le roi reprit ensuite, le 21 juin, Gannat qui était passé au service du
duc de Bourbon, et marcha sur la Basse-Auvergne, par Aigueperse,
(1) Cf. CHazaUno, d'après JEAN DE ROYE : Journal de Jean de Roye, connu
sous le nom de Chronique scandaleuse, coll. Petitot, XIII, 269.
(2) Cf. CHazauon, id., p. 69. |
(3) 1d., 50 et 145, d'après G. Cousinot, dans une lettre à son cousin le
chanceiier, datée de Montluçon, le 20 mai; et pièce justificative, n° XVIII.
MonTLUCON ET SES RICHESSES D'ART 291
© —— ——
Riom... d'où les ducs révoltés s’enfuirent (1). La guerre du Bien
Public, au moins pour le Bourbonnais. était terminée, et au profit
de Louis XI...
On sait comment la médiation de la duchesse de Bourbon rendit
la paix possible entre le roi son frère et son mari, qui. après une re-
prise peu loyale des hostilités, put, en même temps que les autres
chefs de la ligue, traiter définitivement à Conflans 12) et à Saint-
Maur (5 et 29 octobre 1465) (3) avec Louis Xf. auquel il resta enfin
très attaché.
. IV. — Les guerres de Religion et la Ligue.
Montlucon fut peu agité par les guerres de religion. Le tempéra-
ment pondéré de ses. habitants, leur sincère esprit religieux, les éloi-
gnaient des discussions que soulevait âprement la Réforme.
Les partisans de ces noüveautés, appuyés par des luttes fratri-
cides « provoquées par les protestants voulant imposer de force
leurs doctrines et détruire le catholicisme (4), y étaient peu nom-
breux et encore moins belliqueux.
En Bourbonnais l'armée protestante, après sa victoire à Cognat,
en 1568, s'était dirigée vers le Berry, par Gannat, Charroux, Chan-
telle, le Montet-aux-Moines, Hérisson, Cérilly et Ainay-le-Château,
détruisant tout ce qui avait un caractère catholique, incendiant les
monastères et les églises, brûlant les statues, enlevant les vases
sacrés et les ornements, promenant la profanation partout.
(1j Cf. CHAZAURD, p. 83.
(2) Cf. PHILIPPE DE COMMYNES, Mémoires édités par Joseph Calmette,
ouv. cité, 1, 85 (chapitre x1v, :« Comment l'appoinctement fut faict entre le
roy et les seigneurs qui fut sppeléle traicté de Conflans. »
(3) 1d.. p. 86, note 3, et références.
(4) Sur les vraies responsabilités des guerres de religion si odieusement
travesties par l'esprit de parti et la prétendue Libre-pensée, cf. Jean Gui-
RAUD : Histoire partiale et histoire vraie, Paris, Gabriel Beauchesne, t. I,
65.70-71 : t. II, chap. xn1, 285 ; ch. x1V, 319 ; ch. X VI, 375 et suiv. ; — Louis
MADELIN : Histoire de la nation française, publiée sous la direction de
M. Hanotaux ; t. IV, Histoire politique. de 1515 à 1804, pp. 97-112, qui affirme
les mèmes vérités « avec une impartialité et une science » à laquelle M. Gui-
raud (dans la Croix, 26-27 octobre 1924) rend publiquement hommage en
constatant que M. Madelin arrive aux mêmes conclusions que lui « avec des
preuves documentaires et une argumentation irréfutable ». — Pour tout ce
qui regarde les origines de la Réforme ; cf. les beaux et définitifs travaux
de M. IMBART DE LA Tour : Histoire de la Réforme, 4 volumes, et : Ques-
tions d'histoire sociale et religieuse, 1 vol. in-16, librairie Hachette. |
202 SociËrÉ D’'EmuLarion pu BoURBONNAIS
. Mais en 1576 la. ville, comme les autres cités, eut à souffrir du
passage des troupes de reîlres qui prêlaicnt leur concours au prince
de Condé ou à ses lieutenants gagnés à l'hérésie (1). Elle dut paver
de fortes contributions cette même année (2) ; en 1578 ce fut le tour
d'Huriel et de Domérat.
Eloignés des luttes religieuses, les Montluçonnais restèrent aussi
étrangers aux préoccupations de la Ligue (1576-1591).
7
V. — Les troubles de la Fronde.
On peut dire la même chose des querelles de la Fronde (3).
« la dernière échauffouréc féodale » qui, pendant la minorité de
Louis XIV, troubla pour la dernière fois (1648-1653), au cours des
xvu et xvinut siècles, la paix intérieure dont jouit le pays jusqu'à la
fin de l'Ancien Régime : Montluçon y reste étranger.
La lutte des partis sc fit surtout sentir en Berry, dans la région
de Saint-Amand-Montrond, et chez nous à Cérillv,à Hérisson et à
l'Est de la province. Cependant, pour parer aux événements qui
(1) Cf. 28, 561, 541 et 576 ; — Louis AUDIAT : « La Réforme et la Fronde
en Bourbonnais, p.607, qui raconte que les Huguenots commirent à Huriel,
sur leur passage, les pires profanations, notamment envers une statue
antique de la Vierge quils attachèrent à la queue d'un cheval et qui fut
ainsi trainée dans les rues et jetée sur un bûcher. » — Tout autour de
la ville, les Hugnenots se conduisirent aussi odieusement. Les registres
paroissiaux de Néris contiennent, au 5 février 1597, la mention. suivante:
Baptème à Néris, d'une fille de Chamblet, « à cause de l'inconvénient et
massacre de leur esglise par le régiment de Rouzant qui tua plusieurs chré-
tiens dans leur esglise ». — Cf. 1894-70.
(2) « Le 4 janvier 1576, la ville est obligée de fournir au camp formé à Gien,
6 muids de bled, 4 muits d'avoine, 15 muits de vin, quatre bœufs et 3 mou-
tons »;... « le 45 mars suivant, le sieur Cournatin, maréchal de Mgr, or-
donna aux habitans de la dicte ville de lui fournir 30.000 pains de munition,
20U pièces de vin... Les consuls ayant représenté que les habitans avoient
eux mème de la peine à trouver des grains pour leur subsistance, attendu
que la récolte avoit été en grande partie mangée ou dissipée par l'armée
qui avoit séjourné pendant longtemps aux environs de Montluçon et dont
les restes mème étoient encore logés depuis 3 jours dans les fauxbourgs, cette
contribution fut modérée par arrêté du Conseil de Mgr, du 17 du dit mois, à
16.000 pains de douze onces »..., etc. Cf. 217, 195, d'après les Archives
Municipales de Montluçon.
(3) Cf. 15, BoucHaRbp: Les troubles de la Fronde en Bourbonnaiïis : — Louis
Aupiar: La Réforme et la Fronde en Bourbonnais ; — 88: chapitre
consacré à la Fronde.
MoxTi.uçon ET SES RicHesses n'Anr 293
pouvaient compromettre la tranquillité des Montluçonnais, les vigi-
Jants consuls, par acte du 24 avril 1650, « voiant les troubles que les
ennemis du cardinal Mazarin suscitoient dans le royaume, voulant
mettre leur ville en état de défense, adjugèrent à Pierre Brunot,
François Courty, Vincent Lehoulle et Vincent Veronnet. la répara-
tion de deux brèches faites aux murs de la ville entre la porte des
Forges et celle de Saint-Pierre, moiennant la somme de 1.680 li-
vres.. [ls firent aussi venir des troupes de lignes » (1).
(1) 217, 202 (d'après les Archives Municipales) signale encore une tenta-
tive des « rebelles » maitres de plusieurs places des environs de Montluçon
qui, n’osant attaquer la ville, cherchèrent, mais en vain, à en obtenir des
contributions... et le’? novembre de la même année 1650 le passage du régi-
ment de « Petit Navale » qui fut logé à Désertines. — Voir, dans le même
recueil, diverses pièces établissant les frais qu'avaient occasionnés à la ville
les troubles de la Fronde, p. 205-206 ; — et 194, 91, 12 juillet 1657.
(1 suivre.) CHANOINE J. CLEMENT.
OS
voue remeornesensare
vanne rte uen em unes ne 00e emerssoonenre
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000000000000 000000000820 00 000000000000 0000000000 00000000 0000000000000000
JOACHIM DE POMPÉRANC
Qui était Joachim de Pompéranc, un des fidèles du connétable
Charles de Bourbon lors de sa défection ?
Cette question, bien des fois les érudits de notre compagnie se
l'étaient posée sans avoir pu la résoudre. D'autant qu'hypnotisés par
l'idée que Pompéranc devait être un gentilhomme bourbonnais. les
chercheurs s'efforçaient en vain de trouver une maison noble de
Pompéranc ou tout au moins un fief de ce nom, sis en Bourbonnais
ou près de ses frontières.
Un érudit bien connu de notre Compagnie (1), M. Georges Paul,
d’Allègre, a mis la question au point dans une brochure parue chez
Champion, en 1923, sous ce titre : Un favori du connétable de Bour-
bon, Joachim de Pompéranc (2).
Loin d’être un bourbonnais, Pompéranc était du Gévaudan. Il
s'appelait Joachim Dracon, seigneur de Pompéranc, fief situé près
La Besseyre Sainte-Marie, et relevant de la scigneurie de Saugucs
en Gévaudan, ‘appartenant aux Bourbon-Montpensier. Suivant
l'usage du temps, on le désignait communément sous son nom de
(4) C'est à lui qu'on doit notamment : Le château d'Aliègre et ses sei-
gneurs. — Armorial général du Velay. — Les d'Allègre (1122-1361. — Mori-
not de Tourzel (1352-1418). — L'Election de Brioude dans l'Armorial général
de France.
(2) Cette brochure est accompagnée de six gravures, dont cinq hors-trxte.
Ce sont : La vue de l'ancien château de Pompéranc, en son état actuel. Une
vue de Châteauneuf du Drac. Un plan du même château. Un portrait du
connétable Charles, duc de Bourbon. Le château de La Garde, près le
Malzieu (Lozère), dans son état actuel. Le sceau de Joachim de Pompéranc.
Deux spécimens de sa signature.
L'orthographe Pompéranc a été adoptée par M. Paul comme confurme à
Ja signature du personnage et à la légende de son sceau.
JOACHIM DE POoMPÉRANC 295
terre et de là vient que les érudits de notre province n'avaient pas
soupçonné le nom patronymique de Joachim de Pompéranc. Il était
fils cadet de noble Armand Dracon, seigneur de Pompéranc dès
1501, lequel, d'une alliance restée inconnue, eut quatre enfants :
1° Louis Dracons, que M. Paul a trouvé en 1515 avec la qualifica-
tion de seigneur de Pompéranc. Il a dû mourir relativement jeune
et laisser cette seigneurie à son cadet.
2° Joachim de Pompéranc, chevalier, écuyer et favori du conné-
table de Bourbon.
3° Pons, abbé de Caunes au diocèse de Narbonne.
4° Antoinette, que l'on croit avoir élé mariée en 1511, à N..... de
Chapelu, d'une ancienne maison noble du Gévaudan. |
. Les Dracon, seigneurs de Pompéranc, dont le nom, nous dit
M. Paul. se trouve aussi sous les formes Drac, Dragols, Dragon,
étaient, dès 1350. au moins, établis à Pompéranc. terre dont le nom se
trouve antérieurement écrit sous les formes Pompeirenc, Pompei-
rent, Pomperanit, Pomperanc ; en latin : de Ponte lapideo. De nos
jours c'est Pompeyrin.
Les Dracon de Pompéranc étaient certainement de même souche
que les Dragon, ou Dragol, déjà seigneurs de Ribennes (Lozère), en
1261, et tous paraissent se rattacher aux du Drac. seigneurs de
Châteapneuf, du Drac. paroisse de Sainte-Catherine-du-Fraisse, dio-
cèse de Clermont, et de bien d’autres terres. Ce lignage connu dès le
xu siècle, a eu son nom orthographié indifféremment : Drac, Drag,
Dragon ; en latin : Draco, Draconis, de Dracu. Les du Drac de Chà-
teauneuf portaient : d'or au dragon de sinople, armé, lampassé el cou-
ronné de gueules. Or, nous savons par le sceau de Joachim de Pom-
péranc, que son écu familial se meublait aussi d’un dragon (1).
Voici, d'après ‘une reproduction d'empreintes, donnée par
M. Paul. la description de ce sceau :
Sceau rond, renfermant un écusson de... à un dragon ailé de...
L'écu timbré d’un hcaume fermé, sommé d’un bourrelet surmonté
d’un dragon issant. Le heaume accompagné de lambrequins gar-
nissant toute la partie du champ non occupée par l'écusson.
(1) Bibl, Nat. Pièces originsles 2.324. n° 5.449,
296 SOCIÉTÉ D'LMULATION DU BounBoxxais
Légende, en lettres capitales romaines : |
‘ JOACHIM DE POMPÉRANC
La similitude du nom et des armoiries portent donc à considérer
les Dracon de Pompéranc, comme un rameau des du Drac de Chà-
tcauneuf. À tout le moins doit-on reconnaître que l'hypothèse faite
par M. Paul est des plus plausibles.
Les du Drac et les Dragon de Pompéranc sont éteints depuis
longtemps ; on en pourrait presque dire autant du manoir de
Pompéranc « Aujourd'hui, dit M. Georges Paul, il ne reste plus que
d'humbles vestiges de ce qui fut le manoir de Pomperanc. Et si ce
n'était un semblant de tour dont l'escalier à vis dessert de modestes
bâtiments de ferme, s1 ce n'était surtout le souvenir du vaillant
capitaine dont le berceau, loin d’ètre comme on l'a prétendu, le
Bourbonnais (1), fut bien ce hameau perdu, à cheval entre le Velay,
l'Auvergne et le Gévaudan, ce village, à vrai dire, ne vaudrait guère
la peine qu'on s’y arrêtât. C’est un des coins les plus sauvages de
nos régions. L'accès en est pénible, des ravins profonds semblent à
jamais vouloir l'isoler du reste du monde. Et le touriste qui s’aven-
ture dans ces gorges ne sait trop ce qu'il doit le plus admirer de ce
sol étrangement tourmenté, ou du charme à la fois sévère et gran-
diose de ces lieux. »
Avec M. Paul, on peut se demander si le dur pays de sa nais-
sance ne fut pas pour quelque chose dans le caractère rude, irascible,
batailleur, mais aussi noble, généreux, intrépide, qui fut celui de
Joachim de Pompéranc.
A dire vrai, on ne sait rien des premières années de Pompéranc,
et quand les chroniqueurs commencent à s'occuper de lui, il a envi-
ron vingt ans, est à la cour de France, sans que nous sachions
quand et comment il y vint. Bref, nous sommes en 1517 lorsque Pom-
péranc, après deux ducls qui s'étaient terminés par la mort de ses
adversaires, eut une nouvelle affaire ; elle fut bien près de se ter-
miner pour lui de la façon la plus tragique. |
Un jour, à Amboise, raconte Pavie de Fourquevaux, le sieur de
Chissay, l’un des quatre capitaines des gardes du corps du roi, se
(1) F. PAVIE DE FoURQU'EVAUx : Les vies de plusieurs grands capitaines
français. Paris, Jesn du Bray, 1653, p. 21.
JoACHIM DE POoMPÉRANC | 297
trouvant tout armé, prêt d'entrer en un tournoi avec François I,
plaisante et offense Pompéranc, qui lui, est en simple pourpoint. Ce
dernier sans hésiter, malgré des amis qui prennent parti pour
Chissay, tire l'épée, charge le capitaine des gardes et l’atteint à la
gorge, sous le heaume légèrement haussé.
Chissay était aimé du roi. À la nouvelle que son capitaine des
gardes vient d'être mortellement blessé, François [°° décide que
Pompéranc sera exécuté.
Or, le connétable de Bourbon qui s'intéressait à Joachim, sans
doute parce que la terre de Pompéranc relevait de sa seigneurie
de Saugues et avait déjà, dans les occasions précédentes, tiré son
vassal d'affaire, intervient à nouveau.
Tout d’abord, il fait éclipser sans bruit le trop heureux duelliste,
puis, plaide sa cause et finalement, en 1521, lors de la campagne de
Picardie, finit par lui obtenir lettres de rémission (1).
Charles de Bourbon avait suuvé la vie à Pompéranc. Pompéranc
ne l'oublia jamais et dès lors, jusqu'à Pavie, il lui sera dévoué corps
et âme, ne le quittera pas.
Aussi. lorsque poussé à bout par la méfiance qu'on lui témoigne,
les procès qu'on lui intente. la confiscation préalable de ses biens
dont on le frappe. Charles de Bourbon. pensant et agissant en grand
seigneur féodal, considère que le roi a le premier rompu les liens du
sang. de suzeraineté et vassalité qui les unissent, se décide à
rompre, à tirer l'épéc, Pompéranc est du petit groupe des fidèles
qui le suivent jusqu’au bout, risquant leurs biens et leur vie pour le
suzerain qu'il y aurait félonie à abandonner.
Pompéranc semble bien avoir organisé et dirigé la fuite du conné-
table. Il l’accompagna du reste.
On a déjà tant écrit sur ce sujet en Bourbonnais, que je ne veux
pas rouvrir les discussions qui se sont élevées touchant l'itinéraire
suivi par Charles de Bourbon. Je préfère renvoyer le lecteur à
l'étude si intéressante de M. Paul (2), ou encore à notre Bulletin (3)
(1) LA MuRE : Histoire des ducs de Bourbon et comtes de Forez,t.ll. p. 265,
note.
(2) Pages 25 et suivantes de sa brochure sur Pompéranc.
(3) 1907, p. 93. M. Paul est d'accord avec moi. [l estime qu'il faut suivre
au début la déposition du châtelain d'Hermant, témoin oculaire, puis après
la pointe infructueuse vers l'Espagne, qu'on peut, pour la fin, s'en rapporter
à du Bellay. . |
298 SOCIÉTÉ D'EMULATION pu BOoURBONNAIS
que cet auteur cite aimablement, avec une mention réellement trop
flatteuse pour moi.
Nous ne suivrons pas davantage Pompéranc en Italie où sa vie
continue à être unie, de la façon la plus intime, à celle du duc
Charles ; il faut abréger, courir d’une traite jusqu’au jour de Pavie
(25 février 1525), à l'heure où la bataille apparait déjà comme irré-
médiablement perdue pour les Français. Et ici je laisse une fois de
plus la parole à M. Paul. Il va nous raconter ce que fit Pompéranc.
« Blessé au-dessus du sourcilet à la main droite, le roi luttait
avec une énergie indomptable, entouré d’Espagnols et d'Allemands.
Ïl allait sans doute payer de sa vie une pareille témérité, quand, au
dire de témoins oculaires, le hasard de la lutte amena en ces lieux
Pompéranc. Le capitaine en chef des troupes de Bourbon reconnaît
de suite le roi à son armure somptueuse. Ïl voit le danger couru par
son souverain, pare adroitement les coups qui lui sont destinés et,
aidé d’après certains. par La Mothe des Noyers (1), est assez ‘heu-
reux pour parvenir à le dégager. Alors il ploie un genou en terre et
propose au prince « de baïller sa foi » à Charles de Bourbon. Fran.
çois refuse avec colère. Pompéranc est mieux inspiré en envoyant
chercher le vice-roi de Naples. Charles de Lannoy reçut aux pieds
du Roi son épée sanglante et Jui offrit la sienne en échange. »
Et en note {note 3 de la page 26), M. Paul précise sa manière de
voir: € C'est bien Pompéranc et non Charles de Saint-Aubin
[Charles de Toyues], sf de la Mothe des Noyers, comme le veulent
Hermandez et Paul Jove, qui eut l'honneur de sauver la personne
du Roi. Tous les principaux historiens sont de cet avis. Voyez :
Martin du Bellay, Belcarius, Brantôme (hommes illustres), Alfonse
d'Ullsa (Vita del Carlos V), Guicciardini, Georges de Frecundsberg
(Mémoires), Sismondi, Michelet, Guizot, H. Martin, etc.
On pourra comparer ce récit avec celui de notre confrère, M. Mon-
tagne, dans son intéressante notice sur Charles de Togues. Pour lui,
c'est sans aucun doute le seigneur de la Mothe des Noyers qui sauva
François F°".
Pour ma part. j'estime que Joachim de Pompéranc et Charles de
(1) Voir Bulletin, 1908, p. 237-238.
M. Paul, trompé par certaines sources dont M. Montagne a fait justice,
croit, à tort, que La Mothe des Noyers s'appelait Charles de Saint-Aubin,
(p. 3, note 3).
JoacHiu DE POMPÉRANXC 299
T'ogues furent tous deux présents en cette circonstance, mais que le
premier rôle fut joué par Pompéranc. La destinée subséquente des
deux personnages me semble l'indiquer de façon péremptoire. En
effet, tandis que Charles de Togues demeure un proscrit jusqu’à
sa fin pitoyable, Pompéranc rentre en grâce auprès du Roi de
France.
Certains chroniqueurs prétendent que. le soir même de Pavie,
Pompéranc partit pour la France, portant à Louise de Savoie la
lettre où se trouve la phrase célèbre : « Madame, de toutes choses
ne m'est demeuré que l'honneur et la vie qui est saulve. »
Il est acquis, en tous cas. que, durant son séjour à Pizzighitonc, le
royal captif dépécha à sa mère Joachim de lPompéranc, chargé de
mission confidentielle
Quels purent être les sentiments de Pompéranc lorsque, sur le
champ de bataille de Pavic, il se retrouva pour la première fois en
présence du Roi, sauvant la vie à celui qui l'avait jadis condamné à
mort. On ne peut que le supposer.
Toujours est il que, dès le mois de juillet 1525, François [e° ma-
nifesta hautement qu'il devait quelque reconnaissance à Pompé-
ranc en le faisant capitaine d'une compagnie ‘de cinquante hommes
d'armes et archers de ses ordonnances, poste devenu vacant par la
mort du sieur de Saint-Mesine. |
Après Pavic, ayant largement payé la dette de reconnaissance
qui le liait à Charles de Bourbon, il semble que Pompéranc ait songé
à la sauvegarde de ses intérêts. |
A-t-il agi ainsi d'accord avec l'ancien connétable, à l'heure où ce
prince pouvait espérer rentrer dans la possession de ses biens ? Leur
secrète pensée à tous deux était-clle que Pompéranc rentré en grâce,
pouvait discrètement agir en faveur du duc de Bourbon ? C'est ce
que nous ne saurons jamais.
En août 1526, Pompéranc rentra en cette Italie qu'il connaissait si
bien, servant sous les ordres de Lautrec. C'est en Italie, au service
de la France, qu'il devait poursuivre et terminer sa carrière. Elle
prit fin en 1529. au malheureux siège d'A versa, où périrent presqu'en
entier les débris de la quatrième des armées englouties en Italie
depuis le début du règne de François I. |
M. Paul raconte comme suit, d'après Pavie de Fourquevaux, la
mort du vaillant capitaine dont je voudrais pouvoir avec plus de
300 | SocIÉTÉ D'EmuLaTionN pu BourBoNNaAIs
détails retracer les exploits, mais le lecteur curieux les trouvera
dans la brochure dont j'achève à larges traits l'analyse.
« Pompéranc, qui avait résisté jusque là aux privations de toutes
sortes, n'eut pas pourtant à rendre son épée. Affaibli par une
blessure, terrassé par les premiers symptômes de la fièvre pesti-
lentielle, sa mort arriva avant la capitulation d’Aversa. Atteint
jusqu'au cœur du regret d’avoir vu disparaître ses compagnons
d'armes, « il tomba roide mort en terre. rapporte son biographe.
laissant volontairement la vie qu’il n’avoit peu perdre par la force
entre tant de hazards et de calamitez. Heureux eu cela par-dessus
ceux de ses compagnons qui furent après luy contraints de passer
par une honteuse capitulation, d’avoir peu mourir avant que de rien
signer qui fut honteux à sa mémoire et qui luy. peust estre repro-
chable à l’advenir. »
Ainsi périt celui que Messire Martin du Bellay, seigneur de Lan-
gey, en connaisseur, appelle « gentil capitaine ».
Pavie de Fourquevaux nous a conservé le texte de l'épitaphe des-
tinée à la tombe de Joachim de Pompéranc. Elle ne manque pas d'une
grandiloquente exagération :
DES GUERRES LES PLUS GRANDS HAZARDS,
Ni DU TEMPS LES FUNESTES DARDS,
QUI DE TOUT ONT TOUSIOURS VICTOIRE,
N’ONT PAS MIS POMPÉRANT ICY.
SOUBS CETTE LAME FROIDE ET.NOIRE,
PASSANT, QUI COMTEMPLES CECY,
NE LEUR DONNE POINT CETIE GLOIRE.
C'EST LUY QUI LE VOULUT AINSI.
L'étude de M. Paul est on le voit pleine d'intérêt pour notre his-
toire provinciale. C’est l'heureux pendant du Charles de Togues de
M. Montagne. Je ne saurais trop, pour ma part, inviter les membres
de notre compagnie à lire le Pompéranc de M. Paul, comme jadis ils
ont lu le Togues de notre confrère Montagne.
PuiLiPPE TIERSONNIER.
NÉCROLOGIE
RENÉ MOREAU
1858-1924
René Moreau (1), architecte à Mou-
lins et inspecteur des Monuments his-
toriques du département de l'Allier,
appartenait depuis 1891 à la Saciété
d'émulation. Un mal sans rémission,
contre lequel il Juitait depuis plus
d'une année, l’a emporté alors qu'il
s'intéressait de plus en plus à l'his-
toire locale, cette étude favorite de !
notre compagnie. Ses travaux profes-
sionnels l'y avaient incliné et il s'y
était livré avec une ardeur juvénile,
dont, en ce Bulletin même (2), il nous
donnait. voici peu de mois, le témoi- |
ghage. C'est dans le feu de ces recherches qu'il eut connaissance
qu’une servile copie de notre Jaquemart venait d'être édifiée quelque
part en Angleterre. L'architecte et le Moulinois se révoltèrent contre
ce pillage sans vergogne, et Moreau le flagella d'un article caustique
où il se plut à rassembler, brassée de verges cinglantes. les faits dont
le guetteur de notre vieux beffroi fut le spectateur aux temps des
interminables guerres franco-anglaises. Et l’on sentait que l'hostilité
marquée dont nous assiège, depuis six ans, comme depuis toujours,
le gouvernement de Sa gracieuse Majesté, avait dicté à notre confrère
cette énumération vengeresse.
(1) Né à Mouline, le 28 avril 1858 ; mort dans la même ville, le 18 septembre
1924. Officier de l'instruction publique : chevalier d'Isabelle la Catholique.
(2) Année 1924, page 30.
302 ; SOCIÉTÉ D'EMULATION Du BoURBONNAIS |
——————
D'autres travaux historiques plus étendus avaient précédé ces
pages polémiques
Déjà, il y a trois ans, recevant à Vichy, — en sa qualité de pré-
sident des Architectes du Centre, — ses confrères de l'Association
provinciale, Moreau avait, avec bonlhomie, résumé pour eux, en
une rapide conférence (1), cette histoire du Bourbonnais dont il
était tout pénétré. Puis il aborda un sujet plus perspnnel, en écri-
vant sur Souvigny une courte monographie. Depuis vingt ans,
comme inspecteur des Monuments historiques, il avait eu à diriger,
à la vieille église prieurale, de nombreuses campagnes de restau-
rations, notamment la couverture en pierre des bas-côtés. la réfec-
tion des piliers du chœur et celle des balustrades extérieures des
façades. La fréquentation assidue de ce beau monument, orgueil de
notre province, avait éveillé en lui le désir ardent de percer le
mystère qui entoure la chronologie des églises successivement bâties
au cours des âges sur le même sol. La question intrigue les spécia-
listes et soulève plus d'une controverse... Notre confrère a pu
verser au débat des données nouvelles d’une haute portée, en faisant
effectuer une série de fouilles (2). Celles qu'il entreprit à l’intérieur
de l'édifice, tant dans la nef centrale que dans le chœur, lui firent
retrouver les traces, particulièrement curieuses, de l'église du
onzième siècle: tandis que celles qu'il pratiqua devant la façade
confirmèrent définitivement l'emplacement de l’église primitive.
Ces découvertes heureuses, — il espérait les continuer, — l'amenè-
rent à entreprendre, dans lé domaine historique, des recherches
suivies sur le vénérable prieuré bénédictin et, de cette compilation
très étendue, il avait tiré une intéressante notice à peu près achevée.
Par contre, un autre travail. beaucoup plus important, reste à
l’état d’ébauche. Là aussi, c'est l’architecte des Monuments histo-
riques qui mit en mouvement l’érudit.
On sait — peut-être ne le sait-on guère — que, si le tombeau du
duc de Montmorency est « classé », la chapelle de l’ancienne Visita-
tion, où il fut édifié, ne l’est pas. Moreau conçut le projet d'obtenir
le classement. Il entreprit donc sur cette question un rapport docu-
(1) Publiée sous ce titre : Le Bourbonnais en trente-cing minules ; Moulins, 1922
(non mise en librairie).
(2) Cf. un article de M. Deshoulières, dans le Bulletin monumental, 1924, p. 160.
| | NÉcRoLoGIE 303
|
(e PABRIOU
Cliché Rocard.
MOULINS — LA CAISSE D'ÉPARGNE
menté... Mais il fut conquis par l'intérêt de son travail et, le doigt
dans l'engrenage, — tous les chercheurs le comprendront, — il y
passa tout entier : Le duc de Montmorency et sa tragique destinée,
D Google
*|
304 SocIÉTÉ D'EMULATION pu BouRBoNNAIS
la duchesse, la création de l'ordre des Visitandines, la fondation du
monastère de Moulins, la construction de la chapelle, sa description
détaillée, l’édification du tombeau, le transfert du cercueil, la cha-
pelle sous la Révolution, l'école centrale installée dans le couvent
« ci-devant Sainte-Marie », le lycée qui lui succède en 1803, etc …,
furent l'objet des recherches de notre confrère dans les dépôts
publics, dans les archives privées, dans les bibliothèques. Et ces
recherches constituent un dossier considérable, en partie même
rédigé.
*
*r
Voilà donc comment l'architecte devint archéologue et familier
de notre histoire locale. Mais, architecte, notre confrère l'avait été
de naissance. peut-on dire. Fils de ce Jean Moreau qui dirigea,
sous Millet, la construction de la Cathédrale de Moulins et à qui
notre région doit tant d’églises et de châteaux (1), il avait été à
bonne école, à forte école. Passionné pour l'architecture du Moyen-
Age et de la Renaissance, affiné par son passage à l'Ecole des beaux-
. arts, il continua l’œuvre de son père avec une note personnelle
plus moderne (2), mais où se retrouvait toujours l'influence de sa
formation première.
À Moulins, la notoriété de René Morcau était due surtout à son
imposante Caisse d'épargne ct au petit hôtel qu'il bâtit pour Louis
Mantin La première de ces constructions, l’un des plus amples
édifices de la ville, renferme, peu connue du public, une salle
d'honneur de lignes magistrales. La seconde avait permis à son
auteur de témoigner de son tact artistique. La tâche était difficile,
d'insérer une construction neuve, qui ne fût ni criarde ni banale,
entre le donjon de nos ducs et les restes du logis d'Anne de France.
Notre confrère s’en tira à son honneur et l'œuvre atteste un rare
doiglé. Notons encore la vaste villa, maintenant tapissée de verdure,
(1) Cf. À la mémoire de Jean Moreau, architecte. ; Moulins, 1899 (non mis en
librairie).
(2) Cette remarque a été déjà faile par M. Louis Laroque, architecte à Moulins.
dans le Bulletin mensuel de l'Association provinciale des architectes français, p. 318,
Nous avons consulté utilement cette notice, ainsi que les documents obligeamment
communiqués par notre confrère M. Baury qui, longtemps attaché au cabinet de
René Moreau, lui apporta le concours de sa collaboration pendant les derniers
temps de sa maladie.
NécRoLoGiE | 805
de la rue Marcellin-Desboutin et le monument du colonel Laussedat
(Sicard, de l’Institut, statuaire). Ici etlà, des magasins où l’on re-
connaît sa « patte » d'artiste, de même qu'on le vit toujours traiter
avec respect les vestiges du passé : refaisant, par exemple, dans
Cliché Rocard.
MOULINS. — L'HOTEL MANTIN
une note exacte, la toiture de l’ancien hôtel d'Orvilliers (rue d’Allier),
ou rendant à la « Bonne Dame » du carrefour des Quartes la partie
inférieure qu'elle avait fâcheusement perdue au cours des siècles.
Bien entendu, à Moulins comme ailleurs, nous ne parlons pas des
travaux d'architecture courante. Nous signalerons toutefois, au
chef-lieu, l’usine de chaussures Blancher, « dont le plan est remar-
quable » {1), et le Solarium d’Aubrac (Aveyron), double preuve que
leur auteur savait se plier aussi aux manifestations utilitaires de la
vie moderne.
(1) Appréciation de M. Louis Laroque, dans l’article signalé plus haut.
20
306 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BOURBONNAIS
“
: En dehors de Moulins, nous avons relevé parmi les œuvres prin-
cipales de René Moreau : dans l'Allier, le château du Vieux-Mon-
ceau; en Saône-et-Loire, le très beau château de Montrifaud :
l'église de Rosières (Haute-Loire): des villas au Puy et à la Baule.
Quant aux restaurations, nous n'avons que la difficulté de choisir
entre tant de « chantiers v, — sans nous occuper de toutes celles
qu'effectuèrent aux quatre coins du département les Monuments his-
toriques et dont il assurait la direction. — En première ligne, nous
inscrirons la restauration du célèbre château de Sully-sur-Loire
(Loiret) qui comporta deux campagnes: l'une, il y a plus de vingt
ans, où les injures du temps et de la Révolution furent atténuées
par la reconstruction de deux tours maitresses ; l’autre, toute ré-
cente, où l'incendie de 1918 donna lieu à la réédification d’un impor-
tant corps de logis, ce qui permit à Moreau de faire disparaitre, en
s'inspirant de documents puisés dans les arehives du château, une
déplorable altération subie par le monument à une date déjà an-
cienne. Le château du Tremblay, dans la Nièvre. d’abord restauré
par notre confrère, fut, lui aussi, incendiéil y a peu d'années et
Moreau en assura la reconstruction. Citons encore le château de
Flaghac (Haute-Loire) et celui de Puifol, près de Cindré Allieri, où
les travaux sont en cours.
Mai:,ons'en rend compte, les temps troublés qu'a connus jus-
qu'icile vingtième siécleappartenaient de moinsen moinsaux églises
et aux châteaux... Le talent de René Moreau avait dû, voici quelque
quinze ans, se renouveler. Les constructions hôtelières sollicité-
rent son labeur. Il s'adapta avec une souplesse remarquable à un
genre de travaux, qui ne comportait point seulement un type archi-
tectonique extérieur tout différent de ce qu'il praliquait depuis sa
jeunesse, mais aussi les mille rouages, sans cesse multipliés, du
mécanisme d’un hôtel. Les services généraux, avec tous les raffne-
ments actuels; les appartements individuels pourvus des innova-
tions du confort dernier cri; et les innombrables « dessous » —
office, dépense, cuisine, frigorifique, cave, laverie, lingerie, chauf-
fage. etc. — qu'un progrès incessant améliore et modifie chaque
jour : tout cela Moreau dut l’étudier avec un souci consciencieux
que faisait renaître chacune de ses constructions. Aussi, ses hôtels
NÉCROLOGIE 307
de Vichy ont-ils été reconnus comme des modèles de moderne mise
au point, sans que jamais, d’ailleurs, l'artiste ait abandonné ses
droits sur le technicien.
:
Lin die
D vus us
Cliche Giron.
LE THERMAL DE VICHY
Vichy doit à René Moreau l’Hôtel Astoria et les bureaux de la
Société générale, le Carlton, le Thermal-Palace, la transformation
de l'Hôtel du Parc et l'immense salle de restaurant commune à ce
dernier établissement et au Majestic. Ici, l’utilisation du ciment
armé donna des résultats particulièrement heureux, tandis que les
LU
308 SociËTÉ D'EMULATION Du BoUuRBONNAIS
‘proportions du vaisseau et la grâce du stvle — cela a été dit et
écrit — ont fait de cette salle « l’une des plus belles d'Europe ». A
Vichy encore, Moreau dota le Casino des Fleurs d'une salle de
spectacle, d'un salon de jeu et d'un théâtre en plein air, ensemble
distingué qui dut être conduit avec cette célérité un peu trépidante
qu'imposent les exigences d'une ouverture de saison.
*
LE
Vint la guerre... A l'arrêt presque total des travaux du bâtiment,
l'activité de notre confrère — qui donna ainsi la mesure de sa va-
leur — suppléa par les études historiques dont nous avons parlé.
La tourmente passée, l'occasion s’ofirit à lui d'affirmer la maîtrise
multiforme de son crayon en édifiant l'arc de triomphe dont Mou-
lins accüeillit son 36° d'artillerie, retour du Rhin : œuvre éphémère,
malheureusement, mais grandiose, d'allure vraiment majestueuse,
comme peu de villes de France certainement en connurent. Puis ce
fut une belle série de « monuments aux morts ». Notons, entre
autres, autour de nous, ceux de Souvigny et de Coulandon, l’autel-
mémorial de Dompierre et celui de la Cathédrale de Moulins ;
enfin le monyment de Ceyssac (Haute-Loire), — tous travaux de
- nobles lignes qui portaient la marque de ce beau talent d'artiste.
Car, artiste, Moreau l'était dans l'âme, révélant partout, par quelque
détail, dans sa production si variée, la recherche élégante et le goût
qu'entretenait en lui son culte admiratif pour les vieux maîtres de
nos grandes époques. Aussi, ses envois au Salon furent-ils toujours
très remarqués, signalés et reproduits par les revues d'architecture.
Îlen eut sept, que nous relevons aux catalogues des Artistes
français :
1885. — Projet de restauralion d'une chapelle dédiée à saint Lazare, à Saint-
. Aignan (Loir-et-Cher) ; trois chàssis.
1888. — Projet pour la construction du chdteau de la R..., près Moulins ; cinq
châssis. :
1889. — Le Dovenné, à Moulins, état actuel.
Projet pour la construction d'un stand, à Moulins.
1890. — Etude d'Hôpital ; cinq chässis.
1891. — Chdteau de Contresol (Allier) ; six châssis et un cadre.
1893. — Construction d'un petit hôtel pour A1. M... {[Mantin], à Moulins,
En 1889, au mème Salon où Marius Perret, le bon peintre mouli-
NÉCROLOGIE 309
nois,remportait pour la première fois une mention honorable, Moreau
se voyait décerner la même récompense pour son Doyenné. L'année
ty ©
1h :
| PE
MOULINS. — LE DOYENNÉ 1)
(Mention bonorable au Salon de 1889) ,
suivante, il obtenait une troisième médaille avec son Hôpital,
« œuvre importante »..., « étude très appréciée »..…., « dénotant un
architecte sérieux qui s'occupe des questions à l'ordre du jour » (2).
(1: Cliché extrait du Guide arch4oloyique dans Moulins, par M. DE Quiniezce. Librair
rie Chambalous, à Moulins.
(2) L’Architecture, journal hebdomadaire de la Société centrale des architectes
français, 1890, p 9322.
310 SOCIÉTÉ v’'EMULATION DU BouRBONNAIS
Moulins — si parva licel... — a aussi ses Salons. (Nos amis du
‘Syndicat d'initiative ne nous en préparent-ils pas un en ce mo-
ment ?) On a certainement gardé mémoire de l'Exposition des beaux-
arts organisée en 1896, sous les auspices de notre société, et qui
réussit merveilleusement (1). Elle avait été installée, avenue Victor-
Hugo, dans les terrains que le département y possédait encore à
celte époque. Un baraquement, bien clair, construit par M. Tourteau
au milieu d'un beau jardin aux arbres splendides, fut aménagé avec
une très élégante intelligence de sa destination. Et, sur les panneaux
de ses cinq vastes salles, René Moreau, aidé, entre autres, de notre
confrère feu Camille Grégoire, sut disposer harmonieusement les
envois nombreux que nous avions reçus et qui nous firent admirer
des toiles de Puvis de Chavannes, de Desboutin, de Gervex, de
Rochegrosse, de José Frappa, d'Ulpiano Checa. J'en passe et des
meilleurs. D'heureuses oppositions, un habile équilibre des dimen-
sions et de la tonalité générale des œuvres exposées avaient assuré
un coup d'œil séduisant à ce Salon, qui atfirait dès l’abord par le
charme de son accueil et, lorsqu'on l’étudiait ensuite en détail.
donnait une réelle impression d'art. René Moreau, secrétaire général
de l’Exposition, s'était consacré avec enthousiasme, pendant des
mois, à celte organisation qui fut de tous points parfaite et qu'il sut
marquer de spectacles délicats, notamment d'une représentation du
Baiser, de Théodore de Banville.
Une chose à noter, et cela servira sa mémoire. C'est à René
Moreau, cet homme qui, certes, n'aimait point à « se mettre en
avant », que nous dûmes le succès des deux manifestations artis-
tiques mémorables que Moulins, sur Finitiative de notre société,
connut en ces trente dernières années : l'Exposition de 1896, dont
nous venons de parler, et le centenaire de Banville. célébré avec
tant d'éclat l'an dernier (2). Nommé président du Comité Banville,
notre confrère en prit immédiatement en mains la direction tout
entière, établit aussitôt le contact avec la Comédie-l‘rançaise dont
le concours lui fut libéralement assuré, sollicita les subventions des
pouvoirs publics, organisa un cycle de conférences. Pour chacune
(1) Cf. Bulletin-Rrevur de la Société d’émulation, 1896, passim ; et aussi la Quin:aine
bourbonnaise, mème année, pp. 289 et suivantes.
(2) Cf. Bulletin de la Société d'émulation, 1923, pp. 154-369.
NÉCROLOGIE 311
00 + ee
de ces « leçons », et s’attachant à faire connaître à l'auditoire les liens
du bon rimeur avec le Bourbonnais, il prépara d'aimables « levers
de rideau ».
Puis, la « journée Banville » étant enfin prochaine, le meneur du
jeu se multiplia. Architecte. il dessina pour la maison natale du
poète une plaque commémorative qui y avait son « logement » tout
indiqué et que les banvillistes y attendaient depuis trente ans.
Metteur en scène, il fit approprier à la représentation de Florise les
modestes ressources de notre théâtre. Décorateur, il voulut qu'un
cadre élégant entourût la statue de Banville. Et, président, il guida
par la ville le cortège officiel, en marquant toutes les étapes d’une
allocution ou d’un discours. Bref, on peut bien dire quil fut le grand
ouvrier de cette belle fête moulinoise, où la gloire de Banville,
magnifiée par un ministre ami des lettres ct champion résolu de
notre culture nationale, fut dorée d’une noble auréole.
*
+
Tandis qu'il réalisait ainsi, sans un accroc, le souhait de notre
compagnie, Moreau préparait avec soin le Congrès de l’Associa-
tion provinciale des architectes français qui se tint à Périgueux
deux semaines après. Îl n'était que vice-président de cette société ;
mais le président, gravement malade depuis de longs mois, — et
qui devait succomber peu après — avait laissé toutes choses en
souffrance. Notre confrère dut donc, en présence d’une situation qui
exigeait un effort énorme et. vis-à-vis du président malade, un tact
parfait, mettre sur pied, loin des archives et de la correspondance,
à travers maintes difficultés, le Congrès périgourdin. La réussite de
ces assises d’une puissante association fut parfaite et Moreau s'y vit
porter par acclamation à la présidence.
Déjà il sentait les atteintes du mal... Et, pourtant, il prit vaillam-
ment en mains ces lourdes fonctions qui venaient se superposer au
travail de son cabinet d'architecte. Avec l'active collaboration de
notre confrère Marcel Génermont — qu'il avait réclamé comme
directeur du Bulletin mensuel de l'association, sachant que c'était
assurer à ce périodique une allure bien vivante, — Moreau s'occupa
assidüment des intérêts de sa société. Dans le Bulletin, il traitait
lui-mème avec une compétence avisée les questions professionnelles
que les complications de l'heure présente rendent souvent épineuses
312 SOCIÉTÉ D'EMULATION pu BOURBONNAIS
et difficiles. Et, pendant de longs mois, malgré la maladie qui
le talonnait douloureusement, il prépara le Congrès de Reims
(juin 1924), dont il dirigea-les travaux au milieu de l'angoisse dis-
crètement inquiète des congressistes.
Tout récemment, il était élu à la Société centrale des architectes,
accadémie à recrutement limité, qui n'accueille que des hommes
ayant derrière eux un long passé d'œuvres maïitresses. Le bagage
que René Moreau — il avait travaillé dans dix-huit départements —
présentait aux suffrages de cette élite de l'architecture française était
considérable. Nous en signalions plus haut les pages capitales :
mais nous noterons ici qu'un nombre important de dessins accom-
pagnaient chaque envoi, prouvant le soin minutieux avec lequel
avaient été étudiés tout les détails d'exécution de ces constructions
diverses. | |
On voit — Moreau était également vice-président de la Fédération
des Sociétés françaises d’architectes — on voit quelle estime ses
maitres et ces pairs témoignaient hautement pour l'œuvre, pour les
qualités professionnelles et pour la personne de notre confrère. Il
sied de dire aussi la déférente sympathie professée à son endroit
par ceux qui menèrent sous ses ordres leur belle tâche de con-
structeurs.
€ On aimait à travailler sous sa direction... » a dit devant son
cercueil le président du Bâtiment, M. Charpy. Et, dans sa simplicité,
cette formule rend bien l'impression de ceux qui furent, àtous les
titres, les réalisateurs des conceptions de René Moreau. D'accueil
plutôt froid tout d'abord, le maitre de l'œuvre ne tardait guère à se
confier aux collaborateurs dont il sentait l'esprit ouvert à cet instinct
du « mieux faire » qui était sa règle. Aussi se plaisait-il à écouter,
à solliciter parfois les observations de ses entrepreneurs et des
ouvriers eux-mêmes, accueillant d'emblée ce qu'il estimait en elles
de fondé ; examinant par le menu ce qui lui semblait discutable.
Et, s'il écartait finalement une suggestion, ce n'était pas sans avoir
donné, avec une courtoise clarté, les raisons de technique ou d'art
qui dictaient sa décision.
[ fallait le voir arriver sur un chantier, nous disait quelqu'un, le
caractéristique chapeau aux larges ailes campé en arrière, les mains
dans les poches, avec cette carrure qui rappelait celle de son pére.
D'un coup d'œil, il embrassait le travail fait depuis sa dernière
L NÉCROLOGIE | 313
visite. Il en approuvait l'exécution d'un satisfecit cordial ; ou bien,
d'un « Ah! mais non !... » bien marqué, il relevait la faute commise
par le praticien, ou même, en toute modestie, redressait l'erreur
qu'il avait pu par inadvertance inspirer. Et ce n’était pas d’une
indication sommaire qu’il se contentait, — de celles que dessine
souvent... dans l'air... un rapide tracé du pouce. — Il avait tôt pris
un papier et, sur un coin d’échafaudage, d'un crayon expert, il
donnait avec une précise netteté l'indication utile, résolvant la
difficulté. Tous ses travaux. d’ailleurs, étaient scrupuleusement
étudiés dans le détail, car c'était un dessinateur de premier ordre.
Aussi, « on aimait à travailler sous sa direction. »
La froideur de son abord premier, d’autres que les collaborateurs
professionnels de René Moreau ont pu la constater, qui ne tardèrent
pas à être conquis par les qualités heureuses que cet homme possé-
dait et qu'il n'extériorisait qu’à la longue. Il s’enfermait volontiers
dans sa tâche laborieuse, ce puissant « abatteur » de besogne, qui
travailla jusqu'à ses derniers jours, alors que le mal resserrait pro-
gressivement sur lui l’étreinte à quoi l’on ne résiste pas.
Nous avons dit ce que furent en lui le chercheur artiste et l’érudit
bourbonnais. « C'était aussi un esprit élégamment cultivé, un fervent
des bonnes lettres, une âme délicate et d’une absolue droiture (1). »
Il faisait honneur à notre compagnie. Aussi, notre président tint-il
à lui apporter, - tant au cimetière de Moulins (2) qu’à notre séance
mensuelle d'octobre, — avec nos regrets à tous. l’hommage recon-
naissant de la Société d'émulation.
MaARCELLIN CRÉPIN-LEBLOND.
(1) Courrier de l'Allier du 19 septembre.
(2) D'autres discours ont été prononcés aux obsèques par MM. Charpy, président
de la Chambre syndicale des entrepreneurs ; Laroque, au nom des Architectes du
Centre ; Génermont, au nom de la Société des architectes diplômés ; Talbourdeau,
architecle à Montluçon, au nom de la Fédération et de la Société centrale ; Dufayn
Lamy, architecte à Reims, vice-président à l’Association provinciale.
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BIBLIOGRAPHIE
Le Chapitre Collégial de Notre-Dame de Moulins, 1378-1408,
la fondation et le fondateur, par M. l'abbé Philippe DumoxrT,
docteur ès lettres. — Moulins, E. Revéret, libraire-éditeur, 1924,
160 pages de texte et 50 de document, 14 planches hors-texte.
La fondation du Chapitre de Moulins (1384) occupe le point cen-
tral de notre histoire bourbonnaise. Elle correspond en même temps,
dans l'histoire de France, à la période si troublée qui précède l'ex-
pulsion des Anglais et la formation définitive de l’unité nationale.
M. l'abbé Dumont a brossé le tableau de cette époque de notre vie
bourbonnaisce et de notre vie française avec une maîtrise qui dénote
un vrai talent d’historien.
Spn étude est divisée en neuf chapitres. |
En tête. vient la requête de Louis IT à Clément VII, suppliant le
Pape d'autoriser la création d'un Chapitre à Moulins : la raison
principale est l'intérêt religieux des habitants de Moulins. Cette
ville, capitale du duché. n’a pas d'église paroissiale, mais une simple
chapelle desservie par un chapelain dont la subsistance n'est même
pas assurée par des revenus perpétuels.
Pour entretenir le nouveau Chapitre.le Duc croit pouvoir disposer
d’une somme de deux mille francs d'or promise par le roi Char-
les V en dédommagement de la suppression par le fait des guerres,
des vicairies fondées à Villencuve par Pierre de Belleperche. Il
dispose aussi du revenu des chapelles supprimées de Céron et de
Bessay et des vicairies déjà fondées à Moulins.
Louis IT prévoit un Chapitre de 12 chanoines dont le doyen sera
élu par le Chapitre et confirmé par le prieur de Souvigny, patron
de la chapelle de Moulins.
Le duc constituera une rente annuelle et perpétuelles de 100 livres
sur ses deniers personnels ; il aura le titre de fondateur. et la collégiale
sera sous sa sauvegarde. Que représentait la ville de Moulins à la fin
du x1v° siècle ? M. Dumont nous en fait la description complète, après
avoir retracé les différentes phases de son histoire. - Depuis son appa-
rition en 990-91 sous forme de simple villa du Pagus Augustidunensis,
jusqu'à sou incorporation dans la sirerie de Bourbon, incorporation
dont la date pourrait remonter au delà de 1108, nous ne savons rien
de ses premiers débuts. — La présence d’un château-fort en 1108-09
BiBLIOGRAPHIE 315
paraît vraisemblable à notre historien. Mais, à partir de 1327, Mou-
lins devient la capitale du nouveau duché et, dès lors, devient le
centre de la cour ducale qui entraine la création de divers organes
administratifs, Chambre des Comptes, etc , et entraine aussi la
nécessité d’une enceinte de protection, dont M. l'abbé Dumont nous
fait suivre la ligne ininterrompue encore facile à repérer par la
situation des cours.
La situation religieuse a encore plus d'importance au point de
vue de la création du Chapitre que la situation civile et militaire.
Moulins se partage entre deux paroisses du diocèse d’Autun :
Yzeure et Saint-Bonnet, et la fondation du Chapitre qui aura pour
conséquence l'inauguration d’un nouveau centre paroissial, va jeter
le trouble, non seulement dans la situation des titulaires d'Yzeure et
Saint-Bonnet qui dépendent de.l'évèque d'Autun, mais dans les droits
du prieuré de Souvigny, à qui la Villa de Molinis a été donnée en
990. Dès lors la fondation du duc Louis II se trouve avoir le dire
des curés à éviter. Mais le duc a une haute position à la cour de
France, et cette position lui assure un crédit suflisant auprès dela
cour pontificale d'Avignon. Il surmontera donc tous les obstacles,
et le 7 décembre 1386, l'évêque de Nevers, Maurice de Coulange,
érige la chapelle de Moulins et installe la collégiale. - Huit ans se
sont passés depuis la bulle de Clément VIT, autorisant cette fonda-
tion. En réalité, Louis [[, malgré sa richesse, a de la peine à réunir
les fonds de sa fondation.
M. Dumont nous explique les causes de cet embarras financier,
difficile à comprendre pour qui connaît la magnifique fortune de
nos ducs. C'est qu’en réalité, Louis IT est un grand dépensieret que,
pour subvenir au faste de sa vie princière, à ses expéditions, à ses
constructions, aucune fortune ne peut suffire. Nous devons remer-
cier M. Dumont de nous avoir tracé un portrait si poussé de ce haut
personnage, qui a élé pour la France et pour le Bourbonnais un des
premiers acteurs du xiv° siècle.
La fin de l'ouvrage est consacré à :
1° L’annexion d'Yzeure.
2° Les privilèges du Chapitre.
4 L'histoire de la Collégiale.
De très belles planches ornent cet ouvrage, qui restera un vérita-
ble monument d’érudition faisant date dans nos annales.
D* pe B.
316 SoctéÉTÉ Dp'EMuLATION Du BouRBONNAIS
La Réforme du Prieuré d’Yzeure-les-Moulins, 1503-1508. par
M. l'abbé Philippe Dusonr, docteur ès lettres. — 1 volume in-8?,
Moulins, E. Revéret. libraire-éditeur, 1924. — 94 pages de texte
et 36 de documents, 6 illustrations hors-texte et une dans le texte.
M. l’abbé Dumont nous offre, en même temps que son histoire du
Chapitre de Moulins, le récit des faits qui se sont passés à Yzeure,
au moment de la réforme du prieuré, c'est-à-dire entre 1503 et 1508.
Dans son introduction, notre nouvel historien nous fait connaître
l’état lamentable dans lequel étaient tombés les ordres monastiques
vers la fin du xv° siècle, et par quelles mesures aussi rigoureuses
que pondérées, l'Eglise s'était attachée spontanément à cette dure
réforme, bien avant que le mouvement protestant vint en proclamer
la nécessité.
Quelle est l’origine du prieuré d'Yzeure ? Le titre le plus ancien est
un diplôme de Charles le Gros, par lequel Guillaume, comte de
Nevers, cède à l’évêque de Nevers. l’abbaye de Saint-Pierre d'Yzeure
située dans le comté d’Autun. Le titre est de 883-886 ; le mot
abbaye est là pour église.
Vient ensuite le titre de 1:50, base du patronage de Saint-Menoux
sur Yzeure. D'après cet acte, l'évêque de Nevers cède à l'abbaye de
Saint-Menoux l’église d'Yzeure, qui, dit-il, lui appartenait déjà du
temps de son prédécesseur Etienne.
Le patronage de Saint-Menoux consiste en ce que l'abbesse nomme,
avec l’assentiment de l'évêque, le chapelain de l'église d’Yzeure. Le
curé d’Yzeure n’est que le vicaire de l’abbesse de Saint-Menoux.
Le prieuré d'Yzeure existe avant 1312. distinct de l'église. Îl sem-
ble qu'il ait été fondé vers 1250 par l'abbaye de Saint-Menoux.
Jusqu'à la réforme, le prieuré ne tient que trois ou quatre religieu-
ses envoyées de Saint-Menoux et dont la supérieure est désignée
par l’abbesse de Saint-Menoux ; il ne se recrute pas et dépend com-
plètement de Saint-Menoux. |
Les revenus du prieuré viennent de la dotation constituée par
Saint-Menoux et des donations et fondations postérieures à sa
création.
En fait, en 1478, il y avait à Yzeure quatre religieuses qui vivaient
presque en séculières et n'avaient pas d'office solennel.
À ce moment l’abbesse de Saint-Menoux obtient du Pape Sixte IV,
avec l'approbation de Louis XI, l'annexion du prieuré à l’abbaye.
L'abbesse de Saint-Menoux est Madeleine d'Amboise, qui réunit
BIBLIOGRAPHIE 317
0 RR — —
en ses mains le gouvernement des deux abbayes de Charenton et de
Saint: Menoux Mais cette réunion d'Yzeure à Saint-Menoux n'a pas
de durée, car Blanche de Guénégaud, prieure d'Yzeure, qui a ac-
cepté l'annexion en 1478, imeurt six ans après, en 148+ ; elle résigne
en faveur de Jeanne Mareschal II. Cette résignation approuvée à
Rome, implante à Yzeure une personnalité qui refuse absolument de
se dessaisir en faveur de Saint-Menoux, et la résistance de Jeanne
Mareschal IT est un des épisodes les plus curieux de cette phase de
la réforme. |
C'est en 1503; au mois de février, que le légat chargé de la ré-
forme des ordres monastiques entreprend la réforme d’Yzeure ; il en
charge treize délégués ecclésiastiques, qui prennent les premières
mesures urgentes : rétablissément de la clôture, introduction de
nouvelles religieuses pour aider à transformer la vice intéricure du
prieuré ; mais, peu après, ces religieuses se réunissent en salle capi-
tulaire et demandent au légat certaines modifications importantes à
leur statut : l'élection de la supérieure, la jouissance des revenus.
Par une bulle datée de Lyon, avril 1503, le légat approuve.
Dans une troisième bulle, datée encore de Lyon. mai 1503, le légat
enregistre le scandale qui vient de se produire à Yzeure : la prieure
Jeanne Mareschal a quitté de nuit son monastère, et il charge ses
délégués de nommer une supérieure provisoire et de prendre les
moyens nécessaires pour faire rentrer Jeanne Marcschal dans son
couvent. Jeanne Mareschal, sous la menace de l’excommunication,
rentre au couvent, mais elle persiste dans sa rébellion à la réforme.
On décide de la transférer d'office à Laveine, mais ce transfert na
pas lieu, et Jeanne Mareschal meurt hors du couvent, en 1505.
Elle est remplacée par Madeleine de Chazeron ; elleest la pre-
mière prieure élue, et à partir de ce moment la réforme triomphe
à Yzeure. — Au débat, c'est la règle Bénédictine qui est appliquée ;
à partir de 1508, c'est celle de Chezal-Benoit et, comme avec la
réforme le nombre des religieuses augmente rapidement, force est
de s'occuper du revenu. Beaucoup des biens du prieuré sont tom-
bés entre les mains de laïcs. Üne bulle du légat, avec menace d'’ex-
communication, les fait rentrer et en même temps les donations
reparaissent et la situation critique ne dure pas.
Dans un dernier chapitre, l’auteur étudie les suites de la réforme
à Yzeure, la maison de Gipcy et de Bouloët, l'émancipation maté-
318 « SoctÉTÉ D’'EMULATION pu BoUuRBONNAIS
rielle et spirituelle du prieuré et, sous la direction autorisée des reli-
gieux de Chezal-Benoît, le prieuré poursuit jusqu’à la Révolution. une
marche régulière qui montre ici plus de vitalité qu'à Saint-Menoux.
D' pe B.
Lieutenant Hugues pe LAUzANNE : Généalogie de la Maison de
Lauzanne. — Moulins, Crépin-Leblond, 1924.
Cette publication, non mise dans le commerce, intéresse le Bour-
bonnais, car les Lauzanne ont été seigneurs en Bourbonnais : de
Puy-de-Varennes. de Launoy, des Neurissons, de Comme-ce-Soit,
(paroisse de Neuilly-en-Dun), du Pée. alias du Pré (paroisse de
Neuvy-le-Barrois). de La Trollière et de Valvinaud (paroisse de
Theneuille). | :
Sans compter de nombreux fiefs en Marche, leur province d'ori-
gine, en Bretagne eten Auvergne.
Leurs alliances avec les familles de Saint-Julien, de Durat, des
Brandons. de Bosredon, Mulatier de La Trollière, de Bron. de Vi-
chy. Le Borgne, de la Roche Aymon, de Chaslus, de Salvert de
Montrognon, de Frétat, intéressent notre province.
Le travail du lieutenant de Lauzanne donne de courtes notices
ou généalogies relatives à ces familles.
Faite à l'aide des meilleures sources, cette généalogie est une
œuvre érudite, consciencieuse, qui fait honneur à la famille et à
l'auteur.
Le lieutenant de Lauzanne a pu remonter la filiation suivie jusqu’à
Jehan de Lauzanne, damoiseau alias écuyer. seigneur de Lestang et
de Bezergue en Marche, né vers 1380, encore vivant le 14 décembre
1464. |
Les armes de la maison de Lauzanne sont : d'azur, au croissant
d'argent, accompagné de deux étoiles d'or, l'une en chef et l'autre en
pointe. Px. T.
Abbé GUÉRET : Petite vie de saint Mayeul, /e sain! de Souvigny
— Moulins. Imprimeries Réunies, 1924. — En vente au presby-
tère de Souvigny : 1 fr. 25.
Continuant la série de ses petites monographies relatives à Sou-
vigny et à ses illustrations, notre confrère M. l'abbé Guéret nous
donne, cette fois, une vie de saint Mayeul, le grand thaumaturge du
x° siècle.
BIBLIOGRAPHIE 319
La vie de ce grand abbé de Cluny, réformateur insigne de la vie
monastique, fondateur du monastère de Paray-le-Monial, n'est sans
doute pas connue comme elle le mériterait, et M. le curé de Souvi-
gny a bien fait de la mettre ainsi à la portée de ses ouailles comme
des nombreux étrangers qui visitent son tombeau. Mais la vie de ce
grand saint que l’on représente la liare aux pieds en souvenir du
refus qu’il fit de la papauté, à lui offerte par sainte Adélaïde, Othon II
et le clergé romain, ne fut pas qu’un exemple de pieuses vertus : elle
intéresse en bien des points notre province. Ses funérailles attirèrent
à Souvigny un tel concours de peuples que la ville ne put les conte-
nir ; on dressa des tentes dans les prairies de la Queusne ; Hugues
Capet vint lui-même, avec une suite nombreuse, assister aux obsèques
de « son meilleur ami ». Îl trouva d'ailleurs près du corps du bien-
heureux, la guérison d'un mal rebelle.
Ce ne fut pas le seul miracle accompli par ses reliques. M. l’abbé
Guéret en rappelle plusieurs autres, dont bénéficièrent des personnes
d'A vermes, de Bressolles, de Cusset et surtout de Souvignx.
M. G.
A la mémoire de F. Chalandre. — Le bénéfice réalisé sur la
vente de cette plaquette, ainsi que le produit d’une souscription pri-
vée, ouverte, en même temps. entre les sociétaires du Groupe, les
amis et les admirateurs de Fernand Chalandre, est destinée à
l'érection au cimetière de Nevers. sur la tomle du graveur disparu,
d'un souvenir consistant, dans le cadre d'une architecture simple
de volvic, en la reproduction, sur pierre ou sur métal, d'une œuvre
de l'artiste regretté |
Le Groupe d'Emulation artistique du Nivernais a décidé la publi-
cation d’un second tirage, numéroté de 421 à 620, absolument iden-
tique au premier et cédé au même prix : 5 francs, pris à la Maison
du Groupe, 17, rue Saint-Etienne à Nevers; 5 fr. 50 franco-poste
sur demande à la même adresse.
Les fonds nouveaux recueillis seront employés intégralement,
avec le reliquat déjà existant, à l'achat, pour la salle spéciale en
cours d'exécution au Musée Municipal de Nevers, d'œuvres origi-
nales : aquarelles, dessins, esquisses, de Fernand Chalandre.
La brochure « A la mémoire de Chalandre » contient un portrait
du disparu par André Favory et la reproduction de 15 « bois » de
Chalandre.
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AT SAMU, MN NUE
NOS CONFRÈRES M. Joseph VipLe, procureur de la République à Cus-
set, est nommé en la même qualité à Moulins, où il
avait été, il y a peu d’années, substitut,
M. Jacques CHEVALIER, président de l’Académie delphinale. vient de
publier dans le Bulletin de cette compagnie unetrès belle étude sur « Bayard,
lieutenant général à Grenoble ». Il y fait revivre, avec la hauteur de vues et
la noblesse d'idées qui lui sont coutumières, la « physionomie spirituelle du
héros dauphinois ».
NOS COMPATRIOTES Le Conseil général de l'Allier a attribué le prix Ro-
bichon 1924 à M. Max Fazy, archiviste de l'Allier,
pour ses deux ouvrages sur /es Origines du Bourbonnais.
LES CONFÉRENCES Notre érudit confrère Paul Ducnon a inauguré, en
BOURBONNAISES %Z octobre, le cycle des Conférences de cet hiver,
en parlant de /a Chanson bourbornaïise en une cau-
serie charmante «illustrée» d’auditions de ces cantilènes populaires.
Voici le programme des conférences suivantes :
Novembre : /a Rivière d’Allier et son utilisation jusqu’au XX® siècle, par
M Mauve.
Décembre : le Bourbonnaïs il y a cinquante ans; sorciers et guérisseurs pré-
jugés et superstitions, par M. BARDET.
Janvier : les Paysages bourbonnais, d'après les écrivains bourbonnais, par
.M''e Nelly MELin.
Février : Marcellin Desboutin el son œuvre, par M. CaPELIN.
Mars : les Corporations en Bourbonnais, par M'* PERSON, directrice de
l’Ecole normale d’institutrices.
CURIOSITÉS % Le laurier de la Turbie, célébré par Banville dans /a
BOURBONNAISES Her de Nice et chanté par lui dans Les Extlés, était mort
il y a déjà nombre d'années. Mais, de ce géant, des
rejetons poussaient avec vigueur dans un jardin du village. L’un d’eux vient
d’être solennellement planté à la place exacte où Banville admira l'arbre
illustre. Et cette pensée poétique vaut mieux, croyons-nous, qu’un mauvais
monument.
NOTES pp % % % À paru chez Dorbon aîné,à Paris : Providence, par
BIBLIOGRAPHIQUES {le lieutenant-colonel] Charles Weiss.
Notre compatriote M. Märcel DuNan vient de
faire éditer chez Plon, à Paris, sa traduction de la Ville impériale de Paul
Zirrerer, dont nous avons signalé la publication dans /’/!{ustratson.
_. PROCÈS-VERBAUX
SÉANCE STATUTAIRE DU 3 NOVEMBRE 1924
à Présioexce DE M. Le D' De BRINON
— Etaient présents : Mme Moxceau ; MM. Bauryx, pe Boxx, Boxx.
Boussac, Buvar, CaPrgzix, (CHamBroN, chanoine CLÉMExT, abbé
Duwoxr, D' Fourxr, Géoec, Géxermonr, Loiseau, Loizer, Miccevr,
Adrien Mrrrox. François Mrrrox, D' Moxceau. André Rox, licute-
nant-colonel De Sainr-Hizien, Sarnazix, TrensONNIER.
— Excusés: M°° ve Boxaxn ; MM. Amédée Banrozer, COLLAS DE
CHATELPERRON, GorTezaxD, Mauve, D'Orso, RaymoxDp, Vip.
— M. 1e Présinexr donne le programme des conférences bour-
bonnaises projetées, la date. leurs sujets, le nom des conféren-
ciers (1).
— Ïl est procédé au dépouillement de la correspondance. Lettres :
— De M. Savxer, rendant compte des démarches qu'il a entre-
prises à Paris. à l'effet de savoir où en est au Conseil d'Etat la re-
connaissance d'utilité publique de notre Société.
— De M. pe La BouLaxe, ancien président, faisant connaître que,
s'il se retire de notre Société, il y sera remplacé par M'° de La
Boulaye.
— De M. Moxracxe, de laquelle nous extrayons les passages sui-
(1) Ce programme a été publié dans la chronique de notre dernier numéro,
p. 320.
21
322 SoctÉTÉ D'EMuLATION pu BoURBONNAIS
vants :'« Je suis allé une dernière fois aux Pierres Jaumâtres avant
l'hiver. Jusqu'à ce jour mes voyages ont été plutôt d'exploration ;
je veux connaitre, non seulement le groupe principal, mais aussi tous
les mégalithes de la campagne environnante ; ils sont nombreux et
quelques-uns curieux et jamais visités, parce que non signalés,
témoin le champignon dont je vous ai envoyé une photographie.
Lundi, nous avons, M. Zèle et moi, relevé quelques bassins inté-
ressants. Nous avons constaté sur les pierres des érosions formi-
dables, qui, presque toutes, sont orienttes de l'Est à l'Ouest.
Nous les relèverans toutes plus tard : photos et plans Je ne suis pas
uu savant et n'ai nullement la prétention d'imposer mon opinion.
j'émets des hypothèses, voilà lout. Sans aucune idée précouçue,
je dis ce que j'ai cru voir. Eh bien. jusqu'à preuve du contraire, je
suis d'avis que ces pierres énormes n'ont pu être rodées que par les
glaces el Je partage cette opinion qu'elles ont été déposées là par les
glaciers, contre celle de M. Morin qui soutient qu'elles ne sont que le
produit du ruissellement ; la moraine de plus de deux cents mètres
de long sur trente ou quarante de large en est certainement une
preuve, M. Zèle vous envoie les dessins et coupes de deux bassins
d'une des pierres du groupe principal (celle de la carte postale que
je vous ai envoyée où sont les deux personnages deboüt). Vous avez
la photo d'un de ces bassins, sur laquelle vous pourrez facilement
distinguer les angles rentrants. Le bassin en cœur est sur la plate-
forme et n'a pas d'écoulement ; faute d'éloignement, je n'ai pu en
prendre une photo, mais je ne désespère pas de réussir. . »
— De M. Louis Bréier, professeur à la Faculté des Lettres de
Clermont-Ferrand, remerciant de l'envoi d'un tirage spécial relatif à
sa conférence sur les Bibles de Souvigny et de Clermont.
— Le Bulletin historique et scientifique de l'Auvergne, 1924, n° 10.
page 174, renferme un article intitulé : Michel de l'Hospital et sa
légende. Note signée R. C. Le caractère du chancelier, étudié d'après
les documents, ne ressemble en rien à celui qu'on lui attribue : il ne
lui reste guère que le mérite d'avoir vêtu d'une parure littéraire les
volontés de Catherine de Médicis.
— Don à la bibliothèque : D' Albert Careix. Contribution à l'étude
du traitement des névralgies faciales, par l'alcoolisation du ganglion
de Gasser. Thèse soutenue en juillet 1924 devant la Faculté de
PRoOcÈS-VERBAUX 323
Médecine de Paris. M le D’ de Brinon en rend compte en ces ter-
mes : « Travail remarquable par sa précision scientifique et sa do-
cumentation. On y sent un esprit cultivé qui expose son sujet avec
la rigueur d'un mathématicien et en développe les conclusions pra-
tiques sans s’attarder aux discussions byzantines. Nos compliments
au jeune lauréat et nos remerciements. »
— M. le chanoine Crésexr prie l'assistance de trancher la ques-
tion des itinéraires des excursions annuelles,
M. TiensoxxiER estime que les membres présents ne peuvent lier
définitivement la Société par leur vote.
Cette manière de voir n'est pas adoplée, en raison du caractère
statutaire de la réunion générale de ce jour.
— M. Audré Rox propose d'explorer le département par arron-
dissements, avec retour dans le même à l'expiration d'un cycle «le
quatre ans. |
L'assistance manifeste une sympathie marquée pour ce projet . La
motion Roy est adoptée à une forte majorité
Il est passé à l'ordre du jour. |
— M. François Mrrrox doñne lecture de la note suivante :
« Notre compatriote, le lieutenant Roger Givaudan, du Montet.
a fait une étude importante sur le Cameroun. Le lieutenant Givau-
dan, à sa sortie de Saint-Cyr, a séjourné trois ans dans la région
située au sud du lac Tchad et dénommée le « Bec de Canard », où
il a exercé le commandement de la subdivision de Yagoua Il a, peu-
dant ces trois ans de séjour, accumulé de nombreux documents sur
la constitution zoologique. l'hydrographie, le climat, les caractères
physiques el moraux des populations, leur histoire, leur religion,
le commerce, l'industrie, l'agriculture, les voies de communication,
la faune et la flore de cette région. Ces documents très copieux ont
été conservés aux archives de la colonie.
— M. Adrien Mrrrox donne les renseignements suivants, sur deux
pièces préhistoriques conservées au Musée de Moulins.
Il y a sans doute beaucoup à deviner, mais il ÿ a très peu à aflir-
mer au sujet des deux pièces préhistoriques que M. le Président m'a
chargé de relever.
Ce sont deux pierres presque informes qui ont été découvertes
324 Soci1ÉTÉ D'EMULATION pu BoUuRBONNAIS
à Châtel-Montagne et sont conservées aujourd'hui dans le jardin du
Musée. | |
Toutes deux présentent une cavité hémi-sphérique qui ne suffirait
pas à elle seule à prouver le travail de l'homme, si l’une des pierres
ne présentait aussi trois cannelures demi-cylindriques parfaitement
régulières. La grosse pierre. celle qui porte les cannelures, est en
granite rose à grains fins ; ellea 0,50 de long, 0°”,50 de large et
0®,23 de haut. Sa cuvette, qui a 0°,15 de diamètre et 0",06 de pro-
fond, est absolument régulière. La petite pierre est plus informe ;
elle a 0",45 de long, 0",33 de large et 0”,21 de haut. Sa cuvette,
qui a 0",10 à 0°,12 de diamètre et 0",08 de profond, est moins
parfaitement circulaire ; son axe est placé en biais et elle présente
une espèce de déversoir. La pierre est en granite gris à grains fins.
Je laisse à de plus compétents que moi le soin d'interpréter ces
cannelures et ces cuvettes.
Un dessin très habile et parfaitement documentaire de M. A.
Mitton circule et permet aux assistants de juger de l'intérêt des
objets en question.
M. le Président insiste sur l'importance documentaire de ces
deux pierres du Musée qui sont des étalons sur lesquels on peut se
faire un jugement sur la question discutée des pierres à bassin. Il
serait à souhaiter que l'administration du Musée les signale à l’atten-
tion par une éliquette : car la plupart des visiteurs passent devant
sans les voir et sans se douter de l'intérêt qu'elles présentent. Cette
question des étiquettes est d’ailleurs beaucoup plus générale ; et la
plupart des pièces de valeur de nos collections restent ignorées
faute d'indication.
— M. le chanoine CLémexr, en faisant circuler des photographies
d'une stalue de Madone, d'une armure et d’une charte, nous entre-
tient d'une visite qu'il a faite au château de Lys et à l'ancienne cha-
pelle de Longvé, dans la paroisse de Bressolles, et qui appartiennent
à notre confrère M. le colonel de Saint-Hillier.
Entre la chapelle et le château, M. Lomet, arrière-grand-père du
propriétaire actuel, avait fait édifier, dans les premières années du
siècle dermer, et proche de la maison prieurale de Longvé qui existe
encore, un petit édicule qui a reçu une superbe statue en pierre de
Vierge provenant saus doute de la chapelle voisine. Cette sculpture
PRocÈSs- VERBAUX 325
représente la Madone assise, tenant l’Enfant Jésus qui joue avec les
pages d'un gros livre ouvert sur le genou droit de sa Mère, c'est.
une œuvre très importante du xv° siècle et une des plus belles sta-
tues de la région, enfin une pièce de choix pour un grand Musée.
Le château conserve de multiples œuvres d’art, tableaux, objets
de curiosité, qui mériteraient un catalogue spécial et une minu-
tieuse description. Nous nous bornerons. aujourd'hui, à signaler en
passant, plusieurs pièces d'une armure: casque, plastron d'une
cuirasse avec spallière et amorce de braconnière, deux brassards
avec arrière-bras dont les canons sont très ornementés, cubitière et
avant-bras... Ces restes semblent de la fin du xvi° siècle et peut-
être des premières années du suivant. Elles ont été trouvées au
chateau du Plessis (Autry-Issard). et peuvent légitimement être attri-
buées, comme le veut une tradition constante, à un chevalier de la
famille Aubery.
Mais la pièce qui mérite une particulière mention est une charte
relative à la construction de la chapelle de Longvé. Ce document, mu-
tilé en certaines parties, signalé déjà par le regretté commandant du
Broc de Segange, dans sa notice sur les fiefs de la paroisse de Bressolles,
nous apprend que deux frères Nicéphore de Bressolles et Raymond
donnèrent aux habitants de Longvé, « Longo vernenses », l'autorisa-
tion de construire une église de la grandeur et de l'importance qu'ils
voudraient, avec certaines réserves de droit en faveur de l'église
mère de Bressolles et l'obligation pour eux de satisfaire au précepte
d'entendre la messe en cette église pour les fêtes de Pâques, de la
Pentecôte, de la Toussaint et du saint Sauveur, qui était celle de
l'église paroissiale, exception faite en faveur des « moines » qui
naturellement pouvaient célébrer ces fêtes dans leur chapelle de
Longvé, etc. :
Malheureusement, ce document qui signale ainsi la présence des
bénédictins de Souvigny, qu'on retrouve dans d'autres actes authen-
tiques des xur° et x‘ siècles sur Longvé. n'est pas daté. I] semble
pourtant à notre confrère qu'il peut être placé à la fin du xi° siècle
et en tout cas au commencement du douzième, si on en juge par
la présence de certaines abréviations comme { barrée pour vel, et par
quelques petites particularités, par exemple la forme de la lettre e
remplaçant la lettre double æ dans ecclesiæ, qui ne porte pas la
326 SocIÉTÉ D'EMULATION pu BOURBONNAIS
sorte de petite cédille souscrite qui caractérise l’abréviation cou-
rante au x° siècle. Notre confrère se réserve d'ailleurs d'étudier et
de nous faire conuaître plus à fond, ce document st important pour
l'histoire civile et religieuse de notre région au Moyen-Age.
— M. Tiensoxwxier a relevé sur le catalogue d'octobre 1924 de la
librairie Henri Saffroy, 15, rue Guénégaud, Paris VI* (Autographes,
Documents manuscrits el imprimés) :
« 12063 Baxvizze Théodore ps), le célèbre poète. — Lettre aut.
signéc à une dame, 3 p. in-8. 50 fr.
« [lest las d'avoir tant souffert et ne peut écrire le prologue qu'elle
lut à demandé, car il est condamné à un repos absolu. Maurice
Bouchor pourrait écrire ce prologue aussi bien que lui. « Non seule-
« ment c'est un grand poète, mais il est profondément musicien, sa-
« vant en musique, dévot passionné de Bach, et il pourrait parler
« d'Haydn et de La Création avec plus de compétence que per-
« sonne. »
« 12064 Baxvizze (Théodore pe), le célèbre poète. Echo de Paris,
manuscrit aut. signé, 20 pages in-fol. (le FF. 16 manque;. 50 fr. ».
Puis il donne lecture d'une bulle du Pape Pie V, concernant la
chapelle Notre-Dame de Lorette, paroisse de Thionne. {(Renvoyé à la
Commission du Bulletin.)
M. Tiersonnier continue :
« Notre confrère, M. Max Boirot, à qui l'on doit un excellent
guide de Bourbon-Lancy, paru peu de temps avant la guerre, sous
les auspices du Syndicat d'initiative de cette station thermale, fait
paraitre de temps à autres des articles d'histoire locale dans le Paris-
Centre.
« Signalons en particulier, dans le numéro du 25 août 1924 :
Le Cardinal de Richelieu à Bourbon-Lancy. Ce stjour eut lieu en
1642. Quelques mois plus tard, le 4 décembre 1642, le grand mi-
nistre mourait.
« Dans les numéros du 29 et du 30 septembre 1924. sous le titre :
Madame de Sévigné à Bourbon, M. Max Boirot s'attaque à une
léende, suivant laquelle la spirituelle Marquise vient prendre les eaux
de Bourbon-Lancy. Il prouve péremptoirement que c'est à Bourbon-
l'Archambault qu'elle vint stjourner en 1687. »
M. Tiersonnier donne lecture de ce dernier article, où il est ques-
PRoOCÈS-VERBAUX 327
tion de M. Griffet, intendant des eaux minérales de Bourbon-l'Ar-
chambault, ancêtre d’une part des Griffet de La Baume, à la veille de
finir en quenouille, et d'une autre branche éteinte, à laquelle appar-
tenaient le P. Griffet et son frère, qui comptent l'un et l'autre dans
les illustrations moulinoises.
M. Ticrsonnier verse les extraits de ces numéros aux archives de
la Société.
— M.le lieutenant-colonel pe Saixt-Hiurter continue la série de
ses communications sur les voies romaines La région dont nous
entretient aujourd’hui notre confrère, est celle de Bourges, un des
carrefours de routes du monde romain.
— Sont présentés à l'admission :
M'e Madeleine pe La BouLaye, rue Grenier, à Moulins ; par
MM. Maurice Moulin, René Chabot, D' de Brinon.
M'ie Jeanne Cnanpy, artiste-peintre, route de Limoges, 32 bis ;
par MM le D' de Brinon. Génermont, chanoine Clément.
Mr: veuve François 68 CuaneTTE, château d’Aubigny, par Ville-
neuve ; par M°° la baronne Henri Duryÿe, Mile de Bonand, D" de
Brinon. |
— Sont admis en qualité de membres titulaires : MM. Dermas,
GozztrauD, Rocanp, abbé Roÿer, abbé LARROQUE. |
— L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 22 h. 1/2.
E. Careers.
SÉANCE DU 1° DÉCEMBRE 1924
PRÉSIDENCE DE M. Le D' pe BRriINox
Etaient présents : M*° Moxceau, MM. Georges BauEz, CaPeuix,
chanoine Cuémevr, abbé Dumoxr, Gaurier, Gévenmoxr, P. GozuiauD,
Guy-Coquieee, D' Moxceau, PavaizLox. Rocanp, André Roy, lieute-
nant-colonel De Sainr-Hicuter.
— Excusés : MM. \médée Banner, abbé Lannoque, Moraxn,
Rarmoxp.
328 Sociéré D'ExvLarios pc BourBoxxais
— Le procés-verbal Jde la précédente séance est lu et approuvé.
— M. le Présiorer souhaite la bienvenue à MM. P. Golliaud et
Rocasd, qui assistent pour la première fois à nos séances.
— Lettre de M. l'abbé François LannOQUE. remerciant de son
admission.
— [l est donné lecture d'une lettre de M. Sexen. demandant à la
Société de donner son appui moral à une conférence de M. Claude
Farrére. Le sujet serait : “ le Génie de Pierre Loti ». Cette séance
aurait lieu ie lundi g février 1925, dans la salle du Cinéma Amén-
cain Avis favorable.
— Lettre de M. Monaxp et un jeton.
u La belle conférence de M. Mauve sur l'Allier et sa narigation. va
avoir un résullat imprévu: faire sortir de collections privées des
souvenirs du fleuve moulinois ; pour ma part, je vous pricrai de
faire passer sous les yeux de nos confrères deux de ces souvenirs.
« 1° Une action ‘en blanc) de la Société des bateaux à vapeur sur
l'Allier en 1810.
« 2” Un jeton en argent de la communauté des marchands fréquen-
tant la rivière de Loire et fleuves descendant en icelle.
“ Ce jeton m'a été donné par un vieux pêcheur de Billy, qui pré-
tendait l'avoir trouvé dans les sables du fleuve, lors de la construc-
tion du pont vers 1880.
« Ces jetons ne sont pas très rares, il en existe de quatre modèles,
dont trois en cuivre et un en argent ; tous portent des dates diffé-
rentes. D'après M. Mantellier, l'historien de la communauté. ce
sont :
« 1° Avers pour la comm. d. march. freq. la R. D Loire. Au milieu
de roseaux le fleuve assis sur une urne d'où s'échappent les flots.
À sa gauche, Mercure lui tend la main droite et tient le caducée de
la gauche.
a À l'exergue Ligeris 1597. À l'avers, une vue d'Orléans, siège de
Ja communauté avec au premier plan le pont ct le fleuve. En exergue,
Avrelia.
u Îl'existe ce tvpe avec les dates 1597, 1625, 1653 et 1657.
« C'est un Jeton de ce dernier type qui fut présenté à notre Société,
par M. C. Grégoire, à la réunion de mars 1905.
ProcÈs-VERBAUX 329
« 2° Même avers sans date au revers. Louis XIV cuirassé, en exer-
gue : « Lud XIITIT D. G. Fr. et Nav. rex ».
« 3° Même avers sans date, au revers lête de Louis XIV avec en
exergue : « Louis le Gr. roy de France ».
« 4° Avers. Pour la comp. D. March. freqg. la R. D. Loire. La Loire
couchée au milieu de roseaux. accoudée sur uneurne. Dans le champ,
deux ancres en sauloir cantonnées de fleurs de lÿs. À l'excergue :
« Ligeris 1735 ». Au revers, une rue d'Orléans, et à l'exergue : « ex
libertale commercit vbertas. Avrellia » (poids 10 gr.).
« Le jeton que je présente.est de ce type, mais avec la date 1739.
« J'appellerai l'attention sur la devise, que je traduis: « L'abon-
dance naît de la liberté du commerce », et dont nos gouvernants
pourraient faire la leur en ces temps de disette. »
— M. G. Bauez appelle l'attention de nos confrères sur les notes
de M. de Launay, membre de l'Institut, ancien ingénieur des mines
à Moulins : Sur le terrain tertiaire de la Limagne Bourbonnaise,
(146 pages). accompagnées de mémoires sur la paléontologie de Ch.
Depéret (vertébrés, 3 p.) et de M. G. Dollfus (mollusques, 41 pages).
C'est le numéro 147 du Bullelin de la Carte géologique de
France (1). Il est abondamment illustré de cartes, croquis, coupes,
gravures diverses, au nombre de 70 et de 7 planches en héliogravure,
montraat notamment la carrière de Coulandon, l'empreinte d'un
oiseau (Palæortyx ?) de Menat, de coquilles fossiles : Hélix, Pota-
mides, Eÿrena, qui permettront aux profanes de les identifier faci-
lement. é |
Tous ceux qui s'intéressent à la géologie et à la faune préhisto-
riques de notre Bourbonnais, tiendront à consulter ce très important
mémoire, fruit d'études faites sur place, de 1885 à 1900.
— M. pe Brixox signale un passage d'un manuel de géographie,
mis entre les mains de la jeunesse et où le département de l'Allier est
ainsi décrit : |
« Le Bourbonnais. — Au confluent de la Loire et de l'Allier, au
point de convergence de la Limagne et du Forez, la plaine du Bour-
bonnaïs, couverte de sables granitiques est marécageuse et infertile,
au point de mériter le nom de Sologne bourbonnaise. Toutefois, elle
(1) Paris, Ch. Béranger, éd. 1923.
330 SociéTé D’EMuLATION pu BouRrRBONNAIS
tire une certaine importance de sa situation à la tête des lignes de
pénétration vers l'intérieur du massif, par les deux plaines dont elle
est l'issue. Peu peuplée, elle n'a qu'une grande ville, Moulins. —
(P. 249. Géographie de la France : L. Garrouépec et F. Maurerre.
Librairie Hachette, 1923.)
Ainsi l'auteur multiplie les erreurs et les omissions. Il ignore
l'existence de Montluçon et de Vichy dans l'Allier! L'inexactitude
de cette note est sévèrement commentée. Ce texte sera soumis à
M. l'inspecteur d'académie, à l'effet d'obtenir de l'auteur une recti-
fication ct, au préalable, de vouloir bien nous indiquer la marche à
suivre pour obtenir une revision du texte.
— Notre confrère, M. SÈque, nous adresse une liste des curés de
Coulandon.
MM. Ficault François, avant et après 1495. Archimbaud Jean,
avant et après 1526. Palierne Gabriel, avant et après 1608. Boulay,
avant 1626 et après 1635. Conssion François, avant 1674-1709.
Jarrouflet Jean, 1509-1739. Angrand Gabriel, 1740-1748. Coupery
Jacques. 1749-1792. Bouyot Jean. 1802, non installé. Harault
Antoine-Marc, 1803, non installé. Veyssière Benoit, 1804-1813.
Bardoux, 1814-1817. Chevogeon Jacques, 1817 1822. Brayard
Pierre, 1822-1825. Querry, 1825-1827. James François, 1827-
1860. Vernaÿ Marie-Antoine, 1860-1866. Rondet Jean-Baptiste,
1866-1873. Escot Louis-Victor, 1874-1893. Lamouroux Frédéric,
1893-1897. Sauvade Antoine, 1897-1907. Duprat Antonin, 1907-
1911. Ardillon Gabriel, 1911.
— M. Georges Bauez, parlant au nom de M, Mauve, qui vient de
faire récemment une conférence sur la batellerie de l'Allier, demande
communication de tout dessin ou autres documents iconographiques.
relatifs aux bateaux inexplosibles qui naviguaient sur notre rivière.
— M.le D' Moxceau répond qu'il existe, dans les annuaires de
l'époque, une vignette représentant un des dits pyroscaphes.
— M. le Chanoine Créer, en qualité d'inspecteur de la Société
française d'Archéologie, offre, au nom de cette compagnie, le volume
nouvellement paru, contenant le compte rendu de l'excursion faite
par le congrès, en Rhénanie, en 1922.
De vifs remerciements sont adressés à cette Société, et son ou-
PRocÈS-VERBAUX | 331
vrage, rempli de dessins, photographies et plans, tous extrêmement
documentaires, obtient un vif succès.
Puis M. le chanoine Clément entretient la Société d'une visite
qu'il a faite le samedi 20 octobre dernier, à l'église d'Agonges. pour
relever le dessin d’une ancienne peinture murale de la sacristie.
Conduit par notre confrère M. le chanoine de la Celle, et en compa-
gaie de notre jeune confrère M. Jacques Monicat, et de M. Pierre
Caillet, tous les deux élèves de l'école des Chartes, ils ont pu exécuter
des photographies de cette intéressante décoralion dont M. le cha-
noine Clément nous fait voir une épreuve mise en couleur.
On connait la charmante église rurale d’Agonges. Cet édifice
roman possédait à l'extrémité Sud de son transept une chapelle cons-
truite par les seigneurs de l'Epine au xv° siècle. Elle passa aux Pères
Chartreux au xvur* siècle. Or l'église d'Agonges ne possédait pas de
sacristie avant 1732. Dans une visite pastorale de l'archevèque de
Bourges, Mgr de la Rochefoucauld, ce prélat constate cette année
même l'absence d'une sacristie et l'obligation pour le desservant de
la paroisse de se revêtir des ornements sacrés sur l'autel, en présence
du peuple, ce qui était d'ailleurs la règle séculaire pour presque
toutes les églises au Moyen-Age, mais dont on s'’accommodait mal
depuis la Renaissance. Il ordonna donc qu'on prendrait pour la sa-
cristie la chapelle Sainte-Madeleine.
Mais le 26 septembre 1792, M. Martinant, curé d'Agonges, consta-
tant que la chapelle Sainte-Madeleine était trop petite et trop
humide, demanda au directeur du district de Moulins l'autorisation
de prendre pour sacristie « une chapelle dépendant de la terre de
l'Epine des ci-devant Chartreux ». Ce qui lui fut accordé.
Les successeurs de M. Martinant firent meubler cette chapelle
dépouillée de son autel, de placards, qui couvrirent les murs jusqu'aux
cintres des arcs formerets Cette opération cacha la peinture murale
qui décorait le mur Est et qui surmontait l'autel.
Après avoir enlevé la partie haute d'un placard, nous avons mis à
jour, dit notre confrère, le sommet de cette décoration.
Elle représente la Trinité. Le Père Eternel assis sur l’arc-en-cicl
tient de ses deux mains étendues le Christ en Croix, attaché par trois
clous, tandis que la colombe symbolisant le Saint-Esprit vole entre
332 SocIÉTÉ D'EMULATION Du BOURBONNAIS
la barbe blanche du Père et l’auréole crucifère du Fils, d'où se détache
sa tête couronnée d’épines.
Le Père est coiffé de la tiare à la triple couronne d'or. 1 est revêtu
de l’aube blanche avec franges d'or, de la tunique pontificale blanche
sur laquelle pend l'étole de même couleur, timbrée de croix rouges.
Une chape blanche doublée de vert |’ enveloppe en entier, des rayons
d'or s'échappent de tous côtés autour de l'auguste représentation
qu'entourent des vols de séraphins aux six ailes rouges comme on
les voit représentés si fréquemment dans les œuvres du xv° siècle,
notamment dans les miniatures de Fouquet.
Cette belle décoration, qui a beaucoup souffert, etqu'avait signalée
déjà M. Vincent Durand (1), dans le Bullelin monumental (1870.
p 194), a dà inspireren 1854 M. Villier, peintre verrier de Bordeaux,
pour le vitrail qui représente le même sujet et qui a été placé dans
la fenêtre centrale du sauctuaire, au-dessus du maître-autel.
La largeur totale de la peinture murale de la sacristie mesure
1,60, la hauteur du Père éternel, du sommet du nimbe aux pieds,
est de o",77, et la largeur de la croix du Christ 0",47.
Comme à la base de cette représentation on découvre quatre nim-
bes entourant des têtes de saints et des sommets de phylactères
portant des inscriptions. on peut supposer que la décoration descen-
dait jusqu'aux gradins de l'autel,
Notre confrère se propose de faire classer cette peinture murale si
intéressante, et de solliciter de la Commission des Monuments his-
toriques un crédit qui lui permette de faire enlever les boiseries qui
dissimulent le bas de la décoration, afin de pouvoir la photographier
dans son entier.
— M. Géxenmoxr fait connaitre le résultat des démarches entre-
prises au sujet de l'exposition artistique projetée. Les adhésions
arrivent nombreuses, et le projet rencontre dans tous les milieux
l'accueil le plus sympathique.
(1) Il est vrai que M. Durand voit dans cette peinture murale « je Christ
entouré de ses apôtres » !.. La représentation de la Trinité était pourtant
fréquente sous les mèmes formes, au Moyen-Age. Cf. Histoire poétique du
xv-siècle, par Pierre CHAMPION, édition Laurens, 1923, t. 11, p. 208. « Les
Lunettes des Princes », par Jean MESCHINOT, d'après la miniature du ma-
nuscrit, Bib. Ne réserve, Y° 285. ’
PRocÈs-VERBAUX _ 883
M. le Président en exprime sa vive satisfaction à notre coufrère.
— M, le lieutenant-colonel pe Saixt-Hizier entretient l'assistance
du tracé des voies romaines en France. Ceite communication
complète et termine la série des précédentes. Notre confrère ré-
sume ses observations qui ont frappé vivement tous les auditeurs.
Les membres présents regretteront de voir arriver la fin d'un travail
original, documenté, semé d'aperçus ingénieux.
— M.le D' pe Brixox présente à l'assistance un très important
mémoire consacré aux mottes Bourbonnaises, qu'il définit: des
mouticules artificiels entourés de fossés, en opposition aux « tumulus »,
monuments funéraires jamais encerclés de douves. Notre distingué
Président attire l'attention de nos membres. sur le fait que les
mottes qui abondent dans le pays entre Loire et Allier, se raréfient et
ne sont qu'en nombre infime sur la rive gauche de l'Allier. De la
Loire à l'Allier ce sont des lignes ininterrompues de mottes presque
toutes circulaires, parfois rectangulaires, très rarement triangu-
laires. .
M. le D' de Brinon croit ces molles postéricures à l'époque néoli-
thique. On peut les attribuer soit aux Gaulois. auxquels elles auraient
servi de refuges en cas d'invasions : soit aux Boïens. établis par les
Eduens sur leur frontière externe, soit aux Loetes ou barbares établis
à postes fixes par l'empire romain après Constantin, pour servir de
protection contre les dangers qui menaçaient de l'extérieur.
— Sont présentées à l'admission :
M=° Guer-BerxanD, à Bourbon-l'Archambault, pa MM. le cha-
noine Clément, le D' et M"° Monceau.
M'e Marie-Andrée Terrasse, cours d'Angleterre, Moulins, par
MM. le chanoine Clément, Joseph Guy-Coquille et de Bony.
M'e Charlotte Gur-Coquizze, par MM. le chanoine Clément,
Milcent et Joseph Guy-Coquille.
— Sont admises en quali:é de membres titulaires :
M'" Madeleine De La BouLaye ; M'° Marguerite-Jeanne Cuarpy :
Mme François DE CHARETTE.
— L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 22 h. 1/4.
E. CaAPELIx.
de + ————
En [pus DD DD 0-0 OT
LA QUINZAINE BOURBONNAISE
DE 1925
CE sera un des beaux gestes qui compteront le plus
dans les annales de notre jeune Syndicat d’Initia-
tive Bourbonnais que d'avoir pris en mains, non
sans une téméraire hardiesse, en des heures diffi-
ciles, l'organisation fort complexe de cette Expo-
silion Artistique qui doit, en mars prochain, grou-
per à Moulins les envois des artistes de la pro-
vince, EL cela seul suffirait à justifier la création et à démontrer
l'opportunité d'un groupement comme celui-ci auquel, d’ailleurs,
notre Compagnie s’est plu à témoigner, dès le berceau, une très
récile sympathie et à prêter son plus entier concours.
Aussi bien, fort de la collaboration gracieuse du plus grand
nombre des membres de la Société d'Emulation, le Comité d’orga-
nisation a-t-1l pu ordonner ses premières démarches et espère-t-il
mener à bien la tâche qui lui à été confiée. Les bonnes volontés
se sont révélées et multipliées à son'appel : chacun a tenu à pren-
dre part à cette œuvre de décentralisation artistique dont chaque
Jour confirme la portée : et c’est chose à la fois touchante et récon-
fortante de constater l’unanimité qui s’est faite sur ce terrain où
communient, dans le même et généreux amour de l'art, amateurs
et artistes. Quelques mois seulement nous séparent de l’annonce
de ce Salon et bien courte a été la période de mise en train de
celte quinzaine ; mais déjà 1l est possible de se rendre compte du
travail accompli et des promesses qui donnent courage et confiance
aux organisateurs.
La QuiNzaiNE BoURBONNAISE DE 1925 335
Tout d’abord les inscriptions sont venues aussi nombreuses,
plus nombreuses même, qu'il était possible de le souhaiter : nous
avions, au 31 décembre, 152 dossiers complets d’exposants, repré-
sentant plus de 800 œuvres, et 1l nous faut compter sur une bonne
trentaine de retardataires qui ont bien pronns leur participation
mais n'ont pas encore retourné leurs fiches. La presque unanimité
des artistes bourbonnais, sociélaires des Artistes Français ou de
la Société Nationale des Beaux-Arts, et exposant généralement
dans les Salons parisiens, nous enverront une sélection de leurs
œuvres. Et nos compatriotes retrouveront avec plaisir plusieurs
euvois des Salons de 1924 : le Jardin de l'Horticulleur, d’Ansa-
loni (\. F.); le Couvent dans la Montagne, de Ch. Bellenfant (S.
X.) ; des Roses, aquarelles de M"° Charpy, l'Ecolière, d'H. Chau-
mard (A. F.), le Monument aux Morts de P. Mouret, un Paysage
Bourbonnais, de 1... Neïillot (Salon d'Automne) ; la Porte Ouverte
et la Commode à la Lampe, de M" Tissier (S. N.), qui figurera
également à la gravure avec un album de bois originaux : @« Vieil-
les Demeures Bourbonnaises », le Portrait de M. L. P..., par Lu-
cien Pénat ; des croquis marocains de M" Richard (S. N.), mein-
bre de la Société Coloniale des Artistes Français ; quatre gouaches
de G. Lacroix-Bravard, etc.
Et tant d’autres habitués des cymaises parisiennes sont égale-
ment inscrits : M Dorbec-Charvot, Noirot, M®° Barba (A. F.),
avec des crayons el aquarelles d'enfants, R. Chaffray et Ch. Di-
dier, du Salon des Indépendants, André Uhapuy, avec ses pay-
sages de l'Allier, le sculpteur Raymond Rivoire, médaillé des
A. F., qui enverra une cire perdue, réduction de la Jeanne d’Arc
de la Cathédrale de Moulins ;: \ndreau, dont une œuvre est au
Musée de la Ville ; Ad. Demange (A. F.), F. Forest, Camille Gré-
goire, le peintre animalier de Lastic, P. Leprat, avec des pein-
tures et aquarelles de la région de Montluçon, Martinez, boursier
du Gouternement Général de l'Algérie, qui présente des tableaux
d'Afrique et d'Allier ; M Meyer, des Artistes Indépendants d’Al-
sace ; Alp. Osbert (S. N.) et M": Osbert (S. N., Union des Femmes-
Peintres), Léon Paul, bien connu des habitués de la Nationale, P.
Raynaud (A. F.), le grand peintre Rochegrosse, bourbonnais d’a-
_doption, qui nous donne une nouvelle preuve de l’attachement
| qu'il porte, en souvenir de son beau-père, à la patrie de Th. de
836 Soci1éTÉ D'EMULATioN Du BoURBoNNAIS
Banville par une participation absolument exceptionnelle à notre
Exposition avec une de ses maîtresses toiles, l’Appel, dont on \er-
rait, avec plaisir, notre Musée s'enrichir ; le graveur P. Devaulx,
qui donnera à l'Exposition la primeur de son album de bois :
« Les Coins curieux el pittoresques du Bourbonnais » ; les sculp-
teurs Robert Baron et Fournier des Corats, M"° Stella-Samson,
M°° Bizard, médaillée des A. F.:; Jean Desboutin et ses photos
en couleur, le statuaire James Vibert, Amédée ‘Wetter (S. N.) ;
le peintre moulinois de la Boulaye, dont les amateurs reverront
avec plaisir des œuvres très appréciées ; M®° de Montlivault ; le
peintre Lafay, d’Arfeuilles, et tant d’autres, auxquels 1l nous fau-
drait ajouter les amateurs, plus nombreux encore, dont, pour
beaucoup, cette exposition sera la première manifestation pu-
blique. Puissions-nous y avoir d’intéressantes révélations ! Ce dont
nous ne serions nullement surpris, car le culte de l'art est plus
répandu qu’on ne le croirait, dans notre bonne province. Ces trois
derniers mois, passés à prendre contact avec tant de peintres et de
sculpteurs, peu connus du grand publie, timides pour n'avoir pas
eu d'occasion de se produire, nous ont permis de rencontrer de
vrais tempéraments d'artistes, heureux des facilités que leur offre
cette Quinzaine pour recueillir les premiers encouragements et les
franches critiques dont sauront profiter des talents qui, trop sou-
vent, s'ignorent.
Dans la deuxième section (arts appliqués), pour plus restreintes,
les’ inscriptions ne révèlent pas moins de sérieuses promesses ;
parmi les premières adhésions, nous relevons celles des élèves
de Me Perrier, de la maison Mazoyver, avec ses émaux sur verre
d'une technique si spéciale et vraiment originale, des élèves de
Mme Paissaud, des ouvroirs du Bon-Pasteur et de la rue de Villars.
de l'atelier Corbière (émaux, cuivre, bois, cuir), des décorateurs
Galfione (A. D.), Gaucher (A. D.), Herblay (B. A. P.), du pho-
tographe Rocard, de l'atelier de batik de M”*° Galland, des mar-
queteries Jolv, des ébénistes et artisans du bois Buvat, Gillioz, Pi-
chonnet, ete., ete... La section d'art religieux groupe un certain
nombre d'exposants, et il sera curieux de voir ce que le départe-
ment produit dans ce cadre artistique assez particulier.
La Quinzaine BouRBONNAISE DE 1925 337
—————— ————" ————
Les concours, disions-nous, sont venus spontanément et de tou-
tes parts; les professeurs et chefs d’ateliers : M”° Pingeon,
MM. Fournier des Corats, Forichon, Cessieux, Pouzadoux..…. ex-
posent el encouragent leurs élèves à exposer ; plusieurs. jeunes
élèves-archilectes de l'Ecole des Beaux-Arts — Raymon, Baury,
Heuillard, Chevrier, Bougerolle, — seront représentés par des en-
vois ; la Société Les Amis des Arts exposera collectivement, et sa
récente manifestation de l’été dermer à Vichy laisse bien augurer
de l'homogénéité et de la valeur du groupe.
La Presse a été, pour les organisateurs, un auxiliaire précieux ;
sans parler des journaux de la région, toujours dévoués pour les
œuvres d'intérêt local el qui ont moins que jamais marchandé leur
concours, il est à noter que la plupart des quotidiens de Paris, les
grandes revues d'art, la Revue de la Nièvre et du Centre, qui pré-
pare un numéro spécial consacré à notre Quinzaine, la Rerue des
Deur-Mondes, Art et Décoration, etc., ont annoncé l'Exposition et
nombre d'artistes que nous n'avions pu toucher directement ont eu
ainsi connaissance de l’Exposition et se sont fait inscrire.
*
LE
La liétrospeclice (1) prendra plusieurs salles et ce ne seront certes
pas les moins visitées de l'Exposition ; outre Les présentations de
meubles, de faïences et de costumes, le Comité s'attache à grouper
une sélection des œuvres de nos artistes disparus. Là encore, il a
trouvé les concours les plus gracieux et il tient à exprimer toute
SA reconnaissance aux amateurs qui, spontanément, ont offert de
se séparer de tableaux de leurs galeries et de pièces de leurs col-
lections. Il pourra, de la sorte, offrir aux visiteurs une suite
d'œuvres de Perret, d'Outin, de Bariau, de Dufour, de Chavigny,
de Dussour, de Margottet, de S. Milanolo, de M'"° Moulinot, de
Charvot, de Noirot, de Marcel Fournier, de Fournier des Corats,
de Tudot, de Belin-Dollet, etc.
Le sculpteur Coulon sera représenté par son Grand Ferré, ré-
cemment acheté par la Ville de Moubins, qui figurera à l’Exposi-
(1) Commission de la Rétrospective : M. Edgard Capelin, rue de Bourgogne
à Moulins ; Mme Monceau ; MM. Paul Buvat, chanoine Clément, Crépin-
Leblond, Queyroi, de Quirielle, Tiersonnier.
22
338 SoctÉTÉ D’'EMULATION pu BouRBONNAIS
tion avant d’aller prendre place au Musée ; grâce à l'extrême bien-
veillance des fils de Marcellin Desboutins, l'illustre graveur sera
très largement représenté aussi : par des peintures (L'Homme à
la Palelle, Portraits de Deqas, Labiche, Etudes d'Enfants), des
gravures (Renoir, Manet, Richepin, À. Sulvestre, H. de Roche-
fort, Degas, de Goncourt, l'Homme à la Pipe) et des dessins (Etu-
des d'Enfants, Portrait du Pasteur Puaux).
La Société d'Emulalion compte figurer à la Rétrospective par
une galerie de portraits bourbonnais et une série de notabilités du
département.
Enfin, par l'intermédiaire dévoué de M. Grégoire, le Comité es-
père réunir une sélection d'œuvres d'Ifarpignies el des meilleurs
de ses élèves, dont la région d'Hérisson fut la source la plus fé-
conde d'inspiration et de succès.
En marge de l'Exposition proprement dite, et pour révéler, au
cours de celle quinzaine, aussi bien à nos compatriotes qu'aux
ctrangers, toutes les ressources, passées et présentes, du Bourbon-
nais, dans les divers donraines de l'art, la Commission des Audi-
ons et Conférences (F) à mis au point un programme de réunions
que nous nous bornons à résumer :
Des conférences littéraires, avec auditions, sur les gens de let-
es bourbonnais : les écrivains disparus (de Baude et Lingendes à
Panville et Ch... Philippe) par M Buriot-Darsiles, professeur au
Lveée, directeur des Cahiers du Centre : les écrivams vivants, par
M. Joseph Place, directeur de La Chronique des Lettres Fran-
CUISCS ;
Des conférences artistiques : le graveur Marccllin Desboulin,
par M. Edy. Capelin, secrétaire général de la Société d'Emula-
Hon: Üoulins à l'Enoque romantique (ISSO-1S50) ; sa mémorable
florcison orlislique el littéraire. par M. de Ovirnielle, ancten prési-
dent de Ta Société d'Emulation :
(1) Commission des Auditions et Conférences : M. Albert Sarrazin, rue de
la Flèche à Moulins ; Mmes Chambron et Monceau ; MM. Bussière, H. Buvat,
A. Buriot, Frobert, Laroque, A. Mitton et Viple.
La Quinzaine BouRBoNNaIse DE 1925 339
Une représentation de gala de Véronique, opéra-comique en
trois actes, de Messager, au Théâtre de Moulins ;
Une soirée consacrée aux vieilles chansons bourbonnaises, or-
ganisée par la Schola ; |
Un gala, donné par la Lyre et la Chorale, des œuvres des eom-
positeurs bourbonnais : Boulard, Ganne, Messager, Maillard.
Une audition de musique religieuse, d'auteurs bourbonnais :
Cliérion, Magnasse, ete., à la Collégiale de Moulins, par la Mat-
trise ;
Une soirée consacrée à la reconstitution de danses populaires ;
Et enfin une Revue Moulinoise, dont on nous dit grand bien et à
laquelle nous ne pouvons que souhaiter le mème succès qu'aux
scènes délicates et spirituelles de M. Sauroy, dont on parle en-
core el qui méritaient ce lendemain.
*
L 2
La Tombola (1) constituera une des attractions de la Quinzaine.
Rappelons que les lots seront exclusivement choisis parmi les
œuvres exposées, achelées par le Comité ou offertes par les ar-
tistes. Nombreux déjà sont en effet les exposants qui ont eu le
geste généreux, — et pour lequel le Comité leur exprime toute sa
. reconnaissance, — d'abandonner certains de leurs envois en fa-
ê
1. — L. HOUOTr. Peinture à l'huile: Paysage Bourbrnnais.
2. — P. DEVAUIX. Gravure encadrée.
3. — Mie L. LAMBERT. Un Coussin en filet ancien.
4. — M" M. GALLAND. Une Aiïguière peinte.
5. — — Une Boîte à poudre.
6. — Joseph TREYVE. Une Aquarelle.
7. — Mie E. MEYER. Gravure sur bois: La Cathédrale de Strasbourg.
8. — — — Strasbourg.
9. — Mie E. PERRET. Aquarelle: Les Bégonias.
o. — Miie M. Paul. Aquarelle: Paysage Bourbonnaïs.
veur de la Tombola.
Nous sommes heureux de donner la première liste des œuvres
offertes, à ce jour, par leurs auteurs :
(1) Commission des Finance:, de la Tombola et de la Propagande :
M. Adrien Mitton, rue des Couteliers à Moulins : MM. G. Bruel, Chatron,
H. Frobert, M. Périn et Pinston.
Cr |
340 SociÉTÉ Dp'EMuLATION pu BourBoNNais
11. — Mie PASSANT. Peinture: La Prison (Moulins).
12. — — — Une Bourbonnaise.
13. — P. MOURET. Eau-forte: La Route de Valmondois.
14. — NI. VIGNIER. Aquarelle: Les Peupliers.
15. — KR. MARTINEZ. Peinture: Les Chênes d'Automne.
106. — — — Rocher de la Mine.
17. — L. PÉNAT. Eau-forte: Place Saint-Pierre à Montluçon.
18. — Mme DESFOSSES. Aquarelle: Etude. |
19. — M'e J. CHARPY. Aquarelle: Roses blanches.
20. — L. PIERREZ. Dessin.
21. — L. Gary. Croquis encadré.
2. —- Mie STELLA-SAMSON. Aquarelle: Cerises et Bleuets.
23. — Me MACHEFER. Une Coupe verre.
24. — — Un Vase (poterie).
.5. —- GIRAUDFT. Aquarelle: Les Alignements de Carnac.
26. — THUIILIER. Terre-Cuite.
27. — DEMANGE. Peinture: Le Golf de Vichy en avril.
28. — MM FEUILLOUX. Poupée Bourbonnaise,
29. —- — Pastel: Vieilles Maisons de Saint-Pourcain.
30. — Mme Porur. : Ecran mousseline peinte.
31. — Mie RICHARD. Gravure: Vue du Maroc.
32. — — — Vue du Bourbonnaïs.
33 — C. RIPAULT. Peinture: Crépuscule sur l’Allier.
34. — M. FOREST. ‘Peinture: L'Eglise de N'éris.
35 — M. GILIIOZ. Un Chandelier bois tourné.
36. —- ROCHEGROSSF. Aquarelle: lent d'Automne.
37. — |. NFILLOT, Dessin.
38. —- L. PaUr. Peinture: Bord ar la Marne (Buzancy),
39. — ROCARD. Photo-Bromure: Le Soir sur l’ Allier.
40. — P. ELMER. Peinture: La Loire près de Coulanges.
21-42. — Revue de la Nièvre et du Centre. Deux abonnements d’un an.
43-44. — MAZOYER. Vase et Coupe (émaux sur verre).
Nous souhaitons que de nombreuses œuvres nouvelles viennent
grossir ce premier contingent. Quoi qu'il en soit, le Comité se pro-
pose de consacrer la totalité de ses recettes nettes à des achats de
lots pour la Tombola, en sorte que toutes les sommes souscrites
profiteront aux artistes comme, d’ailleurs. aux souscripteurs, dont
les chances nc feront que s’accroître. Et si l'on songe que certains
lots auront une valeur de plusieurs centaines où milliers de franes,
on conviendra que le prix de cinquante francs demandé pour une
action est des plus raisonnables,
Une dernière tâche, — et urgente, — s'impose à tous : celle de
contribuer au succès financier de l'Exposition. Beaucoup de nos
membres peurent y aider, el nous sommes certains de ne pas
faire appel en vain à leur générosilé ; ils donneront, en souscrt-
La Quinzaine BouRBONNAISE DE 1925 341
vant aux aclions, la meilleure preuve de l’intérèt qu’ils portent à
l'art de la province. Dans un des derniers numéros du Bulletin, :
une feuille de souscriplion avait été encarlée pour solliciter leur
adhésion. Plusieurs ont répondu, certains ont remis à plus tard ;
nous leur demandons de ne plus attendre et de venir au plus tôt
ajouler leur nom à ceux de celte première lisle, arrétée au 15 dé-
cembre :
Conseil général de l'Allier . ....... 500 francs
Conseil municipal de Moulins . . ... 6.000 francs
Actions Actions
MM. Barathon . ..... se 4 | Me Guilbert. . ...... 1
Bargues (de). . . . . .. 4 | Me Joyon . .... ... 1
M°* Baubert ide, . . . . . .. 4 | MM Judet ........ . {
MM. Baury.,. .... ... 1 Lagardette ns 2
Boiron .. ....... 2 Éesros.. 2: :, 4 see |
Bony de Lavergne (le C'°< Maget . .... f
Charles de). . . . .. 2 Malleret . ........ Î
Bonnet. . ... .. Li 1 | Mme Mathé.....,..... |
Bougerolle. . . . . . .. { | MM. Mitton :Michel) .. ... 1
Mile Rrucl (Andrée) . . 1 Mitton (François). . . . . 1
M°* Bruel (G.)........ 1 Mitton (Adrien) . . . .. {
MM. Bruel (G.) ..... 2 | M®*° Monceau (Léon) |
Brunat : Louis) | 4 | M Monceau (Dr Henri) . 2
Bucheron Fr 2 | M®< Montivault (le Vs 0 2
Buval Lea: 2 | M Mouret (P.). ne 1
Capelin . . . . .. . .. 2! Me Msn sss ‘ 1
Chambron . . . .. 4 | M'e Perrier... ...... 2
Champfeu (le comte de) 1 | M Pénard.:., , 4,2. 1
M®* Charette (M. de). . . .. 1 | M. Pouenat...,..... {
Chaubiron ....... 4 | M°* Poulet. SR ne: 1
Chavagnac (le romte de) 4 | MM. Quirielle (de). . ,.... {
Chevrier ...... : 1 Rav ass da ess {
Clément (le chanoine) { | Mile Reige, ......... 1
Col (Albert) . . . .. : 4 | M'e Rocard ......... |
CONTE... au ss due 1 |! MM. Rochegrosse . ...... 2
Crépin-Leblond . . . . : 2 Rondepierre . . . .. .. 1
Denavit ........ 2 | Mwc Sabatier (J.). RUE 1
Mmes Dorbec-Charvot . . . .. 1 | MM. Saint-Hillier (le lieut -
Ducarre , ........ { colonel de) ne 1
Dumas ....... ; 1 Sorbets (le énéral) 2
MM. Faure. . .. ...... { Tissier . ........ 1
Galfione et Grémillon. . 1 Villette ‘Guy de). . . . . 1
Génermont. . ... ... 2 Vipléis s & home 1
GORE er Lies ; PS 2: LL, PRES RER L
Giraud... ... 2 Toras à ee jour... .. SR
Gomol (Dr) RU dat ce Mie der ir 2 Actions À ou R
Lors de l'Exposition moulinoise de 1885. il avail été souscrit
663 actions de %5 francs ; il ne doit pas ètre impossible d’obtenir.
quarante ans après, un succès au moins égal, pourvu que chacun
veuille bien s'y prêter. |
-342 . SOCIÉTÉ D'EMULATION pu BouRBoNNaAIs
. Le Comité fait, dès maintenant, le plus large appel pour cette
publicité, et par tous les moyens en son pouvoir : la presse quo-
üidienne lui ouvre ses colonnes ; les premières affiches vont être
incessamment collées sur nos murs ; désormais les lettres, timbrée::
au bureau central de Moulins, porteront l’estamypille officielle :
Exposilion Arlistique Bourbonnaise de 1925, afin que nul n’en
ignore ! Une de nos adhérentes les plus dévouées, Madame Mon-
ceau, à bien voulu accepter de coordonner les efforts des placiers
volontaires d'actions ct de grouper les souscriptions ; il est à sou-
haiter que les personnes de bon vouloir qui ont accepté de recueil-
Lr ces adhésions recoivent de tous le meilleur accueil.
Les frais d'installation seront considérables, d'autant plus que
le nombre des envois et l'importance prise par la Rétrospective
obligent la Commission des Travaux (1) à aménager de très vastes
salles. Les Banques de Moulins, les Sociétés locales, — au pre-
mier rang desquelles l'\ssociation Commerciale et Industrielle, —
et plusieurs groupements ont promis de souscrire collectivement,
et nous les en remercions. Mais le Comité sollicite avec insistance
le plus grand nombre de souscriptions particulières.
Nous rappelons que les actions, du prix uniforme de cinquante
‘francs, sont de deux sortes : Actions À, donnant droit à deux en-
lrées permanentes et gratuites à l’'Exposuion, à d'importants avan-
tages el réductions pour les audilions et les conférences, et à un
billet de la tombola ; Actions B, donnant droit à trois billets de
tombola, ceci pour permeltre aux personnes n'habilant pas Mou-
lins ou voulant coopérer plus largement au succès de l’'Exposilion,
de souscrire à l’une ou à l’autre catégorie. Pour aucune raison, des
billets de lombola ne pourront étre vendus isolément. Par contre,
deur personnes peurent se grouper pour acheler une action À,
lrois, une aclion B.
Deux mois à peine nous séparent de FExposition Artistique
Bourbonnaise, et quand paraîtra le prochain Bulletin, elle sera à
(1) Commission des Travaux : M. Michel Mitton. rue de la Fièche à Mou-
ins ; MM. Baury,H. Buvat, P. Buvat, Gaïlfivne, Herblay, Merlin et Treyve.
LA QuiNzaiNE BouRBONNAISE DE 1925 343
la veille d'ouvrir ses portes. Beaucoup de travail reste à faire.
Souhaitons que ces quelques semaines procurent au Comité les
moyens financiers qui lui permettront de présenter dignement les
œuvres, fruits de tant d'efforts de la part de nos compatriotes, et
aussi les ressources nécessaires à l'achat des meilleurs d’entre
elles ; souhaitons que les amateurs s'intéressent à notre Quinzaine
Bourbonnaise et que les visiteurs viennent nombreux à l'Exposi-
tion, de telle sorte qu'il se crée, à cette occasion, un vrai centre
de transactions et d’affaires, et qu’elle suscité, de par toute la ré-
gion, un mouvement de sympathie dont bénéficieront, les pre-
miers, les arts et les artistes d’une province qui est nôtre et que
nous vénérons.
MaRCEL GÉNERMONT,
Commissaire Général de l'Exposition.
L'Hipital des Chevaliers Français de Malle
PENDANT LA GUERRE (1914-1918)
SON SÉJOUR A MOULINS (1914-1915)
Souverain de droit, militaire par tradition, l'Ordre de Malte est
resté de nos jours ce qu'il fut de tout temps : hospitalier. Se cousa-
crer aux œuvres hospitalières et charitables a été de tout temps le
but poursuivi par les diverses associations nationales, groupant Îles
membres de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans les pays, tels
la France, où les biens des chevaliers ayant élé sécularisés par les
Révolutions, ils ne possèdent plus de commanderies.
Entre toutes les œuvres fondées ou envisagées par l'Association
française (1), la création d'un hôpital pour secours aux blessés mili-
taires en cas de guerre fut toujours au premier plan. Dès 1874, dans
son ouvrage : Les chevaliers de Malte ou de Saint-Jean de Jérusalem,
Organisalion contemporaine, liste générale, le baron Elyzée de Mon-
tagnac (2) appelait de tous ses vœux la création, par les chevaliers
(1) Dès avant la guerre, au moyen de ses faibles ressources, l'Association
française entretenait : une chapelle dans la basilique de Montmartre, un
dispensaire ouvert tous les jours gratuitement aux malheureux et où
donnait ses consultations le docteur Lorenzi, Donat d'honneur et de dévo-:
tion de deuxième classe ; une salle hospitalière à Lourdes, pendant les grands
pèlerinages, pour servir d'abri aux pauvres et aux pèlerins sans gite. Elle
contribuait à entretenir en Palestine l'hôpital de Tantur. près Bethiéem.
(2) Le baron E. de Montagnac, reçu chevalier d'honneur et de dévotion
le 18 mars 1858, fut pendant de longues snnées le délégué en France du
grand Magistère. Il était issu de la maison, en Bourbonnais, bien connue,
dont il portait le nom.
HopPiTAL DES CHEVALIERS FRANÇAIS DE MALTE 345
Lacan
français, d’un hôpital militaire, desservi par leurs soins et entre-
tenu à leurs frais. °
Ce fut seulement en 1910 que le duc de Caylus (1), bailli. grand
croix d'honneür et de dévotion, alors Président de l'Association
française des chevaliers de Malte, parvint enfin à réaliser le vœu
depuis si longtemps formé. Il réunit les fonds nécessaires, organisa
les cadres. achcta le matériel. La formation sanitaire ainsi constituée
fut affiliée. le 24 juin 1911, à la Société de Secours aux blessés
militaires. |
Au décès du duc de Caylus, son successeur. le Comte de Bonne-
val (2), continua l’œuvre entreprise. Bref, à la déclaration de guerre,
l'hôpital des chevaliers de Malte était prèt à fonctionner.
Dés le second jour de la mobilisation, la formation sanitaire des
membres français de l'Ordre de Malte, portant alors le nom d’hô-
pital auxiliaire du terriloire n° 26, se constituait à Ancemont, sur la
ligne de Saint-Mihiel à Verdun. Elle prenait aussitôt possession du
château de Monthairon, appartenant au baron Chadenet et mis géné-
reusement par ce dernier à la disposition du Service de Santé.
Tandis que le matériel entrepesé à Boulogne-sur-Seine était
expédié sans retard, le personnel rejoignait en toute hâte son poste
de mobilisation. Ce personnel se composait de : MM. le Comte J. de
Berg de Bréda et Charles de Charette de la Contrie (3). chevaliers
d'honneur et de dévotion de l'Ordre de Malte, administrateurs ; le
Marquis de Vézins, le lieutenant-colonel de Saint-Rémy, le Comte
de Royère (4), le Baron de Villebois-Mareuil, le Comic du Fay de
Carsix et le Vicomte de Chabrol, tous deux chevaliers d'honneur et
de dévotion de l'Ordre de Malle, l'abbé de Launay, aumônier, le
docteur Récamier 15, médecin-chef, les docteurs Moignet et Auffret,
Me Rillart de Verneuil, surveillante générale, M'e Maréchal, infir-
(1) Arthur-Marie-Paul-Augustin, comte de Rougé, duc de Caylus, Grand
d'Espagne de première classe, cousin du cumte Urbain de Rougé, membre
de la Société d'Emulation du Bourbonnais.
(2) Le Comte de Bonneval, d'abord reçu chevalier d'honneur et de dévotion,
fut promu bailli grand Croix en 1911, par le prince Grand Maitre.
(3) Notre compatriote, domicilié au château de Villeneuve-sur-Allier.
(4) Le nom de Royvère n'est pas inconnu aux habitants actuels de Moulins.
(5) Le docteur Récamier est Donat d'honneur et de dévotion de première
classe de l'Ordre de Malte.
346 SOCIÉTÉ D'EMULATION Du BouRBONNAIS
mière-major. M"e Charveirat, la Comtesse du Fay de Carsix, la
Comtesse de Lépinois, la Comtesse de Loppinot. M"* de Saint-Rémy,
M: Segard, M'ie Nau de Bauregard (1), la Comtesse de Persan (2),
M'e de Tarsigny et trois religieuses de Saint-Vincent de Paul, atta-
chées à l'hôpital du docteur Récamier à Paris.
Le chef administratif de la formation était le Comte de Bréda,
ancien officier. Déjà étreint par le mal qui devait l'emporter l'année
suivante, il ne put faire que de courtes apparitions à Monthairon.
Dès le début. l'honneur et la charge de le remplacer échurent à
notre compatriote, M. Charles de Charette.
= L'hôpital fonctionnait déjà, quand. par décision ministérielle du
16 août 1914, il fut classé hôpital en première catégorie, comportant
50 lits, et reçut le nom officiel d'Hôpital auxiliaire n° 41.
Le château de Monthairon se trouvait à proximité du fort de Géni-
court ; le 25 août 1914, le général de Lardemelle vint prévenir
M. de Charette que cet ouvrage pouvait entrer en action d'un jour à
l'autre, il fallait donc évacuer Monthairon et chercher un autre asile
aux 35 blessés déjà hospitalisés. Et ce fut le premier déména-
gement.
Aucun local n'ayant pu être trouvé à Verdun, M. de Charette dut
faire évacuer ses blessés et transférer son hôpital à Châlons-sur-
Marne. Il y arrivait le 27 août, recevant le meilleur accueil du géné-
ral Pistor (3), commandant la VI° région, et du docteur Pierrot,
directeur du Service de Santé. Grâce à la généreuse intervention de
Monseigneur Tissier, dont nul n'ignore, pendant cette longue guerre,
l'admirable dévouement et l’inlassable énergie, le couvent des
- (4) Notre compatriote, propriétaire du château de Neuville, commune
de Neuvy-les-Moulins, dont sun cousin le commandant G. du Broc de
Segange a retracé l'histoire dans des puges que connaissent bien tous les
érudits du Bourbonnais.
2) On sait quels liens rattachent au Bourbonnais les Doublet de Persan.
‘Mn: de Persan, qui s'est dévouée à l'hôpital de Malte, née Bataille de Man-
delot, a épousé Geurges de Persan, officier de cavalerie, autrefois en gar-
nison à Moulins.
(3) D'une famille alsacienne, le général Pistor est devenu notre compa-
triote par son mariage avec Miie Patissier. [1 habite maintenant Souvigny.
En 1870, n'étant que jeune polytechnicien, il donna, en volontaire, des preu-
ves de courage et a'initiative qui lui valurent la cruix de la Légion d'hon-
neur. [| a eu la joie d'assister à cette revanche préparée et FRERES PEnenE
toute sa carrière militaire.
HoriTAL DES CHEVALIERS FRANÇAIS DE MALTE 347
ns
Dames de la Congrégation, .chanoinesses de: Saint- Augustin, situé
rue de la Grande- Etape. fut mis à la disposition de Rep! auxi-
diaire 41... NES
Lorsque M. de Charette se présenta pour prendre possession des
locaux affectés à sa formation sanitaire, la Mère Supérieure lui dit :
« Nous venons de terminer la lecture d’un ouvrage sur les cheya-
« liers de Malte et nous faisions des prières pour avoir un hôpital
« comme le vôtre. C’est vous dire que les portes de notre couvent
« vous sont ouvertes et que vous pouvez y entrer de suite. » Or, une
parlie du couvent était sous séquestre. M. de: Charette dut se
débrouiller. Des démarches furent faites auprès:du Préfet. qui
autorisa, si bésoin était, à installer des salles de blessés dans la
partie séquestrée. | :
Grâce au zèle ct à l'activité de tout: le personnel, dès le 29 août
1914, l’hôpital était prêt et recevait de nouveaux blessés.
Mais la poussée allemande se faisait sentir et, le 3 septeinbre 1914,
à 20 heures, le directeur du Service de Santé donnait l'ordre d'éva-
cuation immédiate. Les blessés en état de supporter le voyage furent
envoyés à l’intérieur, les plus gravement attcints transportés à
l'hôpital Sainte-Croix. Le 4, à 4 heures du matin, l'évacuation devait
être terminée. |
C'est ici que l'hôpital auxiliaire 41, l'hôpital des chevaliers de
Malte français. se lie, pour près d’un an, à l’histoire de LCL
ee. la guerre.
. de Charctie n'avait reçu qu'un ordre. celui du départ. Faute
pt pour en provoquer quant au lieu de destination, de l’assen-
timent de ses collaborateurs, il décida de conduire: l'hôpital à
‘Moulins. Il avait la certitude de trouver en Bourbonnais un local,
des facilités d’approvisionnements ct l’occasion de rendre service.
Le départ s'effectua le 4 septembre, au milieu des plus grandes
difficultés. Une fraction seulement du matériel put être embarquée.
Tandis que le docteur Récamier et une partie du personnel pre-
naient place dans un train de blessés, où, pendant un trajet de
quarante heures. ils prodiguèrent leurs soins sans répit, MM. de
Charette, du Fay, de Loppinot et de Royère restaient à Châlons,
pour mettre en lieu sûr tout ce qui ne pouvait être emporté.'Îls pu-
rent quitter Châlons-sur-Marne par un des derniers trains, et bientôt,
348 SOcI1ÈTÉ D'EMULATION Du BouRBONNAIS
tout le personnel, le matériel indispensable, se trouvaient rassem-
blés à Moulins.
Le couvent de la Visitation fut affecté aux chevaliers de Malte. On
devine l'accueil fait à ces modernes hospitaliers. Telle avait été la
réception chez les Chanoinesses de Saint-Augustin, telle elle fut
chez les Visitandines. Le 7 septembre. trois jours après le départ de
Châlons, l'hôpital auxiliaire 41, derechef installé, reccvait des grands
blessés.
Le directeur du Service de Santé de la XIII région, au cours
d'une inspection, reconnut la bonne installation de l'hôpital, les
ser vices rendus. Sachant tout ce qu’il pouvait attendre de la science
et du dévouement du docteur Récamier, il lui demanda d'assurer la
surveillance de 500 lits dans les hôpitaux de la ville, avec le titre de
chirurgien consultant de la Place, et d'y pratiquer toutes les opéra-
tions qu'il jugerait utiles.
Le 1% avril 1915, pendant le séjour à Moulins, un changement se
produisait dans l'administration de l’hôpital. M. de Charette était
mobilisé dans les services auxiliaires et le Comte du Fay de Carsix,
avec le même dévouement et le même succès, prenait sa place.
Le 15 juin suivant, une décision du général commandant les sub-
divisions d'Amiens et d’Abbeville, replaçait M. Charles de Charette
à la tête de l’hôpital auxiliaire 41. À cette même date, l'autorisation
de regagner Châlons, tant de fois sollicitée, était accordée. Pour
répondre à une des conditions imposées, après entente avec le Comte
de Bonneval et M. de Valence (1), le nombre des lits était porté
à soixante.
À cette époque, le manque de personnel causa de réelles difficul-
tés, mais de nouveaux dévouements vinrent s'offrir. M. Le Picard,
Donat d'honneur et de dévotion de première classe de l'Ordre de
Malte, Louis de Caillebot marquis de La Salle. le Baron de Saint-
Pern (2), M. Jacques Chambon (3), M. Henri Bernard (4), le Comte
(1) M. de Valence de Minardière qui a rendu de si grands services, jusqu'à
sa mort, à la Société de secours aux blessés militaires, était chevalier
d'honneur et de dévotion de l'Ordre de Malte. De nombreux liens ratte-
chent les Valence au Hourbonnais.
(2) Par les Vellard. la maison de Saint-Pern se rattache à notre province.
(3) Notre compatriote, gendre du général Baron Marion.
(4) M. Henri Bernard, aujourd'hui avoué à la Cour d'Appel de Paris, est
notre compatriote. Fils de M. Bernard et de M=° née Sayet; demeurant à
Moulins.
HopiTaAL DES CHEVALIERS FRANÇAIS DE MALTE 349
de Marcellus, le Marquis de Malherbe, chevalier d'honneur et
de dévotion, M®° Le Picard, la Baronne de Villebois-Mareuil,
Mme Salvy (1), Mme Lugnicr. Me de Coatpont. M'e de Coupigny,
M''e Récamier, remplacèrent le Baron de Villebois-Marcuil, engagé
volontaire à 58 ans, qui devait revenir à l'hôpital comme blessé,
avant de mourir glorieusement pour la France ; la Comtesse de Lé-
pinois, qui devait être mortellement frappée le 9 septembre 1917 à
l'ambulance de Vadelincourt ; le Comte de Loppinot et le Comte de
Royère, anciens officiers, qui avaient repris du service.
Le 17 juin 1915, l'hôpital des chevaliers de Malte retrouvait sa
place au couvent des chanoinesses de Saint-Augustin. Il n’en devait
plus bouger presque jusqu'au jour de sa dissolution.
C'est dans cette période que M°° Rillart de Verneuil rendit encore
d’inappréciables services, doublant le dévouement par la plus large
générosité, tandis que son mari, capitaine de cavalerie, qui fut
blessé, cité, décoré, venait à l'hôpital au cours de ses permissions
de détente, mettre son dévouement au service de ses confrères (2).
Pendant de longs mois, le personnel se consacra à sa tâche, avec
une totale abnégation, ne prenant que les permissions réglemen-
taires, malgré son indépendance relative, et les subordonnant aux
besoins du service.
Le docteur Récamier donnait l'exemple. Îl ne s'absentait que
pendant les périodes de calme. ajournant au besoin ses permissions
au dernier moment, pour ne pas priver un blessé de soins qu'il jugeait
utiles. Malgré sa fatigue et ses deuils. le docteur Récamier tint
jusqu'au bout. se surpassant aux heures de crise. Au moment de
l'attaque de Champagne, il opéra pendant 32 heures consécutives. Il
ne consentit à prendre un peu de repos qu'après avoir fait de ses
propres mains tout le nécessaire pour les grands blessés, dirigés de
préférence sur l'hôpital où il se dépensait (3).
(1) La famille Salvy, si éprouvée pendant la guerre, a de nombreux liens
avec le Bourbonnais, à commencer par ceux qui l’'unissent à notre confrère
l'abbé Bujon, décoré de la croix d’ur pro piis meritis de l'Ordre de Maite.
(2) Henri Rillart de Verneuil est chevalier magistral de l'Ordre de Maite.
11 a fait partie de la Chambre des députés.
(3) Le docteur Récamier, pour donner l'exemple de la discipline, malgré
l'autorité qui s'attachait à son nom, avait revêtu l'uniforme. Nommé méde-
çin side-major de première classe, le 6 octobre 1915, il fut promu médecin-
390 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BourRBoNNAIS
Par suite du nombre des grands blessés, en raison surtout des
frais occasionnés par les soins délicats, minutieux. dispendieux
qu’on avail à cœur de leur prodiguer, la situation budgétaire devint
critique, malgré l'indemnité journalière de 2 francs versée par
l'Etat pour chaque blessé hospitalisé. _
Le Comte de Bonneval se fit alors frère quêteur. Il s'adressa à ses
confrères de l'Ordre. Tous ceux qui le purent répondirent à son
appel. Les uns du fond de leurs postes de commandement aux
tranchées, les autres des divers hôpitaux où ils servaient, envoyèrent
leur aumône. intéressèrent à l'œuvre femmes, enfants. parents. En
ce temps, plus d’une petite bourse d'écolier se vida pour l’ambu-
lance des chevaliers. M. de Bonneval proposa aussi aux personnes
qui s’intéressaient à l'œuvre de prendre à leur charge un lit moyen-
nant 350 francs par an ; on répondit à son appel. Je ne citerai pas
ici les donateurs ; ce que leur charité fit pour l'amour de Dieu, de
la Patrie et du prochain, ne fut pas accompli pour voir mettre des
noms en vedette. Je ne ferai d'exception que pour un de nos compa-
triotes, mort au champ d'honneur. le lieutenant Comie de Monspey,
chevalier de la Légion d'honneur, décoré de la Croix de guerre, et
depuis longtemps déjà chevalier d'honneur et de dévotion de l'Ordre
de Malte (1).
Grâce à ces concours M. de Charette recevait chaque mois une
somme de 1.500 francs, augmentée encore par d’autres dons : cer-
tains vinrent même de l'Association britannique et de l’Association
espagnole des chevaliers de Malte.
Dès cette époque, mais surtout en 1917 et 1918, diverses œuvres
charitables donnérent aide par l'envoi de matériel, de pansements,
de médicaments et même d'approvisionnements, permettant d’amé-
liorer l'ordinaire des blessés.
Ces œuvres charitables furent : Le Comité général du Canada;
L'Entrepôt des Dons (bastion 55) ; Le Service américain de distribu-
tion ; Le Comité international de pansements des Etats-Unis : L'Œuvre
des dépôts d'Eclopés : Le Comité de Londres de la Croix Rouge fran-
major le 1 mai 1918. {1 fut fait chevalier de la Légion d'honneur au titre
militaire, le 3 février 1947.
(t) Les Princes de la Maison de France n'oublièrent pas non plus l'hô-
pital des chevaliers de Malte. Plusieurs du reste sont membres d'honneur
et de dévotion de l'Ordre et font partie de l'Association française.
_HopiTAL DES CHEVALIERS FRANÇAIS DE MALTE 9391
çaise, présidé par la Comtesse de La Panouse ; Le Comité central
américain. |
Dans le courant de 1916 le personnel de l'hôpital perdit le con-
cours de deux de ses membres de la première heure. Le 1° avril
1916, ie Vicomte de Chabrol avait pris du service daus l'artillerie.
Sa vaillante conduite lui mérita les galons de sous-licutenant et la
croix de guerre. Le Comte du Fay de Carsix obtenait sa réintégrn-
tion dans la cavalerie et au front gagnait lui aussi la croix de
guerre (1). |
Entre temps, l'hôpital recevait d'illustres visites. Après les géné-
raux de Laugle de Cary et Roques, le général Gouraud qui les rem-
plaça à la tète de la IV® armée, le général Pétain, commandant le
groupe d'armée du Centre, le général Conneau, vinreut fréquem-
ment à l'hôpital, y apportant un puissant appui moral, donnant le
concours et le poids de leur aulorité pour toutes les améliorations
utiles |
S. M. la reine Amélie (2), de passage à Châlons, n’oublia pas non
plus de rendre visite au docteur Récamicr, fidèle ami de sa famille,
et à l'hôpital des chevaliers de Malte. Cette reine. qui a tant souffert,
sut trouver dans son cœur de princesse de France et de mère, les
mots qui consolent ct apaisent les douleurs. Elle tint à s'arrêter
auprès de chacun des blessés, lui laissant avec de réconfortantes
paroles, un souvenir de sa visite.
Nous avons vu combien avaient été mouvementés les débuts de:
(1) D’autres membres de l'Ordre étaient aussi au front. Parmi eux, nous
mentionnerons les trois suivants, nos compatriotes : le baron de Trai.
taigne,sous-intendant militaire, qui a obtenu la Croix de guerre et la rosette
d'oflicier de la Légion d'honneur ; il était chevalier magistral de l'Ordre. Le
capitaine Philippe Tiersonnier, décoré de la Croix de guerre et chevalier de
la Légion d'honneur ; il est Donat d'honneur et de dévotion de première
classe de l'Ordre de Malte. Le Baron Jean de Trétaigne, lieutenant d'infan-
terie, grièvement blessé, chevalier dela Légion d'honneur et décoré de la
Croix de guerre ; chevalier d'honneur et de dévotion de l'Ordre de Malte. Les
deux premiers, dégagés par leur âge de toute obligation militaire, sont partis
au front sur leur demande. Tous trois ont compté ou comptent encore
parmi les membres de la Société d'Emulation.
(2) Sa Majesté très fidèle Marie-Amélie, reine mère de Portugal, est de-
puis le 15 mai 1893 décorée dela Grand'Croix d'honneur et de dévotion de
l'Ordre de Malte. Son fils, Emmanuel Il, roi de Portugal, est bailli Grand'-
Croix d'honneur et de dévotion, du 22 janvier 1907. On sait par suite de
quelles révolutions tous deux sont en exil.
352 SOCIÉTÉ D'EMULATION bu BounBoNNaAIs
l'hôpital auxiliaire 41, ses derniers mois de vie ne le furent pas
moins Dès 1917, Châlons était devenu un des principaux objectifs
des avions et des pièces à longue portée des Allemands, d'où des
dégâts et des victimes. À compter de mai 1918 les visites d'avions.
les bombardements, se multiplièrent. A diverses époques ils se re-
nouvelèrent chaque nuit, pendant plusieurs heures, causant des
donmuages matériels de plus en plus considérables, allumant des
incendies nombreux et simultanés. Pendant les bombardements
M. de Charette se multipliait. Sans souci du danger, il accomplis-
sait des rondes fréquentes dans les salles des blessés et autour des
bâtiments, en vuc d'assurer les plus prompts secours en cas d'in-
cendie ou d'explosion de projectiles.
Les bombardements croissant en intensité, les pertes devenant de
plus en plus sévères, l'explosion de lorpilles ayant causé de sérieux
dégâts à l'hôpital, il fallut songer à mettre à l'abri les malheureux
grands blessés qu'il contenait.
Le 30 juin 1918 l'ordre d'évacuation est donné et exécuté d’ur-
gence. Trois wagons emportent à Villeneuve-sur-Allier 60.000 kilo-
grammes de matériel de toute nature. Le personnel militaire, ayant
à sa tête le docteur Récamier, M"° Rillart de Verneuil et plusieurs
infirmières. est dirigé sur l'hôpital Corbineau à Châlons, puis à
Vitry-le-François.
Quant à l'hôpital auxiliaire 41, il cessa de fontionner le 14 juillet
1918, et une décision ministérielle du 9 décembre 1918 consacra sa
fermeture définitive.
Hôpital du front, pendant une carrière mouvementée, il reçut,
outre de nombreux projectiles de tout calibre et de tout genre,
1.235 blessés, représentant 35.000 journées d’hospitalisation. La
comparaison de ces deux chiffres suflit à montrer qu'il s'agissait de
grands blessés, alités pour de longs mois et à qui il fallait les soins
les plus délicats et les plus minutieux.
Au moment de sa dislocation, le personnel hospitalier compre-
nait: le docteur Récamier, médecin-chef, l'aide-major Bezy (1).
M. Charles de Charette, administrateur, M®* de Verneuil, du Fay,
(1) Les aides-majors Hennons, Risler, Lugnier et Bubendorf ont été aussi
attachés 8 la formation et iui ont donné tout leur dévouement.
HopiTaz DES CHEVALIERS FRANÇAIS DE MALTE 353
Charvériat, M''e Récamier, MM. de Malherbe, de Marcellus et de
Saint-Pern.
Lors de la mobilisation, l'hôpital avait été doté d’un fonds d’en-
trée en campagne de 48.829 francs, fourni par l'Association fran-
çaise des chevaliers de Malte. De 1914 à 1918 l'hôpital reçut
encore :
De l'Association française des chevaliers de Malte. . 15.000fr. »
Dons personnels des membres de l'Association. . . 45.645fr. »
Des chevaliers britanniques de l'Ordre de Malte . . 5.528 fr. 30
Des chevaliers espagnols de l'Ordre de Malte . . . 597fr.25
Dons particuliers faits à l'hôpital et subventions de |
la Société de secours aux blessés militaires. . . . 133.258fr.55
Ces sommes et les journées d’hospitalisation payées par l'Etat
couvrirent tous les frais, et M. de Charette eut la satisfaction de
pouvoir remettre au Comte de Bonneval un reliquat actif de
8.206 fr. 71.
Par les pages qui précèdent on voit que l'histoire de l'hôpital des
chevaliers français de l'Ordre de Malte n'est pas étrangère à celle du
Bourbonnais, de Moulins, de Villeneuve-sur-Allier en particulier, et
que plusieurs de nos compatriotes y ont joué leur rôle. Un habitant
du Bourbonnais en fut l’âme et la cheville ouvrière, M. Charles
de Charette (1), dont le nom revient si souvent dans ces pages,
Après avoir été hospitalisé pendant plusieurs mois à Villeneuve-
sur-Allier. le matériel de l'hôpital est à l'heure actuelle déposé dans
les magasins de la Croix Rouge. Les instruments de chirurgie se
trouvent à l'hôpital Saint-Michel, et le docteur Récamier veut bien
prendre soin de leur entretien. L'hôpital est de nouveau prêt à
rendre service si les circonstances venaient à l'exiger.
L'hôpital français des chevaliers de Malte ne fut pas le seul effort
de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem en faveur des victimes de la
grande guerre. Un train sanitaire, un des mieux aménagés de ceux
qui ont fonctionné sur le front français, fut envoyé d'Italie par l’Or-
(1) Mme de Charette, née Boutry, a secondé de loin les efforts de son
mari. Elle fut en Bourbonnais le véritable Intendant de l'hôpital, y faisant
expédier tout ce qui était nécessaire. Dans cette œuvre obscure et ingrate
et pourtant si utile, elle a fait preuve d'une générosité. d'un zèle, d'un
dévouement et de qualités administratives égals à ceux de M. de Charette.
\ 23
354 Soc1ÉTÉ D’'EMULATION Du BoUuRBONNAIsS
dre de Malte. Sur les autres fronts et en Italie et Pologne. aussi bien
qu'en Allemagne et Autriche-Hongrie, des formations sanitaires
au front et des hôpitaux à l’intérieur, établis dès le temps de paix,
fonctionnèrent également.
En 1921, à la dixième Conférence internationale de la Croix Rouge,
à Genève, le délégué officiel de l'Ordre de Malte a lu un rapport,
fort documenté, relatif au fonctionnement des diverses formations
sanilaires de l'Ordre sur tous les fronts. L'assemblée n’a pu que
constater les immenses services de ces formations sur les champs
de bataille, rendre honimage au zèle ct au dévouement de tous ceux
qui s'y dépensèrent, constater enfin que l'Ordre de Malte n’a pas
dégénéré, qu'il reste fidèle à ses chrétiennes et chevaleresques tradi-
tions d'honneur, de dévouement et de charité.
# D #
SRE
MONTLUCON
ET SES RICHESSES D'ART
(Suite) (:)
B. — HISTOIRE
CHAPITRE II. — LA VILLE FÉODALE
g). — Les Institutions et les Administrations civiles.
1. — Offices et nfficiers (2).
La châtellenie royale était administrée (3) par un président, un
lieutenant civil, un lieutenant criminel, un lieutenant particulier, un
procureur du Roi et son substitut. un directeur du bureau d'élection,
un chef du grenier à sel, un lieutenant de la sénéchaussée de Mou-
lins et sept archers.
On distinguait : les officiers de l'élection (4) dont le tribunal con-
naissait en première instance, tant en matière civile que criminelle,
de tous faits des aides et des tailles. [ls assignaient les tailles des
(1) Voir Bulletin, pages 38. 81, 138, 210. 268.
(2) Voir plus haut, p. 270, les armoiries (imposées) de ces agents de l’admi-
nistration civile, seigneuriale, royale, et urbaine.
(3) Cf. 217. passim ; — 63. rapport de l'intendant Jacques Le Vayer,
p.33; — 194, rapport de l'intendant Jean de Turmenyes, seigneur de
Nointel, p. 101, etc.
(4) Cf. 217, 23. — Les appels du siège de la -châtellenie avaient lieu au Pré-
sidial de Moulins, ceux du siège d'élection étaient portés devant le bureau des
finances de Moulins, où siégeaient les Trésoriers de France qui s'octu-
paient également de toutes causes concernant le domaine, la grande et
petite voirie, le recouvrement de sommes dues au Trésor (Cf. 194, 106); — et
surtout la thèse très documentée de M. François DUMONT : Le Bureau des
Finances de la Généralité de Moulins, de 1587 à 1796, Moulins, imp. du
Progrès de l'Allier, 1924.
356 SociÉTÉ D'EMULATION pu BouRBoNNAIS
paroisses. Les officiers du grenier à sel(1) connaissaient en première
instance de « toutes les contraventions relatives à l'impôt sur le sel
ou gabelle ». Ceux des {raites foraines (2) étaient proposés à la véri-
fication et à la levée des impôts qui frappaient toutes les marchan”
dises qui entraient dans le ressort de l'élection (3).
Le corps de la ville, — qu’on nomme aujourd'hui le conseil muni-
cipal, — se coinposa de trois, puis de quatre consuls ou éche-
vins — car la charge de maire ne fut créée qu'en 1699 - et « de dix-
huit conseillers esleus lous les deux ans, et d'un procureur du faict
commun » (+).
‘IL — Services urbaine.
a” Las Maison commune » ou XCtel de Ville.
La & maison commune » — appelée plus tard « Hôtel de Ville »,
puis « Mairie » — est l'immeuble qui tient la première place dans les
préoccupalions municipales.
Celui qui abrita nos consuls et nos conseillers fut la porte des
Cordeliers jusqu'à la Révolution, qui.en « enlevant » aux Ursulines
leur monastère, y installa sans vergogne les services urbains, et
transforma cette propriété religieuse privée en Hôtel de Ville, et la
chapelle... en théâtre (5).
C'est donc dans la grande salle haute et voûtée qui s’étendait sur
le premier étage de la porte des Cordeliers (6) que siégea le conseil.
Quatre chambres des tours reçurent les archives et tout ce qui était
nécessaire aux besoins de la ville (7).
(1) 217, 29. — Le bureau de Montluçon pour la vente du sel fournissait
trois cents paroisses de Gannat et de Saint-Amand, (Cf.194, 106.)
(2) Cf. 217 33. Voir dans le mème recueil : subdélégation, 35: directeur
des aides, 37 ; droit de maille sur le vin, 151 ; droits sur les foires et mar-
chés, 154.
(3) Cf. CHÉRUEL: Dict. hist. des Institutions, Paris, Hachette, 1884.
(4) On dirait aujourd'hui « un receveur municipal ». Pour ce paragraphe,
cf. 88, 33; — 194, 101 et 105, rapport de M. de Nointel; — 217, 99. 271;
— 194, 57, « 1464: mécanisme de l'installation des consuese 97: «a compo.
sition du conseil de la ville ».
(51 Cf. 494, 207. — Voir la protestation de la Municipalité, en date du
25 octobre 1:27, contre le projet d'aliénation de la porte des Cordeliers.
(6) On accédait à la salle commune par « quatre-vintg-quatre marches»,
ve qui donne de cette porte une haute idée.
(7) Voir dans 217,99 : le tableau des maires, consuls, échevins et adjoints,
105 ; des receveurs, 117; des secrétaires, 118.
MonTzuçoN ET SES RICHESSES D'ART 357
b”° L'horloge.
Dans la description du château empruntée au géographe Nicolas
de Nicolay, on a vu qu’il était fait allusion à l’ « horloge » qui ser-
vait à toute la ville.
Lors de la construction de la tour d'escalier qui devait la recevoir
à la fin du xvr' siècle, l'architecte de Louis II semble (1) n'avoir prévu,
dans Îles premières années du xv* siècle, que l'établissement d'un ca-
dran solaire dont la place est indiquée sous les élégantes moulures en
tiers-point qu'on y remarque encore aujourd'hui (2).
C'est en 1495 qu'une horloge nouvelle aurait été placée, aux frais
de la ville (3), au sommet de la tour.
Le 10 septembre 1767, le serrurier François Martin fut « chargé de
la conduite de cette horloge » (4) On verra plus tard que ces vicux
rouages durent êlre changés et la partie haute modifiée au cours des
âges (5). L'horloge elle-même fut complètement remplacée en
1863 (6).
c’ Les premières casernes.
Les troupes qui défendaient Montluçon trouvaient sur l’espla-
nade du château des logis qui les abritaient. Ce n'est qu’en 1763
(1) En tout cas. deux muis après la mort de Louis Il, une horloge a dù ètre
placée sur la tour, car un acte du 20 octobre 1410 nous apprend que Jean
Mignot, « moyne de Menat et gouverneur du reloge de Montluçon, recon-
noist avoir reçu des cunseultz ceste présente année la somme de cent soltzt.
pour ses gaiges définiz à gouverner led. reloge ». (194, 48, d'après ADA
série E, fonds de Montluçon.)
(2 Cf. B. Description; monuments militaires : le château.
(4) 194, 20, d'après Archives de la ville, {er vol. des délibérations : — « une
enquète, faite le dernier février 1505 par le lieutenant de la châtellenie, cons-
tatait que les consuls de la ville avaient seuls le droit de conférer l'office de
gouverneur de l'horloge, quoiqu'il fût placé sur la tour du château, parce
que dix ans auparavant les mouvements du dit horloge avaient été faits
aux dépens de la ville et qu'il avoit été employé deux mois à leur confec-
tion (247, 192-3).
(4) Cf. 187, 28 ; — 194, 120.
(5) « Au mois de mai 1715, la couverture de l'horloge de la ville de
Montiuçon qui étoit tout en plomb en dedans et en dehors fut entière-
ment enlevée par un coup de vent, à l'exception de la charpente. On fut
obligé d'ôter les bois de la flèche parce qu'ils menaçoient d'une chute pro-
Chaine, par leur pente du côté de la rue des Serruriers. On ta aussi le
plomb qui restait que l'on fit transporter à lu chambre de ville sur cinq
ou six charrettes. » (21'7, 209.)
(6) Cf. 187, 11, 38 ; — 194, 341.
358 Soct1ÉTÉ D'EMULATION pu BOoURBONNAIS
qu'on voit les conseillers de la ville décider « l'acquisition d'un
magasin, d'une petite maison et d’un jardin appartenant à M. Ala-
rose de Breust. écuver... afin d'Y aménager des écuries pouvant loger
2 vingt-quatre chevaux et une compagnie de gen-
LAN darmes (1). C'est le xrx* siècle qui devait voir s'éle-
à | } ver en 1899, autour du vieux manoir, des bara-
E- | quements provisoires destinés à recevoir de la
troupe, en attendant la construction, à notre épo-
que, des vastes casernes du Clu-
seau.
d' Les Fours banaux.
On les trouve mentionnés dès
le xne siècle. La reconnaissance,
1375, des privilèges de la ville
nous fait savoir qu'il existait alors
«_ trois fours banniers, dont les deux
sont à Monseigneur, et le tiers (le
troisième) à M. de Norry, à cause
de sa femme ayant cause du sei-
sneur Monboisset » (2).
D'autre part, à la fin du siècle
suivant, un acte de 1498 nous mon-
tre ce nombre réduit à deux :
1
& 11
« La ville dudit Montluçon a de pré-
sent deux fours banniers seulement, ap-
Fig. 27. — Cheminée d'un four banal, Partenans à mond. seigneur le duc, et
rue Montperro::x. toutes manières de gens peuvent cuire
leurs pains en quelque four qu'ilz veu-
lent des deux. et doivent pour chacun
sestier de blé qu'ilz cuisent en pain, soit froment ou soilhe (seigle) et suit
en gros pain ou menu, six deniers tuurnois de fournaige (3). »
Au xvin® siècle la ville comptait six fours banaux, trois sur la pa-
(1) Cf. 194, 116.
(2, Cf. 5, XVIIL, 424. reproduit par 1894, 28.
(3) Id. — Pour ce droit de maille prélevé sur le pain blanc, et celui de
seigle, dit « tourte blanche », il ne constitue pas, en 1763, un impôt *« oné-
reux aux habitants » déclarent les officiers de police dans un rapport de cette
année, « attendu, disent ces magistrats, qu'il se fait dans la ville une troi-
sième espèce de pain, appelée « bis », dont ils vivent et qui est exemptée du
droit de maille ». (Cf. 194, 116.)
roisse de Notre-Daine : ceux de « Notre-Dame », des « Cordeliers »,
du « faubourg des Forges » ; trois autres sur celle de Saint-Pierre :
ceux de « Saint-Pierre ville », du « faubourg Saint-Pierre », du fau-
bourg « Bretonny ». Îls étaient affermés, en décembre 1775, respec-
tivement : 185, 40 200, 130, 200, 58 livres par an (1).
Un de ces fours, peut-être celui de Notre-Dame — dont la haute
cheminée prise par les habitants pour un ancien « Lampier » ou
« Lanterne des morts », — était installé dans une maison qui occupe
le bas de la rue Montpéroux, presque en face de la porte de la cha-
pelle actuelle de l'Orphelinat (fig. 27) (2).
e’ Les Foires et marchés.
On a vu plus haut que déjà, en 1153, Edrisi signale notre ville
comme « pelite », mais & bien peuplée », et «son territoire très
productif » (3), cela laisse entendre l'importance commerciale qu’elle
dut avoir au x\v° siècle. À cette époque, en effet, elle avait déjà
sept foires par an (4) :
«a Le lundi avant la feste de la Purification Nostre-Dame ; le jeudi avant
Pasques fleuries ; le premier may, le lundi après la feste de la Panthecouste,
le jaur de la feste de la Coilstion de Saint Jeban Baptiste, le juur de l'octuve
de Saint Michiel, le jour et feste de Saint Thomas appostre ; et aussi y a en
lad. ville dud. Montiuçon chacune sepmaine marchez communs à jour de
samedi et mercredi ; esquelles foires et marchez se veudent toutes manières
(1) Cf. ADA, série À, n° 99. Dans ces baux passés devant Vidal et son
collègue Chabot, notaires à Montluçon, messire Nicolss Gille agit en qua
lité d’ « agent des affaires de S. A. S. monseigneur le prince de Condé et son
receveur et régisseur des revenus de la châtellenie de Montluçon et Héris-
son, demeurant à Montluçon, paroisse Saint-Pierre ». L'emplacement des
fours banaux n'est pas spécifié dans ces actes.
(2) On sait que les Lanternes des morts, ou Lampiers, étaient élevées uni-
quement dans les cimetières, comme le prouve la situation de tous ces
petits monuments qu'on rencontre dans la Creuse, et, chez nous, à Esti-
vareilles. Ils occupaient le milieu des cimetières qui, depuis la Révolution,
ont été presque partout transformés en places publiques. Cf. ViIOLLET LE
Duc: Dict. rais. de l'architecture française, V1-154. — DE CAUMONT : Cours
d'antiquité, V1: — Bulletin monumental : 111, 452; 1v, 540. — Pour la che-
minée du four banal. Cf. le dessin de M'e Duchet (217, 189). Nous reprodui-
sons ici (fig. 27), avec la courtoise autorisation de l’auteur, la silhouette de
cette cheminée d'après le cliché publié par 212, p. 16.
(3) Cf. p 156. |
(4) Cf. p. 222, — 3, 262-3, - 217, 154-159; thalamus ou abutement des
mesures du Bourbonnais en 1475, 160-167.
360 SocIÉTÉ D’'EMULATION Du BouRBONNAIS
de denrées qui y sont amenées.. » ({) et qui étaient vendues à la « mesures
de Montluçon !{2).
Tous les documents s'accordent à montrer que la ville était admi-
rablement approvisionnée en bestiaux, chevaux, ânes... légumes,
blé, seigle, vin... même en étoffes pour les vêtements. « Les jours de
ces marchés et foires, il se vend, entre autres marchandises et
denrées, beaucoup de toiles crues et de droguets, la plupart
apportées d'Auvergne où elles ont été fabriquées » (3).
(4) Cf. Charte du 18 janvier 1498 (n.s.) ADA, À, 107, dans 5, xvint, 416.
— À propos des droits de iayde sur les marchandises et denrées mises en
vente les jours de foire et de marché que les sires, puis les ducs de Bourbon,
avaient la coutume de prendre à Montluçon de par la charte mème de fran-
chise donnée à la ville en 1242, voir 5, xviur, 414-424. — 187, 4 cite une autre
imposition : deux acquits pour environ 300 litres de vin, qui coûtaient en
4755, 6 sous !. Voir plus loin : k,le prix très bas du vin au xvni®s.— Il est inté-
ressant pour l'histoire du commerce local et aussi pour mieux comprendre nos
lois sociales actuelles, de comparer ces tarifs d'impôts qui grevaient parfois
légèrement les contribuables. avec les écrasantes impositivns et les droits
élevés des octrois modernes, sans parler naturellement de la « vie chère »
d'aujourd'hui que nous espérons toujours transitoire...
(2) Dès les premières Années du xive siècle, on parle de « la mesure » de
Montluçon... — En 1301, Pierre, archiprètre d'Huriel, enregistre la recon:-
naissance de Guillaume de Pessat, damoiseau. qui reconnait être tenu
envers le duc de Bourbon de divers cens sur des blés... « à la messura de
Mollicon... » (Cf. 62, 85, d'après AN, P &611, c. 100; ;, — 217, 154-159 ; et tha-
lamus ou abutement des mesures du Bourbonnais cité plus haut, 160-167 ;
dans le mème ouvrage, p. 14-15: les mesures pour les terres; et p. 108, la
reproduction en phototypie des trois anciennes mesures du grenier à
sel au xvirt siècle.
(4) CF. 247, 154-155 et 157 spécialement qui énumère les multiples provisions
et les échanges commerciaux dont bénéficiait la viile dès le xv° siècle.
Au point de vue de l'alimentation abondante du Moyen-Age et des prix
de chaque denrée, il faut lire particulièrement les ouvrages si documentés de
Jean GUIRAUD, professeur d'histoire à l'Université de Besançon: Histoire
partiale et histoire vraie, Paris, Gabriel Beauchesne éd., 1914, t. 1, p. 365:
« Le peuple était-il misérable au Moyen-Age ? ; 11, 263. « Grande prospérité
des campagnes entre 1140 et 1560 » ; — D'AVENEL : Histrire économique de la
propriété, des salaires, des denrées et de tous les prix en général depuis 1200
jusqu'à l'an 1800. Paris, imp. Nationale, 1894, t. I, p. 336: « En moins de
quarante ans, la misère de la guerre de Cent Ans avait fait place à l'aisance
et à la richesse. » — Cette période de soixante-quinze ans, qui va de 1450 à
1525, fut, d'après les preuves fournies par M. d'Avenel, « une période de
bombance où la population mangea largement à sa faim »...; — PIGEONNEAU:
Histoire économique de la France, Paris, Cerf éd., 1889, passim. — Si on peut
signaler à bon droit, au Moyen-Age, des disettes dont194, copiant 2117, se
MonTLuçon ET SES RICHESSES D'ART 361
= f La boucherie et da corporation
des bouchers.
La corporation des bouchers (1) si puissante au Moyen-Age, avait
été l’objet au cours des âges de divers règlements.
C'est ainsi qu’en 1380 le bon duc Louis IT rendit une ordonnance
en vertu. de laquelle aucune bête ne pouvait être abattue par la bou-
.cherie (2) « qu’elle n'eust estée amenée cn lieu publique et qu'elle
n'eust esté trouvée vive, sayne, buvant et inangeant et visitée par les
dis deux bouchicrs juréz » (3).
\ En 1375 (4), la reconnaissance des privilèges de Montluçon mentionne
« deux boucheries notables, une appelée la grande et l'autre petite bouche-
ris, es quelles monseigneur prend par an. s@r chsvun bouchier, cinq sols
et une longe de bœuf. Et en vutre duivent tous dis bouchiers ensemble
.pour au qu'ils payent la veiile de Noël, avec les longes de hœufs dessus
dites, cinq cuisses de bœuts des meilleurs bœufs qui soient vendus, au
choix de monseigneur, desqueulx cinq cuisses l'une est au receveur «.
fait l'écho, c'est moins la rareté de [a production quiles explique que l'iné-
gale répartition des produits entre les consommateurs, répartition défec-
tueuse justifiée par les diffi :ultés des communications de l'épuque.
(1) Cf. p. 270-271, les armoiries des Bouchiers. Ces distinctions avaient dû
être accordées aux membres de la corporation pour reconnaitre leur ardeur
à défendre la ville contre les invasivns anglaises. Cette mème tradition
dont les anciens historiens se sont inspirés sans preuves (11, Voyage pitto-
resque, 382; — 194, 51, etc.), veut qu'une charte du couvent des Cordeliers
témoigne que les membres de la corporativn. « 14° Marchaient les premiers
de tous les corps d'état, dans les processions et cérémonies ; 2° qu'ils
avaient droit de danser. avec accompagnement de tambours sutour du feu
de Saint-Jean ; 3° que leur bannière était enrichie d’un couperet d'argent
béni par le Pape... » De fait, comme nous l’avons fait remarquer les armes
.des bouchers se voient encore, rue des Chevau-Fug. à l'angle d'un mur qui
clôturait, avant 1789, l'enclos des Cordeliers. C'était peut-être en souvenir
de services rendus par la corporation, particulièrement au monastère fran-
ciscain. |
Les bouchers portaient le surnom de « Girauds ». Ils l'auraient, d'après
‘nous, tiré de l'habitativn de plusieurs d'entre eux dans le faubourg qui porte
le nom de la Gironde (194, 63), et je soupçonne que ce dernier vocable est
venu au quartier vuisin de celui de la Presle, par suite de campements des
Anglais de Guyenne au cours des guerres de Cent Ans. En tout cas, au
‘Xvnt siècle, comme nous le verrons plus loin, les bouchers n’habitaient plus
exclusivement la rue de la Gironde.
(2) La rue de la Boucherie aboutissait à la porte du mème nom qui ne
fut connue, depuis le xvi* siècle, que sous celui de Porte Bretonnie (224, 17;
— Cf., les plans anciens).
(3) 194, 39. — On voit par ces minutieuses précautions le souci de
- Louis [F pour la santé publique ; nous n'en faisuns pas plus aujourd'hui.
(4) 6, xvut, 424, reproduit par 194, 28. RS
362 SOCIÉTÉ D'EMULATION Du lSOURBONNAIS
Les Archives départementales de l'Allier renferment divers titres
de maîtrise concernant les bouchers, qui établissent que les membres
de la corporation habitaient indifféremment les divers quartiers de
la ville (1), surtout à partir du xvn* siècle.
Le 25 mai 1790, une halle de boucherie fut édifiée aux frais des
habitants « sur le fossé de la tuerie, au nord du ruisseau de Lama-
ron ; deux ans plus tard, les contributions volontaires étant épuisées,
une imposition de 5 210 livres, 13 sols, permit d'acheter la cons-
truction (2).
On assigne à l’année 1676 l'institution de la CORPORATION DES
CHARCUTIERS (3).
, g' Le Grenier à sel.
Dans le pays de Grande Gabelle qu'était le Bourbonnais, un gre-
nier à sel fut établi à Montluçon (4) dès 1553,
Sa juridiction était fort étendue tout d'abord. Après l'établissement
d’autres greniers à Ainay, Gannat, Germigny et Saint-Amand, elle
fut restreinte à 131 paroisses ou collectes (5). Un président, un
contrôleur, un grénelier, un procureur du roi et un receveur étaient
préposés à ce service. Enfin le grenier avait cinq brigades (Montlu-
çon, La Chapelaude, Montaigut, Pionsat, Evaux), composées cha-
cune d’un capitaine, d'un licutenant et de quatre cavaliers.
En outre, l’intendant mettait sept archers de la maréchaussée à
la disposition des greniers à sel Ce n'était pas de trop pour répri-
mer et tenir en respect les nombreux faux-sauniers, qui faisaient
(1) 4 septembre 1648, les officiers de la ville « vendent à Jean Jaladon,
boucher à Montluçon, une mestrise de mestier et art de bouchet pour tuer
bestes grosses et menues et icelles exposées en vante dans boutique et ban
qu'il pourra dresser au devant d'icelle au faubourg des Forges... moyen-
nant 180 livres t. et un cens annuel de cinq sous ».…
30 mars 1649 : « vente dans les mêmes formes, par les mêmes, à Pierre
Perrot, d'une maitrise de boucher au faubourg Saint-Pierre, moyennant
360 1. t. et un cens annuel de cinq sous... » — 2 décembre 1650 : vente par les
mèmes « à Jean Sestre, d'une maitrise de boucher au fuubourg des Corde-
liers, moyennant 100 1. t. comme prix de vente, et un cens annuel de un
sou ». — (Cf. ADA série E ; — 21'7, 205 ; — 194, 91.)
(2; 217, 237 et 239.
(3) 194, 97.
(4) Le Bourhonnais comptait trois greniers à sel : à Moulins, à Montlu-
çon et à Gannat. La chambre de Vichy dépendait de ce dernier.
(5) Cf. l'énumération de ces collectes et la liste des officiers dans 317,
29-32. | EN
MonTLuçon ET SEs RICHESSES D'ART 363
d'autant plus la contrebande du sel que les pays voisins, le Limousin
et une partie de l'Auvergne, étaient pays de franc-salé, c'est-à-dire
exceptés de payer des droits (1).
Le grenier à sel fut supprimé à la Révolntion (2) sans laisser de
traces de l’emplacement que les locaux occupaient à Montluçon.
Si la perception des impôts sur le sel pouvait déplaire aux contri-
buables Montluçonnais - et c'est le cas pour toutes les impositions
surtout personnelles (3), — du moins la ville en tirait largement
profit pour réparer ses édifices ou mettre ses murailles en état de
défense (4).
(1) Cf. Roger DELvVAUx : Gabeleurs et Faux-Sauniers….. Moulins, imp.
Crépin-Leblond, 1909, 14. Au sujet des faux-sauniers si nombreux dans la
- région, voir dans cet excellent ouvrage, p. 86, l'information faite en 1704 par
François Alemargot, en résidence à Montluçon, contre le sieur Richard,
qui avait été rencontré à la tête de 180 contrebandiers, conduisant chacun
un cheval chargé de sacs de sel... ; p. 101-103, l'exposé de l'affaire du faux-
saunage commis en décembre 1706, par une vingtaine d'hommes du régi-
ment de Saint-Germain-Beaupré qui, après s'être battus pendant l'été en
Italie, avaient été envoyés en quartier d'hiver à Montluçon. Pour occuper
leurs loisirs, les cavaliers s’y livraient au faux saunage !. : enfin, p. 111,
une lettre, de M. de Radiolles. du 28 janvier 1711, dénonçait au contrôleur
général, des dragons qui transportaient en plein jour du sel. et des soldats
que les cullecteurs d'impôts du grenier à sel de Montluçon signalaient
comme HR oi la perception de l'impôt et mème poursuivant en armes
ces officiers » !I. ®
(2) Cf. 247, 29 : ;, — cependant le 12 février 1790, le receveur du grenier à
sel faisait dire par le maire « à des marchands étrangers qui au mépris de
la loi (?1) vendoient publiquement du sel... que la liberté de la vente du sel
n'étant pas encore permise, la municipalité était obligée d'empêcher lsdite
vente et les engagait à la cesser »... (/d., p. 236.)
(3) À l'encontre du grenier de Moulins, qui seul était de vente « volon-
taire », c'est-à-dire que tous ceux qui habitaient dans son ressort ne payaient
le sel qu'autant qu'ilsen prenaient pour faire face à leur b-suin, ce qui
constitue un impôt réel, le grenier de Montluçon, — comme celui de Gan-
nat d’ailleurs, —à cause de la trop grande proximité du pays franc-sa!é,
pratiquait l'impôt « forcé ». |.à vn impusait à chaque paroisse et à chaque
famille une quantité de sel proportionnée à leur importance et à leurs be-
soins supposés, ce qui rendait la gabelle un impôt personnel. impôt per-
sonnel très luurd puisque, d'uprès M. Roger DELVAUX, ouv. cité plus baut,
p. 10, « le sel était taxé d'un droit de près de cinq fuis sa valeur marchandes.
M° Pérot de Saint-Angel, de son côté, fait observer que les « famitles de
Montluçon étaient taxées à acheter annuellement neuf livres de sel par
tête, avec défense de reven:ire ce qu'on avait de trop ;... et que le prix du
: dos s'élevait jusqu'a 62 livres ». (217, 29.)
(&) C'est ainsi que, par lettres patentes de Charles IX, du 7 septembre
364 Soci1ÉTÉ D'EMULATION pu BouRBON\NAIS
h’ Les Ponts.
Si la ville féodale ne connut, sur le Lamaron, que de légères passe-
relles en bois, du moins, pour tranchir le Cher ou les petits bras qui
faisaient du quartier Saint-Pierre une sorte d'île, elle pouvait dis-
poser de trois ponts.
Ï. — Le plus ancien, « le Pont vieux », appelé parfois le « pont du
château » (fig. 22, plan: N.),rebâtien pierre, au Moyen-Age, sans doute
sur l'emplacement du pont romain (1), au centre du faubourg Saint-
Pierre, couvrait le bras du Cher qui devait alimenter les fossés de
la Porte voisine. À droite et à gauche, comme aujourd’hui, il était
serré par des maisons sur pilotis qui abritaient peut-être une partie
de l'industrie des armuriers. C’est sur son dos qu'on met la percep-
tion de l’inconvenant autant que bruyant prélèvement du « cens »,
qu'aurait cxigée en 1468, Marguerite, dame du Breuil, sur les
ribaudes du temps voulant entrer en ville ou en sortir (2).
[Il] mesure trois mètres de large et ne présente, sous un faible
parapet, que trois arches, utiles munies d’éperons solides.
IT. — Le « Pont de Pierre » de six arches, le seul aujourd'hui qui
relie Ja vieille cité à la ville industrielle, s’est encore appelé le
€ Grand Pont » et le « Pont Saint-Pierre », dans des actes (3) qui
nous font connaître que sur lui aussi « s’élevaient des boutiques de
petig commerçants el même des maisons couvertes en tuiles » (4),
qui ne furent démolies qu'en 1750 (5).
1569, il fut accordé 8 lu vilie un droit de vingt deniers par chaque minot
de sel vendu, pour être employé à parachever le pont de pierres (2177, 194).
Autres lettres patentes de Louis XIII (Fontainebleau, 14 septembre 1629)
« prorogeant pour six ans, commençant au 23 avril 1628, date de l'expiration
de précédentes lettres d'octroi, le droit pour les habitants de Montiuçon de
percevoir 3 s. 4 d. sur chaque minot de sel qui se vendait aux greniers à sel
de Montluçon, Saint-Amand, Gannat, pour les deniersen provenant être
employés aux réparations des murailles, tours, portes, porteaux, ponts-bois,
pavés et chaussées des environs. » (ADA, série E, ; — 194, 90.)
(1) Cf. 8, 185, n° 123.
(2) Voir plus baut, p. 218; — Cf. 18, 187, qui a été copié par 11, Voy. pit-
toresque, p. 380 du tirage à part, et reproduit trop complaisamment par
224, 45, et presque tous les auteurs qui se sont occupés de Montluçon.
(3) Cf. 68, 32, d'après les AD A, série E. fonds de Montluçon. “
_ (4) Cf. 217, 203 : « Les consuls vendirent, le7 janvier 1653, à Jean Urban,
marchand, une maison couverte à tuile et située sur le punt de pierre de
la ville, moyennant 120 livres, et à charge de cinq sous de cens. s
(5) Cf. 217, 214: «en 1750 on démolit les maisons construites sur les piliers
du pont de Montluçon ».
MonTLucon ET SES RICHESSES D'ART 365
En 1300, il fut sinon construit, du moins réparé (1). Les consuls
entreprirent en 1484 sa restauration, dont les travaux importants du-
rèrent jusqu'en 1490 (2). Soins inutiles, car en 1502, par suite d’une
crue d'une violence extrême, le pont fut emporté (3). Il fut recons-
truit et relomba dans le Cher le 14 mai 1527, par. suite d’une nou-
velle inondation (4), relevé vers 1569 (5), puis restauré en 1737 (6) et
en 1750... (7).
Une croix de fer marquait le milieu de cet ouvrage (8).
C est le grand pont actuel. dont la reconstruction totale et l'élar-
gissement furent projetés en 1873, et qui fut édifié, à la fin du siècle
dernier, en ciment armé.
IL. — Enfin, un troisième pont, nommé « Bufecie » (9), avait été
jeté, de 1307 à 1309 (10), sur le Cher, dans l'axe de la voic romaine
qui allait vers Evaux, et auquel aboutissaient les rues Romaine et
Appienne.. en face du village des « Isles ». Il était dans la direction
du faubourg de Bretonnie. Il fut remplacé après 1800, au passage
d'un gué situé en amont de l'ancien pont Bufecie, par la passerelle
de bois dite «des Isles ». puis Pont Ringuet (11), qui subsiste encore.
mais sur lequel le droit primitif de péage a été aboli au xix° siècle.
(1) Cf. 21'7,190.
(2) Le 6 et le 28 novembre 1490, le duc de Bonrbon donnait aux habitants
de Montluçon, pendant dix ans, « le tiers de la maille qui se lève sur toutes
les marchandises à son profit pour contribuer à la confection du pont » ADA,
papiers du Fourny (copie), 8 cahiers, f. 484.
(3) Cf. 217, 192; — 194. 54. « Le 12 août 1503, Nicolas Maignet, masson,
reconnall avoir reçu de Pierre Pointe, licencié en lois, Loys Pinelle et Guyot
Milet, consuls. ceste présente année, la somme de 290 liv. t. pour le prix
taict à lui de abattre et démolir les pilles tombées du pont de Montluçon
et assemblé la pierre et quartiers d'icelluy et chaucé les fondements dudit
pont. » ADA, série E. fonds de Montluçon; — 184, 58.
(4) Cf. 217,19.
(5) On a vu plus haut, à propos du grenier à sel, que Charles IX donna
par lettres patentes, le 7 septembre 1569, à la ville le droit de prendre vingt
deniers par chaque minot de sel vendu « pour être emplôyé à parachever
le pont de pierre ». Cf. 21'7,194.
(6) Cf. 2117, 210.
(7) Cf. Id., 214.
(8) Voir chapitre 111, Montluçon moderne, xix°-xx° siècles, la gravure
qui représente le pont avant sa dernière réfectiun.
(9) Cf. 18. 185 ; — 194, 63 ; — 247, 190.
(10) Cf. 217, 190.
(41) Cf. 194, 226-277.
,
366 Société D'EmuLATIoN pu BouRBoNNais
i” Les Fontaines publiques.
La ville eut à sa disposition, au Moyen-Age, des eaux parfaites. La
première mention qu'on rencontre dans les documents concernant
les fontaines est un prix fait, du 12 décembre 1479, entre les consuls
et Jean Lumonnier, moyennant 143 livres, pour la construction d'uu
conduit qui devait amener l’eau de la fontaine Notre-Dame (1) jus-
qu’à celle de Saint-Pierre (2).
Une eau excellente venait de Châteauvieux, d’ un bassin appelé
« la mère des Fontaines » (3).
Parmi les fontaines de la ville, celle de la porte des Forges a tou-
jours joui d’une réputation particulière.
Lîlles étaient toutes l’objet de soins vigilants des autorités et entre-
tenues par d’intelligentes et fréquentes réparations (4).
II. — Caractère, costume, mœurs et coutumes.
a” Le Carectère.
Il est intéressant d'entendre sur cette question les jugements que
portaient sur les habitants de Montluçon les étrangers qui traversè-
rent la ville, au cours des deux derniers siècles de l’Ancien Régime.
En 1619, le Père Fodéré, visiteur trop rapide des Cordeliers (5),
écrivail :
. « Les habitants de Montluçon semblent estre d'un naturel rude et
rébarbatif ; mais Cest seulement en leur parler, car si sont-il néantmoins
courtois et humains en leurs actions... : ils sont furt dévots et fréquentent
fort les églises. »
(1) Le fontaine de Notre-Dame avait une allure très pittorèésque que nous
a conservée le premier panneau du précieux poliptyque de l'église Notre-
Dame, peint à la fin du xv° siècle, sans doute, par Jean et Jacquelin de
Montluçun ; et, plus près de nous, par le fidèle dessin de la comtesse d'Os-
mont dans: Souvenirs de Nériset de ses environs, Paris, 1536 (Cf. 217,
172 . Elle a malheureusement perdu depuis tout son cachet primitif, par la
destruction de son bassin à pans et l'application brutale et utilitaire de
bornes fontaines en fonte...
(2) Cf. 9117, 171-174 et actes de 1625, 1695 et 1761.
(3) Cf. Id. acte de juin 1616.
(4) Le 28 février 1762, des habitants demandaient au subdélégué de l'in-
tendance que, pour les réparations importantes qu'on devait faire aux fon-
teines publiques, un abandonnäât les divers projets présentés sur l'ordre de
M. l'intendant de Bernsge par le sieur Benoist, sous-ingénieur des ponts et
chaussées, de la province, pour adopter celui qu'avait établi le sieur Rolland,
fontainier à Riom (184, 116).
(5) Ct. 48, cité par 68, 33, note 2.
MonTLzucon ET SES RICHESSES D’ART 367
L'intendant du Bourbonnais Le Vayer (1), dans un rapport officiel,
est plus sévère :
« Cette ville fournit commodément ce qui est nécessaire pour vivre
agréablement et faire bonne chère; les vins des environs sont très abon-
dants et très délicats, la viande y est très excellente et les veaux de Montlu-
çon sont très estimés ; le gibier, et la perdrix rouge surtout, ÿy sont merveil-
leux. Le peuple y est poli, mais peu laborieux et abusant de ce don que la
nature lui a présenté, car il se donne beaucoup au vin.»
Ce reproche, qui généralise trop, est vraiment injurieux et
excessif.
Dans la Physiologie du Bourbonnais, l'auteur (2) prétend nous
dépeindre les Montluçonnais de 1840 :
«Il y a peu d'aristocratie à Montluçon. Les anciennes familles n'y sont pas
nombreuses. C'est la bourgeoisie qui tient le haut pas. Sans ètre riche, elle
est aisée, et elle a toujours été regardée comme falle de fêtes et de plaisirs.
J'ai souvent entendu lui reprocher son excessive vanité. — Chacun veut
rimer sur son voisin; le plus petit veut s'élever à la taille du plus grand.
‘est une lutte incessante d'amour-propre. A Montluçon, on vit peu en
famille : les hommes abandonnent leurs femmes dans leurs ménages, et se
réunissent dans les cafés. Là on joue et l'un médit le plus qu'on peut. — Ces
messieurs recherchent, avec une infatigable assiduité, les faveurs des gri-
settes de la ville... On aime beaucoup à Muntluçon les belles toilettes et les
grands repas. À cet égard, on se jalouse les uns les autres. C'est d'ailleurs
un pays de cocagne où l'on vit à peu de frais. Vuus n'avez qu'à voir le mar-
ché qui se tient sur la place Notre-Dame. et vous jugerez par l'abondance
des provisions, que la gastronomie doit être fort en honneur dans ce pays.
Bien que les femmes gardent le coin du feu, elles ne laissent pas que d'être
coquettes ; elles supportent difficilement les rivales qui peuvent les surpasser
en beauté...
Du reste, allez vous promener sur les boulevards, et vous verrez tous les
dandys et toutes les dames à la mode de l'endruit. C'est là qu'on étale son
etit luxe et qu'on se montre dans tous ses “tours. Mais c'est surtout pour
es soirées dansantes qu'on réserve ses plus magnifiques toilettes, on ne
peut voir de bals plus hrillants que ceux qui se dunnent à l'hôtel de ville
pour la Bonne-Dame de septembre. Pour ma part j y ai assisté une fois,
et j'ai été émerveillé de tuutes les grâces féminines que j'ai vues s'y déployer.
D'après tout ce que je viens de dire, il semblerait que les affaires sérieuses
dussent prévccuper fort peu les habitants de Montiuçon; cependant cette
ville est assez commerçante, elle a mème quelques petites industries qui
prospèrent très bien.
Une justice à rendre aux Montluçonnais, c’est qu'ils ont l'esprit vif et
qu'ils comprennent parfaitement les devoirs de l'hospitalité ; ils reçoivent
leurs amis d’une manière furt cordiale. Je suis d'autant plus content de
dire cela, que tout ce qui précède pèurrait me faire passer pour un homme
qui se plait à médire, ce dont « Dieu me garde ».
Nos contemporains jugeront eux-mêmes si M. « Lewis » a fait des
(1) Cf. 83, 33.
(2) Physiologie du Bourbonnaix, par B. Lewis, illustrée de 60 gravures,
par Pottin. Moulins, P.-A. Desrosiers : Montiuçon, pp. 93-101. — B. Lewis
est le pseudonyme de M. Louis Batissier, l'auteur du fantaisiste Voyage pit-
toresque, dans l'Ancien Bourbonnais.
368 SOCIÉTÉ D'EMULATION Du BouRBoNNAIS
instantanés, et s’il n'y a pas lieu, aujourd'hui, de retoucher le « cli-
ché », ou du moins « l'épreuve ».…
Un Montluçonnais observateur, M. Gilbert-Bon Perrot de Saint-
Angel (1), qui connaissait bien ses compatriotes, semble plus juste
quaad il en traçait l'esquisse suivante :
« Les habitants sont doux, affables et prévenants envers les étrangers,
aiment les poire la bonne chère et le luxe, sont peu entreprenants, peu
laborieux (2), nullement industrieux et ne se livrent à aucun commerce.
Pendant les secuusses terribles de la Révolution, ils sont restés calmes et
ont sceu se prémunir contre les instigations de quelques tètes exaitées, qui
étoient fâhees de les voir jouir d'une tranquillité si douce dans un temps
si OrAgeux. »
Il y aurait peu de chose à ajouter à ce vivant portrait. On pourrait
peut-être cependant faire observer, pour le mettre au point, que
« l'esprit peu entreprenant, peu laborieux, nullement industrieux »
que M. Perrot de Saint-Angel constatait chez les Montluçonnais de la
fin du xvin siècle et des premières années du suivant, a fait place
à une activité qui range la ville au premier rang du département.
On peut dire des habitants de notre ville ce que M. Coupas (3)
écrivait sur les Bourbonnais en général, qu'ils sont entrés sans
résistance et avec une certaine promptitude d’assimilation, sans
le céder à personne, dans les voies nouvelles ouvertes par les
sciences modernes, et dans le domaine industriel et dans le domaine
commercial.
b’ Le Costume.
L'auteur du Voyage pittoresque en Bourbonnais (4) dit que le cos-
tume des habitants des villages,
« avait beaucoup d'analogie avec celui des environs de Gannat. Les
hommes portent toujours la longue veste, le large chapeau, les culuttes à
guëètres et un gilet croisé. Les femmes ont une LÉ à peu près comme celles
d'Auvergne. sans veluurs. Leur tète est couverte d'un petit bonnet rond,
dunt le fond est très plat, et la garniture très courte. Elles ont un tablier
de couleur rouge en général et qui descend jusqu'aux pieds. Quand il pleut,
(4) 217. 18.
(2) On chantait au xvi* siècle à Montluçon une chanson dont un couple.
semble dire qu à cette époque, les habitants de la ville méritaient bien le
repruche d ètre « peu laborieux ». (496, 23.)
+ Môliçon, pays de coquaigne,
ui plus y dort, plus y gaigne ;
Cil qui dort jusqu'à midy
Gaigne cinq sois et demy. »
(3) Cf. 89, 35.
(41 Page 387 du tirage à part.
MonTzucon ET ses RICHESSES D'ART _ 369
elles mettent une cape, dont l'extrémité supérieure a la forme pointue d'un
capuchon. Presque toutes les femmes arrivent en ville la hotte sur le dos.
Leurs sabots bien découverts et à larges recolles, sont ornés de dessins qui
souvent ne manquent pas de goût. »
Quant aux citadins, ils portèrent, durant tout le Moyen-Age, le
costume des gens de leur condition et dont la description se trouve
dans tous les ouvrages qui s'occupent de cette question (1).
b’ Mœurs et coutumes.
Les Crafugeaux et le « Chevau-fug ».
Aux traits relatifs au caractère montluçonnais, l’auteur de la
Physiologie du Bourbonnais (2) ajoute celui-ci, qui révèle les mœurs
et coutumes du pays... en 1840 (1).
« Les habitants de Montluçon sunt Bourbonnais: c’est-à-dire qu'ils sont
frivoles au suprème degré ; aussi le plus petit événement, un rien, met-il
toute La ville en émoi. Cela est si vrai, qu’un artiste [Achille Allier], qui
connaissait très bien ses compatriotes, a dit: Ii fut un temps où un roule-
ment de tambour et quelques notes aiguës du fifre causaient à Montluçon
une émeute de bons vivants, une révolution de gaité. »
Autrefois, il ne se faisait en général ni baptème ni mariage, sans
que le tambour et le fifre soient de la partie. Lors des baptêmes,
c'est précédée de ces deux instruments que la « bonne de la maison
allait porter en ville des bonbons aux amis et connaissances de sa
(4) Cf. Dictionnaire raison. du mobilier français, par E. VioLLet-Le-Duc,
tomes III et IV, passim ; — Mœurs, usages et costumes au Moyen-Age et à
l'époque de la Renaissänce, par PAUL Lacroix (Bibliophile Jacob), Paris,
Firmin-Didot, 1877, passim., etc. C'est dans ces dive:s ouvrages que 194
a puisé les descriptions des pages 66 et 67.
(2) Ouv. cité, p. 96, voir dans cet ouvrage l'histoire du vieux et jovial
bonhomme de l’ancien régime qui mettsit tous les habitants dans les rues
lorsqu'il les traversait avec son tambour. « Vous eussiez vu l'ouvrier
jeter ses outils, la ménagère son bas, le clerc sa plume, le bourgeois ouvrir
précipitamment sa porte... la foule grossissait toujours, et bientôt la moitié
de la ville courait par les rues tortueuses. et l'autre moitié le regardait
passer en riant. »s — Lire encore dans le Centre (26 juin 1910), certains détails
sur les mœurs et coutumes particulières à la ville.
Le peuple ne manquait pas d'une certaine malignité narquoise dont quel-
ques noms anciens de rues « aflichaient » le témoignage. En dehors de celles
qui rappelaient normalement un souvenir historique, la situation ou les
institutions de la ville, onen trouvait d'autres au coin de certaines ruelles
comme la rue du Dieu-d’Amour, la rue d’Ah/-Ah}!, la rue Casse-Cou, la
rue du Pas-Glissant, la rue de La-Gaieté, la rue Furet, la rue du Poëlon, la
rue des Soupirs, la rue du Pied-Coupé, mème la rue du Pet-en-l'Air... qui
devaient rappeler de vieilles histoires dont s'amusaient nos pères et dont le
souvenir mème s'est effacé.
24
370 SOCIÉTÉ D'EMULATION Du BoUuRBONNAIS
maîtresse, emmenant avec elle les domestiques de loutes les per-
sonnes invilées au festin qui faisaient, toujours avec clle, joycu-
sement ces courses dans Îa ville ».
Fig. 28. — Scene de la rue, au Moyen-Age.
( l'ableau de P.-C. Comte. 1303)
Le même auteur parle de « l’affreux charivari » qu'on donnait à
ceux qui convolaient en mariage, soit à un cerlain âge. soit après la
mort d’un premier époux. Mais pour y èlre traditionnelle, cette cou-
tume n’était pourtant pas spéciale à Montluçon.
Les saltimbanques, les jongleurs, les chanteurs des rues, avaient
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Monrzuçon Er sEs}RicHesses D'ART 371
les plus vifs succès auprès d’une population qui aimait à s’ « esbau-
dir ». (Voir fig. 28.)
s° Les Trafugeaux.
Une autre coutume, presque générale en Bourbonnais, la fête de
la' Saint-Jean, était à Montluçon observée avec un rite un peu
spécial. Nous voulons parler des TRAFUGEAUX, que décrit l’auteur
de la Physiologie déjà citée (1).
« Le jour des brandons, les habitants élèvent dans chaque faubourg un
grand feu de joie. Le soir venu, ils vont chercher un des nutabies de la
ville pour l'allumer. Celui qui a reçu cet honneur paie à boire à tous les
gaillards qui l'ont choisi. On établit ainsi trois ou quatre feux. l e plus beau
est presque toujours celui de Saint-Pierre. Les habitants des hameaux
voisins accourent en ville, et l'on danse toute la soirée autour des bûches
enflammées. —- Ce sont là les trafugeaux. » : | |
2° Le Chevau-fug.
Une curieuse réjouissance importée peut-être d'ailleurs, mais qui
eut dans cette ville une adaptation particulière à Montluçon, fut
celle des Chevaux-fugs (2).
(1) Page 97. Cf. 184, 105 : « En 1744 Montluçon ayant eu encure à loger
et à entretenir des prisonniers, on défendit d'allumer les trafugeaux. »— Au
sujet de cette coutume, M. Paul Vignier (Centre, 11 juillet 1910) en rappelle
une autre qui n'a complètement disparu que vers 1870, et que nous signalons
ici pour en conserver le souvenir:
« À l'heure actuelle, les feux de quartier n'ont plus lieu, on les a remplacés
par des réunions de famille, au cours desquelles on fait sauter des beignets
que l'on n'oublie pas d'arroser copieusement en chantant :
Jour des Brandons
Laisse tout à l’abandon.
« Encore aujourd'hui, dans la campagne, les anciens brandons sont rem-
placés par des coups de fusil.
« On peut regarder comme se rattachant à cette coutume celle qui consiste
à faire « fumer hommes, femmes et filles ». Voici en quoi elle consiste : On
se rend en groupe chez les amis qu'il s'agit de « fumer ». Arrivé dans leur
demeure, on y installe un réchaud dont on a eu soin de se munir. Lorsqu'il
est allumé on jette de l'encens sur les charbons ardents. Il s'en échappe force
fumée qui remplit toute la maison. Inutile d'ajouter que la fumée ne va pas
sans de copieuses libations. Le 2° jeudi avant le dimanche gras, les garçons
fument les filles ; le dimanche suivant, c'est au tour des filles de fumer les
garçons. Le jeudi gras les hommes mariés fument les femmes en même temps
qu'on promène le bœuf gras. Et enfin, le dimanche gras, les femmes mariées,
qui sont réservées pour la bonne bouche, fument les hommes. Ce divertisse-
ment aété abandonné en ville. Il ne se pratique plus guère que dans les
quartiers tout à fait excentriques. »
(2) La littérature de ce sujetest très abondante. Toutes les revues de la
372 Soct1ËÊTÉ D'EMuLATION pu BoURBONNAIS
C'était une sorte de cavalcade organisée par les confrères du Saint-
Esprit, et qui avait lieu chaque année, le lundi de la Pentecôte (1). Les
« confrères », vêtus comme les soldats du temps de Louis XII, les
uns avec des épées de bois, les autres émergeant de chevaux de
carton peints ct caparaçonnés avec de riches rubans de couleurs et
de tentures flottantes, qui dissimulaient leurs pieds. s’avançaient
avec des mouvements qui rappelaient moins une marche qu'une
danse, entrechoquant leurs bras en cadence. Ils semblaient être
divisés en deux camps. Les cavaliers figurant les Anglais. les
hommes d'armes à pied les Français. Les uns tombaient subite-
ment à la renverse, criant et simulant d’être blessés grièvement, les
autres feignaient une retraite. Le cortège partait des rues du Chevau-
Fug, de la Gironde et de la Presle, précédé d'une musique bruyante.
Après une première halte chez les magistrats de la ville et chez les
Cordeliers. et des gambades sur l’esplanade du château. les guerriers
traversaient Montluçon, caracolant et chantant un refrain dont on ne
connait pas au juste la provenance.
Qué le Ray Lanchio
Auinbais sou tré touniaux...
Air des cheveaux frux
$ +
Fig. 29. — Air des « Cheveaux frux ».
et se dirigeaient vers le village d’Argenty. où le seigneur du lieu
leur offrait de copieuses libations qu'on jugeait bien gagnées.
région ont consacré, après l'Ancien Bourhonnais, à cette singulière coutume
des articles plus ou moins fantaisistes. — Cf. spécialement : 1, 1809, 57;
— 2, 1889. 382, — 11,1, 311 et Voyage pittoresque (tirage à part), 381; —
86, 11. 128 ; — 92, 1921, 86: — 194, 42, — 217, 87, — 224, 85 ; etc.
(1) Cf. 2, 1889, 384, — et Bulletin historique et philologique, 1898. Articles
de M. Francis Pérot.
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374 SocIÉTÉ D'EMULATION DU BourBoNNAIs
Au retour, les sauteries, les simulacres d'attaques et les gambades
reprenaient de plus belle devant la demeure des notables généreux,
jusqu à la dislocation devant le château (1), au milieu d'une foule
en fête, obligée dans les derniers temps d'aider les chevaux-fugs à
se débarrasser de leurs coursiers et de leurs armures, parfois aussi
à les porter eux-mêmes dans leurs lits. De pareilles manifestations,
même inspirées par le patriotique souvenir de la défaite des Anglais
sous les murs de la ville, à la fin du xiv° siècle, ne pouvaient pas
se produire sans entraîner, à la longue, des abus.
En 1775, il paraît que les chevaux-fugs avaient obtenu des com-
munalistes de Notre-Dame, la permission de pénétrer même dans
l'église avec leurs montures et campements militaires, et de faire le
simulacre de faire manger de l’avoine à leurs coursiers de carton
sur le maïître-autel et à les faire boire dans les bénitiers, en sou-
venir, sans doute, des profanations commises par les Anglais.
Sous la Révolution, de mesquines parodies mirent fin à cette bur-
lesque coutume, qui fut d'ailleurs interdite définitivement par le
clergé en 1819 (2).
On s'accorde généralement (3), surtout à Montluçon. à attribuer
l'origine de cette manifestation, — qui paraît remonter à 1400, et
aurait été réglementée en 1430, — à la délivrance de la ville et au
massacre. des Anglais dans le bourg d’Argenty ; mais il faut reconnai-
tre qu'il n'y eut peut-êtrelà qu’une heureuse et patriotique adaptation,
à un événement local, de fêtes qui se célébraient ailleurs (4) comme
(1) 11, Voyage pittoresque, ouv. cité, parlant de la clôture de la fête, dit
qu’ « après la cérémonie, les Cordeliers régalaient les confrères. et que les
vins de Désertines et de Saint-Victor étendaient à terre plus d'un combet-
tant ». ‘
(2) Cf. 18, 179, M. BARAILON écrit: « L'institution des chevau-fugs sub-
siste encore, an XII (18045) » ; — 224, 85. — Les chevaux de carton et tous
les accessoires qui avaient été « remisés » dans les combles de l'hôtel de
ville, furent brûlés, en 1867, d'après M. Pérot,et il ne reste de cette singu-
lière parade qu’un souvenir de plus en plus confus mélé d'anecdotes.
(3) Cf. La France Pittoresque, 3 vol., Paris, 1, 143; — Promenade archéo-
logique de Clermont à Bourges, par BouiLLeT, 1839, 27 ; — 158, Montiu-
çon ; — 224, 85.
(4) En effet, on retrouve à Aix, en Provence, une fète des chevaux-fruz
qui rappelle celle de Montiuçon (Explication de la Féte-Dieu d'Aix en
Provence, Aix, 1777, 101-188), et dont on attribue la création au bon roi
René, grand amateur de tournois, de jeux, de « célébration de mystères
MONTLUÇON ET SES RICHESSES D'ART 375
en témoigne notre gravure, qui représente la fête des chevaux-fruz
de Provence (Fig. 30) (1).
IV. — Langage et légendes.
a’ Le Langage.
Au Moyen-Age, les lettrés : clercs, robins. officiers de l’adminis-
tration ducale et urbaine, écrivaient et parlaient, non une langue
spéciale, mais le bon français du temps. dérivé de la vieille langue ro-
mane, le français enfin tel qu'on le, parlait alors dans cette région
et d'allégories ». Parlant de cette réjouissance, l’auteur de l'Explication dit
que « son histoire est agréable à voir, qu'elle se composait d'une troupe de
dix jeunes”gens qui portaient un haut plumet et une cocarde à leur cha-
peron) de feutre gris. qu'ils étaient habillés de blanc avec des rubans de
couleurs, et un scapulaire de Notre-Dame du Carmel. Ils montaient chacun
un cheval de carton peint... De la main gauche ils faisaient mouvoir le che-
val et faisaientiune danse très variée sur l’air consacré des chevaux-fruz et
qui était aussi attribué au roi René ».…
L'Ancienne chevalerie (1, 76. signalée par M. Pérot, fait aussi mention de
réjouissance pareille : « Plusieurs chevaliers ayant été créés dans une mème
promotion se sont réunis pour caracoler en cadence et mèler leurs danses
à celles du peuple qui les environnait, c'est l'origine « des festes ou ballets à
. cheval », et qui se dansaient encore à la Cour du temps de Brantôme... »
Enfin le Courrier de Monaco (vol. LX, 1775, 242) raconte, de son côté,
qu'a on exécuta en présence du Roy d'Espagne ct des princes, l'espèce de
tournois appelé Las Paréjas et qui est un divertissement donné par douze
cavaliers qui portaient des couleurs différentes, en faisant des évolutions
cadencées au son d'une musique particulière ».
Aussi bien la représentation de l'homme au cheval de carton est d’inspi-
ration mème plus lointaine. Montluçon comme le bon René d'Anjou, ont
pu l'emprunter aux Grecs... si l'on s'en rapporte à un vase gréco-romain
du Musée de Béziers et dont la panse ronde est ornée de peinture repré-
sentant un guerrier enfourchant un cheval postiche; on voit au-dessous les
jambes de ce cavalier dans l'attitude du galop.
Nos chevaux-fugs ne seraient donc qu'une fète renouvelée des Grecs par
nos Gallo-Romains, et adoptéeau xv* siècle parles Provençaux pour rappe-
ler un souvenir de guerre et par les Montluçonnais pour commémorer la
délivrance de leur ville de l'occupation anglaise...
(4) La gravure fig. 30 est empruntée à 2, 1889, 385.
— Dans ce paragraphe des mœurs et coutumes locales, on nous excusera de
ne pas faire mention de certains usages grossiers, dont les jonrnaux, même
«illustrés », ont perpétué le souvenir, comme par exemple la coutume de pro-
mener dans les rues, à califourchon sur un âne, la figure tournée vers la
queue de l'animal, l'homme que sa femme avait battu !... Cf. article de
M. Vicnier dens le Centre, juin 1910 ; — Journal illustré, 25 mars 190 ;
— Le Petit Journal, supplément, avril 1900.
376 SocIÉTÉ D’EMULATION Du BoUuRBONNAIS
limitrophe de la languc d'oil ou d'oui (1) et de la langue d’oc, avec
seulement quelques variantes (2).
Mais le peuple parlait un patois pittoresque qui était, à peu près,
celui de la région immédiatement environnante, c'est-à-dire Néris,
Villebret.…
Des poésies de l'avocat Gilbert Cheville (3). connu sous le pseudo-
nyme de « Bias »,et composées dans le premier tiers du xvin® siècle (4),
nous permeltent d'en donner quelques spécimens (5).
C'est d’abord une pièce relative à sainte Madeleine pénitente, dont
voici le premier couplet :
Coué le boun Dguieu, la bouna Viarge (6)
S'é promenavont tou los dous,
Y-z'-ont rencontra la Madeleine
Qué gibève ambé los garçous.
Fatibo, Marie-Madelaine,
Valé-tu veni ambé nous ?
— Arréta don, bouna Viarge,
Que m'anne faire coueffa.…
(1) Cf. L'Histoire de la nation Française, de Gabriel HANOTAUX, t. I, Géo-
graphie humaine, par Jean BRUNKES, Paris, Plon-Nourrit, p. 38, la région
montluçonnaise aurait pour dominante la langue d'oil.
(2) Cf. 62 : phonétique, p. 110, 111, 113, 120, 122, 125-128 ; morphologie, 133.
(3) Ilétait né à Montluçon, le 6 juillet 1675, et vivait encore en 1734 (217,
278). — Sur la famille montluçonnaise de Chevillé, cf. les notes de Mie L.
Duchet, 217, 278-9.
(4\ Cheville composa ses Noëls entre 1710 et 1721, et non « à la fin du
xvuie siècle », comme l'écrit 62 (p. 141 note) en citant un de ses Noëls paru
dans la Revue Lyonnaise de 1884, p.323.
(5) Cf. 11, Voyage pittoresque, ouv. cité, 20, — 217, 275 ; — 194, 491,
492. — Voir aussi dans la Physiologie du Bourbonnais l'histoire racontée
par M. Batissier (B. Lewis), p. 101, du paysan qui, à la fin de l’Empire, avait
demandé au sous-préfet de Boussac, nommé Bardou, de faire exempter son
fils du service militaire. Malgré l'argument décisif d'un superbe brochet
qui accompagnait la supplique, le fils partit ;et le paysan de dire alors au fonc-
tionnaire qui plaidait les nécessités patriotiques : «a Quoué bon ! quoué bon!
t'as raison, Bardou ! t'as fait parti mon garçouet t'as migea mon pessou !...»
Réponse qui convient sans doute à tous ces donneurs «d’eau bénite de cour»
mais qui met en valeur le parler patois des vieux montluçonnais.
(6) C'est le bon Dieu, la bonne Vierge,
No se promenaient tous les deux.
Ils ont rencontré Madeleine
Qui jouait avec les garcons...
Bon jour, Marie-Madeleine,
Veux-tu venir avec nous }
— Arrêtez donc, bonne Vierge,
Que j'aille me faire coiffer...
MontLucon ET S$Es RICHESSES D’ART 377
Mais c’est surtout dans ses deux NoELs, chansons-cantiques (1)
sous forme de dialogues, que Cheville composa, en collaboration
a vec l'abbé Chavreton, chanoine de Beaulieu, et l'avocat André, qu’on
retrouve le mieux le patois montluçonnais.
Nous donnons le début du premier de ces Noëls.
Bras (2) G1LBERT
N'annens veire finir la œuiarre. Nous allons voir finir la guerre (3)
Vetchi le boun teins revingu : Voici le bou temps revenu ;
Nové est nagu | Noël est né
Par désarssa la tchiârre, Pour désarmer la terre,
Serens maitreis chiez nous; Serons maitres chez nous :
Ne craindrens pu dégu Ne craignons plus personne.
— N'annens veire finir la guiarre, Nous allons voir finir la guerre,
Vetchi le boun tems revingu. Voici le bon temps revenu.
Toixox (4) ANTOINE
Pus de gealades, ni de couleure, Plus de gelée ni de coulure (5),
Satan vé bien être affiata ; Satan va bien être attrapé ;
Au nous a torminta Il nous a tourimentés
Etchaffraya d'arrure, Et effrayés sans cesse,
Tout nott petit fait, Tout notre petit bien
En est dégasutta. En est tout dévasté.
— Pus de sealades, ni decouleure, — Plus de gelée ni de coulure,
Satan vé bien ètre affiata… Satan va bien être attrapé.
(1) Le jour de Noël, tandis que la neige tombait, on chantait ces Noëls en
famille en attendant la messe de minuit, tandis que de petits pauvres, « les
chanteurs de Noël », les répétaient de porte en porte. et qu'ils recevaient en
échange du pain, des büches de bois, des pièces de monnaie, et souvent de
chauds vêtements...
(2) Pour « Gilbert », qui en patois se disait : Gibias ou Bias.
(3) Il s'agit ici de la guerre de la succession d'Espagne (1701-1714). Après
la seconde période de cette guerre (1794-1710) au cours de laquelle la France
avait été accablée par des revers et l'hiver rigoureux de 4709, Louis XIV
était résolu à demander la paix ; mais ses glorieuses victoires, jointes à la
désunion des ennemis pendant cette troisième période (1710-1714) permet-
taient d'espérer que la guerre « allait finir » par le triomphe de la France.
C'est ce qu'exprime le poète montluçonnais dans ses deux premières stro-
phes.
(4) Nom patois d'Antoine. Jacques se disait : Jacquet ; Etienne Tiennon;
Pierre Piarre ; Michel Michiaud ou simplement Michio ; Nicolas Coulas ;
Léonard Yons... (Cf. 217. 279).
(5) Allusion au terrible hiver de 1709, et aux gelées qui éprouvèrent toute
la France, et dont on espérait bien ne plus voir le retour. — Pour l'hiver
de 1709. Cf. 194, 108.
‘
378 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BoURBONNAIS
Le second Noël « pour l’an de grâce 1711 » (1), et attribué aux
mêmes auteurs, est chanté par Francès (François) Vigneron, Mi-
chiaud (Michel) et Coulas (Nicolas), avocats de village, sur l'air :
« Dans ces beaux lieux, Amour quitte les armes ».…
Voici les premiers couplets de ce dialogue :
CouLas
Vanté, Frances, et segons que l'ételle
Que los pus vieux n'avont jamais vegu ;
Los ciaux offront quele chandelle
A Nové que l'y zé vingu.
MicAtAUD
Qui co vint donccherchà dessus la tiarre,
Co biau Dauphin qu'ère si bien sud haut?
S'a fasév' la pe d'Angletiarre
Los Houlandois seriont penauds.
Si coué co Ré, y faut bé qui l'y menne
In caire un ré que bé tant de son jus,
Coué le brave ré que proumeune
Le camp-voulant do chevau-fug.
CouLas
Notrés bargiés, din l'étable badade,
S’affanont prou à révchandi co ré.
Bias zé vinger la viaille enflade,
Los dés l'y bousiniont de fré.... Etc.
Nicozas
Viens donc, François, et suivons cette étoile
Que nos anciens n'avaient pas encore vue,
Les cieux offrent cette chandelle
A Noël qui nous est venu.
MicHez
Que vient-il donc chercher sur la terre.
Ce beau Dauphin qui était si bien au ciel ?
Ab ! s'il faisait la paix d'Angleterre.,
Les Hollandais seraient penauds.
Si c'est le Roi, il faut bien que je lui mene
Un autre roi qui boit tant de son jus,
C'est le brave roi qui promène
Le camp-volant du chevau-fug.
NicoLas
Nos bergers, dans l'étable ouverte,
Se fatiguent assez pour réchaulfer ce Roi.
Gilbert est venu la joue enflée,
Les doigts lui « bousinent » de froid...
Au xix° siècle, ce patois était encore parlé autour de Montluçon,
mais avec des incorrections et surtout une prononciation un peu
spéciale (2).
Nous avons pour Néris un exemple datant du milieu du siècle
dernier, qui renferme un reste de patois compris dans les faubourgs
de Montluçon. C'est une adaptation, par l'érudit abbé Forichon.
docteur en médecine et poète original, de la seconde fable du bon
La Fontaine.
(1) Cf. 194, 485-489.
(2) Chez les « Biachets », exactement à Désertines, et à Marmignolles, gros
village de la mème commune, on parlait un patois très particulier à ces
deux agglomérations. Il était tout à fait différent de celui qu'employaient
Domérat, Huriel..…., et surtout de la langue dont se servaient les communes
situées au Nord de Montluçon: Bizeneuille, Saint-Victor, Chamblet Saint-
Angel, etc.
MonTLuçon ET SES RICHESSES. D'ART 379
L’Agrôle et le Rena (!)
En 1850, le bétchio parlève inquera ; v'la c'quo disève :
Un jou d'hivia, quou ne fasève pas trop biau,
L'agrôle ère juchade
Au bout d'un baliviau
L'ère su daut moutade,
Pa fère son dinâ
Que l'aye prépara.
Embéi un groua fromage vaingu de Chambéra.…
Le rena dépeu treis jous que n'ayÿe pas de pain, x
Aussitou a s'appreché en fasant le câlin.
— Eh, bonjou nôte dame, quema vous pourtez-vous ? .
Hela ! qué sé contint de vous véire chia nous !
Et vous trouve si jinte embéi quo néi mantiau !
Présoune dé le boux n'en pourte un aussi biau !
Votés souliés sont faits d'iune piau qué tant fine,
Et creye que le ré
N'en a pas de parés
Pindus à sa souline.
Ar sé é vous écouti dire iune chansou
Et cregus, oui ma foué, quou ère le rossignou.
Si zère chabretêre, par avi voté jeu
E’ doniau, é n'en jure, la méta de ma queue.
L'agrôle qu'ère enchantade
De se veire vantà
Pa li douna l'aubade
Se meté à couana,
Son froumage devalé dé la gueule do renà,
Elle resté su-daut la gouarge bade.
Ma l’autre, li dissé, en migeant son fricot,
— Ne si'a done pas si buse un autre co (2).
(1) Cf. 194, qui a reproduit, p. 517, cette fable du « Corbeau et le Renard»,
bien connue dans toute la région.
(2) Enfin, pour avoir une idée du vocabulaire populaire que l'on pouvait
entendre à Montluçon, dansla rue, jusqu'au milieu du xix° siècle, on peut
lire dans le Centre (26 juin 1910), le passage où M. Paul Vignier nous ra-
conte ses impressions et dont nous donnons l'extrait suivant:
« Le jour de mon arrivée à Montluçon, le 1°" décembre 1831, il faisait un
temps magnifique. la ville était en fète. Curieuseinent, je m'informai de tout
ce brouhahs, de cette effervescence populaires. On s'étonne de mes ques-
tions, on me regarde de travers. les passants me traitent de « saccarot », de
« bredin ». Il n'a pas fini de « bafouiller» celui-là. Qu'est-ce qu'il veut «e
« memeau »l!!
« Mais, citoyens, je suis étranger, j'arrive à l'instant ». « Ouache », es-
380 SocréTÉ D’EMULATION pu BouRBONNAIS
b” Les chansons et les légendes du bon vieux temps.
Au cours des longues veillées d'hiver, devant les feux rougeoyants
de l’âtre, nos pères, comme aujourd'hui, mais avec bien plus d'inti-
mité, — dans un cercle familial et amical encore plus élargi, — devi-
saient sur les événements quotidiens, tantôt gais ct tantôt tristes. Les
premiers se traduisaient par des chansons, car on chantait même
davantage qu'aujourd'hui (1) ; les autres faits étaient entourés de
légendes à l'usage des enfants. petits et... grands.
Quant aux chansons montluçonnaises du Moyen-Age, on peut se
faire une idée du thème et, du moins, de la forme de quelques-unes
par les exemples que nous venons de citer plus haut. au sujet du
pèce « d'ébrelingué », me répond-on de tous côtés, vous ne savez pas qu'au-
jourd'hui le maréchal Soult et le fils ainé du roi Louis-Philippe sont à
Moulins et qu'ils viendront probablement à Montluçon. — Ma foi non. —
Oh! pauvre. zizou », pauvre e fafiot »!!! Une bonne femme a pitié de moi.
N'y faites pas attentiun, me dit-elle, ce sont tous des « jacassous ».
(4) Le Moven-Age a été défiguré depuis deux siècles par des écrivains
qu'inspiraient moins le souci de la vérité — qu'ils connaissaient mal et
mème qu'ils négligeaient d'aller chercher dans les actes authentiques et les
documents de l'épuque — que l'esprit de parti et leurs préjugés politiques,
quand ce n'était pas une huine aussi aveugle qu'idivte à l'égard des siècles
que leurs passions rectaires leur montraient comme animés de sentiments
religieux. Des manuels scolaires depuis trente ans « bourrent le crâne » de no-
tre pauvre jeunesse de pituyables inepties sur des temps qu'on nous dépeint
sans joie, sans bonheur et où tout n était que larme et farouche désespoir...
Les chercheurs de documents ont mis heureusement les choses au point.
Voir à ce sujet la note que nous donnons plus loin, au sujet des foires et
marchés ; — Jean GUIRAUD, ouvr. cité, quianet les choses au point, I, 30-31 ; —
et dans l'Histoire de France de Lavisse (qu'on ne saurait regarder comme
« cléricale ») l'artic'e de M. LUCHAIRE, professeur à la Sorbonne et membre
de l'Institut (If, partie 1, 390-391), — c'est encore ce que vient de procla-
mer l'archiviste départemental de l'Allier, M Max Fazy, de religion pro-
testante et d'impartialité reconnue, dans sa conférence sur la Société bour-
bonnaise jusqu'au milieu du xini® siècle, reproduite, en supplément, par le
Bulletin de la Société Bourbonnaise des Etudes Locales (n° 8, oct.-décembre,
pp. 111-124), et qui débute ainsi : « On se fait d'ordinaire du Moyen-Age une
conception absolument fausse. Période d'ignorance, de grossièreté, de sta-
gnation dans tous les domaines, cilame-t-on un peut partout. Navrantes
pauvretés que ces aflirmations qui ne reposent sur aucuneréalité... LE MOYEN-
AGE EST AU CONTRAIRE LA PLUS BELLE PÉRIODE DE NOTRE HISTOIRE, l'époque
admirable où l'âme française se montre dans toute sa pureté. Périodes
de décadence au contraire pour la France que cette Renaissance trop
vantée... »
Monrzuçon E&T SEs RIcHEssEs D'ART 881
langage. De plus on est autorisé à restituer au répertoire montluçon-
nais certaines chansons, dont les auteurs comme M. Louis Batissier
(41. Voy. pitt., déjà cité, p. 33), déclarent ignorer l'origine et que
nous retrouvons sous la plume de M. Vignier (Centre, 26 juin 1910) :
Darrié cheu nous y at un yiâ bocage,
Le rossignol à li chante tous los jous
Là 6 li dit en sa charmeinte langage
Los amoureux sont maléroux torjous.
. Au bord dé Cher lit-à t'une fontaine
Où sous un fragne notès dous noms sont gravés
Le tems à dechtrui notés doux noms sur le fragne
Mäs dès nostés cœurs le tems los a conservés.
Le maü d'amour est una ruda peine,
Lorsqu'à nous teint a nous fd en meuri
Liarbe dos pras qu'à si suuveraine
Liarbe dos pras ne saurià nous guäri.
Le répertoire de ces chansons était très complet au dire des an-
ciens : malheureusement celles ont été oubliées et’ remplacées peu à
peu par les romances banales des temps modernes, pour ne point
rappeler les sottises égrillardes, em pruntées au répertoire grivois des
trisles cafès-concerts., où aux lamentables productions « bêtes à
pleurer ». que vendent. lors des jours de foires et marchés. de lou-
ches colporteurs. payés par des entreprises de démoralisation et
d'abèlissement national.
À côlé des récits et des chants que les jongleurs. les troubadours,
les ménestrels, colporlaicnt partout (1) célébrant les épopées les
hauts faits et proucsses des anciens chevaliers, répétant les chansons
de geste et de la table ronde, les naïfs Noëls, les pièces satiriques,
sentimentales ou frivoles, il v avait place aussi pour les « légendes »
que Îles longues guerres, comme celle qu'on a appelée de Cent Ans,
avaient fait germer sur tout le territoire...
Montluçon avait les siennes. Celles que les traditions locales nous
ont léguées se rapportent généralement au temps des croisades et
(1) Cf. La musique des troubadaurs. par Jean BECK. Paris, Henri Laurens,
passim ; — et Histoire de la chanson populaire en France, par TiEëRSOT,
Paris, 1889,
382 SoctéTé D’EMuLATION pu BoURBONNAIS
des chevauchées, au souvenir du passage malfaisant des routiers
des grandes compagnies ; au bon duc Louis If, auteur de la cité
« féodale ».… |
Ces légendes ont surtout pour théâtres trois lieux différents : le
roc du Saint (1), Châtelard (2), le château de l’Ours (3).
Elles ont toutes été reproduites dans divers ouvrages et ont servi
de thème au chanoine Bournichon (4), - montluçonnais et auteur
d'esprit et de talent, -— pour écrire ua roman quiutilise très habile-
ment toutes les légendes connues, et qui jouit d'un grand succès
lors de sa publication (5).
1. /.e Roc du Saint (6). — Sur les bords du l.amarun, en tace Châtelardet
au-dessous de Marignon, à mi-côte d'une des collines qui forment comme un
cirque autour du ruisseau, deux rocs. l'un comme une épaisse dalle re-
tombant sur l’autre, ont donné naissance à un s8bri, qui agrandi peut-être
par le hommes primitifs ou moins anciennement par des bergers, a l'aspect
d'une grotte peu profonde. C'est en ce lieu quon place ia légende d'un nor-
rible dragon à la tête de caïiman avec des yeux d'émeraude, à la croupe
d'alezan. qui endormait par ses chants langoureux, et par son haleine dessé-
chait le turrent et l'herbe de ses rives. Blotti dans cette caverne surtout le
jour, il en surtait la nuit pour de 1ragiques randonnées afin de se repaitre
des imprudents ou des coureurs d'aventures qui s'égaraient dans les gorges
du Lamarun. Pour apaiser ses transports turieux et restreindre le nom-
bre de ses victimes on devait déposer à l'entrée de son antre les couvées .
de vingt gélines blanches vu de larges gâteaux d'orge et de miel... Un
jour la wracieuse Yolnnde, la fille d'un noble châtelain vuisin attirée par la
douceur de la voix du dragon et l'éclat ensorceleur de ses yeux « comme la
nocturne phaiène par lu lumière du phare » est happée par le monstre. Un
chevalier accourt, et combat le dragon. mais touché par la langue empoi-
(1) Situé sur le territoire de la commune de Néris, à 3 kilomètres 500 en-
viron, dans la direction E.-S.-E. de Montiuçon, sur les pentes de collines au
bas desquelles cuule le Lamaron et que côtoie le chemin de fer de Montluçon
à Cummentry. |
(2) Le Château de Châtelard était à 2 kil. 500, à l'Est de la ville, au mi-
lieu du village au pied duquel circule aujourd'hui la route de Montluçon
à Chambliet et à Moulins.
(3) Au Sud de Montluçon, dont il est séparé par 9 kil. 600, et aux confins
Nord du territoire de Sainte-Thérence auquel il appartient.
(4) Le bon chanoine littérateur, poète, musicien, auteur de nombreux ou-
vrages et de pièces de théâtre, après avoir été curé de Saint-Just, dans le
Cher, s'était retiré à Aygurande (Indre), dont il avait été longtemps curé
doyen. Il est mort en 1924, dans cette dernière paroisse,
(5) Le Chateau de l'Ours, par LEROC-DUSSAINT, Paris, Blérivt et Gau-
thier, lib. éd., 1882. Cet ouvrage est devenu fort rare. Nous devons faire
observer que le chanoine Bournichon, qui prend ici le pseudonyme de
« Leroc-Dussaint »,est aussi connu sous celui de « Méténier » qui était le
nom de sa mère.
(6) Cf. 224, 50, 55: — 194, 51-75, — 92, 1913, 13: complainte par
M, G. P., sur le Dragon du roc, etc.
MonrTLucon er sEs RIicHESsEs D'ART 383
sonnée de la terrible bête, il tombe mort à son tour. Il faut qu'un autre
noble paladin paraisse, pour renouveler le geste attribué à saint Georges (1),
et jeter « le dragon aux ongles de fer, égorgé, hors de sa roche escarpéeh.
e vainqueur du serpent monstrueux aurait été un valeureux chevalier
devenu un pieux ermite, qui après sa victoire, fit choix comme demeure du
roc redouté Il y aurait vécu de longues années « à la façon des anciens
anachorètes, des Hilarion et des Antoine. Il était un sujet d'édification
pour foute la cité, et la sainteté de sa vie avait fait surnommer la grotte
qu'il habitait : « le roc du saint ».
II. Le château de Châtelard qui s'élevait au : milieu du joli village’ sur-
plombant eujourd'hui lu route en lacets de Montluçon à Chamblet aursit été
ie théâtre de « l'histoire d'Agnès de Châtelard » (2). La jeune Agnès fille du
châtelsin était si belle « que sa voix de sirène et qu'un regard de ses yeux
aurait fait perdre à des Hilarion. pour l'éternité, leur part de paradis » | ! !.…
Le matin d'une Pâque fleurie elle était sortie de l'église, quand en échan-
geant l'eau bénite avec un mystérieux chevalier nuir, elle lit son sort dans
ses yeux de flammes. Sun cœur est prisennier. Des mois se passent,
quand un soir d'automne un chevalier blessé à la chasse, est appurté de-
vant le pént-levis du château de Châtelard. Quuique blessé à mort, le beau
mais ténébreux paladin fut guéri par les soins de la dou .e Agnès.« L'amour
ue possède t-il pas de secrets dictames ? », dit le n:1f narrateur qui nous «
conservé ce conte. Puis l'étrange chevalier s'en fut. Hélas! Agnès en mourut.
Son père, vieux seigneur dont la fille était la seuie raisun de vivre, fit « alors
le serment de faire périr dans des tourments affreux l'hôte infeme qui de
sun souffle avait empoisonné la source de ses affections ». Le lendemain
« il vendait «on château, aonnait la liberté aux serfs de ses domaines, puis
pariait avec son fiaèle écuyer, couverts tous les deux d'armures à la couleur
sombre, montés sur des chevaux à robe d'ébène ». 13), et voilà qu'un soir,
à « lheure où sonne l’A ngelus », le père courroucé se trouve face à tuce
avec le chevalier maudit « possédé du diable «, sinon Saten lui-même et en
ce temps chef d'une bande de routiers, sans duute, anglais...
Le père élève su lance et fond sur l'infâme ravisseur de son enfant, mais la
lance vole en éclats. Alors 1l tire sa longue et large épée qui au contact de
la cuirasse « du noir chevulier aux prunelles de feu ». se brise comme du
verre, il saisit alors « son poignard, sa dernière espérance, et en purte un
coup à la face de son adversaire impassible. Le fers'émuusse et se recourbe
comme une bande de carton ».et comme il blaphème de colère, il entend
son ennemi surhumain, lu crier : « Vassal rebelle âtun seigneur, ne sais-tu
donc pas, que ton père, pour sauver sa vie ces tourments que lui réser-
vaient ses s-rts révoltés. me vendit sun âme, et que toute la race de ton
père m'apparttient. à mui le roi des sombres rofaumes et que j'en puis dis-
poser à mon gre .. » Il dit :les flammes de ses yeux s'éteignirent et il dispa-
rut, tandis que le sire de Châtelard, poussant un long soupir, tomba mort
de son cheval. 1.écuyer emporta son corps pour l'ensevelir auprès de
celui de la pauvre et belle Agnès... et passa le reste de ses jours à prier et
à pleurer ses maitres chéris …… Et le conteur ajoute que c’est cet écuyer qui
« vécut longtemps dans un trou de roche, pansant les plaies des pauvres
(1) A propos de saint Georges, personnification du chevalier idéal, sans
peur et sans reproche, au secours de la princesse Aja, si souvent représenté
dans les légendes et les images des xv° et xvie siècles, voir la Légende dorée
de Jacques DE VORAGINE. éd. Th. de Wyzewa, Perrin, lib., 226 et suiv. :; —
Caractéristiques des saints, parle P. Ch. CAHIER, 407 et passim. — Répertoire
de peintures. par Salomon REINACH, IV, voir: table, p.727; — Saint
Georges, par Aug. MARGUILLIER, L'Art et les Saints, Paris, H.Laurens éd.,6,
et passim pour les gravures, etc.
(2) Cf. 224, 55 ; — 194, 72-3, qui rapporte la légende en la modifiant.
(3) Cela ne rappelle-t-il pas le moderne combat de nègres, à minuit, dans
un noir tunnel ?!
384 SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BouRrBoNNAts
malades, soignant les lépreux et instruisant dans la vraie foi les enfants de
la contrée. et qu'après sa mort. on venait de loin en pèlerinage. à sun agreste
demeure, qu'on appela du nom de Roc du Saint, qui s'est perpétué jus-
qu'à nos jours .…. »
III. Le château de l’Ours. « La légende du château maudit (1) ou la belle
Odile de Montluçon (2;. « Le possesseur du château de l'Ours était au temps
de la troisième croisade : Humbald. chevalier craint à la ronde, qui portsit
sur le sinople de son blason — qui montrait bien la méchanceté de son
cœur — un ours au poil d'argent !... Ce reduutable seigneur vit la belle
Odile, fille de son voisin Archambaud de Montluçon, et l'aima, « amour
terrible. hélas » !. . « qu'on se figure un tigre aimant une gazelle », écrit le
narrateur . Mais, par malheur, Odile avait engagé sa foi au beau — natu-
rellement — et valeureux écuyer de son noble père. Alors le terrible Hum-
. bald déclara la guerre à son voisin... et la main de la pauvre Odile fut le
rix de son odieuse victoire. La pauvrette « placée entre ses deux devoirs :
Fobéissanée à son père, et la fidélité au fiancé de son choix. se décida - on
peut a Vo sans entrain — pour sauver l'honneur et la vie de son au-
uste père du redoutable courroux d'Humbald, à se sacrifier, ainsi que le
el écuyer qui l'aimait et qu'elle #imait ».. On voit comme tout cela est
touchant, et bien plus fréquent qu'en ne saurait se l'imaginer. La suite
est encore plus tragique. Voilë qu'à la grande voix du prédicateur de la troi-
sième croisade, tous les seigneurs — du moins la légende dit: ceux de la
région de Montluçon — se croisent, et suivent le roi en Palestine. Ils se
croisent aussi le bel écuyer et mème le farouche Humbald de l'Ours. « Le
premier par foi et pour offrir le sacrifice de son amour à Dieu, le second
par ambition de gloire » et sans doute aussi par méchanceté, « pour occire
des sarrazins ».….
Odile resta seule, dans la désolation. Des mois s'écoulèrent, les compagnons
d'Humbald de l'Ours, revenus au pays, racontèrent que l'odieux seigneur
avait été vu au siège de Saint-Jean-d'Acre, tomhant sous un monceuu de
morts. Quant à l'écuyer il continuait de s'illustrer au pays d'Outre-Mer...
Un an se passe et voilà que le bel écuyer, couvert de gloire, revient au pays.
avec le titre de chevalier. Ce qui devaitarriver arriva! Après avoir lutté
longtemps et attendu un an encore, puis deux, Odile accorda sa main à son
chevalier fidèle. Cetutr fète au château de l'Ours. Ménestrels, troubadours
célébraient l'hyménée, au milieu de in joie des seigneurs voisins, quand
au mi ieu du festin un son de cluche se fait lugubrement entendre au-dessus
du punt-levis. les époux et leurs convives tressaillent, un page annonce
un pèlerin : « Ouvrez au pauvre pèlerin, dit l'épouse, un pèlerin est un
envové de Dieu !.. » Mais déjà celui-ci. introduit, fait entendre d’une voix
caverneuse : « Non, le pèlerin qui arrive n'est pas lenvoyé de Dieu », et je-
tant à terre sa pèlerine chargée de coquilies. sous son armure, avec des
traits menaçants et une barbe hirsute, il apparait ce qu'il était vraiment. le
farouche Humbald en chair et en ox arraché à la mort et qui crie: « Ah!
vous ne m'aviez pasinvité à vus noces. Mais elles ne sachèveront pas sans
moi! » les convives terrorisés cruyant ètre en présence d'un fantôme,
s'enfuient dans toutes les directions...
Deux hommes masqués qui accompagnaient Humbald saisissent le che-
valier.. Et le soir le Cher raulait son corps sanglant et déchiré par les ro-
ches. tandis qu'Odile plus morte que vive. vètue d’une lourde peau d'ours
à la place de ses vêtements de nuce, était précipitée dans la salle basse de
la grande tour avec les hommes masqués pour geôliers .. Son martyre duraun
an, sans que les chevaliers voisins se fussent débarrassés de la terreur que
(4\ Cf. 68. déjà cité, 125.
(2) 19 &, 545. qui dunne là encore une version nouvelle des légendes du
château de l'Ours. À celle d'Odile de Montluçon, il ajoute celle d'Emma de
Lignerolles, dont le brutal mari passe pour avoir été tué, non en Palestine,
lurs de la troisième croisade. et en 1191, mais à Mansourah, dans ia Basse
Egypte en 1250, à la croisade dirigée par saint Louis !!….
L'INTERMÉDIAIRE DES RECHERCHES ET DES ECHANGES 385
leur inspirait le mort resuscité... Mais Odile allait être délivrée ! « La pre-
mière nuit de l’année suivante, le tnnnerre gronda sur les monts, ses bruits
A Uba dans les gorges ébranlèrent les échos des profondes vallées, les
éclairs brillèrent comme jamais on n'avait vu briller les éclairs »…
Dans le bruit de la tourmente on avait perçu du château proche de La
Garde des voix de désespoir méèlées aux éclats de la foudre qui tombait sur
le donjon de l'Ours.
Et le leodemain, scus une épaisse fumée qui planait comme un drap de
mort sur le château maudit et ses murailles écroulées, quand on put appro-
cher de la tour calcinée, on ne vit que meubles en cendres... L'enfer avait
reprit Humbald qui n'avait vécu cette horrible année que farouche et déses-
péré comme le remords et le crime, tandis que le paradis avait reçu pour
toujours l'âme innocente de la belle Odile de Montluçon (1)...
(A suivre.) CHANOINE J. CLÉMENT.
(4) Chaque siècle a ses légendes ! Dans le Centre (16 juin 1912), M. Paul
Vignier raconte celle de Clairette, des Fougerettes, qu'il a recueillie et
qui se serait passée en 1815, à Marignon et au village de Nerde.
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L'Intermédiaire
des Recherches et des Echanges
IV. — En vue d'illustrer un prochain article ayant trait à la navigation à
vapeur sur l’Allier au x1x° siècle, nous prions ceux de nos membres qui au-
raient en leur possession une reproduction de bateau type [nexplosible, de
vouloir bien nous la communiquer.
Adresser le document à M. le Directeur du Bulletin.
V. — On désirerait savoir à quelle date ont été supprimés les cadrans à
auvents du Jacquemart de Moulins, qui figurent sur la gravure de l'Ancien
Bourbonnais de 1834. et ont été remplacés par les cadrans actuels.
VI. — La Société d’Emulation devant faire figurer à l’Exposition Artis-
tique Bourbonnaise de mars 1925 une galerie de portraits bourbonnais, les
personnes possédant quelques tableaux de notabilités et d'illustrations de la
province, et qui accepteraient de s’en séparer pour cette quinzaine, sont priées
d’en aviser le Directeur du Bulletin.
À propos de Jean de Lingendes
« Une coquille d'imprimerie d’un récent numéro du Bulletin est la
première raison de cette lettre. On a imprimé : de la petite biblio-
thèque « normande », au lieu de « surannée ». Le mal n'est pas grand,
et le nom de Jean de Lingendes qui la précède, m'a rappelé tontde suite
ceci : c'est qu'un auteur normand, Gaston Lavalley, attribue, d'après
un manuscrit de la Bibliothèque Nationale, une des plus vieilles
chansons de notre vieux poëte Bourbonnais à un '£uteur normand
qui n'a pas besoin de cela pour être célèbre, je veux parler de
l'évêque d'Avranches, Daniel Huet...
« Vous connaissez l'œuvre de Jean de Lingendes. Peut-être n'avez-
vous pas sous la main le travail de Lavalley. Je vous abandonne celui-
ci, le livre avec mon barhbouillage antérieur. Vous verrez, comparant
les textes et pensant aux dates 1605 parution des Changements de
la bergère Iris, et 1630 naissance de Huet, que ce dernier n'a fait que
changer le nom des personnages et moderniser un peu la forme des
vers. Le livre de Lavalley n'est pas récent. Peut-être a-t-on déjà pro-
testé à Moulins contre l'attribution fausse que je vous signale. Si on
l'a fait, je n'ai rien dit. Si on ne l'a pas fait encore, et que vous jugiez
que cela en vaille la peine, rétablissez la vérité. »
«1. — M. Griffiths, dans son Introduction aux Œuvres de Jean de
Lingendes, étudie ou signale neuf éditions des Changements de la
bergère Iris : cinq à Paris, deux à Rouen, une à Tournon et une à
Lyon. Mais n’y en aurait-il pas une dixième qui serait l’avant-der-
nicre des vicilles éditions jusqu'ici connues ?
« On lit dansle Bulletin mensuel : « Livres rares et curieux »,
À PROPOS DE JEAN DE LINGENDES 387
Paris, Alvarès libraire. 24, rue de la Lune, 1860 (n° de juillet,
p. 8#):
« 372. De LivGexpes. Les Changements de lu bergère Iris, à la prin-
cesse de Conti, divisez en cinq chants et augmentez de nouveau de la
Compluinte de Léandre. Lyon, 1621, in-12, mar. violet, fil d. s. tr.
(Niédrée). 27 fr.
« IT. — L'avocat au Présidial de Moulins, Jean de Lingendes, qui
a donné des vers latins à Antoine de Laval pour ses Desseins de Pro-
fessions nobles et publiques, en a donné aussi à Jean Chenu de la
ville de Bourges pour son Recueil de Réglements notables... Y1s sui-.
vent, en ce dernier ouvrage, un sonnet et des vers latins d'Etienne
Bournier, le poète Moulinois, qui, dans l'édition de 1620, est appelé
Bornier, comme l’Académicien.
« [II — En plus des Eloges funèbres de Victor-Amédée, duc de
Savoie, et de Louis XIII, Jean de Lingendes, évêque de Mâcon, a fait
ou laisser imprimer : « Procès-verbal de la vérificalion du suaire de
Jésus-Christ. |
« IV. — On a vendu en 1914, de la bibliothèque de feu A. Clau-
din : |
« N° 87. Quelques avis pour bien vivre selon Dieu. Par le R. Père
Claude de Lingendes, etc. A Versailles, chez François Muguet, 1685,
in-12, |
« Il y eut une édition (latine) des sermons du P. de Lingendes à
Cologne en 1689, 3 vol. in-4°.
« Le Catalogue de l'Histoire de France de la Bibliothèque Nationale
mentionne du P. C. de Lingendes : Lettre d'un avacat sur ce qui s'est
passé dans l'église Saint-Paul.
« V. — François Colletet a dédié son livre Le Tracas de Paris.
en vers burlesques : À MoxsIEurR DE LiNGENDES, que le bibliophile
Jacob (Paul Lacroix), dit être « Nicolas de Lingendes, maître d’hôtel
ordinaire du roi, de la reine et des princes, auteur de l'Etat des Offi-
ciers commensaux du roi, de la reine et des princes (Paris, Guignard,
16:51, in-12), frère de Jean de Lingendes, évêque de Sarlat, puis de
Mâcon..., et parent du P. de Lingendes, savant Jésuite ». Nicolas de
Lingendes mourut en 1697. (Clef. : Paris ridicule et burlesque au
XVIIe siècle. Paris, Delahaïs, 1859, p, 187.)
388 Soc1ÉTÉ D'EMULATION pu BoURBONNAIS
_« Le catalogue de l'Histoire de France cité plus haut mentionne
de ce même auteur : Un Etat de la France, et une Lettre à M'° de
Mayenne.
« VI. — Antoine FourNIER DE Cusser. (Voir tome XXV du Bulletin,
p. 36.) Un exemplaire de l'édition de Rouen, petit in-8°, goth. de
32 ff., fut adjugé 90 francs à la vente Claudin. Il est daté, sans doute
d'après une note manuscrite de Claudin lui-même, de vers 1505.
« VII. — Jacques RiBaucT DE LA CHaPei.LE (1704-1781). Ses bio-
graphes ne citent guère avec ses titres littéraires et scientifiques que
sa profession d'avocat. Il appartenait également à l'Administration
et peut-être se prénommait-il aussi Jean.
«a Au verso du premier feuillet d'un exemplaire des Disserlalions
sur le règne de Clovis (ouvrage anonyme, sans lieu d'impression,
1741, petit in-4°), se trouve cette note manuscrite : « Ces Disserta-
tions sont de M. Jean Ribaut, Receveur des Traites à Ganat en Bour-
bonois, province d'Auvergne, lequel m'a fait l'amitié de me les en-
voyer. Je les ai reçues à l'avis le 1° janvier 1742. »
« VIIT. — Dans la collection des Mercure galant qui va de 1674 à
1700, on rencontre un sonnet signé : MavGuix, de Bourbon-l'Archam-
bault. Qui est ce Mauguin ? »
Ci. Mosniee.
En communiquant ces notes à la Société, M. le Président les ac-
compagna du commentaire suivant :
«€ Un auteur normand, Gaston Lavalley, attribue, d'après un manus-
crit de la Bibliothèque Nationale, une des plus belles chansons de
notre vieux poète bourbonnais Jean de Lingendes, à un autre Nor-
mand qui n'a pas besoin de cela pour rester célèbre, je veux parler
de l'évêque d’Avranches, Daniel Huet.
« Les poésies de Lingendes ont paru de 1605 à 1628. Huet est né
en 1630.
‘« La poésie dontil s'agit est intitulée « Alcidon parle », elle figure
à la page 165 de l'édition E.-T. Griffiths (Hachette, 1716). D'autre
part, l'ouvrage de M. Gaston Lavalley est intitulé : Les poésies fran-
çaises de Daniel Huet, évêque d'Avranches, Paris, E. Dante, Laon,
Eug. Vallin, sans date. »
À PROPOS DE JEAN DE LINGENDES
389
J. De LinGENDES
Alcidon parle
Fillis, auprès de cet ormeau
Où paissait son petit troupeau,
Estant toute triste et pensive,
De son doigt escrivait un jour,
Sur le sablon de ceste rive :
« Alcidon est mon seul amour. »
Je ne devais pas m'asseurer
De voir sa promesse durer,
Parce qu'en chose plus légère
Ny plus ressemblante à sa foy,
L'ingrate et parjure bergère
Ne pouuait se promettre à moi.
Un petit vent qui s'esleuait
En même instant qu'elle escrivait
Ceste preuue si peu durable
Effacea sans plus de longueur
Sa promesse dans le sable
Et son amour dedans son cœur.
DaniEez Huer
(Gaston Lavalley, p. 16.)
ROMANCE
Aminte, auprès de cet ormeau
Où paissait son petit troupeau,
Estant seule, triste et pensive,
De son doigt escrivait un jour
Sur le sable de cette rive :
« L'alcion est mon seul amour. »
Je ne devais pas m'assurer
De voir sa promesse durer,
Parce qu'en chose plus légère
Ni plus ressemblante à sa foi,
L'ingrate et parjure bergère
Ne se pouvait promettre à moi.
Un petit vent qui s'eslevait
Au même instant qu'elle écrivait
Cette preuve si peu durable
Effaça sans plus de longueur
Ces paroles dessus le sable
Et son amour dedans son cœur.
BIBLIOCGR À PHIE
Pierre Caamriox : Histoire poétique du quinzième siècle. 2 vol.
Edouard Champion, éditeur, 5, quai Malaquais, Paris, 1923.
Grâce à une aimable attention de la librairie Champion, cette
‘œuvre magistrale de l’érudit Pierre Champion a été acquise par
notre bibliothèque dans des conditions fort avantageuses pour notre
Compagnie : nous ne saurions trop en remercier et l’auteur et l’é-
diteur.
Nul n'était mieux qualifié que M. Pierre Champion pour mener
à bonne fin cette histoire poélique, car l'auteur sait à fond son
xv* siècle, Grands et petits personnages de cette époque si atta-
chante lui sont connus comme des contemporains.
Depuis son apparition, l'Histoire poélique du xv° siècle à été louée
el appréciée par des plumes certes plus autorisées que la mienne. A
ces éloges, Je me garderai d’en adjoindre d’autres qui n'auraient pas
la même valeur. Je me bornerai donc à dire rapidement ce qu'on
trouve dans cette Histoire, en signalant tout ce qui s’y rencontre de
particulièrement intéressant pour notre Bourbonnais:
M. Pierre Champion n’a pas eu l'intention de donner la mono-
graphie de tous les poètes français du xv*° siècle, il nous en avertit
aux premières lignes de son avant-propos. Il à voulu faire « un
Spicilège des biographies de ceux » qu'il considérait « comme les
plus représentatifs de ce temps ».
Dans le premier volume, l'auteur nous donne les biographies et
études littéraires suivantes, et il attribue à chacun des poètes un
qualificatif qui d’un mot le caractérise : Maître Alain Chartier.
secrélaire du Roi; Pierre de Nesson, le poète de la mort : noble
homme Jean Régnier, le prisonnier ; Michault Taillevent, valet de
chambre : Pierre Chastellain, dit Vaillant.
Dans cette série, Pierre Nesson et Jean Régnier intéressent notre
provinec, Ta été parlé, et à diverses reprises, des Nesson dans le
Bulletin. I est done inutile d'insister, Quant à Jean Régnier, des
Gozis le fait sortir d'une famille originaire de Saint-Pourçain-sur-
B1BLIOGRAPHIE 391
ee
Sioule, mais c’est une donnée généalogique dont M. Pierre Cham-
pion ne dit rien. Il nous le montre né à Auxerre vers 1390 et dit
la famille originaire de Vézelay. Son lignage serait donc bourgui-
gnon, et non saint-pourcinois. En tout cas, Jean Régnier se mêle
à notre histoire, ear il rencontra Jean [l, due de Bourbonnais, et,
à sa requèle aussi bien qu’à celle du due de Bourgogne, com-
posa un beau « rondel ». Il fut aussi en relations avec Pierre de
Beaujeu, frère cadet de notre due, et qui fut plus tard lui aussi duc
de Bourbonnais.
Le second volume’ est consacré à : Charles d'Orléans, prince des
lis et de la poésie : le pauvre Villon ; Arnoul Greban ; Jean Mes-
chinot, le € banni de liesse » : M° Henri Baude, élu des finances
el poète ; Jean Molinet, rhétoriqueur.
Déjà dans les Fiefs du Bourbonnais, arrondissement de La Pa-
lisse, MM. Aubert de la F'aige et Roger de La Boutresse avaient si-
gnalé, d'après M. Longnon, que François Villon pourrait bien se
rattacher au Bourbounais et à la maison de Montcorbier. M. Cham-
pion précise. « François de Montcorbier, dit des Loges, naquit à
Paris, en 1431, de parents pauvres. » Et 1l ajoute : « Le nom de
Montcorbier nous permet de penser que le père de François trait
son origine de l’ancienne province du Bourbonnais. Un grand
nombre de Bourbonnais durent venir s'établir à Paris, à la suite
du mariage de Charles V avec Jeanne de Bourbon. La mère de
François habitait précisément le quartier des Célestins, très aristo-
cratique alors, où se trouvait l'hôtel Saint-Pol, la résidence royale. »
On ira donc avec un particulier intérêt l'étude consacrée à
Villon, étude en laquelle M. Pierre Champion résume les deux vo-
lumes consacrés à Villon en 1913, sous ce titre : « François Vil-
lon, sa vie el son lemps. »
Quant à M° Henri Baude. ce n’est pas un inconnu pour les lec-
teurs de notre Bullelin, et on ne lira qu'avec plus d'intérêt la bio-
graphie très complète qui lui est consacrée dans l’Hisloire poé-
lique du xv° siècle.
L'ouvrage de M. Champion est abondamment illustré « d'i-
mages » judicieusement choisies et très documentaires,
Quant à la table des noms de personnes et de lieux. elle sera
consultée avec fruit par les érudits de notre province qui s'intéres-
sent à son passé. Nul ne regreltera de lire de la première à la
dernière page ce bel et bon livre dédié par lPérudit chartiste « à
sa mère chérie ».
Px. T.
ET ET r
x CP > JU = JU{ITQIL ,
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Ze AUNOUN ONE
LA
A
W 04
NOS COMPATRIOTES L'Académie des Sciences a attribué le prix Henri
Becquerel (3 000 fr.), à M. René GARNIER, pro-
fesseur à la Faculté des Sciences de Poitiers.
*% A la séance du 3 novembre de la même compagnie, l’astronome C. de
Baillaud a entretenu ses collègues d’observations extrêmement intéressantes,
faites sur « une nouvelle étoile », par M. BRUN, instituteur au Breuil.
# M. Jacques CnevaLiar, professeur à la Faculté des Lettres de Gre-
noble, a été élu vice-président de la Société des Amis de Pascal.
NOTES LZ % %Æ% % Relevé des publications enregistrées par le service
BIBLIOGRAPHIQUES du dépôt légal : Imprimerie Crépin- Leblond, à
| Moulins : René Moreau, architecte, inspecteur des
monuments historiques, 29 pp. (extraits du Bulletin mensuel de l’Association
provinciale des architectes, du Courrier de l'Allier et du Bulletin de la
Société d’Emulation du Bourbonnais) ; René Moreau, par Marcellin CRéPin-
LxBLOND, 22 pp. ; La Révolution du Paysan, par Pierre RUSTAUD, 135 pp.
Ont paru : chez J. de Gigord, à Paris : Un Apôtre : À. Limagne ; l’éduca-
leur, l'homme d'œuvres; l’aumônier militaire, par Ph. GoBiLLoT, 590 PP: ;
à la Librairie académique Perrin et Ci° : Théodore de Banrille; l’homme et
Son œuvre, par John CHARPENTIER, 255 pp. ; chez J: Gabalda, à Paris :
Pascal ; Pensées sur la vérité de la religion chrétienne, par Jacques Cueva
LIER, professeur à l’Université de Grenoble, deux vol. de XIX-607 pp. ;
à Paris : le Bienheureux Pierre Canisius, par l’abbé Léon CRisTiAN1 (collec-
tion « Les Saints ») ; à l’Imprimerie Express, à Lyon : L’Ulcère de l'estomac
et du duodénum ches les arabes de T unisie, par le docteur Gilbert Roncuaun,
interne de l’hôpital Sadiki (Tunis), 71 pp.
RÉGEMORTES.
Erratum
Page 267. Ajouter :
« Sont admis comme membres titulaires : MM. Boussac et Dexant. »
a
SELECT EEGS
ANNUAIRE 1924
Composition du Conseil d'Administration
| (1921-1926)
BUREAU
Président: M. le comte Henri DE BRINON.
Vice-Présidents : MM. Georges MILCENT ;
Georges BRUEL.
Secrélaire général : M. Edgard CAPELIN.
Secrétaire adjoint : M. André THONIER DE LA BUSSERIE.
Secrétaire suppléant : M. Albert SARRAZIN.
Trésorier : M. Henri FROBERT.
Directeur du Bulletin : M. Marcel GÉNERMONT.
Conservateur des Collections : M. Custave QUEYR’1I.
Bibliothécaire-Archiviste : M. Henri LEUTRAT.
ADMINISTRATEURS
MM. Ernest DELAIGUE, Gabriel MORAND, Roger DE QUIRIELLE, Ph.
TIERSONNIER, anciens présidents.
MM. Lucien CHAMBRON. GÉDEL.
le Chanoine Joseph CLÉMENT. Louis MONTAGNE.
. Amédée BARDET. André Roy.
Marcel Dupuy. Auguste SABATIER.
Marcellin CRÉPIN-LEBLOND. Joseph VIPLE.
COMMISSION DU ‘ BULLETIN ”
MM. le Chanoine CLÉMENT. L. DÉNIER.
l'Abbé COTE. : Ph. TIERSONNIER.
394 ‘ Société vw'EmuLarion pu BoyrsoNNais
LISTE DES MEMBRES
de la Société d’Emulation du Bourbonnais
% Chevalier de la Légion d'Honneur & Mérite Agricole.
10. Officier ; C,. Commandeur.) #4} Officier d'Académie,
Z Médaille Militaire. €ÿ I. — de l’Instruction Publique.
& Croix de Guerre. L % Décorations diverses et étrangères.
I. — MEMBRES DE DROIT
Mer l'EVÊQUE du diocèse de Moulins.
M. le PRÉFET du département de l'Allier.
M. le MAIRE de la ville de Moulins.
M. le GÉNÉRAL commandant d'armes de la place de Moulins.
II. — MEMBRES HONORAIRES
M. le comte pe CHABANNES % (Saint-Grégoire), ancien officier
d'artillerie, place Bellecour., 30 bis. Lyon.
CLAuDoN (Ferdinand), archiviste de la Côte-d'Or, Dijon.
La Drana, Société historique et archéologique du Forez, Mont-
brison.
III. — MEMBRES TITULAIRES
M Apexor (Marie-Joséphe), cours de Russie, 26.
A. Aunix (labhé Gustave), ancien curé-doven de Montaigüct,
précepteur, Le Barret-Vieux, par Arles (B.-du-R.).
M'e AuRRAtE (Maric), institutrice à Echassières.
MM. Aurranb (André), docteur en médecine, Le Vilhain.
BAËR (Gustave), #X %#, architecte. boulevard de Courtais, #.
Baër (Paul), docteur en droit, chef de division à la Préfec-
ture. boulevard de Courtais, 59.
BacxozEr (Paul). négociant, rue Mathieu-de-Dombasle.
BazuoxT (Gaston), propriétaire, château de Coulombière,
Saint-Aubin-le-Monial. (Membre à vie.)
(4) Toutes les adresses non suivies d'indication de ville sont de Moulins ;
toutes celles non suivies d'indication de département, de l'Allier.
Lisre DES MEMBRES 395
ee ee + mm,
MM. BarDerT (Amédée), ##, $, directeur d'école, rue du Jeu-de-
Paume, 47. : Administrateur.
Baroer (Augustin), avoué, cours de Russie, 23. |
Barçcnoux, industriel à Cusset.
BarGuUESs (Charles DE), &, château de Ruzières. par Bour-
bon-l'Archambault. (Membre à vie.)
Baury (Joseph), architecte. rue Gaston, 18.
Aie BraucaamP (Michel), château de Vaumas.
M. Braumonr (l'abbé Etienne), #. licencié ès-letires, professeur
à l’Institution du Sacré-Cœur, 51, rue de Paris.
M'e BEaurY (Jeanne), institutrice à Chantelle.
MM. Bëmier (Albert), trésorier-payeur général de l'Allier, avenue
Victor-Hugo, 5. |
BÉéLoT, %, docteur en médecine, place de la République,
BÉLOr (Georges), avenue Meunier, 28.
M'° Bénau» (Julie), rue Jeanne-Marie-Bourau, 11.
MM. BEnLaxn (Emile), notaire, avenue Victor-Hugo, 12.
Beraro (Léopold), X, &, avocat à la Cour d'appel de Paris,
Saint-Menoux.
BErxarb (Augustin), %, prof. à la Sorbonne, rue Decamps,
10, Paris-XVF°.
Berraux (Louis), agent général de l'Abeille, place de la Ré-
publique, 3.
M BEenrraxb, la Pacaudière (Loire),
MM. Besson (Gabriel), rue des Minimes, 3, Epinal (Vosges),
Bessox (Louis), directeur des Services météorologiques de la
Ville de Paris, avenue de Châtillon, 38, Paris.
Bineau (Léon). £ÿ. rédacteur au Cabinet du Sous-Secréta-
riat de l'Enseignement technique, rue de Grenelle, 110
Paris-7°.
BLGNDEAU (Pierre), maître-menuisier, rue de l'Ancien-Pa-
lais, 11.
Bonarp (Georges), £. libraire à Cérilly.
Boir.aRD, route de Lyon.
Boiror (Max). avocat, ass. corresp. national de la Soctélé
des Antiquaires de France, rue Lamartine, 26, Paris (9).
Mie Boisé be CourGENay (Joséphine DE). château de Chabenet,
| par Saint-Marcel (Indre). |
M. BoissoxxerT (J.-B.), contrôleur des Contributions directes,
Châlon-sur-Saône.
M° Boxaxp (Odile px), chäteau de Montaret, Suuvigny.
396
Soc1ÉTÉ D'EMULATION pu BouRBONNAIS
Mie Bonanp (Françoise DE). rue de Denain, 7.
MM. Bonner (Adolphe), notaire, place de la République, 22.
Bonneron (René), châtéau de Corgenay, par Chantelle.
Boxny (Charles DE), &, propriétaire à Aurouër. (M. à V.).
Bony (Antoine), professeur à St-Gilles, rue Achille-Roche, 2.
Boucomoxr (Antoine), %, &, docteur en droit, avocat-avoué,
rue de Cours, 18. Cosne (Nièvre).
BouDevizre (Jean-Baptiste), &, entrepreneur, à Dompierre-
sur-Besbre.
Bouer (Victor), vice-président de l’Union Bourbonnaise de
Paris, avenue Pasteur, 29, Courbevoie (Seine).
BouiLLon (l'abbé Senoît), curé de Nocq-Chambérat, par
Huriel.
Bourson-Busser (Comte François DE), %, &, ancien officier,
château de Busset, à Busset.
BouRDELIER (le chanoine Jean), curé-archiprêtre de Notre-
Dame, rue de la Croix-Verte, Montluçon.
BourpErioux (Gustave). pharmacien de 1° classe, ex-interne
des hôpitaux de Paris, à Bourbon-l'Archambault. (M. à V.).
Baussac (Georges), bijoutier, rue de l’Horloge.
Bribor, instituteur-adjoint, à Ebreuil.
Brinon (Comte Henn pe), docteur en médecine de la Fa-
culté de Paris, boulevard de Courtais, 25. Président.
BrossarD (Aristide), quincaillier, rue de Bourgogne, 27.
. BruEL (Georges), %, I. #ÿ, Æ (colon.), &æ%, administrateur
en chef honoraire des Colonies, membre correspondant de
l’Académie des Sciences Coloniales. rue de Villars, 7.
Vice-président. (Membre à vie.)
Bnurt (Hubert), ingénieur E. C. P., place d'Allier, 64.
BrUEL (Maurice), ingénieur E. (C. P., rue du Cerf-Volant, 37.
BRUNET (Gaspard), à Lurcy-Lévv.
Brunar (Louis), propriétaire, rue de Bourgogne, 118.
Buisson (Félix). avenue de la Gare, Vichy.
Buson (l'abbé Charles), %# (Malte), missionnaire apostolique,
ancien avocat, à Nomazy, par Moulins.
Bure (Georges DE), château de la Bèche, par Bert.
Burias (l'abbé Emile), curé-doyen de Busset.
Burias (Léon), &, archiviste de la Charente, rue de la Pré-
fecture, 5, Angoulême.
BussiÈrE (Jules), #, négociant, J lace Cortet.
Bussonner (L.), ÿ#, &, notaire, à Saint-Germain-des-Fossés.
Lisre Des MEMBRES | 397 |
MM. Buvar (Henri), négociant. rue Gambetta, 10.
Buvar (Paul), négociant et antiquaire, rue de Paris, 32.
CacNaT (Maurice), directeur de l’Hôtel de Paris.
CAPELIN (Edgar), r. de Bourgogne, 81, (M. à V.) Secrétaire.
CELLE (l'abbé Jules DE LA), #, &, chanoine honoraire, rue de
Bourgogne, 28.
CHABANNES La Paice (Jean, Comte DE), %, &, officier de
marine de réserve, château d’Avrilly, à Trevol. (M. à V.)
Cuasor (René), propriétaire-agriculteur, La Roche, par Saint-
Germain-des-Fossés. Membre à vie.
CUnacaron (Maurice DE), %, chevalier d'honneur et de dévotion
de l'Ordre de Malte, château de Chermont, par Saint-
Germain-des-Fossés.
CHamBaLous (Marcel), libraire, r.François-Péron, 2, Moulins.
CHAMBRE DE COMMERCE DE MouLiNs-Laparisse, cours de Bel-
gique, 11.
CHamBronN (Lucien), &, $&, industriel, ingénieur-agronome,
conseiller municipal, rue de Bobrgogne: 30.
Administrateur (Membre à vie.)
Me CHAMPEAUX (Marquise DE), rue de Denain, 7.
M. CHaMPENIER (Fernand), eours de Russie, 26.
M. CHamPreu (Léon, Comte DE), O. %X, %k (1870-71), capitaine
de frégate en retraite, rue de Bourgogne, 42, Paris-7*
M°®° CHawpicny (DE), château de Champigny, par Hérisson.
MM. Camps DE VERNEIX (Victor pes), #, à Cusset.
* CHANIER, greffier du tribunal de commerce, boulevard Ledru-
Rollin, 52.
CHaNTEMESSE (Robert), rue Boissy-d’Anglas, Paris-8°.
Me CunarerTE (Vve François DE), château d’Aubigny, par Ville-
neuve.
M'e# Cuanzes, institutrice, Ecole Sévigné, Vichy.
Cnarby (Jeanne), artiste-peintre, route de Limoges, 32 bis,
La Madeleine.
MM. CHarPy (J.-B.), &, entrepreneur de serrurerie, rue du Vert-
Galant, 17.
CHATEAU (Gilles), %X, &, avoué, Cusset.
CHASSAIGNE (Marc). château de Beauverger, à Saulzet, et rue
Copernic, 52, Paris.
CHaucHanD (André), #, capitaine de cavalerie honoraire,
château de Mézangy, à Pouzy.
Mw Cnauvicny ce BLor (la comtesse H. pe), Bessé-sur-Braye
(Sarthe).
308. SociÉTÉ D'EmuLatiIoN Du BouRBoNNAIS
A me me 7 —
MM. CHauvicny De BLoT (J. DE). #, &, directeur particulier de
la Compagnie d'assurances l'Union. à Troyes.
CHEVALIER (Jacques), I. £&ÿ. % (M. M. angl.), docteur ès
lettres. professeur à la Faculté des lettres, Université de
Grenoble. Villa Primerose, La Tronche (Isère).
CHoParDo (docteur Emmanuel), médecin honoraire de l'H6-
pital thermal de Vichy, licencié en droit, château d’Authe-
!_ zat, par Authezat (Puy-de-Dôme).
CLayYEeUx (Edmond), £, château des Gouttes, par Jaligny.
CLÉMEXT (le chanoine Joseph), £&, correspondant du Ministère
de l’Instruction publique et des Beaux-\rts, inspecteur de
la Société Française d'Archéologie, correspondant nalo-
nal de la Société des Antiquaires de France, rue du Cham-
bon, 2, à la Madeleine. Administrateur (Membre à vie.)
CLÉMENT (Benoît), instituteur, à La Guillermie,
Cou Léon, négociant, rue de l'Horloge, 8.
CorLas (Louws), ingénieur-agronome, propriétaire à Besson.
COLLAS DE CHATELPERRON (Max), propriétaire, rue de Bour-
gogne, 35.
CoRbEZ (André), château des Chaulets, par Souvigny. (M. à V))
Côre (l'abbé Léon), licencié ès-lettres, professeur de pre-
mière à l'Insttution du Sacré- Cœur.
CoucxEr, avenue Meunier, 43.
Me CourRoUux. barrière du Jeu-de-Paume, Yzeure. |
MM. Crémx-Lescoxo (Marcellin), imprimeur, direct. du Courrier
de l'Allier, r. J.-J, Rousseau, 13. Administraleur. (M. à V.)
CnocneT (l'abbé Jean-Baptiste), curé de Thionnue, par Ja-
ligny.
CUEILLAT (l'abbé Augusle), curé-doven de Saint-Germain-
des-Fossés.
Dançon (llenri), comptable, à Saint-Hilaire.
Desesson (l'abbé François). prêtre retiré, rue des Serruriers,
‘26, Montluçon,
DrcranD, docteur en médecine, boulevard Ledru-Rollin, 25.
Dire (Maurice), château de la Motte, Dompierre-sur-Besbre.
\e Degoux (Cannlle). insütutriee à Chatillon.
MNT. Deruicue (Ernest), &&, corresp. de la Commission des monu-
ments historiques, Bd de Courtais, 5. Ancien président.
DeLINIÈRE (Léonce), entrepreneur de déménagements, rue
du Vert-Galant, 15.
Lisre Des MEMBRES : 399
MM. DeELmas, secrétaire de la Muirie de Moulins.
DÉNIER (Marc), &, propriétaire, rue du Lycée, 6.
Depicxy (Pierre), industriel, rue des Tanneries.
DÉRET (Auguste), dir. d'école, rue Achille-Roche. (M. à V)
Descamps (Monseigneur Raphaël), protonotaire apostoli-
que, vicaire général, rue de Decize, 23.
Descomses (P.), directeur de la Semaine de Cusset, Vichy.
Me DESMAROUXx DE GAULMIN (Baronne), château de Saint-A\lvre,
par Saint-Gérand-le-Puy.
MM. DEsoix (le chanoine Pierre), ruc du Lycée, go,
DEsRosiers (l'abbé Athanase), à Cuffy (Cher).
Dexaxr (Robert), chirurgien-dentiste, rue ANMESNAEE à
Montluçon.
DREuUILLE (Comte Henri DE), agriculteur, chat. de Dreuille,
Cressanges.
DREUILLE (Comte Jean De), *X, &, ancien officier, rue ds
Vert-Galant 19. (Membre à vie).
Dusosr (Pierre), docteur en droit, propriétaire, à Treteau.
Me Ducner (Léonie). boulevard de Courtais, 71, Montluçon.
(Menibre à vie.)
MM. Ducnox (Paul), château de la Grye, par Ambierle (Loire).
Dumont (l'abbé Philippe), licencié ès-lettres, professeur de
philosophie, à l'Inst, du Sacré-Cœur, rue de Paris, 51.
Dupuis (l'abbé Charles), docteur en théologie, curé de Saint-
Gérand-de-Vaux.
M DuPuy (Marcel), rée Y. DE CASTAIGNER-CHASTAIGNER, rue
Voltaire, 18. (Membre à vie.)
MM. Durux (Marcel), rue Voltaire, 18. Administrateur (M. à V.)
Durar (Vicomte DE), X, capitaine honoraire d'artillerie, ch4-
teau du Ludeix, par Marcillat .
Duriar (l'abbé Abel), curé de Louroux-Bourbonnais.
Mr° Dune (Baronne Henri), château du Riau, Villeneuve,
MM. Esroizze (Comte pe L’), $&, agriculteur, château de l’Ecluse,
Neuilly-le-Réal.
FauLQuiER (Jacques), château de Pontot, par Cervon (Nièvre).
Faure (Gebriel)}. X, maitre de conférences à l'Ecole Centrale.
rue de Berne, ‘39, Paris (8°). (Membre à vie.)
Favarpin (Docteur), maire de Sauvagny, par Cosne-d'Allier.
FoREsTIER (l'abbé Louis), curé de Billy.
Foricnon (l'abbé Jean-Baptiste), curé d’'Agonges.
Fournier (Pierre), propriélaire, cours de Belgique, 19.
400. Soc1ÉTÉ D'EMuLATION Du BouRBONNAIS
M. Fourny (Maurice), O. %, &, chef de bataillon d’infant. de ré-
serve, docteur en médecine, boulevard Ledru-Rollin, 29.
M°° FRrapez (la comtesse Louise DE), rue Pape-Carpantier, 36.
MM. Froserr (Henri), banquier, av. Théodore-de-Banville, 22.
Trésorier (Membre à vie.)
Gany (Félix), conservateur honoraire des hypothèques, rue
de Longchamp, Vichy.
M®e GaGEr (J.), professeur au lvcée de jeunes filles, rue Denis-
| Papin, Yzeure.
MM. GaoniÈRe (l'abbé Gilbert), curé-doyen de Cérilly.
(GAGNOx (Camille), docteur en droit, attaché au Parquet de la
Seine, rue des Fossés-Saint-Jacques, 19, Paris-5°.
GALFIONE (Louis), $#, peintre-décorateur, conseiller municipal,
place de la République, 16.
Me Gannar (Edith), rue du Cerf-Volant, 24.
MM. GauLzmyn (Comte de), château de Rimazoir, par Souvigny.
GaurTier (Hubert), X, direct. honoraire de l’Enregistrement,
rue de Decize, 27.
GAVELLE (Chanoine Paul), curé-doyen d'Ebreuil.
GEDEL, O. %, Sous-Intendant militaire de réserve, av. Meu-
nier, 45. Administrateur.
GÉXÉRAUD (Philippe), directeur de la Société Générale, place
d’Allier, 48.
GÉNERMONT (Marcel), &, architecte diplômé par le Gouver-
nement, place de la République, 11.
Directeur du Bulletin. (Membre à vie.)
GERBAUD » (Paul), %, chef d’escadron de cavalerie en retraite.
Ussel,
Giacossr (\ntoine-Félix), sous-préfet de Lapalisse.
GirauDer (Gabriel), agriculteur à Franchesse. (M. à vie.)
GIRAUDET DE BOUDEMANGE (Pierre), rue de Vaugirard, 56.
Paris-Vfe.
Giro (Pierre), photographe. rue Lucas, 34, à Vichv.
GorriauD (André), &, château des Bédores, Trevol.
Goruaup (Pierre), &, licencié en droit, ce. d'Angleterre, 12.
Gouor (Maurice), doct. en médec.. rue Michel-de-l'Hosp., 18
GorrezAND (Jean), %, &, I. &&, agrégé, inspecteur d'académie.
rue de l’Industrie, 1,
Gourrerr (le chanoine), supérienr de lInst. du Sacré-Cœur,
rue de Paris, 51.
GourauDier (Ernest), instituteur-adjoint, à Ebreuil.
Liste DES . MEMBRES #. | 401
MM. GraxpuouGin (Jules), directeur de la Banque Régionale du
Centre, avenue Théodore-de-Banville, 1.
GRAVIER DU Monsseaux, (C. C. Alexandre), *X, Æ&%k%X rue
Vernier, 3, Vichy.
GRéGoire (Louis), ancien libraire, à Jeu, près Hérisson.
GRELLET-DumazEau (Albert), #, docteur en droit, conseiller
à la cour d'appel de Lyon, 10, rue du Plat, Lyon (Rhône).
Griccor (Joseph), professeur à St-Gilles, r. Achille-Roche, 2.
Guérer (l'abbé Blaise-François), curé-doyen de Souvigny.
GuisourEr (Henri), peintre-verrier, rue Rosa-Bonheur, Les
Bataillots, Yzeure. |
Gusrave-MaRie (Frère), prof. de sciences, r. de Paris, 87.
Guy-CoquiiLe (Joseph), avocat, rue du Cerf-Volant, 31.
HExr: (abbé Louis), curé de Villefranche. *
HERBLAY (Paul), &ë,, artiste-peintre E. B. A., 27, r. Gaspard-
Roux.
JALADON DE LA BARRE (Raymond), château de la Prée, par
Chantenay-Saint-Imbert (Nièvre).
Javoaues (Pierre), %, #, commandant, rue Centrale Saint-
Jean, 5, Roanne.
Jouiver (l'abbé Antoine), curé-doyen de Suint-Menoux.
M®° Jorizzon (Victor), la Doncka, rue Alquié, Vichy. |
M. Joyeux pe Lançon (André), rue Paul-Bert.
M'e La Bouraye (pu Buisson dE), rue Grenier, 5.
MM. La Bourresse (Roger DE), château des Quillets, Trezelles.
LacaRELLE (Comte Etienne Durieu pe), chât. de la Grillère,
Monétay-sur-Allier, par Châtel-de-Neuvre. (Membre à vie.)
La CHauviNiÈRE (Marquis Léon pe), #, rue de l’Alboni, 5,
Paris-16°. (Membre à vie.)
La CHAuviMiÈRE (Paul De), rue de l’Alboni, 5, Paris-16*.
La Couture (André), docteur en médecine, Bourbon-lAr-
chambault.
La Dure (Edouard Ausay DE), château de Saint-Août, Saint-
Août (Indre). (Membre à vie.)
LaAMAUGARNY (Camille bE), château d’Audes, à Audes.
LaMAUGARNY (Arthur DE), château de Magnette, par Audes.
LamMourEux (Lucien), avocat, dépulé de l'Allier, Palais-
Bourbon, Paris.
LaPLANCHE (Louis DE), château du Beyrat, par Bellenaves.
Larroque (l'abbé François), étudiant en théologie, rue des
Potiers, 20.
26
402
SOCIÉTÉ D'EMULATION DU BoURBONNAIS
MM.
me
MM.
LarzaT (Victor), avenue Victor-Hugo.
LassIMONNE (S.-E.), O. &, géomètre-expert, président de la
Société Scientifique du Bourbonnais, avenue Meunier, 22.
(Membre à vie.)
La TourFoNDUE (Comte pe), rue Porte-des-Forges, Montluçon.
LAURENT, représentant de commerce, rue Bertin, 15.
Lavauzr, proviseur du Lycée, Montpellier (Hérault).
Le Brun (Eugène), associé correspondant national de la So-
ciété des Antiquaires de France, licencié en droit, place
Saint-Georges, 32, Paris-IX°.
LEFORT (Gustave), propriétaire aux Mescliers. par Saint-
Didier-en-Rollat.
LéRaT (abbé François-Xavier), rue Voltaire, 11.
LEuTRAT (Henri), rue du Jeu-de-Paume, 35. Bibliothécaire.
LÉVÊQUE (Louis), château de Beauvoir, par Echassières.
LiciER (l'abbé Edouard-Frédéric), hôpital de Chantelle.
LicneRis (la marquise pes), château de Bressolles.
Loiseau, directeur de l’Ecole normale d’instituteurs.
Loizez (Léon), industriel à la Madeleine, r. de Limoges, 18.
MaicreT (Frédéric), boulevard Militaire, 93, Ixelles (Belgique).
MazLar (Ant.), membre correspondant de l’Académie de Mé-
decine, correspondant nationel de la Société des Antiquai-
res de France, à Beauregard, par £ellerive.
Manoer (l'abbé Jacques-Philippe), curé-doyen de Charroux.
Marescuaz (Johanny), rue de Miromesnil, 64, Paris-8*.
MarEscHaAL (Xavier DE), docteur en droit. château des Ma-
gnoux, Voussac.
MarHé (Charles), agriculteur, Bellevue-Yzeure.
Mauve, prof. à l’Ecole Normale d'instituteurs, rte de Lyon, 27.
MauzAT (Gilbert-François), ingénieur agricole, propriétaire,
à Commentry.
Mébiaiv (Docteur Firmin), #, rue du Lycée, 7.
Mépzaix (Henri), château du Coude, par Montaigüet.
MÉTÉNIER (Fernand), #, propriétaire à Cronat (S.-et-L.).
Micuez DEs Mopières (Edouard), cours Lafayette, 14, à
Cusset.
Micez DE TRÉTRAIGNE (Baron), %, &, vil. Li-Tsin, Arcachon.
MiccexT (Georges), #, Æ, ancien officier de cavalerie, rue de
Villars, 25. Vice-Président.
Mirron (Adrien, Elève des Beaux-Arts, architecte, rue des
Couteliers, 46.
Lisre Des MEMBRES 403
MM. Mirrox (François), ingénieur E. C. P., architecte, r. des Cou-
teliers, 46.
Mitron (Michel), architecte, rue des Couteliers, 46.
Moxceau (Henri), &, chirurgien-adjoint de l'hôpital àe Mou-
lins, boulevard de Courtais, 35. (Membre à vie.)
M®° Monceau (Henri), boulevard de Courtais, 35. (Membre à vie.)
MM. Monery (Louis), rue de la Sous-Préfecture, 9, Roanne (Loire).
Moxticar (Pierre), avocat, conseiller municipal, ruc de Bour-
gogne, 39.
Moxicar (Jacques), élève à l'Ecole des Chartes, rue de Bour-
gogne, 39.
Moxxac (Louis), notaire, rue de Paris, 17.
M Monnier (Louis), château de la Presle, Pouzy-Mézangy.
MM. Mosxier (Lucien), rue Mombrun, Vichy.
MonTAGNE (Louis), juge de paix honoraire, rue Molière, 8,
Montluçon. Administrateur. (Membre à vie.)
MowriLLieT (Gabriel), château de Poënat, par Billy. (M. à V.)
MonTLAUR (Georges DE ViLLarDi, comie DE), X, ancien offi-
cier de cavalerie, cours d'Angleterre, 6. (M. à V.)
MonrzivauzT (Vicomte Guy DE), X, &, chef de bataillon de
territoriale, boul. de Courcelles, 12, Paris-17°. (M. à V.)
Moranb (Gabriel), ancien notaire, av. Théod.-de-Banville, 9.
Ancien président.
Morez (Jules), Montaigut-le-Blin.
Morcer (Antonin), docteur en médecine, rue de l’Etablisse-
ment, Vichy.
Mosnier (Claude), r. de Paris, 73, St-Leu-la-Forêt (S.-et-0.).
MosxiEr (Jean), Pensionnat Saint-Gilles, rue Achille-Roche, 2.
MoucxerT, docteur en médecine, au Veurdre.
Mouui (Maurice), château de la Pommeraye, par S'-Menoux.
Mouuin (Simon), £, &, instituteur à l'Ecole Carnot, 104, bou-
levard Denière, Vichy.
Muzcer (l’abbé Marcel), vicaire au Sacré-Cœur.
Muxer (Elvcée), %, château de Plaisance, Yzeure.
Murar, instituteur, Péraclos, commune de Chouvigny..…
NAGELEISEN (Paul), négociant, rue Louis-Laussedat.
Noaïizzy (Paul), maire de Sanssat, ch. de Teillat, Sanssat.
(Membre à vie.)
No8eerT (Comte J. pe), X, Hôtel d'Yversen, Gaïllac-sur-Tarn
(Tarn).
404 SOCIÉTÉ D EMULATION Du BOURBONNAIS
MM. Nomazy ou Joner (le baron D), rue de Metzeral, 1 bis, Stras-
bourg-Neudorf (Bas-Rhin).
OLLAGNIER (Pierre), ingénieur civil des Mines, directeur des
Mines de Bert, Montcombroux.
Ozivier (Jean), co-directeur de la Revue Scientifique du Bour-
bonnais, cours de Russie. 10,
M? ORcET (Vicomtesse D’), rue Denain, %.
Oro bE MARCHOVELETTE (Soseph D’), rue Michel-de-l'Hospi-
tal, 22.
NM. Parpieu (marquis Henri be), chàälet de La Pierre, par Thiel.
PATURET (A.), pharmacien à Ebreuil.
PavaiLLon (Paul), rue Régemortes, 13.
PavaILLON (\lfred), fourreur, rue Bourau-Frères, 5.
PÉGAT (Georges), ancien magistrat, % C. (Saint-Grégoire),
château de la Croix-de-l'Orme, par Billv.
PÉNARD (Joseph), chirurgien en chef des Hôpitaux de Mou-
ins, ex-interne des hôpitaux de Paris, r. des Tanneries, 37.
Pexxor (labbé Michel), curé de La Petite-Marche.
PicarD DE GRANDCHAMP (Louis-Charles), Pierrefitte-sur-Loire.
PiCronNNET, entrepreneur de transports, rue du Lycée, 17.
Pico (l'abbé Edouard), curé de Bourbon-lArchambault,
Mr PIXGEoN (Rachel). £#, professeur de dessin au lycée de jeu-
nes filles et à l'Ecole Normale, avenue d'Orvilliers, 45.
M: PixsTon, propriétaire, rue des Fausses-Braies, 2.
Mie PLace (Esther), rue des Jardins-Bas.
MM. Pace (Joseph), avocat près le tribunal de Cusset, 21, rue
Bintot, Vichy.
PLancHARD (Léon), ingénieur, rue de Refembre, 47.
Prancxe (l'abbé), curé-doyen d’Hérisson.
PoixTer (Antonin), propriétaire, avenue d'Orvilliers, 32.
PourraT, médecin principal de l’armée en retraite, à Limoise.
Porzanoux (Pierre), #, instituteur, école Carnot, 104, boule-
vard Denière, Vichy.
Pravar (Charles), les Allains, Trevol.,
Mre PrEur (Léon), rue de Decize, 9.
MM. Provexcuires (enr: pe), agriculteur, la Fin, Thiel.
Queyror (Gustave), ancien officier d'infanterie, rue de Bour-
gogne, 34. Conservateur des Collections.
QuiRiELLe (Roger pe), Montaigüet, Ancien président.
RaxGLARET (André), docteur en médecine, ancien. interne
des hôpitaux, rue Michel-de-l'Hospital, 2.
Liste DES MEMBRES 405
MM. Ravuoxn. (A.), imprimeur, 4, passage de Nimes, Vichy.
Rayxaup (J.-J.), I. ££, directeur d'école en retraite, avenue
Meunier, 9 bis.
REvVÉRET (Eugène), imprimeur-éditeur, 10, rue de l'Horloge.
Rocaro (Louis-Charles), photographe, place de la République.
M'e Rocter (Marguerite), château de Beaulon, à Beaulon.
Mr RomMAGÈRE (Conitesse Charles pE LA), boulevard de Courtais,
Montluçon.
RoquEerEuiL (Comtesse Ed. DE, née Du Corair), château de
Jenzat.
MM. ROUGANE DE CnaxrELoUP, propriétaire, avenue d’Orvilliers, 14.
Roucé (Comte Urbain De), &, rue de Paris, 38.
RouirLow, directeur de la Verrerie de Souvigny.
Roux (Pierre), propriétaire à Saint-Germain-des-Fossés.
Roy (André), propriétaire, ancien inspecteur-adjoint des eaux
et forêts, rue de Decize, 4. Administrateur. (M. à V.).
Roy (Paul), docteur en médecine, rue d'Hautefeuille, 19, Pa-
ris-VI®.
RoYEr (l'abbé Louis), curé de Saint-Etienne-de-Vicq.
SABATIER (Auguste), &, %, conseiller mun., ancien notaire,
ch. de la Mott--Ponay. Aurouër. Administraleur. (M. à V.)
SapourNY (Robert), inspecteur d'assurances, cours de Rus-
sie, 20.
SaiNT-Hitier (Henri pe), O. %, lieutenant-colonel, château
de Lvs, Bressolles, par Moulins. (Membre à vie.)
SALIN (Pierre), ingénieur, directeur des Mines de La Ma-
chine (Nièvre).
SARASSAT (l’ahbé Louis), curé de Beaune, par Montmarault.
SARRASSAT, Iinstiluteur, rue Liandon, 12. à Cusset.
SARRAZIN (Albert), docteur en droit, notaire, rue de la Flè-
che, 17. Secrétaire suppléant. (Membre à vie.)
SarRor (Philippe), à Saint-Pourçain-sur-Sioule.
SARROT (Pierre), docteur en médecine, courtier d'assurances,
31, boulevard du Nord. Nanterre (Seine).
SauRoOY (Auguste), I. £ÿ, artiste-peintre, passage Saint-Ju-
lien, 22, Tours. | |
SAYET (Iippolvte), #, rue du Rosier, 65. Paris-8*.
Me ScEy (la Marquise DE BRUN be), château de Berthier, par Vo-
rev-sur-l'Oignon (aute-Saône).
MM. Secuix fils, $&, rue de l'Industrie, 6.
SÈQUE, industriel, rue de Lyon, 80.
406 SocIÉTÉ D'EMULATION pu BouRBONNAIS
MM. Seuzuter (Marc), agriculteur à la Vernière, par Diou.
SoRiIN DE Bonne (Louis), ancien sous-préfet, château d'Estrées,
Molinet.
Soucacxer (Pierre), château de Champaigue, par Souvigny.
TaBouËT (Edmond), château de Reterre, par Saint-Désiré.
TamixEAU (Abbé), |
Taroy (Henri), ingénieur T. P. E., Varennes.
Taénor (Eugène), professeur d'histoire au Lycée Banville.
THIGER, &, directeur d’école à Saint-Yorre.
M'e THomas, directrice du lycée de jeunes filles, r. Jeanne-Marie-
Boureau.
MM. THonas (J.-B.), commis-greffier près le tribunal de première
instance de Gannat.
THONIER DE LA BUSSERIE (André) docteur en droit, avocat,
aven. d’Orvilliers, 14 ter. Secrélaire-adjoint. (M. à V.)
Mie THonier-LaA-RoOCHELLE, rue de la Croix-Verte, 5, Montluçon.
(Membre à vie.)
MM. l'uurer (Robert), cuileaa de Béguin, par Lurcy-Lév.
TiERSONNIER (Philippe), X, &, % (Malte). donat de 1"° classe
de l'ordre de Malte, capitaine honoraire d'infanterie, ins-
pecteur de la Mutuelle de l'Allier, rue Pape-Carpantier.
Ancien président.
Tissier (Julien), propriétaire. aux Bataillots, Yzeure.
Tissier (Léon), avocat, conseiller municipal, r. du Lycée, 8.
TorrTEL (Picrre), O. $, maire de Chapeau, r. de Bourgogne, 16.
TREYvE (Henri), £, docteur en médecine, av. Th.-de-Banville.
TREYVE (François), #. O &. ingénicur-agronome, horticulteur,
architecte-paysagiste, à Foulet, Yzeure.
TrinqQues (Henri), professeur au collège St-Paul, Angoulème.
M°° Tue (ve), rue de Bourgogne, 22.
MM. Vazcery (Louis), notaire à Arfeuilles.
VaLois (Georges), D' en médecine, médecin-oculiste des Hô-
pitaux de Moulins, pl. Bréchimbault, 21.
VERDEAU (Henri), photographe, av. Th.-de-Banville, 6 bis.
VERNoIs (Jacques), %X, colonel commandant le 16° tirailleurs,
à Ems. $. P. 131. (Membre à vie.)
VERRIÈRES (Raoul DE), propriétaire, château des Guillau-
mais, Montmarault. (Membre à vie.)
VILLATTE DES PRUGNES (Robert). O. %, &, ingénieur-agro-
nome, château des Prûgnes, par Vallon-en-Sully.
Liste DES MEMBRES 407
MM. Vuierre (Guy DE), château de Sommery, par Gilly-sur-
Loire (Saône-et-Loire).
Vipze (Joseph), &, docteur en droit, procureur de la Répu-
blique, à Moulins. Administrateur.
ViRLoGEUXx (René), docteur en droit, agriculteur à Neuvy.
VirMaux (Jean), conseiller municipal, ?, rue Mignet, Paris-16”.
ViRoTTE-DUCHARME, percepteur de Moulins, r. des Potiers, 35.
Vivier, avoué, rue de Paris, 14.
VouirLoux (Antoine), gardien-chef du Musée départemental.
WALDNER DE FREUNDSTEIN (Baron DE), château de Lévy, par
Lurcy-Lévy.
WazTEer (Victor), instituteur en retraite, rue de Favrolière,
Hérisson. |
Re ES
ABONNÉS DU ‘‘ BULLETIN ”
ARCHIVES DÉPARTEMENTALES DE L'ALLIER.
BIBLIOTHÈQUE DE L'EVÊCHÉ de Moulins, rue du Lycée, r1.
BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE de Montluçon.
CERCLE BOURBONNMAIS, cours de Russie, 21.
ETABLISSEMENT THERMAL, à Vichy (deux abonnements).
MM. BERNASCONI-SCETI, place d’Allier.
CHAMPION (Edouard), éditeur (British Muséum), quai Malaquais, 5,
Paris-6°.
CHATEAUBODEAU (Comte de), château de Bouen, par Chazelles
(Charente).
CROIZIER, propriétaire, à Liernolles.
DEGUISE, horloger, à Beaune (Côte-d’Or).
M. FÉJARD (Marc), au Prieuré, Souvigny.
Mie GUILLEMET, route de Limoges, Montluçon.
M. LEroRT, ancien avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de Éte,
boulevard Emile-Augier, 58, Paris-16°.
Mae B. LUYLIER DU PLAIX, château du Plaix, par Meaulne.
Me PATISSIER, à l’Eglantier, par Souvigny.
MM. PARKER et SON, 27, Broad-Street, Oxford (Angleterre).
Mr Veuve Ambroise REIGNIER, boulevard de Courtais, 10 bis.
M. THÉVENIN, ancien pharmacien, rue Regnaudin, 4.
Mme THOMAS (Philippe), rue de Decize, 13.
M. TRACY (DE), à Paray-le-Frésil.
24h — —————
408 SocIÉTÉ D'EMULATION Du BOURBONNAIS
SERVICE GRATUIT DU ‘ BULLETIN ”
Membres de droit, honoraires et à vie. — Bibliothèque municipale de
Moulins. — [épôt légal. — M. Ronchaud, rue de Bourgogne, ;53
(Trésorerie de la Société). — Musée d’Art et d'Histoire de la ville de
Genève. — Le /ournal des Débats, 17, rue des Prêtres-Saint-Germain-
l'Auxerrois, Paris. — Bibliothèque des Sociétés Savantes (Bib. Natio-
nale), 53, rue de Richelieu, Paris.
St
PUBLICATIONS ÉCHANGÉES
Le Cousin Pons, revue d'art. Rue des Saints-Pères, 10. Paris (6°).
Revue du Berry. Directeur: M. PIERRE, château de Charon, par Cluis
(Indre).
Revue Mabillon. Abbaye Saint-Martin, Ligugé (Vienne).
Revue des Etudes historiques, rue Bonaparte, 82, Paris.
Smithsontan Institution. Washington (U. S. A.).
Société de l'Histoire Nationale. Direction: M. G. Hanotaux. — Plon-
Nourrit, éditeur, Paris,
Bibliothèque de la Ville de Genève ‘Bibliographie de M. R. Montau-
don).
a
Messieurs les Membres de la Société et Abonnés sont priés de signaler
au Directeur du Bulletin, 11, place de la République, à Moulins. les erreurs
et les omissions commises dans l'inscription de leurs noms. titres ou adresses.
has she ch ve ar de ve vil de ae 2e 2e ras 2 ch de 2e 2e 2e, de es ae de 2e cn af al he ha che
Sociétés Correspondantes
Abbheville. — Société d'Emulation.
Agen. — Société d'Agriculture, Sciences et Arts.
Alençon. — Société historique et archéologique de l'Orne.
Amiens. — Société des Antiquaires de Picardie.
Angouléme. — Société archéologique et historique de la Charente.
Aurillac. — Société de la Haute-Auvergne.
Autun. — Société Eduenne. — Société d'Histoire naturelle.
Auxerre. — Société des Sciences historiques et naturelles de l'Yonne.
Beaune. — Société d'Archéologie, d'Histoire et de Littérature de Beaune.
meauvais. — Société académique de l'Oise.
Besançon. — Académie des Sciences, Lettres et Arts. — Société
d'Emulation du Doubs.
SociÉTÉs CORRESPONDANTES 409
Bésiers. — Société archéolog'que, scientifique et littéraire.
Bourg. — Société d'Emulation de l’Ain.
Bourges. — Société historique du Cher. — Antiquaires du Centre.
Brest — Société académique.
Brive. — Société d'archéologie.
Cambrai. — Société d'Emulation.
Chalon-sur-Saône. — Société d'Histoire et d'Archéologie. '
Chambéry. — Société savoisienne d'Histo:re et d'Archéologie. — Âca
démie des Sciences, Lettres et Arts.
Chartres. — Société archéologique d’Eure-et-Loir.
Cherbourg. — Société académique. :
Clermont-Ferrand. — Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres. —
Société des amis de l'Université (Revue d'Auvergne).
Dijon. — Commi:ision des Antiquités de la Côte-d'Or. — Académie des
Sciences, Arts et Belles-Lettres.
Lraguignan. — Société d'Agriculture. scientifique et littéraire du Var
Dunkerque. — Société dunkerquoise des Lettres, Sciences et Arts.
Gannat. — Société des Sciences médicales.
Guéret. —. Société des Sciences naturelles de la Creuse.
Langres. — Société d'Histoire et d'Archéologie de la Haute-Marne.
Laon. — Société académique.
Laval, — Commission historique et archéologique de la Mayenne.
Lille. — Société des Sciences, de l'Agriculture et des Arts.
Limoges. — Société archéologique, historique et des Arts.
Lyon. — Académie des Sciences et Belles-Lettres. — Bulletin historique
du diocèse de Lyon.
Mäcon. — Académie de Mâcon.
Mets. — Académie Nationale.
Montauban. — Société archéologique du Tarn-et-Garonne.
Montbéliard. — Société d'Emulation.
Montbrison. — La Diana, Société historique et archéologique du Forez.
Montluçon. — Les Amis de Montluçon.
Moulins. — Sociétés : d'Agriculture; — d’Horticulture.
Nancy. — Académie Stanislas.
Nantes. — Société archéologique. — Société académique.
Nevers. — Société nivernaise des Sciences, Lettres et Arts.
Nimes. — Académie du Gard.
Niort. --- Société scientifique ‘et littéraire des Deux-Sèvres.
Orléans. — Société archéologique et historique de l'Orléanais.
Paris. — Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. — Comité des
travaux historiques et scientifiques. — Sociétés: des Antiquaires de
410 SOCIÉTÉ D'EMULATION pu BouRBONNAIS
France; -- de l'Histoire de France; — d’Anthropologie de Fran-
ce; de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France; — Française d’Ar-
chéologie 8, Cité Vaneau ;— Musée Guimet; — Union bourbonnaise,
29, avenue Pasteur, à Courbevoie.
Périgueux. — Société histor:que et archéologique du Périgord.
Poitiers. —— Société des Antiquaires de l'Ouest.
Reims. — Académie de Reims.
Rennes. — Société archéologique du département d'’Ille-et-Vilaine.
Rouen. — Académie des Sciences, Lettres et Arts. |
Saintes. — Société des Archives historiques de Saintonge et Aunis.
Saint-Dié. — Société philomatique Vosgienne.
_ Saint-Lô. — Société d'Agriculture, d'Archéologie et d'Histoire natu-
relle du département de la Manche.
Saint-Malo. — Société historique et archéologique de l’arr. de S'-Malo.
Saint-Omer. — Société des Antiquaires de la Morinie.
Sens. -— Société archéologique.
Soissons. — Société archéologique, historique et scientifique.
Strasbourg. — Société des Sciences, Agriculture et Arts du Bas-Rhin.
Toulouse. — Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres. —
Société archéologique du Midi de la France.
Tours. — Société archéologique de Touraine.
Vendôme. — Société archéologique du Vendômois.
Vesoul. — Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Haute-Saône.
Vitry-le-François. — Société archéologique.
TABLE DES MATIÈRES
— 1924 —
Admission des nouveaux Membres
MM. Pages. ° MM. Pages. :
ADEeNoT (Mc M.-J.) . 127-135 | Guy-Coquicze (M'e C.) 333
BAGNOLET (P.). . . . 7-16 | Guy-CoquiiLe (J.) . . 7
BonanD (M"° DE). . . 127-135 | Gozzraup (Pierre). . . 267-327
BoILARD. . . . . . . 7-14 | LARROQUE (Abbé). . . 267-327
BouerT (V.).. . . .. 16-70 | LarzarT (Victor). . . . 78-127
BoIssonNET (J.-B.) . . 70-78 | MonicarT (Jacques) . : 70-71
BouLaye (M'e DE LA). 327-333 | Muner (Elysée) . . . 70-78
Boussac (G.) . . . . 135-267 | NAGELEISEN (Paul) . . 16-70
Mlle CHARPY . . . . . 327-333 | Oro DE MaRCHOVE-
CHARBTTE (Mme F. pe). 337-333 LETTE (J. D’). . . . 70-78
CLÉMENT (Benoîït). . . *127-135 | Pavaizon (Alfred) . . 16-70
CHAMBRE DE COMMERCE PouRRAT (D'). . . .. 70-88
MouLins-LAPALISSE . 7 | Rocarp (L.-C.).. . . 267-327
CoLLas DE CHATELPER- ROUGANE DE CHANTE-
RON (M.).. . . .. 16-70 LOUP, . . « . . . 16-70
CHAMPENIER (K.) . . . 127-135 | Royer (Abbé) . . . . 267-327
DExANT (R.). . . . . 135-267 | Scey De BRun(M"° DE) 127-135
DELMAS (J.) . . . .. 267-327 | Tarpy (H.). . . . .. 7-16
GERBAUD (P.) . . . . 127-135 | Tamineau (Abbé). . . 7
GIACOBBI . . . . . 69-78 | TERRASSE (Mie M.-A.). 333
GuET-BERNARD (Mc). 333 | THURET (R.). . . . . 10-78
Procès-Verbaux des Séances
7 Janvier : 1. — 4 Février : 7. — 3 Mars : 65. — 7 Avril ; 70. —
5 Mai : 113. — 2 Juin : 128. — 7 Juillet : 257. — 6 Octobre : 259. —
3 Novembre : 321 ; 1° Décembre : 327.
412 : SoctÉTÉ D'EMuLATION pu BourRBOoNNAIS
Articles publiés par nos Membres
Pages.
Brixon (D' DE). Fouilles au vieux château de Munay . . 36
_— Notes sur Voussac. . . . . . . . . . . .. 100
DELAIGUE (E.). Sur la Bible de Souvigny : Une lettre de
M. Dufour. . . ... ... ... . 20
CLÉMENT (Chanoine) Montluçon et ses richesses d’art . . 38-
81-138-210-268-355
CHASSAIGNE (M.) Les Regnault de Cordebœuf et le château
de Beauverger. . . . . . . . . . .. 165-185
GÉNERMONT (M. . Une exposition artistique Bourbonnaise . 177-334
Gracossi. Une exposition bourbonnaise du travail. . . . . 17
‘Mirron (A.). L'excursion de la Société à Clermont . . . . 136
— Sur un projet d'achèvement de la cathédrale
de Clermont. . . . . . . . . . . . . .. | 268
Monceau (D'). Application des Rayons X à l'étude des |
LADICAUX + 56 Side eus es 93
Mosnier (Cl.). À propos de Jean de Lingendes. . . . . . 386
Monegau (R.). Une Réplique anglaise du Jacquemart Mou-
HNOIS Sd PR ste Res 30
SABATIER. La mésaventure de Rochon de Valette en 1780. . 49
‘TIERSONNIER ('h). Trois inscriptions bourbonnaises du
xvin” siècle. . . . . . . eau o. 95
— L’Ancien petit château du Plaix. . . . . . . 102
— Un aveu et dénombrement de la Seigneurie de
Saint-Gérand-de-Vaux . . . . . . .. ne. 157
— Un poëte ct prosateur indivis entre Nivernais et
Bourbonnais . . . . . . . . . . . RE 249
— Pages du Roi de la grande et petite écurie. . . 251
— Joachim de Pompéranc . . . . . . . . .. .294
— L'hôpital des Chevaliers de Malte pendant la
guerre ; son séjour à Moulins, . . . . . . 344
Communications faites en Séances
BERNARD (Aug.). Miniatures des Chroniques de Froissard . 265
Brinox (D'or). L'avocat Agénor Bardoux . . . . . . . . 2
— Passage à Moulins de l'abbé Guipon. . . . . . .. 5
— Les pierres à bassin. . . . . . . . Hu di 6-9-165-322
Tage DES MATIÈRES 413
* Pages
BriNon (D' pe). La motte de Saint-Loup . . . . . . . . 11
— Le groupe de Montluçon . . . . . . . . . . .. 74
-- Les fouilles de Montespan . . . . . . . . . . . 75
— Le Bourbonnais tel qu'il est défini dans un ma-
puel scolaire . . . . . . . . . A 329
— Les mottes bourbonnaises . . . . . . . . .. 333
BruEL (6G.). Le Mont Laussedat au Canada. . . . : .. 4
— Notes sur la géologie (M de Launay) . . . . . . 329
CaPeLiN (E.). Les noms delieux de la France (A. Longnon). 134
— Deux pierres sculptées du xvi siècle. . . . . . . 125
CLÉMENT (B.). Le rocher de Carton. . . . . . . . . . 114
CLÉMENT |Chanoine). La thèse de M. F. Dumont . . . . . | 14
— Uncurieux manuscrit de la bibliothèque municipale 15
— Le monument aux morts de Moulins . . . . . . 67
— Communications diverses . . . . . . . . . . . 115
— Peinture murale de l’église d'Agonges . . . . . 331
— L'ancien monastère de Bussière-les-Nonains. . . 263
— La chapelle de Longvé . . . . . . . . . . .. 324
DELINIÈRE (l..). La vente d’un « Plutarque » . . . . . . . 10
GauTIER. Un couteau de fauconnier . . . . . . . . . .. 130
— Lc grand Prieuré du Val-des-(Choux . . . . . . 75
GÉNERMONT (M.'. La protection des Monuments historiques. 72
— L'organisation d’une exposition artistique bour-
Donnaise. . > HAL Re ss sense 122
Monceau (M). Une lettre de M" de Pompadour. . . . . 13
MONTAGNE ( M.'. Commumications diverses . . . . 114-129-265-322
Monanp (G.) et abbé Foresrien. La grotte de Sanssat . 8-128-258
Moranp (G.). — Les jetons des bateaux à vapeur de l'Allier. 328
Mirron (A.). Les chapiteaux gallo-romains de la région. . 116
— Deux pièces préhistoriques du Musée . . . . . . 323
Moxcegau (D'). Photographies moulinoises de M. Rocard. . 127
SaINT-HizziEr (Col. DE). Les voies romaines. 13-78-120-2(:5-327-333
. SÈque. Les curés de Coulandon . . . . . . . . . . . . 330
TiERSONNIER (Ph.). Charles VIII et la moutarde. . . . . . 77
— Lettres de Th. de Banville. . . . . . . . . ‘119-326
— Description du château de Rochefort . . . . 120
— Les hôtes célèbres de Bourbon-Lancy . . . 326 :
WALTHER. La cherté de la vie en l’an II. . . . . . . . . 121
414 Soc1ËTÉ D’EMULATION pu BouRBOoNNAIs
Communications et Articles divers
Pages
GRAS. Les ruines du château de Bourbon au xix° siècle. . . 91
MoniN. La région entre Beuble et Sioule. . . . . . . . . 12
Banville et le laurier de la Turbie . . . . . . . . . . .. 267
Le 58° Congrès des Sociétés Savantes . . . . . . . . . . 235
La fête de Saint-Louis à Ygrande de 1814 à 1817 . . . . . 203
La reconnaissance d'utilité publique. . . . . . . . . . . 73-114
Œüil ou Aumance (réponse du Ministère). . . . . . . . . 6
Comptes de 1923 et budget de 1924 . . . . . . . . . . . 68
L'excursion de Clermont. . . . . . . ... . . . . . 77-19-1133
Les excursions de la Société . . . . . . . . . . . . 258-263-323
Liste des membres de la Société (annuaire 1924) . . . . . 393
Bibliegraphie. — Le Bourbonnaiset le Berry, par Aug. Ber-
pard (Ph. Tiersonnier) . . : . . . . . .. 56
— Un double centenaire : L'évêché de Moulins et son
premier évêque, par le chanoine Clément
(EE: Capelin): ses Asa es Es. 59
— Le Bourbonnais à la fin de l'Empire, par M. le
D: Cornillon ED) ss sans 105
— Louis, comte de Montlaur (1372- 1440), par E.
Grellet de la Deyte (Ph. Tiersonnier) . 106
— Les Heures légères et les Heures graves, par D.
Charbonnier (E. Capelin) . . . . . . . .. 107
— Enseignement et Réalité, par Abel Faure. . . . 110
— Le Bourbonnais, des origines à nos jours, par
1 PE DS CP 253
— Histoire poétique du À V® siècle, par P. Champion
Ph Rs Lie ten 390
— Guide-Souvenir de Souvigny, par M. l'abbé 7
t(M GP: ssh LE vase ass, 253
— Les langues dans l'Europe nouvelle, par A. Meillet
(A:Mitonle amas sue aa 254
— Le Chapitre Collégial de N.-D. de Moulins, par
M. l’abbé Dumont (D' deB.). . . . . . .. 314
— La Réforme du Prieuré d'Y:eure, par M. l’abbé
Dumont (D' deB.)............ 316
TagBze DES MATIÈRES | 415
Bibliographie. — Généalogie de la Maison de Lauzanne, par De
| M. H. de Lauzanne (Ph. T.).. . . . . .. 318
— Petite vie de saint Mayeul, par M. l'abbé Guéret
(M. G.)....... D D Ga 318
| — À la mémoire de Chalandre. . . . . . _. .. 319
Nécrologie. — Le baron M. de Trétaigne |Ph. Tiersonnier). . 53
— Le marquis de Las Cases (L. Chambron) . . .- 103
— René Moreau (M. Crépin-Leblond) . . . . . . 301
L’intermédiaire des Recherches et des Echanges
Echange d'almanachs. — La Revue des Pays de France: le Pays
Natal. — L'insigne de la Société, 176. — Les bateaux « Inexplo-
sibles ». — Les cadrans de Jacquemart — Galerie bourbonnaise,
385.
Chronique, par RÉGEMORTES
Nes Confrères. — Gabriel Faure, 63. — Joseph Viple, 11. — J. Got-
teland ; A. Déret, 255 ; Médaillés de la Caisse d'Epargne, 255.
— J. Viple ; J. Chevalier, 320.
Nos Compatrietss. — MM. Peyronnet et Vidal, 111. — M. Meillet ;
M. Peyronnet, 255. — M. Fazy, 420. — MM. R. Garnier, Brun,
Chevalier, 392. |
Carnet de Denil. — J. de Champigny, 63.
Cariosités Beurbennaises. — 256-320. |
Miettos d'Histoire lecaie. — Constitution du Syndicat d'Initiative Bour-
bonnais, 63. — La nouvelle porte de l'église Saint-Pierre, de
Moulins, 112 — Les Elections législatives, 255. - Con‘'érences
Bourbonnaises, 320.
À travers les Lettres. — Conférence H. Bordeaux, 63.
Beaux-Arts. — Le Monument aux Morts de Moulins, 63. — Les
Salons, 111.
Notes Bibliegraphiques. - 64-256-320-392.
Dons à ia Bibliothèque et aux Collections de la Société
BorrorT (Max) : Bourbon-Lancy, le Pont Saint-Martin. etc. . 132
CaPELIN (D'): Traitement des névralgies faciales par l'alcoo-
lisalion du ganglion de Gasser. . . . . . . . . . .. 322
CHARBONNIER (Daniel) : Les heures légères et les heures graves. 71-128
416 SociÉTÉ D'EMULATION DU BoURBONNAIS
Pages.
Cnévin-Leni.onD (\1.): L'abbé Amédée Laronde. . . . . 15
ConnizzoN (D'): Le Bourbonnais à la fin de l'Empire. . . . 72
CHEVALIER (Jacques) : Discours à l'Académie Delphinale. . 72
— Bayard lieutenant général à Grenoble. . . . . 261
GRELLET DE LA DEYTE (E.): Louis C'° de Montliaur(1372-1440). 71
GüUÉUET (Abbé) : Petite vie de saint Mayeul et Guide-Souvenir
. de Souvignyg. . . . . . . . . . .. PR 260
SanroT (Philippe) : La Banque de Savoie et le droit d'émission
dé billels ss Lu LS R LAS. 72
Société Française d'Archéologie : Congrès de Rhénanie. 1922. 330
Hlustrations dans le texte
Le Jacquemart de Moulins et le beffroi de Lougborough. . 33
Divers chapiteaux romains (croquis A. Mitton). . . . . . 117-118
Deux pierres sculptées du xvi° siècle (Dessins E. Capelin). . 124-125
Montluçon. — Voies Gallo-Romaines de l'Allier. . . . . 142
— Inscription du Peschin. . . . . . . . .. 148
— Lance gallo-romaine. . . . . . . . . . . . 149
— Inscription de Néris . . . . . PR de à 153
— Armoiries des sires et des ducs de Bour-
ET 220-224-233
— Le bon duc Louis II. . . . . . . . . . .. 225
— La mort du « bon duc » à Montluçon. . . . 231
— Armoiries diverses . . . . . . . .. 268-270-271
— Monnaies diverses . . . . . . . . . 272-273-274
— Le château de Montluçon vers 1350. . . . . 279
_ Plans de Montluçon . . . . . . . . . . . 277-281
_ Porte Saint-Pierre . . . . . . . . . . . . 283
Cheminée d'un four banal . . . . . . . . . . . . . .. 358
Scène de la rue au Moyen-Age. . . . . . . . . . . . . 318
Les chevaux-frux . . . . . . . . . . . . . . . . .. 372-373
Plan du château de Beauverger. . . . . . . . . . . . . 199
Les cathédrales de Clermont et de Reims, avec leursteurs. 208-209
René Moôréau: :,:,: 4 à 4 à dés sam be eRe a 301
Œuvres de M. R. Moreau : La Caisse d Epargne de Moulins, 304 ;
l'hôtel Mantin, 305 ; le Thermal de Vichy, 307 ; le Doyenné, 309.
LES MPRIMERIES RÉUN.ES, MOULINS
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